Gent, visite surprise, sur les traces de Jaldo et Jaciara

Gent n’était pas au programme quand nous avons décidé de venir passer quelques journées en Belgique. Mais une ancienne collègue de travail, Nathalie, prof de français qui réside à Rio de Janeiro, de nationalités belge et argentine, qui était sur les lieux il y a deux semaines me l’a recommandé. Merci mille fois. Gent dit aussi Gand est une ville surprenante. Elle ne se livre pas comme d’autres dès l’arrivée à la gare comme Bruxelles ou Bruges, non, il faut marcher, marcher. Certes nous aurions pu prendre le tram numéro un mais nous avons décidé de pimenter l’aventure en marchant. Cela faisait des siècles que je n’avais pas autant marché. Mais aujourd’hui nous étions trois. Une amie brésilienne Esther qui habite Charleroi et qui ne connaissait pas Gent, Darjeeling et moi. ESTHER et moi sommes nés le même jour à un an de différence. Nous nous sommes connus au Brésil où nous avons partagé à maints instants un amour commun pour la bonne victuailles et la bière estupidamente gelada. Nous ne nous étions pas revus depuis plus de 4 ans. Deux autres partenaires de notre promenade étaient Jaldo et Jaciara. Jaldo est parti pour d’autres dimensions au pays de Rosa Luxembourg ou du côté de Fidel Castro il y a de cela quatre ans. Jaciara, sa partenaire absolue, lui à survécu. était indissociable de nos soirées, après midi, caldinhos, feijoadas, molhinhos lambão, churrascos, aventures dans la chapada Diamantina, gaiamum et lambreta et last but not least l’amour, pour ne pas dire la passion « desvairada » de la bière pour l’un et du petit dé de cachaça orgânica pour l’autre.

Nous avons donc fait la visite de Gent ensemble. Tous les cinq. Comme je le disais Gent ne se livre pas au premier venu. Il a fallu cravacher. On nous disait ce n’est pas loin, un petit quart d’heure, tout au plus. Nous avons bien mis trois quarts d’heure. Il est vrai que le train était un train de sénateur. Puis tout à coup au détour d’une rue la ville s’est faite chair. Mes quatre collègues de cordée avaient été un peu narquois au départ. Mais heureusement j’avais persisté et signé . J’avais confiance en le goût de mon informatrice.

Après une petite Stella Artois pour étancher notre soif, on s’en fut récupérer nos forces vives chez Neptune. Moules du chef frites. Un plat pour trois, arrosé bien évidemment de bière.

Les moules étaient surprenantes car outre les condiments et assaisonnements traditionnels il y avait du céleri.

Et bien sûr on trinque chacun à la brésilienne avec un caldo de mexilhões (une jus de moules) delicioso.

Il y avait une fête au burg mais là je n’avais plus de forces. Je me traînais comme un grabataire. Je suggérai de prendre le tram numéro un mais cela fut balayé d’un revers de main par le quatuor. N’écoutant que mon orgueil de mâle je fis semblant d’acquiescer. Depuis mercredi matin nous marchons au pas, au pas, au pas, au pas cadencé , je veux ma maman, petit pied bobo.

En rentrant sur Bruxelles la saidera, la der des der, était de mise. Nous sommes descendus à Brussels Centraal et de là en 5 minutes on s’est retrouvés sur la Grand Place où nous attendaient dans une rue attenante  six verres de bière dégustation: Leffe, Jupiler, Kwak, bière blanche Hoegaarden, Delirium, bière à la fraise Strawberry, avec des petites cacahuètes.

img-20180815-wa0004-1768381383.jpg

Je suis comme on dit en portugais un caco. Je ne suis plus le tout, je suis la partie. Un éclat de poterie. Une particule de moi-même. Je suis si ébréché, comme éparpillé en mille morceaux que je ne sais plus quand je touche mes reins si ce ne font pas les tempes. Je palpe la colonne vertébrale et j’ai l’impression qu’elle me tire la langue et me réclame un verre d’eau. Je ne suis plus que l’ombre infinitésimale de moi-même. Je me traîne dans les couloirs du métro de Centraal Station. Il faut aller à la station Park et de là prendre le tram 93 pour regagner mes chères pénates belges.

Ô rage ô désespoir o vieillesse ennemie

N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie