Markthal, le marché iconique au grand bonheur des selfies

On trouve à Rotterdam des espaces iconiques. Markthal en fait partie. Ce Marché des Halles d’une autre galaxie jouxte une église médiévale, la seule qui ait résisté aux bombardements massifs de la seconde guerre mondiale, Laurenskerk. C’est ce paradoxe, cette cohabitation du sacré et du profane qui fait peut-être la réussite de l’endroit au grand bonheur des selfies. Des marchés couverts on en trouve partout. Des marchés couverts où l’on peut déjeuner j’en ai connu en Espagne, en France, en Suède, au Danemark: la formule est attirante, dans une ambiance de marché on propose aux visiteurs les meilleurs plats de la région, les meilleurs vins, etc. Mais ici on a poussé la logique à son paroxysme. Markthal c’est une construction inaugurée le 1er octobre 2014 qui globalement donne l’idée d’un hangar futuriste en forme de fer à cheval.

On pourrait en voir surgir un avion tant l’endroit est large et haut. Sur les côtés de cette construction en fer à cheval réalisée par le cabinet d’ architecture MDRV il y a 200 appartements dont les fenêtres internes donnent sur le marché, et surtout la décoration des murs est, disons, sidérale. On se croirait dans une Chapelle Sixtine hollandaise. La fresque appelée Horn of Plenty (La corne d’abondance) a été composée par deux Léonard de Vinci néerlandais. Un mâle et une femelle: Arno Coenen et Iris Roskam. Voyez plutôt cette abondance.

Je ne sais pas trop si j’aimerais vivre dans l’un de ces espaces ou dans les maisons cubiques qui en sont voisines

Mais j’ai apprécié ce marché pour les fromages hollandais qu’il propose, ses fruits exotiques (en particulier les figues de barbarie) , ses épices (mais il n’y avait pas de roucou) , ses confitures de coco et sa dizaine de restaurants.

Malheureusement nous avons fait, une fois n’est pas coutume, un très mauvais choix en jetant notre dévolu sur Andalous Fish qui proposait beaucoup de plats à base de poissons et fruits de mer, des paellas, des lasagnes de poissons, des tortillas. Malheureusement nous nous sommes trompés sur la MARCHANDISE, LE RESTAURANT N’A D’ANDALOU QUE LE NOM et je lui donnerai par conséquent la note zéro.

SURIMI ZERO

LASAGNE AU POISSON, ZÉRO

PAELLA ANDALOUSE ZÉRO

TORTILLA ZERO

C’est le degré zéro de la cuisine : c’est bien présenté, pourtant, appétissant, on croit manger des crevettes géantes c’est du surimi. Bref déçu, déçu, déçu de chez déçu puissance 3 et les dieux de la gastronomie seuls savent comme je suis tolérant . Mais là, niet, je ne recommande pas. Je ne recommande pas. De plus l’endroit ne sert pas de boissons alcoolisées. Que diable suis-je allé faire dans cette galère ? Moi qui ai osé snobber Jamie’s Italian de  Jaimie Oliver qui m’accueillait les bras grands ouverts.

D’ailleurs dans Markthal beaucoup de restaurants proposent à leur devanture un exemplaire de leur plat pour que les gens se fassent une idée. Ce n’est pas très ragoûtant mais au moins cela possède le mérite d’être clair. Cela m’a fait penser aux  sampuru, les faux plats en résine japonais qui eux représentent de façon saisissante une réalité culinaire fabuleuse. Mais ici j’ai trouvé que les plats ne mettaient pas en valeur. Ils étaient ternes.

Mais je démarquerai ce qui suit et qui m’ a plu:

Il y a ici le plus grand parking de la ville sur quatre niveaux ainsi qu’un hypermarché. Pour aller aux toilettes il faut se rendre au niveau -1. Les toilettes coûtent un € au lieu des 0,50€ généralement constatés partout ailleurs sur Rotterdam. Vous avez un ticket qui vous est remis d’une valeur de 0,50€ à déduire de vos achats chez certains commerçants de l’endroit, encore faut-il savoir lesquels.

Moi je me souviendrai d’un merveilleux sikakoko proposé en dégustation. Il a effacé l’impression affreuse laissée par Andalous Fish. Je me suis lavé la bouche à deux reprises avec cette merveille de confiture de coco.

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