ordonnance royale du 9 février 1827, article 30 alinéa 2 modifiée par celle du 22 août 1833

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Charles, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre, à tous ceux qui ces présentes verront, salut !

On est Charles ou on ne l’est pas ! Je ne le suis pas ! On est juriste ou on ne l’est pas ! Je ne le suis pas ! On est historien ou on ne l’est pas ! Je ne le suis pas ! On est médecin ou on ne l’est pas ! Je ne le suis pas ! Vous pouvez donc m’appeler charlatan ! C’est tout à votre honneur ! Et pourtant je veux savoir ce qui se cache derrière cette ordonnance. Quel est le médicament, quel est le médecin, quel est le malaise ? qui est le malade ? C’est grave docteur ?!

Allez je vais direct sur Gallica consulter cette ordonnance du roi concernant le gouvernement de la Martinique, et celui de la Guadeloupe et de ses dépendances. J’irai direct  cet alinéa 2

« donné à Paris, en notre château des tuileries, le neuvième jour du mois e février, l’an e grâce 1827, et de notre règne, le troisième »

Que dit-il ?

ART. 30.
1er. Le gouverneur tient la main à l’exécution des ordonnances et règlements concernant les gens de couleur, libres et affranchis.

2 . Il donne, en se conformant aux règles établies, les permissions pour l’affranchissement des esclaves, et délivre les titres de liberté. –

Bine plus intéressant est la teneur de l’article 29.

ART. 29.

1er. Il veille à l’exécution des ordonnances et règlements sur  le régime des esclaves, et ordonne les poursuites contre les contrevenants.

2. Il signale au ministre de la marine, comme dignes de nos grâces, les habitants qui s’occupent avec le plus de succès de répandre l’instruction religieuse parmi les esclaves, qui encouragent et facilitent entre eux les unions légitimes, et qui pourvoient avec le plus de soin à la nourriture, à l’habillement et au bien-être de leurs ateliers.

Halte là ! Manipulation, votre Altesse, Votre Sainteté ! Charles de France et de Navarre ! Instruction religieuse ? Amour, gastronomie, mode et bien être ? Mais pourquoi diable ne promouvez-vous pas l’éducation tout simplement.

ART. 76.

Les esclaves reconnus dangereux pour la tranquillité de la colonie sont envoyés par le gouverneur au Sénégal, et remis à la disposition de l’autorité locale, sauf à indemniser le propriétaire, sans que l’indemnité puisse excéder celle qui est fixée par les règlements pour les noirs justiciés, et sans qu’elle puisse être acquise pour l’esclave infirme ou âgé de plus de soixante ans.

Combien ont pu bénéficier du billet retour ?

Bon, carton rouge ! Salut ! Passons à l’examen aux ordonnances royales  du 22 août 1833 sur le gouvernement des colonies, modificatives des ordonnances organiques des 21 août 1825, 9 février 1827 et 27 août 1828.. Sa Majesté Charles est elle encore de ce monde ? Je le subodorais !  C’est Louis-Philippe, désormais, « roi des Français présents et à venir » et plus de Navarre. Sire, qu’avez vous fait de notre belle Navarre ?!

En fait il y a une ordonnance pour l’ile Bourbon et dépendances, une autre pour la Martinique et la Guadeloupe et dépendances, une troisième et dernière pour la Guyane Française.

Je vais prendre un autre de mes sosa de la Martinique. chose promise chose due ! Je vous avais promis un homme eh bien ce sera une femme ! Françoise Anastasie . Ne cherchez pas la femme ! Cherchez l’homme ! Le 21 juin 1843 par acte 18 à Case-Pilote elle devient libre suite à l’arrêté du gouverneur en conseil privé du 15 mai 1843 à Fort Royal. c’est une négresse âgée de 52 ans nous dit on, née et demeurant à case Pilote. Elle prend alors le nom patronymique de ANIN. Avec elle est affranchi son fils Silvain Nelson Anin. LE 9 juillet 1843 ( acte 20) Silvain Nelson Anin agé de 28 ans  convole en justes noces avec Antoinette âgée de 30 ans et attachée à la culture, sans que l’on sache si elle  c’est une littéraire ou une manuelle.. La mère d’ Antoinette se nomme Sophie Elisabeth est âgée e 60 nas et est là pour l’assister dans cet instant solennel auquel elle a donné son consentement éclairé. Le couple reconnait un enfant né de leurs oeuvres charnelles, le dénommé Charles.

Silvain Nelson est le fils dit légitime de feu Jacques dit Isaac, mon sosa 200 par conséquent ! Il a déjà été affranchi  l’année précédente par arrêté du gouverneur en date du 25 août 1842. Cet affranchissement a été enregistré par l’acte 32 du 20 septembre 1842. C’est bien notre homme, nègre, 28 ans, cultivateur. La demande a été faite par Joseph Thuriaf qui désormais porte Anin. Mais alors je m’interroge pourquoi ne porte-t-il pas Isaac. ou Jacques. Permettez que je mène cette chasse à l’homme ?

Tout d’abord Joseph Thuriaf ne m’est pas inconnu c’est mon Sosa  110. Il est né en 1805 à Case-Pilote,  fils de demoiselle Sophie née en 1792. C’est un nègre créole, cultivateur qui est esclave jusqu’en 1840, suite à quoi il est affranchi par arrêté du gouverneur du 28 janvier 1840, enregistré par acte 11 en mairie de Case-Pilote le 3 mars 1840. Il se marie le 20 janvier 1843 (acte 17) avec Marie-Noel Zulma, donc logiquement mon sosa 111 cette dernière née en 1811, mulâtresse, couturière, blanchisseuse, Elle a été affranchie quant à elle sur la demande de Joseph Marcel par acte 18 du 9 octobre 1833 avec ses quatre enfants tous câpres ou câpresses (Hippolyte, Marie Rose dite Marie Anella, Alexandre et Julien suite à l’arrêté du gouverneur du 1er octobre 1833. La mère de Marie Noel Zulma se nomme Coralie, mon sosa 223, née en 1799 donc âgée de 41 ans  quand elle aussi est affranchie le 28 janvier 1840 par arrêté du gouverneur transcrit sur les registres de l’état civil de Case Pilote par acte 11 du 3 mars. L’une des enfants  du couple Joséphine Thuriaf est mon sosa 55 et est née le 28 avril 1842

Mais la clé du problème c’est Jacques dit Isaac, le noeud gordien. Qui est-il ? que fait-il ? où va-t-il ? J’essaie de faire apparaître un visage. en vain ! Je dirais que c’est un nègre. Et comme l’union est dite légitime cela voudrait dire que c’est un mariage d’esclaves qui a eu lieu. alors s’il y a eu mariage pourquoi ne dit on pas veuve Jacques dit Isaac. Il est dit être le père légitime de Léon et de Silvain Nelson. A quand remonte son décès ? Il me faudra  visionner les archives des esclaves de la Martinique vers 1815 pour essayer de dénouer les fils cette énigme. Une autre option de recherche c’est qu’il ait été affranchi lui aussi avant même sa femme et ses enfants. Bref y a du boulot sur la planche.