Les dieux prenaient-ils des bains de mer ?

Aujourd’hui j’aurais voulu aller dans la mer des Oliviers (en réalité la forêt d’oliviers de Chrisso plantée depuis plus de 3000 ans et constituée de plus de 400000 oliviers que l’on cueille en novembre et qu’on broie dans mes moulins actionnés par les eaux du Pleistos pour donner l’huile d’olive renommée de la Mer des Oliviers). On la voit moutonner à perte de vue jusque là-bas au delà de la vallée du Pleistos, au delà de la chaîne de Kirphis, la mer, le golfe de Corynthe, le golfe d’Itea. Cette mer des Oliviers était sacrée. Tout d’abord on y pratiquait le culte de Gaia (1600-1100AJC). Puis le culte d’Apollon s’imposa. Au bord de la mer deux petits villages, Galaxidi, Itea. Et si j’allais m’y baigner. Allez après le petit dej j’enfile mon caleçon de bain et en route pour la villégiature préférée, me dit-on des ATHENIENS. Oh ce n’est qu’à une vingtaine de kilomètres. Il ne sera pas dit que je n’aurai pas prêté hommage à Poseidon et Amphitrite. Vu de loin la nuit Itea et Galaxidi m’apparaissaient comme de tranquilles villages de pêcheurs ou de tranquilles stations balnéaires. Mais comment s’y rendre sinon en attendant le bus qui de Delphes va à Amphissa puis bifurque vers Itea ?

Une question me turlupine. Les dieux prenaient-ils des bains de mer ? On les voit toujours se chamailler là-haut dans l’Olympe, la montagne. Les versants escarpés, les parois obliques, les dieux ne savaient sans doute pas nager. Montagnard comme chat craint l’eau surtout quand elle est froide. Et quelque chose me dit qu’ils n’y trempaient même pas la pointe du gros orteil droit. Tous à l’exception de Poseidon et madame, Amphitrite pour ne pas la nommer, et leur ribambelle de tritons et sirènes. Ah ceux-lá a n’en pas douter c’étaient de vrais poissons, avec queue, ouïes, nageoires et branchies. De temps en temps ils surgissaient à douze en apnée de Chronos, ils venaient sur les rochers parfaire leur bronzage, ou faisaient une petite virée sur la plage et sur les aiguilles de pins faisaient grésiller leurs moules, leurs poulpes et leurs crabes. Délicieux et rare barbecue pour ces végétariens qui considéraient manger des fruits de mer comme un dessert plus aromatisé et aphrodisiaque que l’ambroisie, faite de yaourt et miel.

En attendant que le soleil se lève il est 9h30 je m’autorise un petit yaourt grec aux cerises. Et c’est parti pour une rude journée.

Aller de Delphes à Itea prend environ trois quarts d’heure à l’aller et une demi heure au retour. Et coûte 2€. Nous arrivons vers 11h30 et longeons le littoral. Notre retour est programmé pour 15h45 ou 17h45. Mais à 13h ce n’est que la pluie qui règne. Nous nous abritons alors pour manger à Zephyros, juste avant la rivière. Encore de l’agneau pour moi (10€), et des légumes aux fruits de mer(12€) pour madame. Plus la petite amphore de vin blanc grec (12€). Ensuite promenade dans les rues d’Itea à la recherche des orangers, des citronniers et surtout des grenadiers. 15H45.IL PLEUT SUR Itea. Dommage. Je n’accompagnerai pas comme prévu Amphitrite, grande mangeuse de grenade, à son bain sacré mais pour lui prêter hommage j’ai goûté à cette grenade qu’elle affectionne tant. Et en passant j’ai pu admirer cette réplique végétale de l’omphalos, la carcasse déchargée d’un palmier qui ressemble comme deux gouttes d’eau au palmier à l’huile brésilien, le dendezeiro. Ici on m’appelle « finicas ». Dans ce « finicas » tous les nombrils du monde reposent en paix.

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