Le premier accra d’un carnet d’un retour vaut autant qu’un enterrement de première classe

Le premier accra qu’il soit de morue ou de carotte voire de malanga fait partie de ces rites initiatiques que peu de pèlerins savent apprécier à leur substantifique valeur. Le premier accra qu’il soit accompagné de sauce chien ou de sauce antillaise est un acte religieux de première catégorie. Religieux dans le sens du religare latin, faire le lien, participer au sacro saint vivre ensemble. C’est en cela que le premier accra doit mettre le feu aux voiles de vos narines. Sans piment l’accra est frelaté, et n’est qu’un succédané peu digne de figurer au tableau d’honneur des victuailles sacrées. L’accra dans l’assiette est comme l’ostie dans le ciboire, consubstanciel. On y communie sous les deux espèces. Avant de se jeter religieusement sur le premier Accra quand on est pèlerin dans son pays natal, on se doit la veille faire pénitence. Manger quelques feuillages pour se désintoxiquer les papilles comme on désintoxique un crabe la veille de Pâques. Après ce jeûne penitenciel il est d’usage de prendre une bonne purge et un bon thé de semen-contra. On peut organiser une veillée funéraire, un beau bele, pour dire adieu à la mangeaille. Car le jour du premier accra c’est plus qu’und cérémonie de mariage c’est un enterrement de première classe. Ils sont venus en bus, à pied, à cheval en voiture, ils sont tous là les plats parents, alliés , amis et jusqu’aux ennemis d’ici et d’ailleurs, ils sont venus fêter l’accra nouveau. Le planteur de prune de cythere coule à flots. Les hymnes fusent, le Divin enfant est de retour. Que l’accra soit. ACCOMPAGNÉ DE BANANES PLANTAIN ET DE PLANTEUR DE POMMES CYTHERE