Igname jaune de Caféière, gombo

La vue de la liane en fleur de l’igname jaune m’émeut. Tout comme me touche la vue de ses feuilles volubiles comestibles en forme de coeur ! Je suis un hommes à racines. A tubercules. A rhizomes. Quand j’ai vu le vendeur de fruits et légumes en bord de mer de Deshaies mon coeur a sursauté. Instantanément j’ai vu les ignames jaunes. Igname jaune de Deshaies. Pas de Bouillante, pas de Pointe-Noire. Il n’y avait pas l’appellation sacrée bio mais qu’importe. L’eau m’est venue instantanément à la bouche. J’ai eu comme une apparition de la Sainte-vierge à Bernadette Soubirous. Une kirielle de fourmillements et de démangeaisons s’est emparée de mon palais.

Igname jaune de Caféière, clamait le vendeur à qui voulait l’entendre. La terre de glaise deshaiesienne collait encore rouge et noire aux tubercules géants. Moi méfiant tout d’abord, j’entrepris de sonder l’âme de ces racines. Chaque blessure a sa façon de cicatriser et c’est en fonction de l’apparence de ces stygmates que j’achète. Car le saviez vous l’igname jaune comme le dachine et d’autres tubercules peut irriter la peau des âmes sensibles.

Diascorea cayenensis contient en effet un liquide blanc chargé de raphides (fins cristaux d’oxalate de sodium ou de carbonate de sodium) qui une fois qu’il entre au contact de votre peau peut si y vous y êtes allergique vous irriter et vous brûler. La solution l’éplucher rapidement puis laver l’animal sous l’eau froide. Ne jamais laisser l’animal au contact de l’air car il s’oxyde rapidement et brunit. Ou utiliser des gants. Certains mettent dans l’eau du bain une feuille de bois d’inde, d’autres du jus de citron.

Moi j’aime le contact avec l’animal appelé aussi igname de Guinée. Il y a de nombreuses qualités d’igname, igname blanc, l’igname jaune, l’igname ailé, Caillard, boutou, saint-vincent, cambarre, grosse caille, etc mais moi je me pâme pour l’igname jaune. C’est une longue histoire d’amour, archétypale tout comme celle qui me lie au gombo et à la feuille de de dachine. Belle tryade dont je ne saurai dire qui est le Père, qui est le Fils, qui est le Saint-Esprit !

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Il faut dire que dans les cosmogonies anciennes africaines le long du golfe de Guinée l’igname ne pouvait pas être mangé à n’importe qu’elle époque de l’année à n’importe qu’elle heure. Il était tabou à certaines époques de l’année et on préférait mourir plutôt que d’en consommer.

Moi, adorateur de l’igname jaune, je le vénère bouilli, pilé, frit, grillé, râpé à cru, lié à l’oeuf et aux épices et frit comme une crêpe, avec beurre, avec huile d’olive, avec huile de palme, avec sauce gombo, aussi appelée sauce kilométrique à cause de son aspect gluant, avec crabes, avec crevettes, avec poisson; avec oeuf dur, avec oeuf sunny side up ou sunny side down, avec épinards, avec calalou, avec feuilles d’hibiscus comestible (bélé), avec, avec…

Il n’y a guère que cru que je ne le croque pas ! Ce n’est pas recommandé à cause de l’amidon.

Mais par amour pour cette plante aux lianes volubiles en forme de coeur si elle l’exige je ferai le sacrifice.

ah cet igname jaune (Dioscorea ))

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