Creusez, fouillez, bêchez, ne laissez nulle place où la main ne passe et repasse

La fable de la Fontaine Le Laboureur et ses enfants m’a toujours impressionné. C’est la neuvième fable du livre V, édité en 1668, inspiré d’Esope, écrivain grec qui a vécu entre les septième et sixième siècles avant JC.
L’original d’Esope disait ceci en prose :

Un laboureur, sur le point de terminer sa vie, voulut que ses enfants acquissent de l’expérience en agriculture. Il les fit venir et leur dit:  « Mes enfants, je vais quitter ce monde;  mais vous, cherchez ce que j’ai caché dans ma vigne, et vous trouverez tout ». Les enfants s’imaginant qu’il y avait enfoui un trésor en quelque coin, bêchèrent profondément tout le sol de  la vigne après la mort du père. De trésor, ils n’en trouvèrent point; mais la vigne bien  remuée donna son fruit au centuple.

Cette fable montre que le travail est pour les hommes un trésor.

Je  connaissais par cœur cette fable, sous la plume de La fontaine, au même titre que le loup et l’agneau, le lion et le rat, le corbeau et le renard, la cigogne et la souris, la cigale et la fourmi, le lièvre et la tortue. Il  me revient en tête cette suite d’alexandrins et d’octosyllabes faite de rimes croisées, embrassées et suivies  que je m’empresse de vous réciter, comme je la récitais à ma maîtresse: 

Travaillez, prenez de la peine:

C’est le fonds qui manque le moins.

Un riche laboureur, sentant sa mort prochaine

Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.

Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage

Que nous ont laissé nos parents.

Un trésor est caché dedans.

Je ne sais pas l’endroit; mais un peu de courage

Vous le fera trouver, vous en viendrez à bout.

Remuez votre champ dès qu’on aura fait l’oût.

Creusez, fouillez, bêchez; ne laissez nulle place

Où la main ne passe et repasse.

Ce qui m’a toujours intrigué c »est pourquoi ce riche laboureur n’avait pas prodigué ses conseils à sa progéniture dans la splendeur de l’âge. Pourquoi avait-il attendu d’être mal caduc, plus mur qu’un fruit à pain pourri à l’article de la mort, pour inculquer à ses enfants la passion du labour/labeur. Il leur fallut bêcher la terre, la piocher, la sarcler, l’engraisser « deça delà, partout » jusqu’à la moisson avant qu’ils ne saisissent dans leur caillou intime que le travail est un trésor. On imagine qu’il y eut des semailles et que les semences étaient certifiées bio  et que nul engrais chimique et surtout pas du Roundup cancérigène ne fut utilisé car le laboureur d’Esope tout comme celui de La Fontaine, presque vingt siècles plus tard, pratiquaient une agriculture raisonnée respectueuse des rythmes biologiques de la terre. Mais encore faut-il que les conditions météorologiques permettent au champs de respirer, de faire jachère, alterner les cultures, l’ombre et la lumière. On imagine qu’il n »y eut pas de sécheresse et que les oiseaux ne vinrent pas picorer les semences dans les sillons. On imagine qu’il n’y eut pas d’épidémie de phylloxéra et que les pucerons ne desséchèrent  pas les sarments et feuilles de vigne à tout jamais. Les cyclones, les tremblements de terre,  les éruptions volcaniques eurent sans doute leur mot à dire mais malgré tout cela il m’arrive de me demander parfois si le travail libère l’homme ou si c’est une calamité nécessaire pour réguler l’humanité au même titre que la peste et le choléra.

J’ai encore en tête cet hymne à l’oisiveté de Henri Salvador et son Le travail c’est la santé

Pierre Perret pense un tout petit peu différemment

Le laboureur et ses enfants

Auteur : Jean de la Fontaine
Paroles nouvelles et musique : Pierre Perret – © Editions Adèle 1995

Un vieillard cul-terreux, champion de l’infarctus
Qui en avait déjà fait deux trois éblouissants
Avant que la faucheuse ne lui secoue les puces
Fit venir ses lardons et leur dit : Tas d’ fainéants

REFRAIN

Je suis le laboureur
Vous êtes mes enfants
Je suis le travailleur
Vous les fainéants

Désormais grattez dur, fait’s vous péter la rate
Semez l’orge et le blé dans le froid et le vent
Retournez bien le champ, cloquez-y du nitrate
Un trésor est caché enfoui sous le chiendent

REFRAIN

Je suis le laboureur
Vous êtes mes enfants
Je suis le travailleur
Vous les fainéants

Les meules sur son tracteur le plus vaillant des fils
Voit ses épis de blé se transformer en or
Tandis que son frelot, qui rêv’ que de chaud-bise
S’est tiré à Nashville et là, il a fait fort !

REFRAIN

Les fils du laboureur pour plaire au vieux pecnod
En ont vraiment bavé des ronds d’ chapeau

L’un joue de la guitare, oui, c’est ce qu’il voulait
Faute d’être paysan, il est devenu star
Son frangin, ça l’a scié. Ça lui a coupé l’ sifflet
De voir qu’on peut chanter sous une pluie de dollars !

REFRAIN

Les fils du laboureur chacun dans leur sillon
Ont amassé tous deux le gros pacson

De ces deux qui ont choisi le tracteur ou l’ micro
Quel est celui le soir qui a le moins mal au dos ?
Moi je pens’ pour ma part qu’à bosser tout’ sa vie
Qu’on soit paysan ou star, on est complèt’ment cuit

REFRAIN

Pourtant les travailleurs
Savent depuis tout l’ temps
Que le travail fatigue énormément
Et qu’on soit laboureur
Plombier ou Président
On part complèt’ment naz’s
Les pieds devant

Certains disent carrément : je ne veux pas travailler comme Pink Martini et compensent en fumant

Travailler selon moi c’est s’inscrire dans une quête de sens.

Cette quête de sens est multipolaire, multidisciplinaire. L’important est de labourer et même si la terre n’est pas arable il faut faire en sorte de trouver l’instrument idéal, la recette capable d’enlever à la terre son acidité, son PH. Il n’y a pas de terre improductive, de terre stérile, calcaire, rouge ou noire, impropre aux cultures, de terre volcanique, de désert fangeux, de terre saumâtre, de parcelle marécageuse qui résiste à l’assaut persévérant de l’amour, de la patience et de la tendresse comme fumier substantiel.

On sait que dans le Coran la femme est comparée à un champ que l’homme doit labourer inlassablement. Sourate 2, Al Baqara, La Vache verset 223 :

Les femmes sont votre champ. Cultivez-le de la manière que vous l’entendrez, en ayant fait auparavant quelque acte de piété. […]

araire_moy_age

Les instruments que l’homme a pour labourer sa femme sont aussi diversifiés que l’araire, le soc, la herse, la pioche, la bêche, la houe, le sep,  l’age, la moissonneuse-batteuse, la faux, le versoir, le pic que le laboureur a à sa disposition pour travailler son champ. Encore faut il qu’ils soient affûtés, adaptés à la terre qu’ils convoitent.  Quel que soit le geste auguste du semeur, qu’il soit laboureur à boeufs ou laboureur à pied, ce n’est pas tout champ qui travaillé, gratté, retourné,  rapportera quelque profit à moins qu’on ne considère la sueur et les larmes comme des marques de profit. Mais il y a des champs qui sont des jardins secrets, des passions, des talents que nous devons labourer sans cesse. Il nous faut suivre ainsi les conseils prodigués par Nicolas Boileau (1636-1711)  dans son Art Poétique pour un labour impeccable:

Travaillez à loisir, quelque ordre qui vous presse,
Et ne vous piquez point d’une folle vitesse :
Un style si rapide, et qui court en rimant,
Marque moins trop d’esprit que peu de jugement.
J’aime mieux un ruisseau qui, sur la molle arène,
Dans un pré plein de fleurs lentement se promène,
Qu’un torrent débordé qui, d’un cours orageux,
Roule, plein de gravier, sur un terrain fangeux.
Hâtez-vous lentement, et, sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage :
Polissez-le sans cesse et le repolissez ;
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.

Consultation moite sans rendez-vous dans un bain de miasmes

Aujourd’hui c’est un grand jour: je vais consulter le docteur Bui Tanh. Je ne sais pas trop si c’est un homme ou une femme mais je m’imagine qu’il ou elle est vietnamienne(ne). J’ai repéré ce cabinet médical le premier jour où je suis arrivé à Mayotte au rond-point Cavani pharmacie près de la boulangerie et depuis je sais qu’ il n’y a pas un seul médecin généraliste à la ronde sur un ou deux kilomètres.

L’usage ici c’est d’aller directement aux urgences à l’hôpital ou au dispensaire. Moi je  n’ aime pas trop la queue interminable donc j’ai  préféré venir ici plutôt qu’aller au dispensaire de  M’Tsapéré pourtant à moins de 300 mètres de chez moi. Et me voilà donc arrivant en taxi sur le coup de 7h15  du matin. Dans la rue deux jeunes filles patientent assises sur  le rebord du trottoir. J’exulte, je suis troisième. Mais je vais vite déchanter. Elles m’annoncent une quarantaine de personnes avant moi. Tonnerre de Brest c’est la foule. Dans la salle d’attente bondée il n’y a plus aucune place pour s’asseoir. C’est debout que les patients attendent après s’être inscrits sur la liste. Je suis le numéro 33. Si j’ai bien compris il y aura un appel de mon nom vers 9h30 pour la deuxième étape, l’enregistrement.

Si j’ai toujours bien compris ici il faut payer cash ou par carte bancaire. Ensuite on se fait rembourser par sa mutuelle. Pas de tiers payant même avec sa carte vitale. Je passe vite prendre un café et un pain aux raisins dans le café voisin et me voilà faisant le pied de grue assis nonchalamment sur les marches d’escalier qui donnent accès au temple du salut.

Heureusement que c’est une consultation de routine. Tout va bien. Je veux simplement faire le point et renouveler mes ordonnances. Il faut que je contrôle mon insuffisance rénale. Il faut que je me fasse suivre. Il me faut surtout mes deux médocs en chef : Lasilix et Coveram.

Il y a une sorte de fatalité et de résignation chez les gens qui attendent probablement depuis 6h30 alors que le cabinet ouvre officiellement à 7h30.

On rigole, on se salue, c’est une ambiance festive mais la maladie rode. J’entends toussements, je vois visages d’enfants cernés, j’entends les pleurs des enfants. Oh là mais j’espère que je sortirai indemne de ce bain de miasmes.

Il est 8 heures. L’alerte orange synonyme de pluies diluviennes et décrétée hier bat son plein. Cela rafraîchit l’atmosphère qui était lourde avec la chaleur, les miasmes, l’enfermement et la foule. Moi stratégiquement j’ ai changé de place pour me placer devant les persiennes. Enfin je respire un peu d’air frais.

8h19 . 4 personnes ont consulté. Plus que 29 avant que mon tour ne vienne.

A l’entrée de l’officine il y a toute une liste de prioritaires dont je ne fais partie.

Patients avec une carte d’invalidité

Enfant âgé de moins ou égale à un an si on veut effectuer des vaccins

Enfant fiévreux plus de 38°5

Adultes fiévreux plus de 39°5

Gastro-entérite avec diarrhées et vomissement au cabinet

Personnes très âgées (âge supérieur à 80 ans) à l’appréciation du médecin

Femmes enceintes à partir de 8 mois

Les autres patients sont priés de faire leur métier, patienter. Merci.

Après s’être mis sur la liste il faut attendre pour se faire enregistrer.

A 8h25 17 personnes sont enregistrées. Il faut pour cela attendre que leur nom soit appelé.

Dans la salle d’attente une pancarte encadrée de rouge prévient en français et en anglais : vous revenez d’Afrique de l’ouest  : Guinée Conakry, Sierra Leone, Liberia il  y a moins de 21 jours ET vous ressentez les symptômes de fièvre, supérieure ou égale à 38°C ou 100°4 F. Signalez-vous immédiatement et évitez tout contact avec les autres et ne touchez rien. Signé Maladie à virus Ebola

Les tarifs des consultation sont les suivants: 29 € pour adulte, 34 € pour enfants jusqu’à 6 ans. Pour les tiers-payants  (si vos droits sont ouverts) enfants 11 €, adultes 10 €. Je note  que pour des raisons techniques les patients affiliés à la MGEN/MFP et certaines autres mutuelles sont priés de régler la totalité de la consultation et se faire rembourser. Bon moi je suis normalement pris en charge à 100 pour cent pour tout ce qui concerne mon insuffisance rénale. Mais je sens que je vais faire chauffer ma carte bleue. 29 €

Il est 9 heures. Une jeune fille me propose sa place. Je la remercie. Cela ne fait que une heure et demie que je suis debout. J’attendrai de me faire enregistrer, ensuite on verra bien.

Il est 9h15 et il y a 53 inscrits sur  la liste dont 25 ont payé et sont donc enregistrés. Plus que 8 avant que je puisse moi aussi m’enregistrer. 14 patients ont été examinés.

Ce cabinet ouvre lundi, mardi, mercredi et vendredi de 7h30  à 16 h sans rendez-vous. Il est fermé le jeudi et ouvre le samedi de 7h30 à midi.

La climatisation est en panne, les ventilateurs tentent de leur mieux de me délivrer de la moiteur ambiante. Finalement je trouve un siège en face du comptoir où se trouve la secrétaire médicale. Il est 9h30. Thanks God, it’s Saturday November 18th 2017.

Toutes les 10 minutes environ le Docteur Bui réapparaît en chemise bleue clair. Je le trouve un peu trapu et joufflu, et pas du tout souriant, le prétendu chinois. J’évalue sa rondeur. À 29€ la consultation par 53 patients sans prendre en compte les enfants ça fait tout de même la bagatelle de plus de 1500 € rien que pour cette matinée moite. Une fois déduits les impôts, les charges sociales, la secrétaire médicale et la location du cabinet il lui reste tout de même une coquette somme, je trouve.

img_20171118_113126-11968759694.jpg

Il y a bien un distributeur d’eau sur lequel trône négligemment un gobelet coloré mauve clair mais je désespère d’y trouver une goutte d’eau. D’ailleurs personne n’y prête guère attention. Oh mais y a des toilettes.

L’assistance est composée à 80 pour cent de femmes. A 19 pour cent d’enfants. Ah je suis seul, désespéré !

À 9h45 je passe. Carte vitale. Votre adresse à Mayotte. 29,60€. Vous payez en espèces ou par carte. Par carte, dis-je. C’est directement avec le médecin. Je lui fais remarquer que je bénéficie des 100 pour cent, mon affection de longue durée étant exonérante. Rine n’y fait. Vous paierez directement par carte au médecin.

Je me rassure. Il n’y a plus qu’à espérer que mon tour vienne.

À 10h45 22 personnes ont été examinées. Plus que onze.

À 11h 20 une nouvelle patiente se présente avec un enfant. Je ne prends plus personne, dit la secrétaire.

Les deux jeunes filles qui attendaient sur le trottoir à l’entrée sont en consultation. L’une s’appelle Yasmina et passe son temps à se faire des selfies.

Ça commence à être bon, mon tour arrive. Cela ne fait guère que 4 heures que je suis sur place. Il y a une heure je suis sorti m’approvisionner en eau et j’en ai profité pour avaler un Orangina car l’eau était tiède et non bien glacée comme je l’aime..

À 11h37 on me rend ma carte Vitale et me prie de m’installer sur la chaise qui précède l’entrée dans le cabinet. Yepa.

Je sors mes vieilles ordonnances. C’est tout bon. Il va être 11h40 docteur Bui.

Eh bien le bon docteur Bui est souriant et amène. Il est ici depuis 2 ans, me dit-il. Vietnamien, comme je l’avais subodoré. Ma tension 12 / 8. Vous en avez encore pour 15 ans me dit-il. C’est ma femme qui va être contente, lui dis-je. Atmosphère bon enfant. Pourquoi êtes-vous venu ici dans ce cabinet, me demande-t-il. C’est le seul médecin que j’ai vu dans mon voisinage qui prenait sans rendez-vous. Pas trop fatigué, docteur avec toutes ces consultations. Non, on a l’ habitude. Allez, voici une batterie d’analyse à effectuer. La routine comme tous les six mois: protéinurie, créatinurie, calcium, phosphore, plaquettes, urée, créatinémie, et quelques autres joyeusetés, etc ! Puis on fait chauffer la carte : 29,60 €. À la sortie on lit sur une plaque : le médecin ne reçoit plus.

Vite un petit tour à la pharmacie pour s’approvisionner en Coveram 10/5 et Lasilix 40 et direction le petit restau sympa pour récupérer le temps perdu autour d’une Heineken et un bon plat de filet de boeuf avec mes potes profs sénégalais et togolais polyglottrotters comme moi, puisque j’en ai encore pour quinze ans, au bas mot. Elle est pas belle, la vie ?!!!!!

 

Haram : des prescriptions qui ne sont pas qu’alimentaires

omar_khayyam_big

Haram pour le néophyte fait penser à harem ! C’est un mot que j’entends beaucoup depuis trois mois que je suis à Mayotte. Il signifie illicite, interdit, c’est une prescription religieuse que le fidèle doit suivre sans que l’abandon de la chose ne soit dicté par la peur ou la timidité et son contraire est halal. Haram est parfois traduit par péché, ou par tabou. Il y a d’autres choses qui sont déclarées makruh (blâmables, licites mais répugnants). Toutes ces interdictions formelles ou informelles proviennent de la Charica (la loi musulmane déduite  des sourates du Coran et de la tradition du Prophète -la Sounna) qui est analysée de façons différentes (rigoriste, libérale, exégétique) selon les écoles de droit musulman d’obédience sunnite, chiite, kharedjiite, alaouite, soufie, salafiste, druze, etc. Beaucoup de ces prescriptions par ailleurs se retrouvent dans les trois traditions religieuses monothéistes qui apparaissent dans l’Ancien Testament (en particulier dans le Lévitique et le Deutéronome) et sur lequel se sont basés le Coran et la Tora. Certaines ne se pratiquent plus, certaines sont encore vivaces

M’ont été déclarés haram à Mayotte par des musulman(e)s d’origine mahoraise, comorienne, sénégalaise, malgache, togolaise et congolaise au cours de discussions formelles ou informelles les actes suivants qui touchent à l’alimentation mais aussi à la sphère intime et aux relations sociales:

  • boire de l’alcool (à base de blé, de coco, d’orge, de datte, de canne, etc) donc  pas de rhum, pas de vin, pas de whisky, pas de bière, même sans alcool, pas de cidre) et pourtant je lis ici que l’islam n’interdit pas l’alcool mais l’ivresse
  • manger du porc, du sanglier, (mammifères ayant le sabot fendu)
  • fumer du tabac : une cigarette, un cigare, un joint, la chicha (le narguilé pour fumer du tabamel, mélange de tabac, mélasse et pulpe e fruits), utiliser des drogues
  • mettre du vin, du vinaigre dans une préparation culinaire (pas de boeuf bourguignon, pas de moules marinières au vin blanc, pas de bananes flambées)
  • pratiquer le cunnilingus, la fellation, la sodomie, monter un homme pour une femme quand on fait l’amour alors que le mari peut adopter avec ses épouses toutes les postures qu’il juge bonnes, en vertu du verset 223 de la Sourate II : « Vos femmes sont votre champ. Cultivez-le toutes les fois qu’il vous plaira. »
  • voler
  • faire l’amour en dehors du mariage : la zina ! (lire ici sur les rapports sexuels illicites) d’où la nécessité de faire légitimer toute union par un contrat de mariage nikah entre le futur mari et le tuteur matrimonial de l’épouse (le wali ) avec la présence de deux témoins devant un cadi moyennant versement d’une dot plus ou moins importante
  • manger du sang (pas de boudin, pas de canard au sang)
  • manger du crabe, du homard, des palourdes, des huîtres, des moules, des coquilles saint-jacques, calamars, seiche, poulpe (pieuvre) (animaux aquatiques qui n’ont pas au moins une nageoire et une écaille que l’on peut facilement détacher)
  • manger des oiseaux comme le pigeon, le ramier, la grive, la caille et consommer leurs oeufs (animaux non domestiques comme la poule)
  • consommer toute nourriture ou aliment pendant la journée lors du mois de Ramadam
  • manger du chien, du chat (animaux domestiques)
  • manger un animal qui n’a pas été égorgé rituellement et vidé de son sang tourné vers la qibla, la Mecque en répétant les paroles rituelles (Bismillah Allaou Akbar)

A bien y regarder un musulman pieux qui suit au pied de la lettre les préceptes de l’islam, notamment en matière alimentaire, est plus difficile à contenter qu’un végan ou un végétarien qui doit lui aussi en permanence consulter les étiquettes pour savoir les ingrédients des produits qu’ils souhaitent consommer ! Chacun peut outre ces préconisations alimentaires religieuses se forger ses propres interdits au cours de sa vie en fonction de ses goûts et ses dégoûts individuels et de ses allergies. On peut aussi se créer de nouveaux interdits et annuler les autres. On est aussi le fruit d’interdits communautaires, de traditions familiales dont on n’est même pas conscient..

Je me souviens que jusqu’en 1966 les catholiques ne mangeaient pas de viande le vendredi et que le vendredi dans les cantines des collèges et des lycées on ne trouvait que du poisson. Je sais qu’au brésil les femmes ne font pas l’amour le vendredi saint et que désormais cette interdiction de manger de la viande ne subsiste que pour le vendredi saint et le mercredi des cendres. Entre Carême (jours maigres) et Charnange (jours gras) les habitudes ont varié et varient encore, chacun aménageant les préceptes a sa sauce.J’ai ‘ailleurs évoqué ce sujet en relation au Père Labat en Guadeloupe.

Et jusqu’à nos jours les nombreuses dénominations religieuses qui caractérisent la Guadeloupe font que nous avons nous aussi des actions qui sont haram par extension si on reprend la sémantique musulmane.

Par exemple une personne pieuse fera des accras au giromon ou aux carottes en période de carème, considérant la morue ou les lambis, voire les crevettes, trop gras pour le jeûne ! Le vendredi est toujours aux Antilles le jour du poisson !

Le sang constitutif du boudin commence à se diversifier. On propose des boudins désormais avec du sang de volaille ou de boeuf au lieu du sang de porc traditionnel. ou des boudins sans sang comme du boudin au crabe, aux lambis et même des boudins légumiers. Cela a l’air anecdotique et on pourrait même louer cette diversification qui plaît aux touristes et aux végétariens.

Néanmoins on sait que les Témoins de Jéovah qui sont bien implantés ne mangent pas de boudin et refusent certaines charcuteries où le sang est présent. Il s’agit donc d’une prescription alimentaire.

Les Adventistes du Septième Jour respectent eux aussi scrupuleusement les préconisations de l’Ancien Testament. Les consignes alimentaires vont du porc al’alcool et au tabac  qui sont eux aussi haram.

Si je prends mon propre exemple, moi qui ai été élevé dans un environnement catholique mais qui depuis plus de 50 ans est athée, je ne mange pas de papaye depuis le jour en 1987  au Brésil où j’ai eu une diarrhée phénoménale après avoir bu plus que de coutume et mangé de la papaye. Hier encore au marché je voulais en acheter car quelqu’un m’a fait goûter au travail de la papaye et j’ai bien aimé mais quand je me suis retrouvé face à face avec la papaye les images de ma chambre maculée de fiente me sont revenues et je me suis abstenu. Pourtant l’incident doit dater de presque 30 ans.

Cela me rappelle que mon père ne mangeait jamais d’ananas le soir et que pendant longtemps je l’ai suivi. Il disait que si on mangeait de l’ananas le soir on se réveillerait le lendemain avec une tête d’ananas.

Ma mère elle n’a jamais aimé les gombos alors que moi je les adore.

Je ne mangeais pas non plus de langue de boeuf jusqu’au jour où juré ans un concours e gastronomie où s’affrontaient une vingtaine de bistros à Salvador au Brésil je me suis vu attribuer la dégustation de cette langue de boeuf et je dois dire que j’ai été agréablement surpris. Je sais que c’est bon, bien cuisiné, mais je répugne à préparer ce plat, à cause de l’aspect initial de la chose, une langue.

Etant globe-trotter j’ai plaisir à goûter des choses différentes qui sont mainstream ans la culture étrangère. Aux Antilles dés l’enfance j’ai été initié au colombo, aux dombrés, aux haricots rouges, aux bananes plantain, à la morue, aux avocats et aux gombos, aux poyos et au dachine, au fruit à pain et au corossol, au titiris et aux orphies, aux crabes aux ouassous et au sorbet coco. Mais jamais je n’ai goûté à une tortue, ni à une mangouste, ni a un raccoon  ni à un guimbo (une chauve souris). Je le regrette ! Je me souviens tout petit en train de chasser des grives ou des ramiers mais je ne me souviens pas en avoir goûté. Et jamais je n’ai avalé ni sauterelles ni fourmis volantes, me contentant de lambis. Il me reste encore quelques années j’espère pour me rattraper !

Par exemple aux USA j’avais plaisir à manger du sirop d’érable sur mes pancakes ou mes french toast, j’aimais manger le grits and eggs (fait à base de semoule de maïs) et boire de la tequila sunrise et du southern comfort. En Hollande j’ai acquis le goût de mélanger fromage et confiture, boire du lait froid, boire le jonge geniever et la bière, la sauce saté, et la sauce soja indonésienne Conimex.

 

Le Brésil m’a initié aux palourdes, au jus d’avocat au lait, au jus d’avocat au citron, à la maniçoba (feuilles de manioc pilées et viandes diverses) m’a réhabilité au poisson dont je détestais auparavant ne serait ce que l’odeur, m’a ouvert à la jaque (j’ai goûté), le serpent (j’ai goûté), le xinxim de bofe (poumons et crevettes séchées)(j’ai goûté), le sarapatel, ma première victoire lors d’un mariage (à base d’abats: foie, coeur, poumon, le tout appelé fissura de porco, sang de cochon) mais je n’ai toujours pas adopté les gésiers de poulet (qui pourtant font les délices des gens mais moi cela m’écoeure malgré plusieurs tentatives  où je les assaisonnais d’une tonne de piment et que je les ingurgitais pour les recouvrir aussitôt de 66 gorgées de bière). Le foie ça va mais le coeur, les reins, les amourettes, oh la la , il faut vraiment que je sois dans l’ambiance, que je voie que tout le monde en mange, que mon désir de m’intégrer soit plus fort que ma révulsion naturelle et que l’action se passe dans un cercle privé qui me garantit l’authenticité du plat. Les acarajés, les abaras, les pamonhas tout cela m’a été inculqué et m’a permis de mieux appréhender la cuisine antillaise car en fait nous avions à certains moments éloignés de nos histoires ces recettes à un état embryonnaire voire plus avancé. Quand je mange une maniçoba je pense au calalou antillais ou au mataba mahorais. quand je mange des bolinhos de bacalhau ou des acaragés je pense à mes accras locaux. Quand je mangeais de la farine de manioc je pensais comment je la dégustais tout petit aux Antilles avec du sucre de canne et j’ai vu ici à Mayotte une congolaise faire la même chose. J’ai failli manger du tatou au Brésil, c’est primitif, je sais, c’est illégal, je sais, c’est anti-écologique, je sais, je le sais cent, mille fois, mais je sais aussi par ceux qui en ont mangé que c’est délicieux. Idem pour la tortue ! J’ai l’impression que cela fait partie e mes gènes ! Et parfois je me plais à rêver que je croque de la bonne chair d’oiseau diablotin comme du temps de la Guadeloupe d’antan du Père Labat. Bien meilleur que que le canard ! Et chaque fois que je buvais une caipirinha ou une caipiroska c’était au rhum et non à la cachaça que j’étais ramené, au planteur, au ti punch. J’ai une ou eux fois mangé une moqueca de noix e cajou verte et c’était phénoménal. et je pourrais continuer inlassablement sur les nombreuses re-découvertes culinaires qu’il m’a fallu intégrer à mon alimentation au cours des 30 dernières années où j’ai vécu sous influence brésilienne. Depuis que je suis à Mayotte en terre musulmane les tabous alimentaires étant ce qu’ils sont beaucoup des produits que j’aime souffrent de haram caractérisé : puisque nous sommes en république française laïque et indivisible les produits dits haram ne peuvent être totalement éliminés mais les conditions de ravitaillement et les prix élevés contribuent à la rareté ou chèreté des fruits de mer, porc, alcool, il faut donc être créatif. J’ai goûté à l’aloé vera, je me suis rabattu vers les feuilles de toutes sortes, les brèdes, vestiges de la cuisine malgache, j’apprécie les salades, les différents achards qui deviennent presque part de ma cuisine, j’utilise désormais le curcuma et le piment bien plus qu’autrefois, la banane verte, le fruit à pain. J’aimerai goûter au tangue (Tenrec ecaudatus) , une sorte de hérisson réunionnais même si je sais que son origine est malgache et comorienne. Ah un bon civet de tangue et je risque même de proférer un doux jésus marie joseph de béatitude bien que la chose soit haram ! ah un bon civet tortue  à la congolaise, oh mygosh!!

Ne pensez pas que je plaisante je suis damn serious !Regardez par exemple l’ouvrage The culinary Herpetologist de Ernest E. Liner. C’est un livre de cuisine un peu spécial, je le concède, qui traite de la gastronomie appliquée à l’herpétologie, ou erpétologie, terme qui qualifie la science spécialisée de la zoologie qui étudie l’herpétofaune, c’est à dire les reptiles (les serpents, les lézards, les tortues, les crocodiles) et les amphibiens (les grenouilles, les crapauds, les salamandres, les tritons). Le spécialiste est alors désigné comme un herpétologue (terme le plus vieux) ou herpétologiste (terme le plus utilisé de nos jours). Eh bien,  dans cet ouvrage que vous pouvez trouver sulfureux et que probablement certains censeurs qualifieraient de haram on propose plus de 900 recettes touchant les reptiles et amphibiens ci-dessus cités et en particulier 281 touchant les tortues. J’ai relevé au hasard cream tortoise steak, green turtle steaks, turtle with cream sauce, turtle cacciatore, turtle scallopini, turtle à la king. Je signale pour les censeurs éventuels toujours prompts à se faire harpies que la viande de tortue peut être élaborée dans des élevages, spécialement le cas des soft-shell turtles. Certes je sais qu’à Mayotte il ya es tortues qui passent vite fait dans la marmite et sont aussi vite avalés et que c’est une tradition millénaire ici malgré les interdictions internationales.

Lire plus: https://www.aquaportail.com/definition-9294-herpetologie.html

2

Je n’ai qu’un tabou, il n’est pas religieux  puisque je n’ai pas de religion : je ne mangerai pas mon prochain. En cas de faim intense je peux manger n’importe quoi (je n’irai sans doute pas jusqu’à m’alimenter de mes propres rejets, urine et excréments, mais je ne jure de rien, car selon moi nécessité fait loi et certains événements nous ont enseigné que l’homme peut dans certaines conditions insoutenables s’alimenter de n’importe quoi) je ne me crois pas anthropophage mais je ne peux jurer qu’en cas de nécessité absolue il me soit impossible de dépasser mon aversion à manger de l’humain. Je n’ai en tout cas aucune limitation spirituelle qui m’en empêche !

Mon dieu alimentaire préféré, ne vous en déplaise c’est ichtus, le poisson. et non ICHTUS, initiales en grec de Iesous Christos Theou Uios Sofer (Jesus Christ fils du Dieu Sauveur)

Comrade Bob, fétiche irréaliste ou salvator mundi dans le marigot aux crocodiles ?

coat_of_arms_of_rhodesia-834700468.png

Parfois l’actualité s’entrechoque et se télescope: Macron évoque les fétiches irréalistes des écologistes et dirigeants qui l’ont précédé au pouvoir; Salvator Mundi, une représentation du Christ,  un tableau de Léonard de Vinci à la suite d’un périple incroyable devient le tableau le plus cher du monde, adjugé pour plus de 400 millions de dollars; et Robert Mugabe, l’indécrottable président du Zimbabwe, le vieux lion-crocodile de 93 ans, est en résidence surveillée, sous le Toit Bleu, pressé à démissionner par une faction de son propre groupe politique après qu’il ait limogé son propre vice-président, son dauphin logique, (au surnom de  Crocodile, lui aussi, suite à son appartenance dans les années de lutte pour la libération au groupe Crocodile), leader de la faction Lacoste, Emmerson Mnangagwa, 75 ans, compagnon de route depuis plus de 50 ans, compagnon de guérilla qui lui aussi a vécu 10 ans en prison, certes un peu plus jeune mais néanmoins septuagénaire.

mang-850x500

Sa femme Grace qui se voyait déjà prendre elle aussi l’héritage des heures glorieuses de la guerre de libération nationale, le chimurenga, et tous les leaders du parti G40 sont soit en fuite  soit en détention. Le coup d’état est plus dirigé contre elle et ses fidèles que contre Mugabe.

14848hr_-592x296

 

De toutes ces péripéties celle qui a imprimé en moi c’est celle de Mugabe. Je me souviens l’avoir vu pour la dernière fois lors de l’enterrement de Nelson Mandela. Et bien qu’il soit honni par une grande partie de la communauté internationale j’ai toujours eu une admiration secrète pour ce vieux combattant de la cause noire. Je dois même dire que je l’admire au moins autant que Nelson Mandela. D’ailleurs un récent sondage du journal New African Magazine place Mandela en premier dans le coeur des Africains de tous les temps alors que Mugabe est numéro trois. Pas mal pour un despote ! Il faut se libérer des libérateurs, disent néanmoins les détracteurs de l’indéboulonnable dont plus d’un ont des velléités de sécession au Matabeleland.

Oh ne croyez pas que je maîtrise l’histoire de cette partie de l’Afrique. J’ai de lointains souvenirs de Rhodésie du Sud, de l’indépendance unilatérale de la Grande-Bretagne, puissance coloniale du territoire  depuis 1890, par la minorité blanche sous le leadership de Ian Smith (1919-2007) en 1965, de 15 ans de guerre civile, de la prison de Mugabe pendant 11 ans, puis de la victoire des guérilleros marxistes du ZANU (Zimbabwe National Union) en 1980 et de la prise de pouvoir de Mugabe qui devient premier ministre puis président en 1987. De son anoblissement en 1994 par la Reine Elizabeth 2. De son pouvoir autoritaire,  de l’expropriation dans les années 2000 de 4000  gros exploitants agricoles blancs. De sa femme Grace, presque 40 ans plus jeune que lui et impopulaire.

La figure est controversée et boudée par la communauté internationale en raison de hold up électoraux et de répression sanglante. On ne lui pardonne surtout pas sa politique d’indigénisation qui consiste à donner aux Noirs les terres possédées par les exploitants blancs et ceci sans compensation.

Au départ il y avait Joshua Nkomo à la tête du ZAPU et Abel Muzoreva de l’ANC. Par la suite ZAPU et ZANU se sont fondus en ZANU-PF (pour patriotic front) et gouvernent le pays d’une main de fer depuis une éternité.

L’Union Soviétique fut l’allié naturel ainsi que Cuba sous l’ère Castro. Même si depuis 1991 la ZANU-PF a renoncé au marxisme-léninisme et a adopté l’économie de marché, Harare, l’ex-Salisbury de Rhodésie du Sud est toujours au ban des nations mais malgré les résolutions le vieux crocodile se maintient envers et contre tous depuis 37 ans au pouvoir. Malgré cet isolement diplomatique le Zimbabwe, qui intègre le SADC (Communauté de Développement de l’Afrique Australe), a une politique extérieure qui se résume à cette phrase:

Nous allons nous détourner de l’Ouest où le soleil se couche pour nous tourner vers l’est où le soleil se lève.

L’est ce n’est pas seulement la Chine mais aussi la Corée du Sud, la Turquie…

Mugabe né en 1924 a étudié au Royaume-Uni et en Afrique du Sud mais est resté au fond un gushungo (un crocodile, son animal totem). Un crocodile du calibre de pères fondateurs architectes du rêve de l’unité Africaine comme l’ont été dans les années 50 et 60  des leaders africains comme Nkwame Nkrumah, Sekou Touré, Modibo Keita.

Ce que je note surtout en lui c’est sa non-complaisance envers « the powers that be ! »

Malheureusement toute statue de commandeur se fissure devant la crise économique et financière qui sévit depuis les années 2000.

Il y a environ un mois et demi je me suis retrouvé avec deux profs d’histoire africains, tous deux sénégalais et exerçant à Mayotte qui par leur discours m’ont permis de mieux appréhender politiquement et historiquement le vieux crocodile. Les accords de Lancaster selon eux en décembre 1979 sont le legs de Mugabe. Il en est l’un des artisans. Il les a négociés habilement. La question foncière est au centre de cet accord car à l’époque il faut se souvenir que 4000 propriétaires blancs détiennent 50 pour cent des terres arables occupant 15 millions d’hectares. Dans un premier temps l’accord prévoit que pendant 10 ans  donc jusqu’à la fin 1989 il n’y aura pas d’expropriation ni de nationalisation. Seules les ventes de gré à gré sont possibles (willing buyer, willing seller) C’est la raison pour laquelle on le laissa tranquille tant que Mugabe laissait prospérer ces terres fertiles aux mains des colons britanniques (indiens, pakistanais et anglais). En 1989 il n’y a pourtant qu’un million d’hectares de terres qui a été redistribué à seulement 20000 familles. Le Land Acquisition Act de 1989 est la deuxième étape: il permet à l’Etat d’acquérir les terres en indemnisant les propriétaires. C’est sa politique d’indigénisation qui l’a fait diaboliser par la Grande Bretagne et les Etats-Unis. Là dans la troisième étape Le « BEE » (Black Economic Empowerment)  au Zimbabwe, oblige depuis 2008 les sociétés étrangères à transférer 51% de leurs actifs à des Zimbabwéens noirs.

Le Zimbabwe est loin d’être une planète florissante. Le dollar Zimbabwe est fortement dévalorisé, beaucoup de Zimbabwéens vivent en Afrique du Sud ou ailleurs, fuyant le chômage, l’hyperinflation et le sida.

Camarade Bob, autoproclamé « diplômé en violence », va-t-il jeter l’éponge ou va-t-on assister à un de ces soubresauts dont il est coutumier ? En un mot Bob bande-t-il encore? Ou fait-il partie des fétiches irréalistes que l’Afrique doit encore exorciser? Ou est-il un tableau inestimable, une toile à ranger dans les décors et les ors de l’histoire? Le retrouvera-t-on dans un exil doré en Namibie ? L’Union Africaine, Jacob Zuma, président d’Afrique du Sud, le fidèle, qui sait se souvenir que Mugabe et le Zimbabwe (comme le Mozambique d’ailleurs)  ont servi de base arrière aux camarades de l’ANC sud africain dans leur lutte contre l’apartheid; Laurent-Désilé Kabila en RDC qui doit une fière chandelle au Zimbabwe, Alpha Condé de Guinée et bien d’autres encore redoutent sans trop y croire la chute du héros de l’indépendance, de  ce vieux despote, symbole vivant et décati des contradictions de l’Afrique de ce siècle et du précédent,  presque sous le regard indifférent des 12,9 millions de Zimbabwéens. Un symbole géant quoique décrépi qu’on ne saurait impunément malmener. Le vieil homme renâcle à démissionner et laisser le pouvoir au Crocodile bis qui a pourtant été l’exécuteur de ses basses oeuvres pendant de nombreuses années. On parle de gouvernement d’union nationale. Morgan Tsvangirai, du MDC (Movement for Democratic change), leader de l’opposition, pointe le nez avec son vice Nelson Chamisa.  L’ex vice-présidente Joice Mujuru limogée en 2014 sur ordre de Grace réapparaît sur la scène politique en même temps que Constantino Chiwenga, le général, chef de l’armée. La lutte de succession est ouverte. On prie les oracles, les Achille, les Horace pour que la guerre de Harare n’ait pas lieu dans ce décor ubuesque. Mais Grace n’est pas Hélène et les fétiches sont tombés sur la tête depuis bien longtemps.

Et voilà que moi même je me sens devenir vieux crocodile nostalgique , enfin plutôt vieux caïman gâteux nostalgique du temps si lointain déjà où il collectionnait  des timbres portant des noms comme Haute-Volta, Dahomey, Gold Coast, Tanganyika, Rhodésie du Sud… Nostalgique non pas de la colonisation  mais de ce moment unique où mes frères africains se sont dressés debout contre l’oppression. Les héros sont fatigués mais ils ont été des héros, des role models qui m’ont permis à moi même d’exister. Chacun a ses limitations, les héros comme les autres. Quand vient le moment de passer la main, le jeune sang qui existe encore en quantité infinitésimale dans le flux sanguin du crocodile bouillonne, c’est humain d’accepter avec difficulté de se mettre en retrait, de ne plus être acteur pour devenir spectateur, on veut tout au moins faire son successeur, l’adouber et ainsi se perpétuer en quelque sorte, et  qu’on s’appelle Elizabeth 2 ou Mugabe 1, cela ne change rien à l’affaire.

Romazava à la madagwadabra

016

Le romazava est un plat malgache. Il vous faut comme ingrédient des brèdes mafane (ce sont des feuilles et des fleurs jaunes qui piquent un peu aux lèvres, la feuille existe au Brésil, d’ailleurs on appelle cette plante aussi cresson du Para et est trés consommée ans les etats du Para et du Amapa)), de la viande de zébu, et puis les épices habituelles, oignon, gingembre, sauce tomate, sel, poivre, jus de citron, persil arabe (ou coriandre vert), cives. 

L’apparence générale dans la tradition malgache c’est une sorte de pot au feu clair. Le plat est servi avec du riz blanc et de la sauce piment ! On peut aussi accompagner d’un rougail tomates ! Moi j’aime le calalou fait à base de feuilles de dasheen (taro, majimbi ici à Mayotte) et de gombo et je peux y ajouter au choix du crabe, des palourdes, des écrevisses, des lambis, des crevettes, du poulpe mais voilà il y a un hic cela va faire trois mois que je suis en manque. J’ai tout juste eu droit à un gombo il ya un mois environ et un crabe dans les mêmes zones. Comme je vois tous les jours en rentrant chez moi des vendeuses de rue me proposer des feuillages et en particulier des brèdes mafanes, j’ai décidé, ne vous en déplaise, de faire une romazava-calalou de brèdes mafanes, où à défaut de grives je mettrai du merle! et cela donne un romazava à la madagwadabra (avec des influences mada, gwada et brabra)

Le merle en l’occurrence se nomme chou, carotte et colombo et clou de girofle et bonda manjak !

Bon, l’idéal pour un romazava-calalou serait de mélanger quelques feuillages comme pour un bon calalou.

Si vous avez des feuilles de moutarde, des feuilles de cresson (anadraho, cress), de roquette (aragula, rucula) ou même des fanes de radis, des feuilles d’épinards à défaut de feuilles locales comme les brèdes mafanes (anamalaho en malgache, Acmella Oleracea, cresson du Para, paracress, jambu), anamamy (malabar spinach en anglais, épinard de malabar, Basella Alba), , essayez les.

On peut aussi imaginer un bréde mafana végétarien auquel cas je remplacerai le boeuf par des lentilles et du lait de coco ! Et voilà le tour est joué ! On peut aussi faire un romazava avec du poisson fumé (the best selon moi) du marlin fumé, du thon blanc fumé, oh la la ! Voire du poulet fumé, du jambon fumé, bref vous comprenez, hein ! !

L’idéal serait d’y ajouter des piments végétariens quoi que le cresson du Para (appelé jambu au nord du Brésil) a tendance a faire pétiller votre bouche et rendre vos lèvres un instant insensible. D’ailleurs en Amazonie et dans les états du nord du Brésil il y a un plat célèbre appelé pato no tucupi (canard au tucupi ou les feuilles de brèdes mafanes sont indispensables avec le tucupi, qui est du jus de manioc, goma de mandioca appelé aussi en Guyane kasilipo) et un autre nommé tacaca. On considère le jambu comme un aphrodisiaque féminin, il fait frétiller les langues et on a même une cachaça de jambu. Pour que le jambu garde ses propriétés il faut qu’il soit consommé aussitôt après avoir été cuisiné, sinon il perd ses caractéristiques

On peut servir à la malgache avec du riz blanc ou à la brésilienne avec de la farine de manioc ou à la mahoraise avec du fruit à pain rôti, ou des bananes rôties ou du manioc rôti ou à la française avec des pommes de terre ou des patates douces  rôties, ou carrémént à la gwada avec des dombrés au colombo! The choice is yours, breda !

J’ai peur de l’eau comme le succulent mandacaru

Tous ceux qui me connaissent de près croient savoir que j’ai comme Cascão, de la fameuse BD brésilienne Turma da Mônica, une phobie particulière: celle de l’eau.  Tenho pavor a água ! Quelle honte, me direz-vous! Cette prétendue manie  de saleté (mania de sujeira en portugais)  souffre tout de même une notable exception, n’en déplaise à Mauricio de Souza:

https://youtu.be/uX7A5t5MjGQ 

Alors que Cascão, l’ami de Cebolinha, a pour animal de compagnie ( on  dit en brésilien bicho de estimação) un petit cochon appelé Chovinista, moi je n’ai aucun animal de compagnie. Et je ne suis pas un chauvinist pig. Mais allez expliquer aux gens le pourquoi et le comment des choses de ce brave new world. Mes proches en rient volontiers: il suffit que je dise que je viens de prendre une douche pour que des sourires entendus naissent à l’interstice des lèvres des amis et familiers. Moi je force le trait, j’exagère un peu. Je traîne les pieds, je feins l’endormissement ! Moi, cochon ? Moi, porc ? Moi, sanglier ? Moi, marcassin ? Que nenni ! Je dis à tribord que l’eau m’enlève mes odeurs de mâle et qu’à force de se laver on élimine les protections naturelles que nos glandes sébacées nous offrent. Je dis encore à babord pour ma défense que je suis une plante rustique exotique, une sorte de mandacaru, un cactus, que l’on se doit de n’arroser que de rosée matinale et qui risque de subir un choc thermique à moins de l’exposer au temps froid dans une orangerie pour affronter les rigueurs de l’hiver !

Je leur signale que le mandacaru purifie l’eau. Mais ils n’en n’ont cure !

Parfois je mets en cause les savons et leurs phénols, cause d’irritation pour ma peau fragile. Mais mon argument clé c’est celui-la: je ne supporte que le savon pour bébé hypo allergénique. J’exagère c’est vrai et je sais fort bien qu’en pays chaud mon corps qui sue facilement devient rapidement poisseux et qu’il n’y a pas d’autre alternative que la douche pour le soulager. En pays froid c’est une autre histoire. La crasse (le lodo-filth) prend plus de temps à s’incruster. Je suis malade, complètement malade, parfaitement malade, comme le disent en pleurant presque Serge Lama et Lara Fabian ! Mais cela ne fait pas de moi un galeux, même si je revendique le titre de brebis galeuse ! Il en faut un dans toutes les bonnes familles, allez je me sacrifie car je suis l’aîné ! Et je préfère quant à moi chanter avec Luiz Gonzaga depuis 1953 et son Xote das Meninas

Mandacaru quando fulora na seca

é o sinal que a chuva vem no sertão

Ainsi il n’y a aucune équivoque sur la question. Je suis comme un mandacaru, cactus succulent, et c’est quand je commence à fleurir en temps de sécheresse que la pluie s’annonce au-dessus de la brousse. Quand je suis sous la douche je peux y rester une éternité car j’ai plaisir à détacher de mon corps toute pellicule de crasse (il y a un joli mot en portugais, ça s’appelle lodo, différent de lama, la boue) (il y a aussi en anglais un mot filthy, dérivé de filth, la crasse à l’état pur). Eh bien moi je pense que pour se sentir propre il faut s’être senti sale et je ne me lave que quand je me sens sale, je ne me lave pas par habitude, par devoir, par nécessité, par morale, je ne me lave que par plaisir. Etrange, me direz vous ! Si vous étiez mon analyste vous me demanderiez probablement « Mais d’où vous viennent, cher monsieur, de telles turpitudes ?

Aquaphobie. Voilà la maladie orpheline dont je souffre ! Et prendre sa douche n’est qu’un atoll sur l’océan de ce qu’induit ce trouble. Oh mais rassurez-vous, docteur, j’ai mon gant de toilette pour une hygiène sommaire et ma bouteille de parfum CK Calvin Klein pour me débarrasser des fragrances de chlore.

Mais l’eau dont j’ai la peur panique et qui m’attire en même temps par excellence c’est l’eau de mer ! Quand je n’ai pas pied quelque part, je me crispe, je suis mal à l’aise, je coule. J’ai il y a presque  40 ans essayé de faire face à cette affreuse condition et de prendre des cours. Les quelques cours que j’ai suivis m’ont permis de plonger dans un coin de la piscine. J’ai pris plaisir à apprendre les rudiments de la brasse mais la piscine, qu’on soit dans le bassin ludique, ou dans le grand bain, ce n’est pas la réalité, et muni de ces quelques cours je me suis plongé dans la mer des Caraïbes au Moule et j’aurais pu y laisser ma vie car dès que je n’ai plus senti le sable j’ai paniqué et failli entraîner dans les profondeurs ma compagne d’alors qui heureusement savait nager. Etrangement depuis aucune de mes compagnes n’a jamais su nager. Donc je me suis laissé aller à la complaisance. Aux autres la planche à voile, le PMT (palmes, masque, tuba), le wakeboard, le paddle ! A moi la grève, les petits coquillages et les bières estupidamente glacées ! Aventurier comme je crois l’être il y avait un hiatus !

Mais que faire ! Puisque je suis malade ! J’aime la mer et mon souhait le plus intense alors que je franchis le Cap Horn des 65 ans c’est d’apprendre à nager. Car aussi étonnant que cela paraisse j’adore l’eau, c’est de la profondeur intouchable, impalpable que j’ai peur.

Etant enseignant je sais le traité des corps flottants d’Archimède qui dit ceci :

Tout corps plus léger que le liquide où il est abandonné, ne sera pas complètement submergé, mais restera une partie au-dessus de ce liquide.

Pour peu donc que j’apprenne à apprivoiser l’eau, pour peu que je prenne plaisir à nager cette aquaphobie peut se transformer en véritable aquaphilie. Me connaissant je sais qu’elle doit être encadrée, répétitive, routinière. Avec artifice (bouée, pull buoy, frite, perche, échelle, palme, masque, tuba, que sais-je) et sans artifice. Il faut aussi décliner tout cela avec l’apprentissage adapté de la technique des trois nages. Plusieurs fois j’ai eu envie de guérir et reprendre mes cours d’aquaphilie accompagné d’un moniteur nageur-sauveteur, au Brésil à Salvador dans le quartier d’Itapuã, puis encore récemment à Saintes et à chaque fois il m’a semblé que les astres n’étaient pas alignés pour que je me mette sérieusement à l’affaire. Puis la retraite s’approchant je viens de décréter l’apprentissage de la natation comme défi essentiel à relever pour mes futures années de senior. Imaginez moi en train de faire la planche, faire l’étoile de mer, faire le canard, faire la grenouille. J’en jouis d’avance ! Cela vaut bien tous les coïts du monde, non ! J’imagine la chose ainsi : 45 minutes de cours une fois par semaine et 45 minutes de pratique ludique une autre fois. Ce sont mes nouvelles bonnes résolutions. Un petit problème cependant, même si je suis entouré d’eau, résidant actuellement sur l’île de Mayotte, la seule piscine d’envergure se trouve à Koropa Majicavo, dans la ville de Koungou ou alors il faut se rendre à l’hotel Sakouli près de Bandrélé. Mais pourrais-je disposer de mns ? That is the question ! Et moi je réside à M’Tsapéré ! Oh ce n’est pas la mer à boire. Mais je n’ai pas de dilemne, pas d’état d’âme. Ce n’est plus qu’une question de mois et pourra m’appeler le triton !

Quelle progression ? Je vous retranscris, après avoir corrigé quelques fautes d’orthographe ou d’inattention le forum consacré par Babeth à l’aquaphilie. Je note qu’il lui a fallu 26 séances pour atteindre le niveau 1 de la natation

 1er cours) Dans le bassin ludique (1.20 m), en se tenant au mur, on immerge seulement la bouche et souffler (répéter plusieurs fois cet exercice), ensuite immerger également le nez en alternant le souffle par la bouche et par le nez (faire plusieurs fois cet exercice), toujours en immersion la bouche et le nez : mettre 2 doigts à la bouche en les mordant un peu et souffler afin de démontrer que l’eau ne rentre pas. Toujours en se tenant au bord, s’allonger entièrement sur le ventre et immerger totalement la tête (n’oubliez pas de souffler).

2nd cours) Avec l’aide de 2 frites, s’allonger sur le dos et rester quelques secondes sans bouger puis faire le même exercice sur le ventre et souffler. Toujours avec les frites, faire l’étoile de mer sur le dos en écartant bien les bras et les jambes et rester immobiles puis la même chose sur le ventre.

3ème cours) On reprend les 2 frites, on se met sur le dos et on commence à faire des battements de jambes (faire attention à la tête à cause des obstacles derrière qu’on y voit pas, faire des repères à l’aide du plafond), même chose sur le ventre en ayant la tête immergée, soufflez et la sortir en inspirant (répétez cela plusieurs fois). Passage du petit au grand bassin (3 m de profondeur), en se tenant par l’échelle : descendre le plus loin possible et remonter calmement à la surface (faire l’exercice 2-3 fois) puis avec les frites s’allonger sur le ventre avec battements de jambes faire quelques mètres tout en restant près du bord puis faire le retour sur le dos avec les battements de jambes et près du bord du bassin.

4ème cours) Refaire les mêmes exercices du cours précédent dans le bassin ludique mais cette fois-ci avec une seule frite. S’allonger sur le dos et y mettre la frite devant soi à bout de bras et en ajoutant les battements de jambes et faire quelques mètres puis s’allonger sur le ventre et mettre la frite à bout de bras, la tête immergée et faire des battements de jambes. Dans le grand bain, faire l’étoile de mer (position ventrale) en se tenant avec les 2 mains au bord puis retirer une main : même avec une main tenant le bord on flotte (la flottaison est plus importante dans le grand bain donc plus d’appui d’être porter par l’eau), descendre par l’échelle le plus loin possible tout en soufflant lentement et remonter tranquillement à la surface (répéter 3 fois l’exercice) et même exercice avec la perche ces derniers exercices permettent de mieux accepter la profondeur.

5ème cours) Dans le grand bain, refaire les exercices d’immersion avec l’échelle et la perche, se mettre en boule tout en étant près du bord (se tenant aux genoux) en cas de difficulté, avec l’aide de 2 frites faire quelques mètres sur le ventre puis refaire le même pour le retour sur le dos, sauter en étant assis sur le bord en tenant la perche (faire 3 fois l’exercice.

6ème cours) Grand bassin, faire les exercices d’immersion (échelle et perche), prendre 1 frite tout en restant près du bord en s’allongeant sur le ventre et bras tendus, la tête dans l’eau et battements de jambes faisant une longueur puis faire la même chose pour le retour sur le dos, se mettre debout au bord du bassin tenant la perche en sautant sans l’eau à pied joint (saut de bouteille).

7ème cours) Grand bassin, même exercices d’immersion que la fois d’avant, nager sur le ventre en se tenant d’une seule main au rebord sur toute la longueur du bassin, même exercice mais cette fois-ci sur le dos pour le retour puis les refaire avec 2 frites et pour en finir avec 1 frite.

8ème cours) Petit bassin : exercices d’échauffement : s’allonger sur le ventre, tête dans l’eau en soufflant lentement, mains agrippées au rebord avec battements de jambes puis le même exercice sur le dos avec l’aide de 2 frites. Début du cours s’immerger complètement en soufflant à la fois par la bouche et le nez afin de pouvoir s’asseoir au fond, nager d’une échelle à une autre sur le ventre avec les bras simplement devant soi et avec mains croisées l’une sur l’autre et faire uniquement des battements de jambes tout en restant près du bord, même exercice en passant au début au dessous de 2 frites puis sous 4 frites en faisant à chaque fois l’aller et retour, toujours en immersion faire un signe et voir le signe d’une autre personne du groupe et le refaire devant le MNS, se mettre en groupe de 2-3 personnes en se tenant par la main en s’immergeant au compte à rebours du MNS puis même exercice et cette fois-ci faire l’étoile de mer ventrale à l’écoute du son de la perche tout en tenant les mains des partenaires.

9ème cours) Petit bassin : Mêmes exercices d’échauffement que la semaine dernière ; agripper au rebord du bassin en mettant la tête dans l’eau et la relever pour la respi; en faisant les mouvements de ciseaux (mouvements de grenouille en brasse) avec les jambes ; avec 1 frite à bout de bras se laisser basculer de la position ventrale à la position dorsale et vice versa sans toucher le fond du bassin avec les pieds (à faire plusieurs fois) ; se mettre 3 par exemple en se tenant par les mains et refaire l’étoile ventrale puis toujours même exercice mais seulement 2 personnes font l’étoile de mer et la 3ème personne tire les 2 autres (le faire chacun son tour) ; se mettre en boule en s’immergeant et se laisser porter par l’eau tout en étant près du bord mais sans le toucher ; s’asseoir au fond du bassin : voici l’astuce pour y arriver sauter dans l’eau et s’immerger aussitôt jusqu’au fond grâce au poids qui fait pression pour faire redescendre le corps en bas et pour terminer nager 15 mètres avec 1 frite à bout de bras en position ventrale avec battements de jambes en relevant la tête pour la respi.

10ème et 11ème cours) Petit bassin : mêmes exercices d’immersion que la fois d’avant et cette fois-ci s’asseoir au fond du bassin et y rester un petit moment sans bouger et de se laisser remonter tranquillement par la poussée d’Archimède ; essayer de passer entre les jambes de votre partenaire (si vous n’arrivez pas, essayer de passer sous le bras sans le toucher) en ayant la forme d’hydrodynamique et de se laisser glisser ; se laisser aller au fond du bassin et d’un coup de pied au sol pour remonter à la surface (à faire plusieurs fois l’exercice) puis refaire cet exercice et faire l’étoile de mer mer sur le dos puis sur le ventre ; faire l’étoile de mer sur le dos et basculer sur le ventre sans toucher le fond du bassin avec les pieds ; se mettre en position dorsale avec une frite ou une planche en plaçant soit sur les cuisses ou derrière la tête et faire l’aller et retour avec seulement les battements.

12ème cours) Petit bassin : Par groupe de 2 personnes avec 2 frites sous les bras, se mettre dos à dos et faire des battements de jambes puis faire les mouvements de ciseaux ; toujours à 2 avec les frites, 1 personne se met à courir et la 2ème personne se trouvant derrière s’allonge sur le ventre et fait des battements de jambes puis les mouvements de ciseau.

Apprentissage de la respi en brasse et en crawl avec l’aide d’une planche à bout de bras : BRASSE : relever tranquillement la tête en faisant les battements de jambes rapides, prendre une bonne inspiration et remettre la tête dans l’eau et souffler lentement. CRAWL : la tête dans l’eau, lâcher d’une main la planche en l’amenant à la cuisse (il ne faut pas pour le moment que le bras qui fait le mouvement ne sorte de l’eau), tourner la tête du côté où le bras est contre la cuisse comme si vous devez mordre votre épaule, remettre la tête dans l’eau puis le bras qui se trouve à la cuisse là il faut le sortir en pliant le coude comme si avec le pouce vous aller toucher l’aisselle puis le ramener vers l’avant en frôlant l’oreille et se rattraper à la planche (faire la même chose avec l’autre bras). La position du plongeon du canard : se mettre en boule en s’immergeant et laisser remonter les fesses à la surface.

Grand bassin : faire des sauts avec l’aide d’une perche à partir du bord puis d’un petit mur (s’il y en a) et à partir du plot de départ.

13ème cours) Petit bassin : exercice de réchauffement (si l’eau est froide) faire un aller-retour sur le ventre avec battements de jambes puis avec les mouvements de ciseaux en brasse et une frite en bout de bras, la tête dans l’eau et y souffler lentement et la relever pour prendre une bonne inspiration ; maintenant qu’on est échauffé, nous allons apprendre la technique de la respi en crawl avec toujours 1 frite à bout de bras en faisant l’aller sur le côté droit puis au retour sur le côté gauche : en battements de jambes on amène le bras droit à la cuisse puis tourner la tête comme si on voulait mordre l’épaule (il faut pivoter tranquillement la tête et non pas la sortir : l’oreille gauche doit être coller au bras gauche) et remettre la tête dans l’axe pour la forme hydrodynamique puis refaire la même chose sur le côté gauche faire ces allers-retours 2-3 fois) ; maintenant faire la même chose en alternant les bras en aller et retour toujours avec frite à bout de bras (refaire cet exercice 2-3 fois) et pour ceux qui sont un peu plus à l’aise dans l’eau peuvent faire cet exercice sans la frite ; autres exercices se mettre sur le dos et basculer sur le ventre sans toucher le fond du bassin sans matériel et sans toucher le bord ; faire l’étoile de mer sur le dos et se laisser porter par l’eau le plus longtemps possible puis sur le ventre en respirant par la bouche, puis par le nez, par la bouche et par le cnez et pour finir sans la respi ; passer sous les frites sans les toucher (la technique qu’il faut pour cet exercice c’est de bien s’immerger au fond du bassin et s’allonger sur le ventre avec battements de jambes et les mouvements de bras en brasses, cet exercice se fait près du bord du bassin) ; faire un aller-retour sur le dos avec les bras en flèches et faire uniquement des battements de jambes puis même exercice mais en ramenant les bras jusqu’aux cuisses et faire les 2 derniers exercices et cette fois-ci sur le ventre.

14ème cours) Grand bassin : Avec l’aide d’une planche, se mettre sur le ventre et faire 25 mètres avec seulement les battements de jambes puis faire 25 mètres sur le dos avec la planche au niveau des cuisses ; en suite on se tient au rebord du bassin (avec les 2 mains) et se déplacer le long du mur en mettant la tête dans l’eau -le visage en face au carrelage du bord du bassin) sur une longueur de 15 mètres environs ; on reprend la planche et on essaie de dépasser la personne de devant et de se remettre vers le bord ; puis sans la planche, essayer de passer sous la perche sans toucher le bord puis même exercice mais cette fois-ci on y ajoute une planche près de la perche et pour finir sauter dans l’eau soit par le bord, ou d’un petit mur et ou du plot de départ (tout dépend comment la personne se sent capable).

15ème cours) Petit bassin : petits exercices d’échauffements pour commencer soit avec une planche ou une frite puis se mettre sur le ventre ou le dos et faire des battements seulement en allant et pour le retour la même chose mais en changeant de position ; se mettre sur le ventre en position de « flèche » sans matériel (mains croisées et la tête entre les 2 bras) avec battements de jambes et essayer de ramener les bras aux cuisses et les remettre devant soi toujours en croisant les mains puis le même exercice et cette fois-ci sur le dos (conseils pour remettre en flèche -mains croisées derrière la tête- après avoir ramener les mains jusqu’aux cuisses et faire le mouvement de roulis avec les 2 bras en même temps) ; refaire avec la planche l’exercice de la respi en crawl sur un seul côté pour l’aller et l’autre bras pour le retour puis essayer de nager le crawl sans matériel en ajoutant la respi (compter par exemple jusqu’à 3 mouvements de bras puis tourner la tête là où le bras est collé à cuisse -la position de Superman- comme si vous voulez aller mordre l’épaule ; pour la respi en brasse, partez en position de flèche puis chasser l’eau avec les mains en ouvrant les bras vers les 2 côtés extérieurs et ramener vos mains au niveau de la poitrine et à ce moment-là vous relevez la tête hors de l’eau durant un instant pour inspirer puis l’immerger (conseil pour les mouvements de brasse, il faut imaginer qu’on dessine un joli coeur dans l’eau avec les mains) en allongeant les bras devant soi et pour les mouvements de jambes soit vous faites des battements de jambes ou les mouvements de ciseaux ; pour se détendre faire l’étoile de mer sur le dos et basculer sur le ventre sans toucher le fond du bassin ; s’immerger au fond du bassin et s’asseoir ; même exercice en essayant de toucher le fond avec la main gauche par exemple; s’immerger et se mettre sur le dos tranquillement en faisant l’étoile de mer puis la même chose sur le ventre avec l’étoile de mer.

16ème cours) Grand bassin : exercices d’échauffement: avec une frite et sur le ventre faire des battements de jambes sur une distance de 25 mètres puis sur le dos toujours avec battements de jambes sur 25 mètres de plus ; se tenir d’une seule main au rebord du bassin et nager sur le ventre puis en alternant de se déplacer le long du rebord en immergeant le visage (en regardant le mur du rebord) sur une distance de 25 mètres par exemple ; avec l’aide de la perche (tenue par le mns) s’immerger complètement le long de la perche et l’a lâcher et se mettre en garde-à-vous pour se laisser remonter tranquillement ; même exercice mais cette fois-ci on se met par groupe de 2 personnes l’une se tient au rebord et l’autre doit descendre au fur et à mesure en se tenant au corps de son co-équipier (attention de ne pas enlever le bas du maillot de votre co-équipier :lol: :lol: :lol: ) ; nager sur 25 mètres sur le dos avec l’aide d’une frite ; faire la toupie calmement dans l’eau sans tenir le rebord et en regardant la perche devant soi en s’immergeant et faisant des mouvements de jambes et de bras puis, pour finir, faire des sauts avec ou sans la perche à partir soit du rebord du bassin ou du petit mur et ou du plot de départ (faites-le si vous vous sentez capable de le faire car de toute façon le mns ne va pas vous forcer).

17-me cours) Grand bassin : Reprendre les mêmes exercices que la semaine dernière que ce soit en réchauffement puis en immersion, se déplacer le long du mur (faire toute la longueur du bassin calmement) en se tenant au rebord du mur et immerger la tête durant 5 secondes environs ; à la place de faire la toupie vous vous mettez en boule en se tenant aux genoux (la tête immergée dont le regard vers le fond bassin et les fesses à la surface) mais attention de ne pas se cogner la tête contre le rebord (comme cela m’arrive régulièrement :lol: :lol: ) puis pour compliquer la situation : sauter avec ou sans perche dans l’eau et se mettre en boule mais rassurez-vous le moniteur place la perche près de vous en cas de problème.

18ème cours) Grand bassin : exercices de réchauffements 25 mètres sur le dos avec une frite devant et faire uniquement des battements de jambes ; 25 mètres supplémentaires sur le ventre en position de flèche (en position d’hydrodynamique avec le regard vers le fond du bassin et le menton collé à la poitrine) et se rattraper d’une main au rebord pour la respi avec également des battements de jambes ; faire 25 mètres en crawl mais avec seulement d’un seul bras (celui qui est opposé au rebord) qui travaille en poussant très fort l’eau vers l’arrière et tourner la tête du côté où le bras travaille avec le roulis en y comptant jusqu’à 3 puis tourner la tête pour la respi ; effectuez par la suite des exercices d’immersions par l’échelle et la perche, puis en faisant des sauts en se tenant par la perche ; sauter avec la perche en y ajoutant dans l’exercice s’immerger également par l’échelle et se déplacer tout le long du mur avec la tête immergée en apnée et pour finir se mettre au bord bassin avec une planche sous les genoux et se tenir d’une main à la perche et se laisser basculer la tête en premier.

19ème cours) Grand bassin : exercices d’échauffements sur 50 mètres et sans frites avec battements de jambes seulement et en position de flèche (s’agripper au rebord pour la respi) sur le ventre puis le retour toujours sur 50 mètres en position ventrale avec une frite (sans s’agripper au rebord) ; avec la perche s’immerger complètement en essayant de toucher le fond du bassin puis lâcher la perche et remonter tranquillement (à réaliser 3-4 fois l’exercice) ; même exercice mais en essayant de mettre en boule et de se laisser remonter grâce à la poussée d’Archimède ; le moniteur place la perche jusqu’à la ligne d’eau dont un groupe doit nager jusqu’à la ligne d’eau et y revenir et le second groupe doit passer sous la perche (le long du mur) ; la perche reste dans la même position mais cette foi-ci on doit zig-zaguer en passant d’un côté puis de l’autre côté de la perche jusqu’à la ligne d’eau puis revenir et pour finir sauter à pieds joints sans la perche (elle se trouve juste à coté de vous en cas de problème) et y revenir au bord ; essayer de contourner la personne, en face de soi qui est agrippée au rebord, sans l’aide de matériel mais avec seulement la vue de la perche devant soi et s’y agripper en cas de problème.

20ème cours) Bassin ludique : avant de commencer le cours, installer 2 lignes d’eau pour faire un couloir ; avec planche faire 2 allers et 2 retours tranquillement jusqu’à l’autre bout de bassin ; même exercice mais cette fois-ci sans la planche en faisant le crawl en comptant 3 mouvements de bras puis tourner la tête sur le côté pour la respi (idem pour la brasse) ; en position ventrale et en flèche faire uniquement des battements de jambes sur l’aller puis sur le retour même chose mais cette fois-ci toujours en flèche et là ramener les bras vers les cuisses en forçant sur les bras par rapport à la résistance de l’eau ; faire le même exercice en position dorsale en sortant les bras (les pouces en premiers) juste avant de les replacer en flèche derrière la tête et les ramener aux cuisses ; se mettre dos mur avec bras en flèche au dessus de la tête et s’immerger jusqu’à la tête et se laisser aller en avant et faire des battements de jambes tout simplement ; même exercice et cette fois-ci en mettant un pied contre et se laisser propulser en poussant fortement avec le pied et se laisser glisser le plus longtemps possible sur l’eau ; placer la perche sur les 2 lignes d’eau à une petite distance par rapport au mur et essayer de passer plusieurs fois sous la perche et sans la touche tout en étant en apnée pour ceux qui arrivent sinon vous pouvez souffler (à faire cet exercice une bonne dizaine de fois de suite) ce n’est pas important que vous n’y arrivez pas du premier coup c’est tout à fait normal.

21ème cours) Petit bassin : Aujourd’hui nous allons apprendre les techniques en utilisant comme d’habitude avec frites ou planche mais en y ajoutant les palmes (elles nous permettent une meilleure flottaison et moins se fatiguer en battements de jambes). Avec une ou deux frites ou une planche faire 2 allers et 2 retours sur le ventre pour commencer à s’échauffer ; puis sans matériel mais en gardant les palmes aux pieds et à partir en flèche sur le ventre et faire seulement des battements de jambes et pour le retour faire le même exercice en flèche sur le dos ; nager le crawl avec 3 temps de mouvements pour la respi (à faire 2 allers et retours) ; même exercice sur le dos en flèche au départ puis ramener les bras vers les cuisses sans les sortir de l’eau et les sortir pour se remettre en position de flèche (faire cet exercice en 2 allers et retour) ; prendre une planche en la tenant à bout de bras d’une seule main et l’autre collée à la cuisse puis faire pivoter la tête du côté libre et prendre une inspiration (vous faites 2 inspirations sur le même côté puis changez de bras -vous constaterez qu’il y a toujours un côté où l’on est + à l’aise que l’autre) et y faire un aller-retour ; essayer de passer tout près de votre copain du groupe qui se tient par exemple au rebord et vous y devez passer en étant totalement immerger et y passer sans toucher votre copain et le mur ; essayer de faire une roulade avec les palmes (si vous n’y arrivez pas ce n’est pas grave car moi même je n’y suis pas arrivée du tout :pleure: :unhappy: :ops: ; après avoir retirer les palmes, descendre le long de l’échelle puis s’allonger sur le ventre au fond du bassin ; refaire le même exercice et toucher le fond du bassin avec une main.

22ème cours) Grand bassin : avec l’aide d’un frite et seulement qu’avec des battements de jambes parcourir 50 mètres sur le ventre avec visage immergé et le regard vers le fond du bassin (relever la tête tout de même pour la respi) ; même exercice et cette fois-ci sur le dos avec frite à bout de bras devant soi pour la même distance au retour ; puis sans la frite parcourir 25 mètres en flèche sur le ventre (s’agripper au rebord pour la respi) ; même exercice mais sur le dos en flèche : pour vous aider à vous propulser garder une main sur le rebord (cette main vous aidera à vous propulser au départ) l’autre bras vous placer derrière la tête et vous vous poussez grâce au rebord avec l’autre main et aussitôt vous placez cette main à l’autre main qui est derrière la tête et à parcourir les 25 mètres supplémentaires ; exercices d’immersion à l’échelle et à la perche en prenant une bonne inspiration et souffler lentement le long de la descente soit par la bouche et/ou le nez puis se laisser remonter tranquillement jusqu’à la surface sans rien tenir en étant au garde à vous c’est ce qu’on appelle LA REMONTEE PASSIVE ; le mns place la perche en largeur et vous devez passez en dessous la perche sans la toucher et ni le mur et après cela se déplacer le long du mur jusqu’au bout du bassin en immergeant la tête et souffler et pour finir les exercices de plongeon d’abord avec la perche au niveau du bord ou du petit mur ou du plot de départ (à faire 2-3 fois) puis le mns se place entre la ligne d’eau et le plot de départ, il place la perche dans l’eau et vous devez sauter de à côté de l’échelle (non pas du côté où il y a le mur mais à l’opposé) et nager vers la perche mais si vous ne vous sentez pas le courage de le faire (comme moi par exemple :ops:) vous pouvez le faire d’une autre manière le plongeon : vous vous s’asseyiez au bord du bassin avec les mains croisées au-dessus de la tête et vous vous laissez tomber en avant et le plus loin possible (d’ailleurs sur ce site il y a une vidéo sur le plongeon assis) moi je l’ai appelé LE PLONGEON DU CROCODILE et vous verrez bien que l’eau vous remonte et vous dirigez vers la perche.

23ème cours) Grand bassin (pour ce cours nous n’allons pas utiliser de matériel mais on va le faire tranquille aujourd’hui) : en flèche ventrale et parcourir en battement de jambes uniquement sur toute la longueur du bassin soit 50 mètres ; exercices d’immersion par l’échelle et par la perche (répéter cet exercice 2-3 fois) ; exercices d’immersions toujours les mêmes mais là vous vous lâchez et vous vous mettez en boule et se laisser calmement (le moniteur place toujours la perche près de vous en cas de problème) ; toujours exercice en immersion mais cette fois-ci + difficile en vous aidant de la perche et de l’échelle (pour varier) immerger la tête en bas et les pieds joints en haut comme si vous faites la bougie en gymnastique et vous essayer de descendre le plus loin possible en vous tenant à la perche ou l’échelle ; comment rester la tête hors de l’eau sans être immergée et sans tenir le rebord en faisant du surplace : il faut faire tout simplement des mouvements de cercle avec les pieds puis vous y ajouter les mains en faisant les mêmes mouvements et vous constaterez vous flotter en restant sur place ; même exercice et cette fois-ci faites un tour complet d’un sens puis dans dans l’autre ; longer le long du rebord puis à un point donné par le moniteur vous faites un tour sur vous-même sans toucher au rebord puis vous vous mettez sur le dos avec battements de jambes et vous parcourez le restant de la longueur du bassin calmement ; d’une main se tenir au rebord et l’autre doit effectuer le mouvement qu’on effectue en crawl en poussant très fort l’eau vers l’arrière avec cette main en parcourant les 50 mètres ; exercices de détente en prenant une bonne inspiration et s’immerger complètement en se tenant au rebord et en gardant les yeux fermés, souffler lentement (à répéter 3-4 fois au moins) ; parcourir les 50 mètres au retour en nageant la brasse et pour finir le cours faire les exercices de plongeon avec ou sans perche à partir du bord ou du mur ou du plot de départ.

24ème cours) Petit bassin : Prendre une planche et se mettre sur le ventre et faire une longueur avec seulement battements de jambes et la respi en brasse, pour le retour se mettre sur le dos avec la planche placé devant soi avec battements de jambes ; toujours avec la planche et en position ventrale sur aller-retour faire les mouvements de bras en crawl et au bout de 3 mouvements de bras tourner la tête pour la respi (là où le bras est collé à la cuisse) ; même exercice mais cette fois-ci on laisse une main accrochée à la planche et l’autre main à la cuisse (on appelle cela la position de Superman) en faisant des battements de jambes on essaie de tourner la tête pour la respi et cela en faisant un bras chacun sur 2 longueur ; puis sans planche essayer de nager le crawl ; s’immerger complètements jusqu’au fond du bassin et se mettre en boule tout en se laissant remonter à la surface en apnée ; même exercice de boule et se mettre en étoile de mer ventrale puis dorsale en remontant à la surface toujours en apnée ; ensuite le moniteur place une frite dont le but est de passer sous cette frite en s’immergeant complètement et en soufflant par le nez lentement puis passer en dessous la frite sans la toucher en essayant de nager sous l’eau le plus loin possible ; se mettre à 2 il y a une personne qui tient les mains de l’autre qui se laisse s’allonger sur le ventre et celle qui la tient la tier en se déplaçant (il faut changer de rôle).

25ème cours) Petit bassin : avec l’aide d’une planche, faire les mouvements de ciseaux en brasse avec la tête immergée ou pas (c’est comme vous le sentez) uniquement en écartant les cuisses vers l’extérieur et plier genoux en les ramenant à la poitrine puis avec les pieds tendus poussez l’eau derrière vous et ramener les jambes (comme font les grenouilles dans leurs mouvements) – refaire plusieurs fois cet exercice sur une petite longueur précisée par le mns – refaire le même exercice et cette fois-ci en se tenant au rebord du mur et faire 2 mouvements de ciseaux avec la tête immergée et souffler lentement puis 2 autres mouvements de ciseaux en ayant la tête hors de l’eau (répéter cet exercice plusieurs fois) ; avec la planche on va faire les mouvements de bras en crawl « les roulis » en ajoutant la respi : d’une main lâcher la planche en l’amenant à la cuisse et tourner la tête vers ce côté comme si vous voulez mordre votre épaule puis ramener ce bras de la cuisse vers la planche et vous changez de bras (faire plusieurs fois cet exercice sur une petite distance à chaque fois) ; s’immerger complètement en soufflant par nez en essayant d’aller s’asseoir au fond du bassin puis se laisser remonter tranquillement en se mettant en boule ; s’immerger complètement en se mettant en boule et se laisser remonter à la surface en faisant l’étoile de mer ventrale et dorsale et pour finir faire la planche et attraper une jambe (vous allez constater que le corps va tanguer un peu ) en la ramenant vers la poitrine et pendant quelques secondes le corps va bouger légèrement de différents côtés mais il va très vite se stabiliser : on constate que LE CORPS FLOTTE.

26ème cours) Grand bassin : avec une planche (ou une frite) parcourir 25 mètres sur le ventre en relevant la tête pour la respi ; puis se mettre sur le dos avec planche/frite devant soi (le regard vers le plafond pour aller droit) ; réaliser plusieurs fois les exercices d’immersion d’abord avec la remontée passive puis remonter à la surface en se mettant en boule (essayer de toucher le fond du bassin mais surtout bien souffler par le nez et par la bouche -si vous avez mal aux oreilles à cause de la pression soit vous vous bouchez le nez ou mieux encore avaler la salive) ; parcourir 50 mètres avec la planche/frite en faisant le mouvement de roulis en crawl d’un seul bras avec la respi sur le coté où le bras travaille (bras collé à la cuisse -exemple 2 mouvements de roulis et au 3ème mouvement tourner la tête sur le côté ; exercices de plongeon avec ou sans perche soit du bord, ou du petit mur ou du plot de départ.

Bassin ludique : sans matériel se mettre en flèche sur le ventre avec battement de jambes puis écarter légèrement les bras pour relever la tête pour la respi (même technique qu’en brasse) faire cet exercice sur une distance que le mns a désigné ; toujours en flèche sur le ventre mais là d’une main faire un poing de main avec pouce :+ comme celui-ci mais ce pouce va être tenue par l’autre main qui va travailler le mouvement de roulis en accélérant la main en poussant l’eau fortement derrière soi ; sur le dos en faisant la planche avec battement de jambes en sortant les 2 mains en même temps par les pouces devant soi puis les ramener aux cuisses en les passant derrière la tête (mouvements de dos crawlé mais avec les 2 bras en même temps ; toujours sur le dos en flèche faire 2 mouvements de roulis d’un seul bras en laissant l’autre derrière la tête puis changer de bras.

La soupe au canard rend-elle amnésique?

Groucho, Harpo, Chico, Zeppo Marx, des Marx Brothers, ne sont pas nés comme leur père à Strasbourg mais bel et bien bien aux Etats-Unis. Loin de la choucroute et du Gewurzstraminer donc ! Leur humour caustique m’a toujours intrigué. Groucho dégaine en anglais autant de blagues qu’une mitraillette dégoupille ses balles à la minute. Blagues savoureuses en anglais, un peu moins délectables en français. Mais il en fut de même pour d’autres comiques comme Laurel et Hardy. L’humour est le degré zéro de la traduction. Comment traduire Duck Soup  par exemple si on sait que Soupe au Canard ne traduit pas toutes les valeurs de « duck soup » .

La guerre peut être drôle. Charlie Chaplin bien après dans Le Dictateur (1940) (Thr Great Dictator), Stanley Kubrick bien après encore dans Docteur Folamour (1964)( titre original en anglais Dr Strangelove or : How I learned to stop worrying and love the bomb, avec Peter Sellers dans le triple rôle de Mandrake, le président américain et de Dr Strangelove) et Léo Mac Carey dans la Soupe au canard (1933) l’ont prouvé si besoin est avec maestria. Dans la Soupe au canard (Duck soup), où le burlesque, l’absurde, la dérision et la satire politique l’emportent sur l’histoire, on ne sait si le discours politique sur la guerre fait partie du ressort du rire. On ne rit pas de Mussolini/Chicolini, comme on ne rit pas d’Hitler. Il s’agit ici d’avatars qui nous permettent de mieux appréhender les travers et les démences des politiques et des va-t-en guerre. Or les conflits trouvent la plupart du temps leurs origines dans des dérives religieuses. Il n’est donc pas anodin que les frères Marx nous proposent en tomber de rideau un negro spiritual revu et corrigé à la sauce Marx.

Les anges n’ont plus d’ailes mais des fusils. No wings only guns.

All God chillun got wings

They got guns we got guns

All God’s chillun got guns

I’m gonna walk all over the battlefield

Cause God’s children got guns

Freedonia, nom du pays imaginaire au bord de la banqueroute, qui devait d’abord s’appeler Amnesia, doit fatalement entrer en guerre contre Sylvania. A la tête du pays une riche veuve, Madame Teasdale, fait nommer le président Rufus T. Firefly, un agent de l’équivalent actuel de la NRA (National Rifle Association) Eureka Ammunition Company. La guerre, la folie paranoïaque dans toute sa tragédie bouffonne,  est inévitable. War ! Tous les mythes peuvent être revisités, parodiés, sur le ton de l’outrance, de la farce, du grotsque: la conquête de l’ouest, le western, le banjo, la musique folk, le negro spiritual

Place au tapage nocturne

Un peu décalée cette pub, non ? Ikea, la marque suédoise bien connue, spécialisée dans l’ameublement et la décoration, tente ici de détruire les clichés, les stéréotypes. On a ainsi tendance à considérer que les minorités visibles sont volontiers fêtardes, bruyantes et ne respectent pas la quiétude de leurs voisins. Il suffit pour cela de se souvenir du fameux bruit et des odeurs dont se plaignait le président Chirac.

Dans cette pub de l’agence Buzzman filmée par James Rouse et diffusée à partir du 19 octobre 2017 on inverse les polarités. C’est le basané de service qui veut dormir pour aller travailler ou tout simplement étudier, voire méditer, prier, s’interroger sur la physique quantique, que sais-je. C’est un célibataire. Il est gentil, éduqué, civiquement correct. Et il n’aime probablement pas la musique de Schmooze. Mais nobody’s perfect, on le sait depuis fort longtemps, et moi particulièrement depuis le film Some like it hot de Billy Wilder tourné en 1959 avec des pointures comme Marylin Monroe, Jack Lemon et Tony Curtis…

Et pour le remercier de ce civisme et de cette compréhension modulable, fonctionnelle et esthétique qui  pousse notre homme à ne jamais hausser la voix et à ne pas donner des coups de balais (Ikéa) dans le plafond  et qui l’empêche d’appeler les services de police après 22 heures pour faire respecter son droit au sommeil et à la tranquillité, sa voisine du dessus, une blonde amène et fêtarde, l’invite à dîner en tête-à-tête. Comme pour se faire pardonner avant qu’il ne pète les plombs, avant qu’il ne devienne violent. On imagine que cet homme si parfait aurait décliné l’invitation, prétendant un malaise ou un devoir urgent pour éviter de tomber dans le traquenard pouvant mener inexorablement à un nouveau tapage nocturne romantico-publicitaire. .

Mais non monsieur s’avance un peu hésitant tout de même mais s’avance à pas feutrés dans l’appartement. On imagine que cela se terminera au fond d’un lit. Un lit IKEA, modulable, fonctionnel et esthétique, il va sans dire. Et qu’il pourra enfin se retirer les boules QUIES des oreilles. Je ne connais pas les acteurs et j’ignore si l’actrice se nomme Daphné. Mais j’adore IKEA qui dit pour conclure Place à  la vie. Moi j’aurais imaginé plus d’audace de la marque suédoise jaune et bleue dans ce conte de fées post-moderne . Si je m’appelais Osgood Fielding III j’aurais plutôt dit : Place au vit !