Prix des Amériques Insulaires

J’aimais bien l’intitulé de ce prix défunt qui n’existe plus et qui est devenu depuis 2010 festival. Un de plus me direz vous. Amériques insulaires voilà un mot qui me plaisait bien. Je lui préférais et je préfère encore  le terme Méditerranée Américaine car les îles ne sont rien sans les terres fermes qui les bordent au delà de la mer. Mais voilà ce n’est pas moi qui décide, je ne fais pas partie de l’association qui porte ce nom ! Le premier concept était clair: il devait récompenser tout écrivain originaire d’une île du continent américain, qu’il soit caribéen, sud américain ou nord américain. Cette année c’est la onzième édition. De prix biennal l’événement est devenu festival annuel. L’association Prix des Amériques Insulaires organise donc le Festival Ecritures des Amériques du 10 au 18 novembre en Guadeloupe. Cette association créée en 2000 par  Maryse CONDE et Amédée HUYGHUES DESPOINTES a pour objet de divulguer la littérature et a été à l’origine du prix jusqu’en 2008. . Cette année Patrick Poivre d’Arvor en est l’invité spécial. Les écrivains invités pour le festival Ecritures des Amériques sont Pierre DucrozetViktor LazloAdriana LisboaWilfried N’ SondéKarla SuárezSylvain TessonLyonel Trouillot et Robert Whitaker. Il s’agit de renforcer les liens entre les écrivains de la Caraïbe et ceux d’ailleurs aux identités proches par des rencontres littéraires, séances de dédicaces, conférences, lectures publiques, interventions en milieu scolaire,  On ne peut que féliciter cette initiative. Mais pour ne pas changer je n’ai lu aucun livre d’aucuns de ces auteurs ! Ouille ouille ouille ! Aïe aïe aïe ! Woye oy oy ! Mais je suis damné , un malappris ! Comment ?! Je n’ai pas lu ces illustres personnages insulaires américains et proches ?! Je l’avoue sans honte ni bue ni ravalée : non !

Sur le site il est écrit ceci :

« De la création du Prix des Amériques insulaires, à la naissance du Festival Ecritures des Amériques, le public a accueilli plus d’une quarantaine d’écrivains venus des territoires imaginaires et géographiques bordés par l’Atlantique et apprécié aussi des littératures éloignées des frontières fondatrices de la Caraïbe. »

eh bien sachez-le parmi la brochette d’auteurs, « issus des territoires imaginaires et géographiques bordés par l’Atlantique » comme de l’en dehors « des frontières fondatrices de la Caraïbe », invités ces dernières années il y a du beau monde puisqu’on compte :

Alfred ALEXANDRE – Marie-Cécile AGNANT – Natacha APPANAH-MOURIQUAND – Bonel AUGUSTE – Neil BISSOONDATH – Nicole BROSSARD – Duccha CHARITABLE – Jean-Marie Gustave Le CLEZIO -Pierre CLITANDRE – Maryse CONDE – Raphael CONFIANT – Paule CONSTANT – Martine Le COZ – Louis-Philippe DALEMBERT – Edwige DANTICAT – Kerline DEVISE – Rosario FERRE – Pedro Juan GUTIERREZ – Simonne HENRY-VALMORE – Max JEANNE – Fabienne KANOR – Yasmina KHADRA – Jamaica KINCAID -Yanick LAHENS – Dany LAFERRIERE – Jean-René LEMOINE – Alain MABANCKOU – Céline MALRAUX – Eduardo MANET – Kettly MARS – Léonora MIANO – Jean-Euphèle MILCE – Mayra MONTERO – Scholastique MUKASONGA – Elizabeth NUNEZ – Mackenzie ORCEL – Leonardo PADURA – Ernest PEPIN – Pedro PEREZ SARDUY – Daniel PICOULY – Claude PIERRE – Gisèle PINEAU – Caryl PHILIPPS – Emmelie PROPHETE – Max RIPPON – Léone ROSS – Alberto RUY SANCHEZ LACY – Rodney SAINT ELOI – Simone SCHWARZ-BART – Shan SA – Zadie SMITH – Karla SUAREZ – Sylvain TESSON – Evelyne TROUILLOT – Lyonel TROUILLOT – Gary VICTOR, Marvin VICTOR – Zoé VALDES.

Bon il va falloir que je mette des gourdes de côté pour rattraper mon retard en lecture ! Une autre possibilité devenir rat de bibliothèque !

Haïti et la musique africaine

10 finalistes s’affrontaient cette année pour le prix découvertes RFI  2018 avec par ordre alphabétique Azaya (Guinée), Barakina (Niger), Biz Ice (Congo), Buravan (Rwanda), Gasha (Cameroun), Geraldo (Haïti), Iyenga (RD Congo), Maabo (Sénégal), OMG (Sénégal) et Ozane (Togo).

Ce prix récompense les jeunes talents du continent africain depuis 1981.10000 Euros de dotation, une tournée en Afrique et un concert à Paris, voila la récompense !

L’an dernier c’est le Malien M’bouillé Koité qui avait dominé la finale face à la Camerounaise Lab’l, la Malienne Amy Yerewolo, la Sénégalaise OMG, le Togolais Prince Mo, l’autre Sénégalais Sarro, les Guinéens SO-S Def, Hans Nayna le Malgache et enfin le Togolais Willy Baby.

En 2016 parmi  As Gang Cote d’Ivoire), Pamela Badjogo (Gabon/Mali), Atis Constant (Haiti), Daba (Sénégal), Kandia Kora (Guinée), Minah (Madagascar), Angel Mutoni (Rwanda), Soul Bang’s (Guinée), Stella Afro (Madagascar) et The Ben (Rwanda) c’est   le guinéen Soul Bang’s qui fut lauréat.

En 2015 la cap-verdienne Elina Almeida l’avait emporté avec sa chanson  Ora Doci, Ora Margos (Lusafrica)

En 2014 ce fut le tour de la sénégalaise Marema

En 2013 le Burkinabé Smarty

La finalissime de 2018 a eu lieu le 8 novembre ! Je vais être franc avec vous, j’aime beaucoup la musique mais j’en écoute rarement. Ca me vient par vague, tout à coup je m’y plonge te quand j’en ressors je suis gavé pour 6 mois. Je suis une vraie éponge. Il suffit de me mouiller un peu et ma plante grandit grandit, ses feuillent naissent, des bourgeons apparaissent et il faut déja m’égourmander.

Etant caribéen j’ai eu tout d’abord la curiosité d’écouter Géraldo l’haitien. Ne connaissant aucun des interprètes il fallait bien commencer par quelqu’un et pourquoi pas quelqu’un de ma sphère immédiate de compréhension. Je n’oublie pas certes que j’ai des racines africaines mais j’ai pris ce parti-pris sans même y réfléchir de commencer par Geraldo.

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Selon Geraldo pour être sélectionné il faut avoir déjà commis un album avec au moins 6 plages. Mais j’ai tout de même une question qui m’intrigue. Il s’agit de musique africaine,  et si la musique haïtienne est considérée comme africaine on pourrait à juste titre considérer que toute musique caribéenne est également africaine et au-delà même toute musique black du nouveau monde y compris brésilienne ! Ce que je veux dire, et ceci sans polémique ni esprit de chapelle, sans pour autant nier à Haiti le droit d’y être représenté, (d’autant plus qu’un artiste haïtien y a été couronné en 2006, Belo aka Jean Belony Murat)  c’est que j’espère que des artistes antillais se présentent aux éliminatoires et proposent leurs oeuvres. Que d’autres leur soient préférés c’est la loi du genre mais cela me semble important dans un esprit de justice.

Bon, personnellement je ne suis pas très sensible, après écoute,  à la proposition artistique de Geraldo. Selon moi, mais cela n’engage que moi, ce n’est pas du niveau de Bethova Oba ou même de Belo. Mais l’expérience m’a permis de me faire voir que j’avais des a priori musicaux. J’entends d’abord ce dont je comprends le texte : en français en créole, en espagnol, en portugais, en anglais, donc prioritairement. Ce n’est pas faire insulte aux autres. Je peux réagir au rythme, au son mais il me faut l’emballage textuel compréhensible. C’est ma limite !Je vais tout de même me mettre en quête d’écouter tous les finalistes pour ma culture personnelle. Je suis sensible aux rythmes mais aussi au texte . au message ! Mais saluons et écoutons et faisons confiance au jury ! Le lauréat est Buravan ! Yvan Buravan du Rwanda avec son single Garagaza!

Max Rippon et la route du saccharhum

 

« Entre sillage et sillon chaque trébuchement est une construction d’autres socs enfoncés dans la chair de la terre » Max Rippon

Max Rippon (1944-) est  le fils spirituel de Guy Tirolien (1917-1988). Il a d’ailleurs il y a plus de trente ans effectué la traduction en kreyol de quelques-uns des 33 poèmes  de ce dernier publiés  à Présence Africaine en 1961 et assemblés sous le vocable Balles d’or. A l’intérieur de ce recueil figure la fameuse « Prière d’un petit enfant nègre » qui date elle de 1943. Mais moi j’ai surtout mémorisé une ligne de son poème     « Redécouverte » où comme dans le Cahier d’un Retour au pays natal de    Césaire en 1939 il constate avec effroi que

« … rien n’a changé.

Les mouches sont toujours lourdes de vesou,

Et l’air chargé de sueur »

En 1977 Guy Tirolien publiera Feuilles Vivantes au Matin. dont le titre est tiré du dernier vers d’un poème de Saint-John Perse du livre Anabase écrit en 1924 et intitulé « Chanson » qui dit

Feuilles vivantes au matin sont à l’image de la gloire

Il y a entre Rippon et Tirolien des vases communicants étranges car Rippon est né à Grand-Bourg, Marie-Galante tandis que Tirolien est mort au même endroit. Tirolien est né à Pointe-à-Pitre tandis que Rippon a quitté   Grand-Bourg à l’âge de 11 ans pour s’installer à Pointe-à-Pitre. Les deux parcours galantais se complètent. L’un prend le français au collet tandis que l’autre fait la part belle au kreyol.

D’autres influences sont celles qu’il a reçues de poètes radicaux comme Sonny Rupaire et Hector Poulet, partisans d’une poésie créolophone et engagée que Rippon a longtemps pratiquée et surtout déclamée. Il se démarque des autres par son style, son créole basilectal marie-galantais et sa préciosité, son raffinement, sa recherche qui rendent parfois son texte hermétique mais qui font résonner en nous sans que l’on sache bien pourquoi les flux et reflux de la singularité créole.

Rippon commence en  fait quand Tirolien finit. Il publie en 1987 dans la propre maison d’édition Aicha son premier ouvrage Pawol Naïf suivi en 1989 par Feuille de Mots aux Editions Jasor.

Voici ainsi son poème extrait de : Débris de silence (2004)

Débouya sé péché ou sav

Débouya pa péché

yo fè-w akwè

konplo a nèg sé konplo a chyen

yo fè-w akwè

palé kréyol sé pawol a nèg-dalo

yo fè-w akwè

nèg ni mové mannyè

nèg ka kaka an tou

nèg sé dènyé nasyon apwé krapo

yo fè-w akwè

é ou kwè tousa dépasé kwè

ou kwè lanmè sèk

ou kwè ravèt pani rézon douvan poul

ou woufizé mèt lèspwi a-w

égal pat égal mòdan

pou péyi-la pran lèv an avan

é flangé lanm kon penn-kanno cho défouné

ou woufizé bwaré lang a manman-w

ou wounonsé tété an manmèl

ou woufizé triyé diri é pach an tré

ou lésé van vanné pawòl ki di-w

débouya sé péché

kokangé sé honté

prangad

ou woufizé tann lokans hélé an koulé

prangad

fwè gadé kò a-w an fas

kenbon

fouwé zotèy a-w an fon tè gras

pou rédé péyi-la vansé

ti-tak douvan

Max RIPPON

J’aime ses poèmes mis en musique par Urbain Rinaldo comme ici Mawonnaj, extrait lui aussi de Débris de Silences.

et autres comme Perdre pied et attendre, tiré du même opus.

Max Rippon vient de commettre un ouvrage à trois mains autour d’une graminée. A lui le texte poétique, à Alain Darré les photos sur support d’aluminium (subligraphie) faites à Marie-Galante, à Michel Gravil la composition musicale. Quant aux prises de son qui nous immergent dans les flèches de canne, les machettes, le vesou, la mélasse et le clairin, elles sont de Ludovic Sadjan.

Tout cela pour retracer l’odyssée du rhum, ou plutôt la route du rhum intime de chacun qui est d’abord la route de la canne à sucre (Saccharum officinarum) en prenant pour héroïne l’île aux cent moulins. L’ouvrage s’appelle Saccharhum. L’exposition a été présentée à Saint-Malo avant le départ de la Route du Rhum du 6 octobre au 4 novembre 2018 et sera présentée à Pointe-à-Pitre du 9 au 30 novembre.

 

Igname jaune de Caféière, gombo

La vue de la liane en fleur de l’igname jaune m’émeut. Tout comme me touche la vue de ses feuilles volubiles comestibles en forme de coeur ! Je suis un hommes à racines. A tubercules. A rhizomes. Quand j’ai vu le vendeur de fruits et légumes en bord de mer de Deshaies mon coeur a sursauté. Instantanément j’ai vu les ignames jaunes. Igname jaune de Deshaies. Pas de Bouillante, pas de Pointe-Noire. Il n’y avait pas l’appellation sacrée bio mais qu’importe. L’eau m’est venue instantanément à la bouche. J’ai eu comme une apparition de la Sainte-vierge à Bernadette Soubirous. Une kirielle de fourmillements et de démangeaisons s’est emparée de mon palais.

Igname jaune de Caféière, clamait le vendeur à qui voulait l’entendre. La terre de glaise deshaiesienne collait encore rouge et noire aux tubercules géants. Moi méfiant tout d’abord, j’entrepris de sonder l’âme de ces racines. Chaque blessure a sa façon de cicatriser et c’est en fonction de l’apparence de ces stygmates que j’achète. Car le saviez vous l’igname jaune comme le dachine et d’autres tubercules peut irriter la peau des âmes sensibles.

Diascorea cayenensis contient en effet un liquide blanc chargé de raphides (fins cristaux d’oxalate de sodium ou de carbonate de sodium) qui une fois qu’il entre au contact de votre peau peut si y vous y êtes allergique vous irriter et vous brûler. La solution l’éplucher rapidement puis laver l’animal sous l’eau froide. Ne jamais laisser l’animal au contact de l’air car il s’oxyde rapidement et brunit. Ou utiliser des gants. Certains mettent dans l’eau du bain une feuille de bois d’inde, d’autres du jus de citron.

Moi j’aime le contact avec l’animal appelé aussi igname de Guinée. Il y a de nombreuses qualités d’igname, igname blanc, l’igname jaune, l’igname ailé, Caillard, boutou, saint-vincent, cambarre, grosse caille, etc mais moi je me pâme pour l’igname jaune. C’est une longue histoire d’amour, archétypale tout comme celle qui me lie au gombo et à la feuille de de dachine. Belle tryade dont je ne saurai dire qui est le Père, qui est le Fils, qui est le Saint-Esprit !

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Il faut dire que dans les cosmogonies anciennes africaines le long du golfe de Guinée l’igname ne pouvait pas être mangé à n’importe qu’elle époque de l’année à n’importe qu’elle heure. Il était tabou à certaines époques de l’année et on préférait mourir plutôt que d’en consommer.

Moi, adorateur de l’igname jaune, je le vénère bouilli, pilé, frit, grillé, râpé à cru, lié à l’oeuf et aux épices et frit comme une crêpe, avec beurre, avec huile d’olive, avec huile de palme, avec sauce gombo, aussi appelée sauce kilométrique à cause de son aspect gluant, avec crabes, avec crevettes, avec poisson; avec oeuf dur, avec oeuf sunny side up ou sunny side down, avec épinards, avec calalou, avec feuilles d’hibiscus comestible (bélé), avec, avec…

Il n’y a guère que cru que je ne le croque pas ! Ce n’est pas recommandé à cause de l’amidon.

Mais par amour pour cette plante aux lianes volubiles en forme de coeur si elle l’exige je ferai le sacrifice.

ah cet igname jaune (Dioscorea ))

Sauter-mater à la mode de Montserrat

Sauter-mater c’est faire la fête sans trop se prendre la tête. Bouger son corps à perdre haleine, sans escale et sans assistance, sans artifice jusqu’à ce que les rotules demandent grâce. Jusqu’à ce que les reins  se révoltent et implorent le repos et la bouteille d’eau fraîche pour compenser les pertes. Jusqu’à ce que la sueur qui perle se fasse rivière, fleuve, océan et que la chemise se soit transformée en serviette de plage.

J’ai beaucoup sauté-mater dans ma vie. Et de temps en temps je ne répugne pas à booster le vieux-corps que je suis devenue. Il faut parfois se faire violence mais il y a des rythmes qui me font hérisser les poils de mes pieds et jambes et alors plus rien ne m’arrête. Et parmi ces rythmes il y a en a deux, le calypso et la soca, que je vénère par-dessus tout. Oui pour sauter-mater je ne connais pas mieux !

Je n’ai rien contre le zouk mais il faut être deux, je n’ai rien contre la salsa que j’adore aussi mais il faut être deux. Pour danser seul, sans haine et sans honte, il faut le calypso ou la soca et là même un unijambiste montserratien ou trinidadien vous montrera comment on fait valser la piste.

Pas besoin de vous faire une historique e ces deux genres musicaux. branchez-vous seulement sur une station de radio qui distille à longueur de journée votre médicament !

eh bien moi en bon calypsonian, je me branche aussitôt réveillé sur  ZJB RADIO, the Spirit of Montserrat, live from  Plymouth, Montserrat.

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Je ne sais pas trop expliquer pourquoi mais j’ai toujours aimé ce mot Montserrat. Au Brésil mon rêve était d’habiter dans le quartier de Montserrat, un petit quartier tranquille en face de la mer, derrière l’Eglise de Bonfim, à Salvador, Bahia, Brésil.

Un jour, c’était pendant l’été 1995, j’ai vu que Plymouth, la capitale aux pieds du volcan, avait été ensevelie sous les cendres et c’est alors que Montserrat est entrée dans mon imaginaire, comme île fantôme. Une bonne partie de la population insulaire a émigré vers la Grande-Bretagne. Deux tiers des Montserratiens vivent en Grande-Bretagne et ont un passeport britannique. Du coup j’avais oublié Montserrat qui pourtant ne se trouve qu’à km de la Guadeloupe. On peut voir Montserrat de Deshaies par beau temps. et ne voila-t-il pas que je reçois en live  sur 95.5 MHZ ZJB Radio ! S’il y a une radio c’est qu’il y a des gens ! Les gens ont trouvé refuge loin de la zone V, celle du qui se trouve à portée des cendres du volcan Soufrière Hills et la ville submergée sous les cendres de Plymouth la vie continue. Antigua renaît

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Montserrat est revenue à la surface même si l’activité sismique est toujours présente. Cela fait plus de 23 ans que l’éruption est en cours avec des hauts et des bas ! Il y a eu les cendres, les coulées de lave, les débris, les coulées pyroclastiques, bref il y eu avant tout cela Hugo, le cyclone en 1989. Bref Madame Soufrière a fait des siennes. Depuis 1997  Plymouth au sud-est de l’île a été abandonnée et placée en catégorie V. Interdiction de circuler sauf accompagné d’un guide habilité. Quand aux autres parties de l’île les secteurs dits A et B sont des zones habitables, tandis que les secteurs C et F ne sont pas habitables mais peuvent être parcourus de jour mais pas de nuit.  Il suffit de voir le site Visit Montserrat pour comprendre que l’île a repris du poil de la bête. Au diable la fatalité. Il faut vivre avec ce risque comme nous vivons en Guadeloupe avec le risque des cyclones, des secousses sismiques et telluriques.!

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Je sens que Montserrat, qu’on appelait autrefois the Esmerald of the Caribbean, l’Emeraude des Caraïbes,  va devenir incessamment sous peu mon port of call, mon port d’attache. Tout de même elle se trouve à 86 km au nord-ouest de la Guadeloupe, à 55 km au sud-ouest d’Antigua  et à 62 km au sud-est de Nevis. J’ai déjà tout prévu pour me rendre sur ma Pompei moderne. Eh oui je meurs de sauter-mater avec Madame Soufrière !

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  1. Aller retour en ferry de Basse-Terre à Saint-John’s (Antigua et Barbuda).via jeansforfreedom.com
  2. Puis ferry de Saint-John’s à Plymouth. Ce ferry prend 1h30 et coûte 300 EC$

On peut aussi y aller en ferry via jeansforfreedom 3 fois dans l’année. En 2019 ce sera à la Saint-Patrick le 16 mars, le 4 mai et le 17 juillet. Le départ se fait à Basse-Terre à 7 heures su matin . On est à Montserrat à 9 heures. Le retour c’est le jour même à 18 heures pour arriver à Basse-Terre à 20 heures. L’aller-retour coûte 89 €.

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Le problème c’est qu’il y a très peu de trafic aérien direct avec mon île fantôme. Ou alors cela coûte les yeux de la tête. On peut effectivement trouver des vols pour se rendre de PTP Pôle Caraïbe en Guadeloupe à  MNI John A. Osborne Airport (Gerald’s,  Montserrat). Mais à quel prix ! Voyez plutôt. Tout cela pour parcourir 57 miles en 45 minutes en coucou à   8 places !

Et moi je voudrais y passer entre Antigua, Barbuda , Montserrat, et éventuellement Nevis un minimum de 15 jours. Les voyages découvertes d’une journée au pas de course, très peu pour moi. Ah non sauter-mater au pas de course, ça va bien pour le carnaval, mais moi je ne veux pas participer au vidé, messieurs dames, j’ai rendez-vous avec Madame Soufrière et je commence dès à présent à m’entraîner car cette dernière a un fameux déhanchement que je veux pouvoir suivre comme du papier millimétré sur l’oscilloscope.

Une autre solution serait de trouver un bateau à Deshaies qui me dépose sur le Fantôme d’Emeraude.

Mais la solution la plus évidente c’est d’arriver à Antigua et de là prendre soit un avion soit un ferry.

Air Canada

American Airlines 

British Airways 

Caribbean Airlines

Delta

LIAT

Thomas Cook

United Airlines

US Airways 

Virgin Atlantic

West Jet

Puis de Antigua prendre l’une des compagnies aériennes locales qui vous emmèneront sur Montserrat en 15/20 minutes ou le ferry en une heure et demie.

Par exemple on peut avoir un vol aller-retour entre ANU Antigua VC Bird Airport à MNI Montserrat pour entre  150 et 200 USD via FLY MONTSERRAT ou Montserrat Flights (ABM AIR).

Alors on danse, Madame Soufrière ?

 

baptisé et confirmé, athée, à toa

Baptisé et confirmé ! Logé, nourri, blanchi, sevré aux mamelles de l’Esprit-Saint, de Dieu, des Apôtres et des Saints. Adopté par les entrailles bénies de Christ et de Marie. Pétri de première communion et de communion solennelle. Couronné par la renonce. Athée. A toa comme disent les Brésiliens, dans une sorte de nébuleuse, au large, sans but, sans foi, ni loi, à la dérive, sans cap. Bordélique, quoi.

Cruzes !   mon Dieu ! oh my  God ! Livré au seul caprice du hasard ? Andarilho ! Pigeon voyageur ! A toa ! Nu, les mains dans les poches ! Hobo ! Clochard !

41IiLRPU+1L._SX359_BO1,204,203,200_.jpgCertes je suis à toa ! Mais qui peut me définir vraiment toa. Un cordage qui sert à remorquer. De toa voulant dire qui se laisse emporter vers l’aval par le courant sans qu’il soit même nécessaire de ramer. Mais alors je ne suis pas vraiment à toa car il m’arrive de ramer à contre-courant la plupart du temps. Sur le fleuve Saint-François comme sur la rivière Ziotte.

D’ailleurs en vrai marin, quartier-maître de mes eaux douces, je ne dis jamais ni corde ni cordage mais bout en prononçant bien le t final.

Athée ! Peut-être pas tout à fait puisque je crois à la force de l’esprit. Et que ce matin en voyant une chenille noire et jaune s’insinuer elle aussi comme moi à toa élégamment sur mon passage comme s’il s’agissait du serpent du péché originel  j’ai senti que nous faisions partie du même monde animal. Et je l’ai baptisée à mon tour Jean-Marc, ainsi que j’ai été baptisé de façon erronée il y a presque 66 ans jour pour jour. Il n’y avait pas d’eau bénite seulement de l’eau de pluie qui ruisselait encore dans l’herbe verte sous les manguiers et les grenadiers.

 

Tribe trotter

A force de dire que je suis polyglot trotter j’ai l’impression que je me mens à moi-même. Pourquoi suis-je amené à trotter ainsi d’île en île ? Voici une question que je me pose et à laquelle je ne trouve pas e réponse. Je risque parfois une interprétation génétique. Quand on a dit c’est dans mes gènes, eh bien, il n’y a plus de contre-discours.  Bref je suis comme ça ! Point blank ! Point barre, comme disent les français.

Certains m’incitent à tenter une analyse junguienne pour sonder l’inconscient  qui me meut à me comporter de la sorte.

J’ai peut-être une porte de sortie à cette inquiétude pressante qui m’envahit parfois à intervalles réguliers et me pousse toujours plus loin vers de nouveaux horizons.

C’est toujours dans le domaine de la génétique. Ce n’est pas la généalogie, quoi que cette dernière m’ait permis d’appréhender pas mal de choses sur moi-même. Non, c’est la génétique.

Je me sens mûr aujourd’hui pour faire un test ADN. Suite à ce test je rebaptiserai mon blog qui deviendra selon les résultats que j’obtiendrai à mon test Akan Trotter,  Bamileke Trotter, Fon Trotter, Peul trotter, Congo Trotter, Ibo Trotter

Un petit frottis dans mes joues et 500 à 2000 ans  de racines maternelles vont surgir. Le test maternel le ADN mitochondrial dont on hérite exclusivement de sa mère. Donc je saurai de quelle origine. j’ai le même ADN mitochondrial que ma mère, ma grand-mère, mon arrière-grand-mère et ainsi de suite. Le résultat que j’obtiendrai vaut pour mes frères et soeurs, mes tantes et oncles du côté maternel, mes cousins et cousines du côté maternel, mes enfants et les enfants de mes filles.

Les hommes comme les femmes peuvent prendre ce test. 92 pour cent des résultats vont montrer un ancêtre africain.

Les résultats comprennent la désignation de  HVS1, HVS2 et HVS3, ainsi que le haglogroupe.

Le test paternel : ce test analyse seulement le chromosome Y que les hommes héritent de leur père exclusivement. Le résultat sera le même que celui de son père, grand-père, enfants, frères et soeurs, enfants des frères, oncles et tantes paternels.

Après avoir fouillé à gauche et à droite depuis quelques semaines je me suis déterminé finalement pour African Ancestry.com

Le seul hic : le prix ! Allez, en bon éconochicaholic,  je m’accorde encore quelques mois de réflexion en attendant que les prix baissent.

Purée de banane jaune, riz et merguez

Prenez trois bananes plantains bien mûres. Coupez-les en trois tronçons et mettez à cuire dans l’eau avec leur peau. Quand elles sont bien molles, les débarrasser de leur peau et les écraser en prenant bien soin d’éliminer les petites graines noires situées en leur milieu. Réserver. Mettre à réchauffer du lait avec de l’oignon coupé en fines lamelles, ajouter de l’ail en purée, du sel, de la noix muscade, du poivre, et du beurre. Integrer à feu doux la banane en remuant jusqu’à ce que le mélange soit homogène. On peut, si on le désire mettre de la purée de piment. Servir avec du riz et des merguez et une petite salade.

Cette purée en République Dominicaine s’appelle mangu quand elle est préparée à partir de banane plantain verte. C’est le plat symbole de République Dominicaine. Les plátanos, les bananes plantains vertes, sont réduites en purée et servies avec de l’oignon frit, des oeufs, du fromage et du salami frit. Rien de tel pour commencer la journée avec en plus une ou deux tranches d’avocat.

Rien à voir avec la mangue.

313 pépins de grenade

Je ne suis pas du type à avaler n’importe quelle baliverne. J’ai goûté l’autre jour du jus de grenade. J’ai sucé des pépins de grenade. Puis naturellement je me suis documenté sur ce fruit qui aurait été la vraie pomme d’Adam et Eve. Cette grenade que appelait autrefois pomme punique aurait donc été le fruit de chute. C’est à cause de cette grenade que le paradis serait devenu enfer sur terre. Déjà cette grenade a fait parler d’elle dans la mythologie grecque. C’est le fruit dont Persephone/Proserpine, fille de Zeus/Jupiter et de Demeter/Ceres, aurait dégusté six pépins en Enfer. Après avoir perdu sa virginité après avoir été enlevée et violée par Hades/Pluton le dieu des Enfers elle est condamnée à vivre six mois sur terre et six autres en hiver. Certains murmurent même que ce serait volontairement à l’insu de son plein gré quelle aurait dégusté le fruit interdit de l’enfer pour pouvoir échapper à une mère castratrice. Certaines préfèrent les nourriture célestes, d’autres les nourritures marines, d’autres comme Proserpine sont accro six mois aux nourritures terrestres, six mois aux nourriture infernales. La grenade aux pépins infernaux. Mais aussi la grenade apparaît bienveillante pour d’autres coutumes qui lui confèrent même le nombre incroyable de 613 pépins voire de 1000 pépins chez d’autres. Il fallait que j’en aie le coeur net. J’ai donc cueilli ce matin au grenadier de mon jardin la plus belle des grenades. Et un à un j’ai compté les arilles. Trois cent treize ! Loin du compte. Alors qui croire. Forcément j’ai des doutes. Et si c’était la même chose pour le serpent. Et comme fait exprès ne voilà- t-il pas que se présente devant moi une chenille noire et jaune. Voilà qui me semble raisonnable. Au lieu de la pomme et le serpent, la grenade et la chenille. Mon paradis sur terre

afro chic et python riche

Afro chic, j’adhère ! Bazin, bogolan, wax ! Bazin riche ou pauvre : Ges, Veba, Getzner, Triomphe, Cosmos, Bela. Mais je suis éconochic, ne l’oublions pas, avant tout, jusqu’au bout du fondoc des gènes ! Je ne gaspille ni mes francs CFA ni mes euros en vain ! Que ce soit en yards ou en mètres, en trois mètres ou en quatre mètres, mon budget est serré, serré et tient entre deux gouttes de sueur!

Par contre on peut être chic et afro chic en utilisant du bazin riche sans se ruiner. La créatrice Mamina en est le parfait exemple. Cette jeune malienne qui a grandi dans le 9.3 à Aubervilliers et qui travaillait comme éducatrice a trouvé le filon. Accessoiriser en bazin. Ceinture en bazin, poche en bazin, jean rapiécé avec des morceaux de bazin et surtout ce qui m’a attiré les chaussures et les sacs customisés en bazin et en particulier les baskets avec une partie en bazin. Génial. Mamina, si j’ai bien compris l’émission Pas 2 Quartier présentée par Ségolène Malterre et Wassim Nasr sur France 24 qui lui est en partie consacrée, fait déjà des défilés depuis 5 ans avec la participation d’un raccommodeur, retoucheur en chef. Eh oui dans raccommoder il y a mode, vous ne saviez pas ?

Raccommodage, rapiéçage, reprisage, retouche ça fait vieux jeu, je vous l’accorde. Que diriez-vous alors de customisation, de relooking, de personnalisation, de rénovation, de sur-mesure? Mettez un python riche dans vos Puma, vos Nike, vos Stan Smith, vos Adidas ! Mettez du bazin dans vos baskets !

Et oui la paire de baskets de vos rêves elle existe et vous pourriez vous la confectionner vous m^me. Et mieux ne dites plus baskets comme moi dites sneakers !

Décrassez, séchez, blanchissez, tatouez, bazinez ! Redonnez une seconde vie à vos Coq Sportif, redonnez du hop à leur hip !