« Sur le chemin de l’école » quand elle est tout sauf buissonnière

Les paysages sont incroyables, époustouflants, à couper le souffle. Ils pourraient aisément s’y retrancher comme dans une tour d’Ivoire. Mais non. Aux quatre coins de la planète, en dépit des soubresauts sociaux, psychologiques, politiques et météorologiques de jeunes héros et héroïnes prennent à bras le corps le chemin de l’école, franchissent les obstacles, les embûches, les distances comme des oiseaux d’envergure phénoménale. A pied, à cheval, en voiture, au pas de course, en chaise roulante tous les chemins mènent vers le savoir. Qu’on naisse au Kenya, au Maroc, en Inde ou en Argentine, qu’il pleuve qu’il neige, sous les regards des moutons, des girafes ou des éléphants l’appétit, l’envie, la détermination, le courage et l’abnégation sont les ingrédients d’un périple pour l’apprentissage et l’instruction. Dans Sur le Chemin de l’Ecole Pascal Plisson nous propose une plongée en apnée dans les cheminements quotidiens du combat permanent auquel doivent se  livrer  des milliers d’enfants à travers le monde.

En sortant de l’école on rencontre, comme le dit Prévert par la voix des Frères Jacques, un tas de choses incroyables comme des voies de chemins de fer qui s’arrêtent pour ne pas écraser les fleurs,  des lunes et des étoiles qui se baladent en bateau à voiles, la mer qui se promène avec ses coquillages, un sous marin pour chasser les oursins et même une maison qui fuit le vent qui veut l’attraper. Mais sortir de l’école comme aller à l’école même sans wagon doré peuvent se révéler des périples extraordinaires vers des îles parfumées et les naufrages de saumon fumé que seul le savoir permet de savourer à pleines dents et sans arrière-goût.

 https://youtu.be/oWn7CQGNIa4

http://youtu.be/PT3jAJ4QHPg

Creusez, fouillez, bêchez, ne laissez nulle place où la main ne passe et repasse

La fable de la Fontaine Le Laboureur et ses enfants m’a toujours impressionné. C’est la neuvième fable du livre V, édité en 1668, inspiré d’Esope, écrivain grec qui a vécu entre les septième et sixième siècles avant JC.
L’original d’Esope disait ceci en prose :

Un laboureur, sur le point de terminer sa vie, voulut que ses enfants acquissent de l’expérience en agriculture. Il les fit venir et leur dit:  « Mes enfants, je vais quitter ce monde;  mais vous, cherchez ce que j’ai caché dans ma vigne, et vous trouverez tout ». Les enfants s’imaginant qu’il y avait enfoui un trésor en quelque coin, bêchèrent profondément tout le sol de  la vigne après la mort du père. De trésor, ils n’en trouvèrent point; mais la vigne bien  remuée donna son fruit au centuple.

Cette fable montre que le travail est pour les hommes un trésor.

Je  connaissais par cœur cette fable, sous la plume de La fontaine, au même titre que le loup et l’agneau, le lion et le rat, le corbeau et le renard, la cigogne et la souris, la cigale et la fourmi, le lièvre et la tortue. Il  me revient en tête cette suite d’alexandrins et d’octosyllabes faite de rimes croisées, embrassées et suivies  que je m’empresse de vous réciter, comme je la récitais à ma maîtresse: 

Travaillez, prenez de la peine:

C’est le fonds qui manque le moins.

Un riche laboureur, sentant sa mort prochaine

Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.

Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage

Que nous ont laissé nos parents.

Un trésor est caché dedans.

Je ne sais pas l’endroit; mais un peu de courage

Vous le fera trouver, vous en viendrez à bout.

Remuez votre champ dès qu’on aura fait l’oût.

Creusez, fouillez, bêchez; ne laissez nulle place

Où la main ne passe et repasse.

Ce qui m’a toujours intrigué c »est pourquoi ce riche laboureur n’avait pas prodigué ses conseils à sa progéniture dans la splendeur de l’âge. Pourquoi avait-il attendu d’être mal caduc, plus mur qu’un fruit à pain pourri à l’article de la mort, pour inculquer à ses enfants la passion du labour/labeur. Il leur fallut bêcher la terre, la piocher, la sarcler, l’engraisser « deça delà, partout » jusqu’à la moisson avant qu’ils ne saisissent dans leur caillou intime que le travail est un trésor. On imagine qu’il y eut des semailles et que les semences étaient certifiées bio  et que nul engrais chimique et surtout pas du Roundup cancérigène ne fut utilisé car le laboureur d’Esope tout comme celui de La Fontaine, presque vingt siècles plus tard, pratiquaient une agriculture raisonnée respectueuse des rythmes biologiques de la terre. Mais encore faut-il que les conditions météorologiques permettent au champs de respirer, de faire jachère, alterner les cultures, l’ombre et la lumière. On imagine qu’il n »y eut pas de sécheresse et que les oiseaux ne vinrent pas picorer les semences dans les sillons. On imagine qu’il n’y eut pas d’épidémie de phylloxéra et que les pucerons ne desséchèrent  pas les sarments et feuilles de vigne à tout jamais. Les cyclones, les tremblements de terre,  les éruptions volcaniques eurent sans doute leur mot à dire mais malgré tout cela il m’arrive de me demander parfois si le travail libère l’homme ou si c’est une calamité nécessaire pour réguler l’humanité au même titre que la peste et le choléra.

J’ai encore en tête cet hymne à l’oisiveté de Henri Salvador et son Le travail c’est la santé

Pierre Perret pense un tout petit peu différemment

Le laboureur et ses enfants

Auteur : Jean de la Fontaine
Paroles nouvelles et musique : Pierre Perret – © Editions Adèle 1995

Un vieillard cul-terreux, champion de l’infarctus
Qui en avait déjà fait deux trois éblouissants
Avant que la faucheuse ne lui secoue les puces
Fit venir ses lardons et leur dit : Tas d’ fainéants

REFRAIN

Je suis le laboureur
Vous êtes mes enfants
Je suis le travailleur
Vous les fainéants

Désormais grattez dur, fait’s vous péter la rate
Semez l’orge et le blé dans le froid et le vent
Retournez bien le champ, cloquez-y du nitrate
Un trésor est caché enfoui sous le chiendent

REFRAIN

Je suis le laboureur
Vous êtes mes enfants
Je suis le travailleur
Vous les fainéants

Les meules sur son tracteur le plus vaillant des fils
Voit ses épis de blé se transformer en or
Tandis que son frelot, qui rêv’ que de chaud-bise
S’est tiré à Nashville et là, il a fait fort !

REFRAIN

Les fils du laboureur pour plaire au vieux pecnod
En ont vraiment bavé des ronds d’ chapeau

L’un joue de la guitare, oui, c’est ce qu’il voulait
Faute d’être paysan, il est devenu star
Son frangin, ça l’a scié. Ça lui a coupé l’ sifflet
De voir qu’on peut chanter sous une pluie de dollars !

REFRAIN

Les fils du laboureur chacun dans leur sillon
Ont amassé tous deux le gros pacson

De ces deux qui ont choisi le tracteur ou l’ micro
Quel est celui le soir qui a le moins mal au dos ?
Moi je pens’ pour ma part qu’à bosser tout’ sa vie
Qu’on soit paysan ou star, on est complèt’ment cuit

REFRAIN

Pourtant les travailleurs
Savent depuis tout l’ temps
Que le travail fatigue énormément
Et qu’on soit laboureur
Plombier ou Président
On part complèt’ment naz’s
Les pieds devant

Certains disent carrément : je ne veux pas travailler comme Pink Martini et compensent en fumant

Travailler selon moi c’est s’inscrire dans une quête de sens.

Cette quête de sens est multipolaire, multidisciplinaire. L’important est de labourer et même si la terre n’est pas arable il faut faire en sorte de trouver l’instrument idéal, la recette capable d’enlever à la terre son acidité, son PH. Il n’y a pas de terre improductive, de terre stérile, calcaire, rouge ou noire, impropre aux cultures, de terre volcanique, de désert fangeux, de terre saumâtre, de parcelle marécageuse qui résiste à l’assaut persévérant de l’amour, de la patience et de la tendresse comme fumier substantiel.

On sait que dans le Coran la femme est comparée à un champ que l’homme doit labourer inlassablement. Sourate 2, Al Baqara, La Vache verset 223 :

Les femmes sont votre champ. Cultivez-le de la manière que vous l’entendrez, en ayant fait auparavant quelque acte de piété. […]

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Les instruments que l’homme a pour labourer sa femme sont aussi diversifiés que l’araire, le soc, la herse, la pioche, la bêche, la houe, le sep,  l’age, la moissonneuse-batteuse, la faux, le versoir, le pic que le laboureur a à sa disposition pour travailler son champ. Encore faut il qu’ils soient affûtés, adaptés à la terre qu’ils convoitent.  Quel que soit le geste auguste du semeur, qu’il soit laboureur à boeufs ou laboureur à pied, ce n’est pas tout champ qui travaillé, gratté, retourné,  rapportera quelque profit à moins qu’on ne considère la sueur et les larmes comme des marques de profit. Mais il y a des champs qui sont des jardins secrets, des passions, des talents que nous devons labourer sans cesse. Il nous faut suivre ainsi les conseils prodigués par Nicolas Boileau (1636-1711)  dans son Art Poétique pour un labour impeccable:

Travaillez à loisir, quelque ordre qui vous presse,
Et ne vous piquez point d’une folle vitesse :
Un style si rapide, et qui court en rimant,
Marque moins trop d’esprit que peu de jugement.
J’aime mieux un ruisseau qui, sur la molle arène,
Dans un pré plein de fleurs lentement se promène,
Qu’un torrent débordé qui, d’un cours orageux,
Roule, plein de gravier, sur un terrain fangeux.
Hâtez-vous lentement, et, sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage :
Polissez-le sans cesse et le repolissez ;
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.

La soupe au canard rend-elle amnésique?

Groucho, Harpo, Chico, Zeppo Marx, des Marx Brothers, ne sont pas nés comme leur père à Strasbourg mais bel et bien bien aux Etats-Unis. Loin de la choucroute et du Gewurzstraminer donc ! Leur humour caustique m’a toujours intrigué. Groucho dégaine en anglais autant de blagues qu’une mitraillette dégoupille ses balles à la minute. Blagues savoureuses en anglais, un peu moins délectables en français. Mais il en fut de même pour d’autres comiques comme Laurel et Hardy. L’humour est le degré zéro de la traduction. Comment traduire Duck Soup  par exemple si on sait que Soupe au Canard ne traduit pas toutes les valeurs de « duck soup » .

La guerre peut être drôle. Charlie Chaplin bien après dans Le Dictateur (1940) (Thr Great Dictator), Stanley Kubrick bien après encore dans Docteur Folamour (1964)( titre original en anglais Dr Strangelove or : How I learned to stop worrying and love the bomb, avec Peter Sellers dans le triple rôle de Mandrake, le président américain et de Dr Strangelove) et Léo Mac Carey dans la Soupe au canard (1933) l’ont prouvé si besoin est avec maestria. Dans la Soupe au canard (Duck soup), où le burlesque, l’absurde, la dérision et la satire politique l’emportent sur l’histoire, on ne sait si le discours politique sur la guerre fait partie du ressort du rire. On ne rit pas de Mussolini/Chicolini, comme on ne rit pas d’Hitler. Il s’agit ici d’avatars qui nous permettent de mieux appréhender les travers et les démences des politiques et des va-t-en guerre. Or les conflits trouvent la plupart du temps leurs origines dans des dérives religieuses. Il n’est donc pas anodin que les frères Marx nous proposent en tomber de rideau un negro spiritual revu et corrigé à la sauce Marx.

Les anges n’ont plus d’ailes mais des fusils. No wings only guns.

All God chillun got wings

They got guns we got guns

All God’s chillun got guns

I’m gonna walk all over the battlefield

Cause God’s children got guns

Freedonia, nom du pays imaginaire au bord de la banqueroute, qui devait d’abord s’appeler Amnesia, doit fatalement entrer en guerre contre Sylvania. A la tête du pays une riche veuve, Madame Teasdale, fait nommer le président Rufus T. Firefly, un agent de l’équivalent actuel de la NRA (National Rifle Association) Eureka Ammunition Company. La guerre, la folie paranoïaque dans toute sa tragédie bouffonne,  est inévitable. War ! Tous les mythes peuvent être revisités, parodiés, sur le ton de l’outrance, de la farce, du grotsque: la conquête de l’ouest, le western, le banjo, la musique folk, le negro spiritual

Totalement trop ou #Joliza vs #Arliza et l’amour à la brésilienne au temps de Temer

Totalement trop est une chanson de Caetano Veloso.

Totalmente Demais
Linda como um neném
Que sexo tem, que sexo tem?
Namora sempre com gay
Que nexo faz tão sexy gay
Rock´n´roll?
Pra ela é jazz
Já transou
Hi-life, society
Bancando o jogo alto
Totalmente demais, demais
Esperta como ninguém
Só vai na boa
Só se dá bem
Na lua cheia tá doida
Apaixonada, não sei por quem
Agitou um broto a mais
Nem pensou
Curtiu, já foi,
Foi só pra relaxar
Totalmente demais, demais
Sabe sempre quem tem
Faz avião, só se dá bem
Se pensa que tem problema
Não tem problema
Faz sexo bem
Seu carro é do ano
Seu broto é lindo
Seu corpo, tapete, do tipo que voa
É toda fina
Modelito design
Se pisca, hello
Se não dá, bye-bye
Seu cheque é novinho, ela adora gastar
Transou um Rolling Stone no Canadá
Fazendo manha
Bancando o jogo
Que mulher
Totalmente demais, demais
Totalmente demais, demais
Traduction française : Totalement trop
Jolie comme un bébé
Quel est son sexe, quel est son sexe ?
Elle drague tout le temps les gays
Quelle union cela fait un gay si sexy
Rock’n’roll ?
Pour elle c’est du jazz
Elle couche
Avec la haute société
Elle joue un match au sommet
Totalement trop, trop
Experte comme personne
Elle ne va que dans les bons coups
Elle ne se donne que du bien
Les nuits de pleine lune elle est folle
Passionnée, je ne sais pas pour qui
Elle a excité un ado de plus
Sans y penser
Elle l’a aimé, elle est déjà partie
C’était juste pour se relaxer
Totalement trop, trop
Elle sait toujours qui en a
Elle fait l’avion, elle ne se donne que bien
Si elle pense qu’il y a un problème
Il n’y a pas de problème
Elle fait bien l’amour
Sa voiture est du dernier cri
Sa jeunesse est belle
Son corps, un tapis, du genre volant
Elle est tout en finesse
Petit modèle design
Si tu lui fais un clin d’œil, hello
Si ça ne va pas, bye bye
Elle tient jusqu’au matin
Elle joue le jeu
Quelle femme
Totalement trop, trop
Totalement trop, trop

Totalement diva est la transcription en français de la telenovela brésilienne Totalmente Demais (littéralement totalement trop), retransmise sur la Rede Globo au Brésil de novembre 2015 à mai 2016. Le feuilleton écrit par Rosane Svartman et Paulo Haim et mis en scène par Luiz Henrique Rios est retransmis actuellement sur le réseau  1ère de France Televisions qui couvre tous les outre-mers.

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Les acteurs principaux sont Marina Ruy Barbosa (Eliza), Felipe Simas (Jonatas Castro), Fabio Assunção (Arthur Carneiro de Alcantara), Juliana Paes (Carolina Castilho), Juliana Paiva (Sandra Regina Matoso), Vivianne Pasmanter (Liliane de Bocaiuva Monteiro), Julianne Trevisol (Maria Luisa), Humberto Martins (Germano Monteiro).

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Le thème du feuilleton est #joliza : l’histoire d’amour, le conte de fées avec ses hauts et ses bas entre Jonatas et Eliza, une Cendrillon rouquine post-moderne (ruivinha) et un crapaud carapate (sapo) (carrapato). Éliza est la fille de Gilda et habite en province avec sa mère, le beau-père Dino et deux frères plus petits. Après avoir été harcelée sexuellement par le beau-père elle s’enfuit à Rio et finit par se retrouver à  la rue. C’est là qu’elle rencontre Jonatas avec qui elle vit son premier amour. Sa vie balance complètement quand elle rencontre Arthur. Celui-ci propriétaire d’une agence de mannequins promet de la transformer en  Miss Totalement Diva. Eliza pense qu’elle n’a pas ce qu’il faut pour être mannequin, mais relève le défi car elle a besoin d’argent  et veut faire venir sa famille à Rio. Pendant le concours  elle habite chez Arthur. Les deux commencent à se rapprocher et après avoir gagné le concours, ils commencent à sortir ensemble. Malheureusement Arthur et son sentiment d’insécurité mettent fin à cette romance. Eliza trace son propre chemin et fait venir la famille pour habiter avec elle dans le quartier de Fatima. Arthur essaie de reconquérir Eliza mais il est trop tard. Après de nombreux rebondissements Eliza et Jonatas parviennent à rester ensemble. Les deux voyagent à Paris où elle va travailler un an. #joliza plus fort que #arliza

L’histoire me fait penser à celle du mannequin étoile brésilien Gisèle Buntchen qui a été remarquée dans son village à l’intérieur du Brésil par un chasseur de mannequins.

Le président Michel Temer, le Congrès National, les gouverneurs des etats ont dû apprécier ce feuilleton de 7 heures du soir. Pendant qu’on parle d’amour on ne parle pas d’impeachment, le temps glisse comme une vague.  Lula, Dilma, Michel font partie du conte de fées. essayer de les retrouver dans l’intrigue au détour d’une rue, d’une conversation, d’une allusion sera difficile en français. Les langues entre elles ont parfois un dialogue de sourds quand elles sont adaptées. Totalement trop devient ainsi totalement diva. Moi j’attends encore l’épisode final de la telenovela Totalement Flop avec Dilma (bientôt 70 ans en décembre), Lula (72 ans) et Michel (77 ans), le triangle amoureux. Qui de ce ballet de septuagénaires corrompus  sortira vainqueur en 2018 #Midil ou #Ludil  dans les urnes ? Faites vos jeux.

L’amour en gage

sans_titre-2-617299L’amour en gage est un feuilleton indien qui passe tous les soirs sur Mayotte Première et rencontre un grand succès de public.

http://embedftv-a.akamaihd.net/1544c5aef2a1ac2ddca60d0e4c917d79

Le feuilleton raconte les péripéties amoureuses de Anshuman et Paakhi, mariés jeunes par leurs familles respectives (les fameux mariages arrangés), puis séparés pendant dix-huit ans. entre temps Anshuman a eu une seconde epouse avec qui il a eu un fils Ayann. La mère d’Ayann étant morte suite à un accident Anshuman souhaite divorcer de sa première épouse pour vivre avec Tanya, une autre indienne éduquée à Oxford et part à la recherche de sa première épouse.

http://la1ere.francetvinfo.fr/emissions/amour-gage

L’amour en gage est la version française en 142 épisodes du feuilleton en 269 episodes de Tumhari Paakhi, un feuilleton en hindi sorti entre novembre 2013 et novembre 2014 en Inde. C’est l’histoire d’un triangle amoureux où se font face Anshuman Rathore (Iqbal Khan), Paakhi Anshuman Rathore (Shraddha Arya)  et Tanya Rana (Madhura Naik).

Le feuilleton a été tourné par Shashi Sumeet Productions pour le réseau Life Ok récemment devenu Star Bharat et est basé sur le roman  Naba Bidhan de Saratchandra Chatoopadhyay.

Le thème principal est chanté par Sunidhi Chauhan sur un theme original de Sachin Gupta. Le personnage principal qui donne le titre au feuilleton en hindi est Paakhi. D’ailleurs même en anglais le titre est Your Paakhi. Les Français ont comme d’habitude choisi d’innover en nommant le feuilleton L’amour en Gage

https://tune.pk/video/4088510/bol-na-dil-se-sunidhi-chauhan-tumhari-pakhi

Les feuilletons indiens ont à Mayotte un accueil étonnant . On y voit sur fond musical des intrigues qui font s’affronter la civilisation moderne, et la tradition, l’amour et l’argent, les obligations entre époux, le tout sur un mode binaire où le bien et le mal , la pauvreté et la richesse s’affrontent en permanence. La société mahoraise est semble-t-il elle aussi traversée de clans, et l’exaltation forcenée de la famille, du rôle de l’homme et de la femme. En regardant ce feuilleton c’est une approche en douceur que je fais de la famille mahoraise.

 

 

Ça ne sert à rien d’être le plus riche du cimetière.

     Dixit le futur séminariste franco togolais, professeur agrégé de mathématiques, le sieur Olivier. Je médite, je médite sur cet adage dont lui même ignore la provenance. Mais j’irais même plus loin.
     https://youtu.be/qY53nsjLMkc
    À quoi servent les cimetières? J’ai maintes fois exprimé le désir de rejoindre l’univers glauque des poissons et autres requins et cétacés pour ce qu’il est convenu d’appeler mon dernier voyage. Mourir pour mourir que ce soit pour devenir triton ou sirène ! Or ne voilà-t-il pas que je m’entends taxer d’égoïste pour avoir une pensée aussi iconoclaste. J’aimerais tout simplement une fois mort nager ou plus simplement flotter sur l’eau, être un merman, quoi, un sereio, un triton, performance que je ne réaliserai sans doute pas de mon vivant.
    Quoi de plus légitime pour un vivant que de se dépasser dans la mort. Eh bien non je me fais sermonner. C’est interdit. Et voilà, le débat est clos pour certains. Autrefois pourtant on jetait les marins en mer et cela ne gênait personne. Il faudrait aussi interdire dans ce cas aux chiens, cochons, vaches, éléphants, albatros, baleines, requins et autres phacochères de se noyer en mer, en lac ou en rivière.
    Oh mais ce n’est pas écologique, me dit-on, tu polluerais l’environnement. Tout ça avec le plus grand sérieux du monde. Moi et mes 89 kilos de splendeur antillaise virginale plus contaminant que le chlordécone, laissez-moi rire. Je ne serai ni le plus riche ni le plus pauvre de vos cimetières, messieurs et dames donneurs de morale et de leçons écologiques. Je n’irai pas comme Boris Vian cracher sur vos tombes bétonnées non recyclables. Faites-vous ensevelir dans la sciure, si bon vous semble, moi j’ai fait un pacte avec les esprits de la mer. Ce sont mes dernières volontés. Il faudra bien les exécuter. Le jour dit, quel que soit l’exécuteur de cette basse oeuvre, mettez-moi sur un canot, une planche de bois mort suffira, pichonnez-moi bien les orteils des pieds pour bien vérifier que je ne suis ni pompette ni simplement ankylosé ou endormi, et surtout ne m’envoyez ni à l’abattoir, ni au four ni sous le béton. Jetez-moi à la mer comme une bouteille de rhum avec ce message attaché à l’une des nageoires caudales: ci-gît un balao triton qui vécut toute sa vie hors de l ‘eau et loin de ses frères balaos tritons. Il connut beaucoup d’orphies sirènes dans sa vie terrestre et fraya 5 titiris. Ni fleurs, ni couronnes, ni cérémonie, tout au plus 1983 A merman I should turn to be ou n’importe quel écho de Jimi Hendrix en bruit de fond.
    Seulement ainsi je deviendrai le plus riche de mon cimetière personnel bercé par le clapotis des vagues sur le corps des sirènes.
    Selon moi ce voeu est plus facile à réaliser que ce qui arriva à Quincas Berro d’Agua dans le roman éponyme de Jorge Amado, A morte e a morte de Quincas Berro d’Agua où le héros meurt deux fois, dont la seconde dans une ambiance de folie à Salvador de Bahia.
    https://youtu.be/XZlVHbNP61Y

Jour de l’an musulman

Oyez bonnes gens, en ce vendredi 22 septembre 2017 de l’ère chrétienne j’ai fêté le nouvel an musulman pour la première fois de ma vie. Il va de soi que j’aurais adoré le fêter à ma manière de la même façon que je fête tous les jours de l’an, qu’ils soient profanes qu’ils soient religieux, en dansant en sautant et en matant. Eh oui je suis un fervent partisan du sauté-maté arrosé de mangeaille et buvaille. C’est ma secte, c’est ma religion, c’est mon acte de foi perpétuelle et s’il y a un dieu tout puissant et éternel du sauté-maté envoyez-le-moi  que je lui prête allégeance immédiate pour les siècles des siècles, enfin disons tant que mes vieux os me permettront de sauter-mater.

Car voyez-vous sauter-mater c’est tout un art. Les Brésiliens disent pipocar. Pipocar c’est sauter comme un grain de maïs mis en présence de matière grasse et de chaleur. Ils disent aussi pular qui veut vraiment dire sauter. On peut pular quand on saute à la corde mais aussi quand on va becqueter le fruit défendu mais tellement tentant d’une partenaire alors qu’on est légitimement époux. Là c’est « pular a cerca ». Sauter la barrière, sauter la haie. Les Hexagonaux disent sauter tout simplement et chantent en de grandes occasions « qui ne saute pas n’est pas français)
Ainsi donc selon le calendrier lunaire musulman vendredi 22 septembre 2017 est l’équivalent du premier jour de l’année. Je vous explique.

L’Islam a commencé avec le prophète Mahomet. Il habitait La Mecque où il était né en 570. Il fut très vite orphelin de père et mère et bien qu’analphabète et illettré ce descendant du clan des Hachims (qui deviendront plus tard les Hachémites), petit clan de la tribu des Quraysh, devint marchand. Il se marie à 25 ans avec sa patronne, devenue veuve, Khadija. A 49 ans avec Sawda et Aicha. A 54 ans avec Hafsa, à 55 ans avec Zaynab. Bref il aura au total 13 épouses au cours de sa vie qui dura selon certains 62 ans, selon d’autres 64. Il  pratiquait, avant que l’ange Gabriel (Djibril) ne lui apparaisse en messager d’Allah, comme tous à cette époque à la Mecque une religion syncrétique basée sur le polythéisme du din el arab et les monothéismes du judaïsme et du christianisme qui étaient l’environnement local disponible, le tout teinté d’une dose d’hanifisme jusqu’à l’âge de 40 ans. La Mecque était déjà centre de pélerinage où l’on vénérait de nombreuses idoles polythéistes autour de la Kaaba comme Hubbal, al-Lat, al-Uzza, al-Manat.. Puis, persécuté pour ses idées iconoclastes et monothéistes et ses prêches par le clan dominant, gestionnaire des marchés et de la Kaaba, il partit pour Médine (autrefois oasis de Yathrib) et y créa avec d’autres émigrés comme lui qui fuyaient le système des clans une communauté dissidente dite Oumma qui s’étendit sur toute la péninsule arabique : c’est là que commence l’islam. On appelle Hégire ou Ras as-sana ce changement d’adresse, cette rupture, cet exil qui eut lieu en l’an 622 , le 16 juillet du calendrier julien (c’est à dire au 19 juillet du calendrier grégorien) et qui marque le début de la communauté musulmane. C’est le calife Omar qui décida postérieurement de changer le calendrier. Nous commençons l’année 1439 ! Woulo ! Ras as-sana ouvre le mois de Muharralm, le premier mois du calendrier islamique. La date du premier jour de l’année est variable et dépend de la lune. En 2016 c’était le 2 octobre.
J’ai appris tout cela vendredi soir car rien dans le quartier de M’Tsapéré, rien dans l’attitude de mes collègues musulmans et aussi des jeunes musulmans avec lesquels je travaille ne laissait transparaître le bouillonnement que suscite le nouvel an dans d’autres cultures. J’ai vu le nouvel an au Brésil où on prête hommage aux saints du candomblé et où on se vêt de blanc pour offrir des cadeaux à Iemanja, déesse de la mer. Ensuite on fait péter le champagne ou le mousseux et commence le repas du réveillon. J’ai vu le nouvel an chinois avec les dragons et les pétards ! Je m’attendais en terre musulmane à une cavalcade de tambours et de crécelles au minimum.
Mon informateur Mohammed du bar Baraka calma mes ardeurs. Ah non c’est une fête religieuse, on fête ça à la mosquée. Il y a un sermon de l’imam puis chacun rentre chez soi. Que mange-t-on de différent ? Rien.
Bon, moi je ne crois que ce que je vois. Et effectivement dans la rue rien de spécial, dans les boubous et bonnets rien de spécial. Le nouvel an musulman est intérieur.
Ce même soir  X qui est mahorais et musulman m’avait invité à le voir jouer dans un match de foot corporatif qui opposait au stade du Baobab de M’Tsapéré le CE SIM et A la Poste. Je me suis dit en mon for intérieur: le match de foot est probablement le prélude à une fête, la fameuse troisième mi-temps. Arrivé à 18 heures le match qui était précédé par un autre ne commença que vers 19H15. Je n’ai même pas eu le temps de voir mon pote X faire quelques dribbles ou se faire dribbler. Car une idée m’était venue. Il y a dans toutes les religions, des fanatiques, de chauds partisans, de tièdes partisans et de froids fidèles. J’étais prêt à parier qu’il y aurait une petite fête quelque part à M’Tsapéré. Je m’en retournai chez moi, vêtit mon meilleur pantalon de shingteng et ma chemise bleue et blanche hawaïenne . Un petit coup de rasoir après et j’étais devenu un beau gosse pour affronter ce nouvel an.
J’avais décidé de passer ma soirée chez Cousin, un bar au Baobab où je n’avais jamais mis les pieds. Pas de bol : ambiance karaoké. Oh my God ! En une heure on me revisita Belle, de Notre Dame de Paris, Labas, de Jean Jacques Goldman et Sirima, L’Aigle Noir, de Barbara, et Cendrillon, une chanson de Télephone. Sur la table d’à coté j’entendis « ca ne nous rajeunit pas » ! Je cherchais en vain dans ma mémoire un indice de cette chanson dans mon vécu musical. Niet, nada ! Mais moi je suis génération James Brown, Otis Reeding et Wilson Pickett pour les messieurs et Aretha Franklin, The Supremes et Diana Ross pour les jeunes filles. Nous n’avons pas les mêmes valeurs !

Dans le bar il n’y avait que quelques tondus et trois pelés. Et j’en faisais partie. Certains venaient juste pour prendre un plat. Au choix il ne restait plus que massala de cabri, poisson au coco, romazawa malgache, entrecôte à la moutarde. Il n’y avait guère là que des wazungu. Les Mahorais n’aimeraient-ils pas le karaoké ? Peut-être pas le jour de l’an. Finalement je pris un verre de rouge, le premier que je commande ici et commençais à me morfondre dans ma peine existentielle quand surgit une gamine d’à peine dix ans qui veut montrer ses talents vocaux à notre pauvre public dispersé. Sa mère portable au poing filme la scène qui sera probablement une scène d’anthologie pour elle dans soixante ans mais qui fut pour moi le martyre. Après sa belle prestation au micro les parents applaudissent poliment et repartent dans la nuit noire avec leur progéniture. Moi j’étais déjà à trois doigts du caca nerveux !  Je fais le compte des présents. Il y a une table de 4 wazungu, deux hommes et deux femmes et un ou deux mahorais qui les accompagnent. Et il y a moi. Enfin il y avait moi car je paie mon verre (5 € tout de même pour du picrate réfrigéré) et je prends la poudre d’escampette. Il n’y a pas un chat noir dans la ville. Je n’ai pas pris de taxis. Erreur, j’ai failli le regretter. Ca ne coûte pourtant presque rien la nuit. 2 Euros 10. Vraiment j’exagère. Me voilà en train de remonter au rond-point de Cavani remontant le morne vers Cavani sud. Mon plan: aller au bar malgache que j’ai découvert la-bas et me fondre dans l’ambiance de nouvel an que j’imagine là-bas tonitruante.
Je suis seul à marcher dans les rues. Enfin seul de mon âge et vêtu disons un peu plus élégamment que d’habitude. Je commence à flairer le danger. Mais trop tard ! Déjà une bande de jeunes me croise avec leurs mines patibulaires. Mais rien ne se passe. Voici venir un deuxième groupe: on les entend venir au loin ! Je bombe le torse, je rentre le ventre, je serre les fesses, la bombe arrive, et ça n’a pas loupé. Un jeune malotru se plante devant moi et me dit quelque chose. Je ne saurais vous dire s’il m’a parlé en français ou en shimaoré. Moi je lui réponds sans perdre ma gamme, la voix ferme venant du plus profond du diable vauvert de mon outre-tombe personnel : « keskya ». Je ne sais pas pourquoi ses copains rigolent et continuent leur chemin et lui comme un con, tout penaud, décontenancé, s’efface devant moi et me laisse passer. Cela a duré une fraction de seconde, je ne sais même pas si je me suis arrêté une nano-seconde. En tout cas j’ai dû l’impressionner. Ou peut être tout simplement me demandait-il tout bonnement l’heure. Peut-être me souhaitait-il tout simplement bonne année ! Ou si je n’avais pas vu passer un chat noir courant derrière un rat gris ! Ah les gens sont méchants, quand même ! On voit le mal partout ! Mais l’heure n’est pas aux hypothèses, heureusement je dois prendre à droite pour rejoindre le bar et la délivrance. Je hâte fermement et sûrement le pas.
ô rage, ô désespoir, ô vieillesse ennemie, n’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie. Au snack bar malgache là aussi deux tondus et trois pelés. Là je ne rentre même pas.
J’ai compris : le nouvel an musulman se passe dans les mosquées. Il faut dire que la simili rencontre avec le jeune malotru extra terrestre comorien ou mahorais m’a nettement refroidi. J’évalue maintenant mes chances d’être attaqué sur la route du retour où je dois traverser 200 mètres d’escalier à travers une favela. J’arrive au pied de cet Everest! Pas le moindre réverbère. Je sens la sueur perler. Ce serait bête de se faire occire dans ces marches d’escalier que j’emprunte tous les jours. Courage ! J’ai survécu à New York City, Jersey City, Amsterdam, Rome, Marseille, Paris, Salvador, Cayenne et Buenos Aires. Je ne vais pas me laisser abattre par la petite Mamoudzou ! C’est le nouvel an, peuchère. Par mesure de sécurité je retire mon portefeuille lourd d’environ 90 € et de mes papiers et le place bien au chaud au fond de mon slip de marque Fevi’s. Quand au portable, mon petit Wiko pas cher mais chéri, il reste lui au fond de la poche arrière du pantalon. Inch Allah !
J’arrive sur la place où je vois des ombres se profiler et tout en sifflotant pour montrer que je suis heureux d’être en vie en ce jour de l’an je hâte le pas car il n’y a âme qui vive de mon âge. Que des jeunes à pied qui vaguent et divaguent.
Ouf j’y ai réchappé. Je suis désormais dans les rues familières de M’Tsapéré. Finalement tout ça m’a creusé. Six brochettes s’il vous plaît. Je les ingurgite aussi vite qu’un verre d’eau, paie mes deux euros, prélevés non pas du portefeuille qui dort encore tranquillement dans mon slip mais d’un fond de poche. La lune est belle sur M’Tsapéré ! Et au lit moussaillon, dodo. Bonne année, Inch Allah j’irai fêter le nouvel an à l’île Maurice fin décembre ou alors quelque part où je trouverai des gombos et où je pourrai sauter-mater à loisir.

Pour info l’année juive a commencé aussi cette semaine le 20 septembre à 19h34 et se termine le 22 septembre, Roch Hachana. Nous sommes entrés en l’an 5778

Irma la Hurricane m’a tuer ou plutôt Ouragan Irma m’a tuer Irma la Douce

Avant de connaître Irma, la hurricane, la cyclonique, l’ouragan, je n’avais connu qu’Irma la Douce.

Que ce soit en comédie musicale française sur une musique de Marguerite Monnot et sur un livret de Alexandre Breffort en 1956, que ce soit en comédie musicale version anglaise en 1958 dans l’East End ou en 1960 à Broadway j’étais éperdument amoureux de cette prostituée au grand coeur. Je me souviens encore de la chanson d’Irma.

« Y a rien à dire

Y a qu’a s’aimer

Y a plus qu’à se taire

Qu’à la fermer

Parce qu’,au fond les phrases

Ça fait tort à l’extase »

Ainsi chantait Colette Renard.

En 1963 Billy Wilder fit son remake cinématographique. Irma la Douce prit ainsi les traits de Shirley MacLaine qui remporta alors un Golden Globe de la meilleure actrice pour son rôle tandis qu’Andre Prévin remportait quant à lui l’Oscar 1964 de la meilleure adaptation musicale.

Dans le film de Wilder Jack Lemmon joue le rôle de Nestor Patou, un ancien policier, et de Oscar alias Lord X, son double qui, déguisé, tombe amoureux d’Irma qu’il doit disputer à son souteneur Hippolyte. Irma, bourreau des coeurs mythique, que tous achètent mais qui ne se vend à personne, bourreau doux, mais bourreau quand même qui souffle comme Irma la Hurricane 60 ans plus tard le chaud et le froid sauf que le décor n’est plus celui de la rue Casanova d’un Paris de carton pâte mais les environs du triangle des Bermudes. Les clients d’Irma 2017 ont pour nom Saint-Martin, Barbuda, Cuba, Florida. On est loin de la môme Irma ! Irma a pris du grade, est devenue mère maquerelle, mais les dégâts occasionnés sont identiques en 144 minutes. On est loin de Moustache et de Nestor le Fripé, ce dernier qualifié de « wreck of a mec ». Mais c’est le même langage, the language of love, the language of nature, ces forces irrésistibles qui nous tenaillent.

Aucune morale à en tirer si ce n’est celle-ci en franglais de 1963 :

Le grisbi is le root of  le evil in man.

Alors de là à analyser les responsabilités de l’Etat dans ce désastre force 5 exceptionnel vous comprendrez bien que je ne pourrai répondre comme Moustache (Lou Jacobi) que par la fameuse réplique: « But that’s another story. » Oui c’est une toute autre histoire. La suite au prochain épisode….cyclonique.

Entre Inde et Afrique

Entre Inde et Afrique la jeunesse de Mayotte danse le mgodro, le coupé décalé, la danse indienne. Ici c’est Sheryl Isako et son Come  and Dance, featuring Clinton Hamerton, là c’est Watch out for this de Bumaye featuring Busy Signal, the Flexican et FS  O Green sur une chorégraphie  de Hangar Dancefloor. C’est encore Amitabh Bachchan et Shah Rukh Khan dans Say Shava Shava .

Bollywood et Nollywood s’entrechevètrent, c’est un éternel cinéma où s’affrontent tradition et modernité, enracinement et allophonie.

Entre le film Une famille indienne aux choréographies léchées et la danse dite coupé décalé aux choréographies osées on a deux versions d’une même volonté de s’ancrer dans un univers de couleurs chatoyantes, de sensualité et de rythmes assourdissants