My bucket list ou les 65 items que je souhaite réaliser dans les quelques années (mois, semaines, jours, heures, minutes, secondes) qu’il me reste à vivre

Never too late ! Ce soir c’est MARDI-GRAS et je me déguise  à six mois de la retraite en Carter Chambers. Et je publie moi aussi ma bucket list. Comme dans le film éponyme starring Jack Nicholson et Morgan Freeman, The Bucket List (Sans plus attendre, en vf). C’est la mode des to-do lists before you die, before you kick the bucket. Bucket veut dire seau. Et seau me fait penser à Champagne et à eau et à sable. Kick the bucket veut dire casser sa pipe. Bon je m’égare… Disons que je suis Carter Chambers dans le film et que je suis a terminally ill man. MÊME SI JE N’AI NI JET PRIVE NI EDWARD COLE POUR FINANCER mes rêves et expectatives, MEME SI JE NE SUIS PAS MÉCANICIEN AUTO ET QUE JE NE RÊVE PAS DEVENIR PROF D’HISTOIRE voici mes 65 ITEMS, mes énormes grains de sable que je souhaite réaliser sans plus attendre dans les quelques cyclones qu’il me reste à vivre. Ce n’est pas comme une liste de courses, ce sont des projets, des envies, des lubies, des tentatives de vaincre des peurs bien enracinées souvent qui peut être ne se matérialiseront jamais mais qui sont ces petits riens, ces petits rêves à priori impossibles qui soutiennent telles des pierres de corail le lagon de mon quotidien. I WISH I COULD CROSS A FEW OF THOSE ITEMS.

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1. Passer Mardi-Gras à Port of Spain

2. Passer un dimanche et lundi de carnaval sur le sambodrome de Rio et assister au défilé des écoles de samba

3. Danser la salsa à La Havane en octobre

4. Faire le tour de la Guadeloupe en bateau

5. Visiter les Baltimore d’ Antigua

6. Visiter les Baltimore des Îles Vierges

7. Participer à une chorale jazz

8. Manger dans un restaurant d’un chef étoilé caribéen

9. Visiter le Mato Grosso brésilien

10. Passer une année à Basse-Terre en Guadeloupe

11. Traduire en créole ou en français Omeros de Derek Walcott

12. Visiter Sainte-Lucie

13. Visiter les Terres Sainville en Martinique

14. Retrouver quelques chaînons manquants dans mon arbre généalogique

15. Prendre des cours d’aquagym

16. Faire de la plongée sous – marine

17. Préparer une feijoada de fruits de mer avec lambi, langouste, poulpe (chatrou), crabe, encornets, palourdes, riz noir et pois d’angole

18. Préparer un callaloo avec feuilles de dachine, gombo, lambi, langouste, poulpe (chatrou). crabe, encornets, palourdes et dombrés.

19. Participer à une école de samba brésilienne

20. Parler créole comme je parle portugais

21. Vivre dans une cabane perchée dans un manguier

22. Construire une maison en bois en conservant et épousant les structures d’un flamboyant

23. Publier mon recueil de poèmes Micareta, 27 fragments infimes d’un carnaval intime

24. Publier mon roman Archipel des Reliques

25. Voir les neiges du Kilimanjaro

26. Passer un anniversaire quelque part au Mexique le jour de la fête des Morts

27. Avoir le permis bateau

28. Voir parfaitement sans lunettes

29. Visiter le Mozambique

30. Visiter le Burkina- Faso

31. Avoir 1000 articles dans mon blog

32. Rencontrer un chaman  en Papouasie-Nouvelle-Guinée

33. Vivre jusqu’à pas d’âge en bonne santé

34. Déguster un café de quimbombo en Équateur

35. Faire de l’aquarelle

36. Faire de la planche à voile

37. Ouvrir un restaurant pescétarien

38. Devenir 100 pour cent pescétarien

39. Avoir un potager du type jardin créole

40. Manger de la tortue

41. M’investir dans une association

42. Adopter un enfant

43. Faire une expérience de woofing

44. Avoir une Vespa

45. Faire du planeur

46. LAUGH UNTIL I CRY

47. SKYDIVING

48. SEE THE PYRAMIDS

49. Apprendre à réparer une voiture

50. Go on a safari and HUNT THE BIG FIVE

51. Get a tattoo

52. Visit the Taj Mahal

53. FIND THE JOY IN MY LIFE

54. Assister à un match de foot au Maracana

55. Faire du théâtre

56. Participer à un groupe de danse folklorique (quadrille)

57. Chanter dans un groupe de jazz

58. Jouer de la bossa nova à la guitare

59. Passer mes vacances  sur une plage dans un camp  naturiste

60. Apporter de la joie et de l’amour à : my significant other, siblings, kids and friends

61. Faire du jet-ski

62. Faire du ski

63. Jouer au bridge

64. Faire un vlog

65. Lire un livre par semaine

 

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Comme le dit la chanson je dis avec Charlie Winston : Kick the Bucket

If you say this is pop, to be singing to a tune with a rhythm like this, would it be so unpopular for a singer like me to be bringing up the fact that we’re all gonna go ? Some people swear, they say they know where.
For me it’s a mystery. But which ever way you see it
you have to admit it and live it and live it !

We all kick the bucket in the end ! The end !
All the girls kick the bucket in the end ! The end !
And the boys kick the bucket in the end ! The end !
Yep ! We all kick the bucket in the end ! The end ! The end ! The end ! The end !

Blew up my TV. It’ was numbing my brain to be thinking the same as million other people all feeling afraid of the same thing.
But there’s is nothing to lose, cause we’re all on a bike and we’re cycling through, getting off on our injuries – but you gotta get back on it and live it and live it to love it and live and love life.

Cause we all kick the bucket in the end ! The end !
All the girls kick the bucket in the end ! The end !
And the boys kick the bucket in the end ! My friend !
Yep ! We all kick the bucket in the end ! The end ! The end ! The end ! The end !

This is not a sad song !
I don’t bring it up to get you down,
It’s a celebration of all the red cells
going round and round in your body !

I don’t mean to preach or to sound lilke a teacher. No ! I only wanna cut the crap and , looking back, everybody’s had to face the facts.

That we all kick the bucket in the end ! The end !
All the girls kick the bucket in the end ! The end !
And the boys kick the bucket in the end ! My friend !
Yep ! We all kick the bucket in the end ! The end ! The end ! The end ! The end !

1952, février-octobre, 41 semaines d’aménorrhée

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Dans le bouillant placenta maternel j’ai gigoté tout mon saoul sur le Calderon Jazz de Brunel Averne ! Tango, cha-cha-cha, boléro et biguine, mazurka, calypso, mambo, valse créole et mérengué. Quelle bande-son ! Ce fut mon premier voyage, un quart d’heure américain permanent qui dura 41 semaines d’aménorrhée. Un voyage de 9 mois qui commença bien avant la nuit du 26 au 27 février 1952, entre Mardi-Gras et Mercredi des Cendres, où tout en sautant-matant du haut de son trône sa Majesté Rex, Vaval et Momo, père, fils et saint-esprit, me déclara BSA bon pour le service armé ! La lune ce jour-là avait décidé de faire des heures supplémentaires et continuait sa grande parade nocturne du mercredi en plein midi. High noon ! High moon ! Et elle chantait en bégayant au soleil en anglais car dans les vapeurs du rhum elle en avait perdu son créole : Do not forsake me oh my darling chantait la vagabonde sur un rythme de vidé et c’est l’une des premières chansons que plus tard j’entendrai ma mère fredonner dans la version française si toi aussi tu m’abandonnes.

Sacrés Vivic et Marité, ci-devant proclamés roi et reine de mon carnaval intime ! Ils avaient fait le plein de réserves dans ces jours charnels et c’est donc avec du bon ciment bien gras que le verbe de ces deux diables rouges masqués se fit chair et que je fus conçu à la fin de ce vidé d’anthologie. C’est alors que le coq chanta son jazz ! C’était carême-prenant, mercredi des Cendres. Maïté se rendit toute pimpante à l’église et après la confession d’usage commença son jeûne de 40 jours. Elle venait de commettre l’irréparable mascarade ! La cendre devint sa nourriture et les larmes sa boisson. Ma présence incognito mais réelle ne lui avait pas été signifiée mais j’avais de bons fluides. J’entendis clairement à travers ce qui allait devenir ma fontanelle le Père lui dire en lui traçant une croix de cendre sur le front : Tu es poussière et tu retourneras en poussière.

Je n’avais pas encore de pieds formés mais je lui fis part par une formidable décharge de hoquets que je n’étais pas trop d’accord avec ce jeûne ! Je refusai tout net qu’on brûle au bûcher mon bwa-bwa Michaud ! Aux enfants légitimes comme naturels de Rex, monarque absolu sans faille et sans reproche de la Haute Bombance, de la haute Noblesse de Canne, le royaume de la mangeaille, de la danse et de la festoyance est réservé par contumace, que les jours soient gras ou maigres ! Cette condamnation est une bénédiction ! Je fis miroiter à Maïté des envies pressantes et impérieuses de femme enceinte : glace pilée le lundi, dombré le mardi, gombo le mercredi, dachine le jeudi, corossol le vendredi et piment le samedi. Le tout arrosé de chopines bien fraîches de jus de canne ou de prune de cythère. C’est bercé de ces saintes nourritures que j’ai chaloupé entre jours charnels et jours maigres, mercredi des cendres et crabes pascaux, fête du Carmel fin juillet, fête de Saint-Claude fin août. Une vraie sérénade créole (Abel Beauregard)

Ernest Léardée et son orchestre de danse antillais suggéraient qu’on m’appelle Nana. Alphonso et son orchestre antillais proposait Brise des Brises, sans doute en hommage à ma grand-mère, Man Bise, mais cela évoquait un peu trop un pur sang ou un hongre participant à une course hippique. D’autres encore comme Emerante de Pradines (1918-2018) ou Issa El Saieh à Haïti me baptisaient déjà Choucoune ou tizwazo.

On pensa même m’appeler Delicado du nom de la chanson homonyme de Percy Faith, un mambo. Mais je décelai la fraude leur faisant savoir par le langage des remontées acides que la chanson originale datait de 1950 et était d’origine brésilienne (auteur Waldir Azevedo, 1923-1980). On essaya Bermuda des Bell Sisters puis on s’extasia sur Jambalaya (en anglais avec Jo Stafford et en français avec Lucienne Delyle).

Ma tante Germaine suggéra Blue Tango (Leroy Anderson)

mais certains s’opposèrent à un nom qui paraissait trop lié à orang-outang et l’usine de Gardel qui venait de vivre une Saint-Valentin sanglante n’incitaient pas à ces gymnastiques argentines. Constance Dulac, Capitolien Justinien, Edouard Dernon et François Serdot furent avec mes ancêtres les esprits tutélaires qui présidèrent à ma gestation de leur repaire du Moule. Il fut un temps question que je sois accouché à la Rue Zabim (Léona Gabriel) et même à Mexico (Luis Mariano) et comme il n’y avait pas d’échographie à l’époque on cogita un instant m’appeler Caroline Chérie (Georges Ulmer) et même Jézebel (Edith Piaf). J’échappai de peu à Caramba (Dario Moreno). Mais heureusement le gorille (Georges Brassens), ange déchu, veillait sur moi et me souhaitait tous les jours bon anniversaire (André Claveau). Quant à moi j’aurais pu continuer vitam aeternam la chasse aux papillons (Georges Brassens, Patachou) dans mon petit nid douillet sur la route fleurie (Georges Guétary) si je n’avais pas entendu sur le poste Radiola de mon père Celia Cruz et Sonora Matancera avec Guede Zaina, Benvenido Granda et Sonora Matancera et son Celos que matan

Mon placenta était alimenté quotidiennement de notes et arpèges comme celles de Cuban Mambo de Noro Morales y su Orquesta

Le 30 octobre vers 14H30 ce fut l’heure de la délivrance. On fit sonner les cloches à l’église de Saint-Claude. Et voici un élément du portrait sonore de cette messe pour le temps présent qui en fut donnée par Pierre Henry, quelques années plus tard en 1967 : Psyché Rock !

Et pendant que je poussai mon cri primal cyclonique j’entendis en même temps comme une musique familière la messe des esclaves que n’écrirait pourtant que 25 années plus tard le brésilien Hermeto Paschoal !

Puis on me coupa le cordon ombilical et résonna en moi la voix d’Arrigo Bernabé et ce fut l’ orgasmo total ! Puis enfin j’eus droit à la tape sur les fesses car je ne disais mot . On appela ma persona à la rescousse :

Il fut établi par tous ceux qui étaient présents que j’avais émis quelque chose entre un miaulement de cyclone et un hennissement de vague. C’était un jeudi. On me fit têter. Je n’avais pas encore de nom. Je m’appelais persona, animus, anima, ombre ! il fallut attendre mon premier rôt et mon premier sourire. Je dus leur sembler très déçu ! Je l’étais en effet ! La lune rouge et masquée n’était pas au rendez-vous de 14 h30. Et il n’y eut même pas de tambour pour me faire gigoter comme au premier jour de ma conception ! Je reçus le double protègement de Jean (mon animus) et de Marie (mon anima) auquel on m’adjoignit par mesure de sécurité un Arsène (mon ombre) caché au cas où ! Et on me donna illico un petit surnom pour me protéger des premiers. Pendant plus de 10 ans on ne m’appela plus que Ari (ma persona) !

Victoria, l’esclave blanche

La Esclava Blanca est le titre espagnol original de la série colombienne à gros budget Victoria qui passe sur le réseau Mayotte Première et donc sur Guadeloupe Première, Martinique Première, Réunion Première, etc. En anglais la série se nomme The White Slave. Logiquement elle aurait dû s’appeler L’Esclave Blanche en français.

VICTORIA

C’est une saga historique colombienne qui se déroule entre 1820 et 1845 au temps de l’esclavage à Santa Marta le long de la côte Caraïbe. Victoria Quintero (l’actrice espagnole Nerea Camacho, âgée de 19 ans et qui a reçu le prix Goya de la meilleure révélation féminine en 2008 à l’âge de 12 ans pour son interprétation dans le film Camino de Javier Fesser) joue le rôle d’une marquise espagnole Lucia de Peñalver, marquise de Bracamonte dont tous ignorent la véritable identité. Elle est la fille des propriétaires de la plantation Eden, Domingo et Elena Quintero, qui ont été tués sur ordre de Nicolas Parreño (l’acteur espagnol Miguel de Miguel) dont elle devient l’épouse et de qui elle veut se venger. Dans son enfance à la mort de ses parents elle a été recueillie tout bébé par une famille d’esclaves : Tomas (l’acteur portoricain Modesto Lacen) et Lorenza (l’actrice panaméenne Miroslava del Carmen Morales) et leurs enfants Milagros et Rosita. Elle a vécu dans un village negmawon en pleine forêt, un palenque en espagnol, un quilombo en portugais, comme negmawonne (cimaronna) jusqu’à ce qu’on la ramène en Espagne pour vivre dans un couvent et y apprendre les bonnes manières. Elle est amoureuse d’un esclave Miguel Nava Soler (l’acteur cubain Orian Suarez) qu’elle a connue toute petite et qui est aussi le fils  illégitime de Nicolas Parreño avec une esclave fugitive, Sara.

A cette distribution internationale s’ajoute le vénézuélien Luciano d’Alessandro (Alonzo Marquez) et tout un casting colombien constitué d’acteurs comme Carlos Duplat (Abad Rangel),  Natasha Klauss (Ana de Granados), Viña Machado (Eugenia Upton), Roberto Cano (Felipe Restrepo), Ricardo Vesga (dans le rôle d’Enrique Morales, contremaître de Nicolas), Leonardo Acosta (Arturo Lopez), Mauro Donetti (General Fidel Marquez), Gianina Arana (Manuela Pimentel), Barbara Perea (Hilaria), Andrés Suarez (Capitan  Francisco Granados, bras droit du général  Marquez),  etc.

La série a été tournée en 2015 à Santa Marta, à Amaime dans la Valle del Cauca et l’hacienda la Concepcion et à Cartagena mais aussi à Bogota, Medellin, La Guajira et même à Quinta de San Pedro Alejandrino où Simon Bolivar a vécu ses derniers jours. La série  a reçu un prix de la réalisation au Seoul International Drama Awards  de 2015. Elle a été retransmise en Colombie en 2016 et depuis septembre elle est diffusée sur le réseau Première

Le film de la réalisatrice Liliana Bocanegra se compose de 31 épisodes de 90 minutes lors desquels on voit la lutte de Victoria pour retrouver ses biens, se venger de son mari qui a éliminé ses parents, libéré les esclaves avec qui elle a vécu une grande partie de son enfance et retrouver l’amour qu’elle ressent pour Miguel malgré la barrière de couleur et la barrière de classe sociale qui les sépare.

La qualité des costumes et des décors fait le charme de cette production de Caracol Television et Telemundo Internacional.

J’ai été, je l’avoue, un peu choqué par l’affichage esthétisant des supplices auxquels les esclaves étaient soumis au début du 19ème siècle. Et par l’apparente résignation de ceux -ci dans leur grande majorité à leur sort. Certains personnages n’acceptent pas, il est vrai, leur servitude, d’autres usent de stratagèmes variés pour s’en sortir mais on sent que l’intrigue de cette marche vers la liberté dépend avant tout des stratagèmes de Victoria, l’esclave blanche ou de Miguel, l’esclave métis. L’une pour être libre devra se débarrasser de son mari, l’autre pour s’affranchir devra se livrer des chaînes de son père. On attend en vain l’intervention de l’église et de l’état dans cette affaire qui comme toutes les sagas historiques touchant à l’esclavage remue les passions. Il n’est pas étonnant dans ces conditions que les rôles les plus importants soient tenus par des acteurs non colombiens issus néanmoins du monde hispanique. Ce n’est pas la première série qui aborde l’esclavage et ce ne sera sans doute pas la dernière. Et beaucoup disent tout haut que la condition des Noirs n’ a guère évolué et que les quilombos et palenques d’autrefois n’ont fait que changer d’adresse passant des forêts aux banlieues. Les inégalités persistent. Ce qui change c’est qu’on peut aborder avec un peu moins de traumatisme cette période. Film après film les lambeaux de douleur s’effilochent, les vexations, les lynchages, les supplices s’estompent mais il faut prendre garde à ne pas oublier. On peut pardonner, il est vrai, mais on me saurait sans perte d’identité, oublier. Never !

 

https://la1ere.francetvinfo.fr/mayotte/emissions/victoria

 

« Sur le chemin de l’école » quand elle est tout sauf buissonnière

Les paysages sont incroyables, époustouflants, à couper le souffle. Ils pourraient aisément s’y retrancher comme dans une tour d’Ivoire. Mais non. Aux quatre coins de la planète, en dépit des soubresauts sociaux, psychologiques, politiques et météorologiques de jeunes héros et héroïnes prennent à bras le corps le chemin de l’école, franchissent les obstacles, les embûches, les distances comme des oiseaux d’envergure phénoménale. A pied, à cheval, en voiture, au pas de course, en chaise roulante tous les chemins mènent vers le savoir. Qu’on naisse au Kenya, au Maroc, en Inde ou en Argentine, qu’il pleuve qu’il neige, sous les regards des moutons, des girafes ou des éléphants l’appétit, l’envie, la détermination, le courage et l’abnégation sont les ingrédients d’un périple pour l’apprentissage et l’instruction. Dans Sur le Chemin de l’Ecole Pascal Plisson nous propose une plongée en apnée dans les cheminements quotidiens du combat permanent auquel doivent se  livrer  des milliers d’enfants à travers le monde.

En sortant de l’école on rencontre, comme le dit Prévert par la voix des Frères Jacques, un tas de choses incroyables comme des voies de chemins de fer qui s’arrêtent pour ne pas écraser les fleurs,  des lunes et des étoiles qui se baladent en bateau à voiles, la mer qui se promène avec ses coquillages, un sous marin pour chasser les oursins et même une maison qui fuit le vent qui veut l’attraper. Mais sortir de l’école comme aller à l’école même sans wagon doré peuvent se révéler des périples extraordinaires vers des îles parfumées et les naufrages de saumon fumé que seul le savoir permet de savourer à pleines dents et sans arrière-goût.

 https://youtu.be/oWn7CQGNIa4

http://youtu.be/PT3jAJ4QHPg

Creusez, fouillez, bêchez, ne laissez nulle place où la main ne passe et repasse

La fable de la Fontaine Le Laboureur et ses enfants m’a toujours impressionné. C’est la neuvième fable du livre V, édité en 1668, inspiré d’Esope, écrivain grec qui a vécu entre les septième et sixième siècles avant JC.
L’original d’Esope disait ceci en prose :

Un laboureur, sur le point de terminer sa vie, voulut que ses enfants acquissent de l’expérience en agriculture. Il les fit venir et leur dit:  « Mes enfants, je vais quitter ce monde;  mais vous, cherchez ce que j’ai caché dans ma vigne, et vous trouverez tout ». Les enfants s’imaginant qu’il y avait enfoui un trésor en quelque coin, bêchèrent profondément tout le sol de  la vigne après la mort du père. De trésor, ils n’en trouvèrent point; mais la vigne bien  remuée donna son fruit au centuple.

Cette fable montre que le travail est pour les hommes un trésor.

Je  connaissais par cœur cette fable, sous la plume de La fontaine, au même titre que Le loup et l’agneau, Le lion et le rat, Le corbeau et le renard, La cigogne et la souris, La cigale et la fourmi, Le lièvre et la tortue. Il  me revient en tête cette suite d’alexandrins et d’octosyllabes faite de rimes croisées, embrassées et suivies  que je m’empresse de vous réciter, comme je la récitais à ma maîtresse: 

Travaillez, prenez de la peine:

C’est le fonds qui manque le moins.

Un riche laboureur, sentant sa mort prochaine

Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.

Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage

Que nous ont laissé nos parents.

Un trésor est caché dedans.

Je ne sais pas l’endroit; mais un peu de courage

Vous le fera trouver, vous en viendrez à bout.

Remuez votre champ dès qu’on aura fait l’oût.

Creusez, fouillez, bêchez; ne laissez nulle place

Où la main ne passe et repasse.

Ce qui m’a toujours intrigué c »est pourquoi ce riche laboureur n’avait pas prodigué ses conseils à sa progéniture dans la splendeur de l’âge. Pourquoi avait-il attendu d’être mal caduc, plus mur qu’un fruit à pain pourri à l’article de la mort, pour inculquer à ses enfants la passion du labour/labeur. Il leur fallut bêcher la terre, la piocher, la sarcler, l’engraisser « deça delà, partout » jusqu’à la moisson avant qu’ils ne saisissent dans leur caillou intime que le travail est un trésor. On imagine qu’il y eut des semailles et que les semences étaient certifiées bio  et que nul engrais chimique et surtout pas du Roundup cancérigène ne fut utilisé car le laboureur d’Esope tout comme celui de La Fontaine, presque vingt siècles plus tard, pratiquaient une agriculture raisonnée respectueuse des rythmes biologiques de la terre. Mais encore faut-il que les conditions météorologiques permettent aux champs de respirer, de faire jachère, alterner les cultures, l’ombre et la lumière. On imagine qu’il n »y eut pas de sécheresse et que les oiseaux ne vinrent pas picorer les semences dans les sillons. On imagine qu’il n’y eut pas d’épidémie de phylloxéra et que les pucerons ne desséchèrent  pas les sarments et feuilles de vigne à tout jamais. Les cyclones, les tremblements de terre,  les éruptions volcaniques eurent sans doute leur mot à dire mais malgré tout cela il m’arrive de me demander parfois si le travail libère l’homme ou si c’est une calamité nécessaire pour réguler l’humanité au même titre que la peste et le choléra.

J’ai encore en tête cet hymne à l’oisiveté de Henri Salvador et son Le travail c’est la santé

Pierre Perret pense un tout petit peu différemment

Le laboureur et ses enfants

Auteur : Jean de la Fontaine
Paroles nouvelles et musique : Pierre Perret – © Editions Adèle 1995

Un vieillard cul-terreux, champion de l’infarctus
Qui en avait déjà fait deux trois éblouissants
Avant que la faucheuse ne lui secoue les puces
Fit venir ses lardons et leur dit : Tas d’ fainéants

REFRAIN

Je suis le laboureur
Vous êtes mes enfants
Je suis le travailleur
Vous les fainéants

Désormais grattez dur, fait’s vous péter la rate
Semez l’orge et le blé dans le froid et le vent
Retournez bien le champ, cloquez-y du nitrate
Un trésor est caché enfoui sous le chiendent

REFRAIN

Je suis le laboureur
Vous êtes mes enfants
Je suis le travailleur
Vous les fainéants

Les meules sur son tracteur le plus vaillant des fils
Voit ses épis de blé se transformer en or
Tandis que son frelot, qui rêv’ que de chaud-bise
S’est tiré à Nashville et là, il a fait fort !

REFRAIN

Les fils du laboureur pour plaire au vieux pecnod
En ont vraiment bavé des ronds d’ chapeau

L’un joue de la guitare, oui, c’est ce qu’il voulait
Faute d’être paysan, il est devenu star
Son frangin, ça l’a scié. Ça lui a coupé l’ sifflet
De voir qu’on peut chanter sous une pluie de dollars !

REFRAIN

Les fils du laboureur chacun dans leur sillon
Ont amassé tous deux le gros pacson

De ces deux qui ont choisi le tracteur ou l’ micro
Quel est celui le soir qui a le moins mal au dos ?
Moi je pens’ pour ma part qu’à bosser tout’ sa vie
Qu’on soit paysan ou star, on est complèt’ment cuit

REFRAIN

Pourtant les travailleurs
Savent depuis tout l’ temps
Que le travail fatigue énormément
Et qu’on soit laboureur
Plombier ou Président
On part complèt’ment naz’s
Les pieds devant

Certains disent carrément : je ne veux pas travailler comme Pink Martini et compensent en fumant

Travailler selon moi c’est s’inscrire dans une quête de sens.

Cette quête de sens est multipolaire, multidisciplinaire. L’important est de labourer et même si la terre n’est pas arable il faut faire en sorte de trouver l’instrument idéal, la recette capable d’enlever à la terre son acidité, son PH. Il n’y a pas de terre improductive, de terre stérile, calcaire, rouge ou noire, impropre aux cultures, de terre volcanique, de désert fangeux, de terre saumâtre, de parcelle marécageuse qui résiste à l’assaut persévérant de l’amour, de la patience et de la tendresse comme fumier substantiel.

On sait que dans le Coran la femme est comparée à un champ que l’homme doit labourer inlassablement. Sourate 2, Al Baqara, La Vache verset 223 :

Les femmes sont votre champ. Cultivez-le de la manière que vous l’entendrez, en ayant fait auparavant quelque acte de piété. […]

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Les instruments que l’homme a pour labourer sa femme sont aussi diversifiés que l’araire, le soc, la herse, la pioche, la bêche, la houe, le sep, l’age, la moissonneuse-batteuse, la faux, le versoir, le pic que le laboureur a à sa disposition pour travailler son champ. Encore faut-il qu’ils soient affûtés, adaptés à la terre qu’ils convoitent.  Quel que soit le geste auguste du semeur, qu’il soit laboureur à boeufs ou laboureur à pied, ce n’est pas tout champ qui travaillé, gratté, retourné,  rapportera quelque profit à moins qu’on ne considère la sueur et les larmes comme des marques de profit. Mais il y a des champs qui sont des jardins secrets, des passions, des talents que nous devons labourer sans cesse. Il nous faut suivre ainsi les conseils prodigués par Nicolas Boileau (1636-1711) dans son Art Poétique pour un labour impeccable:

Travaillez à loisir, quelque ordre qui vous presse,
Et ne vous piquez point d’une folle vitesse :
Un style si rapide, et qui court en rimant,
Marque moins trop d’esprit que peu de jugement.
J’aime mieux un ruisseau qui, sur la molle arène,
Dans un pré plein de fleurs lentement se promène,
Qu’un torrent débordé qui, d’un cours orageux,
Roule, plein de gravier, sur un terrain fangeux.
Hâtez-vous lentement, et, sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage :
Polissez-le sans cesse et le repolissez ;
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.

La soupe au canard rend-elle amnésique?

Groucho, Harpo, Chico, Zeppo Marx, des Marx Brothers, ne sont pas nés comme leur père à Strasbourg mais bel et bien bien aux Etats-Unis. Loin de la choucroute et du Gewurzstraminer donc ! Leur humour caustique m’a toujours intrigué. Groucho dégaine en anglais autant de blagues qu’une mitraillette dégoupille ses balles à la minute. Blagues savoureuses en anglais, un peu moins délectables en français. Mais il en fut de même pour d’autres comiques comme Laurel et Hardy. L’humour est le degré zéro de la traduction. Comment traduire Duck Soup  par exemple si on sait que Soupe au Canard ne traduit pas toutes les valeurs de « duck soup » .

La guerre peut être drôle. Charlie Chaplin bien après dans Le Dictateur (1940) (Thr Great Dictator), Stanley Kubrick bien après encore dans Docteur Folamour (1964)( titre original en anglais Dr Strangelove or : How I learned to stop worrying and love the bomb, avec Peter Sellers dans le triple rôle de Mandrake, le président américain et de Dr Strangelove) et Léo Mac Carey dans la Soupe au canard (1933) l’ont prouvé si besoin est avec maestria. Dans la Soupe au canard (Duck soup), où le burlesque, l’absurde, la dérision et la satire politique l’emportent sur l’histoire, on ne sait si le discours politique sur la guerre fait partie du ressort du rire. On ne rit pas de Mussolini/Chicolini, comme on ne rit pas d’Hitler. Il s’agit ici d’avatars qui nous permettent de mieux appréhender les travers et les démences des politiques et des va-t-en guerre. Or les conflits trouvent la plupart du temps leurs origines dans des dérives religieuses. Il n’est donc pas anodin que les frères Marx nous proposent en tomber de rideau un negro spiritual revu et corrigé à la sauce Marx.

Les anges n’ont plus d’ailes mais des fusils. No wings only guns.

All God chillun got wings

They got guns we got guns

All God’s chillun got guns

I’m gonna walk all over the battlefield

Cause God’s children got guns

Freedonia, nom du pays imaginaire au bord de la banqueroute, qui devait d’abord s’appeler Amnesia, doit fatalement entrer en guerre contre Sylvania. A la tête du pays une riche veuve, Madame Teasdale, fait nommer le président Rufus T. Firefly, un agent de l’équivalent actuel de la NRA (National Rifle Association) Eureka Ammunition Company. La guerre, la folie paranoïaque dans toute sa tragédie bouffonne,  est inévitable. War ! Tous les mythes peuvent être revisités, parodiés, sur le ton de l’outrance, de la farce, du grotsque: la conquête de l’ouest, le western, le banjo, la musique folk, le negro spiritual

Place au tapage nocturne

Un peu décalée cette pub, non ? Ikea, la marque suédoise bien connue, spécialisée dans l’ameublement et la décoration, tente ici de détruire les clichés, les stéréotypes. On a ainsi tendance à considérer que les minorités visibles sont volontiers fêtardes, bruyantes et ne respectent pas la quiétude de leurs voisins. Il suffit pour cela de se souvenir du fameux « bruit et les odeurs » dont se plaignait le président Chirac.

Dans cette pub de l’agence Buzzman filmée par James Rouse et diffusée à partir du 19 octobre 2017 on inverse les polarités. C’est le basané de service qui veut dormir pour aller travailler ou tout simplement étudier, voire méditer, prier, s’interroger sur la physique quantique, que sais-je. C’est un célibataire. Il est gentil, éduqué, civiquement correct. Et il n’aime probablement pas la musique de Schmooze. Mais nobody’s perfect, on le sait depuis fort longtemps, et moi particulièrement depuis le film Some like it hot de Billy Wilder tourné en 1959 avec des pointures comme Marylin Monroe, Jack Lemon et Tony Curtis…

Et pour le remercier de ce civisme et de cette compréhension modulable, fonctionnelle et esthétique qui  pousse notre homme à ne jamais hausser la voix et à ne pas donner des coups de balais (Ikéa) dans le plafond  et qui l’empêche d’appeler les services de police après 22 heures pour faire respecter son droit au sommeil et à la tranquillité, sa voisine du dessus, une blonde amène et fêtarde, l’invite à dîner en tête-à-tête. Comme pour se faire pardonner avant qu’il ne pète les plombs, avant qu’il ne devienne violent. On imagine que cet homme si parfait aurait décliné l’invitation, prétendant un malaise ou un devoir urgent pour éviter de tomber dans le traquenard pouvant mener inexorablement à un nouveau tapage nocturne romantico-publicitaire. .

Mais non, monsieur s’avance un peu hésitant tout de même mais s’avance à pas feutrés dans l’appartement. On imagine que cela se terminera au fond d’un lit. Un lit IKEA, modulable, fonctionnel et esthétique, il va sans dire. Et qu’il pourra enfin se retirer les boules Quies de ses oreilles.

Tatiana, la fétarde, c’est Alice Raucoules et le voisin black du dessous c’est Christopher Bayémi. Mais j’adore IKEA qui dit pour conclure :

Place à  la vie.

Moi j’aurais imaginé plus d’audace de la marque suédoise jaune et bleue dans ce conte de fées post-moderne . Si je m’appelais Osgood Fielding III j’aurais plutôt dit :

Place au vit !

Totalement trop ou #Joliza vs #Arliza et l’amour à la brésilienne au temps de Temer

Totalement demais est une chanson de Caetano Veloso.

Totalmente Demais
Linda como um neném
Que sexo tem, que sexo tem?
Namora sempre com gay
Que nexo faz tão sexy gay
Rock´n´roll?
Pra ela é jazz
Já transou
Hi-life, society
Bancando o jogo alto
Totalmente demais, demais
Esperta como ninguém
Só vai na boa
Só se dá bem
Na lua cheia tá doida
Apaixonada, não sei por quem
Agitou um broto a mais
Nem pensou
Curtiu, já foi,
Foi só pra relaxar
Totalmente demais, demais
Sabe sempre quem tem
Faz avião, só se dá bem
Se pensa que tem problema
Não tem problema
Faz sexo bem
Seu carro é do ano
Seu broto é lindo
Seu corpo, tapete, do tipo que voa
É toda fina
Modelito design
Se pisca, hello
Se não dá, bye-bye
Seu cheque é novinho, ela adora gastar
Transou um Rolling Stone no Canadá
Fazendo manha
Bancando o jogo
Que mulher
Totalmente demais, demais
Totalmente demais, demais
Traduction française : Totalement trop
Jolie comme un bébé
Quel est son sexe, quel est son sexe ?
Elle drague tout le temps les gays
Quelle union cela fait un gay si sexy
Rock’n’roll ?
Pour elle c’est du jazz
Elle couche
Avec la haute société
Elle joue un match au sommet
Totalement trop, trop
Experte comme personne
Elle ne va que dans les bons coups
Elle ne se donne que du bien
Les nuits de pleine lune elle est folle
Passionnée, je ne sais pas pour qui
Elle a excité un ado de plus
Sans y penser
Elle l’a aimé, elle est déjà partie
C’était juste pour se relaxer
Totalement trop, trop
Elle sait toujours qui en a
Elle fait l’avion, elle ne se donne que bien
Si elle pense qu’il y a un problème
Il n’y a pas de problème
Elle fait bien l’amour
Sa voiture est du dernier cri
Sa jeunesse est belle
Son corps, un tapis, du genre volant
Elle est tout en finesse
Petit modèle design
Si tu lui fais un clin d’œil, hello
Si ça ne va pas, bye bye
Elle tient jusqu’au matin
Elle joue le jeu
Quelle femme
Totalement trop, trop
Totalement trop, trop

Totalement diva est la transcription en français de la telenovela brésilienne Totalmente Demais (littéralement Totalement trop), retransmise sur la Rede Globo au Brésil de novembre 2015 à mai 2016. Le feuilleton écrit par Rosane Svartman et Paulo Haim et mis en scène par Luiz Henrique Rios est retransmis actuellement sur le réseau  1ère de France Televisions qui couvre tous les outre-mers.

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Les acteurs principaux sont Marina Ruy Barbosa (Eliza), Felipe Simas (Jonatas Castro), Fabio Assunção (Arthur Carneiro de Alcantara), Juliana Paes (Carolina Castilho), Juliana Paiva (Sandra Regina Matoso), Vivianne Pasmanter (Liliane de Bocaiuva Monteiro), Julianne Trevisol (Maria Luisa), Humberto Martins (Germano Monteiro).

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Le thème du feuilleton est #joliza : l’histoire d’amour, le conte de fées avec ses hauts et ses bas entre Jonatas et Eliza, une Cendrillon rouquine post-moderne (ruivinha) et un crapaud carapate (sapo) (carrapato). Éliza est la fille de Gilda et habite en province avec sa mère, le beau-père Dino et deux frères plus petits. Après avoir été harcelée sexuellement par le beau-père elle s’enfuit à Rio et finit par se retrouver à  la rue. C’est là qu’elle rencontre Jonatas avec qui elle vit son premier amour. Sa vie balance complètement quand elle rencontre Arthur. Celui-ci propriétaire d’une agence de mannequins promet de la transformer en  Miss Totalement Diva. Eliza pense qu’elle n’a pas ce qu’il faut pour être mannequin, mais relève le défi car elle a besoin d’argent  et veut faire venir sa famille à Rio. Pendant le concours  elle habite chez Arthur. Les deux commencent à se rapprocher et après avoir gagné le concours, ils commencent à sortir ensemble. Malheureusement Arthur et son sentiment d’insécurité mettent fin à cette romance. Eliza trace son propre chemin et fait venir la famille pour habiter avec elle dans le quartier de Fatima. Arthur essaie de reconquérir Eliza mais il est trop tard. Après de nombreux rebondissements Eliza et Jonatas parviennent à rester ensemble. Les deux voyagent à Paris où elle va travailler un an. #joliza plus fort que #arliza

L’histoire me fait penser à celle du mannequin étoile brésilien Gisèle Buntchen qui a été remarquée dans son village à l’intérieur du Brésil par un chasseur de mannequins.

Le président Michel Temer, le Congrès National, les gouverneurs des états ont dû apprécier ce feuilleton de 7 heures du soir. Pendant qu’on parle d’amour on ne parle pas d’impeachment, le temps glisse comme une vague.  Lula, Dilma, Michel font partie du conte de fées. Essayer de les retrouver dans l’intrigue au détour d’une rue, d’une conversation, d’une allusion sera difficile en français. Les langues entre elles ont parfois un dialogue de sourds quand elles sont adaptées. Totalement trop devient ainsi totalement diva. Moi j’attends encore l’épisode final de la telenovela Totalement Flop avec Dilma (bientôt 70 ans en décembre), Lula (72 ans) et Michel (77 ans), le triangle amoureux. Qui de ce ballet de septuagénaires corrompus  sortira vainqueur en 2018 #Midil ou #Ludil  dans les urnes ? Faites vos jeux.

L’amour en gage

sans_titre-2-617299L’amour en gage est un feuilleton indien qui passe tous les soirs sur Mayotte Première et rencontre un grand succès de public.

http://embedftv-a.akamaihd.net/1544c5aef2a1ac2ddca60d0e4c917d79

Le feuilleton raconte les péripéties amoureuses de Anshuman et Paakhi, mariés jeunes par leurs familles respectives (les fameux mariages arrangés), puis séparés pendant dix-huit ans. entre temps Anshuman a eu une seconde epouse avec qui il a eu un fils Ayann. La mère d’Ayann étant morte suite à un accident Anshuman souhaite divorcer de sa première épouse pour vivre avec Tanya, une autre indienne éduquée à Oxford et part à la recherche de sa première épouse.

http://la1ere.francetvinfo.fr/emissions/amour-gage

L’amour en gage est la version française en 142 épisodes du feuilleton en 269 episodes de Tumhari Paakhi, un feuilleton en hindi sorti entre novembre 2013 et novembre 2014 en Inde. C’est l’histoire d’un triangle amoureux où se font face Anshuman Rathore (Iqbal Khan), Paakhi Anshuman Rathore (Shraddha Arya)  et Tanya Rana (Madhura Naik).

Le feuilleton a été tourné par Shashi Sumeet Productions pour le réseau Life Ok récemment devenu Star Bharat et est basé sur le roman  Naba Bidhan de Saratchandra Chatoopadhyay.

Le thème principal est chanté par Sunidhi Chauhan sur un theme original de Sachin Gupta. Le personnage principal qui donne le titre au feuilleton en hindi est Paakhi. D’ailleurs même en anglais le titre est Your Paakhi. Les Français ont comme d’habitude choisi d’innover en nommant le feuilleton L’amour en Gage

https://tune.pk/video/4088510/bol-na-dil-se-sunidhi-chauhan-tumhari-pakhi

Les feuilletons indiens ont à Mayotte un accueil étonnant . On y voit sur fond musical des intrigues qui font s’affronter la civilisation moderne, et la tradition, l’amour et l’argent, les obligations entre époux, le tout sur un mode binaire où le bien et le mal , la pauvreté et la richesse s’affrontent en permanence. La société mahoraise est semble-t-il elle aussi traversée de clans, et l’exaltation forcenée de la famille, du rôle de l’homme et de la femme. En regardant ce feuilleton c’est une approche en douceur que je fais de la famille mahoraise.

 

Ça ne sert à rien d’être le plus riche du cimetière.

     Dixit le futur séminariste franco togolais, professeur agrégé de mathématiques, le sieur Olivier. Je médite, je médite sur cet adage dont lui même ignore la provenance. Mais j’irais même plus loin.
     https://youtu.be/qY53nsjLMkc
    À quoi servent les cimetières? J’ai maintes fois exprimé le désir de rejoindre l’univers glauque des poissons et autres requins et cétacés pour ce qu’il est convenu d’appeler mon dernier voyage. Mourir pour mourir que ce soit pour devenir triton ou sirène ! Or ne voilà-t-il pas que je m’entends taxer d’égoïste pour avoir une pensée aussi iconoclaste. J’aimerais tout simplement une fois mort nager ou plus simplement flotter sur l’eau, être un merman, quoi, un sereio, un triton, performance que je ne réaliserai sans doute pas de mon vivant.
    Quoi de plus légitime pour un vivant que de se dépasser dans la mort. Eh bien non je me fais sermonner. C’est interdit. Et voilà, le débat est clos pour certains. Autrefois pourtant on jetait les marins en mer et cela ne gênait personne. Il faudrait aussi interdire dans ce cas aux chiens, cochons, vaches, éléphants, albatros, baleines, requins et autres phacochères de se noyer en mer, en lac ou en rivière.
    Oh mais ce n’est pas écologique, me dit-on, tu polluerais l’environnement. Tout ça avec le plus grand sérieux du monde. Moi et mes 89 kilos de splendeur antillaise virginale plus contaminant que le chlordécone, laissez-moi rire. Je ne serai ni le plus riche ni le plus pauvre de vos cimetières, messieurs et dames donneurs de morale et de leçons écologiques. Je n’irai pas comme Boris Vian cracher sur vos tombes bétonnées non recyclables. Faites-vous ensevelir dans la sciure, si bon vous semble, moi j’ai fait un pacte avec les esprits de la mer. Ce sont mes dernières volontés. Il faudra bien les exécuter. Le jour dit, quel que soit l’exécuteur de cette basse oeuvre, mettez-moi sur un canot, une planche de bois mort suffira, pichonnez-moi bien les orteils des pieds pour bien vérifier que je ne suis ni pompette ni simplement ankylosé ou endormi, et surtout ne m’envoyez ni à l’abattoir, ni au four ni sous le béton. Jetez-moi à la mer comme une bouteille de rhum avec ce message attaché à l’une des nageoires caudales: ci-gît un balao triton qui vécut toute sa vie hors de l ‘eau et loin de ses frères balaos tritons. Il connut beaucoup d’orphies sirènes dans sa vie terrestre et fraya 5 titiris. Ni fleurs, ni couronnes, ni cérémonie, tout au plus 1983 A merman I should turn to be ou n’importe quel écho de Jimi Hendrix en bruit de fond.
    Seulement ainsi je deviendrai le plus riche de mon cimetière personnel bercé par le clapotis des vagues sur le corps des sirènes.
    Selon moi ce voeu est plus facile à réaliser que ce qui arriva à Quincas Berro d’Agua dans le roman éponyme de Jorge Amado, A morte e a morte de Quincas Berro d’Agua où le héros meurt deux fois, dont la seconde dans une ambiance de folie à Salvador de Bahia.
    https://youtu.be/XZlVHbNP61Y