Kiss and Fly

Kiss and Fly c’est la zone où on peut déposer rapidement bagages et passagers à l’aéroport Nice Côte d’Azur. En d’autres mots c’est un dépose -minute. Nous avions loué un T2 via Airbnb et la proprio nous a gentiment proposé de nous déposer de bonne heure à l’aéroport. Elle est divorcée depuis 10 ans. A 58 ans. Et fait de la danse tous les mardi et mercredi soir. Elle travaille à l’aéroport. Elle va devoir payer les traites de l’appartement jusqu’à 70 ans. Plus que 12 ans donc. Elle a racheté l’appartement qui était assez délabré mais qui jouxtait le sien d’une vieille dame qui venait de mourir ( bon elle a dû l’acheter des descendants d’icelle). Elle a fait appel à des professionnels pour le refaire complètement et le meubler comme s’il était pour elle. Avec goût, sans regarder à la dépense et en primant la qualité. Elle nous demande ce qui pourrait été fait pour améliorer. Je suggère qu’elle dépose dans l’appartement des brochures et autres dépliants touristiques de la région disponibles par ailleurs gratuitement dans n’importe quel office du tourisme. Certes on a internet mais j’aime bien les bonnes vieilles cartes imprimées. Elle retient l’idée. Je lui soumets l’idée aussi de mettre à la place du coca zéro une bouteille de rosé dans le frigo en surplus de la bouteille de San Pellegrino qui s’y trouvait à notre arrivée. Elle nous parle de son fils qui habite Paris et chez qui elle se rendra ce week-end pour 4 petits jours. Elle a une nièce mariée avec un brésilien qui vit à Sao Paulo. Nous parlons de nos projets de voyage, de vie. Elle nous parle de danse, de running. De sa difficulté de se réengager avec quelqu’un. De faire confiance. Et me donne sa recette de fleurs de courgettes. En beignets elle trouve gras. Elle préfère les faire au four en les farcissant de crème de fromage à l’ail, le tout arrosé d’un filet d’huile d’olive. C’EST NOTÉ. TERMINAL 2. TOUT LE MONDE DESCEND. BYE BYE. ON SE FAIT LA BISE. KISS AND FLY.

Le Siècle

Rendez-vous vers 12h30 au Siècle. C’est un restaurant au 31 promenade des Anglais. Le restaurant fait partie de l’hôtel West End, un hôtel belle Époque 4 étoiles construit en 1842 qui s’appelait alors hôtel de Rome. De l’autre côté de la promenade des Anglais il y a aussi le restaurant de plage privée the Blue Beach qui fait partie de la même entreprise. Nous y sommes invités par le couple brésilo-americain James and Julia Rosenfeld.

Nous avons connu Julia en septembre 2014 à Montpellier. Nous étions voisins. Et nous avons sympathisé immédiatement. Elle était présente à notre mariage. Nous avons préparé ensemble une feijoada. Elle vivait alors avec Thomas. Ils sont ensuite partis vivre au Portugal, à Porto. Ils se sont séparés et depuis octobre 2016 elle s’est mariée à James, un millionaire texan qu’elle a connu à travers internet. Depuis nous avons gardé le contact. Elle est cearense, BENA est bahianaise. Julia habite désormais au Texas. Le courant est passé. Nous nous sommes revus en 2017. A Saintes. C’est ainsi que j’ai fait la connaissance de James. James a mon âge et Julia quinze ans de moins. Mais depuis peu ils sont tous les deux à la retraite. La compagnie dont James était le propriétaire était présente worldwide. Elle travaillait de Guam à Puerto Rico. Nous venons aujourd’hui de nous rencontrer par hasard . Ils sont venus en France pour passer trois mois à Vence dans une propriété qu’ils ont louée à prix d’or. Nous étions ici pour passer une semaine à Nice. Nous nous sommes donnés rendez-vous au Siècle pour sabler nos retrouvailles.

Apéritif Pouilly Fuisse pour nous trois, et pour James un cocktail dont je n’ai jamais entendu parler à base de bourbon: un Manhattan.

Il s’agit d’un cocktail à base de bourbon (4cl), vermouth rouge (Martini ou Cinzano) (2cl), 4 gouttes d’angostura bitters, 1 cerise au marasquin, 5 glacons. JAMES ADORE CA ! Il m’a avoué ne jamais s’en préparer un chez lui. Il n’en boit qu’en dehors de chez lui . Quel esthète ! Moi je ferai pareil avec le rhum et la caipirinha.

Entrée : foie gras pour James, saumon pour Julia, mesclun pour moi et rien pour BENA. Nous piochons à droite et à gauche. Puis vient un autre vin que nous recommande le garçon. Un Sancerre rouge qu’on met à glacer dans le seau à glace. Puis viennent les plats principaux : 2 cassoulet rascasse (James et moi), un risotto (Julia), un saumon brocolis ( pour Bena).

POUR FINIR 3 CAFÉS GOURMANDS PLUS UN TIRAMISU (James).

Je n’ai pas vu la note finale car James est un homme généreux, un véritable mécène . Il a fait un don de un million de $ à une université locale. Un philanthrope. Avant que je puisse dégainer ma carte James the Kid a sorti son lasso et m’a désarmé . La carte a chauffé, j’imagine. L’addition a dû dépasser les 200 €. Je sais en tout cas qu’il y a eu 40 € de pourboire en liquide. On nous a offert un ballon de Montbazillac avec le café et les gourmandises.

J’ai du mal à jauger le Siècle. J’ai été quelque peu déçu par l’assaisonnement . Il manquait au minimum de sel et d’ail. MAIS L’EMPRESSEMENT ET L’ATTENTION DES GARÇONS, LE SERVICE SONT DE PREMIER ORDRE. JE DOIS AVOUER QUE CE FUT MA PREMIÈRE EXPÉRIENCE DANS CE TYPE DE RESTAURANT D’HÔTEL 4 ETOILES. NOUS ÉTIONS HIER AU BISTRO BOBO DE CANNES QUI LUI NOUS A VRAIMENT PLU. L’AMBIANCE Y EST MOINS FORMELLE MAIS LA QUALITÉ DE MON PLAT M’A SEMBLÉ NETTEMENT SUPÉRIEURE. ÉTONNANT. LE SIÈCLE EST SOUS LA BAGUETTE DU CHEF TANGUY L’YVONNET.

James ne parlant pas français nous avons communiqué en anglais. Nous nous retrouverons peut-être en Guadeloupe vers octobre-novembre.

Pour l’instant le couple est installé à Vence dans une grande villa équivalente à ce qu’ils possèdent au Texas. Cette villa leur coûte la peccadille de 20000 € par mois. Il me demande combien je vais payer ma location en Guadeloupe. 900 par mois, lui dis je. Plus de 20 siècles de revenus nous séparent. Il me demande comment je vais bouger là-bas . Je lui réponds que je vais peut-être louer un véhicule. Il me répond que lui préfère acheter le véhicule et ensuite le revendre.

C’est un bon vivant. On rit beaucoup. Il aime pêcher dans le lac qui borde sa propriété au Texas.

Tu ne t’ennuies pas trop,

lui fais-je.

Oh mais j’ai toujours le vin et le tire-bouchon sur moi pour accompagner la canne à pêche.

Il me dit prendre un verre de vin tous les matins depuis qu’il est parti à la retraite en février . Première chose au réveil. Je le vois et je pense à feu mon ami brésilien Jaldo qui lui ne s’autorisait le premier verre de bière qu’à 10 heures.

C’est un bon rituel de passage. Moi je me suis habitué à boire de l’eau puis un café. Il va falloir se décarcasser. Et si je faisais comme James à partir du 1er août? Chiche. Pour 3 mois. Changer de rituel. Me lever, boire un verre de Manhattan. Chausser mes baskets et faire une petite marche d’une demi heure. Et alors au retour seulement le petit noir. A défaut de canne à pêche . A chacun ses hameçons!

Après les avoir quittés nous sommes allés faire un tour à Vence. Histoire de respirer l’odeur des pins sylvestres.nous étions tellement absorbés par nos pensées que nous nous sommes endormis et avons laissé passer Saint-Paul de Vence Village pour nous retrouver à Vence tout court.

En route avec Jean-Baptiste Grenouille et Caco Antibes vers la CROIX DE LUMIÈRE

Drôle de nom me direz vous. Oui Grenouille, Frog. Il aurait peut-être préféré Rainette, mon guide. MAIS QUE FAIRE? Je suis à Grasse, capitale de la parfumerie. Jibé aurait pu s’appeler tout aussi bien Molinard, Fragonard, Galimard, Dior. Mais non il répond au joli nom de Grenouille. C’est tout de même mieux que Gribouille ou Crapaud, non! Oh vous n’avez pas lu le bouquin de Patrick Suskind, Le Parfum (1985). Vous n’avez pas vu le film homonyme de Tom Tykmer non plus de 2006 avec Ben Whishaw, Rachel Hurd-Wood, Dustin Hoffman, Alan Ruckman ? Le heros c’est lui. Et c’est lui mon guide. Chic, vous ne trouvez pas? Vous n’avez pas vu non plus sans doute comme mon épouse le film de 2016 Meurtres à Grasse de Karim Ouaret avec Lorie Pester, Annie Gregorio, Samy Gharbi et Éric Viellard. Eh bien vous êtes exactement comme moi. Elle veut retrouver le parfum du film. C’est ce qui l’a motivée à se rendre dans cette ville qu’on dit un peu décrépite à 16 km de Cannes. Vous savez, lui dit Grenouille, qu’il y a le Musée International de la Parfumerie. Vous savez que tout tourne autour des fleurs à Grasse et en particulier la rose et le jasmin. Elle sait mais ce qu’elle veut c’est parcourir les ruelles, les placettes, les escaliers du Vieux Grasse. Entendre résonner ses pas sous les voûtes et les portails de la Ville médiévale. Grenouille saisit la balle au bond.

Vous avez entendu parler d’une série télé qui racontait la vie des travailleurs italiens qui venaient dans la région cultiver les fleurs à la fin du XIXeme siècle. Ça s’appelait Dans un grand vent de fleurs, tire du roman homonyme de Jeanine Montupet, une saga de Gérard Vergez autour de la lavande, du jasmin et des secrets de famille dont l’action se passe à Grasse et dans ses environs. C’est vrai, je l’avais oublié, j’ai vu la série en 1996 et aujourd’hui encore est imprimée au laser dans ce qui me reste de cerveau la beauté des environs de Grasse.

JE ME SOUVIENS MÊME DU NOM DONNÉ PAR L’HÉROÏNE AU CHAMP DE JASMIN QU’ELLE CULTIVAIT TOUTE PETITE: la Croix de Lumière.

Avec Rosemarie La Vaullee (Sorenza Salvoni), Bruno Wolkowitch (Guillaume Garlande), Marina Vlady (Alexandrine Garlande), Charles Schneider (Felix), Agnese Nano (Louise di Luca), Orso-Maria Guerrini.

Je précise à Jibé quand même que je souhaite voir le marché et que je m’intéresse à la cuisine des fleurs.

Bien c’est noté , ne vous inquiétez pas, je m’occupe de tout. Je vous attends à la gare routière de Grasse vers 10 heures.

Vous arriverez probablement par le bus 500 qui vous mènera de Nice à Grasse, n’est-ce pas?

Oui nous disposerons alors de 3 heures. Ça nous donnera suffisamment de temps pour visiter la Croix de Lumière, j’espère !

Première déception: nous sommes lundi et pas de marché. La plupart des magasins sont fermés. Sur les conseils de Jibé on a commencé d’abord par un petit tour à la boutique Fragonard. On est transporté par la magie des effluves. Frivole, Éclat, Fragonard, Belle de nuit, Ile d’amour. Tous des parfums Fragonard: les cinq miniatures de parfums de collection 35 €. Les mouillettes blanches volètent de nez en nez.

Bref nous avons reniflé les parfums mais pas trouvé la Croix de Lumière. Jibé avait tout simplement omis de nous signaler que la saison des fleurs commence en mai. Pour se faire pardonner Jibé nous conseilla d’aller manger au restaurant Bobo à Cannes à deux pas de la Croisette.

Une pizza formaggio à la pâte bio pour madame et un magret de canard avec gratin de riz et courgettes pour monsieur. Pour boire deux ballons de rosé. Comme d’hab. 45€ l’addition. C’est l’extase. LE Graal.

MAIS SOUDAIN est-ce le vin, est ce l’air iodé du large, mais voilà que Bena se transforme devant le Carlton, puis le Martinez puis le Splendid en Magda, alias Marisa Orth, glorieuse épouse de Caco Antibes, le personnage de Miguel Falabella dans Sai de Baixo.

Devant le Palais des Festivals elle s’exclame:

não vou sair daqui sem colocar minha mão na mão de Pedro.(je ne vais pas sortir d’ici sans mettre ma main dans celle de Pedro)

Et moi ignare je cherche qui bien peut être ce Pedro.

Pedro Almodôvar, claro, CAQUINHO

Comme s’ils étaient amis intimes.

QUOI? MA TRES DIGNISSIME EPOUSE SE PRENANT POUR MADAME MAGDA, PROTOTYPE DE LA FEMME FUTILE EMERGENTE. DÉBORDANTE DE FINESSE ET DE NOBLESSE. PUISQUE C’EST AINSI JE VAIS ME TRANSFORMER EN CACO. DESCENDANT DU PRINCE VIKING AFRICAIN WAISSE FUDER. HEUREUSEMENT LA BELLE-MÈRE CASSANDRA (Araci Balabanian), CETTE CASCACU, EST RESTÉE AU BRÉSIL DANS L’APPARTEMENT DU AROUCHE TOWERS.

JE VAIS GUIDER MA DOUDOU MAGDA EUGENIA SAYAO ANTIBES À ANTIBES, VILLE QUI PORTE MON NOM DE FAMILLE. ANTIBES JUAN LES PINS.

ANTIBIS,

me corrige Magda. Moi je lui réponds au tac au tac dans la langue de Camões:

Cala essa boca Magda. Nada de Antibis, aqui nesse coracao das Zoropas se fala Antibes querida. E só fazer biquinho que você consegue.

C’est ainsi que transformé à Cannes en Caco Antibes j’ai pris le bus 200 pour me retrouver à Antibes où je comptais prendre un café bio dans mon restaurant de plage préféré depuis plus de 25 ans, le Bijou Plage sur la plage des milliardaires.

Malheureusement sur la porte d’entrée on pouvait lire : fermeture définitive suite application loi littoral.

Nous avons parcouru toutes les plages et tous les ports entre VALLAURIS GOLFE JUAN et ANTIBES JUAN LES PINS. Plage du midi, plage de l’ouest, plage de l’est, port Camille Rayon. Port Vallauris GOLFE JUAN.

La croix de lumière court toujours. Mais merci pour tout Jibé et Caco. AVEC DES GUIDES COMME VOUS ON PEUT VOYAGER LES YEUX FERMÉS.

Espresso addict

J’ai une addiction à l’espresso le matin. Je bois automatiquement un verre d’eau après le premier pipi matinal. Car j’ai toujours la bouche sèche au réveil. Hop le petit médicament qui fait du bien. C’est alors que j’hésite : yaourt aux fruits, compote de fruits, omelette ou oeuf à la coque ou oeuf dur, et espresso. Chaque jour est différent mais pour que la journée commence vraiment il me faut l’espresso. Il fut un temps au Brésil ou j’avais abandonné l’espresso tyrannique pour un jus d’ orange intégral. Il fut même un temps où je prenais du lait et du muesli. Il fut même un temps encore plus ancien où je buvais un ou deux verres de lait froid avec du pain de mie complet et du Gouda hollandais. Il y a eu la mode du chocolat au lait, du café moka. Il y a eu aussi la mode US des pancakes au sirop d’érable ou du French toast ( le pain perdu). Il y a eu encore les grits and eggs aux USA.

Au Brésil j’ai aussi beaucoup pratiqué igname ou malanga ou manioc + oeufs sur le plat. Ou encore cuscuz de milho + ovo (couscous de maïs et oeufs).

Il m’est aussi arrivé assez souvent en voyage dans le SERTAO baiano de déguster au petit déjeuner un ensopado de carneiro (un sauté de mouton) ou un meninico de carneiro ou buchada de bode (viscères de mouton ou de bouc en sauce).

Oui j’ai un bon estomac.

Je m’adapte. C’est la loi du genre. Mais vous trouverez toujours chez moi ou que j’aille soit une cafetière italienne soit une machine à café. Je dis bien machine à café. Pas cafetière. Je veux dire du type Krups, Nespresso.

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Moi j’aime bien Krups. CETTE MACHINE À ESPRESSO combinée à des capsules compatibles de café torréfié et moulu. Chaque capsule pèse 5 g. Et donne 40 ml de café. Je n’achète que du corsé . Allongé, très peu pour moi. Riche et harmonieux, disent-ils en évoquant l’ intensité 8. C’est peu 40 ml. Donc généralement je prends un double espresso. En fait je ne prends pas un double. Je préfère deux espressos entrecoupés par un grand verre d’eau bien glacée.

Je n’ai pas à priori de réveils difficiles de la même façon que je n’ai pas de problème d’endormissement. C’est juste un rituel. Je peux vivre sans. Je préfère vivre avec. Bon disons que je suis accro le matin. Addict. Coffee fiend.

L’espresso c’est italien comme la pizza. IL Y D’AILLEURS EN ITALIE UN INSTITUTO NAZIONALE ESPRESSO ITALIANO depuis 1998 qui s’occupe de veiller à la tradition italienne du Caffè espresso. L’INEI ne plaisante pas. Pour avoir droit au label espresso italiano il faut servir, je cite:

« une tasse d’environ 25 ml de café orné d’une crème consistante et de finissime texture, de couleur noisette tendant à la tête de maure, vive aux reflets fauves. L’arôme doit être intense et riche de notes de fleurs, fruits, chocolat et pain grillé En bouche l’espresso doit être incorporé et velouté, juste amer et pas astringent ».

Bon c’est une traduction à la hache mais si vous voulez un café certifié espresso italiano il faudra passer sous ces fourches caudines.

-Une tasse en porcelaine blanche sans inscription pouvant contenir entre 50 et 100 ml

-25 ml de café avec une variation acceptée de plus ou moins 2,5 ml

-une eau chaude à 88 degrés

– un café dans la tasse à 67 degrés

-une pression de 9 bars

-un temps de percolation de 25 secondes

-100 mg de caféine par tasse

– un mélange, un personnel, une machine certifiés

Fiori di zucca

FIORI DI ZUCCA. C’est fleurs de courgettes en italien. Ici à Nice ou à Menton on en voit partout sur les marchés. Elles sont super fragiles. 24 heures maximum pour savourer pistils, étamines et pétales. Pour les conserver il faut les mettre dans une boîte hermétique et les couvrir de papier absorbant humide. Leur destination: beignets de fleurs de courgettes dont voici la recette exigeante ici.

Le COMTÉ de Nice ayant fait partie du Royaume de Sardaigne il n’est pas ÉTONNANT que cette recette perdure ici. Comme j’adore les beignets sous toutes les formes qu’ils soient accras antillais ou acarajés Brésiliens cette recette m’interpelle.

Dans les accras on ne met pas que de la morue il y des accras de malanga (dachine, dasheen), ou de carottes râpées ou de jiwomon. Surtout le Vendredi-Saint où il faut manger maigre. Donc l’accra est aux légumes. Dans ma tête commence à trotter une recette d’accras de fleurs de courgettes. Il paraît que la recette originale se fait avec des fleurs mâles. LES FLEURS MÂLES SE DISTINGUENT DES FEMELLES CAR ELLES NE PORTENT PAS DE COURGETTE. Mais on ne trouve sur le marché que des fleurs femelles attachées à leur pédoncule. ENFIN C’EST DU MOINS CE QUE J’AI PU VOIR. Bref, l’idéal serait de mélanger mâles et femelles. Étrange, chef, qu’on ne commercialise ces fleurs que dans le sud! Il faudrait consulter la Bible de la cuisine niçoise écrite par Jacques Médecin : La Cuisine du Comté de Nice.

Ces fleurs de courgettes, mâles ou femelles, avec pistil pour les demoiselles et étamine pour les messieurs, vont être passées dans une pâte à beignets ou une pâte à tempura (fécule de maïs ou pomme de terre, bicarbonate de soude, farine, eau gazeuse) voire une pâte à crêpes, la pâte dépendant de la texture voulue, et ensuite on va frire vite fait bien fait ces jeunes gens dans de l’huile à 180 degrés Celsius.

Mais il y a aussi cette préparation de fleurs de courgettes farcies des Carnets de Julie qui est séduisante. Il faut faire selon le chef Jean-Claude Bensa une farce à base de noix de veau, pain rassis trempé dans le lait, oeuf, courgette trompette cuite à la vapeur, parmesan râpé, persil, basilic et en farcir les fleurs. On passe tout ça au four baigné dans l’huile d’olive. On sert avec un coulis de tomates agrémenté de carottes et de céleri! Hummmmmmm! Il y a la recette d’Evelyne aussi.

Moi je n’en démords pas. On a des courgettes aux Antilles. Ce ne sont pas les fleurs qui manquent. Mais sont elles comestibles? Je ne connais que la fleur de banane qui se laisse déguster . Je verrais bien des beignets de fleurs d’hibiscus ou de bougainvillées. Nous avons tous des biais culturels. Par exemple à Mayotte on grille les graines de jaque. Il paraît que c’est délicieux. Aux Antilles et au Brésil on les jette à la poubelle. Le baba figue est apprécié à la Réunion. Il était aussi apprécié autrefois en Guadeloupe. Moi je n’en ai jamais goûté et je ne connais personne qui en ait mangé au Brésil . Culture familiale. Culture nationale, culture personnelle. CULTURE IDENTITAIRE.

Le docteur Jean-Louis Longuefosse dans son ouvrage « Délices de plantes créoles : recettes, saveurs, bienfaits » nous indique entre autres la courge dite giraumon (jiwomon) (Cucurbita moschata) et la courgette (Cucurbita lepo), la groseille – pays (Hibiscus sabdariffa) connue en Jamaïque sous le nom de sorrel ou de roselle ainsi que la fleur de glicerias ou gliceridia (Gliceridia sepium) qui peuvent faire l’objet de beignets . Ne nous en privons pas.

Moi je me pose quand même la question autour de la fleur de gombo. C’est un Hibiscus esculentus ou Abelmoschus esculentus. Je la verrais bien en beignets car j’adore le gombo. Chiche?!!

Ma salade niçoise à la mode bragwada

SALADE NIÇOISE À LA MODE Bragwada. Je préviens tout de suite ce n’est pas une authentique salada nissarda.

BON APRÈS AVOIR VU UN PEU PARTOUT ENTRE NICE ET MENTON DES VERSIONS ÉDULCORÉES DE SALADE NIÇOISE JE PROPOSE MA RELECTURE TOUT À FAIT PERSONNELLE ET POUR NE FROISSER AUCUN ESPRIT CHAGRIN (comme le cercle de La Capelina d’Or ) JE LA NOMMERAI SALADE NIÇOISE À LA MODE BRAGWADA.

Voyez-vous, après avoir essayé plusieurs versions dans la plupart des restaus mainstream dont j’ai pu déchiffrer les menus la salade niçoise servie à Nice contient thon, oeuf, mesclun de salade verte et rouge, roquette et cerfeuil etc, tomate, poivron, concombre et anchois, olives. Le sel, l’huile d’olive, le vinaigre et le poivre sont servis en option .

Certains restaurants proposent soit des radis soit du coeur de céleri. Voilà ce que j’ai vu. Mais je ne suis ici que 4 jours.

Je me souviens pourtant avoir lu cet article sur le blog Le Manger qui se veut un blog d’ethno-gastronomie. Ou encore celui-la . Je suis non-Nicois. Je sais que la salade niçoise qui était autrefois la salade du pauvre s’est institutionnalisée, embourgeoisee, a pris du ventre. Alors qu’au départ il n’y avait que trois ingrédients : tomates, anchois et huile d’olive on ne sait plus maintenant où donner de la tête pour être original. Chaque rue, chaque mamma a sa salade comme chaque doudou a son colombo ou son calalou. On y met ce que l’on aime. Il y aurait un consensus pour dire que dans la salade niçoise rien ne doit être ni cuit ni rôti. Seulement des légumes du jardin et des conserves. La vraie de vraie n’aurait pas de salade, pas de vinaigre, pas de pommes de terre, pas de maïs, pas de courgettes, pas de riz, pas de poivron rouge, pas de concombre, pas de cornichons. Et en fonction des saisons cela donne une palette assez large de produits locaux. Tomates, févettes ou artichauts, cébettes ou radis, poivron salade (le vert et long), basilic, anchois, olives de Nice, huile d’olive, ail, sel, poivre. Ce serait ça, la vraie de vraie, la véritable salade niçoise. L’AUTHENTIQUISSIME.

Voilà en tout cas permettez que je vous soumette l’humble version à deux têtes, fausse de chez fausse, pleine de barbarismes de deux non-Nicois, deux hérétiques que vous pouvez griller à l’étouffee sur l’échafaud de la belle et traditionnelle gastronomie.

Nos ingrédients pour cette salade sacrilège sont pour la plupart sur la photo. Au dernier moment nous avons retiré le fromage de chèvre, l’avocat et la mangue. Il nous manquait de l’ail et du radis ( j’ai grignoté tous les radis avec du camembert moulé à la louche en apéritif).

Les ingrédients sont donc :

Mesclun de salade verte et rouge, roquette, cerfeuil, tomate cerise, poivron rouge, concombre, harengs fumés (ni moi ni chérie chérie n’aimons les anchois, un peu trop salés à notre goût), sardines à l’huile, huile d’olive, champignons de Paris, vinaigre balsamique, oignon, oeuf. Oui je sais on a oublié les olives. Mais j’aurais aimé ajouter un rougail de mangue verte, de papaye verte ou de concombre, de la carotte râpée, de l’avocat, du piment végétarien. Et au lieu des olives vertes ou noires non dénoyautées de la tapenade ou un petit pesto maison (basilic, parmesan, pignons de pin, ail, huile d’olive). Pourquoi pas ? Si j’avais du marlin fumé il remplacerait avantageusement le hareng fumé. En attendant je trouve plus sain du poisson fumé quel qu’il soit que du poisson à l’huile. J’aurais ajouté aussi de la ciboulette et du coriandre vert et bien sûr du piment végétarien . Je ne connais pas encore le goût de la cébette ni celui de la févette. A voir.

En attendant le Côtes de Gascogne Haut Marin a été apprécié à sa juste valeur.

Je vais retravailler cette recette. Un peu de miel aussi….

Porc noir de Bigorre, volaille de Bresse, boeuf de Galice, pluie et vent, infusion et pain d’épices sur Nice, Télumée, Méditerranée

Tout un programme auquel m’invite une boucherie de Nice située rue Masséna dans le Vieux Nice. Porc noir de Bigorre, volaille de Bresse, boeuf de Galice. Foie gras d’oie ou de canard. Il ne manque que le caviar. Plus loin un couscous à 20 euros, une paella au riz noir à la Paella d’or pour plus de 26 € pièce. The French Riviera !! Vite je me rabats sur la caffetéria Di Flávio Milano. Un expresso et une Carlsberg pression . On s’en sort pour 5,20€. L’occasion aussi de profiter des toilettes qui sont aussi rares que le loup blanc dans la Baie de Anges. Nous avons dû plus tôt aller au centre commercial ou pour 0,50 € nous avons pu nous délester de nos mauvaises humeurs liquides et solides. IL PLEUT, Il VENTE. C’est un temps romantique, dit la serveuse avec un fort accent italien ou russe. MAIS NON ELLE EST BULGARE. SON MARI EST ITALIEN. CA DONNE ENVIE de boire, manger, LA PLUIE… ajoute-t-elle.

Ah midi. On se retrouve près du marché aux fleurs cours Saleya après avoir acheté à un revendeur à la sauvette un parapluie à 5 €. Et hop deux menus niçois à 15,90 € au Campo di Fiori. Plus deux ballons de rosé maison à 5,60 € pièce. Entrée, plat principal, dessert. Entrée ce sera salade niçoise (oeuf, olives vertes, thon, tomate, concombre, hareng saur, poivron, oignon, huile d’olive, roquette, mesclun), plat principal: sardines grillées et riz blanc pour madame, daube de boeuf sauce niçoise et linguini pour monsieur. Dessert: deux crèmes brûlées. C’est notre premier repas en baie des Anges. Yes! Le tonnerre gronde, les éclairs zèbrent, la pluie est de type l’avalasse. Tout à coup je me sens plongé dans Pluie et Vent sur Telumée Miracle de Simone Schwarz-Bart et en même temps dans la course poursuite dans le film Ronin (1998) de John Frankenheimer avec Robert de Niro et Jean Reno.

On ne peut plus marcher tellement il pleut. On va prendre le tram. Deux abonnements forfaits une semaine tout compris voyages illimités pour 15 € par tête de pipe. J’en prends deux dans l’automate qui débite ma carte bleue de 30€. Et hop nous voilà dans le tram en direction de Garibaldi où nous prévoyons de faire la correspondance avec le bus 81 qui si nous avons bien compris nous mènera jusqu’à Beaulieu-sur- Mer et Saint-Jean-Cap-Ferrat. Hélas patatras au moment de valider notre ticket dans le tram il en manque un. Je valide le mien mais ma chère et tendre se retrouve avec le ticket que nous avons acheté la veille à Bordeaux pour aller de la gare Saint-Jean à l’aéroport de Bordeaux Mérignac. Je le lui dis et lui demande de vérifier dans ses poches où elle a mis le forfait à 15 €. Elle me jure sur toutes les divinités du monde qu’elle a dû oublier le deuxième ticket dans l’automate. Je refuse d’y retourner car à cette heure il est trop tard. Faisons nous une raison : nous avons dû faire un heureux voyageur. Que faire? Nous descendons à la première station et sous la pluie battante j’achète un troisième forfait à 15 €. Ça vaut mieux que d’attraper la scarlatine, ça vaut mieux que d’avaler la mort-aux-rats. Finalement dépités nous décidons de rentrer et de faire les courses. C’est alors que ma chère et tendre retrouve le billet soi-disant perdu. Hum passons ! Il faut prendre le bus 4. Tels deux aventuriers du troisième âge de l’arche perdue nous voilà dribblant les flaques d’eau à la recherche de l’arrêt du 4. Après quelques achats chez Naturalia et chez Picard nous entamons l’ascension de l’avenue de Buenos Ayres par la face sud. Il est 16h30 Nice s’éveille, la pluie se calme et je meurs de sommeil. DEMAIN SERA UN AUTRE JOUR. Infusion Digestion (menthe poivrée, romarin thym verveine odorante) et pain d’épices finalement ça rime bien avec Nice.

DEMAIN ce sera l’anniversaire de ma chère et tendre et je l’inviterai chez Peixes, crois-je, un petit restau que j’ai repéré entre deux avalanches d’eau au 4 rue de l’opéra. PEIXES veut dire poissons en portugais. Et un rapide coup d’oeil m’a permis d’entre apercevoir des plats comme soupe de betterave, huîtres, tapioca; palourde et veau orge blé sarrasin comme un risotto ( je prendrai ca); tartare de truite (il paraît que c’est de la truite d’élevage bio de la Vesubie fumée minute); truite à la plancha; ceviche de saint-jacques avocat (ça ce sera mon second plat); tartare de chinchard, oeuf poisson volant, purée de chou fleur; ceviche d’espadon, asperge verte et purée de topinambours; ceviche de poisson, purée de patate douce. Et comme petite entrée des accras de morue en salade… Eh oui on fête deux anniversaires demain celui de ma chère et tendre qui est née un 13 avril et le mien que j’ai fêté seul au bout du monde le 30 octobre dernier. Et vendredi ce sera au tour de nos 5 ans de mariage brésilien.

Mon calalou d’avril

Les ingrédients:

400 grammes d’ épinards en feuilles

12 gombos

400 g de filet de lieu noir

600 g d’encornet en lamelles

250 g de saucisses fumées

Huile d’olive

Vinaigre balsamique

Combava

Ail

Oignon

Poudre de colombo

Oignon

Gingembre

Sauce tomate

Lait de coco

Fumet de crevettes

Pâte de tamarin

Pâte de cacahuète

Coriandre vert

Ciboulette

Sauce de soja sucrée

Piment végétarien

P

RÉPARATION

1. COUPEZ LES SAUCISSES BOUCANEES EN FINES LAMELLES ET LES FAIRE FRIRE. RÉSERVEZ.

2. FAIRE REVENIR LES EPINARDS DANS DE L’HUILE D’OLIVE AIL OIGNON ET GINGEMBRE HACHES PLUS SAUCE SOJA SUCRÉE ET VINAIGRE BALSAMIQUE

3. MOUILLER CETTE PRÉPARATION AVEC UN FUMET DE CREVETTES MAISON RÉALISÉ À PARTIR DES CARCASSES DE CREVETES. AJOUTER LA SAUCE TOMATE, LE COLOMBO EN POUDRE ET LA PÂTE DE TAMARIN, LA PÂTE DE CACAHUÈTE ET LES CREVETTES SECHEES

4.AJOUTER À LA PRÉPARATION LES 12 GOMBOS COUPES EN LAMELLES OU ENTIERS SELON VOS GOÛTS

5. AJOUTER LES ENCORNETS EN LAMELLES PUIS LE FILET DE LIEU NOIR. LAISSEZ MIJOTER.

6. AJOUTER LE ZESTE DE COMBAVA ET LE LAIT DE COCO.

7. VÉRIFIER L’ASSAISONNEMENT ET AJOUTER LE PIMENT VÉGÉTARIEN ET LE CORIANDRE VERT ET LA CIBOULETTE.

8. AJOUTER LES SAUCISSES

9. SERVIR AVEC DU RIZ BLANC OU DES RACINES DU TYPE MANIOC MALANGA IGNAME OU FRUIT À PAIN

10 VOUS POUVEZ SERVIR ACCOMPAGNÉ D’ UN ROUGAIL MANGUE ROUGAIL TOMATE OU ROUGAIL CONCOMBRE OU ROUGAIL PAPAYE VERTE.

COMME BOISSON JUS DE PRUNE DE CYTHÈRE CITRON

Mayotte et la vie chère

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Quand on m’a recruté pour venir travailler comme formateur FLE à Mayotte on m’a tout de suite fait miroiter la prime de vie chère, 7 pour cent du traitement brut de base, de quoi soutenir le pouvoir d’achat. Elle est de 4 pour cent en Martinique, 6 pour cent en Guadeloupe, 7 pour cent à Mayotte. N’étant pas fonctionnaire je n’ai malheureusement pas pu bénéficier d’une sur-rémunération outre-mer censée prendre en compte l’éloignement, l’insularité, l’insécurité, les difficultés d’exercice et la vie chère endémique sur ces territoires (40% en Guadeloupe, Martinique, Guyane et à Mayotte, 35% à la Réunion). Je n’ai bien sûr pas pu bénéficier d’une prime d’installation ni de congés bonifiés. Pas même une prime de transport puisque j’ai dû payer le billet plus de 1000 € de ma poche et qu’au nom de l’égalité entre Mahorais et non Mahorais je me suis fait signifier un refus catégorique de remboursement du prix de mon billet ! Quel désenchantement ! Mais mon sujet ici n’est pas de me plaindre ! Dura lex sed lex ! J’aurais pu rester en Charente-Maritime, personne ne m’a obligé à venir travailler à Mayotte !En 2011 lors de la précédente grève générale sur Mayotte une journaliste de l’Obs avec  rue 89 avait interviewé Djamdaé une Comorienne en situation légale installée à M’tsangamouji « dans la brousse » dans l’intérieur profond de Mayotte et mère de 8 enfants. Elle déclarait vivre de petits boulots à droite et à gauche avec 700 € par mois. Elle ne semblait pas connaître la crise selon Nolwenn Le Blevennec qui signait son article le 23 novembre 2011. Qu’en est-il aujourd’hui ? Voilà qui ferait un bon article ! On y retourne Nolwenn !? 7 ans après ! Avec 1300€ un professeur qui enseigne en primaire est un riche, écrivait elle en 2011 ! Je me sens tout à coup un nabab puisque moi j’émarge environ 2000 € net par mois sans être fonctionnaire pour 35 heures de travail dont huit heures hebdomadaires de temps dédié à la préparation et quatre heures dédiées au réunions pédagogiques et aux réunions de service. il me reste donc 23 heures d’enseignement théorique. Quand on retire les quarts d’heure voire les demi-heures grignotées chaque jour en début entre 8 heures et 8 heures 15 quand ce n’est pas 8 heures 30. La pause collation d’une demi-heure le matin  entre 10 heures et 10 heures 30,  l’après-midi entre 15 heures et 15 heures 30, puis les pauses de fin de service entre 16h45 et 17 heures et 11H45 et 12h je peux dire que j’enseigne vraiment au grand maximum 15 heures de cours par semaine car il faudrait encore déduire de ce total les 5 heures dites d’ atelier collectif où nous sommes plusieurs formateurs pratiquant en alternance  la même tâche (théâtre, danse, visionnage de films sur des sujets variés qui seront discutés par la suite, comme l’environnement, les relations homme-femme, écriture, yoga, arts plastiques, sorties) avec nos quarante élèves. J’ai effectivement 35 heures de présence à mon compteur hebdomadaire mais je passe une grande partie de mon temps à accompagner, surveiller, animer, organiser, préparer. Je ne me plains pas. Mais cela me permet de relativiser aisément la vie chère à Mayotte.

Selon les Echos les prix pratiqués dans l’alimentaire à Mayotte sont supérieurs de 19 % à ceux pratiqués en métropole. Le coût des soins est supérieur de 17%. Mais tous les résidents DOM bénéficient aussi, il faut le savoir, d’un abattement d’impôts de 30 à 40 pour cent. Chacun y va de sa calculette, l’INSEE a elle aussi calculé le prix de revient du panier de la ménagère mahoraise et elle a établi en 2015 que les prix pratiqués étaient en moyenne 6,9 pour cent supérieurs à ceux de métropole. Les mahorais crient au scandale.

J’ai observé mes collègues de travail mahorais sur 8 mois et leurs habitudes culinaires et je peux donner ma tasse de thé. Du riz du lundi au vendredi, du piment, du boeuf ou du poulet ou des sardines en boite, du mataba, le tout accompagné de frites parfois et de feuillages souvent. Parfois des oeufs et des pommes de terre. Je ne prétends pas à moi tout seul dire ce qui est, je dis seulement ce que j’ai observé dans ce panel composé de un homme et deux femmes âgées entre 26 et 36 ans enseignants qui ont tous vécu en métropole. Cela me fait penser au arroz e feijão brésilien com farinha (riz et haricots rouges et farine de manioc) servis soit avec du poulet soit avec un peu de viande. Le bonheur gastronomique à Mayotte m’a semblé être fait de ces répétitions quotidiennes. Tant qu’on a du riz, une sauce et du piment on est heureux ! La notion de variété m’a semblé étrangère chez eux. Je leur en parlais car je ne peux pas moi me résoudre à manger la même chose deux jours de suite. Mais ils me répondaient que la viande de boeuf ou d’agneau coûtait cher, le poisson coûtait cher. Le poulpe coûtait cher ! Les crevettes coûtaient cher ! L’avocat coûtait cher ! Bref tout coûtait cher ! Par contre ils dépensaient bien plus que moi  pour avoir un bon riz. symptomatiquement le riz s’achète par sac de 5 kilos minimum quand on en trouve. La norme serait des sacs de 20 kilos ou 25 kilos. C’est dire si on mange du riz à Mayotte et pourtant on n’en cultive pratiquement plus. La totalité est importée de Thaïlande, Vietnam, etc. On peut acheter c’est la norme des sacs de viande surgelée de 10 kg, des cartons de 10 kg d’ailes de poulet (les fameux mabawa), de cuisses de poulet, de poulet, de poisson chinchard surgelé. C’est une spécificité de la vente mahoraise.

https://la1ere.francetvinfo.fr/mayotte/plantation-riz-paddy-dembeni-544569.html

Depuis que je suis à Mayotte j’observe la valse des prix. Ce n’est pas une valse c’est un coupé décalé. C’est un vrai maquis mais malgré tout si l’on consomme local le surcoût de la vie outre-mer doit être relativisé ! Il y a les prix dans mon quartier M’Tsapéré ou Cavani, les prix au supermarché local Somaco ou Douka Bé, ceux pratiqués par les épiciers du coin ouverts quand Somaco et Douka Bé sont fermés, les prix à la boulangerie locale et ceux pratiqués par la boulangerie située à Cavani où je prends mon café parfois avec un pain au raisin. Les prix varient beaucoup. Un café peut valoir 1€, 1,80 € dans une boulangerie locale. Une bouteille d’eau de 50 cl glacée peut valoir entre 0,70 € et 1 €. Au supermarché Somaco un litre et demi de cette même eau coûte 0,90 €. Le pain au raisin me revient à 1,20 € à la boulangerie de Cavani et idem à l’autre boulangerie de M’Tsapéré. La palme de la cherté revient à la boulangerie qui se trouve sur la rue principale de Cavani entre le baobab et le restaurant Saveurs Tropicales. Là le café se déguste à 2€ pièce et le pain aux raisins à 1,80€. Mais il faut dire que cette boulangerie est une boulangerie à la française qui vend toutes sortes de pain (complet, etc) et que l’on y déguste de vrais expressos et qu’on y a droit pour ce prix à une place en terrasse et l’air conditionné et le ventilateur, ainsi que des toilettes. On y vend aussi comme les meilleures boulangeries de métropole des gâteaux et des pâtisseries variées, ainsi que des sandwich fort alléchants. Les clients de cette boulangerie sont bien évidemment les muzungu  qui arrivent en voiture ou à moto et emportent leur charge de pain et les membres des classes privilégiées qui viennent se distinguer de la plèbe. Il faut dire que les coutumes locales c’est plus un bol de thé, ou un bol de lait légèrement additionné de thé ou de café, ou un bol de thé à la poudre de cannelle. Choses que l’on ne trouve pas dans les par ailleurs bonnes boulangeries. On vient très tôt le matin y prendre son café avant de repartir au boulot. Mais il y a aussi un groupe d’habitués (retraités ou chômeurs) qui viennent pour y pratiquer l’art immémorial de la palabre car étant en terre musulmane il n’y a pas d’endroit pour se rencontrer ici à part la mosquée. Les bars étant connus pour être un lieu de perdition où se vendent alcools et tabac déclarés haram par le Coran n’ont pas trop bonne presse dans les quartiers. On leur préfère les restaurants-snacks comme Cousin à M’Tsapéré ou le Camion Rouge ou le Cinq Cinq ou le Camion Blanc à la barge à Mamoudzou. Moi mon préféré pour fainéanter, m’évader de la torpeur locale, c’est le Camion Rouge. J’aime y prendre mon café à 2 €, mon jus local de tamarin citron, tamarin passion, banane passion à 3,50€, mon sandwich jambon emmenthal cornichons à 5€, mon ballon de vin blanc sud-africain à 3 €. Surtout j’aime y prendre ma brise, le vent du large, car au Camion Rouge on a vue sur la rade, l’Océan Indien. On y vend aussi toutes sortes de bières, de paninis. C’est un endroit où toute une faune d’expats et de locaux sympas aiment se retrouver. Parfois je vais au Camion Blanc bien plus calme, moins faune, avec vue sur les pontons et la rade, mais bien plus cher que les deux autres.

Seul le pain est vendu partout 0,20€ l’unité. Je parle du pain que les gens achètent par 5 ou par 10.

Pour 1 € j’ai droit un peu partout dans les brochetteries à 3 brochettes de viande, pour un 1 € j’ai droit à trois morceaux de banane, manioc ou fruit à pain frits, pour 2€ j’ai droit à 3 brochettes de mabawa (ailes de poulet dont les gens sont friands ici), pour 3 € j’ai droit à un sandwich merguez halal, pour 4 € j’ai droit à un plat fêté de pilao ou de banane coco. Pour 5€ plusieurs types de panini. Pour 8 € dans les petits restaus de quartier je peux manger du poisson accompagné de riz, salade, frites, bananes vertes frites , manioc frit ou fruit à pain frit, mataba, ou légumes sautés. Pour 8€ un plat de kangué servi avec son accompagnement au choix. Payez un euro de plus et vous aurez droit au poulpe.

Certes dans les restaus réservés aux touristes et aux bourses fournies comme Saveurs Tropicales à Cavani on peut trouver de la cuisine créole (Réunionnaise), chinoise et métro sur place et à emporter comme partout ailleurs.  comptez environ 16 € pour un plat comme cabri massalé, civet zourite (poulpe au vin cuisiné à la créole avec les petites épices qui vont bien), rougail saucisses (tout domoun i koné sa!), boeuf créole (un cari de boeuf remastérisé) et un peu plus cher dans les 20 € pour une spécialité française revisitée comme un filet de mérou, une fricassée de crevettes au basilic, une brochette de crevettes à la crème d’ail, une entrecôte de boeuf, un magret de canard aux letchis, un filet de boeuf avec toujours comme accompagnement riz, frites, légumes sautés, salade, mataba, bananes, fruit à pain (2 choix maxi) et une sauce vanille, combava ou poivre vert. Le restaurant a aussi de très bonnes salades comme la salade de pwedza au poisson fumé (poulpe épicé, poisson fumé, tomate, persil, oignon, citron) pour 15 €. Dans ce type de restau je préfère aller au Kamcham, 7 rue de l’hôpital, juste en haut de l’église, qui sert à peu près la même chose dans un cadre plus intimiste. J’ai goûté leur salade au poisson fumé, la version large à 11 € qui inclut marlin fumé, concombre, tomate, laitue et chou rouge, citron vert et pesto. C’est servi avec du pain chaud et du beurre. Excellent ! Je n’ai pas goûté à leur salade de poulpe à 10€. Je me ferai un plaisir d’y retourner avant mon départ pour l’essayer. il y a aussi une salade landaise à 11€ qui contient gésiers et magret de canard. J’ai apprécié leur jus frais de banane pastèque à 3,50€.

Plus abordable Chez Cousin au rond-point du Baobab propose aussi des plats le midi et le soir à des tarifs bien plus alléchants autour de 10€ : kangué, pilao, romazava, m’tsolola.

Mais mon restaurant préféré j’en ai déjà parlé c’est celui qui se trouve à moins de 200 mètres de chez moi le Kashkazi  où les plats de toutes sortes sont proposés entre 8,50 et 10 €

Sur les marchés improvisés ça et là par des vendeurs de fruits et légumes à la sauvette pour la plupart illégaux sur le territoire on trouve en ce moment tomates, concombre, cocos secs, fruit à pain, bananes vertes, manioc, oignons, ail, gingembre frais, curcuma frais, prunes de cythère (sakoua ici) toutes sortes de feuillages mais en particulier produits que l’on ne trouve plus au supermarché local tant la coutume est d’acheter aux revendeuses de rue.

Les mangues, les ananas, les piments, les oranges, les jaques, les letchis, les courgettes et les aubergines qui étaient monnaie courante il y a de cela trois mois encore ont désormais disparu et ont laissé place par la grâce des saisons aux avocats (2 € les 3), au majimbi (le taro, dit aussi dachine ou malanga à 3,50 € le kilo), aux gombos (qui quoi que chichement enfin apparaissent à 6€ le kilo), aux citrons verts, aux pommes cannelles…

Le maïs grillé a eu son heure de gloire mais s’évanouit lentement dans l’oubli. Parfois apparaissent les cocos verts l’instant d’un éclair que je me hâte de saisir à pleine bouche goulue. On les appelle coco à l’eau. Pour en trouver il faut aller en périphérie, ou à la campagne.

Je n’ai qu’un regret : je n’ai jamais bu ici ne serait-ce qu’un verre de jus de canne. Mais je n’en tiendrai pas rigueur tropicale à Mayotte que je vais bientôt quitter au bout de 8 mois de bons et loyaux services pour me replonger dans les climats océaniques de Charente-Maritime pour 6 mois encore avant de m’envoler dans l’alizé guadeloupéen pour quelques mois. Ce n’est donc que reculer pour mieux sauter. Heureusement j’ai découvert ici le jus de jaque à l’ananas et le jus de tamarin au citron, le jus de tamarin passion, le jus de banane pastèque, le jus de banane passion, le jus de pomme de cythère mangue : six tueries so fresh qui se laissent déguster slowly à la paille. Voilà qui n’a pas de prix : la découverte toujours recommencée.

Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le croupion

It’s a mouthful from the gods !

m’a-t-on dit un jour ! Croupion en français, koupion ou kwoupion aux Antilles, sobrecu, sobre, rabico, sambiqueira, uropigio, nariz de padre, fatia de bispo, mitra de bispo, curanchim en portugais brésilien, pope’s nose, parson’s nose, sultan’s nose, uropygium, chicken butt (pour un poulet)  ou tail of the duck (pour un canard), of a goose (pour une oie) of a turkey (pour une dinde) en anglais ! Mais aussi en français sot l’y laisse, bonnet d’évêque, as de pique ! Que de qualificatifs pour cette extrémité postérieure de l’oiseau où sont plantées les plumes de la queue.

« Le croupion , morceau très délicat que le fin gourmet  ne délaisse pas »,

disait-on en 1899. Sot je suis décidément et affreux gourmet puisque je délaisse le bel appendice qu’est le croupion !

C’est pourtant une grande source de protéines et on y trouve une haute concentration de fer et de calcium ! En plus ce serait sublime ! Pourtant je n’y ai jamais goûté. Cette éminence au-dessus du coccyx restera la grande énigme de mon existence rattachée à jamais à ma mère, grande consommatrice de l’organe !     Mais j’ai ma petite idée sur les raisons qui ont peut-être poussé ma tout-sauf-sotte de mère à se spécialiser dans la dégustation du croupion. Des raisons assez catholiques d’ailleurs. Regardez les noms :

-bonnet d’évêque,   en français

-mitre d’évêque, nez de curé, tranche d’évêque, en portugais brésilien,

-nez de pape, nez de révérend,  nez de sultan en anglais

En mangeant du croupion on se rapproche d’un état saint, de la béatitude, voilà ! L’hostie à côté de cela c’est de la fade guimauve !

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Mais pour bien profiter de ce croupion il faut en extraire  une glande dénommée glande uropygienne qui si elle n’est pas extraite va donner un goût semble-t-il infect à la chose. Cette glande sébacée se trouve des deux côtés du croupion.

Il y a croupion de dinde, croupion de canard, croupion de poulet, croupion d’oie, croupon de pintade, croupion de caille, croupion de coquelet, faites ça à la plancha ou braisé, assaisonné de sel, ail, poivre, persil, romarin, ciboulette et de piment d’espelette. 2 croupions par personne, c’est sûrement bon vu la façon dont ils vous saisissent le croupion à la main et le déchiquettent à la mode Cro-Magnon alors que moi je n’y vois que du gras et peu de viande, puis vient le moment semble-t-il délectable où on suce et re-suce les yeux révulsés et gourmands les os, les vertèbres du pygostyle !

Ma mère et le croupion c’est tout une histoire ! Je n’ai jamais vu un croupion de poulet entrer dans sa maison et entrer dans une bouche étrangère à la sienne ! Sacrée Mari-Té !

Mais je n’ai jamais vu mon père s’emparer d’un croupion ! Peut-être par dégoût ou par élégance en relation à ma mère, qui sait !

Il y a quelque chose de préhistorique dans la gastronomie du croupion.  L’homme qui a perdu sa queue arrière et toutes ses plumes avec le temps par nostalgie peut-être se la réapproprie comme un vestige ancestral e son appartenance au monde des animaux à plumes et la femme qui elle a perdu ses deux queues et ses plumes souhaite peut-être en engloutissant la chose retrouver un peu de son animalité sinon perdue du moins égarée.

De la même façon qu’on peut être potiche sans être cruche, j’assume le fait d’être limité du caillou dans ma relation avec le croupion sans être nécessairement sot ! Un jour viendra peut-être ! J’ai déjà goûté au Brésil aux poumons, au gésier, au coeur, à la langue, tout ce que les Anglais appellent giblets et que nous appelons abats, le croupion résiste encore. Jusqu’à quand !? Pourtant bien frit ça n’a pas l’air mauvais ! Il me faudra relever ce défi ! Un jour peut-être !