Daddy Cool funkin’ for Rotterdam

J’ai une fille qui va avoir quarante ans dans un peu plus de six mois. Elle m’appelle Daddy Cool.

Autrefois on aurait dit qu’elle avait trente neuf ans et demi. Elle dit avoir 39 ans. Et mesurer un mètre cinquante neuf et demi.

Et aujourd’hui Daddy Cool arrive à Rotterdam avec sa princesse consort pour rendre hommage à sa princesse aînée. Cette princesse batave habite Rotterdam, après avoir vécu à Maisons-Alfort, Avilly-Saint- Léonard, Chantilly, Fosses, Utrecht, Bilthoven, Arnhem, Amsterdam, London car elle est néerlandaise. Je ne sais pas si dire qu’elle est néerlandaise suffit à lui rendre justice. Elle est française par son lieu de naissance et par la nationalité de son père, néerlandaise par la nationalité de sa mère, indonésienne par le lieu de naissance de sa mère et de sa grand-mère et de toute une flopée d’ancêtres , surinamienne par le lieu de naissance de son grand-père et de toute une flopée d’ancêtres , guadeloupéenne de par le lieu de naissance de son père et toute une flopée d’ancêtres , martiniquaise par le lieu de naissance de son arrière-grand-père et toute une flopée d’ ancêtres divers et variés.

J’imagine la difficulté de vivre avec tant d’héritages. Tant de richesses. Je ne crois pas que trop de richesses tue la richesse. Non je crois qu’une fois qu’on a recensé ces richesses il faut savoir en faire un usage parcimonieux. Il y a certes des concurrences de mémoires. Certaines peuvent être douloureuses. Toutes ont droit à la parole. Toutes coexistent. À nous de savoir en faire bon usage.

C’ est la première fois que je visite le cocon de ROTTERDAM. Charlois. Rotterdam c’est comme Manhattan, New York me dit-elle. D’après ce que j’ en sais, ce cocon il est spacieux, zen. Un chat dont je ne sais si c’est un persan, angora ou de gouttière peuple les lieux. En fait c’est une chatte British short hair qui répond au doux nom d’Orion. L’étoile. La chasseresse. Jager! Il y a un petit jardin semble-t-il. Nous resterons 3 jours. Erica est aux manettes pour l’organisation des réjouissances. Je naviguerai quant à moi entre les rôles de daddy cool et daddy hot.

Comme cadeau nous lui avons acheté deux livres en français un de Paulo Coelho intitulé Hippie. L’autre de Joël Dicker intitulé le Livre des Baltimore.

Elle adore le funk. Et principalement Tom Browne dans Funkin’ in Jamaica.

Elle danse, elle virevolte, elle est maîtresse en arabesques. Quand elle rit aux éclats elle resplendit de toute sa Baltimore attitude.

Et quand on lui demande: « where do you go from here? » elle répond inlassablement comme Nick Hakim:

I don’t know.

Bruges racontée par Papageno

PAPAGENO est un Oiseleur un peu fou qui hante la Flûte Enchantée de Mozart que j’ai évoqué ici.

Il n’a pas de Papageno sans Papagena. Nous errons dans les rues de Bruges fixant à tout jamais sur l’as surface argentique les windowsill les rebords de fenêtres si richement décorés.

Quand une faim aiguë de petit déjeuner nous prit au ventre. Nous jeta mes notre dévolu sur une bakkerij une boulangerie au nom évocateur de Le pain quotidien. Petit déjeuner bio, vegan. Je pris du jambon fromage, un croissant, un expresso et une bouteille d’eau. Ma dulcinée un café au lait, un granola aux fraises avec feuilles de menthe. Un croissant. 29€.Fichtre. Mais l’endroit était vraiment delicieux. Même les toilettes étaient grée. Pee Green be green. J’eus beau faire aucun jet vert chaud ne sortit de mes entrailles et pourtant j’avais pris des feuilles de menthe et croque les cornichons. Après être arrivé sur la place principale nous voulions retrouver par nos propres moyens les canaux pour une excursion de 30 minutes. Nous nous sommes perdus. Mais ce fut un mal pour un bien car sur une place trônait la statue de Papageno transportant une cage dans laquelle se trouvait deux volatiles de bronze. Je pris la liberté alors de demander à l’oiseleur le chemin des canaux. Il nous l’indiqua en effet en jouant un petit air de son pipeaunous nous sommes retrouvé devant un baleine bleue faite de plastique récupéré dans les canaux. Dans ces objets récupérés je crus voir des sièges de WC, des cuvettes.

Heureusement un facteur belge qui passait par la nous remit sur le droit chemin. Il fallait retourner sur la place et prendre l’une des ruelles adjacentes au Belfort. Comme d’habitude nous avons compris ce que nous voulions entendre et nous avons pris une ruelle adjacente au restaurant Belfort qui elle nous a menés direct sur un snack brésilien. Après 10 minutes de rigolade tupiniquim nous revoilà sur le bon chemin. Une vespa nous invite à prendre une bière juste à côté du mur de bières. Je décline gentiment l’invitation. Tout comme je décline l’invitation à pénétré le usée de la torture ou à ma cer de bonnes frites belges. Par contre je consens après ma croisière sur les canaux de Bruges à faire le Peeping Tom, le voyeur. Tout touriste est un voyeur. Il y des voyous voyeurs et des voyants voyeurs épisodiquement mais le voyageur est par essence un voyeur. Tout voyage est voyeurisme. Le trou de la serrure post moderne c’est le portable, et le selfie signe l’apogée du trans-voyeurisme. Voyeurs et heureux de l’être.

Bruges racontée par le capitaine d’un bateau-mouche

A Bruges il y avait autrefois des moutons de pré-salé . On les élevait bien sûr pour leur chair savoureuse mais surtout pour leur laine qui fut à l’ origine de la richesse de la ville. Les moutons étaient aussi producteurs de fiente et leur riche bouse enrichissait les prés-salés. Tant et si bien que le port de Bruges recevait jusqu’à mille bateaux par mois à une certaine époque. Bruges était le port le plus riche d’Europe. Puis les habitants abandonnèrent le mouton pour le bœuf ce qui précipita leur chute. Car les vaches ont une fiente autrement plus lourde et nauséabonde et la ville s’enfonça dans le marasme le plus complet. En effet il fallut importer dorénavant la laine pour les manufactures de Bruges d’Angleterre et d’ Ecosse. C’est alors que les villes de Gand et d’Anvers prirent le relais. Bruges s’appauvrit. Cela dura trois siècles. Comme la ville n’avait pas d’argent les constructions ne furent pas détruites mais seulement entretenues. Jusqu’au XXème siècle où on re-découvrit la beauté de l’architecture de la ville qui fait qu’aujourd’hui Bruges est une ville à nouveau florissante et …odorante.

710eme anniversaire et c’est vraiment une histoire belge.

Aujourd’hui 9 août quelle chance. On va fêter l’arbre de mai, Meyboom en plein mois d’août. La Saint Laurent c’est demain et on la fête aujourd’hui. Pour la 710eme année la fête de mai se tient. C’est l’événement folklorique de l’année et nous y sommes. Les Compagnons de Saint Laurent, De gezellen van sint laurentius détiennent le privilège de la plantation du Meyboom depuis 1308. Le Meyboom c’est un arbre, un hêtre désormais mais cela a été aussi parfois un bouleau pesant plus de 600 kilos et mesurant vers les 12 à 13 mètres minimum, et bien évidemment feuillu. L’arbre est choisi par la Confrérie dans la forêt de Soignes et coupé avec ses feuilles. C’est un arbre qui déambule à travers. Schaerbeek Sint Josse-tem-Nodde pour atterrir enfin à Bruxelles au quartier des Bas Fonds, à l’angle de la rue des Sables et de la rue du Marais porté par les Buumdriegers. Les accompagnent plusieurs escadrons de joyeux drilles, hussards napoléoniens aux moustaches retroussées, fifres, instrumentistes, tambours, fanfare, Gardevils, les poppendroegers, les porteurs de géants, (patrimoine de l’humanité, sept géants à l’armature d’osier sur trois générations: les grands parents les parents et les enfants sans oublier le garde-champêtre ) accompagnés de chevaux godets, de charrette de fleurs, de roue de la fortune. On distribue au public des branches de feuillage de l’arbre. Les membres de la Fraternité Sancti Laurentii paradent, fiers de leur héritage .

C’est très surprenant car on voit sortir toute cette foule de gens sortant vague après vague de l’hôtel de ville pour évoluer sur la Grand Place, devancée par une voiture type Rolls Royce, il y même un cheval vrai de vrai, des motos de la police, l’arbre et ses feuilles.

Attention il faut quoi qu’il arrive que l’arbre soit planté avant cinq heures sinon les habitants de Louvain se feraient un plaisir de les remplacer.

Banquet romain à la Taberna Romana

Ce soir à Saintes redevenue Santonum à l’occasion des fêtes des 2000 ans de la construction de son arc de triomphe Germanicus et de son pont de pierre érigé au-dessus de la Charente on a joué en plein jardin public aux Romains. Banquet oblige en ce 28 juillet MMXVIII ! Repas théâtralisé (200 places) ! Entre déclamation de textes littéraires d’Ovide sur l’amour, spectacle sur le triclinium, combats de gladiateurs, pentabond et animation musicale on s’est régalé !

Au menu
Les Apéritifs :

Dactilis (Dattes au muscat et au poivre)
Samsa (Pulpe d’olives noires à l’anis)
Oliva (Olives au defrutum)

Les Boissons pour apéritif

Myrtites (Vin rouge aromatisé aux baies de myrtes)
Absintites (Vin blanc aromatisé aux feuilles d’absinthe)
Valetudo Potio (Jus de fruits à la cannelle)

Les entrées

Persica Pêches acidulée, à la sarriette
Fegatum (Foie gras aux figues)
Esicia (Saucisse de crevette, sauce au fenouil et miel)
Le plat principal

Bubula (Joue de bœuf à la cervoise)
Far (Epeautre au romarin et raisins)
Apium (Rave au caramel de vinaigre au miel)
Paniculi (Pains individuels au laurier)

Le dessert

Bellaria Assortiment de douceurs :
Dulcium (Gâteau au miel)
Patina (Flan aux pommes et poivre)
Arida mala (Pommes soleil)

Felix convivium mais 35€ quand même ! Et seule ombre au tableau, seulement un verre de vin pour accompagner les mets. La bouteille supplémentaire de ce divin breuvage coûtait la bagatelle de 12€. Donc pas de bis repetita placent. Et à la fin du repas, cerise sur le gâteau, nous furent servis par des esclaves souriants des gâteaux secs salés et des olives noires conformément à la tradition romaine qui faisait ce geste afin que les convives puissent continuer à boire dans les meilleures dispositions.

Certains auraient voulu sans doute que cela se termine en orgie. Ce ne fut pas le cas.

Pour mettre l’ambiance la viiieme légion a défilé dans les rues du vieux Saintes

Qui imagine un seul instant le gorille adjoint au direcab du général de Gaulle mis en examen ?


De Gaulle et ses gorilles, est un film de 52 minutes réalisé par Frédéric Decossas et Renaud Fessaguet en 2010.

N’est pas général de Gaulle qui veut ! J’imagine mal le général de Gaulle faire le fier à bras et défier l’opposition par un tonitruant qu’ils viennent me chercher télévisuel à la Maison e l’Amérique Latine! J’imagine mal le général de Gaulle clamer à cors et à cris que son gorille n’est et n’a jamais été une fois de plus son amant. J’imagine mal le général de Gaulle ironiser sur une prétendue double vie avec le président de la RTF !

Mais il est vrai que je suis de l’ Ancien Monde et non du monde de l’En-même-temps ! Je suis du temps de la marine à voile et il semblerait maintenant que les hors-bord ultramodernes sont en même temps à voile et à moteur !

J’imagine mal le psychodrame qui porterait le bon, preux et fidèle chevalier-général Charles à confier à la presse mon gorille m’a trahi. J’imagine Simone revenir de l’Outre-Tombe de l’Ancien Monde et porter plainte devant la justice pour calomnies.

Le Général de Gaulle a eu en tout et pour tout sur la période du 8 janvier 1959 au 28 avril 1969 trois direcabs : René Brouillet (1959-1961), Georges Gallichon (juillet 1961 à janvier 1967) et Xavier Daufresne de la Chevalerie (janvier 1967 à avril 1969) si l’on en croit l’article d’ Eric Chiaradia Entourage du général de Gaulle à l’Elysée (8 janvier-1959 au 28 avril 1969)

Qui imagine à la Libération quelqu’un de l’entourage du général de Gaulle à l’époque du GPRF (Gouvernement Provisoire de la République Française) (25 août 1944 au 21 janvier 1946) mis en examen ?

Cabinet du Président

Directeur : Gaston Palewski (le gaulliste préhistorique)

Directeurs adjoints : René Brouillet, Geoffroy de Courcel (commissaire de la République en mission) jusqu’en avril 1945 ( ?), Louis Vallon (à compter de janvier 1945)

Chargés de mission : Michel Debré (à compter d’avril 1945), François de Langlade, André Malraux (d’août à octobre 1945), Jean Monnet, lieutenant-colonel Georges Spillman , Albert Chavanac , René Divin

On essaie ici et là de sous-estimer les tâches d’ Alexandre Benalla, gorille et en même temps chargé de mission auprès du directeur de cabinet de la Présidence de la République.

Qui imagine Michel Debré mis en examen ? Qui imagine André Malraux mis en examen ? Qui imagine Jean Monnet mis en examen ?

Qui imagine l’un des quatre gorilles historiques du général de Gaulle (Paul Comiti, Roger Tessier, Henri Djouder, René Auvray ainsi que gorille remplaçant de ce dernier Raymond Sasia) mis en examen ?

Alexandre Bénalla écrira-t-il un jour comme Roger Tessier : J’étais le gorille du général (éditions Perrin, 2002) ? Ou préfèrera-t-il écrire comme Raymond Sasia : Mousquetaire du Général (Editions Guéna, 2010)

et quand un jour viendra le moment de l’adieu, le verra-ton porter vers sa dernière demeure Pèpère comme le firent le 12 octobre 1970 à Colombey-les-Deux-Eglises les quatre gorilles du Général ?

Mais n’est pas général qui veut, dans l’ancien monde préhistorique comme dans le nouveau post-moderne ! Par contre le gorille ténébreux suspendu pourra peut-être aisément se reconvertir au cinéma dans un rôle balzacien à sa mesure dans un film comme Les Pieds-Nickelés ou Les Tontons Flingueurs du Nouveau Monde. Moi en tout cas je le vois bien jouer dans un remake de l’adaptation cinématographique de l’ouvrage Il gattopardo de Guiseppe Tomasi di Lampedusa le prince Tancrède Falconeri, neveu du prince Salina, joué par Alain Delon dans Le Guépard (1963), de Luchino Visconti avec Burt Lancaster, Alain Delon et Claudia Cardinale. Je le vois bien valser sur la musique de Nino Rota !

Et pour terminer cette chronique qu’on pourrait intituler splendeur et misère d’un gorille charmant je vous propose d’écouter à nouveau la chanson de Georges Brassens : Le gorille

C’est à travers de larges grilles que les femelles du canton

Contemplaient un puissant gorille, sans souci du qu’en-dira-t-on

Avec impudeur, ces commères lorgnaient même un endroit précis

Que rigoureusement ma mère m’a défendu de nommer ici

Gare au gorille!

Tout à coup la prison bien close où vivait le bel animal

S’ouvre, on n’sait pourquoi. Je suppose qu’on avait dû la fermer mal

Le singe, en sortant de sa cage dit « C’est aujourd’hui que j’le perds! »

Il parlait de son pucelage, vous aviez deviné, j’espère!

Gare au gorille!

L’patron de la ménagerie criait, éperdu: « Nom de nom!

C’est assommant car le gorille n’a jamais connu de guenon! »

Dès que la féminine engeance sut que le singe était puceau,

Au lieu de profiter de la chance, elle fit feu des deux fuseaux!

Gare au gorille!

Celles-là même qui, naguère, le couvaient d’un oeil décidé,

Fuirent, prouvant qu’elles n’avaient guère de la suite dans les idées

D’autant plus vaine était leur crainte, que le gorille est un luron

Supérieur à l’homme dans l’étreinte, bien des femmes vous le diront!

Gare au gorille!

Tout le monde se précipite hors d’atteinte du singe en rut,

Sauf une vielle décrépite et un jeune juge en bois brut;

Voyant que toutes se dérobent, le quadrumane accéléra

Son dandinement vers les robes de la vieille et du magistrat!

Gare au gorille!

« Bah! soupirait la centenaire, qu’on puisse encore me désirer,

Ce serait extraordinaire, et, pour tout dire, inespéré! »;

Le juge pensait, impassible, « Qu’on me prenne pour une guenon,

C’est complètement impossible » La suite lui prouva que non!

Gare au gorille!

Supposez que l’un de vous puisse être, comme le singe, obligé de

Violer un juge ou une ancêtre, lequel choisirait-il des deux?

Qu’une alternative pareille, un de ces quatre jours, m’échoie,

C’est, j’en suis convaincu, la vieille qui sera l’objet de mon choix!

Gare au gorille!

Mais, par malheur, si le gorille au jeu de l’amour vaut son prix,

On sait qu’en revanche il ne brille ni par le goût, ni par l’esprit

Lors, au lieu d’opter pour la vieille, comme l’aurait fait n’importe qui,

Il saisit le juge à l’oreille et l’entraîna dans un maquis!

Gare au gorille!

La suite serait délectable, malheureusement, je ne peux

Pas la dire, et c’est regrettable, ça nous aurait fait rire un peu

Car le juge, au moment suprême, criait: « Maman! », pleurait beaucoup,

Comme l’homme auquel, le jour même, il avait fait trancher le cou

Gare au gorille

Le Corbusier et la cité Frugès

JUILLET 2016.

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Dimanche après-midi à Pessac avec Le Corbusier et les 90 ans de sa cité Frugès, construite entre 1923 et 1926, patrimoine culturel de l’humanité. La maison de 75 m2 coûtait à l’époque un salaire annuel d’ouvrier. Le projet ne fut jamais achevé, seulement 51 maisons furent construites sur plus de 150 projetées. La crise économique de la fin des années 20 plus la résistance des propres ouvriers à la modernité sonnèrent le glas de ce rêve inachevé. Ce projet fut le premier grand projet de Le Corbusier mais avant ce dernier il avait construit entre 1923 et 1924 à l’initiative de l’industriel sucrier et mécène Henri Frugès en Gironde à Lège-Cap-Ferret une autre lotissement comprenant 6 pavillons et destiné aux ouvriers de la scierie locale, préfigurant la Cité Radieuse de Marseille.

Nem sabia. mas fiquei feliz com a notícia. A obra arquitetural de Le Corbusier acabou de entrar dia 17 de julho na lista do patrimônio cultural da humanidade. Entre os 17 conjuntos arquiteturais dele premiados pela Unesco tem um que fica em Pessac, cidade onde eu moro desde o início deste mês. Se trata dos « quartiers modernes Frugès », um loteamento inicialmente previsto para operários pelo industrial Henri Frugès e o arquiteto suiço Charles-Edouard Jeanneret-Gris, vulgo Le Corbusier, entre 1924 e 1926. O projeto inicial era de fazer um loteamento moderno de 130 módulos com cubos de betom coloridos e sem telhados. Tinha várias formas como aranha-ceus, dominos, arcadas, etc. Somente 51 módulos chegaram a ser construídos devido a muita resistência política local, a pouca atratividade do projeto para as pessoas para as quais ele era destinado (o gosto da época era mais para « échoppes », ou casas tradicionais com jardim) tudo isso apesar do apoio do industrial e mecena da área açucareira e do governo central francês. Em 1930 apenas 33 casas foram compradas. O povo aí via essas casas como casas das colônias da Africa do Norte, tanto que chamavam de « cité du Maroc » (conjunto do Maroccos) ou « quartier du sultan » (bairro do sultão ). Esse projeto foi o primeiro grande projeto urbanístico assinado por Le Corbusier embora as casas iniciais tenham sido reorganizadas pelos moradores ao longo do tempo para se adaptar a suas necessidades. Nos arredores de 1930 os operários não tinham carro, então as casas não tinham garagem cada uma. Era uma garagem para 3 casas. Também a calefaçao foi adaptada e espaços para guardar coisas, janelas, escadas, foram revistos pelos moradores proprietários . Se calcula que em 1930 uma família tinha mais ou menos 300 objetos enquanto que agora uma casa possui uns 3000 objetos. Das 51 casas construídas apenas 50 sobreviveram (uma sendo destruída durante a segunda grande guerra). Apesar de ser o sonho inacabado do grande arquiteto e urbanista suiço, apesar da vetustade e do abandono interno e externo de algumas das suas casas a Cité Frugès integrou um conjunto de 17 obras arquitetônicas espalhadas pelo mundo em 7 países e sobre 3 continentos que o tombamento pelo Unesco contempla. Querendo saber mais sobre o assunto : http://www.sites-le-corbusier.org

http://fruges.lecorbusier.free.fr/3586982E-5991-4F84-9FE8-B77332F87BC7.html

Este site é muito interessante e analiza as evoluções e o processo severo de envelhecimento das casas construídas por Le Corbusier e as adaptações que tiveram que ser feitas pelos moradores depois de 80 anos de construção minimalista. A Franca evoluiu muito e casas sem adega sem sótão sem garagem (uma garagem pra 3 casas) e de dificil manutençao por causa dos materiais utilizados por Le Corbusier não são mais o sonho da população apesar de uma crise permanente da moradia.

As « échoppes » eram casas tradicionais populares bem simples que eram ocupadas antigamente no século 15 pelos artesãos e comerciantes de Bordeaux para viver e trabalhar. A palavra francesa « échoppe » deu nascimento ao inglês « shop ». Eram casas de pedra geralmente com 3 cômodos e um jardim-horta no fundo no caso da échoppe simples. Com um corredor e mais quartos no caso da échoppe double (dupla). Em regra geral essas casas tem adega mas não tem segundo pavimento. No século 18 viraram casas de moradia. Agora hoje em dia essas casas (ainda tem mais de 10000 apenas em Bordeaux mas existem umas 5000 também em cidades proximas como Bègles, Le Bouscat, Talence) que ficam bem no centro antigo de Bordeaux são muito procuradas pelas pessoas daqui e de parisienses que querem adquirir moradia em Bordeaux (muita gente está se mudando de Paris para Bordeaux, já que o TGV programado para 2018 vai aproximar a cidade de Paris que ficará então a mais ou menos 2 horas de distância. Isso faz com que o preço da moradia de Bordeaux que é bem barata em relação a Paris esteja explodindo e que as pessoas que estavam morando nestas echoppes estão sendo expulsadas, e vão morar nas periferias de Bordeaux mais baratas, contribuindo assim a gentrificaçao da cidade, em graus bem inferiores a Paris mas assim mesmo de maneira crescente. Uma vez que fiquem renovadas com gosto pelos arquitetos o valor de aluguel cresce e muito. Veja o link : http://architectes-bordeaux.info/2015/11/30/les-10-plus-belles-renovations-dechoppes-bordelaises/

http://bordeaux-echoppes.com

Omo est là, la saleté s’en va

Mon arrière-grand-mère Louise dite Man Bise était blanchisseuse. Elle est née à Saint-Claude (Guadeloupe) le 5 juillet 1864 dans la section Orléans, habitation l’Islet sur la montagne l’Espérance . A son mariage le 23 août 1882 à Saint-Claude elle est mineure et enceinte de sept mois de son premier fils Léon Irénée qui va naître le 19 octobre 1882. Elle est dite sans profession. Elle vient tout juste d’avoir 18 ans. Elle habite dès son mariage Hameau Belfond, quartier Centre. Elle restera à cette adresse à la mort de son premier mari, mon arrière- grand-père Jean en 1900. Les enfants suivent Jeanne dite Fillotte (ma grand-mère, en 1885), Saint-Omer en 1887, Paul François en 1889, Clermont Félix en 1890, Rose Marie en 1893 et Marie Valentine en 1895.

Mon arrière-grand-mère était blanchisseuse. On disait aussi lessiveuse. Elle lavait le linge des autres. Des familles aisées ou de celles qui pour des raisons propres à chacune ne pouvaient pas descendre jusqu’à la rivière laver leur linge sale. Elle devait avoir sa brosse à chiendent, son baquet, ses bassines en fer blanc, ses trays, ses paniers en osier et ses enfants pour lui prêter un coup de main. Elle n’ avait ni Omo, ni Bonux pour lui prêter main forte ni Javel. Et je ne sais pas si elle avait même du savon de Marseille.

Son savon, son détergent c’était la cendre tamisée et les tiges de paroka.

Elle avait comme adjuvants : l’eau, la pierre, l’herbe et le soleil.

Quand c’était la saison des pluies la vie était belle car elle récupérait l’eau de pluie dans la citerne

Il fallait se lever de bon matin et arrivée au bord de la rivière trier son linge. Le blanc: les nappes, les draps, les mouchoirs, les tricots de peau et les culotté, les chemises. Et de l’autre côté les couleurs. Avec les branches chiffonnées de paroka on faisait un tampon qu’on imprégnait de savon et de cendres avec lequel elle frottait, frottait pour faire disparaître le maximum de taches. Puis elle mettait le linge au soleil sur les roches tout mouillé et savonne pour le faire blanchir. Il fallait mouiller en permanence à l’eau cendrée et laisser le soleil travailler. On tournait et retournait le linge qu’il soit de coton, de chanvre ou de lin, sur l’herbe du pré ou sur les roches au bord de la rivière . Ne pas laisser sécher car sinon le soleil brûlerait le linge. Cela prenait des heures. Le but était le blanchissement par le soleil et de donner du lustre à la lessive. Ça s’appelait un lessivage grand pré.

Ensuite il fallait rincer pour faire disparaître le savon puis battre (tchoker) sur les pierres pour éliminer taches, saleté et puanteur. Puis rincer encore.

Dans la dernière eau de rinçage, pour raviver le linge blanc elle procédait à l’azurage. On mettait du bleu soit tiré de l’indigotier soit tiré de l’outremer tiré de la pierre lapis-lazuli broyée mais il fallait alors faire paraître la monnaie pour ce traitement extra digne de VIP. Pour le menu fretin il y avait le bleu de Mr Jean-Baptiste Guimet (1795-1871), créé en 1826, un bleu de synthèse qui commença à être fabriqué industriellement dès 1835. Il suffisait d’une boule de bleu dans le baquet d’eau fraîche et le miracle de blancheur s’accomplissant. On ne sait quel bleu mon arrière-grand-mère utilisait, probablement du bleu Reckitt’s, à moins que ce ne soit du bleu de Paris ou du bleu paon. Mais elle fut sans doute une adoratrice zélée du thiosulfate d’aluminosilicate de sodium auquel on finit par ajouter un azurant optique comme celui créé par Krais à base d’esculine. Ingres, le peintre, avait été séduit dès 1827 avec son Apothéose d’Homere, le Prince de Galles lui même se faisait blanchir son linge au bleu Reckitt, alors que dire d’elle presque un siècle après . Elle ne jurait probablement que par Reckitt dont la publicité proclamait sans vergogne : « le bleu qui fait du blanc ». Mais quand c’était le temps des vaches maigres il fallait se résoudre à utiliser l’infâme aniline. Aussi bleuissante que toxique. Parfois elle se laissait séduire par un Stone blue, parfois par un Fig blue parfois par un Thumb blue. En fait elle ne faisait qu’utiliser ce que ces commanditaires lui fournissaient comme matériel.

Après avoir rincé il fallait encore essorer et tordre le linge à la main et le mettre à sécher sur l’herbe ou sur les roches afin qu’il retrouve sa blancheur originelle. Ces trois étapes étaient appelées Purgatoire, Enfer et Paradis. Certaines blanchisseuses ne mettaient pas d’eau bouillante pour éviter la phase de l’enfer mais il le fallait bien pour les linge les plus crasseux qu’on faisait cuire au feu de bois dans une énorme lessiveuse en zinc assaisonné avec des épices odorantes comme la lavande, le thym, l’ortie, le laurier.

Il n’y avait saletés qui résistent. Les plus tenaces celles qui resistaient aux mains ne resistajent pas à la brosse à chiendent.

Faire la lessive c’était plus qu’une cérémonie. La blanchisseuse c’était comme une abbesse, une mère supérieure qui devait veiller au salut et à la blancheur immaculée des âmes de son baquet. En les frottant elle les écoutait au confessional puis selon la saleté de chaque âme les condamnait non pour le purgatoire ou l’enfer en attendant de les proposer à l’admission au paradis.

Moi en tout cas je suis allergique au savon. Pour moi ce n’est que chimie synthetique. Je voudrais ne laver qu’à l’eau claire et aux feuilles et fleurs naturelles, à l’eau cendrée, au bois de campêche et au paroka.

Que serait la France sans l’Afrique?

Le site brésilien CONVERSA AFIADA, un blog politique indépendant dirigé par Paulo Henrique Amorim ex journaliste vedette de Rede Globo et désormais de la Rede Record où il a un programme dominical appelé Domingo Especial, a publié un article début juillet intitulé O que seria da França sem a África ?

Avec comme sous-titre: Dà nisso permitir a entrada de imigrantes. (Voilà à quoi ça mène de permettre l’entrée d’immigrants).

Je traduis:

le Camerounais Samuel Umtiti fait une passe à l’Angolais Blaise Matuidi, de l’Angolais le ballon va au Togolais Corentin Tolisso, le Togolais fait une passe aérienne au Malien N’golo Kante, le Malien fait une passe en profondeur au Camerounais M’Bappe, qui prolonge sur Dembélé du Mali, lequel transmet au Guinéen Paul Pogba, qui est bien placé et…. Buuuut.! LA FRANCE marque..!

Dans cet article le journaliste Paulo Henrique Amorim met en avant avec humour la forte présence africaine dans l’équipe de France.

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L’équipe constituée par les 23 est en effet une équipe fortement multiethnique et cette diversité n’échappe à personne. Sur les 23 joueurs sélectionnés en Équipe de France 21 sont nés sur le territoire français dont 20 dans l’hexagone. Les deux seuls nés en dehors de France sont Samuel Umtiti né le 14 novembre 1993 à Yaoundé au Cameroun et Steve Mandanda né le 28 mars 1985 à Kinshasa en République Démocratique du Congo. Le seul né en dehors de l’hexagone est Thomas Lemar né à Baie-Mahault, Guadeloupe le 12 novembre 1995. Pour le reste les 20 autres protagonistes sont tous nés en France métropolitaine :

A Bastia Adil Rami

A Beaumont-sur-Oise Presnel Kimpembe

A Chambéry Olivier Giroud

A Colombes Steven Nzonzi

A Lagny-sur-Marne Paul Pogba

A Lille Raphaël Varane

A Longjumeau Benjamin Mendy

A Lyon Nabil Fekir

A Mâcon Antoine Griezmann

A Marseille Lucas Hernandez

A Maubeuge Benjamin Pavard

A Nice Hugo Lloris

A Orléans Florian Thauvin

A Paris N’Golo Kante

A Paris Kylian M’Bappe

A Paris Alphonse Aerola

A Tarare Corentin Tolisso

A Toulouse Blaise Matuidi

A Troyes Djibril Sidibé

A Vernon Ousmane Dembélé

Ce sur quoi s’attarde avec humour grinçant mais humour quand même c’est l’origine ethnique des participants. Et surtout sur leur appartenance au continent africain. Car dans  les faits sur les sept  qu’il cite seul un est né en Afrique. Il n’en reste pas moins que certains ont  la double nationalité. Ce sont les fameux binationaux. Mais ils ont choisi à un certain moment de leur vie pour des raisons qui leur sont propres de défendre le drapeau tricolore. D’autres ne sont pas africains mais n’en sont pas moins descendants de migrants. On oublie les migrations intra-européennes bien souvent. Sans aller plus loin voici ce que révèle une recherche rapide sur l’origine des 23 sélectionnés :

Algérie (Mbappé , Fekir)

Angola (Matuidi)

Cameroun (Umtiti, Mbappé)

Congo (Mandanda , Kimpembé , Nzonzi)

Espagne (Lloris)

Guinée Conakry (Pogba)

Haïti (Kimpembé )

Mali (Dembélé, Kante, Sidibé)

Maroc (Rami)

Martinique (Varane)

Philippines (Areola)

Portugal (Griezmann)

Mauritanie (Dembélé)

Sénégal (Dembélé, Mendy)

Togo (Tolisso)

Ces dites origines franco-francaises dans le cas de Giroud si on étudie généalogiquement à partir des grands-parents font ressortir aussi des branches italiennes. Voire allemande pour Antoine Griezmann si l’on remonte au 19ème siècle. Seul Benjamin Pavard pouvant évoquer des origines 100 pour 100 françaises sur plus de générations.

Certains de ces joueurs n’ont jamais mis leurs pieds dans leur pays d’origine. Je le rappelle 21 sont nés en France. Certains par leurs parents ont deux origines, d’autres 3. Certains ont vécu dans d’autres pays que celui de leur naissance avant de venir en France. C’est un phénomène normal. Deux de mes 5 enfants n’ont jamais mis les pieds en Guadeloupe où je suis né. L’une n’a jamais mis les pieds ni en Indonésie, pays de naissance de sa mère, ni en Guadeloupe, pays de naissance de son père, ni au Surinam pays de naissance de son grand-père. Elle a la double nationalité française et néerlandaise.

Ce que je veux souligner c’est que le regard que porte Amorim sur les Bleus n’est pas exempt de cynisme malgré l’exactitude du propos. Il aurait dû inclure dans son propos l’Afrique du Nord (Algérie, Maroc) , les Antilles (Guadeloupe, Martinique, Haiti), inclure les Philippines et les migrations intra européennes.

Mais le but avoué en filigrane d’Amorim c’est peut être de montrer une certaine ambivalence française du monde du football. Tous Français en cas de victoire, tous migrants en cas de défaite. Black blanc beur = bleu mais seulement quand le coq gaulois chante cocorico.

On pourrait alors dire que les huit équipes qualifiées pour les quarts de finale de cette coupe du monde de la Fifa 2018 en Russie voient l’affrontement de deux mondes surprenants. France (18), Angleterre (11), Belgique (11), Suède (3) : le bloc des pays en voie de développement multiethnique contre Russie, Croatie, Uruguay et Brésil, le bloc des pays en voie de recroquevillement ethnique. Entre développement et recroquevillement faites vos jeux.

Je corrige Amorim. En regardant les compositions des équipes de Belgique, Angleterre, je les vois aussi diverses que celle de l’équipe de France. On parle en Angleterre de BME (Black and minority-ethnic).

Même si le football est un microcosme il reflète le mélange de races, le melting pot qui s’opère en profondeur en Europe depuis les années 80. Qu’il soit qualifié de multiethnique et multiculturelle ou de pluriethnique et pluriculturelle c’est une réalité qui reflète de plus en plus le visage pluriel de nombreux pays dans le monde. Voyez la diversité par exemple affichée par l’équipe suisse arrivée en huitièmes de finale

Angleterre : 11 représentants de la diversité portent haut les couleurs des 3 lions dont sept nés en territoire anglais et quatre nés dans des ex colonies britanniques comme la Jamaïque, le Ghana, le Nigéria .

Belgique (11 chez les Diables Rouges) : RD Congo (Lukaku, Kompany, Batshuayi, Tielemans, Boyata ), Maroc (Fellaini, Chadli), Mali (Dembélé), Martinique (Witsel), Kosovo (Januzaj), Espagne, Portugal (Carrasco)

La Suède (3) : Kenya (Olson), Congo (Thelin), Liban, Turquie (Durmaz)

La Croatie (0), la Russie (0) semblent nettement plus identitaires.

Le Brésil et l’Uruguay sont des nations fidèles à leur image sud-américaine de melting pot mais n’intègrent pas des joueurs de culture ou d’origine ethnique différente dans leur équipe nationale. Quelle est la tendance qui dominera la coupe du monde ? Je ne saurais le dire. Je remarque simplement pour mettre de l’eau dans le moulin que bon nombre des joueurs des équipes de Tunisie et de Maroc sont nés en Europe. Chemin inverse donc. et on s’aperçoit par ailleurs que le Brésil qui était un pays où on émigrait volontiers est désormais un pays (a univeau sportif toute fois) où l’on émigre ésormais volonteirs. Preuve en est ces Brésiliens qui ont pris la nationalité espagnole, portugaise, italienne, russe, etc

En Italie Kaka, Eder, Thiago Mota, Bruno Henrique, Gabriel Boschilia, Eduardo Henrique, Eduardo Sasha, Guillerme Lazaroni, Amauri

En Allemagne : Paulo Rink

Au Portugal : Deco, Pepe,

En Croatie Eduardo a Silva

En Espagne Diego Costa , Marcos Senna,

Au Chili Marcos Gonzalez, etc etc etc

Je dirais pour parodier Amorim: qu’adviendrait-il du Brésil  sans l’Afrique ?? Car le Brésil, et l’Uruguay bien évidemment, sans le sang des Africains ne seraient pas les nations de football qu’elles sont (pour combien de temps encore).

A Milan le carnaval ambrosien se termine le Samedi-Gras, 4 jours après Mardi-gras

18 août 2013

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A propos de la liturgie ambrosienne pratiquée à Milan (Lombardie, Italie). J’ai fait des recherches et voilà plus ou moins ce qu’il en ressort. On sait que la liturgie catholique grosso modo est séparée en deux blocs, la liturgie de l’Ouest et celle de l’Est, l’orient. On compte à l’est:
– la tradition antochienne (rites de la liturgie Clémentine des Constitutions apostoliques, qui n’est plus utilisée, la liturgie syriaque de Saint-Jacques, utilisée par les églises suivant le rite de l’Église jacobite et syrienne de l’Est, la liturgie grecque de Saint-Jacques, utilisée une fois par an à Jérusalem, la liturgie syriaque des Maronites; la liturgie syriaque utilisée par l’église nestorienne, la liturgie de Malabar, utilisé par les chrétiens de Saint Thomas en Inde)
– la tradition byzantine (rites utilisés dans différentes langues par les Eglises orthodoxes, et la liturgie arménienne, utilisée par les églises de rite Géorgien et Arménien de l’Est)
– la tradition d’Alexandrie (rites de la liturgie grecque de Saint-Marc, qui n’est plus utilisée, la liturgie copte, qui est utilisée par les coptes – Église copte – en Egypte, et la liturgie éthiopienne, utilisée par l’église éthiopienne).

Le monde catholique à l’ouest suit de nos jours presque universellement la liturgie romaine. Mais il n’en a pas toujours été ainsi. On pratiquait du 6ème au 12ème siècles une liturgie Moharabe ou wisigothe en Espagne (et le rite persiste encore de nos jours à Tolède et Salamanque). Jusqu’au 9ème siècle la France suivait la liturgie gallicane qui prévaut encore à Milan dans le rite ambrosien antique, rite utilisé dans l’archidiocèse de Milan et certaines localités des diocèses limitrophes de Bergame, Novare, Lodi et Lugano, des trois vallées tessinoises (Leventina, Blenio, Riveira) , ce dernier se trouvant en Suisse italienne. Autrefois l’ancien archidiocèse de Milan touchait outre la Lombardie, le piémont italien et du sud de la France . L’ensemble représente près de 5 millions de baptisés pour un total de 51 paroisses.. Tous les dimanches et jours de fête une messe chantée est dite à 17 heures 30 selon ce rite à l’église de Sant’Ambrogio,
Via Sant’Ambrogio, 20, à Legnano, 20025, MI
http://ambrosianeum.com
A noter qu’en France le rite gallican a persisté et réapparaît sporadiquement à Lyon et à Bayeux.
Le rite ambrosien est vivace en Lombardie. Il y est attesté depuis le 9ème siècle et il semblerait que pendant près de 200 ans Rome et Milan avaient coupé les ponts. On pourrait même considérer en y regardant de plus près que le culte ambrosien est un culte de l’Eglise réformée telle qu’on la connaît par ailleurs.
Le rite ambrosien est observé par l’archidiocèse de Milan en Italie. La réponse milanaise au Concile de Vatican II a été d’examiner et de réformer son propre rite liturgique. Cela a conduit à la publication d’un nouveau missel et d’un nouveau lectionnaire, qui tout en se réformant a réussi à conserver les caractéristiques de la messe ambrosienne. En plus de ces changements, l’Eglise de Milan a aussi révisé son office divin : Diurna Laus apparaît en 1982 et contient une nouvelle distribution des Psaumes qui se répartissent sur 4 semaines. En 1998, Liturgica Ambrosiana delle Ore est publié en 5 volumes et distribue l’année liturgique. L’Eglise de Milan a créé une distinction très claire entre les deux célébrations des prières du soir et celles du matin. Dans les laudes et vêpres romaines, la distinction est verbale alors que pour le rite ambrosien, elle est structurelle.
Dans le rite ambrosien le carnaval se termine non le Mercredi des Cendres mais Samedi Gras (Sabato Grasso) car le Carême (Quaresima) commence non pas le Mercredi des Cendres (Mercoledi delle Ceneri) mais 4 jours après c’est-à-dire le dimanche après le Mercredi des Cendres.

Ne pas confondre le samedi-gras milanais avec le Samedi-Gras antillais qui lui précède Dimanche-Gras, Lundi-Gras Mardi-Gras et Mercredi des Cendres.

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