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Chapeau melon et bottes de cuir : a suit is a man’s armour selon double zero seven et ses ersatz

Dans les années 60 (de 1961 à 1969) cette série british qui mêlait allègrement espionnage, contre-espionnage, MI 5, MI 6  et science-fiction, me passionnait. En langue originale c’était The Avengers avec Patrick Macnee (John Steed) et Honor Blackman (Cathy Gale) Diana Rigg ( Emma Peel, l’épitomé de l’élégance, saison 4 et 5) ou Linda Thorson (Tara King)(saison 6) dans les rôles principaux. Deux agents secrets de sa Majesté aux prises avec toutes sortes de « villains ». Une débauche de mode british, parapluie (umbrella), chapeau melon (bowler hat) (qui peuvent en cas de besoin s’avérer des armes redoutables), costume 3 pièces cravate  toujours impeccable, jamais froissé, fait sur mesure pour monsieur by Audrey Liddle et Ambren Garland, ses costumiers qui se faisaient tailler les vêtements sur Regent street par Bailey and Weatherhill et à un certain moment  Pierre Cardin  et garde-robe de cuir et autres matières moulantes trendy pour Emma Peel by John Bates (saison 4) et Alun Hughes (saison 5).

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Ce dernier continuera avec Tara King (saison 6) sauf pour 6 épisodes où va intervenir  Harvey Gould. Le charme, l’humour, le flegme  et la sophistication à l’état pur. Et les voitures british, que du vintage : des Bentley, des Jaguar, des Rolls Royce , des Vauxhall, des Lotus  en veux-tu en voilà. 161 épisodes de 50 minutes qui à la fin étaient diffusés dans 90 pays. J’en retiens une phrase :

A suit is a man’s armour.        Le costume c’est l’armure de l’homme.

Mrs Peel est une veuve puisqu’elle a perdu son mari pilote d’essai. Elle est riche, belle et indépendante. Elle occupe un appartement chic (une penthouse) et est une femme libre, qui domine le judo et le karaté, une rose d’Angleterre, qui occupa, je peux le confesser, nombre de mes fantasmes de jeune ado. Au volant de sa Lotus Elan elle était irrésistible. Entre 1976 et 1977 ce furent les New Avengers toujours avec Patrick Macnee mais avec d’autres agents secrets pour lui donner la réplique comme Joana Lumley (as Purdey) et Gareth Hunt (as Mike Gambit)

J’adorais le thème musical d’ Avengers de Laurie Johnson. En 1998 un film est sorti Avengers avec  Ralph Fiennes dans le rôle de Steed et Uma Thurman dans le rôle de Dr Peel. Dans ce film on entend la voix off (cameo) de Patrick Macnee qui joue le rôle d’Invisible James. Sean Connery, James Bond originel, y joue le rôle  de Sir August de Winter , un méchant. Comme souvent la copie n’égale pas l’original. Certes on a toujours les mêmes personnages, les mêmes vêtements mais l’esprit n’y est plus. Les costumes sont d’Anthony Powell mais chez le Steed de la série de télévision la mode qui nous est donnée à voir est du type équestre (le nom Steed d’ailleurs évoque cet aspect équestre) presque edwardienne tandis que la mode sur Avengers 1998 est la mode de la City. Je retiendrai pourtant sur la bande  musicale du film sous la direction de Bruce Wooley dans laquelle figure Storm chanté par Grace Jones  and the Radio Science Orchestra.

Steed (1922-2015) n’est plus  Peel (1938-) continue. Ainsi va la vie. Roger Moore, le protagoniste du Saint est encore là, alive and kicking, tout comme un autre 007 Sean Connery.

007 fruit de l’imagination de Ian Flemming (1908-1964) a connu le noir et blanc puis la couleur. Sujet indéfectible de Sa Majesté il apparaît dans Casino royale (1953), Live and let live (1954), Moonraker (1955), Diamonds are forever (1956), From Russia with Love (1957), Dr. No (1958), Goldfinger (1959), For your eyes only (1960), Thunderball (1961), The spy who loved me (1962), On her Majesty’s Secret Service (1963), You only live twice (1964), The man with the golden gun (1965) et Octopussy and the living daylights (1966). Même  Patrick Macnee  lui aussi joua le rôle de Sir Godfrey Tilbett dans A view to a kill dans un James Bond tout comme deux de ses partenaires : Honor Blackman qui prit le nom de Pussy Galore dans Goldfinger (1964) et Diana Rigg qui devient Contessa Teresa di Vicenzo et fut la seule à passer la bague au doigt à Bond, James Bond dans On her Majesty’s Secret Service (1969)

Là encore ce ne sont pas les histoires, les synopsis qui restent mais la musique de John Barry et des titres  comme Goldfinger (1964), Moonraker et Diamonds are forever et la voix de Shirley Bassey  ainsi que Live and let die de Paul MacCartney and Wings sans oublier Thunderball de Tom Jones

 

 

 

Les rictus et versus de l’Octombule

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J’ai d’abord essayé de comprendre le sens du mot Octombule et je me suis fourvoyé dans noctambule. C’est en voyant le numéro Zéro intitulé Octonbule que j’ai compris l’origine profonde de l’Octombule: la petite bourgade d’Octon dans le 34, Coeur d’Hérault, mais aussi Occitanie. Et qui dit Occitanie dit Septimanie jusqu’au Moyen-Âge! Octon, petit village occitan pas encore occis par le temps, petit village septimancipé alerte et bandant donc de moins de 500 âmes, les Octonais, siège d’un village des Art-et-Métiers. Une feuille de chou contemporaine recto verso qui se lit non pas recto verso mais rictus versus, J’ai tout de suite accroché d’autant plus que la feuille de chou était proposée à 0,10€ et qu’il ne rendait pas la monnaie. Cocasse, impertinent, avide de jeux de mots, poétique, voilà ce que fut ma première impression. Ma chère et tendre cherchait déjà au fond de son porte-monnaie la précieuse pièce qui allait nous permettre d’entrer dans les arcanes de cette feuille de chou insolite imprimée en noir et blanc. Après avoir mangé une paella et goûté au dessert je commençais à entrer en état de somnambulisme quand tout à coup cette page me tira des effluves de Champagne Philippe Fays qui m’avaient transporté. On (Philippe Gerbaud, amiral en chef de ce radeau ivre et illustrateur) (décidément c’était la journée des Philippe) m’offrit un exemplaire de ce fanzine que je m’empressai d’enrouler comme un précieux papyrus pour pouvoir le lire le lendemain bien au calme de retour dans ma belle ville de Saintes. Las, au moment de partir je fus attiré par l’appel mystérieux du fromage qui flânait tranquillement sur une table et que je n’avais pas encore bécoté. N’écoutant que mon odorat et mon instinct de renard je me précipitai sur le fromage et délaissai un instant l’Octombule . Le journal de minuit et des poussières,  un journal qui se veut un pont entre des êtres étranges nommés Octombuliens et d’autres êtres non moins étranges, les Attributis. Voilà tout ce que je savais de l’animal. Mais à cause de ce fromage j’ai égaré la proie. S’il y avait un renard dans le coin il m’aurait sans doute dit :

Mon bon monsieur, apprenez que toute feuille de chou vit aux dépens de celui qui la goûte. Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute !

Heureusement le lendemain Internet me permet de retrouver la trace de ce dont je vous propose ici les tout derniers rictus et versus . Merci Facebook.

Si vous souhaitez consulter les numéros zéro (quand il se faisait appeler encore L’octonbule avec un n) au numéro Ztreize c’est par ici.

Pour le reste voici ce que dit   Philippe Gerbaud dans la présentation du numéro Z-dix-Fuite de l’OCTOMBULE:

« Merci aux contributrices et contributeurs de L’OCTOMBULE Zdix-Fuite car elles et ils n’ont pas esquivé le sujet proposé pour bâtir ce frêle esquif ou l’on s’esclaffe (parfois).

Ainsi, sans mal, par ordre Alpha :
Alexandre Vélez, Anne-Marie Liotard, Bellelurette, Cecile Sternisa, Comérode, Elisabeth Popeye, Elledipi, Fillault, -H-, hopla, Horst, Hyafil, Ifren et Paco, Internationalskaja Jamminski, Léo Gartien, Liane la Gitane, Marc Daum, Marie Cayol, Médéric, Mireille Gealageas, Nathalie Bardouil, Olé, Peggy Wood, Philippe Bissières, Ruth, Stéphan Riegel, Toni Von Bonjour, Vincent Valade, Violette, Xavier Dole.
Merci à Henry IV Ayrade qui administre les corrections. Merci à l’Inuit d’InOcto pour les belles couches de noir.

L’Octombule n’est pas si facile à trouver même dans les meilleures pâtisseries, vous pouvez proposer des lieux de distribution, ou MIEUX ENCORE devenez un centre de grande distribution à Minuit et des Poussières. »

 

La réalité dépasse la fiction

On croit être créatif, on imagine des scénarios invraisemblables. J’ai commis un ouvrage qui n’est pas publié et qui s’appelle Archipel des Reliques. C’est un roman qui raconte une histoire un peu étrange tirée de la vie telle que je l’imagine de ma grand-mère que je n’ai pas connue et qui était gadédzafè. Je lui ai imaginé une vie et une mort ainsi que des amours impossibles. J’imagine qu’elle est la symbiose entre son père qui est mort  indigent à l’hospice en 1900 et elle qui est morte en 1933. Mon père est la seule personne qui m’ait jamais parlé d’elle. Elle est morte d’un coup de colère sur le marché de Saint-Claude. Mon père avait dix ans à l’époque . Je crois qu’il a un peu sublimé le personnage. Elle vendait des simples sur le marché et avait comme il se devait pour tout gadédzafè un rapport constant et privilégié avec les forces occultes.

J’ai donc forcé un peu la dose et créé un personnage qui rentrerait en contact avec une divinité du troisième type et en tomberait amoureuse. Cette divinité prendrait l’apparence d’un cyclone fait homme. Bon gardons le suspense. Vous voulez en savoir plus. Rendez-vous ici.

Or il se trouve qu’hier en discutant avec un cousin dont la grand-mère était la fille de mon aïeule qui répondait au doux surnom de Fillotte il me raconte que cette fille, donc ma tante, la soeur aînée de mon père,  était initiée elle aussi sinon aux esprits du moins aux plantes et à la divination par les cartes. Et que lui-même tout jeune aurait été instruit de ces choses-là. Il était le confident de sa grand-mère avec qui il passait beaucoup de temps.

Mon père ayant été élevé à la mort de sa mère (il avait alors 10 ans) par sa soeur aînée la considérait un peu comme sa mère. Ce fut pour elle sa dernière pensée. Enfin celle qu’il partagea avec moi la veille de sa mort.

Ne dis rien à Fifine. Elle est déjà bien âgée.

Il ne voulait pas qu’on fasse part de sa mort à sa soeur pour ne pas l’ennuyer inutilement.

Or ne voilà-t-il pas que ce cousin me raconte que cette grand-mère, son arrière-grand-mère, ma grand-mère,  a été transportée le jour de sa mort en berceuse (c’est le mot qu’il a employé) du marché au domicile de mon grand-père qui était le mari de ma tante et en même temps le père de ma mère.

En berceuse ? me suis-je exclamé incrédule !

Quand le cousin en question me dit « berceuse » moi j’ai compris « berceau ». Mais berceau comme berceuse quelle drôle d’idée.   Puis j’ai réalisé  que je ne savais pas ce qu’était une berceuse. Une berceuse pour moi c’est une chanson que l’on chante à un enfant pour l’endormir. Mais dans le contexte je ne vois pas pourquoi on aurait transporté un corps défunt dans une berceuse.  Dans une brouette je comprendrais encore mais une berceuse. Même un berceau c’est un peu ahurissant. on ne trouve pas de berceau sur les marchés, et on n’en trouvait sûrement pas sur les marchés et surtout sur le marché de Saint-Claude en 1933.    Un hamac à la rigueur, c’est un morceau de toile qui permet à deux de transporter un corps mais une berceuse… D’où venait cette berceuse ? Etait-elle déjà dans la famille ? L’a-t-on amenée là d’urgence pour transporter la défunte. Ou une âme charitable l’aurait-elle prêtée ?

Sur le coup je n’ai pas voulu lui demander des précisions sur cette berceuse. Je voulais rester sur le charme. Oui mourir et être porté à deux pas du cimetière en berceuse. C’est beau quand même vous ne trouvez pas ! A deux pas, oui parce que mon grand-père et son épouse, la soeur de mon père, habitaient à deux pas du cimetière, ruelle de l’Externat à Saint-Claude.

Drôle de mort pour une gadédezafè morte d’un coup de sang ! Pas la peine de vendre des feuillages pour mourir de la sorte à même pas 40 ans.

Ca m’a trottiné dans la tête toute la nuit puis le lendemain en fin de journée je me suis résolu à chercher dans le dictionnaire le sens d’une berceuse. Si mon cousin lui-même m’avait transmis cette information cocasse c’est que ça l’avait choqué lui aussi. Mais lui savait ce qu’était une berceuse et moi pas !

Je vais donc sur mon site préféré CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales) et voilà en ameublement une berceuse est « un fauteuil à bascule sur lequel on peut se balancer légèrement. synonyme : Rocking-Chair. » synonyme canadien chaise berçante. Et du coup je souris car j’ai écrit un hymne au fauteuil à bascule. J’avais dans mon livre créé une profession pour le père de mon héroïne, fabricant de fauteuil à bascule. J’avais aussi ici même évoqué un autre nom pour le fauteuil à bascule qu’on appelait aussi autrefois    inquiétude. Voir ici mon article écrit en début d’année où je parle d’un rocking-chair qui était dans notre appartement à Basse-Terre avant que nous ne quittions la Guadeloupe en 1961. Et je me posais la question de sa provenance faisant allusion justement à ce grand-père. Eh bien peut-être aurais-je dû voir plus loin que le bout de mon nez et peut-être me suis-je balancé dans le fauteuil à bascule qui a transporté le corps sans vie de ma grand-mère.

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On a donc transporté le corps inanimé de ma grand-mère en inquiétude, en berceuse, en rocking-chair, en rocking-chair de la place du marché à la ruelle de l’Externat. Il est vrai qu’autrefois il y avait la chaise à porteurs pour transporter les gens dits de qualité alors pourquoi pas le fauteuil à bascule à porteurs, le rocking-chair à porteurs, l’inquiétude à porteurs, la berceuse à porteurs.

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La réalité rejoint la fiction voire la dépasse. Voici ce que j’écrivais sur le père de Fillotte qui était selon moi fabricant de fauteuils à bascule. En d’autres mots fabricant d’inquiétudes. Le fauteuil à bascule se trouve dans le salon de coiffure de Mayotte Guimbo, sa demi-soeur.  C’est sous ce fauteuil que dort le raccoon rouge sérénissime de Fillotte et c’est encore dans ce fauteuil qui se trouve chez sa soeur qu’elle a un cauchemar en plein après midi.  Il est dit parfois de mer, en bois de mer, parfois en bois de laurier rose. Peut-être le ferais-je d’écume comme les pipes d’écume que les marins d’antan jetaient à la mer à leur arrivée à bon port.

Selon Anicet Guimbo, il fallait pas moins de 178 étapes de fabrication pour arriver au meuble parfait, 100% massif, véritable bijou artisanal, son fauteuil à bascule !Et cela sans compter l’assemblage, le ponçage, le polissage et la finition !
Philémon Guimbo, son père, lui avait édicté sur son lit de mort les tables de la loi, les Dix Paroles du Fauteuil à Bascule:

Première Parole : Ecoute bien ce que j’ai à te dire. Ne me fais pas attraper désordre avec toi de l’endroit où je serai. Je te surveille.. Enfonce-toi bien ça dans la tête. Je te surveille bien !  Tu utiliseras toujours du bois de plus de quarante ans, du bois arrivé à maturité, du bois dur, sans noeuds, sans défauts naturels, pas de bois de coeur ni d’aubier.
Deuxième Parole : : Tu ne feras ni chaise, ni banc ni tabouret ni pliant. tu ne tailleras de ta main que fauteuils à bascule, inquiétudes, berceuses ou rocking-chairs devant ma face. Tu calculeras  18 pouces un quart de profondeur d’assise, 26 pouces d’écart entre les deux accoudoirs, 19 pouces et quart d’écart entre les montants de devant, 32 pouces entre le haut du fauteuil et l’assise, et ainsi de suite. Dans mon fauteuil tous pourront s’asseoir quelque soit leur taille, morphologie (proportion tronc-jambes, cambrure lombaire, basculement du bassin…). Les 4 barreaux du dossier composant le dossier ne mesureront pas plus d’un demi-pouce et seront étudiés pour s’adapter aux muscles du dos, mais aussi aux ischions…
Troisième Parole :  Tu feras chanter joues de mortaises et flancs de ténons jusqu’à ce qu’il s’imbriquent parfaitement. Tu feras bien sûr aussi appel à queues d’aronde et chevillage bois.
Quatrième Parole :  Tu appliqueras toujours teinte d’origine végétale avant les trois couches de résine incolore.
Cinquième Parole :  Tu veilleras comme sur toi-même sur gouge, maillet, scie à guicher, ciseau à bois, coins, forêts, tarières, chignole, rabot, plane et villebrequin.
Sixième Parole :  Lors de la finition tu alloueras 48 h de séchage entre chaque couche de vernis.
Septième Parole : Tu honoreras scrupuleusement les 178 étapes de ma fabrication.
Huitième Parole :  Ta colle sera toujours d’origine animale.
Neuvième Parole : Comme essence de bois tu utiliseras de préférence du mesquite, du poirier ou du jacaranda.
Dixième Parole :  Quant à mon inclinaison, l’angle formé entre la tangente à la courbe du dossier et le plan de l’assise sera de 7 1/2 degrés.

Il y a dans l’histoire la procession des cercueils où l’on va honorer une divinité. Les dévots défilent en cercueil pour remercier une grâce exaucée. Dans ma version originale elle allait défiler en cercueil ou en corbillard blanc . C’est en fauteuil à bascule que Fillotte choisira désormais de défiler. Ce fauteuil à bascule sera fabriqué par justement l’alter ego de Cyclone sur terre. Voici le passage tel que je viens de le modifier qui en parle.

 

Cela sentait la cire d’abeille et l’essence de térébenthine quand Mademoiselle la Chevalière s’était présentée pour la troisième fois le mercredi matin de grand bonne heure à l’entrée de l’atelier de son cousin Maurice de Tito-Dandy. Elle avait trouvée porte close ! Il était sans doute plus facile de joindre le photographe-charpentier de marine à son quartier-général, chez Colin, mais le patron du temple de perdition n’ouvrait qu’à cinq heures. Et quel prétexte inventer pour venir réveiller les gens ? Personne n’achète, ne loue ni n’emprunte une berceuse funèbre  avant cinq heures du matin même pour fêter saint Coeur du Matin ! D’ailleurs on ne savait que par bribes des allées et venues du bohémien mais qui ne tente rien n’a rien ! Alors elle avait fait les cent pas, fait mille détours, vingt quatre-chemins de traverse entre église, marché et cimetière, épiant un signe quelconque de sa présence, mettant sur pied toute une stratégie de reconquête pour récupérer son innocence. L’important était de s’approcher de lui au plus près. Si cela ne suffisait pas, l’amadouer, se disant prête à payer rubis sur l’ongle ce qu’il faudrait pour la mise en route en urgence urgentissime de la fabrication de son inquiétude pour la procession de la Treizaine à Saint-Antoine-des-Divins-Plaisirs.

Immédiatement elle préciserait à la personne :

– Quelque chose de très simple, de très frais, sans capitonnage inutile de satin de soie naturelle mauve, sans repose-pieds et sans appui-tête.

En revanche elle spécifierait le matériau : surtout pas de l’aluminium, ah ça non. C’était un matériau un peu trop définitif à son goût, vu qu’il fondait à six cent soixante degrés Celsius et ne consentait à s’évaporer qu’à deux mille trois cent vingt-sept degrés Celsius. Imaginez s’il avait fallu faire la conversion en Fahrenheit ! Par combien aurait-il fallu multiplier encore ? Et pas de rocking-chair hermétique en tôle galvanisée non chromatée non plus car elle n’avait ni gale, ni lèpre, ni béribéri ! Ca aurait pu à la limite être du bois naturel, du plus bel aspect, du cent un pour cent palétuvier rouge séché au grand air pendant deux ans, avec pour seule et unique finition, car tout de même elle n’était pas une indigente, un bon lustrage à la peau de requin.

Et pas quelque chose à la va-te-faire-fiche, évidemment ! Sur sa lancée elle soufflerait :

– Et ton bois de coeur, j’ai dit, n’oublie pas, dur comme il est, rouge et brillant comme il est, s’il te plaît, malgré ses moulures de fruit à pain et ses clous galvanisés, si ce n’est pas trop te demander, garde-le pour le jour de ton dernier voyage! Car ce que je veux vraiment, je vais te le dire maintenant ! Je veux un fauteuil à bascule, cent pour cent naturel, une berceuse, endurcie naturellement, pour une promenade non toxique, une berceuse de quatorze kilos, ni plus ni moins, solide et légère, et bon pour l’environnement, avec un petit matelas de calicot et des poignées sur le côté !

Maurice, en fin commerçant roublard et vicieux comme un rat qu’il était malgré ses airs de sainte-nitouche, n’ayant en stock que les huit planches de courbaril de vingt millimètres d’épaisseur et de deux mètres trente-trois de long nécessaires à l’entreprise, et n’ayant en outre jamais entendu parler de sa vie de berceuse pour procession, feindrait de ne rien entendre et se mettrait tranquillement à ranger au ralenti chignole, racloir, ciseau, papier émeri, rabot, toupie, scie égoïne tandis que dans son cerveau commencerait l’esquisse d’un coffrage. Dans le hall d’exposition, en réalité un seul capharnaüm, inclinés contre le mur, se tenaient pour sûr déjà entre planches de sept pieds, sciure et copeaux sept à dix cercueils vides et sans couvercle à clouer ou à visser ou à agrafer qui ne verraient leurs heureux commanditaires qu’à l’heure dite, le matin de la procession pour un premier et dernier essayage, le jour dit sur le parvis.

L’idée viendrait alors à Magdeleine de se faire faire le tour du propriétaire, se faire montrer ce qu’il avait en magasin avant qu’elle ne se décide une bonne fois pour toutes. Il lui montrerait donc, admettons, un six-pans pour enfant en bois de rose en forme de noix d’acajou, verni au tampon :

– Celui-là c’est Agénor Aristide qui a passé commande. Il a fait le voeu, le voeu a été exaucé. Il va falloir maintenant payer sa dette, manifester sa gratitude aux Intercesseurs.

Elle ferait sa fine bouche. Il lui soumettrait peut-être alors un modèle grand luxe, une Cadillac en laurier rose avec moulures en acajou et capitonnage en soie naturelle mauve, un modèle sarcophage de toute beauté, garanti cinq ans :

– Tiens ! Tu vois celui-là, c’est pour Zéphyrin, le fils aîné de la mère Antoinette. Tu sais bien, celui-là même qu’on appelait Dame-Jeanne Ambulante. Regarde moi ça comme il brille. Faut dire que c’est du mahogany, pas du vulgaire panneau de particules plaqué de feuilles de mahogany, non. Si tu savais comme j’ai dû le cirer, ce coffre-fort, le frotter à la brosse de chiendent, le lustrer à la peau de requin. Quinze jours de travail, que ça a coûté !

Il s’approcherait ensuite d’un pans-coupés ou cercueil italien sans emblème, sans garniture, en forme de requin mais avec pieds de cuivre. Puis ce serait le tour probablement d’un cintré en forme de canot avec garniture de cretonne, repose-pieds et appui-tête.

Mais finalement, prenant son courage à deux mains, elle murmurerait d’une voix de chatte angora pour le tester :

– En forme de fauteuil à bascule !

– Et pourquoi pas en forme de dent de jaguar ? allait-il rétorquer, cet espèce de dépravé. Il faudrait alors le remettre immédiatement à sa place par quelque chose comme :

– Ne me dis pas que tu ne sais pas tracer une inquiétude. C’est aussi facile que de tracer une noix pour un cercueil pour enfant.

Pourvu alors qu’il ne renchérisse pas avec :

– Verte ou rouge, la berceuse ?

Auquel cas elle lui répondrait du tac au tac :

– Mais bleu indigo, voyons, mon cher ! Mais si tu n’en as envie, tu peux aussi le couvrir à la feuille d’or. Je n’y vois aucun inconvénient. Tant que c’est toi qui paies la facture

Puis Mademoiselle la Chevalière resterait de marbre. Maurice lui proposerait sans doute alors comme une échappatoire toute sa panoplie de bois nobles et incorruptibles à prix d’ami : acajou, palissandre, laurier rose, jacaranda, citrin, bois de campêche. Puis il tenterait une diversion sur des bois importés comme l’orme, le chêne de Hongrie et le noyer. Rien n’y ferait … Elle le connaissait comme si elle l’avait fait, le thanatologue à la gomme ! Ensuite il envisagerait même toutes qualités de rocking-chairs en bois massif avec siège matelassé inclus dans la facture hors taxe : mélèze, acajou, fraké, chêne, zingana, orme, ébiara, gommier, bois de Vienne. Il lui ferait encore miroiter doctement les avantages de bois comme le grenadier, le goyavier, ou le giroflier, et autre corossolier, cousin de cachiman et de pomme cannelle, selon lui essences mal dessinées pleines de noeuds pas du tout francs et difficiles à cintrer mais dans le cas présent hautement recommandables. Mais alors, de guerre lasse, elle lui signifierait qu’une fois abattu, écimé, débarrassé de son houppier, ébranché et écorcé, tout arbre même blessé et piqué d’insectes était arbre biodégradable, combustible et sublimable aux yeux des saints intercesseurs et que, si même du bois de palétuvier rouge, noir, blanc ou gris ou même orange de dix-huit millimètres et sans garniture étanche, suffisait à l’affaire, il n’y avait aucune raison pour que son fauteuil à bascule funéraire fît partie du domaine de l’impossible.

Car primo, il ne s’agissait pas en l’occurrence de se faire ensevelir dans un caveau sous cent vingt pelletées de terre rouge, non monsieur, il ne s’agissait ni d’inhumation ni de crémation, Dieu l’en délivre, mais d’une promenade sans corbillard à chevaux et sans désinfectant de poudre de tan ou de charbon pulvérisé entre église et cimetière pour s’acquitter d’un voeu sans chichis ni fioritures, et deuxio le transport du corps, ce corps impeccablement dessiné qu’il voyait pétillant droit devant ses yeux, serait inférieur à deux heures.

Alors, voyant que mademoiselle ne voudrait pas de son cercueil de palétuvier coupé au dernier quartier de lune, il devrait se résoudre à répondre à ses desiderata, d’autant plus qu’elle menacerait déjà d’aller jusqu’au fin fond du Ghana en quête de son cercuei-berceuse

– Rest in Peace, ma fille. Tu l’auras ta berceuse ! finirait-il par soupirer tout en lui prenant les mesures à l’aide de son double mètre, sans oublier de laisser suffisamment de jeu aux épaules. Ce serait quarante-cinq centimètres de coffrage pour l’estomac, trente pour les pieds et trente pour la tête. Et elle sortirait l’argent cash bien roulé de son soutien-gorge et c’est là que les Athéniens s’atteindraient, parole de Magdeleine à qui personne ne résistait entre mardi et mercredi ! Et d’ailleurs, si d’aventure il osait lui résister, elle lui administrerait un de ces soufflets ! Et ensuite il viendrait, juré, manger dans la paume de sa main. Alors de ces négatifs, à la première occasion qui se présenterait, elle ne ferait que chiquetaille de morue, parole de femelle femme ! Parole de femelle femme allumeuse, incendiaire, phosphorescente à l’instar de sa mère et de sa grand-mère.

Quand je pense à cette berceuse je revois une photo que j’ai perdue de vue qui me ramène au mariage de mon parrain et de sa femme à Saint-Claude en Guadeloupe. J’étais page, tout chic dans mon costume croisé bleu  taillé sur mesure par Monsieur Valéry Jacquet, tailleur à Saint-Claude, demeurant rue de l’école. J’étais page de Pierre et de Bertha. J’étais accompagné de Gisèle.

J’imagine que Man Alexandre, qui était la femme d’Alexandre Louiserre, qu’on appela ensuite je ne sais pourquoi Man Dijoux, avait fourni les gâteaux, à moins que ce ne soit sa fille Henriette. Ma mère n’était pas là, elle me l’a confirmé. Elle était pour des raisons absconses en mauvais termes à ce moment-là avec son demi-frère. Mais ce fut mon entrée dans le grand bain du monde. Et c’est là que ma mémoire commence.

 

En mode comparaison

Dans la série le créole expliqué aux nuls par un nul voici aujourd’hui l’expression en mode comparaison ! C’est comme ça quand on aime : on met en orange et on réhausse avec du gras !

« vou épi mod konparézon aw' »ou bien « zot two komparézon » « ou ni on jan konparézon ! »

Dépi tan mizik-la ka swingé

Mwen asiz la pòko lévé

Pa menm an ti konpa

Misyé sa sa yé sa

É poutan i ni twèl pou fè mwen kontan

Bondié mi an konpa tonbé

La gazelle si’y lé dansé

Ti miss-la gadé mwen

Yé ti misyé ou pa byen

Gadé mwen mwen pa ka dansé konpa!

Ti christian* Hou

Chèché mannyè désidé

Ti zozyo-a lévé

Mademoiselle pa lé tann ayen

Pòko ka trouvé sa byen

I propté byen poudré

Rad ki byen èskanpé

Si’w konprann sé konpa i ké dansé hé Hé

Vini fè konpa soukwé’w (sé la ou ké konprann sa sa yé mademoiselle) (hé hé)

Hé Vini fè konpa soukwé’w (lévé anni kité kò’w alé ho ho hou ho)

Pandan mizik-la ka roulé

Tèt mafi ka soukwé

Man pran’y pou lagen kontan

Tout kò’y an manniman

I anvi nou kolé

Pou swingé san rété

Yonn ki pri

Enmen konpa pou la vie hé

Mi an voila konpa soukwé’w (gadé soulyé’w la ka pri difé mademoiselle) (hé hé)

Mi Vini fè konpa soukwé’w (ou fini pa konprann sa sa yé ho ho hou ho)

Hou a la kwakans papa!

Hé Johnny (mademoisellle ki sa’w vini fè la)

Ou konpa-rézon

(Di mwen poutji ou pa ka dansé konpa)

Ou konpa-rézon

(Gadé mannyè mizik ka tonbé)

Ou konpa-rézon

Pé pa di mwen ou pa anvi dansé

Ou konpa-rézon (lévé’w lésé mizik-tala chayé’w)

Ou konpa-rézon (san menm sonjé ou ké ja ka dansé)

Ou konpa ho ho ho

Ou konpa ho ho ho ho (hoooo hooo)

Ou konpa ho ho ho

Ou konpa ho ho ho ho

Ou Konpa ho ho ho (ha ha ha hou)

Ou konpa ho ho ho ho

Ou Konpa ho ho ho

Ou konpa ho ho ho ho

Ou konpa-rézon (mademoiselle finalement tu as vu ça)

Ou konpa-rézon (hum comment tu es comment tu es quand tu danses le konpa)

Konpa-rézon

Di mwen ki mannyè ou santi mizik-la (ou konpa-rézon)

Aprézan ki dansé konpa

Gadé sa

Ti mafi

Hé hé hé hé ho ho (hé hé, ho ho)

Hé hé hé hé ho ho (hé, hé, hé, hé ho ho)

Hé hé hé hé ho ho (hé hé, ho ho)

Hé hé hé hé ho ho

Hou Konprann sé kon sa

Hé hé hé hé ho ho (hé hé, ho ho)

Hé hé hé hé ho ho (hé hé, ho ho)

Hé hé hé hé ho ho (hé hé, hé hé, ho ho)

Hé hé hé hé ho ho (hé héééé hé hé)

A la la kwakans papa

Ah ha ha hou

Konpa, ho ho

Konpa, ho ho

Konpa, ho ho

Di mwen poutji ou pa ka dansé konpa, dansé konpa

Mademoiselle mademoiselle mademoiselle tu as vu ça hein

A dé, vlopé

Etre konparézon c’est faire des façons. Ou ni on manni konparézon, an vyé manni konparézon ! Ici dans la chanson de Kwak ou de Jean-Luc Guanel une femme konparézon c’est une femme en boite qui a envie de danser mais qui fait sa belle, qui n’a peut être pas envie de suer ou de froisser son joli corsage avec un malappris. Un peu hautaine, un peu prétentieuse ! Elle attend peut être un meilleur parti, un prince charmant, qui sait !?. Moi j’étais plutôt du genre agoulou granfal pour danser.  Mais combien de fois ai-je été largué sur une piste de danse dans mes jeunes années de coq par une femme trop konparézon pour moi ! Les femmes konparézon vous dévisagent des pieds à la tête avant de vous signaler votre abjection par un strident tchipp ! Leur seul regard froisse les plis pourtant impeccables de votre pantalon et vous cisaille le kiki!

Mais c’est surtout ma mère qui emploierait cette expression à mon égard quand je lui aurais fait une réflexion qu’elle jugerait impudente ou impertinente.

il faudrait un vlog pour expliquer le mode comparaison.Peut-être un de ces jours je céderai à la tentation et que pour faire plaisir à ma fille Erica je m’adonnerai au charme jouissif de la vidéo. Peut-être même pourrai-je coupler l’un et l’autre en une écriture intime. en attendant :

Tout d’abord sache cher et fidèle  lecteur, chère et fidèle lectrice que pour faire comparaison il ne faut ni compas ni raison. Elémentaire !    En mode grille, en mode loupe en mode comparaison que de modes d’analyse.

Ma mère en disant ces morceaux choisis que j’ai cités plus haut me les adressait la bouche pincée, parfois avec un sourire parfois sans. Ca pouvait varier avec ou ni on mode aristocrate ! tout ça parce que je ne mangeais ni aile, ni cuisse ni croupion de poulet ! Comparaison ! Figure de style s’il en est ! Moins subtile que métaphore mais vaillante tout de même !

« action de comparer pour faire ressortir les ressemblances et les différences » du latin comparisun ! Depuis 1174 et Thomas d’Aquin, le saint, dans son ouvrage De Potentia. Ma mère bien au fait des choses de l’Eglise aurait dû m’encourager dans la voie de la comparaison encouragée par Aristote lui même !.

Pour qu’il y ait comparaison, nous disent les spécialistes de la chose littéraire, il; faut qu’il y ait comparé, comparant et outil de comparaison.

Les Antilles ne sont pas en reste ! Voyez plutôt cet ouvrage de Hector Poulet et Jude Duranty,  Konparézon siparézon

konparezon

Parfois c’était plus global j’entendais « nég two konparézon » ! il y aurait des konparézon san ayen et des konparézon kini. Moi je nes ais ou j’étais comment moi konkonm san grén pouvais je être konparézon. A-priori pensais-je, préjugés ! Non je n’étais pas si konparézon que ça ! Ma mère en revanche, mon père, certains de mes frères et soeurs l’étaient à leur manière, bien plus que moi..

Ou tro komparézon ! J’aime trop critiquer, me mêler, avoir des opinions sur la vie des autres, j’émets trop de jugements sur les autres.     Pire konparézon pa ni sézon ! Avec l’âge le konparézon devient encore plus konparézon ! C’est dans l’ADN de la personne ! C’est vrai même ma chère et tendre  me le dit au moins une fois par semaine quand ce n’est pas par jour. Elle ne me dit pas en créole bien sûr puisqu’elle est brésilienne. elle me dit ainsi :

Para de ser juiz ! Arrête de jouer au juge !

Mais moi je revendique justement cette konparézon !

Je serais un « m »as tu vu » ? Un personnage pas trop recommendable, hautain, supérieur, snob, distant et maldisant ! Que nenni les amis ! J’aime réfléchir, penser, ratiociner, échafauder des hypothèses, bref faire fonctionner mon caillou. Et pour moi il n’y a pas de sujet tabou, les sciences, la politique, la religion, la gastronomie, la psychanalyse, le sexe, rien n’échappe à mon investigation, à ma reformulation ! je suis comme un enfant éternel, un Peter Pan si vous préférez  qui veut toujours savoir le pourquoi et le comment ! et Peter Pan n’était pas hautain que je sache !

Si je suis végétarien ou pesco végétarien c’est sans doute parce que je suis konparézon !

Si j’e ne mange plus de piment comme autrefois, konparézon !

Si j’ai une belle voiture décapotable, konparézon ! Si je marche à pied, konparézon !

Bref vous m’avez compris, on est toujours konparézon pour quelqu’un quoi qu’on fasse ! L’important c’est dêtre honnête par rapport à soi et à ses proches. Le reste ce n’est que konparézon !

Sexe, paradis et interjections

Au summum du plaisir croyants comme incroyants, athées comme agnostiques, pratiquants comme non pratiquants ont à leur disposition dans toutes les cultures pour leurs soupirs, gémissements, râles et autres chuchotements toute une gamme d’interjections lubriques pour se signifier à soi entre spasmes et couinements subtils comme à leur partenaire qu’ils atteignent le paroxysme du plaisir. Il n’y a pas que les hummmmmmm, les ouille ouille ouille, les aïe aïe aïe, les oh oui, les ah, les woye, les waye créoles. Il n’y a pas que les lekker hollandais, les que rico espagnols, les ik kom klaar hollandais encore, les kwa kwa kwa des Indiens Matis d’Amazoni ou les ino ino ino (jaguar jaguar jaguar) de leurs voisins les Indiens Marubo. La panoplie est bien plus large pour évoquer cet instant flottant entre souffrance et plaisir. On invoque souvent alors à l’heure de l’orgasme des divinités, des prophètes, des saints et des saintes. On peut même jouir en latin comme dans une prière par un Gloria, un Hosanna ou un Alléluia.

Que celui qui n’a jamais murmuré bondyéségné ou oh mon dieu au moment de l’extase me jette la première pierre. Oh Doux Jésus peut gémir celle en qui on vient de faire rugir le petit Jésus dans la crèche. Sainte Vierge ! Ces figures tutélaires assaillent l’âme de celui qui jouit et qui sait que jouir est une petite mort et qu’avant de mourir il faut invariablement payer son tribut aux esprits. Nul ne peut avoir accès à ces mini paradis sur terre sans ces mots émis en plein vertige des sens. Jésus Marie Joseph crie l’un succombant presque sous les coups de boutoir des stimuli. C’est la même extase que celle de sainte Thérèse de Jésus sur la statue de marbre de Bernin (Gian Lorenzo Bernini) (1654) et celle de Marie Madeleine en extase au pied de la Croix de Guido Reni! C’est la même communion charnelle qui est proposée à travers l’ostie -chair et sang.

Que dit sainte Thérèse quand elle raconte son moment d’extase, appelé transverbération, moment où elle se fait transpercer par la lance bouillonnant de feu d’un ange chérubin et où la douleur et la mort confinent au plaisir:

« J’ai vu dans sa main une longue lance d’or, à la pointe de laquelle on aurait cru qu’il y avait un petit feu. Il m’a semblé qu’on la faisait entrer de temps en temps dans mon cœur et qu’elle me perçait jusqu’au fond des entrailles; quand il l’a retirée, il m’a semblé qu’elle les retirait aussi et me laissait toute en feu avec un grand amour de Dieu. La douleur était si grande qu’elle me faisait gémir; et pourtant la douceur de cette douleur excessive était telle, qu’il m’était impossible de vouloir en être débarrassée. L’âme n’est satisfaite en un tel moment que par Dieu et lui seul. La douleur n’est pas physique, mais spirituelle, même si le corps y a sa part. C’est une si douce caresse d’amour qui se fait alors entre l’âme et Dieu, que je prie Dieu dans Sa bonté de la faire éprouver à celui qui peut croire que je mens. ».

Mais d’où nous viennent ces spasmes de Sainte mystique. Comment cette extase, cette illumination, cette rencontré spirituelle, cette expérience numineuse se fait-elle chair et vocabulaire à travers les interjections ?

Ah interjections sans vous le coït serait océan de tristesse. Comment pourrions-nous autrement par le verbe partager l’émotion de la chair ? Parfois on manipule bien évidemment . On dit chéri ou chérie ou mon amour mais ce ne sont que des succédanés de chérubin comme ohmygosh est un succédané de oh my God.

Les interjections dites égophoriques ou endopathiques – telles que les décrit l’anthropologue Philippe Erikson dans le récent numéro 67 de la revue anthropologique Terrain consacré à la jouissance et intitulé Jouir? – sont selon moi des manifestations orales ancrées dans notre inconscient collectif aux frontières duquel la mort et la souffrance se livrent un duel arbitré par le désir inné de recherche du plaisir et de survie.

Avis d’obsèques Vaval Gwan Bwabwa

Les avis d’obsèques enterrant Vaval le mercredi des Cendres sont quelque chose d’incroyablement comique que seul un Antillais dominant le créole peut comprendre !

RIP Vaval

Vous venez d’entendre celui qui m’a été envoyé du réseau TCSP.

voici celui de RCI

En 2017 voici le faire part de France-Antilles

En cette période d’élection présidentielle, Vaval était devenu un distributeur non pas de billets de banque mais plutôt de lespwa mal-papay. À fos bagoulé et kouyonnen moun, ce qui devait arriver arriva. Dans un toufé yen-yen san manman et san papa, Vaval a été dékalboré pour ne pas dire eskenté.

Le roi Vaval était souvent au volant de sa bwadjak de la marque « Tuma ». Lui qui conduisait toujours d’une manière ala pektolè n’a pas vu venir le coup et le droit de retrait de ses nombreux collègues, parents et alliés n’a pas empêché au médecin légiste de le déclarer mort de sa vraie mort. « Vaval est dérédi », a-t-il écrit.
Si Vaval n’était pas an lekzanp pour la jénès car mis en legzamen à de nombreuses reprises, on dit qu’il profitait allègrement du système et aussi des vitres sur-teintées de sa voiture pour faire lestonmak sur les forces de l’ordre. Ses adversaires laissent entendre qu’il était un homme à femme. On sait pourtant de source sûre, car lu dans le canard, qu’il disait partout : « J’aime ma femme et ma femme m’aime ! » Une femme décrite comme un véritable petit bijou obidjoul mais an fouté fè ekzajéréman. Une femme qui prêchait lévanjil mais qui surtout aimait prendre tous les amis de son mari dans an léto et flandjé leur porte-monnaie.
Sa majesté Vaval était le père d’une nombreuse descendance : les endiskré, les fafouya, les fouyapot, les griji, les engra, les malonèt, les zensek, les tibet, les dékalfoutjé, les dékatjé, les lèkètè, les zèkèlek, les instwi, les grangrek, les boug-sou, les tafiatè, les enfim, les enpiok et les tonbé dekdek. Il était apparenté avec les tétanos, les anmèdé, les tiédi, les awalés, les fouben, les gadé-tinèt, les poul-bwa, les abòfiò, les tébè, les golbo, les kouyon, les zannimo et bien sûr les dézodez et les tjenbwazè.
Vaval le dézodiè, celui qui connaissait celui qui avait des dossiers sur tout le monde, sera, selon ses dernières volontés, incinéré dans un gwo-difé.
Cet avis est diffusé de la part des tjòlòlò, les grenn-chien, les kolokent et les ti-zandwa tout comme les djol san dan, les pot-chanm, les pot-kaka, les mass lan mô, les neg gwo siwo, les pété cho, les kaka kok, les gaté tol et surtout des pa rèté pwel. Il ne faut pas oublier les ich-kòn, les Lapokal, lafouka, rat’ bal, tet’ zoto, diri san trié, raché pwel, zié la si, rad kabann’, ti tôti, gwo zoteil, bonda maté, zié loli, boloko et autres maché pwan’i et les kavaliè-makouklou.
France-Antilles présente à toute cette grande famille ses sincères condoléances.
Selon la volonté du défunt, il n’y aura ni fleurs ni couronnes. En revanche, les feuilles de corossol sont les bienvenues pour calmer la douleur de tou sa ki lé que katakolbok pran yo, des masoupwel et des fout ou douss en transe.
La cérémonie principale d’incinération de Vaval aura lieu, après les différents vidés et les derniers wélélé.

Le Tikiki Wouay Manikou klub, Le Gwo koko et Ti koko Folio Klan, Le Rassi Fouteux Club de Besançon, Le comité Miss fanm a chivé liss é sa ki ni chivé grenen mété tisaj, el platico systemo bando, le Toujou soupapé vidé des TSV, les Maryann lapo fig, les Maryan la po bannan et les Maryan la po goyav, les Karolyn zyé koki é loli, la fédération des planteurs de letchis Mi de Martinique, les mokozombi, la CON-fédéRATion des medsen lanmo é medesen lopital rasist di lan Ména, le Comité Hou Hou voici le loup, Les Nèg gwo siwo é san siwo, Le LPP Lyannaj Pou Pwofitatyon, les Rara la simen sainte, l’association des moun ki té alé lékol sèlmen le dimanche é jou férié, l’association Matinik sé ta yo Matinik plis ki ta yo, La fédération Si sé taw pranw si sé pa taw kitéw, les zouks lovers ki pa sa palé kréyol, lé Gadé zafè de ATV épi KMT é Zouk TV, les séancié kokè et associés, lé gad cocottes, l’Association des Diables rouges de Los San-Joseph, Les fanms épi nom a ganm, les Foncés de souche, les Avan Vis et Dèyè Vis du 5e jour, les Apré vis du 7e jour, Le gran et le piti sanblan klub, les yoleurs de Saint-Joseph et du Gros-Morne, l’Union des chabin et chaben ticktées, l’Union dé Nonm mwen sé sik sosé dan myel, L’association des Chabens ki sanblé kont nèg é zindyen, le lyanaj fenm dous kon siwo, Les témoins de Vaval de la salle du Royaume, La condération des hommes battus qui portent leurs cornes fièrement, le Komité des chyens-abiyé-an-moun et des moun-abiyé-an-chyen mé chat osi asepté, l’Association Fanm sé chaten mé nom osi, La fédération des komparézon ki pa ka kouté kompa, Le komité Pani koutela enko sé fizi ka palé, L’association Non au string mété tchilot gwan manmanw, Le Lyannaj des souceurs sans frontières, les Décalez moi ça, la Fédération Fwansé Bannan « tout le monde fait une carreau même la Pape », La fédération « Bésé mwen ka véyéw », Le « Ou Awogan ou Awogan » Klan du Morne-Rouge, Les mokozombi, les matelots boulé, Les Fanm Sousounes kléré,
Le Comité de tout-fason-si-ou-pa-an-kabrit-ou-sé-an-mouton, les bwabwas sans frontières, les « Bleu-Marine supa kouyon krew », l’Association C.A.L Sé Tay, l’Association le-fluo-sinon-rien de Martinique, le kolectif du 31 février, l’association des porteuses de Leggings Galaxie, l’association « Bésé an lè pri tisaj la », le rhum-whiski-Manawa-club, l’Association « Sa ki pa daco… Levez le doigt! », Le « moto-club Mété la bèt an I! », les « Viti-Cul-teurs charoyeurs très coupeurs plus que coupeurs », »L’association Schoelchéroise dit Mè a pa rété la! », l’Association des « Femmes cocufiées du président de la république française », L’Association « Sé string kini ou toutouni », les 12 salopards, le ganm band, Le « Comité Fanm a chivé léta », La « Fédération Nappy si chivév pa grennen ou pa adan ayen », les Veuves très-très joyeuses de Vaval, les « Vavals pa fanmiy mwen! », Les porteurs du Zikal, L’Association Lékol sé le dimanche car « J’ai acquéri », le KK Kabrit klub, la « Sauce Siacion tu madre es una Walpa y tu padre un Jumpy, le « kou kou noeuds klub », La Fédération de chasseuses de Zikal, L’Association des « Porteurs de string le Mâle est conne », L’Association des Kals-vicieux porteurs de cornes sans frontières, le Comité Yé Krik Yé Krak est-ce que la cour dort?, la Fédération des conducteurs de Bwajack de la Martinique, le Lyenaj Moustiquos killers, les sapeurs pompeurs de Kinshasa, les fanm épi nonm à ganm, Le Komité Christina a dit sé pa kon sa pou abiyé…

Ont le regret de vous informer du décès de Vaval Gwan Bwabwa surnommé « Woua Awogans », étouffé hier soir dans son arrogance, en avalant par accident un moustique ticté porteur du Zikal, alors qu’il collait légèrement une petite !
Cet avis est diffusé de la part de ses nombreuses femmes, maîtresses amants, concubines, concubins, parents, alliés et associés, ses bobos, ses manawas, ses cochonies, ses ich la CAF, ses ichs déwo, ses ich an didan, sé ich officiels

La Page CDM non officielle s’associe à la douleur des familles parents et alliés (wouay mwen pé pa tienbé Vaval Mò)
Il y aura beaucoup de fleurs, beaucoup de couronnes, beaucoup de danses, de chants malélivés ou pas de cris et de  » sauté sauté pantalon mwen déchiré »

Toutes mes Con-doléances !

Source Carnaval de Martinique

2015

L’association des Bôbos Unidos, La fédération des grévistes sans frontières, Le Comité KPN, L’association Bésé Pri a an lè rhum lan, le comité Martiniquais des Tèbès, Les Vavals pa fanmiw mwen, les Walpas, les Kochoni, les Chattas, l’association des Makos-Makrelles de Martinique, les bomboklats, les Yèyèz et yéyés douvan an sé pwèl é dèyé osi sé pwèl, les péteuses de bombes de Mada, les fanm et Nonm kolokettes, les fanm épi nonm toutouni sé ayen ki ni, les Chabin é chaben pwèl si, les chabin chaben, nèg et négresses kalazaza, les négresses é neg pwèl si, les koulis ki pa mangé chyen, les fanm épi nom dous pasé siwo, les négresses et nègres gwo siwo, les Maryan la pofig, Marvyn ki pou rantré avan minuit, L’association des rhumiers premyé Kou pa Kou, L’association des komparézonn ki di yo pa enmen sa mé yo la kan mèm, Le comité Tchin Tchin champagne à la tienne, L’Association des diables rouges de la Martinique, les Vakabonnes et Vakabons universels , les santi pipi, les mas lanmô, les medesen lopital, les mokozombi, l’association des pêcheurs de poissons lions, Le Ti KIKI KLAN KLUB, les Gwos Kèkettes fans club mé lé piti osi, les diablesses, l’association « Tous… dure dure d’être Békés », les Ravèt légliz, les siwoteurs du dimanche, Les Je suis Marvin, les Je suis Manmanw, les Je suis Papaw, les Ich man Gaz, les Ich man Pans, les komparézon san ayen, les Komparézon kini, les volpones, les sousounes kléré, la fédération des veuves joyeuses de Vaval, le collectif des anciens Vavals disparus, les Isalop Unis, Les porteurs de string tout bonda déwo, les famn é nonm dékalciné, les coupeurs de cannes et autres, L’Union des mâles fêteurs, L’association des cultivateurs d’algues sargasses, l’homme paille, les piti é gwan bwabwa, les Happy culteurs de Macouba, les makoumès, Les nonm épi fanm TA NOU TOUT, les charayeurs, déposeurs non coupeurs, L’union des hommes et femmes qui portent leurs cornes fièrement, les Angéla yo ké fenn tiouw bay, les karolyn zyé koki é loli, Les Nabillas du groupe A avec ou san couteau, les touloulous, les tololos, les tous lolos, les skétèls, les kokofiolos, Tout Pitin é Mako, La fédération des mangeurs de chips qui té asiz la pèpère, les hommes et femmes d’argile, les ich la CAF, Les ich des déwo, les ich konn, les papas ou t’es ? Les manman ou t’es ? Le Kolectif des vidéyeurs ki pani fanmiy pendan kannaval la, Le collectif Cristina Cordula contre le Fashion faux pas, les Ich ka moun Gaz, les Manawas, le Collectif des Jumpy, les Alcooliques bien connus, Le club Mwen sé Nonm manmanw lè papaw pa la, L’AAJAKA (Asosyasyon Arété Jouré An Kannaval An…)

Ont le regret de vous annoncer, le décès de sa majesté Vaval Gwan Bwabwa surnommé Sargas Poisson Lion Ich Man Gaz, mort accidentellement à minuit. Etouffé dans ses algues sargasses après que son épouse l’ait surpris astiquant son pot de chambre avec une de ses fanm déwo. I Salop la !

Cet avis est diffusé de la part de sa veuve joyeuse, ses milliers de concubines, ses enfants officiels ses enfants déwo, et de son amant Marvyn. Le cortège se réunira tout koté Matinik ! En tout lari !

Un char sera à votre disposition sur le front de mer de toutes les communes de l’île même au Morne Rouge. Dress code Noir et blanc voire violet. Evitons les fashions faux pas !

La page carnaval de Martinique s’associe à la douleur de la famille. Melle CDM nie toute implication dans la mort de Vaval. Ce sont que des rumeurs venant de makrelles mauvaises langues de vipères voulant nuire à ma réputation.

Source : Carnaval de Martinique

2014

Avis d’obsèques de Vaval.

L’association des tueurs d’insectes de Martinique, la Fédération Vulcano-Baygon-Raid-Tue-rèd-tous-les-insectes, le Racing Club des moustiques suceurs de sang, L’association Rose-Fluo-Whisky-RSA-Noulé-Lagen de Martinique, l’association KPN et des KPA (pou ayen), Les Mâles Fêteurs, les Touloulous, les Tololos, les Nèg Gwo Siwo, les Nèg San Siwo pas sé la Kriz, les fenm ki ka chèché an nonm dous pasé siwo, le comité des siroteurs sans frontières, les Maryan lapofig Unies, les Maryan LapoBannnan désunies, les bwabwas universels, les bandes santi mové, les malpropres, les bwabwas ki té ka alé lékol sèlmen la Simèn sainte, les kochoni, les Ravèts légliz, les avan vice, les dèyè vice, les Walpas, les Chatas, les Pitin San Maco, les Makoumès, les Isalop sans papa et san manman, Les « Ta nou tout », Les « Ta pèson » , les Vaval pa fanmiw Mwen, les Medsen Lopital, les Mas lanmo, Les Ti Macaques de Twopikal Gwouv, les Fenm a Gwo Boudin, les Fenm a Boudin Plat Kon Plato, les Fenm a Boudin Gwo Dodan, « les Décalés moi ça », les bondas décalcinés, les diables rouges avec ou sans miroir, les papa diab, les ti diab, les diablesses, les nègres d’argiles, les hommes d’argiles, les hommes sans argile, les péripatéticiennes , les vakabonnes, les gwo bondas décalcinés, les Ti Bonda Koupé-décalé, tout Yèyèses douvan a sé pwel, tout fenm dèyè a sé pwel, les rhumiers alcooliques, l’association Champagne-toute-l’année, l’association des gérants-stations-services-grévistes-ki-pa-ka-fè-lafèt, les fenm et nonm kolokèt, les fenm et nonm manawa, les volpones, les enfants de garce, Le comité de ceux et celles qui portent les cornes fièrement, L’Union des Antillais sans les Guyanais du campus de Schoelcher, les bakannales, les bo kannal, les Bomboklates, les mères makrelles, les travelos, los Makos Unidos, les Gigolos, l’association on veut pas de la violence on veut…, les Bôbôs, les Santi-pipi, les Santi-kaka, les Péteuses de bombes, les vidéyeurs ki pani fanmiw pandan kannaval la, less karolin zyé Koki et kokli, les komparézon san ayen, les komparézon kini,les kompa ki pani rézon, les manman mouton, les papa kabrit, les fesboukès et fesboukèzes, l’Association des ex-femmes de François à Mobylette, l’association des ti-bidon-ti-pilon, des Makrelles Jou Lantèman, les pleureuses officielles de Vaval, ont le regret de vous annoncer le décès de Vaval Gwan Bwabwa Chouchoune Chikun Gounya mort de manière accidentelle dans la nuit de mardi à mercredi.

Cet avis est diffusé de la part des veuves joyeuses de Vaval, de ses enfants légitimes, de ses Ich déwo, de toutes ses maîtresses, de ses amants, sa famille, de ses parents et alliés.

Le cortège se réunira tout partout à Fort-de-France. Dress code Noir et Blanc, si tu n’as pas, met du violet ou ne vient pas !

Beaucoup de fleurs, beaucoup de couronnes, beaucoup de condoléances !

L’incinération se fera sur le Malecon, si le mâle est con ! Difé an Pwel Vaval, ce soir !

Les hypocrites qui « malparlaient » Vaval de son vivant, restez chez vous

2013

Vaval

2010

Mesdames méssié, carnavaliers, moun comparaison, épi sida, san sida, gwo bonda, bonda plate, bonda bombé, bomda décalciné, bonda san cal , épi cal, neg gwo siwo, neg ti coco, neg san siwo, coolies mangé chiens, coolis mangés chat, maryan la po fig, caroline zyé loli, zyé koki, neg de gran genre, neg bitaco, tête boloko, tête mabolo, manawa, cochoni, fanm déwo, nom déwo, nom san cal, femm épi cal, femm décala sa, nonm ta nou tout, nonm ta pèson, bonda dé calssiw ou lé, makak san pwel, tou sa ki ka kwè sa pou krié yo kwata, sa ki couchale, moun ki su, sa ki bon, sa ki pa bon, tout malprop, tout foufoune santi, tout ti coco santi, rara la simaine sainte, chabin pwèl si, ravèt léglise, fenm é nonm an chalè, fenm épi nonm san chalè, skétel, nom épi fenm a gwo pwèl, fenm et nonm déwo, tout santi pipi, santi kaka, KK mouton club, mal mouton, femelle mouton, tout tèbè, gwo djèl, ti djèl, gwo zyé, ti zyé, tout vakabon, chabine kal à zaza, tout ich conn sans papa ni manman, tout bwabwas, tout cochon ki ké ni jou férié yo, tout cals vicieux, diab rouge, diab pa rouge, diablesses, veuves joyeuses, veufs heureux, femm ki ni pwel yo ka pri difé, mas lanmo, médecin lopital, touloulous, tololos, femm tiqueté, nonm sans tic, gad cocotte, nonm sponsorisé par la CAF, fenm sponsorisé par la CAF etc…………..Nous avons le regret de vous faire part des obsèques de Vaval Gwan bwabwa plus connu sous le nom de Pwofitè BC pou Ba

Les obsèques de Vaval Gwan bwabwa seront célébrées ce mercredi des cendres premier jour de carême à Fort-de-France

Ces obsèques sont diffusés de la part de 3500 veuves joyeuses décalcinés de Vaval, de ses enfants, arrières derrières petits enfants, de ses concubines , ses maîtresses, ses femmes d’un jour, de son frère Sergio Letchi, son cousin Chaben Jeanne, sa tante Marie-Luce S’épenche, sa soeur Lise, Sa cousine Foufounette, sa grand mère Kate Konkoune, ses amis parents et alliés, de l’amical C.A.L c’est CAL, des sapeurs pompiers spéciale manmanw ka pri difé, de l’association des Mâles fêteurs et des vicieuses sans frontières.

Un car sera mis à votre disposition près de la mairie de votre commune. Il y aura fleurs couronnes , condoléances et surtout un bûcher. Texte de Carnaval Martinique

A MUSÉE VOUS A MUSÉE MOI

Quand les tableaux se mettent à parler.

Ici un tableau de Grant Wood (1891-1942) intitulé American gothic (1930). Il s’agit d’une huile sur aggloméré  représentant un père et sa fille, tous deux paysans,  figés pour l’éternité devant une fourche.

J’aime tout particulièrement ce tableau de Norman Rockwell (1894-1978), une huile sur toile de 1963 intitulée The problem we all live with. Le tableau de 91,5 cm sur 147,3 cm met en scène la première petite fille autorisée à intégrer une école blanche dans l’Amérique ségrégationniste. Elle s’appelait Ruby Bridges. Elle est ici interprétée par Naomi N’Zede. L’épisode est intitulé Temps mort. Un moment où l’enfant s’explique avec les agents fédéraux qui l’escortent et qui se plaignent de n’apparaître sur l’image qu’à hauteur des épaules. Ils souffrent de leur anonymat alors qu’elle est passée à la postérité.

Ruby Briges est née le 8 septembre 1954, elle est donc environ deux ans plus jeune que moi. Elle est née par contre à Tylertown , Mississippi en pleine ségrégation raciale. Avant d’aller un peu plus loin un bref survol historique.

1865 : abolition de l’esclavage le 18 décembre (13eme amendement de la constitution). A la fin de la guerre de Secession (1861-1865) création au sud des Etats-Unis du Klu klux klan, défenseurs de la suprématie blanche.

1868: vote du 14ème amendement qui  accorde la citoyenneté aux Afro-Américains

1876 : les lois Jim Crow sont votées dans les Etats du Sud. ségrégation raciale dans les transports, les restaurants, les hôpitaux, les lieux de loisirs (billards, bars, dancings, etc) les prisons, les écoles. Interdiction de cohabitation entre une personne blanche et une personne noire ou entre une personne blanche et une personne d’ascendance noire à la quatrième génération. Interdiction de mariage.

1870 : quinzième amendement qui accorde le droit e vote à tous les citoyens quelle que soit la couleur de leur peau

1896 :  Noirs et blancs sont séparés mais égaux c’est la ségrégation raciale, l’apartheid.

1939 : Billie Holiday chante Strange Fruit qui évoque les lynchages et les pendaisons dont sont victimes les Afro-américains

1954, année de naissance de Ruby: la ségrégation raciale à l’école est déclarée anticonstitutionnelle dans les école publiques.

1955 : Rosa Parks refuse de céder sa place dans un bus

1960: Le Président Eisenhower (1890-1969) fait voter une loi obligeant les écoles blanches à intégrer les enfants noirs à l’école. Six enfants furent choisis par l’intermédiaire du NAACP après un processus de sélection pour tester le dispositif ‘intégration et vérifier sa viabilité mais ce fut elle qui capta les feux des projecteurs le 14 novembre 1960 en Louisiane où elle intégra l’école primaire publique William Frantz Elementary escortée par quatre  US Marshall portant brassards jaunes dans une ambiance de haine où des comptines comme 2, 4, 6, 8, we don’t want to integrate étaient prononcés. Norman Rockwell sur son tableau fait apparaître sur les murs les mots nigger, KKK pour Klu Klux Klan, on voit apparaître une tomate qui vient de s’écraser sur un mur.

Cela se passait aux Etats-Unis en 1960, il y a à peine 58 ans et j’étais vivant alors, j’avais huit ans ! La petite Ruby en avait tout juste 6. L’école obligée d’intégrée la petite fille vit la classe où elle était inscrite se vider pendant un an  de ses élèves blancs et la plupart des professeurs refusèrent de prendre en charge cette enfant. Seule  l’enseignante blanche Barbara Henry se chargea pendant un an dans une classe vide de l’éducation de cette enfant. Puis son contrat ne fut pas renouvelé par les autorités locales . Et elle retourna dans son Boston natal.

1964: La Cour Suprême abolit les lois Jim Crow.

1967: la Cour Suprême juge anticonstitutionnelle les lois interdisant les mariages mixtes

Ruby est actuellement activiste des droits civils après avoir travaillé dans le tourisme à la fin de ses études.

En 1995 Robert Coles qui avait suivie en tant que psychologue scolaire la petite Ruby publie un livre pour enfants intitulé The story of Ruby Bridges

En 1998 un film est tiré par les studios Disney de la vie de cette élève : Ruby Bridges, the movie

Kody, l’enfant de choeur humoriste

Voila un personnage ! Trouvez l’erreur, enfant de choeur, humoriste, diplômé en sciences politiques, diplômé en commerce, fils de diplomate, né à Schaerbeek, Belge, Zaïrois, Congolais, humoriste, un peu imitateur, a croqué pour Le Grand Cactus (RTBF) et Touche pas à mon poste tout un florilège de personnages comme Karl Lagerfeld, le Pape François, Neymar, Belmondo, Jean-Claude van Damme, Gérard Depardieu, Johnny Hallyday, Stromae, Emmanuel Macron, Robert Mugabe et j’en passe. Il entre dans la peau du personnage en copiant leur gestuelle, leurs mimiques et tente de s’approprier les traits de caractère de chacun ! Au cinéma, à la télé, au théâtre, à la radio, avec ou sans la complicité de Jérome de Warzée, entre deux voyages pour retrouver une part de sa famille au Congo où il est par ailleurs parrain d’une fondation qui vient en aide à des producteurs de café, Kody Seti Kimbulu dit KODY parait en même temps zen et pressé !

L’afropéen est quarantenaire et a participé au tournage de son premier film comme acteur en 2017. Ce sera une comédie sur le foot appelée La Fine Equipe, réalisée par Ismael Saidi, qui sortira sur les écrans courant 2018.

A le voir évoluer sous les caméras, devant les micros et sur les planches et  aborder des personnalités sur un mode pas tout à fait mainstream bien pensant je me demande si son humour décalé belge (voir ses imitations de Macron et de madame  où Emmanuel porte cartable au dos et bavette avec effigie de johnny au cou, qui s’adresse à sa femme comme à un prof de français à coups de madame, qui demande à faire pipi, qui fait son rôt et qui mange de la panade en direct : une cuillère pour la Patrouille de France, une cuillère pour le Premier Ministre…) pourraient passer sur la télé française à des heures de grande écoute comme en Belgique. C’est de l’humour belge, de l’humour wallon peut-être mais c’est de l’humour. En tout cas je ris et je ne suis pas belge mais effectivement je suis décalé à vie ! Mais pour le magazine Closer on pousse peut-être le bouchon de la parodie un peu trop loin chez les voisins d’outre Quiévrain.

https://www.rtbf.be/auvio/detail_emmanuel-et-brigitte-macron-dans-le-tres-tres-grand-cactus?id=2293356

Mais d’ailleurs comme dit un proverbe prétendument zimbabwéen :

Un costume n’est vraiment taillé pour toi que quand tu as ton portrait dessus.

Kody est lui aussi inventeur, passeur de proverbes dont ces deux proverbes zimbabwéens qu’il met dans la bouche de Mugabé

Si le crocodile a un pantalon c’est qu’il a trouvé où ranger sa queue

Mieux vaut un aveu sincère obtenu sous la torture utile obtenu sous la torture qu’un aveu sincère embarrassant »

A méditer !

La soupe au canard rend-elle amnésique?

Groucho, Harpo, Chico, Zeppo Marx, des Marx Brothers, ne sont pas nés comme leur père à Strasbourg mais bel et bien bien aux Etats-Unis. Loin de la choucroute et du Gewurzstraminer donc ! Leur humour caustique m’a toujours intrigué. Groucho dégaine en anglais autant de blagues qu’une mitraillette dégoupille ses balles à la minute. Blagues savoureuses en anglais, un peu moins délectables en français. Mais il en fut de même pour d’autres comiques comme Laurel et Hardy. L’humour est le degré zéro de la traduction. Comment traduire Duck Soup  par exemple si on sait que Soupe au Canard ne traduit pas toutes les valeurs de « duck soup » .

La guerre peut être drôle. Charlie Chaplin bien après dans Le Dictateur (1940) (Thr Great Dictator), Stanley Kubrick bien après encore dans Docteur Folamour (1964)( titre original en anglais Dr Strangelove or : How I learned to stop worrying and love the bomb, avec Peter Sellers dans le triple rôle de Mandrake, le président américain et de Dr Strangelove) et Léo Mac Carey dans la Soupe au canard (1933) l’ont prouvé si besoin est avec maestria. Dans la Soupe au canard (Duck soup), où le burlesque, l’absurde, la dérision et la satire politique l’emportent sur l’histoire, on ne sait si le discours politique sur la guerre fait partie du ressort du rire. On ne rit pas de Mussolini/Chicolini, comme on ne rit pas d’Hitler. Il s’agit ici d’avatars qui nous permettent de mieux appréhender les travers et les démences des politiques et des va-t-en guerre. Or les conflits trouvent la plupart du temps leurs origines dans des dérives religieuses. Il n’est donc pas anodin que les frères Marx nous proposent en tomber de rideau un negro spiritual revu et corrigé à la sauce Marx.

Les anges n’ont plus d’ailes mais des fusils. No wings only guns.

All God chillun got wings

They got guns we got guns

All God’s chillun got guns

I’m gonna walk all over the battlefield

Cause God’s children got guns

Freedonia, nom du pays imaginaire au bord de la banqueroute, qui devait d’abord s’appeler Amnesia, doit fatalement entrer en guerre contre Sylvania. A la tête du pays une riche veuve, Madame Teasdale, fait nommer le président Rufus T. Firefly, un agent de l’équivalent actuel de la NRA (National Rifle Association) Eureka Ammunition Company. La guerre, la folie paranoïaque dans toute sa tragédie bouffonne,  est inévitable. War ! Tous les mythes peuvent être revisités, parodiés, sur le ton de l’outrance, de la farce, du grotsque: la conquête de l’ouest, le western, le banjo, la musique folk, le negro spiritual

Tu saignes du nez

Je viens de manger un délicieux et volumineux faux-filet au restaurant Chicken avec en face de moi mon ami Alexandre, professeur d’espagnol d’origine sénégalaise. Il ne mange pas. Il est dejá pres d’une heure. Lui est en vacances et prend son apéritif. Toujours du vin rouge. Sa mère vient de décéder a 91 ans au  Senegal. Il en revient. Il est en deuil, me dit-il jusqu’au 27 octobre. Cela ne l’empêche  pas de boire son ballon de picrate reglementaire a la santé d’Hipocrate. Il ne mange qu’a 15 heures à l’ heure espagnole. Chicken c’est sa cantine. Il y mange tous les jours. J’ai règle, je n’attends plus que ma monnaie. Je dois partir vite fait car je recommence à une heure. Il faudra que je prenne un taxi. Et voilà qu’ il m’ assène un magistral: « tu saignes du nez. » Craignant l’épistaxis je palpe machinalement mon nez, les deux ailes, pas de sang à l’horizon. Il rigole. Je révise dans toutes les langues le sens de tu saignes du nez: seu nariz está sangrando, your nose is bleeding, ne aw ka pisse san, zijn neus is j’ai oublié quoi. Rien. Lui rit et regarde fixement mon entrejambe. Je réalise alors que ma braguette est ouverte. Fichtre. Il rigole. « Tu saignes du nez est une expression pour dire ta braguette est ouverte. »

Moi je connaissais: « la porte du garage est restée ouverte. » Je range donc vite fait bien fait ma Cadillac, coupe le moteur, puis met le frein à main. On est dans une descente, on ne sait jamais avec ces engins-la. Imaginez que le moteur s’emballe à froid et défonce  la porte du garage à nouveau. On serait bien ! Comment contester la science vernaculaire d’un docteur en espagnol diplôme de surcroît de la Sorbonne ? Eh oui il est fier de lui. Il me dit même de vérifier dans les dictionnaires. 

Bon, je ne savais pas que mon nez se trouvait au niveau de la braguette. J’essaie de voir un rapport avec fermeture éclair. Rien. Zip, rien. boutons de braguette. Toujours rien.

Ah elle est coquinette cette langue française. Fermer sa braguette ce serait alors se boucher le nez  ?

Ah il va falloir que je me jette dans l’étymologie de l’expression. Que dit ma bible, le Cnrtl? Rien. Ça doit être une blague sénégalaise, qui sait, puisque dans Sénégal il y a nez. Mais je dis ça, je dis rien.

Bon, faisons confiance à notre ami docteur en Sorbonne et je laissons jamais saigner nos nez. Une épistaxis est si vite arrivée. 

Saigner du nez, pisser du nez, ce n’est pas le même appendice, mais l’image est éloquente.

Je vais la ressortir des que je le pourrai. Mais il va falloir scruter dur les braguettes. Oh my God!

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