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Sexe, paradis et interjections

Au summum du plaisir croyants comme incroyants, athées comme agnostiques, pratiquants comme non pratiquants ont à leur disposition dans toutes les cultures pour leurs soupirs, gémissements, râles et autres chuchotements toute une gamme d’interjections lubriques pour se signifier à soi entre spasmes et couinements subtils comme à leur partenaire qu’ils atteignent le paroxysme du plaisir. Il n’y a pas que les hummmmmmm, les ouille ouille ouille, les aïe aïe aïe, les oh oui, les ah, les woye, les waye créoles. Il n’y a pas que les lekker hollandais, les que rico espagnols, les ik kom klaar hollandais encore, les kwa kwa kwa des Indiens Matis d’Amazoni ou les ino ino ino (jaguar jaguar jaguar) de leurs voisins les Indiens Marubo. La panoplie est bien plus large pour évoquer cet instant flottant entre souffrance et plaisir. On invoque souvent alors à l’heure de l’orgasme des divinités, des prophètes, des saints et des saintes. On peut même jouir en latin comme dans une prière par un Gloria, un Hosanna ou un Alléluia.

Que celui qui n’a jamais murmuré bondyéségné ou oh mon dieu au moment de l’extase me jette la première pierre. Oh Doux Jésus peut gémir celle en qui on vient de faire rugir le petit Jésus dans la crèche. Sainte Vierge ! Ces figures tutélaires assaillent l’âme de celui qui jouit et qui sait que jouir est une petite mort et qu’avant de mourir il faut invariablement payer son tribut aux esprits. Nul ne peut avoir accès à ces mini paradis sur terre sans ces mots émis en plein vertige des sens. Jésus Marie Joseph crie l’un succombant presque sous les coups de boutoir des stimuli. C’est la même extase que celle de sainte Thérèse de Jésus sur la statue de marbre de Bernin (Gian Lorenzo Bernini) (1654) et celle de Marie Madeleine en extase au pied de la Croix de Guido Reni! C’est la même communion charnelle qui est proposée à travers l’ostie -chair et sang.

Que dit sainte Thérèse quand elle raconte son moment d’extase, appelé transverbération, moment où elle se fait transpercer par la lance bouillonnant de feu d’un ange chérubin et où la douleur et la mort confinent au plaisir:

« J’ai vu dans sa main une longue lance d’or, à la pointe de laquelle on aurait cru qu’il y avait un petit feu. Il m’a semblé qu’on la faisait entrer de temps en temps dans mon cœur et qu’elle me perçait jusqu’au fond des entrailles; quand il l’a retirée, il m’a semblé qu’elle les retirait aussi et me laissait toute en feu avec un grand amour de Dieu. La douleur était si grande qu’elle me faisait gémir; et pourtant la douceur de cette douleur excessive était telle, qu’il m’était impossible de vouloir en être débarrassée. L’âme n’est satisfaite en un tel moment que par Dieu et lui seul. La douleur n’est pas physique, mais spirituelle, même si le corps y a sa part. C’est une si douce caresse d’amour qui se fait alors entre l’âme et Dieu, que je prie Dieu dans Sa bonté de la faire éprouver à celui qui peut croire que je mens. ».

Mais d’où nous viennent ces spasmes de Sainte mystique. Comment cette extase, cette illumination, cette rencontré spirituelle, cette expérience numineuse se fait-elle chair et vocabulaire à travers les interjections ?

Ah interjections sans vous le coït serait océan de tristesse. Comment pourrions-nous autrement par le verbe partager l’émotion de la chair ? Parfois on manipule bien évidemment . On dit chéri ou chérie ou mon amour mais ce ne sont que des succédanés de chérubin comme ohmygosh est un succédané de oh my God.

Les interjections dites égophoriques ou endopathiques – telles que les décrit l’anthropologue Philippe Erikson dans le récent numéro 67 de la revue anthropologique Terrain consacré à la jouissance et intitulé Jouir? – sont selon moi des manifestations orales ancrées dans notre inconscient collectif aux frontières duquel la mort et la souffrance se livrent un duel arbitré par le désir inné de recherche du plaisir et de survie.

Avis d’obsèques Vaval Gwan Bwabwa

Les avis d’obsèques enterrant Vaval le mercredi des Cendres sont quelque chose d’incroyablement comique que seul un Antillais dominant le créole peut comprendre !

RIP Vaval

Vous venez d’entendre celui qui m’a été envoyé du réseau TCSP.

voici celui de RCI

En 2017 voici le faire part de France-Antilles

En cette période d’élection présidentielle, Vaval était devenu un distributeur non pas de billets de banque mais plutôt de lespwa mal-papay. À fos bagoulé et kouyonnen moun, ce qui devait arriver arriva. Dans un toufé yen-yen san manman et san papa, Vaval a été dékalboré pour ne pas dire eskenté.

Le roi Vaval était souvent au volant de sa bwadjak de la marque « Tuma ». Lui qui conduisait toujours d’une manière ala pektolè n’a pas vu venir le coup et le droit de retrait de ses nombreux collègues, parents et alliés n’a pas empêché au médecin légiste de le déclarer mort de sa vraie mort. « Vaval est dérédi », a-t-il écrit.
Si Vaval n’était pas an lekzanp pour la jénès car mis en legzamen à de nombreuses reprises, on dit qu’il profitait allègrement du système et aussi des vitres sur-teintées de sa voiture pour faire lestonmak sur les forces de l’ordre. Ses adversaires laissent entendre qu’il était un homme à femme. On sait pourtant de source sûre, car lu dans le canard, qu’il disait partout : « J’aime ma femme et ma femme m’aime ! » Une femme décrite comme un véritable petit bijou obidjoul mais an fouté fè ekzajéréman. Une femme qui prêchait lévanjil mais qui surtout aimait prendre tous les amis de son mari dans an léto et flandjé leur porte-monnaie.
Sa majesté Vaval était le père d’une nombreuse descendance : les endiskré, les fafouya, les fouyapot, les griji, les engra, les malonèt, les zensek, les tibet, les dékalfoutjé, les dékatjé, les lèkètè, les zèkèlek, les instwi, les grangrek, les boug-sou, les tafiatè, les enfim, les enpiok et les tonbé dekdek. Il était apparenté avec les tétanos, les anmèdé, les tiédi, les awalés, les fouben, les gadé-tinèt, les poul-bwa, les abòfiò, les tébè, les golbo, les kouyon, les zannimo et bien sûr les dézodez et les tjenbwazè.
Vaval le dézodiè, celui qui connaissait celui qui avait des dossiers sur tout le monde, sera, selon ses dernières volontés, incinéré dans un gwo-difé.
Cet avis est diffusé de la part des tjòlòlò, les grenn-chien, les kolokent et les ti-zandwa tout comme les djol san dan, les pot-chanm, les pot-kaka, les mass lan mô, les neg gwo siwo, les pété cho, les kaka kok, les gaté tol et surtout des pa rèté pwel. Il ne faut pas oublier les ich-kòn, les Lapokal, lafouka, rat’ bal, tet’ zoto, diri san trié, raché pwel, zié la si, rad kabann’, ti tôti, gwo zoteil, bonda maté, zié loli, boloko et autres maché pwan’i et les kavaliè-makouklou.
France-Antilles présente à toute cette grande famille ses sincères condoléances.
Selon la volonté du défunt, il n’y aura ni fleurs ni couronnes. En revanche, les feuilles de corossol sont les bienvenues pour calmer la douleur de tou sa ki lé que katakolbok pran yo, des masoupwel et des fout ou douss en transe.
La cérémonie principale d’incinération de Vaval aura lieu, après les différents vidés et les derniers wélélé.

Le Tikiki Wouay Manikou klub, Le Gwo koko et Ti koko Folio Klan, Le Rassi Fouteux Club de Besançon, Le comité Miss fanm a chivé liss é sa ki ni chivé grenen mété tisaj, el platico systemo bando, le Toujou soupapé vidé des TSV, les Maryann lapo fig, les Maryan la po bannan et les Maryan la po goyav, les Karolyn zyé koki é loli, la fédération des planteurs de letchis Mi de Martinique, les mokozombi, la CON-fédéRATion des medsen lanmo é medesen lopital rasist di lan Ména, le Comité Hou Hou voici le loup, Les Nèg gwo siwo é san siwo, Le LPP Lyannaj Pou Pwofitatyon, les Rara la simen sainte, l’association des moun ki té alé lékol sèlmen le dimanche é jou férié, l’association Matinik sé ta yo Matinik plis ki ta yo, La fédération Si sé taw pranw si sé pa taw kitéw, les zouks lovers ki pa sa palé kréyol, lé Gadé zafè de ATV épi KMT é Zouk TV, les séancié kokè et associés, lé gad cocottes, l’Association des Diables rouges de Los San-Joseph, Les fanms épi nom a ganm, les Foncés de souche, les Avan Vis et Dèyè Vis du 5e jour, les Apré vis du 7e jour, Le gran et le piti sanblan klub, les yoleurs de Saint-Joseph et du Gros-Morne, l’Union des chabin et chaben ticktées, l’Union dé Nonm mwen sé sik sosé dan myel, L’association des Chabens ki sanblé kont nèg é zindyen, le lyanaj fenm dous kon siwo, Les témoins de Vaval de la salle du Royaume, La condération des hommes battus qui portent leurs cornes fièrement, le Komité des chyens-abiyé-an-moun et des moun-abiyé-an-chyen mé chat osi asepté, l’Association Fanm sé chaten mé nom osi, La fédération des komparézon ki pa ka kouté kompa, Le komité Pani koutela enko sé fizi ka palé, L’association Non au string mété tchilot gwan manmanw, Le Lyannaj des souceurs sans frontières, les Décalez moi ça, la Fédération Fwansé Bannan « tout le monde fait une carreau même la Pape », La fédération « Bésé mwen ka véyéw », Le « Ou Awogan ou Awogan » Klan du Morne-Rouge, Les mokozombi, les matelots boulé, Les Fanm Sousounes kléré,
Le Comité de tout-fason-si-ou-pa-an-kabrit-ou-sé-an-mouton, les bwabwas sans frontières, les « Bleu-Marine supa kouyon krew », l’Association C.A.L Sé Tay, l’Association le-fluo-sinon-rien de Martinique, le kolectif du 31 février, l’association des porteuses de Leggings Galaxie, l’association « Bésé an lè pri tisaj la », le rhum-whiski-Manawa-club, l’Association « Sa ki pa daco… Levez le doigt! », Le « moto-club Mété la bèt an I! », les « Viti-Cul-teurs charoyeurs très coupeurs plus que coupeurs », »L’association Schoelchéroise dit Mè a pa rété la! », l’Association des « Femmes cocufiées du président de la république française », L’Association « Sé string kini ou toutouni », les 12 salopards, le ganm band, Le « Comité Fanm a chivé léta », La « Fédération Nappy si chivév pa grennen ou pa adan ayen », les Veuves très-très joyeuses de Vaval, les « Vavals pa fanmiy mwen! », Les porteurs du Zikal, L’Association Lékol sé le dimanche car « J’ai acquéri », le KK Kabrit klub, la « Sauce Siacion tu madre es una Walpa y tu padre un Jumpy, le « kou kou noeuds klub », La Fédération de chasseuses de Zikal, L’Association des « Porteurs de string le Mâle est conne », L’Association des Kals-vicieux porteurs de cornes sans frontières, le Comité Yé Krik Yé Krak est-ce que la cour dort?, la Fédération des conducteurs de Bwajack de la Martinique, le Lyenaj Moustiquos killers, les sapeurs pompeurs de Kinshasa, les fanm épi nonm à ganm, Le Komité Christina a dit sé pa kon sa pou abiyé…

Ont le regret de vous informer du décès de Vaval Gwan Bwabwa surnommé « Woua Awogans », étouffé hier soir dans son arrogance, en avalant par accident un moustique ticté porteur du Zikal, alors qu’il collait légèrement une petite !
Cet avis est diffusé de la part de ses nombreuses femmes, maîtresses amants, concubines, concubins, parents, alliés et associés, ses bobos, ses manawas, ses cochonies, ses ich la CAF, ses ichs déwo, ses ich an didan, sé ich officiels

La Page CDM non officielle s’associe à la douleur des familles parents et alliés (wouay mwen pé pa tienbé Vaval Mò)
Il y aura beaucoup de fleurs, beaucoup de couronnes, beaucoup de danses, de chants malélivés ou pas de cris et de  » sauté sauté pantalon mwen déchiré »

Toutes mes Con-doléances !

Source Carnaval de Martinique

2015

L’association des Bôbos Unidos, La fédération des grévistes sans frontières, Le Comité KPN, L’association Bésé Pri a an lè rhum lan, le comité Martiniquais des Tèbès, Les Vavals pa fanmiw mwen, les Walpas, les Kochoni, les Chattas, l’association des Makos-Makrelles de Martinique, les bomboklats, les Yèyèz et yéyés douvan an sé pwèl é dèyé osi sé pwèl, les péteuses de bombes de Mada, les fanm et Nonm kolokettes, les fanm épi nonm toutouni sé ayen ki ni, les Chabin é chaben pwèl si, les chabin chaben, nèg et négresses kalazaza, les négresses é neg pwèl si, les koulis ki pa mangé chyen, les fanm épi nom dous pasé siwo, les négresses et nègres gwo siwo, les Maryan la pofig, Marvyn ki pou rantré avan minuit, L’association des rhumiers premyé Kou pa Kou, L’association des komparézonn ki di yo pa enmen sa mé yo la kan mèm, Le comité Tchin Tchin champagne à la tienne, L’Association des diables rouges de la Martinique, les Vakabonnes et Vakabons universels , les santi pipi, les mas lanmô, les medesen lopital, les mokozombi, l’association des pêcheurs de poissons lions, Le Ti KIKI KLAN KLUB, les Gwos Kèkettes fans club mé lé piti osi, les diablesses, l’association « Tous… dure dure d’être Békés », les Ravèt légliz, les siwoteurs du dimanche, Les Je suis Marvin, les Je suis Manmanw, les Je suis Papaw, les Ich man Gaz, les Ich man Pans, les komparézon san ayen, les Komparézon kini, les volpones, les sousounes kléré, la fédération des veuves joyeuses de Vaval, le collectif des anciens Vavals disparus, les Isalop Unis, Les porteurs de string tout bonda déwo, les famn é nonm dékalciné, les coupeurs de cannes et autres, L’Union des mâles fêteurs, L’association des cultivateurs d’algues sargasses, l’homme paille, les piti é gwan bwabwa, les Happy culteurs de Macouba, les makoumès, Les nonm épi fanm TA NOU TOUT, les charayeurs, déposeurs non coupeurs, L’union des hommes et femmes qui portent leurs cornes fièrement, les Angéla yo ké fenn tiouw bay, les karolyn zyé koki é loli, Les Nabillas du groupe A avec ou san couteau, les touloulous, les tololos, les tous lolos, les skétèls, les kokofiolos, Tout Pitin é Mako, La fédération des mangeurs de chips qui té asiz la pèpère, les hommes et femmes d’argile, les ich la CAF, Les ich des déwo, les ich konn, les papas ou t’es ? Les manman ou t’es ? Le Kolectif des vidéyeurs ki pani fanmiy pendan kannaval la, Le collectif Cristina Cordula contre le Fashion faux pas, les Ich ka moun Gaz, les Manawas, le Collectif des Jumpy, les Alcooliques bien connus, Le club Mwen sé Nonm manmanw lè papaw pa la, L’AAJAKA (Asosyasyon Arété Jouré An Kannaval An…)

Ont le regret de vous annoncer, le décès de sa majesté Vaval Gwan Bwabwa surnommé Sargas Poisson Lion Ich Man Gaz, mort accidentellement à minuit. Etouffé dans ses algues sargasses après que son épouse l’ait surpris astiquant son pot de chambre avec une de ses fanm déwo. I Salop la !

Cet avis est diffusé de la part de sa veuve joyeuse, ses milliers de concubines, ses enfants officiels ses enfants déwo, et de son amant Marvyn. Le cortège se réunira tout koté Matinik ! En tout lari !

Un char sera à votre disposition sur le front de mer de toutes les communes de l’île même au Morne Rouge. Dress code Noir et blanc voire violet. Evitons les fashions faux pas !

La page carnaval de Martinique s’associe à la douleur de la famille. Melle CDM nie toute implication dans la mort de Vaval. Ce sont que des rumeurs venant de makrelles mauvaises langues de vipères voulant nuire à ma réputation.

Source : Carnaval de Martinique

2014

Avis d’obsèques de Vaval.

L’association des tueurs d’insectes de Martinique, la Fédération Vulcano-Baygon-Raid-Tue-rèd-tous-les-insectes, le Racing Club des moustiques suceurs de sang, L’association Rose-Fluo-Whisky-RSA-Noulé-Lagen de Martinique, l’association KPN et des KPA (pou ayen), Les Mâles Fêteurs, les Touloulous, les Tololos, les Nèg Gwo Siwo, les Nèg San Siwo pas sé la Kriz, les fenm ki ka chèché an nonm dous pasé siwo, le comité des siroteurs sans frontières, les Maryan lapofig Unies, les Maryan LapoBannnan désunies, les bwabwas universels, les bandes santi mové, les malpropres, les bwabwas ki té ka alé lékol sèlmen la Simèn sainte, les kochoni, les Ravèts légliz, les avan vice, les dèyè vice, les Walpas, les Chatas, les Pitin San Maco, les Makoumès, les Isalop sans papa et san manman, Les « Ta nou tout », Les « Ta pèson » , les Vaval pa fanmiw Mwen, les Medsen Lopital, les Mas lanmo, Les Ti Macaques de Twopikal Gwouv, les Fenm a Gwo Boudin, les Fenm a Boudin Plat Kon Plato, les Fenm a Boudin Gwo Dodan, « les Décalés moi ça », les bondas décalcinés, les diables rouges avec ou sans miroir, les papa diab, les ti diab, les diablesses, les nègres d’argiles, les hommes d’argiles, les hommes sans argile, les péripatéticiennes , les vakabonnes, les gwo bondas décalcinés, les Ti Bonda Koupé-décalé, tout Yèyèses douvan a sé pwel, tout fenm dèyè a sé pwel, les rhumiers alcooliques, l’association Champagne-toute-l’année, l’association des gérants-stations-services-grévistes-ki-pa-ka-fè-lafèt, les fenm et nonm kolokèt, les fenm et nonm manawa, les volpones, les enfants de garce, Le comité de ceux et celles qui portent les cornes fièrement, L’Union des Antillais sans les Guyanais du campus de Schoelcher, les bakannales, les bo kannal, les Bomboklates, les mères makrelles, les travelos, los Makos Unidos, les Gigolos, l’association on veut pas de la violence on veut…, les Bôbôs, les Santi-pipi, les Santi-kaka, les Péteuses de bombes, les vidéyeurs ki pani fanmiw pandan kannaval la, less karolin zyé Koki et kokli, les komparézon san ayen, les komparézon kini,les kompa ki pani rézon, les manman mouton, les papa kabrit, les fesboukès et fesboukèzes, l’Association des ex-femmes de François à Mobylette, l’association des ti-bidon-ti-pilon, des Makrelles Jou Lantèman, les pleureuses officielles de Vaval, ont le regret de vous annoncer le décès de Vaval Gwan Bwabwa Chouchoune Chikun Gounya mort de manière accidentelle dans la nuit de mardi à mercredi.

Cet avis est diffusé de la part des veuves joyeuses de Vaval, de ses enfants légitimes, de ses Ich déwo, de toutes ses maîtresses, de ses amants, sa famille, de ses parents et alliés.

Le cortège se réunira tout partout à Fort-de-France. Dress code Noir et Blanc, si tu n’as pas, met du violet ou ne vient pas !

Beaucoup de fleurs, beaucoup de couronnes, beaucoup de condoléances !

L’incinération se fera sur le Malecon, si le mâle est con ! Difé an Pwel Vaval, ce soir !

Les hypocrites qui « malparlaient » Vaval de son vivant, restez chez vous

2013

Vaval

2010

Mesdames méssié, carnavaliers, moun comparaison, épi sida, san sida, gwo bonda, bonda plate, bonda bombé, bomda décalciné, bonda san cal , épi cal, neg gwo siwo, neg ti coco, neg san siwo, coolies mangé chiens, coolis mangés chat, maryan la po fig, caroline zyé loli, zyé koki, neg de gran genre, neg bitaco, tête boloko, tête mabolo, manawa, cochoni, fanm déwo, nom déwo, nom san cal, femm épi cal, femm décala sa, nonm ta nou tout, nonm ta pèson, bonda dé calssiw ou lé, makak san pwel, tou sa ki ka kwè sa pou krié yo kwata, sa ki couchale, moun ki su, sa ki bon, sa ki pa bon, tout malprop, tout foufoune santi, tout ti coco santi, rara la simaine sainte, chabin pwèl si, ravèt léglise, fenm é nonm an chalè, fenm épi nonm san chalè, skétel, nom épi fenm a gwo pwèl, fenm et nonm déwo, tout santi pipi, santi kaka, KK mouton club, mal mouton, femelle mouton, tout tèbè, gwo djèl, ti djèl, gwo zyé, ti zyé, tout vakabon, chabine kal à zaza, tout ich conn sans papa ni manman, tout bwabwas, tout cochon ki ké ni jou férié yo, tout cals vicieux, diab rouge, diab pa rouge, diablesses, veuves joyeuses, veufs heureux, femm ki ni pwel yo ka pri difé, mas lanmo, médecin lopital, touloulous, tololos, femm tiqueté, nonm sans tic, gad cocotte, nonm sponsorisé par la CAF, fenm sponsorisé par la CAF etc…………..Nous avons le regret de vous faire part des obsèques de Vaval Gwan bwabwa plus connu sous le nom de Pwofitè BC pou Ba

Les obsèques de Vaval Gwan bwabwa seront célébrées ce mercredi des cendres premier jour de carême à Fort-de-France

Ces obsèques sont diffusés de la part de 3500 veuves joyeuses décalcinés de Vaval, de ses enfants, arrières derrières petits enfants, de ses concubines , ses maîtresses, ses femmes d’un jour, de son frère Sergio Letchi, son cousin Chaben Jeanne, sa tante Marie-Luce S’épenche, sa soeur Lise, Sa cousine Foufounette, sa grand mère Kate Konkoune, ses amis parents et alliés, de l’amical C.A.L c’est CAL, des sapeurs pompiers spéciale manmanw ka pri difé, de l’association des Mâles fêteurs et des vicieuses sans frontières.

Un car sera mis à votre disposition près de la mairie de votre commune. Il y aura fleurs couronnes , condoléances et surtout un bûcher. Texte de Carnaval Martinique

A MUSÉE VOUS A MUSÉE MOI

Quand les tableaux se mettent à parler.

Ici un tableau de Grant Wood (1891-1942) intitulé American gothic (1930). Il s’agit d’une huile sur aggloméré  représentant un père et sa fille, tous deux paysans,  figés pour l’éternité devant une fourche.

J’aime tout particulièrement ce tableau de Norman Rockwell (1894-1978), une huile sur toile de 1963 intitulée The problem we all live with. Le tableau de 91,5 cm sur 147,3 cm met en scène la première petite fille autorisée à intégrer une école blanche dans l’Amérique ségrégationniste. Elle s’appelait Ruby Bridges. Elle est ici interprétée par Naomi N’Zede. L’épisode est intitulé Temps mort. Un moment où l’enfant s’explique avec les agents fédéraux qui l’escortent et qui se plaignent de n’apparaître sur l’image qu’à hauteur des épaules. Ils souffrent de leur anonymat alors qu’elle est passée à la postérité.

Ruby Briges est née le 8 septembre 1954, elle est donc environ deux ans plus jeune que moi. Elle est née par contre à Tylertown , Mississippi en pleine ségrégation raciale. Avant d’aller un peu plus loin un bref survol historique.

1865 : abolition de l’esclavage le 18 décembre (13eme amendement de la constitution). A la fin de la guerre de Secession (1861-1865) création au sud des Etats-Unis du Klu klux klan, défenseurs de la suprématie blanche.

1868: vote du 14ème amendement qui  accorde la citoyenneté aux Afro-Américains

1876 : les lois Jim Crow sont votées dans les Etats du Sud. ségrégation raciale dans les transports, les restaurants, les hôpitaux, les lieux de loisirs (billards, bars, dancings, etc) les prisons, les écoles. Interdiction de cohabitation entre une personne blanche et une personne noire ou entre une personne blanche et une personne d’ascendance noire à la quatrième génération. Interdiction de mariage.

1870 : quinzième amendement qui accorde le droit e vote à tous les citoyens quelle que soit la couleur de leur peau

1896 :  Noirs et blancs sont séparés mais égaux c’est la ségrégation raciale, l’apartheid.

1939 : Billie Holiday chante Strange Fruit qui évoque les lynchages et les pendaisons dont sont victimes les Afro-américains

1954, année de naissance de Ruby: la ségrégation raciale à l’école est déclarée anticonstitutionnelle dans les école publiques.

1955 : Rosa Parks refuse de céder sa place dans un bus

1960: Le Président Eisenhower (1890-1969) fait voter une loi obligeant les écoles blanches à intégrer les enfants noirs à l’école. Six enfants furent choisis par l’intermédiaire du NAACP après un processus de sélection pour tester le dispositif ‘intégration et vérifier sa viabilité mais ce fut elle qui capta les feux des projecteurs le 14 novembre 1960 en Louisiane où elle intégra l’école primaire publique William Frantz Elementary escortée par quatre  US Marshall portant brassards jaunes dans une ambiance de haine où des comptines comme 2, 4, 6, 8, we don’t want to integrate étaient prononcés. Norman Rockwell sur son tableau fait apparaître sur les murs les mots nigger, KKK pour Klu Klux Klan, on voit apparaître une tomate qui vient de s’écraser sur un mur.

Cela se passait aux Etats-Unis en 1960, il y a à peine 58 ans et j’étais vivant alors, j’avais huit ans ! La petite Ruby en avait tout juste 6. L’école obligée d’intégrée la petite fille vit la classe où elle était inscrite se vider pendant un an  de ses élèves blancs et la plupart des professeurs refusèrent de prendre en charge cette enfant. Seule  l’enseignante blanche Barbara Henry se chargea pendant un an dans une classe vide de l’éducation de cette enfant. Puis son contrat ne fut pas renouvelé par les autorités locales . Et elle retourna dans son Boston natal.

1964: La Cour Suprême abolit les lois Jim Crow.

1967: la Cour Suprême juge anticonstitutionnelle les lois interdisant les mariages mixtes

Ruby est actuellement activiste des droits civils après avoir travaillé dans le tourisme à la fin de ses études.

En 1995 Robert Coles qui avait suivie en tant que psychologue scolaire la petite Ruby publie un livre pour enfants intitulé The story of Ruby Bridges

En 1998 un film est tiré par les studios Disney de la vie de cette élève : Ruby Bridges, the movie

Kody, l’enfant de choeur humoriste

Voila un personnage ! Trouvez l’erreur, enfant de choeur, humoriste, diplômé en sciences politiques, diplômé en commerce, fils de diplomate, né à Schaerbeek, Belge, Zaïrois, Congolais, humoriste, un peu imitateur, a croqué pour Le Grand Cactus (RTBF) et Touche pas à mon poste tout un florilège de personnages comme Karl Lagerfeld, le Pape François, Neymar, Belmondo, Jean-Claude van Damme, Gérard Depardieu, Johnny Hallyday, Stromae, Emmanuel Macron, Robert Mugabe et j’en passe. Il entre dans la peau du personnage en copiant leur gestuelle, leurs mimiques et tente de s’approprier les traits de caractère de chacun ! Au cinéma, à la télé, au théâtre, à la radio, avec ou sans la complicité de Jérome de Warzée, entre deux voyages pour retrouver une part de sa famille au Congo où il est par ailleurs parrain d’une fondation qui vient en aide à des producteurs de café, Kody Seti Kimbulu dit KODY parait en même temps zen et pressé !

L’afropéen est quarantenaire et a participé au tournage de son premier film comme acteur en 2017. Ce sera une comédie sur le foot appelée La Fine Equipe, réalisée par Ismael Saidi, qui sortira sur les écrans courant 2018.

A le voir évoluer sous les caméras, devant les micros et sur les planches et  aborder des personnalités sur un mode pas tout à fait mainstream bien pensant je me demande si son humour décalé belge (voir ses imitations de Macron et de madame  où Emmanuel porte cartable au dos et bavette avec effigie de johnny au cou, qui s’adresse à sa femme comme à un prof de français à coups de madame, qui demande à faire pipi, qui fait son rôt et qui mange de la panade en direct : une cuillère pour la Patrouille de France, une cuillère pour le Premier Ministre…) pourraient passer sur la télé française à des heures de grande écoute comme en Belgique. C’est de l’humour belge, de l’humour wallon peut-être mais c’est de l’humour. En tout cas je ris et je ne suis pas belge mais effectivement je suis décalé à vie ! Mais pour le magazine Closer on pousse peut-être le bouchon de la parodie un peu trop loin chez les voisins d’outre Quiévrain.

https://www.rtbf.be/auvio/detail_emmanuel-et-brigitte-macron-dans-le-tres-tres-grand-cactus?id=2293356

Mais d’ailleurs comme dit un proverbe prétendument zimbabwéen :

Un costume n’est vraiment taillé pour toi que quand tu as ton portrait dessus.

Kody est lui aussi inventeur, passeur de proverbes dont ces deux proverbes zimbabwéens qu’il met dans la bouche de Mugabé

Si le crocodile a un pantalon c’est qu’il a trouvé où ranger sa queue

Mieux vaut un aveu sincère obtenu sous la torture utile obtenu sous la torture qu’un aveu sincère embarrassant »

A méditer !

La soupe au canard rend-elle amnésique?

Groucho, Harpo, Chico, Zeppo Marx, des Marx Brothers, ne sont pas nés comme leur père à Strasbourg mais bel et bien bien aux Etats-Unis. Loin de la choucroute et du Gewurzstraminer donc ! Leur humour caustique m’a toujours intrigué. Groucho dégaine en anglais autant de blagues qu’une mitraillette dégoupille ses balles à la minute. Blagues savoureuses en anglais, un peu moins délectables en français. Mais il en fut de même pour d’autres comiques comme Laurel et Hardy. L’humour est le degré zéro de la traduction. Comment traduire Duck Soup  par exemple si on sait que Soupe au Canard ne traduit pas toutes les valeurs de « duck soup » .

La guerre peut être drôle. Charlie Chaplin bien après dans Le Dictateur (1940) (Thr Great Dictator), Stanley Kubrick bien après encore dans Docteur Folamour (1964)( titre original en anglais Dr Strangelove or : How I learned to stop worrying and love the bomb, avec Peter Sellers dans le triple rôle de Mandrake, le président américain et de Dr Strangelove) et Léo Mac Carey dans la Soupe au canard (1933) l’ont prouvé si besoin est avec maestria. Dans la Soupe au canard (Duck soup), où le burlesque, l’absurde, la dérision et la satire politique l’emportent sur l’histoire, on ne sait si le discours politique sur la guerre fait partie du ressort du rire. On ne rit pas de Mussolini/Chicolini, comme on ne rit pas d’Hitler. Il s’agit ici d’avatars qui nous permettent de mieux appréhender les travers et les démences des politiques et des va-t-en guerre. Or les conflits trouvent la plupart du temps leurs origines dans des dérives religieuses. Il n’est donc pas anodin que les frères Marx nous proposent en tomber de rideau un negro spiritual revu et corrigé à la sauce Marx.

Les anges n’ont plus d’ailes mais des fusils. No wings only guns.

All God chillun got wings

They got guns we got guns

All God’s chillun got guns

I’m gonna walk all over the battlefield

Cause God’s children got guns

Freedonia, nom du pays imaginaire au bord de la banqueroute, qui devait d’abord s’appeler Amnesia, doit fatalement entrer en guerre contre Sylvania. A la tête du pays une riche veuve, Madame Teasdale, fait nommer le président Rufus T. Firefly, un agent de l’équivalent actuel de la NRA (National Rifle Association) Eureka Ammunition Company. La guerre, la folie paranoïaque dans toute sa tragédie bouffonne,  est inévitable. War ! Tous les mythes peuvent être revisités, parodiés, sur le ton de l’outrance, de la farce, du grotsque: la conquête de l’ouest, le western, le banjo, la musique folk, le negro spiritual

Tu saignes du nez

Je viens de manger un délicieux et volumineux faux-filet au restaurant Chicken avec en face de moi mon ami Alexandre, professeur d’espagnol d’origine sénégalaise. Il ne mange pas. Il est dejá pres d’une heure. Lui est en vacances et prend son apéritif. Toujours du vin rouge. Sa mère vient de décéder a 91 ans au  Senegal. Il en revient. Il est en deuil, me dit-il jusqu’au 27 octobre. Cela ne l’empêche  pas de boire son ballon de picrate reglementaire a la santé d’Hipocrate. Il ne mange qu’a 15 heures à l’ heure espagnole. Chicken c’est sa cantine. Il y mange tous les jours. J’ai règle, je n’attends plus que ma monnaie. Je dois partir vite fait car je recommence à une heure. Il faudra que je prenne un taxi. Et voilà qu’ il m’ assène un magistral: « tu saignes du nez. » Craignant l’épistaxis je palpe machinalement mon nez, les deux ailes, pas de sang à l’horizon. Il rigole. Je révise dans toutes les langues le sens de tu saignes du nez: seu nariz está sangrando, your nose is bleeding, ne aw ka pisse san, zijn neus is j’ai oublié quoi. Rien. Lui rit et regarde fixement mon entrejambe. Je réalise alors que ma braguette est ouverte. Fichtre. Il rigole. « Tu saignes du nez est une expression pour dire ta braguette est ouverte. »

Moi je connaissais: « la porte du garage est restée ouverte. » Je range donc vite fait bien fait ma Cadillac, coupe le moteur, puis met le frein à main. On est dans une descente, on ne sait jamais avec ces engins-la. Imaginez que le moteur s’emballe à froid et défonce  la porte du garage à nouveau. On serait bien ! Comment contester la science vernaculaire d’un docteur en espagnol diplôme de surcroît de la Sorbonne ? Eh oui il est fier de lui. Il me dit même de vérifier dans les dictionnaires. 

Bon, je ne savais pas que mon nez se trouvait au niveau de la braguette. J’essaie de voir un rapport avec fermeture éclair. Rien. Zip, rien. boutons de braguette. Toujours rien.

Ah elle est coquinette cette langue française. Fermer sa braguette ce serait alors se boucher le nez  ?

Ah il va falloir que je me jette dans l’étymologie de l’expression. Que dit ma bible, le Cnrtl? Rien. Ça doit être une blague sénégalaise, qui sait, puisque dans Sénégal il y a nez. Mais je dis ça, je dis rien.

Bon, faisons confiance à notre ami docteur en Sorbonne et je laissons jamais saigner nos nez. Une épistaxis est si vite arrivée. 

Saigner du nez, pisser du nez, ce n’est pas le même appendice, mais l’image est éloquente.

Je vais la ressortir des que je le pourrai. Mais il va falloir scruter dur les braguettes. Oh my God!

On ne dit plus mademoiselle depuis longtemps. On dit madame.

Elle a douze ans et en paraît 16. C’est Samira, la fille de Wally, mon pote sénégalais. J’entre chez elle accompagné de son père et lui dis:  » bonjour mademoiselle ». Elle me répond: « madame. » Sur le coup je ne réagis pas. Me suis-je trompé de personne ? Est-ce une sosie de celle que Wally m’a montrée il y a deux semaines avec sa fierté toute paternelle ? Celle-ci serait donc mariée ou tout du moins mère de famille puisqu’elle se fait appeler Madame!

Je la revois par hasard deux heures après chez le coiffeur d’à côté et lui exprime mon désarroi. « Tu es bien la fille de Wally que j’ai vue il y a deux heures. » Oui. « Tu es mariée ? » Non mais on ne dit plus mademoiselle depuis longtemps c’est fini, ça, car on ne dit plus jeune homme, jeune fille, on dit monsieur, madame, c’est tout.

J’encaisse. Ah bon, je ne savais pas cette évolution de la langue française. Pourtant je suis censé être prof de français. Je suis interloqué. Selon moi il y a une incompréhension de génération. Je tente une escapade. Aux USA je sais qu’il y a des femmes qui refusent d’être miss ou mrs et qui se font appeler ms mais cela reste assez marginal puisque globalement les sociétés restent phallocrates et je n’ai jamais entendu parler d’une telle évolution socio-linguistique en métropole. Serait-ce l’une des nombreuses particularités mahoraises ou serais-je à côté de la plaque depuis un certain nombre d’années ? Il me faudrait sans doute un peu de recyclage. Lundi j’en parlerai à mes collègues Mahorais et métropolitains et la lumière se fera. En attendant j’ai une question : dois-je traiter cette dame de tu ou de vous?

Le même jour j’ en parle à Wally qui n’en croit pas ses oreilles. Il est interloqué. Je lui dis pour rigoler. « Je suis sûr qu’un jour ta fille, qui est sans doute féministe, ou qui a été induite à penser ainsi, qui sait, aura du plaisir, quand elle aura 40 ou 50 ans à se faire appeler mademoiselle. Laisse faire le temps. » Je sens chez Wally poindre l’ impuissance. Il est dépassé par sa fille. Nous rions comme deux chauvinist pigs que nous sommes. Puis il me demande. « Mais que faisait-elle chez le coiffeur?  » J’ ai fait sortir sans le vouloir du nid le père possessif. J’ essaie de noyer le poisson. Elle cherchait un produit, peut-être , mais moi qui ne suis pas né de la dernière saison des  pluies j’ai vu en deux nano-secondes une ébauche de dissimulation de romance rapide. D’ailleurs une heure après je la retrouve chez son père avec les cheveux pas du tout adaptés à la circonstance, le mariage de son demi-frère. Elle se plaint: « regarde ce que le coiffeur m’ a fait. » Comme diraient les Brésiliens on traduirait son regard par « olha  aí a desgraça que essa porcaria de cabeleireiro fez em mim. »

Moi diplomate, quoi que male chauvinist, je retourne la question: « Et toi madame qu’est ce que tu en penses? ». Sa bouche prend la forme d’un cul de poule dépité. J’ai compris. Mais je pense pas qu’elle ait payé pour cette mascarade de coiffure. D’ailleurs je ne pense pas qu’elle ait même été coiffée. Embrassée peut-être, caressée peut-être par ce barbier qui a fait jaillir le sang de mon menton. Mais je suis mauvaise langue. Je suis un mâle chauvinist, le pire des pigs et ici peu de gens mangent du cochon. Faisons semblant de croire en la candeur virginale de l’enfant comme papa, feignons, les amis, feignons, poussons, poussons l’escarpolette, la la la la la la la la la la la la la. Elle a douze ans. C’est une enfant. Mais elle en paraît 17. Prépare-toi Wally pour le mariage de ta fille. Le sang bantou qui coule dans les veines de Madame est chaud bouillant comme le tien, souviens-toi de tes jeunes années,  et celui de sa mère.

Et il bande encore le bougre!

Si vous êtes pudibond, passez votre chemin, detournez votre regard de cette page car le sujet du jour c’est la bandaison. J’en vois déjà certains ou certaines qui se levent les yeux exorbités et les bouches en forme de cul de poule. Shoking! La bandaison est pourtant un noble art qui existe depuis que l’homme est homme. La bandaison c’est l’instinct primitif, l’inconscient collectif de l’homme. L’homme qui ne bande pas est un homme diminué car l’homme qui se respecte a besoin de ces trois jambes. La jambe droite, la jambe gauche et la jambe du milieu qui s’est rétrécie avec les siècles mais qui était il y a de cela des millénaires parfaitement équivalente en taille et en grosseur avec ses deux soeurs. L’homme préhistorique marchait non pas sur deux jambes mais trois jambes. Vous ne le saviez pas? On nous cache tant de choses! Tenez, essayez d’imaginer  le parfait équilibre que permettait le fabuleux tryptique. Autrefois dans la nuit des temps nos jambes étaient molles à l’état naturel, toutes flagada, celles des hommes tout comme celles des femmes. Nous rampions sur nos trois jambes qui toutes possédaient pieds et orteils. La fécondation se faisait au niveau du gros orteil de l’homme sur n’importe laquelle de ses trois jambes tandis que les demoiselles étaient ensemencées entre les doigts de pied au niveau du petit orteil de la seule jambe du milieu. D’où l’expression qui résiste au temps: prendre son pied. Ni homme ni femme ne bandait. D’ailleurs ni homme ni femme ne savait qu’il ou elle était homme ou femme. Ils ne pensaient pas, n’analysaient pas, ne calculaient pas, ils se frottaient répondant à l’appel de l’espèce, au rut, à des cycles, à des odeurs qu’ils ne comprenaient pas. Ce n’étaient pas des légumes mais presque. Ils se croisaient, peuplaient et multipliaient par simple et lent frottis-frotta.

Vint la première glaciation qui changea tout. Les jambes de poulpe des penispithèques (c’est ainsi que s’appelaient les hommes entre eux en ce temps-la) et des clitorispithèques (les demoiselles) subirent une mutation radicale . Les deux jambes extérieures devinrent rigides et articulées tandis que celle du milieu se rabougrit. Il fallut apprendre à marcher sur deux pieds. Mais même rabougrie en de grandes proportions cette jambe du milieu qu’on finit par nommer penis pour les hommes et clitoris chez les demoiselles, possédait toujours pieds et orteils, désormais rendus inutiles pour la marche.

Chaque fois que vous bandez, souvenez-vous, c’est votre humanité primitive qui se rappelle à votre bon souvenir. Plus vous bandez fort plus vous êtes en contact avec votre self.

Le problème de la bandaison c’est son corollaire l’éjaculation. L’ homme en état de bandaison passe simultanément par les phases de fierté due à l’érection, de nirvana jouissif due à l’éjaculation et de paix intérieure retrouvée due à la débandaison. Un homme en état de bandaison perd tout libre arbitre, il est en proie aux mille soubresauts de ses sens primitifs, il recherche frénétiquement cet entre-orteil de jadis pour épancher sa soif, c’est un oiseau sans ailes qui pue le frai. Il faut qu’il se soulage de ce mal nécessaire sans laquelle son existence même lui serait niée.

Les miens

Je lève mon verre aux miens.

Je n’aime pas trop le pronom possessif « les miens ». Il évoque trop la possession justement, les biens inaliénables que même un huissier jamais ne pourra saisir. Je ne peux revendiquer mien que ce qui m’appartient et si peu de choses m’appartiennent. Mes deux valises totalisant 33 kilos, mon corps rebondi, mon esprit. Deux assiettes, deux mugs, un fer à repasser, un mixer, un mortier, un pilon, une poêle, un frigo, une machine à laver, un téléphone portable, un bouquin et de la paperasse, voici tout le trésor que je possède. Je l’ai déjà dit par ailleurs : ma  plus grande richesse c’est moi.

Mon passeport est périmé. Ma carte d’identité annulée. Je suis un migrant. Yes sir ! I’m an alien !  Et je ne sais pas pourquoi en ce 27 septembre 2017, jour des saints jumeaux Côme et Damien, jour où au Brésil on les fête à grands renforts de gombo et autres douces victuailles parfumées à l’huile de palme, je ne sais pas pourquoi je pense aux miens. Non,  les gombos ne font pas partie des miens, sauf à considérer qu’ils soient dotés de foi et de raison. Mais ils font partie de mes univers invisibles.

Je ne sais pas pourquoi je pense à la traduction du film Clockwork Orange de Stanley Kubrick en Orange Mécanique. J’ai peut-être une explication qui tient plus à une vulgarisation débridée de la physique quantique qu’à autre chose. Je ne possède ni table ni chaise. Ennuyeux pour qui aime s’asseoir pour écrire. Or j’ai vu samedi matin dans un magasin d’électro-ménager de Mamoudzou une table orange et des chaises violettes que j’avais déjà remarquées une semaine auparavant dans un restaurant appelé Moifaka.

Je n’ai pas normalement cette soif outrancière de posséder. Les choses vont et viennent au gré des cyclones. Mais étrangement cette table à 79 € et cette chaise à 29 symbolisent mon enracinement proche. Je me considérerai installé quand elles trôneront en majesté dans mon salon avec une petite télé qui me reliera au monde. Allez au diable l’avarice, ce sera mon cadeau d’anniversaire.

Samedi j’ai tourné, volté, viré, autour de cette table en aluminium orange. Pesé, soupesé, les avantages, les inconvénients. Se sédentariser, acquérir des biens matériels m’horripile, je n’aime pas collectionner, amasser. Il faut certes une base, un nid douillet pour que l’oiseau puisse prendre son envol et se retrouver mais en même temps si la paille est trop confortable ne risque-t-on pas de s’y enliser tel dans les sables mouvants ?

J’ai un petit matelas une place, tout petit, je m’y sens un enfant. Il vient d’Inde me semble-t-il et est imprimé de fleurs sur fond bleu. Je m’imagine que je dors sur la mer. Bien sur, un petit lit serait bien confortable pour mes vieux os, mais n’y a-t- il pas un bonheur obscur dans cette vie spartiate ? Je me le demande.

Je pense aux miens. Mes enfants, ma femme, ma mère, mon père, mes frères et soeurs, dans l’ordre et le désordre, comme au quarté plus, il y a les favoris du moment côtés à deux contre un, les tocards qui peuvent rapporter gros, les outsiders, les hongres, les pouliches, les purs-sangs, qui évoluent avec leurs jockeys au trot monté ou attelé, dans des sulkys ou au galop . Enghien, Chantilly, Vincennes, Deauville, Auteuil, Boulogne, Marseille Borély. Tous en selle, les miens! Prix de l’Arc de Triomphe, Prix de Diane Hermès, Prix du Président de la République. Certains reviennent du diable vauvert sous un commentaire de Léon Zitrone ou de Guy Lux. Ce sont les miens. Je ne suis qu’un vieux canasson. Tiens, appelle moi Ed, le cheval qui parle. Pas si vieux que ça puisque je bande encore, n’est-ce pas docteur. Pas encore bon pour la boucherie, pour la réforme… J’aime brouter l’herbe verte des prés salés, parfois on y trouve un trèfle à quatre feuilles parfois une scolopendre. Hier soir j’ai eu un de ces rares moments d’intense bonheur. Je voudrais partager ce moment d’épiphanie avec les miens.

Il devait être 17h30. J’étais allé près du pont qui se trouve vers chez moi acheter chez les revendeurs de légumes tomates, concombres et ail. En levant la tête j’ai eu le bonheur, j’ose dire le privilège insigne, de voir quatre ou cinq makis se balader sur les câbles électriques ou téléphoniques aériens, passer d’une rue à l’autre, d’un toit à l’autre, dans une sorte de sarabande pastorale oubliée qui m’a rempli de bonheur. Et je me suis dit en les voyant: « Eux aussi ce sont les miens. » Ils vivent , ces petits brigands de lémuriens, dans un espace de liberté précaire mais ils vivent sans souci du lendemain, de la facture d’électricité, du loyer à payer. Ils semblaient s’amuser comme des poneys, les miens, mes petits makis, j’étais à 10 mètres. J’aurais voulu filmer ce moment et le partager avec le reste des miens. Mais alors je me suis dit, en voyant que j’étais le seul semble-t-il a accorder de l’attention aux makis, que je vivais peut-être dans un autre monde. Que je voyais peut-être des choses que les autres ne voyaient pas ou ne voulaient pas voir, j’étais en quelque sorte un maki clairvoyant dans un corps d’homme.

Ce sont ces rencontres fortuites qui me rapprochent des miens, quels qu’ils soient ou qu’ils soient, qui me confortent dans l’idée qu’il y a certes un mécanisme d’horlogerie (a clockwork) qui nous gouverne les miens et moi, un mécanisme bien huilé, bien pensé, bien réfléchi qui nous unit, mais que sans fêlures, sans cassures, sans ruptures toute ingénierie, la plus savante qui soit, est vouée à l’échec et que parfois il suffirait pour que le système fonctionne de remplacer l’huile par le jus d’orange, et spécialement de ces jus d’oranges qu’on appelle navel parce qu’elles ont un nombril, cicatrice d’une appartenance, d’une origine.

Mais les makis aiment-ils les gombos?

Irma la Hurricane m’a tuer ou plutôt Ouragan Irma m’a tuer Irma la Douce

Avant de connaître Irma, la hurricane, la cyclonique, l’ouragan, je n’avais connu qu’Irma la Douce.

Que ce soit en comédie musicale française sur une musique de Marguerite Monnot et sur un livret de Alexandre Breffort en 1956, que ce soit en comédie musicale version anglaise en 1958 dans l’East End ou en 1960 à Broadway j’étais éperdument amoureux de cette prostituée au grand coeur. Je me souviens encore de la chanson d’Irma.

« Y a rien à dire

Y a qu’a s’aimer

Y a plus qu’à se taire

Qu’à la fermer

Parce qu’,au fond les phrases

Ça fait tort à l’extase »

Ainsi chantait Colette Renard.

En 1963 Billy Wilder fit son remake cinématographique. Irma la Douce prit ainsi les traits de Shirley MacLaine qui remporta alors un Golden Globe de la meilleure actrice pour son rôle tandis qu’Andre Prévin remportait quant à lui l’Oscar 1964 de la meilleure adaptation musicale.

Dans le film de Wilder Jack Lemmon joue le rôle de Nestor Patou, un ancien policier, et de Oscar alias Lord X, son double qui, déguisé, tombe amoureux d’Irma qu’il doit disputer à son souteneur Hippolyte. Irma, bourreau des coeurs mythique, que tous achètent mais qui ne se vend à personne, bourreau doux, mais bourreau quand même qui souffle comme Irma la Hurricane 60 ans plus tard le chaud et le froid sauf que le décor n’est plus celui de la rue Casanova d’un Paris de carton pâte mais les environs du triangle des Bermudes. Les clients d’Irma 2017 ont pour nom Saint-Martin, Barbuda, Cuba, Florida. On est loin de la môme Irma ! Irma a pris du grade, est devenue mère maquerelle, mais les dégâts occasionnés sont identiques en 144 minutes. On est loin de Moustache et de Nestor le Fripé, ce dernier qualifié de « wreck of a mec ». Mais c’est le même langage, the language of love, the language of nature, ces forces irrésistibles qui nous tenaillent.

Aucune morale à en tirer si ce n’est celle-ci en franglais de 1963 :

Le grisbi is le root of  le evil in man.

Alors de là à analyser les responsabilités de l’Etat dans ce désastre force 5 exceptionnel vous comprendrez bien que je ne pourrai répondre comme Moustache (Lou Jacobi) que par la fameuse réplique: « But that’s another story. » Oui c’est une toute autre histoire. La suite au prochain épisode….cyclonique.

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