Qui ne connaît pas le kaka bouji n’est pas antillais

Ah le kaka bouji. Le lancer de kaka bouji sur la tête des gens. Voyé kaka bouji asi moun, konba kaka bouji, c’est un des délices de l’enfance. On prend les restes de bougie fondue sur les tombes et à la nuit tombée on les jette sur les flâneurs dans le cimetière le jour de la Toussaint ou le jour des morts. Jouissif. Une fois le kaka bouji lancé on fait comme si de rien n’était, sur la tête de l’oncle, de la tante, de la grand mere, du grand pere, du cousin, de la cousine, bref on est en communion avec les morts, d’ailleurs tapi dans l’ombre comme vous l’êtes, personne ne vous voit, personne ne songe à vous. Le kaka bouji c’est la preuve que, loin du blasphème, il y a de la vie, de la folie, du jeu dans la mort. On peut rire dans un cimetière, jouer au bal masqué si on le désire. CE N’EST PAS MANQUER DE RESPECT AUX DÉFUNTS. Et si on kakaboujait ce soir? CHICHE ! Anciens combattants de kaka bouji rendez-vous au cimetière qu’on en découse.

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Un cheval dans la chapelle

Le 1er mai c’est l’anniversaire de mon père. il est parti tranquillement sur son sulky cela fait déjà 17 ans presque et une fois dans le mois  de mai je mise une petite somme en sa mémoire (enfin quand j’y pense et que je suis gras). Les numéros sont invariables : 1 – 5 – 19 -2 – 3 s’il y a 19 chevaux ou plus ou 11 – 15 – 9 – 12 –  13 s’il y en a moins de 19. Demain 5 mai il y aura 15 partants donc mon jeu sera 11 – 15- 9 – 12 – 13. C’est ma martingale à 2€, (enfin je pense si les prix du PMU n’ont pas changé car je ne joue qu’une fois par an) c’est mon bouquet de fleurs pour honorer sa mémoire. Et puis j’en profite pour appâter le poisson avec des petits crabes et qui sait décrocher le Graal ! je fais deux jeux avec 3 bases et 2 côtes spéculatives qui sont toujours le 1 et le 5. Mes quatre bases représentées par les deux premiers du  pronostic du Parisien plus les deux premiers de Paris Turf . Demain 5 mai à Vincennes à l’occasion du Critérium des 4 ans , une course attelé sur 2850 mètres qui servira de support pour le quinté ça donnerait selon le Parisien 15 – 12 – 7 -10 – 6 – 4 -8 -1. Selon Paris Turf : le 12 – 15 – 10 – 7 – 6 – 11 – 9 – 4 . Je fais mon petit panaché et donc cela donne comme deux premières bases

15 Erminig d’Oliverie  drivé par Franck  Nivard et entraîné par Franck Leblanc (car le pronostic du Parisien est toujours prioritaire)

12 Express Jet entraîné et drivé par Pierre Vercruysse et élevé par Jean-Etienne Dubois

Ensuite je prends les dernières côtes spéculatives comme ici l’as et le 4 ce qui donne:

1 Esperanzo drivé par M Mottier et entraîné par Dominique Mottier

4 Etonnant drivé et entraîné par Richard Westerink

Puis j’attends RTL que mon père écoutait pour avoir le dernier numéro. Le premier e la liste de RTL qui n’apparaît pas sur ma liste en fait automatiquement partie et entre en cinquième position.

 

Puis je prends un jeu de tarot au premières lueurs du jour. Je sélectionne les cartes numérotées de 1 à 15 plus l’excuse. Et je sélectionne 5 cartes. Si parmi ces cinq cartes sort l’excuse je ne joue pas. Et j’annule tous mes jeux. Si l’excuse ne sort pas les cinq cartes tirées au hasard constitueront mon jeu.

Hé hé les chats ne font pas rats ! Mon père était joueur. Non pas joueur de foot car étonnamment pour un Antillais je ne l’ai vu jamais regarder un match de foot à la télé. Il aimait le vélo soit mais on ne joue pas au vélo. Il aimait bien taper sa petite belote mais son jeu préféré c’était les chevaux. Sur la fin de  sa vie grand-père il aimait certes jouer aux petits chevaux mais l’objet de sa passion c’était sans contestation possible les équidés en chair et en os, pas les chevaux de labour ni de trait mais les poulains, les pouliches, les mâles, les femelles, les hongres, les juments (toutes sortes d ‘étalons et de pur-sang qu’il nourrissait de son herbe grasse fraîchement coupée, généreuse et fidèle). Les chevaux de course, les vainqueurs de prix convoités comme le Grand Prix du Président de la République, Grand Steeple Chase de Paris, le prix de Cornulier,  le prix de Diane, Arc de Triomphe, Elitloppet, Prix du Luxembourg, Prix d’Amérique, Breeders’ Cup, King George, Prix de Paris,  Prix de l’Etoile, Championnat u Monde, Critérium des 3 ans, des 4 ans, des 5 ans! J’ai été bercé par les Roquepine, les Une de Mai (un cheval qu’il vénérait étant né lui même le premier mai), les Abo Volo, les Oscar RL, les Fakir du Vivier, les Idéal du Gazeau, les Général du Pommeau, les Fandango, les Tidalium Pélo, les Quério II, les Ourasi. Les Jean René Gougeon, Georges Dreux et Henri Levesque, les Olivier Peslier, les  Lester Piggott, les Roger Baudron, les Pat Edery, les Gérard Masclé, les Pierre Désiré Allaire, les Léopold Verroken, les Gordon Richards, les Viel. Ils faisaient partie de la grande famille hippique du trot, du plat, des haies, des obstacles, du monté, de l’attelé, du steeple-chase. Je ne savais plus qui était entraîneur, propriétaire, éleveur, jockey, commentateur, terrain d’entrainement, écurie . On recevait ainsi à la maison pèle mêle l’Aga Khan, Léon Zitrone, Guy Lux, Simone Garnier, Grosbois, Edmond de Rothschild. Sa journée était rythmée par les canassons.

Grace à eux je pouvais faire un tour de France virtuel des hippodromes, Cagnes-sur-Mer, Lyon-Parilly, Lyon-La Soie, Agen le Passage, Croisé Laroche, Pornichet, Saint-Malo, Mauquenchy, Compiègne, Laval, Vincennes, Maisons-Laffitte, Divonne-les-Bains, Reims, Châtelaillon-La Rochelle,  Bordeaux-Le Bouscat, Marseille-Borély, Vire, Strasbourg, La Capelle, je connaissais tous les gazons, toutes les pistes de France mais celles de l’étranger Epson, Newmarket, Dresden, Montegiorgio. Il ne perdait pas un Derby. Il  étudiait les chevaux comme d’autres étudient l’astronomie. La veille d’une course hippique il achetait son journal. Longtemps ce fut l’Aurore ou le Figaro qu’il ramenait de son boulot. Puis il posa son dévolu sur le Parisien qui offrait de bonnes pages sur le tiercé. Il analysait les côtes probables, jaugeait les performances antérieures, les chronos, les classements, la hauteur des gains, comparait les pedigrees, scrutait les origines (nom du père, nom de la mère, nom du père de la mère), notait les oeillères et si le cheval serait ferré ou déferré, l’état du terrain, boueux, vérifiait le nombre des partants, le numéro à la corde, la distance, la météo, le jockey, l’entraîneur, le nombre de partants et jusqu’à la couleur de la robe (bai, alezan, bai clair),  les casaques, le poids, le handicap, toute l’après midi puis écoutait la radio pour entendre les derniers pronostics avant de faire son jeu. Il jouait du lundi au dimanche. Le dimanche, jour de grand-messe, il n’y avait qu’une chapelle: le Pmu, qu’un Saint à qui se vouer Yves Saint-Martin, son saint patron aux 15 cravaches d’or et aux 3275 gagnants, sa coqueluche. Il égrenait les noms des pouliches, des entraîneurs, des drivers, des jockeys avec une familiarité surprenante pour quelqu’un que je n’ai jamais vu monter à cheval. Il chevauchait sa bicyclette ça oui qui l’emmenait vers sa chapelle votive tous les dimanches vers 10 h30 11h. Après un apéro rituel, toujours un Sylvaner, il se plongeait dans les feuilles encore chaudes du Paris Turf pour avoir les derniers tuyaux.  Il avait toujours sur lui des tickets qu’ il cochait à la maison mais il lui fallait toujours rectifier au dernier moment en fonction des rencontres qu’il faisait dans le bar.

Il jouait toujours sa date de naissance ainsi que la date de naissance des enfants en fonction de son inspiration. Comme un pêcheur a plaisir à taquiner le goujon il avait plaisir à taquiner la chance. J’ai appris avec lui tous les rudiments du bon joueur de tiercé puis de quarté puis de quinté. Il fallait chercher le tocard. Le tocard c’est celui qui peut ramener gros et qui revient du diable vauvert pour rafler la mise ou finir sur le podium alors qu’il est délaissé par les parieurs. Il jouait au trot monté, au trot attelé, au galop sur plat, aux  haies, au steeple-chase. Il allait pour les grandes occasions à Vincennes à Longchamp, à Enghien, à Auteuil,  à Saint-Cloud se plonger dans les grands messes hippiques. Le grand prix du Président de la République, le Grand Steeple-Chase du Printemps, le Grand Prix de Diane à Chantilly. S’il avait pu il serait allé jusqu’à Deauville pour supporter son favori. Quand un de ces chevaux gagnait à 20 contre un il exultait. Il gagnait, il perdait. Il jouait gros très certainement, misait sur le champ d’un cheval, le couplé, le trio, enfin toutes les compositions possibles et imaginaires que proposait le PMU, sans oublier bien évidemment de gratter un loto. Mais jamais de loto sportif !  Parfois quand il était gras c’ est à dire quand il avait gagné il ramenait force victuailles s’achetait un nouvelle gabardine ou un nouveau costume car monsieur était coquet. Parfois quand les affaires étaient au contraire maigres on dînait autour d’un bol de chocolat et de pain. C’était le côté sombre de l’histoire. Pour pouvoir assouvir sa passion et nourrir ses 9 enfants ça ne devait pas être facile. Aussi faisait-il beaucoup de petits jobs le week end pour pouvoir assumer son vice. Il posait des moquettes, faisait la peinture, tapissait les murs et faisait des extras à la Poste. Il empruntait aussi sur gages au Crédit Municipal de Paris et ainsi on voyait disparaître puis revenir parfois la chaîne hi-fi ou la télé pour amadouer la tante. Les bijoux en or y passaient aussi très certainement. Pour le plus grand plaisir de Une de Mai et ses consoeurs. et confrères destriers.

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Une de Mai (1964-1978) est partie bien avant mon père il ya de cela 40 ans. Gageons que s’il était encore parmi nous mon père aurait très certainement misé une petite pièce sur le destin d’une jument comme la dénommée Baltimore, une femelle née en 2011 couleur de robe bai, fille de Ready Cash et Napoule, élevée par SNC Levesque et propriété des mêmes.  qualifiée le 25 juin 2014, jour anniversaire de ma mère, à Caen, dans une course d’attelé qu’il courut en 1’18″0

Ready Cash, né en 2005, 40 victoires pour un gain de 4 282 300 €,  fils de Indy de Vive  (né en 1996, fils de Viking’s Way et Tekiflore) et Kidea (née en 1998, fille de Extreme Dream et Doceanide du Lilas)

Napoule, née en 2001, 8 victoires pour des gains amassés de 265 260€,  fille de And Arifant (né en 1988, fils de Sharif di Iesolo et Infante d’Aunou) et Bayonne, (née en 1989 fille de Jiosco et Persepolis), de

Sa musique (15) Da Da 2a 1a 2a Da Da 3a Da Da 6a

Ses gains à ce jour sont maigres 21710€ et seulement 2 victoires.

Mais il aurait certainement aussi parié sur les 13 autres chevaux d’actualité qui portaient son nom car il ne négligeait rien. Par superstition chaque fois qu’un Baltimore se présentait au départ il lui rendait hommage. Il aurait le choix aujourd’hui entre 4 français [Baltimore (F7), Baltimore Bellevue (F7), Baltimore Lass (F) et Lord Baltimore (H11)], 1  australien [Baltimore Boy (H13)], 2 Irlandais [Baltimore Buzz (H9), Baltimore Rock (H9)], 3 américains [Baltimore Belle (F11), Baltimore Clipper (M11), Baltimore Bob ( M13)], 1 finlandais [Baltimore Hawk (M10)], 2 allemands [(Baltimore As (M11), Baltimore Bullit (H10)], 1 danois [Baltimore As (M11)]. Il aurait pu pousser l’audace jusqu’à miser une botte de foin ou une carotte   sur Baltimora Or (F) voire Baltimoar (H10).

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Queen of Katwe

J’ai pu voir ce film lors de mon vol Frenchbee BF705 du 7 avril dernier entre Saint-Denis en la Réunion et Paris Orly. J’étais au siège 37a. Au 37b il y avait une réunionnaise de 48 ans, originaire du Tampon, mariée, 3 enfants, assistante sociale dont le rêve était d’ouvrir un restaurant de cuisine traditionnelle réunionnaise, marathonienne: elle se rendait à Paris justement pour courir le marathon de Paris qui devait se tenir le lendemain, et pour voir ses enfants. Elle irait ensuite à Perpignan puis à Toulouse. Je lui ai suggéré de Perpignan d’aller en Espagne à Figueres pour voir le musée Salvador Dali et pourquoi pas pousser jusqu’à Rosas et Cadaques. Elle me dit vouloir aller en Andorre mais la encore je lui suggérai de prendre le petit train touristique qui relie Perpignan à Toulouse. Après Toulouse son objectif c’était Lourdes. Elle est végétarienne. Elle avait emmené son riz lentilles. A côté d’elle en 37c donc côté couloir une jeune autrichienne de 23 ans qui m’expliqua en anglais être végétarienne elle aussi, être venu passer 15 jours pour faire de la randonnée avec sa copine assise de l’autre côté à sa gauche, mais elle omnivore.

J’étais donc assis à la gauche de deux végétariennes. Moi l’apprenti pescovégétarien. Mais cette végétarienne du Tampon me dit que petite elle avait mangé des guêpes, des hérissons, du poulpe. Elle me dit:

Il paraît que les guadeloupéens ne mangent pas de crabe.

Je lui dis :

Au contraire on adore ça les crabes de terre, on les aime tellement qu’on les gave de feuilles et de racines pour leur donner le goût suprême avant Pâques, jour de réjouissances et de résurrection.

Je lui confirmai que moi rien de ce qui venait de la mer était un tabou. Nous avons fait bien passer le temps dans un voyage qui aura duré plus de 11 heures 40. A un moment chacun s’est plongé dans sa bulle. Elle a regardé un film Queen of Katwe pendant que moi j’en regardais un autre: Kill Bill, le quatrième long métrage de Quentin Tarantino (2003)

J’ai beaucoup hésité avant de regarder ce film de 1h51 qui raconte la quête vengeresse d’une criminelle, The Bride, la Mariée aka Black Mamba (Uma Thurman) après un coma de 4 ans. Elle se vengera tour à tour dans cet opus 1 de ces ex partenaires d’une organisation criminelle internationale intitulée The Deadly Viper Assassination Squad: Vernita Green (Vivica A. Fox), O-ren Ishii (Lucy Liu), Budd (Michael Madsen), Elle Driver (Cheryl Hannah) et Bill (David Carradine) subiront les affres de sa vengeance entre cet opus et l’opus 2 qui suivra.

Je n’avais jamais regardé un film de Tarantino: ni Pulp Fiction, ni Jackie Brown ni Réservoir Dogs. Certes j’avais vu des extraits qui m’avaient averti de son goût prononcé pour l’hémoglobine. Mais dans Kill Bill j’ai bu du sang à satiété. Il jaillissait de partout comme des tuyaux d’arrosage échappés des mains d’un jardinier fou. Cela giclait en grosses rasades, cela faisait le même pschitt que font les ballons de baudruche quand ils se vident de leur air.

Et puis la bande-son complètement déjantée presque surréelle:

Nancy Sinatra et son « Bang-Bang »,

Isaac Hayes et son « Run Fay run »,

Santa Esmeralda et son « Don’t let me be misunderstood »

Al Hirt dans le thème de The Green Hornet,

Bernard Herrmann dans le thème de The Twisted Nerve,

Luis Bacalov dans le thème de The Grand Duel,

RZA dans Ode to O-ren Ishii,

Charlie Feathers dans That certain female,

George Zamfir dans The Lonely Shepherd

Meiko Kaji dans The flower of carnage,

THE 5.6.7.8. dans Who hoo

A la fin de mon film le sang perlait a travers les hublots et je me suis mis à regarder le film que terminait de regarder la voisine.

Queen of Katwe est un film de 2016 dont l’action se déroule en Afrique entre 2007 et 2012. En Ouganda plus précisément. Dans la capitale Kampala. KATWE EST UN BIDONVILLE. C’est une biopic Disney qui raconte l’histoire incroyable d’une jeune fille des ghettos Ougandais sauvée de la pauvreté et de l’analphabétisme par le jeu d’échecs. Belle histoire avec comme protagonistes Lupita Nyong’o dans le rôle de Nakku Harriott, Madima Nalwanga dans le rôle de Phiona Mutési et David Oyelowo dans le rôle de Robert Katende.

Le film de 127 minutes du réalisateur Mirel Nair fait suite au livre homonyme de Tim Crothers.

A un moment du film on parle de l’impossibilité presque génétique pour un miséreux de sortir de la misère. Il y aurait une sorte de déterminisme social presque génétique de la pauvreté ! Avant que je ne voie le film Maguy, mon interlocutrice réunionnaise, m’avait dit qu’elle avait connu la misère quand elle était petite puisqu’elle faisait partie d’une famille de 16 enfants. Que le soir la plupart du temps ils se couchaient sans manger. Étant moi même l’aîné d’une famille de 10 enfants je mesure la difficulté, la lutte pour la survie. Nourrir 16 bouches n’est pas une mince affaire. Néanmoins j’affirme qu’à chaque bouche affamée il reste cette infinie ressource: la possibilité de trouver au fond de soi la force et la rage de vaincre pour franchir les obstacles qui se dressent sur la route qui mène à l’auto estimation et au dépassement de soi.

Être marathonien est une lutte de la même façon. C’est une résistance incroyable dont il faut faire preuve, une abnégation au-delà même du raisonnable. Entre jeu d’échecs et course de 42 km125 c’est le même parcours semé d’embûches d’où ne sortent vainqueurs au final que ceux qui ont la détermination comme valeur cardinale. C’est cette même détermination qu’on retrouve chez la Mariée ex Black Mamba qui froidement exécute ceux qui en tentant de lui enlever la vie d’une balle dans la tête lui ont enlevé le jour même des répétitions de son mariage l’enfant qui était dans son ventre. JE N’OUBLIE PAS QUE C’EST UNE CRIMINELLE FROIDE ET SANS REMORDS MAIS JE LA COMPRENDS SANS LA JUGER.

Carmen et les matadors antillaises

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 https://youtu.be/bjYJZNI6pP0

Dans Carmen de Bizet on voit les amours d’une bohémienne cigarière et d’un brigadier Don José, qui devient contrebandier par amour pour elle et qui finit par la poignarder dans une crise de jalousie quand elle apparaît aux arènes en compagnie de son nouvel amant le torero Escamillo.

 

J’aime surtout quand elle chante ceci ; « j’irai danser la séguedille et boire du manzanilla. » Je n’ai jamais dansé la séguedille ni bu la manzanilla.  Manzanilla évoque manzana, la pomme, donc j’imagine que manzanilla c’est un type de Calvados. Quant à séguedille il évoque pour moi Séga, les rythmes réunionnais. Je suis certain d’être à côté de la plaque. Eh oui justement ce n’est pas un alcool de pomme mais un vin. Je ne suis pas spécialiste en touradas ni en corridas. Je n’en ai vu que deux dans ma vie, une à Nîmes et l’autre à Cascais au Portugal. Et encore à Nîmes c’était ce qu’on appelle un toro-piscine pour rigoler. Au Portugal ça rigolait moins mais il n’y eut pas de sang versé. Par contre aux

Antilles on ne compte pas les femmes matador. Les matadors tombent en pâmoison comme  Carmen pour les toréadors. Et les hommes de pouvoir comme les militaires sauf qu’aux Antilles il n’y a pas de praza de los toros , pas d’arènes mais des pitts où se défient à coups d’ergots des coqs de combat nourris au bon grain de maïs, au rhum blanc et au miel, massés, choyés, vitaminés , huilés, shampooinés. Plus le coq est vaillant et plus il est adoré, plus il est dorlotté. Coq game, matador même combat. Pas besoin d’être bohémienne pour être matador. Les premières matadors étaient des femmes libres, des affranchies. Des femmes qui tenaient tête aux hommes. Différentes des favorites et des potomitan. Les matadors représentent les femmes fatales, les fanm grenn, comme on dit, des femmes couillues, si vous voulez, des maîtresses femmes. Il suffit encore de nos jours de voir leur tenue d’apparat. Jupon blanc sous jupe, fichu, coiffe madras, bijoux, rouge à lèvres prononcé.

Pas besoin d’être andalou pour comprendre la fascination que ce genre de femme exerce aussi bien sûr la gentillesse masculine que la gente féminine. Prosper Mérimée et Georges Bizet n’y ont pas été insensibles en tout cas. Ni les diva en nombre qui ont depuis 1875 représenté Carmen, l’héroïne de cet opéra comique, l’un des opéras-comiques les plus joués au monde. Maria Ewing, Maria Callas, Léontine Price, Jessye Norman, Marylin Horne, Grâce Bumbry pour ne citer qu’elles ont fait trembler leur corps de mezzo soprano devant les ardeurs du ténor don José et du baryton Escamillo. Et moi comme spectateur combien de fois ai-je rêvé être parmi les banderillos, les picadors et les chulos de cette corrida sensuelle. Pour être aux pieds de cette Carmencita on imagine que tout homme peut se damner et se perdre en éventails, lorgnettes, oranges et cigarettes. Depuis Carmen on sait que « l’amour est un enfant de Bohême qui n’a jamais connu de loi » mais bien avant aux Antilles on savait. Le problème dans Carmen c’est que Carmen meurt poignardée.

J’ai vu en son temps le film Carmen de Carlos Saura et celui de Francesco Rosi et l’atmosphère y est également torride. J’ai aussi vu la Carmen Cubana. Imaginons une Guadeloupe andalouse. Imaginons seulement. Une Carmen Gwadada rôdant autour du Pitt, regardant les coqs se becqueter à qui mieux mieux. J’ai du mal. Par contre une Carmen défiant des hommes en plein gwoka, choisissant son partenaire, le jetant si nécessaire sans aucun doigté, aucune élégance, je le sens bien. Nos matadors américaines, nos matadors créoles sont un peu comme les cartes maîtresses d’un jeu de cartes nommé l’hombre. Les deux premiers matadors sont spadille et baste, l’épée et le bâton. On les appelle aussi les atouts permanents, les triomphes. Ce sont les deux as noirs l’as de pique (spadille) et l’as de trèfle (baste). Les deux as noirs. Il y a aussi d’autres atouts : la manille ( un 2 d’atout noir ou le 7 d’atout rouge) et le ponte (l’as d’atout).

Mais les vraies matadors ont l’atout primordial : elles sont nées sous le signe du désir et du pouvoir ! C’est ainsi que fonctionne l’Hombre, ce jeu espagnol qui a donné des jeux comme le boston, la manille, le tarot, la belote. De la même façon la matador à travers les pointes de sa coiffe madras annonce la couleur. De deux à quatre pointes. Comme les quatre couleurs espagnoles les noires, espadas et bastos, les rouges copos et oros. Cœur pris, cœur à prendre, faites vos jeux !Misez ! Les paris sont ouverts. Coiffes suprêmes calendées, chaudières, avec éventail, viva españa, olé, que les taureaux mugissent, que virevoltent les banderilles, que coule la manzana, fini le zouk love, fini le ti punch pour séduire les matadors prenez vite quelques cours de séguedille et trinquez au manzanilla, sinon vous risquez l’estocade.


jours gras et torrides à Karukéra antique

Je suis un enfant du carnaval. comme tous ceux qui sont nés en octobre ou novembre j’ai ça dans le sang. c’est dans mes gènes. je n’y peux rien ! c’est mon souffle de vie ! Demain vendredi c’est carnaval, ja é carnaval cidade, acorda pra ver ! La folie s’empare de moi ! Même si je suis loin physiquement du carnaval, je ne suis jamais loin mentalement d’un citron vert et d’une bouteille de rhum car je suis fils de Vaval ! Je lui dois respect et allégeance ! Imaginez ma souffrance quand on brûle mon parent  le mercredi des Cendres !

Et pourtant ! Je n’ai jamais participé à cette grand-messe qu’est le carnaval des carnavals, celui de la démesure, le carnaval de Rio en présenciel, de corpo presente comme on dit pour les messes de funérailles où le corps du mort est présent, je n’ai jamais arpenté les rues carioca en plein jour gras voire même assisté ni dans les arquibancadas (les gradins) ni dans les camarotes (les tribunes vip) aux premières loges le carnaval de Rio. Ou plutôt si je regardais à la télé le défilé du  groupe spécial des écoles de samba ( ce sont les 12 meilleures écoles de sambas, en l’occurrence cette année la crème de la crème c’est Mangueira, le champion 2016,  Tijuca, Portela, Salgueiro, Beija-Flor, Imperatriz, Grande Rio, Vila Isabel, São Clemente, Mocidade, União da Ilha, Paraiso do Tuiuti) en sirotant mes caipirinhas et mes bouteilles de 600 ml de bière estupidamente gelada avec des tiragostos variés. Quand j’habitais au Brésil (pendant quinze ans tout de même ) la nuit du dimanche au lundi c’était réservé à ça. Et selon la pêche c’était rebelote lla nuit du lundi au mardi. Et  le mercredi des cendres dans l’après midi je regardais le jury de 40 personnes délibérer pour savoir qui allait être la meilleure école de samba carioca, les meilleurs déguisements, le meilleur ensemble, la meilleure batterie, les meilleur puxador , le meilleur porte-drapeau, le meilleur maitre-de-salle, la meilleure harmonie, la meilleure allégorie, la meilleure commission de devant et j’en passe   etc etc etc.  Le Carnaval de Rio c’est une organisation millimétrique et militaire, c’est le faste, l’exubérance mais je n’ai pas la patience d’écouter la même chose pendant les 2 heures qui sont réservées à chaque écoile de samba. Et le groupe spécial c’est 12 écoles de samba, imaginez qui défilernt sur deux nuits. Mais il n’ya rien à dire c’est beau mais moi je veux par-ti-ci-per. Qui sait un jour dans une école de samba, là je ne dis pas non ! Défiler oui, regarder défiler non ! enfin pas pendant 24 heures !

La samba est une fête au Brésil et le carnaval c’est l’apogée de toutes les fêtes. il y a le carnaval e Rio mais aussi celui de Recife, de Sao Paulo, bref il n’y a pas une ville au Brésil, un village où on ne fête pas le carnaval ! Il suffit de peu de choses pour créer le climat de carnaval : quelques banderoles multicolores, de la musique qui sort d’une chaine, de la cachaça , de la bière, une bon faitout de riz et haricots rouges avec des corps qui veulent bien bouger , se fondre et se confondre et voilà on a un carnaval car dans le mot carnaval il y a la chair – a carne – et la chair , c’est le gras, c’est le plaisir, c’est le péché ! c’est si bon ! Il y a même des carnavals qui sont en dehors du carnaval comme à Feira de Santana , un carnaval en plein mi-carême qui s’appelle la Micareta et qui dure autant de jours que le vrai carnaval.

Par contre il y a un carnaval que j’ai largement pratiqué c’est le carnaval de Salvador, Bahia. Celui -là si, on peut dire que j’ai mouillé ma chemise surtout la première année en 1987 (je ne vous confierai pas tous les détails mais ce fut homérique puisque je me suis retrouvé au petit matin sur une plage à au moins 40 km des festivités en maillot de bain avec une dulcinée dont je ne sais même pas encore aujourd’hui comment nous nous sommes rencontrés). il est vrai que quand on boit caipirinha sur caipirinha mélangés à verre de bière sur verre de bière on peut légitimement perdre le nord. Finalement ça s’est bien passé puisque je n’ai été ni braqué, ni violé, ni blessé, ni frappé, ni contaminé. J’aurais pu être frappé d’ailleurs puisqu’à un moment un peloton de police militaire m’a interpellé, je ne sais plus pour quelle raison (il suffit qu’on soit en travers de leur chemin pour que ce soit une bonne raison) et moi à moitié groggy je n’ai dû ma survie qu’à l’intervention de mon groupe d’amis qui étaient pas trop loin et qui voyant la scène leur ont  fait savoir que j’étais quelqu’un de bien et non un marginal.

Place Castro Alves, comme ils disaient alors o centro da muvuca ! j’ai adoré ce carnaval populaire, de participation, carnaval de rues. imaginez deux millions de personnes dans la rue,, la bas on appelle les carnavaliers les foliões et la fête c’est la folia .histoire e fous et e folie passagère ! Une pulsation qui vous prend et qui ne vous lâche pas et la bière qui coule qui coule à flôts. Enfin qui coule à flots si vous avez de quoi l’acheter. Certains défilent dans des blocos, des groupes organisés, ça m’a toujours répulsé (quoi que j’y aie participé à deux reprises : une fois à Feira de Santana avec le groupe Olodum et une autre fois à Aracaju pour les 20 ans du bloco Caranguejo Eletrico)… mais c’est tendance. on achète  sa tranquillité ! Mais moi j’ai l’impresssion dans un bloco d’être comme un poisson volant pris dans une nasse avec une foule d’autres poissons volants à la merci du moindre requin-marteau en quête de menu fretin…moi j’aime la pipoca. ceux qui font pipoca sont ceux qui sont libres, et qui ne paient pas pour défiler. ce sont ceux qui s’amusent le plus selon moi, on dirait vraiment de la pipoca, des grains de maïs qui sautent qui sautent qui sautent. ce n’est pas qui ne saute pas n’est pas français c’est qui ne saute pas va se faire sauter, kkk il faut de la bonne condition physique pour pipoquer comme ça et moi eh bien je préfère ça au carnaval des enfants ans l’apres-midi. Mais mon truc préféré ce sont les groupes afoxé du type    Filhos de Gandhi, un rythme incroyable de carnavaliers en habits et toques blanches avec des perles bleues et blanches qui leur servent de collier et de ceintures dans un océan de paix. Pour moi les afoxés c’est le vrai délire, aucune violence,comme un chant profond qui prend aux tripes, pourquoi je n’en sais rien ! un appel africain peut être inconscient ! J’ai aussi aimé l’élection de la reine du Ilé Ayé, à Liberdade :une ambiance d’enfer. Désolé mais le carnaval de Barra-Ondina, ce circuit -là n’est pas pour moi, sorry ! Pour moi le carnaval de Bahia c’est entre Praça da Sé et Campo grade, point final. Les extensions pour touriste et classe moyenne et sup vers Barra ne m’ont jamais fait ni chaud ni froid. moi mon point de ralliement a toujours été le Largo dois de julho, judicieusement localisé entre la Praça da Sé et le Campo Grande.J’ai toujours aimé ce quartier de bohème où je suis arrivé un peu par hasard un jour de novembre 1986. j’aime les bars, les restaurants, la faune du Largo Dois de Julho c’est là que j’ai senti pulser le Brésil que j’aime, le Brésil des petites gens mais plus encore je m’y suis senti chez moi plus qu’en france. Je m’y suis senti comme si j’étais aux Caraïbes quand j’étais petit. Peut être est-ce à cause du rhum, qui sait !logo1

 

j’ai quité la Guadeloupe en 1961. Aux temps de l’Antiquité ! Et je ne me souviens pas trop du carnaval de Karukéra Antique. Nous habitions Basse-Terre sur le Cours Nolivos dans un galetas au-dessus d’une boulangerie ! en face de moi à 100 ou 200 m c’était l’océan. Mais on pouvait voir le mouvement à partir du balcon qui donnait sur la rue probablement. Bien sûr je me souviens d’une certaine agitation dans les rues, quelque chose d’imperceptible dans l’air, une rumeur de liesse, mais je ne me souviens pas d’une agitation fébrile à la maison comme j’ai pu le connaître au Brésil.        Ma mère n’aimait peut être pas faire le carnaval. Peut-être allions nous voir la parade au Champ d’Arbaud. je n’en ai aucun souvenir. j’avais 8 ans et   quatre mois au carnaval de 1961. Mon père étant en métropole et ma mère enceinte :  il est fort compréhensible que nous nous soyons mis en congé de carnaval. Compréhensible, soit, mais un peu fort de café !  Car tout de même ma mère avait des soeurs, des frères, un père, une mère, mon père avait des frères et soeurs lui aussi, des oncles, des tantes eh bien voila que je me rends compte tout à coup que peut-être les gens de Saint-Claude n’aimaient pas le carnaval ! D’ailleurs quand nous étions à Deshaies et à Saint Claude je n’ai pas non plus de souvenir de fête. C’est étrange car mon père ayant toujours été amateur de dive bouteille il serait étonnant qu’en  plein carnaval il se soit mis à la méditation et au yoga ! Plus probablement il devait disparaître pour quelques jours en période de jours gras qui sait du côté de Bouillante.  Il m’a parlé un jour du bal des titanes de la fête de Saint Claude fin aout et ses yeux brillaient! Foutre ! il se peut aussi que j’aie tout oublié ! Saint Alzheimer priez pour moi !

Vous aurez compris que par compensation quand je suis arrivé au Brésil j’ai mangé j’ai avalé, j’ai bu j’ai ingurgité tout le carnaval que je pouvais pour me rattraper de ces  34 ans de disette. et par contraste quand j’ai eu des enfants je les ai emmenés biberon au bec faire le carnaval.

Maintenant je suis rassasié après 15 ans de Brésil! J’ai eu ma part de carnaval. une nuit de fête me suffit. Je danse un bon coup pour faire vibrer les os d’une saine souplesse et je me réfugie sur la mangeaille ! il n’y a pas de carnaval sans feijoada ! il n’y a pas de carnaval sans moqueca ! Il n’y a pas de carnaval sans acarajé ! J’imagine que lors du carnaval de Guadeloupe apatibrin  accras, apatimoso boudins, apacharge dombrés, charge pois rouges, charge laké cochons et lentilles, charge poisson frit, charge colombo , bokits lamori yo ka manjé ! Mais au fond de moi qui ai pourtant connu intimement les carnavals de Salvador, Venise et  Nice, je dois avouer ici à la face du monde. J’ai un manque : le carnaval de Guadeloupe ! le carnaval local au 59 degrés! Gardez ma part je serai là en 2018 ! allez j’en fais le voeu ! Vaval je te promets je te brûlerai à feu doux ! i gonna burn you out !        man ké briléw !  vou te queimar !

Pauvre Vaval qu’on va brûler le Mercredi des Cendres ! Mais c’est comme ça ! Après le gras, le maigre !

Voilà ce que j’en sais pour avoir feuilleté le web à droite et à gauche car je ne me souviens que de ce refrain :  vaval vaval vaval ka kité nou, malgré la vi la rèd vaval pa kité nou.

Il y avait aussi Amélia totoblo sauf que je me souviens de « Amélia totoblo jandam ka soté finèt » et non « madanm pa vlé manjé »

Il y avait aussi « Ha mi Roro, ha mi Roro, nonm a klarinèt la, ah mi Roro, nonm la ki rann mwen fol la » sauf que je me souviens étrangement  de « Ami Roro, ami Roro, gendam ka soté finét »

ah si je me souviens d’une chanson de carnaval qui m’est restée gravée sous quatre couvertures et sept draps dans un pan de ma mémoire : « dé makoumè lévé en pijama, dé makoumé lévé en pijama »

et puis aussi de: Papyon volé sé volé nou ka volé (ici une version qui n’a rien à voir mais que j’ai trouvé très belle visuellement, il  n’y manque que le rythme)

Je me souviens aussi obscurément dans le fondoc du disque dur de mon inconscient collectif d’une chanson qui parlait d’une homme qui avait accouché d’un enfant. Ou c’est moi qui fantasme en regardant mon gros ventre de femme enceinte  (enfin pas si gros que ça puisque j’ai perdu récemment 3 kilos et que j’en suis à 93 kilos fillette)

Plus sérieusement. Le carnaval de Guadeloupe  est organisé par l’OCG (Office du Carnaval de la Guadeloupe), le Groupement pour la Culture et le Carnaval de la Région Pontoise (GCCRP), comité responsable du défilé du dimanche gras à  Pointe-à-Pitre, la Fédération  Guadeloupéenne de Carnaval (FGC), qui chapeaute les comités des villes suivantes  Abymes, Anse-Bertrand, Baie Mahault, Capesterre B/E, Deshaies, Lamentin, Moule, Petit-Bourg, Petit-Canal, Pointe-Noire, Port-Louis, Sainte-Anne, Saint-François; la Fédération du Carnaval et des Fêtes de Guadeloupe, avenue Lacavé à Basse-Terre responsable du défilé de Basse-Terre le mardi gras, point d’orgue des festivités. chacune des communes de Guadeloupe a son comité des fêtes auprès desquels les groupes s’inscrivent. Par déduction on peut voir que les communes de Bouillante, Baillif, Trois-Rivières, Gourbeyre, Goyave, Morne à l’Eau, Gosier, Grand Bourg MG, Saint-Louis MG, Capesterre MG, Sainte-Rose, Vieux-Habitants, Vieux Fort, les Saintes, Désirade ne font pas partie de la FGC qui n’a que 30 ans. Le carnaval a tendance à se professionaliser et ceci explique peut être cela. en effet les produits financiers générés par le carnaval ne sont pas insignifiants, loin de là, et participent grandement à l’économie de l’île par les tranferts touristiques qu’ils induisent et personne ne veut céder sa portion du gâteau.En outre on ne peut ignorer les arrière-pensées politiques autour du carnaval.

Certains groupes comme Kasika, Maka Chiré, Mas Kaklé, Mass Moul Massif , Akiyo voyagent et représentent le carnaval de Guadeloupe dans les Caraibes, en France métropolitaine  et même jusqu’en Chine

Les jours gras représentent le point culminant  du Carnaval de Guadeloupe ! Samedi gras, dimanche gras, lundi gras, mardi gras sont synonimes de parades, vidés, grands défilés jusqu’à ce que vienne  le mercredi des Cendres qui siffle par un défilé noir et blanc la fin des festivités et le début du Carême !

 

Dès début janvier le dimanche de l’Epiphanie c’est l’ouverture officielle de la saison du carnaval qui ne va s’arrêter vraiment que le jour de la Mi carême ou l’on va participer à un vidé en rouge et noir. Le carnaval est largement décentralisé

Une semaine environ avant le samedi gras le roi et la reine, le prince et la princesse  du carnaval de Guadeloupe sont élus : l’organisation est confiée à l’ Office du Carnaval de Guadeloupe, qui est un organe lié au département. C’est donc une élection unitaire.  de la même façon qu’il y a deux parades unitaires l’une à    Pointe-à-Pitre et l’autre à Basse-Terre. Mais il y a  aussi pour chaque commune des parades,des vidés, des déboulés,des élections de roi, reine et de dauphines et des récompenses et autres prix qui sont décernés après le carnaval aux meilleures groupes, prix de la musique, meilleurs costumes, meilleurs décors, etc.

Le dimanche gras à midi défilé à Pointe-à-Pitre. le mardi gras à 15h défilé à Basse-Terre amsi il y a bien sûr partout sur l’îles des festivités,. si l’on veut s’installer dans les tribunes on doit payer 50E par personne ce qui donne droit à des boissons et des grignotages toutes les heures. il y a aussi des gradins à 5  €.

il est interdit de vendre des boissons alcoolisées et de pratiquer la vente sur caddies

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Le bon carnavalier selon l’Office du Carnaval de la Guadeloupe  ! Moi je regarderai la Giga parade de Mardi Gras de Basse-terre cette année  à distance à la télé sur http://www.tv97.net

Bienvenue dans notre Tout-Monde !

acsmapPolyglot Trotter se veut comme un espace du Tout-Monde dont le centre est partout et la circonférence nulle part, un espace d’investigations mémorielles semi fermé et ambivalent entre Narcisse et Echo, c’est-à-dire une revue diasporique de notes prises dans l’oeil d’un cyclone appelé Wolfok (dans des domaines de prédilection qui peuvent toucher à la psychologie junguienne, la musique, la gastronomie, le cinéma, la généalogie et l’histoire, la linguistique, le sport, dans des langues qui peuvent être le français, l’anglais, le créole, l’espagnol, le portugais, le néerlandais).

Ces investigations répondent à l’appel de deux postures : celles de Narcisse et  d’Echo prenant un bain de mémoire dans l’oeil du cyclone Wolfok ! Il ne s’agit pas ici de se faire renvoyer par son autre, son lecteur que l’on souhaite un alius – un autre parmi les autres – plus qu’un alter – l’autre de deux – un reflet chatoyant et tiède de sa voix mais bien de tenter de concilier, de syncrétiser les isthmes, les passages et  les détroits de notre Tout-Monde, de nous retrouver à la jonction de nos plaques tectoniques toujours actives pour parvenir sans tabous, sans totem, sans à priori, sans chapelles, sans esprit de clocher à une ré-interprétation de l’oeil du cyclone qui nous structure !

Quand on évoque Wolfok, cyclone du Tout-Monde, on parle d’un espace de ré-interprétation du monde à partir du point de vue de la diaspora Wolfok. Vous êtes invité(e), quel que soit le lien, la matrice, la géographie qui fait de vous un(e) tout-mondiste, à venir ici proposer votre grille d’analyse de sujets qui vous tiennent à coeur. Quelques-uns ont été cités mais libre à vous d’étoffer la carte ! La porte est ouverte, à vous d’y faire entrer votre alizé pour que notre papillon  vole encore et encore autour du monde. 

il était une fois l’archange Emmanuel, archange du double jeu, ange et en même temps démon

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Selon la prophétie d’Isaïe, prophète,  Emmanuel, ou mieux DAN, (Dieu Avec Nous),  fait partie de ces esprits (Héb. 1.7, 14), de ces vents, de ces souffles,  que rien ne peut arrêter ni portes ni prisons, au milieu des flammes ils ne brûlent pas (Dan. 3. 25) , ils ne se marient pas, ne se reproduisent  ni ne meurent ! Il est ange et en même temps démon et est partie constituante de l’armée des cieux qui siège à droite et à gauche de Dieu (Moi.22.19). Emmanuel ne possède pas les 4 grandes caractéristiques de son Créateur qui sont éternité, omniscience, omnipotence et omniprésence mais tout archange du double jeu qu’il est,  il est défini par 5 caractéristiques (force, volonté, agilité, perception et apparence) avec des valeurs allant de 1 à 6.

« Votre mission, si vous l’acceptez, sera d’infiltrer des anges parmi les démons », lui a dit un jour de but en blanc son Supérieur !   Parfois il se fait appeler Bond, Jupiter Bond, ou tout simplement 007 ! Ou alors   il peut prendre la forme du prince-démon Zanag, Manuel Zanag et alors il prend le nom de 49.3 !

Mais depuis longtemps il n’a plus contact avec sa hiérarchie , les portes de l’enfer et du paradis sont fermées. In Nomine Satanas / Magna Veritas

17 ans et demi, cinéphile, sériephile, gamer, adorateur d’Ah Puch et futur ingénieur !

 

46 ans et demi nous séparent, moi né en 1952, lui né en 1999 ! Je lui dis Angela Davis, il comprend Viola Davis, première actrice noire aux Etats Unis à remporter l’Emmy Award dans un rôle dramatique en 2015 pour son rôle dans la série US sur ABC « How to get away with murder » qu’il a téléchargée – mais c’est illégal – via des torrents sur torrent9.biz ! Les séries, pas la peine d’être che-ri , ou il les voit en streaming sur cacaoweb.com ou il les télécharge pour les  regarder tranquillement en VOST-FR le soir ! le choix est vaste : entre  Scandal toujours sur ABC ou alors sur AMC, (The Walking Dead, Better call Saul, Breaking bad, Into the Badlands),    HBO (Game of Thrones, Westworld), Fox (Lucifer, Gotham, Empire), Netflix (Marvel’s Luke Cage, Marvel’s Jessica Jones, Marvel’s Daredevil, Narcos, Orange is the new black, Sense 8, Stranger Things). Ca c’est pour le côté « sériephile » du lascar !

Quant au cinéphile il utilise les mêmes canaux pour télécharger et visionner ces films préférés de préférence en BlueRay 720 p ou à l’occasion va au cinéma avec ses potes. Derniers films vus : Doctor  Strange, Suicide Squad, Star Wars 7, Avengers, Captain America : Civil War

Muni de sa tablette ASUS 10 pouces acheté à cdiscount.com, de son HP Deskjet fourni par l’école et de son portable de marque Samsung acheté sur Free et offert gentiment par sa maman, notre gamer peut passer jusqu’à 5 heures par jour à jouer aux jeux vidéos !  En vogue actuellement et objets obscurs de sa passion :

Skyrim (Bordeciel, en version française) sorti depuis 2011. C’est un RPG (un role play game, un jeu de rôle) pour lequel il a payé 10 € la première fois et depuis il joue gratis. Le paradis à dix balles !

Smite est un MOBA (Multiplayer online battle arena = arène de bataille multijoueurs online), un free to play, on n’a rien à payer mais  on peut acheter des gemmes, des cristaux verts, la monnaie spéciale qui va permettre d’acquérir des cosmetic bonus qui vont à leur tour permettre de modifier l’aspect des personnages. Le but du jeu est d’incarner un dieu mythologique choisi dans les panthéons  égyptien, nordique, chinois, grec, romain, indien,  hindou, maya, japonais et bientôt celtique ! Je lui fait remarquer en passant que le panthéon afro-brésilien, ou africain n’est pas présent malgré la présence sur le marché actuellement de plus de 80 dieux. Mais il me rétorque que chaque année de nouveaux dieux sont proposés en fonction des demandes des joueurs eux mêmes !  Qui sait si un jour, il ne proposera pas lui même sa plateforme de jeux avec un panthéon  afro brésilien ou afro caribéen autour des orixas et autres déités du candomblé et du vaudou !

Son dieu favori, allez savoir pourquoi, (j’imagine, un vague souvenir  de son appartenance embryonnaire au monde sud-américain mais c’est surtout en raison de ses skills, de ses sorts, des pouvoirs dont il est doté et plus particulièrement celui de lancer des corps de morts vivants sur son ennemi tel un morfwazè ou un zombie) est un dieu maya du genre mage (pour ne pas dire sorcier) le dieu Ah Puch (prononcer apouache, presque comme apache, tiens ils sont absents eux aussi les dieux amérindiens, tiens). Ah Puch, « ¨the horrific  god of decay, the mightiest  lord of the ninth hell » ! (le dieu horrible de la décomposition, l’horrible dieu de la pourriture, le seigneur tout-puissant du neuvième enfer)

Il y a bien entendu d’autres mages dans les autres panthéons comme Zhong Kui, the demon queller, le chasseur de démons (chinois), Aphrodite, the goddess of beauty, la déesse de la Beauté (grecque), Thoth, Arbiter of the damned, arbitre des Damnés (égyptien). Dans chaque panthéon les dieux sont répartis en 5 classes, outre les dieux ou déesses du type mage, les dieux guerriers comme Niké (grec), Odin (nordique) ou gardiens comme Ymir (nordique), Terra (romain), ou chasseurs  comme Skadi (nordique), et Izanami (japonais) ou encore assassins comme Bakasura (hindou), Hun Batz (maya) et Kali (hindou). Étonnamment notre futur ingénieur ne prend jamais les dieux au profil assassin, mystère et boule de gommes ! Le gagnant de cette guerre de Troie des panthéons du monde menée à tambour battant en moins d’une demi-heure est l’équipe qui  détruit la base ennemie après avoir vaincu tour à tour les sbires ennemis (qui peuvent être sbires du corps-à-corps, sbires à distance, gros sbires et super sbires), les tours, les phénix, le titan.

Il y a encore des jeux mobiles, des petits jeux comme Jet Pack, ou Angry Birds auxquels on joue quand on n’a pas trop rien à faire pour passer le temps sur son portable !

On peut pendant qu’on joue écouter de la musique hip hop et rap US soit sur Spotify quand on a une connection wifi ou télécharger illégalement pour une future écoute  sur son portable. Le hit parade de celui qu’on appellera ici maître Ouragan Baltimore est dans le désordre :

Too many years, Kodak Black –

Back up, Dej Loaf –

Energy, Drake –

Black and Yellow, Wiz Khalifa –

X gon’ give it to ya, DMX –

Why you’re always hating, YG –

Sucker for Pain, Wiz Khalifa –

Just a lil  thick, Trinidad Jamez –

Gold Digger, Kenny West –

I am saying, Rich Homie Quan.

Et sur son portable seulement une chanson française : Kery James, Mouhammad Alix ! Tiens, tiens !

Notre adolescent futur ingénieur, futur chef de projet, futur concepteur, entre  plan a, plan b et  plan c,  a encore le temps de regarder le matin pendant le petit déjeuner Télématin sur France 2. Le midi sur TF1 c’est au tour de Les douze coups de midi ou le Journal de TF1

 Et puis il y a les comics sur internet sur le site dc-trade où on peut lire des aventures de superhéros comme Batman de DC entre deux SMS envoyés aux copains de la terminale SSI (sciences de l’ingénieur) du lycée Champollion de Lattes, Hérault !

 Il ne reste plus à notre futur « decay » engineer qu’à s’inscrire à l’école d’ingénieurs de la « ninth hell » pour y intégrer les enseignements du dieu EPITEC dès septembre 2017 après avoir passé encore quelques semaines de 35 heures sur les bancs de son école plus 5 heures à la maison par semaine à étudier à fond maths et physique chimie SI. Pas de quoi s’ennuyer  !  Tout ce qu’on lui souhaite c’est d’aller au-delà du « decay » habituellement réservé aux jeunes moussaillons qui marins d’un premier voyage veulent dominer les esprits des morts – la décomposition – et du « ninth hell », pour atteindre le parinirvana rêvé de Skyrim !

[Couplet 1]
Ni devant les médias, ni devant le proc’
Ni devant les keufs, ni devant Skyrock
Ni devant le banquier, ni devant les profs
Je suis resté entier je n’ai pas baissé mon froc

J’ai brisé les portes à la force de mon talent
J’ai fait rentrer tous mes potes dans le salon

J’ai connu l’odeur de la rue en l’inhalant
J’ai connu la dureté du front en y allant

Tu m’parles de qui ? Est-ce qu’on se connaît ?
Est-ce que t’es trop petit ou est-ce que je te regarde du sommet ?

Je t’entends parler de crimes que tu commets
Je t’ai jamais croisé dans la rue quand j’y zonais
J’écoute ces rappeurs s’inventer des vies
Ils ne verront jamais la moitié de ce que je vis
Ne feront jamais la moitié de ce que je fis
Ne prendront jamais tous les risques que j’ai pris

[Pré-refrain]
J’ai toujours eu plus de talent qu’eux
Ils me reconnaissent quand ils parlent entre eux
Sans ma fierté je serais plus riche qu’eux
Sans mon honnêteté je serais plus vide qu’eux

Fierté, Courage, Honneur, Noblesse
Voilà ce que souhaite tout mec de tess

Parole donnée égale promesse
Les vrais bonhommes s’y reconnaissent

[Refrain] x4
Je suis Mouhammad Alix
Ils font des singles je fais des classiques
Vole comme un papillon pique comme une abeille
Lequel de vous prétend éteindre le soleil ?
Vole comme un papillon pique comme une abeille

[Couplet 2]
Ni devant le dollar, ni devant l’ennemi
Ni devant le pouvoir, ni devant le FMI
Jamais je ne renierai mes convictions

J’ai plus de fierté que je n’ai d’ambition
Ni fils de rentier, ni fils de bourgeois
Pur mec de cité, déter’ mais courtois

Faudrait une balle pour m’envoyer au tapis
Je suis né noir je vois la vie en kaki
Le succès après, les miens d’abord
Ils reconnaîtront ce que j’ai fait à ma mort
On marque ce monde en fonction de ce qu’on y laisse
Ils font des discours je fais l’ACES (fais l’ACES)
Comme Coluche ou Balavoine
En hélicoptère ou en bécane
J’irai jusqu’au KO
Je suis prêt à rester sur le carreau

Comme on dit chez moi je suis paro
Je rends les coups je ne sers pas de pao
Je partirai les pieds devant
Ils voudront cracher sur ma tombe comme Boris Vian
20 ans de carrière je n’ai jamais reçu de victoire de la musique
J’en ai rien à faire je peux remplir Bercy parce que j’ai un public
Je viens de la rue

Pour rentrer en guerre j’attends pas que le gong sonne
Qu’est-ce que t’as cru ?

Le combat continue jusqu’à Parkinson
Je sais d’où je viens, pour qui je me bats
Pro-palestinien, comme Mandela

Je lâche rien comme Lumumba
Je garde la tête haute donc je prends des coups bas

[Pré-refrain]
Fierté, Courage, Honneur, Noblesse
Voilà ce que souhaite toute meuf de tess

Parole donnée égale promesse
Les vraies guerrières s’y reconnaissent

[Refrain] x4
Je suis Mouhammad Alix
Ils font des singles je fais des classiques
Vole comme un papillon pique comme une abeille
Lequel de vous prétend éteindre le soleil ?
Vole comme un papillon pique comme une abeille

[Pont]
Je suis dans les cordes je fais semblant d’être sonné
Ils donnent tout ce qu’ils ont en espérant me voir tomber
Pour l’amour des miens je ne peux pas abandonner (jamais, jamais, non jamais)
Je ne lâcherai rien même si tu me vois tituber

[Couplet 3]
Puis soudain je réplique
Comme l’abeille je les pique
Sous mes gants j’ai des briques
Chaque coup peut les rendre amnésiques

Je t’explique je fais pas ça pour le fric
Je fais pas ça pour le chiffre
Respire je fais du rap athlétique
Authentique comme ce groupe à 3 lettres
La République ne digère pas ma lettre
Ils préfèrent fermer les yeux sur nos mal-êtres

C’est toujours les mêmes che-ri aux manettes
Corps diplomatique, trafics, mallettes
Pendant que les nôtres s’entretuent pour des barrettes

Strass, paillettes
Stress, palettes
Pauvres dignes, contre bourgeois malhonnêtes

[Pré-refrain]
Je suis dans les cordes je fais semblant d’être sonné
Ils donnent tout ce qu’ils ont en espérant me voir tomber
Pour l’amour des miens je ne peux pas abandonner (jamais, non jamais, non)
Je ne lâcherai rien même si tu me vois tituber

[Refrain] x4
Je suis Mouhammad Alix
Ils font des singles je fais des classiques
Vole comme un papillon pique comme une abeille
Lequel de vous prétend éteindre le soleil ?
Vole comme un papillon pique comme une abeille