INTER FAECES ET URINAM NASCIMUR

J’étais bien tranquille. J’étais jusqu’à cet après-midi midi un fier descendant d’esclave. African American si vous préférez. Ou Afro-Caribeen, afro-antillais, afro-guadeloupeen. J’étais bien. Bien même. Tranquille, apaisé . Mais tout à coup tout ce que j’avais construit, édifié lentement s’effondre. Mon monde patiemment reconstruit à partir de bribes et de broc a chu.

Je ne suis plus descendant d’esclaves, me dit-on. Le mot est soi-disant trop affreux pour pouvoir s’en revendiquer. Le revendiquer c’est l’accepter. Magdeleine Baltimore ma quadrisaïeule, détentrice de 3,13% de mon patrimoine génétique, n’était donc pas esclave. Veuillez oublier tout ce que je vous ai dit auparavant. Non selon la nouvelle nomenclature, le nouveau concept, c’était comme moi une de ces AFRES aux « ancêtres africains réduits en esclavage » et non une esclave. Quel concept ! La paternité en reviendrait au CIPN (Comité international des peuples noirs) , fondé il y a plus de 25 ans par Luc Reinette en Guadeloupe et qui a son siège à Basse-Terre. AFRES : ANCÊTRES AFRICAINS RÉDUITS EN ESCLAVAGE. Mieux qu ‘AFRICAIN DESCENDANT ? Je m’interroge . Et en anglais ça donnerait quoi ces AFRES qui me font penser cruellement aux AFFRES, aux tourments ? Comme quoi on n’en sort pas . Effet de mode . Néologisme . On trouvera certainement une justification psychologique, éthique, psychanalytique à la chose . Déjà des philosophes analysent les Afres . AFRES qui fait penser je l’ai dit à AFFRES et à CAFRES. Accessoirement à AFFREUX et BIAFRA. Mais qu’importe le mot-concept est lancé . Peu importe le parfum pourvu qu’on ait l’effluve ? En anglais ce serait quelque chose comme African Ancestors Reduced To Slavery .

Descendants de Cham/Ham le chaud donc par voie de conséquence descendants de ses quatre fils Koush, Mitsraim, Phout et Canahan… Descendants par Koush de Sava, Savta, Rahma, Havila, Savtheka, Nemrod…

Descendants par la grâce de Mitsraim de Loud, Henam, Naftoha, Phatros, Kafta, Kaskouha…

Descendants des œuvres de Phout de Guedal, Hadan, Khane, Heden…

Et descendants de la malédiction divine des onze fils de Kanahan le Prolifique: Tsidon, Heth, Yevoussi, Amori, Guirgashi, Hivi, Haraki, Arvadi, Sini, Tsemari, Hamati. Arrêtons là cette généalogie biblique. Descendants de Ham donc Hamites, descendants de Cham donc Chamites. Ou Kemites comme le voudrait Cheik Anta Diop (1923-1986), auteur du livre Nations nègres et Culture (1956). Ou encore Maures, (moorish) pour revendiquer une appartenance théologique à l’islam qui engloberait tous les Arawak (Tainos, Nepoyas, Suppoyas, Lokonos, Ignere, Lucayens, Carib, Ciboney, etc.) . Bref ce ne sont pas les APPELLATIONS et les THESES d’origine contrôlée qui manquent.

Noir, Nègre, Black, Negro, Colored, Renoi, Neg, West Indian, Antillais, Caribbean, Moorish Caribbean, Bossale, Moorish American, Américain, Créole, African American, Afro American, Maure, de couleur, Éthiopien, Négropolitain, Karukerien, Afropéen , Dahomeen, Congo, Bambara, Zoulou, Bantou, Arada, ce ne sont pas les labels qui manquent, je le répète.

J’ai même lu une explication linguistique du mot Indian qui selon certaines exégèses trouve son origine de l’espagnol sin Dios. Les sin Dios, ceux qui n’ont pas de dieux, les sans-dieux, ceux qu’on peut réduire en esclavage par conséquent sans traumatisme… Qui serait devenu Indios.

En généalogie on a vite fait de mettre en avant une lignée dite prestigieuse par rapport à une autre considérée comme moins reluisante. Le problème des généalogies c’est qu’elles taisent souvent l’essentiel. Qui était l’épouse de Cham, l’une des quatre femmes ayant pris place sur l’arche dite de Noé, lui-même fils de Lemec, lui- même fils de Metushelah, lui- même fils d’Henoc, lui-même fils de Jered, lui-même fils de Mahalaleel, ce dernier fils de Kenan, lui-même fils de Enoch, ce dernier fils de Seth ? Oh l’épouse de Cham s’appelait Nidaba ! Les Chamites seraient donc descendants de Cham et de Nidaba. Mais qui étaient les ancêtres de Nidaba? Tiens, comme c’est curieux, cet ADN mitochondrial n’intéresse personne.

Dois-je rappeler ici ma conversion lente au vocable descendants d’esclaves suscitée par des conversations que j’ai eues avec un Coezy et la lecture de l’ouvrage de sa sœur Éricque Coezy :Le pouvoir noir en question. Des esclaves de la Traite Atlantique à leurs épigones du XXIe siècle. L’harmattan, édition les Impliqués 2016.

Je rappelle donc mes origines au cas où.

« Inter faeces et urinam nascimur » disait Saint Augustin.

Au-delà de ces fientes et ces urines augustines j’ai pu dans le contour de mon pied de corossol généalogique à travers des actes d’état-civil et des témoignages d’ancêtres retrouver la trace d’autres fluides de sang. Aucun acte ne justifie l’allegation que je propose d’être descendant de Bardus et Elisa. Mais c’est l’un des multiples rameaux de mon arbre originaire de Grand Bourg, Marie Galante. La branche Baltimore c’est la branche de Bouillante et Saint-Claude. La branche Hubbel c’est celle de Schoelcher et Case Pilote, Martinique. La branche Vin et Fronton c’est la branche de Bouillante et Vieux Habitants. Ce qui est clair est que toutes ces branches ont été pour part, selon la nouvelle terminologie, des Afres. Je revendique donc, et je l’ai toujours fait, des globules africains pour part car je ne peux exclure de mes gènes les autres globules européens, amérindiens, dravidiens ou autres qui ont pu au cours des siècles intervenir pour arriver jusqu’à moi. Je reconnais que descendant d’esclaves est réducteur car je descends aussi de siècles d’histoire qui ont précédé la Traite. Mais le mot afres ne me représente pas. Je lui préfère la notion de mixed race, de sang-mêlé . Je suis le fruit d’un mélange. Je suis de sangs cacahuète, noix de cajou, noix, noisette, amande, pistache, datte, raisin, figue. C’est peu dire que je ne suis ni mi-figue ni mi-raisin. Je suis tout cela. On peut avoir 5 enfants et les aimer tous, chacun à sa manière. On peut de manière identique avoir 5 ou plus de rameaux à son arbre. Certains rameaux sèchent avec le temps, peuvent s’étioler et se dessécher. Il arrive même qu’ils reverdissent. Certains peuvent paraître stériles et ne générer ni feuilles ni bourgeons. Mais en leur for intérieur la sève qui y circule est un torrent de vie. Il faut parfois couper un rameau pour préserver l’arbre sachant que ce rameau reviendra en surgeon aussi vite qu’il aura disparu. Aucune manipulation de rameaux n’est sans risque, sans cicatrice. L’important est de préserver le tout et non les parties. L’essentiel aussi étant de préserver l’espace sacré à l’intérieur duquel cet arbre a été planté. La généalogie c’est une façon à moi d’engraisser cette terre. De fouiller l’histoire, les histoires, les historiettes qui font que je ne suis pas et ne serai jamais afres, quoi qu’en ait décidé soudainement le CIPN. Sangs-mêlés, eaux-mêlées, fluides-mêlés et inconscients mêlés. Sangs de menstrues, sangs de blessures, sangs d’hémorragies, tous mêlés. SANGS MÊLÉS QU’AUCUN PEIGNE NE SAURAIT DÉMÊLER. Sangs-Grainés . Sangs-crépus , sangs-chauds, sangs-froids, sangs-tièdes, sangs sans queue ni tête. Sangs sans devant sans derrière. Sangs tissés sans foi ni loi, sangs-rhume, sangs-rhum, sangs sans rime ni raison, sangs cent fois mêlés et réincarnés. Sangs-mêlés purs et impurs abreuvant nos sillons.

Je ne sais pas à ce jour à quel groupe haplogique j’appartiens. Je n’ai effectué à ce jour aucun sequencage complet de mon génome. Mais je ne doute pas qu’on y retrouvera toute une mosaïque de fragments d’adn d’origine africaine. Kongo, Kikongo, Bakongo, Peul, Armada, Fond, Bambara, Angola, Haoussa, Tacoua, Coromantin, Judá, Ayo, Nago, Ibo, Wolof, Mandingue, Mozambique. Peut-être. Moi je penche plutôt pour une origine bantoue: Kikongo, Kimbundu, Umbundu. Mais Kwa et Mandé me satisferaient tout autant .

Sauce indo-sino-surinamo-antillaise, sauce krioyo, sauce antillaise, sauce saté, sauce curacienne, sous krioyo, creoolse saus, creole sauce

Amsterdam est une ville multiculturelle, plus de 180 communautés s’y côtoient. Voilà une ville où le mot fusion en cuisine n’est pas un vain mot. je vois à gauche et à droite des restaurants chinees-indisch (chinois-indonésiens), antillaanse-chinees (antillais-chinois). Il est vrai qu’aux Antilles les métissages sont nombreux . On pourrait avoir un métissage entre une mère vénézuélienne et un père chinois qui donnerait un enfant né à curaçao qui serait donc hollandais. Vous suivez toujours ? C’est le cas du propriétaire du restaurant Antillanse Chinees Eethuis Johnny Li, de son vrai nom Juek Sang Li. Il est sur Facebook. son restaurant se trouve à Amsterdam , Wisseloord 739, dans l’arrondissement (on dit wijk en hollanais) de Stadsdeel Zuidoost, quartier Gein.

Il y a aussi à Amsterdam à Oostzanerdijk 141B le traiteur (catering) Bandabou  dont le logo est un iguane. On peut commander online. Ils n’ont pas d’adresse fixe semble-t-il. Ils font des mini johnny cakes (mini bokits), des pastechi (des pâtés)(poulet, fromage, thon, viande), des kaas ballen (des boulettes au fromage), des bitterballen (boulettes farcies au ragoût – ragu- de boeuf ou de veau), des palito, des empana, des kala (boulettes de haricots zyé noirs, pittige bonen), des pika ballen (des boulettes de viande bien pimentées),  des kroket Karni (des croquettes de viande), des tuna rol (crêpe farcie de thon), des webu yena (oeufs mimosa bien épicés), des cocada (de la confiture de coco), des letters (des gâteaux de cacahuètes avec la forme d’un s), des tentalairia, des kos di lechi (à partir de lait en poudre), des tert (petites tartes), des djente kacho (sikakoko), des chupa bebe (les lolypops, les sucettes antillaises), des bolo di kashupete (tarte à la noix de cajou et à la liqueur de curaçao).

Moi je suis à Rotterdam et je devrai me contenter du restaurant-snack  local qui se trouve tout près de chez ma fille, à Charlois, un quartier de Rotterdam. Un couple de chinois gère l’endroit et propose toute une multitude de plats en direction de la Communauté antillaise du quartier. Antillais ici ça veut dire ARUBA, CURAÇAO, SABA, BONAIRE, SINT MAARTEN. Les Antilles Néerlandaises. Ils parlent en principe hollandais et papiamento, anglais et parfois espagnol (en raison de la proximité avec le Vénézuela). Pour tous les plats le cuisinier chinois propose une sauce antillaise. Je dirais plus exactement une sauce antilliaanse-chinees (antillo-chinoise) voire surinamo-antillo-chinoise voire indo-sino-surinamo-antillaise c’est-à-dire une sauce qui plaise aussi bien aux indonésiens qu’aux surinamiens qu’aux antillais. Les gens viennent, commandent et repartent avec leur trésor. La plupart ont commandé par téléphone et viennent juste récupérer leur paquetage. C’est un samedi après-midi en début de mois (nous sommes le 12) en plein été hollandais et toute l’antillanité batave défile. Devant la liste de plats j’essaie de me les faire expliquer  mais ni le propriétaire des lieux ni sa femme ne maîtrisent ni anglais ni hollandais ni a fortiori français, créole, papamiento ou portugais.

Après beaucoup d’efforts je lui fais comprendre grâce à l’aide d’un client originaire de Curaçao que je veux un plat avec travers de porc (spare ribs), oeufs, riz cantonnais, pommes de terre frites et sauce saté (à base de cacahuètes et de soja sucré indonésien)  et une portion de brochette de viande au saté et que  ma femme veut un plat de bami (les pâtes indonésiennes) avec des petits légumes et du poisson pané. J’ai demandé en outre un supplément de sauce saté, il me répond saté non, sauce antillaise. Va donc pour un gobelet de sauce antillaise. Nous avons demandé pour nous deux de petites portions. Quelle n’est pas notre surprise quand arrivent les barquettes. Moi-même qui mourrais de faim je n’en mangerai guère que la moitié. Le soir j’en prendrai encore une demi-assiette et je jetterai le reste à la poubelle. Idem pour Darjeeling.  Idem pour Erica qui n’avait demandé qu’un peu de nasi goreng avec dune brochette de boeuf (ou était-ce du porc) au saté. Le restaurant-snack ne propose que des boissons non alcoolisées. Nous faisons donc l’impasse et décidons de manger sur place. Bien qu’il y ait deux tables dans le restaurant cela ne doit pas être la coutume de s’asseoir ici car on ne nous sert pas d’assiette. Les clients habituellement se tiennent debout près du comptoir. On nous remet nos gamelles débordantes en polystyrène , scellées de plastique transparent avec une fourchette en plastique et un feuille de serviette en papier. Nous demandons un couteau pour couper le poisson de madame. Il faut une éternité et beaucoup de gestes pour faire comprendre avec l’aide des clients sur place  le mot couteau. non il n’y a pas e couteau dans l’entreprise. Bon appétit ! Heureusement c’est délicieux ! Et la sauce indo-chino-surinamo-antillaise est une tuerie ! On n’accepte pas de cartes de crédit. Cela nous fera trente € tout ronds.

 

Je remarque quant à moi que la traditionnelle sauce saté (saté saus) que j’adorais autrefois est appelée speciale antilliaanse saus dans le plat Saté ku batata met speciale antilliaanse saus (frites servies avec du poulet grillé enrobé de sauce spéciale antillaise (à base de pâte de cacahuètes et nombreuses épices (voir la recette traduite ci -dessous  tirée des recettes antillaises publiées sur le site  Jurino’s Kitchen (en néerlandais, désolé)

 

Le problème est de savoir ce que c’est qu’une sauce antillaise et ce qui la différencie de la saté saus indonésienne et de la sauce krioyo. Disons qu’à voir la liste des ingrédients ce qui différencie le saté saus de la sauce antillaise c’est l’addition de l’anis étoilé, caractéristique chinoise par excellence et le mélange d’épices particulier..

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Si j’en crois Jurino Ignacio, propriétaire du site et auteur de l’ouvrage Nos Kushina Krioyo (de antilliaanse keuken in 100 recepten) le tout est dans la sauce spéciale antillaise. Les ingrédients sont :

1 cuillère à café de poudre d’oignon (uipoeder)

1 cuillère à café de poudre de curry (kerriepoder)

1 demi-cuillère à soupe de ketchup

1 cuillère à café d’ail en poudre (knoflookpoeder)

I cuillère à soupe de Maggi (euh là je passe mon tour, Maggi niet, Knorr et consorts, niet voir mes diverses interventions à ce sujet: sans additif sans sel) la dernière par exemple, une autre encore

1 pointe de couteau (mespunt) de pâte de crevettes en poudre’ (trassie) (toko)

1 cuillère à café de moutarde

1 cuillère à soupe de pâte de cacahuètes (pindakaas)

100 ml d’eau

1 anis étoilé entier (steranijs)

1 cuillère à soupe de sucre

Pour le reste il faut pour 4 personnes:

1 kg de pommes de terre (aardappelen)

500 grammes de viande(vlees) ou de substitut de viande (vleesvervanger) [au choix filet de poulet (kipfilet), filet de porc (varkensfilet) ou seitan]

2 cuillères à soupe d’huile (olie)

1/2 cuillère à café de poudre de paprika (paprikapoeder)

1/2 cuillère à café de cumin (komijn)

Sel et poivre à volonté (zout en pepper naar smaak)

1/2 cuillère à café de coriandre (koriander)

1/2 cuillère à café de poudre de curry (kerriepoeder)

Le mode de préparer la sauce est simplissime:

Mettre l’eau dans une casserole à bouillir avec la pâte de cacahuètes. Mettre ensuite tous les autres ingrédients. Laisser mijoter au moins 5 minutes..  retirer avant de servir l’anis étoilé de la sauce et réserver la sauce

Un coup d’oeil sur Tele Curaçao et la papesse de la cuisine kriyoyo, Kushina Dioro, j’ai nommé la savoureuse Saida Hernandez :

Pour fire ses deux poissons elle prépare sa sauce kriyoyo. Pour ce faire les ingrédients de l’époque sont tous des Conimex.

Kerrie Djawa (un mix de 10 épices)

Boemboe saté (du cumin)

Sambal Tjampoer (le piment)

Ketjap Asin (la sauce soja sucrée)

Trasi oedang (la pâte de crevettes)

A cela on ajoute les poivrons rouges et verts, la ciboulette, l’oignon, le coriandre vert et le sel. Mais la recette me semble plutôt indonésienne. Même si elle est réalisée à Curaçao.

J’hésite. il me faudrait prouver de maz langue et non de mes yeux.

Il y a bien ce snack antillais à Rotterdam qui me parait sérieux: Krioyo,  Meerdervoortstraat 106B mais il est en vacances jusqu’au 21 aout. Il se dit spécialiste en Curaçao street style et traditionele Creoolse keuken. Specialiste en street food à la mode curaçao et cuisine créole traditionnelle. Alléchant non ? Regardez sa carte !

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Il fait des johnny cakes  avec toutes sortes de garniture (fromage, oeuf, bacon, salade de morue, salami, poulet grillé, mais aussi porkshop, steak )

Et bien sût des Pastechi Keshi (fromage), Karni (viande), Galinja (poulet), Tuna (thon),.

Parmi les plats traditionnels servis je note : Steak in Wea, Kolo Stoba, Dradu (poisson mahi-mahi),  mais surtout Jambo ku Funchi (une sorte de soupe de gombo avec de la polenta) . Mamma mia ! J’ai trouvé mon bonheur !

Il y a aussi du Tutu ku Dradu ou Tutu ku Bakijouw (à la morue). Il sert aussi des  moro (riz et haricots rouges et épices comme il faut). Surtout je note  sa sauce krioyo (sauce à base de tomates et oignons). il en a une autre qu’il nomme curaçaose pinda saus (je lis bien sauce cacahuètes à la mode de Curaçao). il fait aussi des kos dushi (que du sucré, je ne regarde même pas)

Pour en avoir le coeur net  deux jours après je me rends chez Rapha Snackbox dans le même quartier.

Rapha-Snackbox se trouve toujours dans le quartier de Charlois. Boergoensestraat 7A

Je me présente, je suis caribbéen de Guadeloupe, je viens d’arriver à Rotterdam. voici ma fille et je veux manger du caribbean food. Elle est d’Aruba mais sait tout de la gastronomie de huit îles parmi lesquelles je ne retiens que  Bonaire, Aruba, Saba, Curaçao, Sint-Maarten. Elle est même allée en Martinique. Elle m’explique le fonctionnement du restaurant. Je la coupe lui disant que je suis e passage. Mais elle continue son laïus sans se perturber outre-mesure mais s’adressant dorénavant à ma fille qui habite à 300 mètres. Non nous ne faisons pas comme le chinois, nous ne proposons pas de nombreux plats . Tous les jours nous avons un plat du jour. Sinon nous avons des snacks. Moi je ne l’écoute même pas. Je fouille le tableau noir et je vois le mot Johnny cakes.

Je vois qu’elle propose des Johnny cakes. et je commence à baver. Mon cerveau est en pleine effervescence ! Johnny cakes, johnny cakes, johnny cakes. Je suis au maximum de l’excitation ! Je bande !

« What’s that ? », dis je négligemment, tentant de me contenir et de résister au divin johnny cake. J’ai entendu bien souvent parler de johnny cakes et de rôtis sans en saisir la matérialité. Je n’ai même pas faim !  mais parfois il est si bon de manger sans faim ! C-A-R-I-B-B-E-A-N ! Ces lettres magiques se scandent tout seul en moi comme        R-E-S-P-E-C-T d’Aretha Franklin !

« If you’re caribbean you must know what johnny cake is. »

Je réponds.

« I swear to God, we don’t have johnny cakes in Guadeloupe. There’s nothing that is caribbean that we don’t have but it must be known over there by another name. »

Je passe vite en revue les dombrés (dumplings), les Accras (fish balls), les pois rouges (red beans), les lambis (conch), pwa wouj é diri (moro), bouden (blood puddding), les Johnny cakes seraient alors  les bokits ou dankits ?

« Is it this dough you fry and stuff with cod (bakeljouw) , ham, cheese (kaas) or whatever you feel like ? »

« Yes that’ s Johnny cake right! »

« So let me have one with ham and cheese. »

Je suis un peu surpris qu’elle prenne dans une vitrine refrigérée qui est posé sur le balcon ce que je considérai comme une boule pour hamburguer. Elle part au fond ee son commerce et je l’entends cuisiner. Au bout de dix minutes elle me livre mon trésor emballé dans une petite pochette en papier qui va aller dorloter le fond de mes entrailles. Ce ne sont que borborygmes e plaisir qui jaillissent alors e ma bouche éblouie. Certes ce ne sont pas le meilleur bokit que j’ai mangé de ma vie. Je préfère d’ailleurs les bokits avec lamori ou  krab. Ce n’est pas ma consistance de pâte, non plus, celle qui me fait fondre comme du beurre dans une poêle amenée à température idéale par la flamme bleue, c’est vrai. Mais c’est si bon ! I’m eating caribbean, I’m eating caribbean !

Pendant que je déguste cette manne caribéenne je cherche en vain sur le tableau noir la cuminda Di dia. J’ai tout à coup des envies de femme enceinte en pleine ménopause: un calalou krab épi dombrés.  La prochaine fois que j’aurai l’occasion de goûter à un calalou comme ça ce sera mieux que du caviar d’esturgeon iranien. Je pleurerai sans doute à chaudes larmes de plaisir pour la deuxième fois de ma vie en me souvenant de la première fois qui remonte au temps où je suçais le sein de ma nourrice.

Elle (la tenancière du lieu, pas ma nourrice, la belle laitière qui répondait si je ne m’abuse au doux prénom de Gisèle) propose un Saku pour 10€. Kesako ? Kippenpoot (pilons de poulet) met karbonade (cotelettes de porc) of spareribs (travers de porc), gebakken aardappel (pommes de terre rôties), bakbanaan (bananes rôties) en Johnny cake (bokit). Le tout dans un sac, spécialité de Curaçao.

C’est bien tout ça mais où sont passés les kabrito stoba, les funchi, les arros morro, les tutu, les red snapper ! Je lance un cri, un seul ! Ayaka !

ah j’ai compris je pars à Curaçao, les amis ! Direction Silva Snack , Santa Rosaweg, Willemstad! Ca fait 41 ans que l’affaire existe. J’y crois ! Et là on me dira tout sur la sauce antillaise, krioyo, saté et curacienne

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Si comme le dit Ignacio  krioyo saus vient de la traduction  en papiamentu de creoolse saus qui a donné sous krioyo, creole sauce  c’est une sauce à base de tomate, oignon et poivron. et c’est fini.

Evidemment si j’avais sous la main l’ouvrage de Saida Hernandez : Kushina de Saida Hernandez: resetas (1991) ou Resetas Kushina Dioro (1986) ce serait facile de trancher.

Et moi qui croyais que la sauce antillaise originale c’était la sauce chien originale sans tomate, je’en suis pour mes frais (pour ma sauce chien il me faut cives, persil, ail, piment, citron jaune, sel, eau chaude et huile et pas de tomate) alors que pour ma sauce chien avec tomates il me faut tomate, oignon, cive, pâte de piment, huile, mélange 4 épices, thym, bois d’inde, eau bouillante, persil citron et sel). woye !

Mais il ne faudrait pas appeler leur sauce à la tomate sauce créole mon cher ! Ca va confondre tout le monde. En   Guadeloupe pas de poivron , aux Antilles Neerlandaises tomate, poivron, oignon et pas de piment, pas d’ail. Je crois qu’il va falloir éliminer le mot créole du vocabulaire de la gastronomie.

Car en réalité chaque pays a sa sauce créole, reflet e son propre métissage

A Puerto Rico il ya un mojo isleño.

A Cuba mojo criollo (orange aigre ou  1 part d’orange et  2 parts de citron, gousses d’ail, sel, poivre, origan, huile d’olive)

En Uruguay, au Pérou et en Argentine la salsa criolla contient oignon, poivron rouge et jaune, tomate, ail, persil, huile d’olive, vinaigre, sel et poivre

Il ya un  mojo criollo (sauce tomate, huile d’olive, ail, sazon (contient du MSG), aobo et sel à volonté

Le creole sauce en Louisiane  huile ‘olive, oignons, céleri, poivron vert, ail, tomates, , bouillon de poulet  maison, sauce pimentée de Louisianne comme frank’s ou Crystall, sauce worcestershire, feuilles de laurier, poivre blanc, poivre e Cayenne, thym, beurre, persil, cives, sel kasher et poivre du moulin

 

 

La plus longue éclipse lunaire totale du siècle entre au revoir et adieu

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Ce soir 28 juillet 2018 la lune va subir sa plus longue éclipse, la plus longue éclipse totale de ce vingt-et-unième siècle. A 21H30 heure française l’astre passera du cuivré aux 99 nuances de rouge et orange pour parvenir à 22H20 à la lune de sang, la lune rousse.. Cela durera au total 103 minutes, nous dit-on. Exactement 1 heure 42 minutes et 57 secondes. Le soleil, la terre, Mars et la lune resteront alignés sur le même horizon puis chacun reprendra sa dérive. Puis la lune sortira de l’ombre de la terre à partir de 23H13 et à 1H28 elle redeviendra comme à son habitude blanche. Et moi je continuerai en rêvant ma drive d’astronomie. Je ne sais trop si je dois dire au revoir à l’éclipse ou adieu.

Je n’aime pas trop le mot adieu car il implique une vision divine. On pourrait dire aussi en Dieu. C’est un peu une vision latine puisqu’on a aussi adeus em portugais, adios en espagnol, addio en italien où Deus e Dios e Dio sont les synonymes parfaits de Dieu. Mais au moment d’une éclipse totale de lune tous les êtres ont un rapport intime avec leurs instincts archaïques, leur moi primal.

Ce n’est pas par hasard si dans le Nouveau Testament et le livre des Révélations l’apôtre Jean dans Apocalypse 6:12 évoque un soleil noir comme un sac de crin (black as sackcloth of hair) (negro como saco de cilicio) (negro como un saco e cilicio) (nero come il carbone) et une lune rouge comme sang. Tout cela apparaît après un tremblement de terre terrible quand le messager, un agneau ouvre le sixième sceau.

Et la suite n’est pas très réjouissante dans Apocalypse 6:13

Les étoiles du ciel tombent sur la terre comme lorsqu’un figuier secoué par un vent violent jette ses figues vertes

On parle dans les versions française et anglaise de noir comme un sac en toile de crin (de chèvre ou de chameau) alors que dans la version portugaise et espagnole on parle de cilice, (negro como um saco e cilicio)(negro como saco de cilicio) une sorte de vêtement de bure que l’on utilisait pour se mortifier.

Que dit la version latine de ce jour de colère?

12 et vidi cum aperuisset sigillum sextum et terraemotus factus est magnus et sol factus est niger tamquam saccus cilicinus et luna tota facta est sicut sanguis

13 et stellae caeli ceciderunt super terram sicut ficus mittit grossos suos cum vento magno movetur

Ne finassons pas: le soleil n’est pas d’actualité, ce soir il ne sera pas disent les astronomes noir comme un sac de cilice mais ne devrions pas nous méfier un tout petit peu de cette lune de sang ?

Moi j’irai avec un parapluie car je ne veux pas me prendre des figues vertes sur la tête et des rafales de sang. J’ai bien regardé la météo. Les orages ne sont pas impossibles ainsi que le tonnerre et la foudre. J’ai déjà pris un petit café au lait et au chocolat pour dernier viatique !

Adieu ou au revoir. Goodbye or farewell, até logo ou adeus !

En fait de lune en menstrues je n’ai même pas vu de lune. Il est 22H54. Mais j’ai vu des centurions romains sous l’Arc de Triomphe de Saintes et des feux de bengale sous les colonnes à chapiteau dorique.

Ceci n’est pas une maison

Le photographe espagnol Miguel Vallinas Prieto m’interroge à travers sa série This is not/Ceci n’est pas. Il reprend à son compte les présupposés du célèbre tableau du peintre surréaliste René Magritte (1898-1967) La Trahison des Images (1929) plus connu par son inscription sur le tableau  ceci n’est pas une pipe. Tous les sémiologues s’accordent à dire avec Magritte que tout art, toute pensée n’est qu’interprétation du réel. et qu’un tableau n’est qu’un interprétation du réel et non le réel lui-même et ses millions de facettes irréductibles à l’instant.

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La preuve en est les lectures iconoclastes de ce tableau qui disent qu’une pipe a un réseau archaïque de significations et que dans le mor « pipe » il y a aussi tromperie, faux (comme dans la phrase les dés sont pipés) et que « ceci n’est pas une pipe », pourrait tout aussi bien dire le contraire de ce que tout le monde pense et qu’en réalité ce ne serait pas une tromperie, ce serait une vraie pipe. Même si on ne peut la bourrer et la prendre pour la fumer. Cela me fait penser au mot de William James, un sémiologue américain du 19eme siècle qui disait :

« The word « dog » does not bite » (« le mot chien ne mord pas »).

Et à fortiori n’aboie pas ! De la même façon que selon Alfred Korzybski (1879-1950)(sémantique non aristotélienne) « une carte n’est pas le territoire qu’elle représente ». Sans penser à la lecture grivoise de la pipe qui est sous-jacente chez tout homme normalement constitué (enfin je parle pour moi, ne réduisons pas). Je disais donc que Magritte lui-même a réalisé un tableau en 1964 ( qui s’intitulait lui « ceci n’est pas une pomme » et qui  nous interroge aussi sur notre relation aux images et à la représentation des choses du monde.

Notons aussi qu’en 1935 Magritte a réalisé une autre version de ce tableau s’intitulant « The Treachery of Images » qui lui véhicule d’autres imaginaires liés en anglais au mot « pipe »

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La sémiologie c’est la théorie de la connaissance , la théorie du signe. Le signe quel qu’il soit. Le signe n’est qu’interprétation et connexions infinies. La sémiotique  d’un signe a un potentiel inépuisable car nous sommes tous libres d’associer à chaque signe toutes les associations qui nous sont chères. Sans aller au fond de cette analyse disons que tout objet est un signe et que ce signe a trois valeurs selon Charles Sanders Peirce (1839-1914). Le symbole, l’index et l’icone. La valeur régalienne c’est le symbole c’est à dire l’interprétation que nous avons u signe. Les valeurs sous-jacentes sont l’index (l’objet désigne, pointe vers quelque chose, comme une flèche, la définition du dictionnaire) ou l’icône (l’objet en ce qu’il est représenté par ses qualités, son image).

Au mot maison est attaché tout un réseau sémantique de valeurs archaïques. Le fait que maison soit  soit casa en espagnol et portugais, kaz en kreyol, house en anglais, huis en néerlandais nous fait voir d’autres réseaux comme case, chaise (comme dans la chaise-dieu, la maison de dieu, la préposition chez), huis (comme dans huis clos, ou huissier) voire mas, masure , mazet.

Soit donc la photo intitulée « ceci n’est pas une maison ». Quels sont ses rapports sémiotiques au monde ? La photo « ce n’est pas une maison » du photographe espagnol  Miguel Vallinas Prieto peut servir à représenter une maison, justement; elle peut servir à représenter l’existence de ce type d’objet qu’on nomme maison; elle peut servir à représenter un architecte donné et son style; elle peut servir à représenter des couleurs, des types de bois ou de construction; elle peut servir à représenter un certain type d’architecture; elle peut servir à représenter la ville où cette maison a été construite; elle peut servir à représenter l’Espagne mais aussi pourquoi pas le Brésil; elle peut représenter une femme et son rêve de posséder une maison; elle peut servir à représenter le souvenir d’une maison que l’on a aimé ou détesté; elle peut servir à représenter un foyer, une famille, un enfant, une cellule familiale; elle peut servir à représenter l’ensemble comme les parties de la maison, de la cave au grenier; elle peut servir à représenter ceci, cela , taratata etc ; le potentiel sémiotique d’une image est inépuisable.

Homme à fossettes, hou la la, homme à …

Ne soyez pas jaloux, quoi. Est-ce ma faute si les fées se sont penchées sur mon berceau et m’ont doté de cet instrument parfait, de ce bel organe qui fait resplendir et rougir les joues de tout un chacun. Merci aux fées , merci aux divinités, merci aux génies de m’avoir ainsi entre tous élu homme à fossettes ! Fossettes toujours au pluriel, les jumelles, l’une à droite l’autre à gauche. Parfaitement parallèles et équilibrées. Empreintes du doigt des anges, N’allez surtout pas croire que c’est génétique. Explication oiseuse et superfétatoire, s’il en est. Non, chers messieurs de la Faculté, ne vous en déplaise, mon grand zygomatique n’est ni déformé ni plus court qu’un autre et le rapport entre mes pommettes et la commissure de mes lèvres n’est pas la cause de cette petite dépression enjouée et juvénile. Homme à fossettes, dimple man, homem com covinhas, hombre de hoyuelos, excusez du peu. Je suis un envoyé spécial sur Terre. Ma mission est une bénédiction dyonisiaque : sourire et faire sourire.

Mais voyez-vous, la Nature qui sait ce qu’elle fait m’a doublement doté. Car je suis aussi des rares ceux qui possèdent des fossettes d’Apollon ! Vous ne connaissez pas ? Disons alors que je suis doté du losange de Michaelis. Vous ne voyez toujours pas ! eh bien disons alors en anglais que je possède un rhombus of Michaelis. Toujours rien ? Bon  je vous explique. C’est anatomique, docteur Watson. Vous voyez l’épine dorsale , vous descendez vous descendez juste au-dessus du sillon interfessier, vos joues du bas si vous préférez, vous verrez deux petites dépressions de chaque côté qui relient l’os iliaque du pelvis au sacrum de l’épine et qui forment un cerf-volant. Fossae lumbales laterales, sacral dimples fossettes sacro-iliaques. C’est Phoebus lui-même, fils de Zeus et Léto, qui les a creusées là ces fossettes d’ Apollon, Apollo holes, back dimples, butt dimples, salières de Vénus chez ces dames, salières d’Apollon chez ces messieurs. Et n’allez pas appeler ça des poignées d’amour, espèce d’impertinent. Non ce sont mes thumb handles, zoné érogène de mon rhomboïde intime s’il en est que jamais je ne percerai de piercing comme certains. Ni en haut ni en bas. D’ailleurs je ne les vous montrerai pas, mon rhombus, mon cerf-volant secret. Laissez-le flâner tranquillement dans l’alizé apollonien de mes hanches, mon sourire d’en bas.

Les rictus et versus de l’Octombule

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J’ai d’abord essayé de comprendre le sens du mot Octombule et je me suis fourvoyé dans noctambule. C’est en voyant le numéro Zéro intitulé Octonbule que j’ai compris l’origine profonde de l’Octombule: la petite bourgade d’Octon dans le 34, Coeur d’Hérault, mais aussi Occitanie. Et qui dit Occitanie dit Septimanie jusqu’au Moyen-Âge! Octon, petit village occitan pas encore occis par le temps, petit village septimancipé alerte et bandant donc de moins de 500 âmes, les Octonais, siège d’un village des Art-et-Métiers. Une feuille de chou contemporaine recto verso qui se lit non pas recto verso mais rictus versus, J’ai tout de suite accroché d’autant plus que la feuille de chou était proposée à 0,10€ et qu’il ne rendait pas la monnaie. Cocasse, impertinent, avide de jeux de mots, poétique, voilà ce que fut ma première impression. Ma chère et tendre cherchait déjà au fond de son porte-monnaie la précieuse pièce qui allait nous permettre d’entrer dans les arcanes de cette feuille de chou insolite imprimée en noir et blanc. Après avoir mangé une paella et goûté au dessert je commençais à entrer en état de somnambulisme quand tout à coup cette page me tira des effluves de Champagne Philippe Fays qui m’avaient transporté. On (Philippe Gerbaud, amiral en chef de ce radeau ivre et illustrateur) (décidément c’était la journée des Philippe) m’offrit un exemplaire de ce fanzine que je m’empressai d’enrouler comme un précieux papyrus pour pouvoir le lire le lendemain bien au calme de retour dans ma belle ville de Saintes. Las, au moment de partir je fus attiré par l’appel mystérieux du fromage qui flânait tranquillement sur une table et que je n’avais pas encore bécoté. N’écoutant que mon odorat et mon instinct de renard je me précipitai sur le fromage et délaissai un instant l’Octombule . Le journal de minuit et des poussières,  un journal qui se veut un pont entre des êtres étranges nommés Octombuliens et d’autres êtres non moins étranges, les Attributis. Voilà tout ce que je savais de l’animal. Mais à cause de ce fromage j’ai égaré la proie. S’il y avait un renard dans le coin il m’aurait sans doute dit :

Mon bon monsieur, apprenez que toute feuille de chou vit aux dépens de celui qui la goûte. Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute !

Heureusement le lendemain Internet me permet de retrouver la trace de ce dont je vous propose ici les tout derniers rictus et versus . Merci Facebook.

Si vous souhaitez consulter les numéros zéro (quand il se faisait appeler encore L’octonbule avec un n) au numéro Ztreize c’est par ici.

Pour le reste voici ce que dit   Philippe Gerbaud dans la présentation du numéro Z-dix-Fuite de l’OCTOMBULE:

« Merci aux contributrices et contributeurs de L’OCTOMBULE Zdix-Fuite car elles et ils n’ont pas esquivé le sujet proposé pour bâtir ce frêle esquif ou l’on s’esclaffe (parfois).

Ainsi, sans mal, par ordre Alpha :
Alexandre Vélez, Anne-Marie Liotard, Bellelurette, Cecile Sternisa, Comérode, Elisabeth Popeye, Elledipi, Fillault, -H-, hopla, Horst, Hyafil, Ifren et Paco, Internationalskaja Jamminski, Léo Gartien, Liane la Gitane, Marc Daum, Marie Cayol, Médéric, Mireille Gealageas, Nathalie Bardouil, Olé, Peggy Wood, Philippe Bissières, Ruth, Stéphan Riegel, Toni Von Bonjour, Vincent Valade, Violette, Xavier Dole.
Merci à Henry IV Ayrade qui administre les corrections. Merci à l’Inuit d’InOcto pour les belles couches de noir.

L’Octombule n’est pas si facile à trouver même dans les meilleures pâtisseries, vous pouvez proposer des lieux de distribution, ou MIEUX ENCORE devenez un centre de grande distribution à Minuit et des Poussières. »

 

Eloge du cangote

J’ai découvert au Brésil une partie de mon anatomie dont j’ignorais jusqu’alors la simple existence. On l’appelle là-bas le cangote.

Quelques traducteurs vous le traduiront par « cou » d’autres par « nuque ». Or il y a en portugais brésilien les mots « pescoço » pour cou et « nuca » pour nuque. Le cangote est une partie du cou située juste en dessous de l’oreille et siège selon les connaisseurs de terminaisons nerveuses si sensibles que le seul fait d’effleurer du nez ou des lèvres cette partie de l’anatomie peut vous faire frissonner jusqu’aux bouts des orteils. En portugais on dira plutôt jusqu’à la canela (le tibia). La canela c’est une autre partie du corps, le tibia, un os saillant sensible s’il en est. Je le répète : un bisou léger posé sur le cangote, le haut de la nuque si vous préférez, une morsure imperceptible, un souffle chaud sorti du fond de vos entrailles, se répand comme de la poudre électrique génératrice de chair de poule (goose bumps) jusqu’à la canela (le tibia) de l’être aimé . Oh la la.

Le cangote est l’endroit où l’on met les nouveaux-nés à faire leur rot. C’est l’endroit où on les met à s’endormir aussi. C’est donc aussi un lieu privilégié de la petite enfance. Qui n’a jamais porté son enfant sur les épaules (shoulders) à califourchon ! Il n’y a rien de plus confortable pour l’enfant que le cangote, véritable no man’s land de tendresse.

Le cangote est donc une zone érogène exceptionnelle.

Il y a aussi au Brésil le colo. « Me pega no seu colo » pourrait se traduire en français par « prends-moi dans tes bras » ou « prends-moi sur les genoux ». Mais colo est bien plus que bras qui existe en portugais sous le nom de « braço » . « Menino de colo » signifie enfant qui ne sait pas marcher et qui est porté contre le sein en général de sa mère. Une femme adulte peut réclamer elle aussi son colo. Une petite place contre votre coeur où elle se blottira. Bien différent de « dar um abraço » (prendre dans ses bras). Le colo ou son diminutif le colinho est du domaine presque du religieux. On pense à la Vierge Marie donnant sa tétée au petit Jésus. C’est un geste de protection et de tendresse toute paternelle quand le mot s’applique à un homme.

L’être humain n’est pas le seul à posséder un cangote. Les taureaux par exemple ont aussi un cangote bien rebondi qu’on appelle « cupim ». Il est délicieux en churrasco. On dit volontiers au Brésil « beijo no cangote ». Ou encore « cheiro no cangote ». « FUNGAR NO CANGOTE ». Embrasser ou renifler, deux attitudes très animales qui renvoient tout aussi bien à l’enfance qu’à la tendresse et à la sexualité. Ne pas confondre nuque, cou et cangote. Colo, canela et cangote. Les 3 C tous reliés par des réseaux complexes et millénaires au point G de l’extase et de la jouissance. Qu’en dit le kamasutra?

« Comment les blancs sont d’anciens noirs » écrivait Blaise, la grenouille perdue

 

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« Ecoutez l’histoire !

Que vienne l’histoire !

L’histoire arrive, on la tient de la grenouille perdue, irrémédiablement perdue , perdue au pays de Mosikasika, du petit-garçon-qui-n’était-pas-encore-venu-au-monde.  ! Quand  Mosikasika vint au monde il était un tout petit poussin…

C’était au temps des histoires de nègres retranscrites, revues et corrigées poétiquement  pour la première fois en noir et blanc, noir sur blanc, histoires fantastiques et fantasmagoriques d’enfants et de termites, de lièvre et d’ombre, d’ombre sans nom qui riait derrière votre dos et vous faisait des cornes,  d’homme qui revenait toujours au même endroit à la même place, d’orchestre qui se trouvait à l’intérieur,  d’oiseau possible-impossible, de bête que personne ne connaissait, de griffes, de cornes, de silex, de petit poussin, de caïman que personne ne portait plus pour le mettre à l’eau, d’antilope Muul, d’éléphant Nzox, de roi de Guinée (Guinnaru), de Citukulumakumba, de Mu-Ungu, le Créateur, de rhinocéros et d’arbre à miel et moi, jeune créature nègre affamée de lecture et  de bourlingue livresque, je m’envolais comme je m’étais envolé avec les contes de Kompè Lapen, de Zamba, de Zingrignan.

J’en admirais les facéties de tous ces concertos en nègre majeur.  Et pourtant je n’étais pas un enfant des blancs. Ni un nègre de paille, ni un nègre rose, ni un nègre aux yeux bleus. Ni tout simplement nègre d’ailleurs. A douze ans je n’avais pas cette conscience nègre. Je n’étais qu’un enfant noir. De nègrerie en négritude en passant par les négrures je suis devenu au fil du temps nègre. Et je n’exclus pas un jour de découvrir dans les replis les plus profonds et secrets de l’ADN de ma propre nature que je suis blanc comme nègre !

Certes Cendrars aurait pu intituler son ouvrage Contes de la Brousse et de la forêt, (1932) comme celui de André Davesne et Joseph  Gouin avec des illustrations de P Lagosse.

Ou encore Contes du fleuve et de la forêt (2015) comme l’a fait André de Brousse de Montpeyroux.

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Mais il en a décidé autrement. Il a peut-être voulu faire du buzz, finalement, en cette année folle de 1929. Je ne nie pas non plus qu’il y ait chez lui tout un aspect de primitivisme qu’on retrouve chez lui comme chez d’autres comme Guillaume Appolinaire, Tristan Tzara ,comme l’a suggéré Jean-Claude Blachère aux Nouvelles Editions Africaines dans son ouvrage Le Modèle Nègre : aspects littéraires du mythe primitiviste au XXe siècle chez Appolinaire, Cendrars , Tzara. Mais toutes les analyses de fond ne retireront pas au texte sa fantaisie, sa malice et sa sagesse. Retransmettre par écrit noir sur blanc la magie nègre de l’oralité, retransmettre ce tissu volatile qui circulait de tribu en tribu, le retranscrire poétiquement, le mettre à la portée des enfants de tout âge, voilà ce que restera l’héritage de la grenouille-poète Blaise « irrémédiablement perdue » et de son chien blanc qui l’accompagne.

Dans ce contexte il est évident que la récente polémique abjecte suscitée autour du livre de Blaise Cendrars (1887-1961)  Petits contes nègres pour les enfants des blancs, paru en en 1929 m’horripile ! Ce qui choque les tenants du bien parler afro-descendant est le mot nègre quand il est écrit ou prononcé par des Blancs. Je suggère à ces bonnes âmes qui ont attendu 2018 pour lire ces contes, (ouf, il était temps, quoi que je me demande s’ils en ont lu plus que la première de couverture) cette solution bancale qu’ils apprécieront à leur juste valeur, valeur nulle : derrière « petits contes » * ou « à l’usage des  enfants  des » l’astérisque pourrait signifier ce que l’on voudrait (aussi bien nègres que blancs, que jaunes ou rouges, ou marron ou roses, métis, kako, moreno, cabo verde, mélangés, dominos, noirs, afro, africains, café, lait, afropéens, café au lait, descendants d’esclaves, afro-descendants, afro-américains, afro-brésiliens, afro-antillais, négresse verte, négresses roses, nègres blancs, domiens, nègres aux yeux bleus, nègres bambara, peuls, galeguinhos de olhos azuis, zorey, pygmées, métropolitains, black, négropolitains, white, leucodermes, mélanodermes, muzungus, que sais-je, n’ayons pas peur des néologismes au nom du vivre ensemble négrophobe/négrophile, mélanophobe/mélanophile). On en est même venu dans cette chasse à tout prix aux sorcières lexicales et étymologiques du passé, du présent et de l’avenir à faire circuler une pétition pour retirer du marché le livre qualifié de raciste.

Si l’on suivait les préconisations de ces censeurs lexicaux il faudrait donc déprogrammer et jeter aux oubliettes dans l’enfer maudit de la Bibliothèque Nationale la Rhapsodie nègre (1917) de Francis Poulenc (1899-1963), il faudrait vouer aux gémonies  Le Vieux Nègre et la Médaille (1956) de Ferdinand Oyono (1929-2011), le Combat de nègre et de chiens, de Bernard-Marie Koltès (1948-1989),  Le Nègre des Lumières (2005), Le nègre au sang (2004), Ne m’appelez jamais nègre de Maka Kotto (1984), Chocolat , clown nègre, jeter au pilon Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer  (1989), Le nègre du  Narcisse,(1898) de Joseph Conrad (1857-1924), le Nègre et l’amiral de Raphaël Confiant (1988), Rue Case-Nègres de Joseph Zobel (le livre de 1950) et d’Euzhan Palcy (le film de 1983) et Je ne suis pas votre nègre (2017) de Raoul Peck. Il faudrait ne plus fredonner même, sous peine d’excommunication, « amour de nègre », « nég ni mové mannyè », « prière d’un petit enfant nègre », en même temps brûler tous les ouvrages porteurs sans équivoque de clichés racistes du type Loulou chez les nègres (1929) d’Alphonse Crozière (1873-1946) et laisser dans la lumière Pif et Paf chez les cannibales de 1928 de Dubus Hermin (1875-1973). Faut-il criminaliser et assigner à résidence post mortem Jean Bruller plus connu sous le pseudonyme de Vercors pour sa collaboration comme illustrateur aussi bien dans dans Loulou chez les nègres que Pif et Paf chez les Cannibales. Si cela avait été Zoulous au lieu de nègres aurait-ce été plus acceptable ? Ou alors anthrophages, ou alors sauvages, ou alors indigènes, ou alors Pygmées ? Ou Bamboula ?

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En 1936 Madame Lebreton-Belliard publie en Belgique son Poupe chez les Nègres ont je ne trouve malheureusement pas la première de couverture mais j’imagine qu’on ne fait que changer de prénom. Un prénom de fille contre un prénom de garçon. J’imagine que Poupe aurait pu bien s’amuser lors de ses aventures tropicales avec Bamboula, par exemple.

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Il y a certes une évolution humaniste chez Jean Bruller quand en 1937 il publie avec Claude Aveline Baba Diène et Morceau-de-sucre mais on est tout de même dans l’évocation de la grande fresque coloniale, de l’impérialisme colonisateur dans toute sa splendeur. Comme un avant-goût de Bibi Fricotin et Razibus Zouzou

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Il est certes important de décoloniser les esprits de part et d’autre, et principalement les esprits des jeunes enfants, qui sont la première cible des ouvrages de  Gallimard Jeunesse ou d’Albin Michel Jeunesse ou même du Livre de poche et peut être qu’une préface ou un avertissement aurait pu alerter les jeunes lecteurs pour qu’il puisse avoir une mise en perspective du mot nègre et de son histoire. D’ailleurs certains enseignants proposent des solutions intéressantes pour présenter cet ouvrage en primaire

Dès 1929 Cendrars y pense déjà puisqu’il écrit dans la préface des Contes Nègres

« un homme raisonnable ne peut parler de choses raisonnables à un autre homme raisonnable : il doit s’adresser aux enfants »

Moi j’ai toujours trouvé étonnant par exemple que l’on utilise le mot métropolitain pour parler des blancs français ou les oreilles pour parler des blancs antillais ou les békés pour parler des blanc créoles. Ou bien coolie pour parler des Indo-antillais, des mulâtres, des métis, des chabins, des chabines, des mûlatresses, des malabars. Au Brésil il ya aussi des negro, cafuso, moreno, preto, pardo, baio, galego, gazo, mulata, cabo verde, india, mestiço, amarelo, J’ai récemment passé 8 mois à Mayotte et là on appelle les blancs les muzungu. Il y a même une féminin muzunguette.

Je pense qu’il faut une réappropriation des mots Nègre et Noir par les Africains et descendants d’Africains. Se cacher derrière des solutions importées comme Black ou Brother  me parait insidieux. De la même façon que Blaise Cendrars, lié à la cendre et à la braise, à la régénération, à la résurrection tel le phénix, était un pseudonyme utilisé par l’auteur dont le nom véritable était Frédéric  Louis Sauser je pense que le mot nègre me définit plus qu’il ne m’insulte. Sauf que je revendique le droit d’être nègre et en même temps: je veux faire partie de l’arc en ciel. Ne pas en avoir honte. exactement come le mot esclave. eh oui nègre, esclave me définissent aussi, sans traumatisme. Sans rage, sans rage, sans douleur que je sache ! Comme le disait il y a bien longtemps James Brown Say it loud I’m black and I’m proud !

Je sais bien avec Senghor que le tigre ne proclame pas sa négritude mais pourtant si, quand il rugit on sait qu’il est tigre. Ce que voulait dire Senghor à mon sens c’est qu’il ne s’agit pas de proclamer, de brandir des étendards et des anathèmes, qu’il s’agit de réaliser. Vivre sa vie d’homme ou de femme nègre la tête haute, ancré dans ce vingt-et-unième siècle tout en étant pleinement conscient des luttes qui restent à mener . Il ne s’agit pas d’oublier mais de dépasser, d’aller au-delà, de bourlinguer au-delà des codes implicites que nous mêmes nous nous créons et qui nous bloquent. Pour cela il faut sortir un peu de son petit confort de martyr cathéchumène et aller de l’avant. Se méfier des prêches de toutes sortes et tracer son sillon dans la glaise sans angélisme sans haine.

Kerry James chante Musique Nègre sans que cela ne dérange personne.

Et Baldwin fait sensation dans Je ne suis pas votre nègre ! I am not your Negro

il y a une différence entre être nègre et être le nègre tel qu’il est perçu par l’autre. Bal nègre, art nègre. Moi j’aime beaucoup sang nègre. Je n’y vois aucun sens péjoratif. Negro, nigger, nigga, en anglais – nèg, vyé nèg, ti negrès, bel nèg, en kreyol – nega, nego, negão, neguinha, neguinho, preta en portugais – nègre, négro, négresse en français.

La langue évolue constamment, les livres non. C’est trahir un ouvrage que de l’expurger. Si Cendrars en 1928 a choisi « contes nègres » au lieu de contes noirs ou africains c’est qu’il était conscient de la force mythique du mot. Cendrars était en cela un pionnier, un passeur qui débroussaillait le territoire inculte d’histoires récoltées par les missionnaires et autres colons et lui redonner de la chair et du verbe, de la théâtralité. Mosikasika, le petit poussin c’est comme le Petit Poucet. Les contes animaliers d’où qu’ils viennent font partie de l’archétype humain des lacs comme des tissus colorés  au pays de Mosikasika avec son cortège de héros et d’animaux. Les animaux ne sont pas noirs ou blancs ou verts ou gris ils sont animaux, point final.

Déjà en 1921 il écrit son Anthologie nègre 320 pages pour transmettre au lecteur européen la richesse des cultures primitives africaines.

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Quand Picasso (1881-1873) avoue « l’art nègre? connais pas » en 1920 cela veut-il  dire qu’il méprise l’art africain dont il utilise pourtant la déconstruction ? Cela veut-il dire qu’il était raciste ? Je ne le pense pas .

En 1930 Cendrars écrit Comment les blancs sont d’anciens noirs avec 5 illustrations de Alfred Latour (1888-1964)

Moi je le dis tout net. Non seulement j’aime le texte de toutes ces éditions passées mais j’en aime aussi la forme. J’aime les illustrations  de Jacqueline Duhême dans l’édition de Gallimard Jeunesse qui outre les 10 contes originaux en rajoute 2 publiés en 1929 La Féticheuse et Le son de la vitesse.

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.J’aime encore plus celles de Pierre Pinsard (1906-1988), 50 bois originaux, peints à l’époque pour une édition de luxe aux editions du Sans Pareil  en 1929

Et il ya encore l’édition de 2009 aux Editions Art Spirit sur des illustrations de Francis Bernard (1900-1979)  qui datent de 1946 mais qui ont été mises en couleur par Emmanuel Pinchon. Edition de luxe tirée à 3000 exemplaires et au profit de la PEMF  (Publications de l’Ecole Moderne Française) et de la BPE (Bibliothèque pour l’Ecole)(mouvement Félicien Freinet)

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Il y a pour finir l’edition récente (2014) de la Bibliothèque Nationale de France en coopération avec Albin Michel Jeunesse toujours à partir de l’édition de 1929 enrichie cette fois de deux textes ultérieurs

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Je ne nie pas que tous ces ouvrages soient peut-être empreints de doudouisme et paternalisme, peut être même au cor défendant de Cendrars que j’admire avant tout comme poète et bourlingueur mais Rousseau et son bon sauvage et Voltaire ont ce même regard un peu décalé sur l’Autre. Mais on sent chez Cendrars cette attirance, cette fascination pour la richesse fantasmagorique des contes africains. Cela s’en ressent dans son écriture, dans le rythme de ses phrases, les répétitions. On le sent bien pendant 1h54′ lorsque le texte est lu comme dans l’édition sonore réalisée par Lydia Evandé et Meyong Bekaté sur une musique d’Eric Gérard pour le compte de Gallimard Jeunesse.

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Abbi Patrix et la Compagnie du Cercle imaginent dans l’Ombre  du zèbre n’est pas rayée un spectacle basé sur le texte de Petits contes nègres pour les enfants des blancs. La musique en background est intéressant. Je reste sur ma faim pour le rythme de la diction. Mais peut-être que dans le spectacle tout s’articule très bien. je préfère quant à moi le rythme de Lydia Ewané et Meyong Bekaté.

J’aime encore ces tentatives de Dominique Larcher 

La poésie c’est l’art du décalage du point différent . Quand Cendrars répète avec jouissance des artifacts de la tradition orale du conte africain (pour ne pas dire nègre) quand il parle d’un pays appelé l’écho-l’écho, d’un fleuve qui s’appelle glouglou-coule-toujours, d’un village nommé Debout-Debout, je retrouve chez lui l’art du griot, du conteur, du et cric et crac et de l’onomatopée. Cendrars, son écriture est nègre alors comme la cendre qu’on se met autour des yeux pour mieux voir et mieux être vu. Nègre dans le sens des negbwa des negmawon qui s’affranchissent des codes noirs ou nègres, nègres dans le sens que l’ombre du zèbre n’est pas rayée..

Les recueils de textes oraux africains transcrits font florès depuis le début du 2Oeme siècle. il suffit de consulter la base de données de Mukanda, Recherches Documentaires sur l’Afrique Centrale de l’Université de Lorraine pour s’en rendre compte.

On a encore des

Contes nègres (Struyf I, Charles P. ) (1924).

Contes blancs d’Afrique noire (Joelle Van Hee) (1990) L’Harmattan

Mille et quatre contes du Zaïre et du Shaba (Frédéric Vandenwalle) (volumes 1 à 13)

Contes des Heures Chaudes (André Villers)

Contes bamiléké (J Verhooven)

Autour du feu. Contes de chez nous.Tomes 1 et 2 (Wembonyama Okitotsho)(1999 et 2000)

Proverbes, légendes et contes fang (Henri Trilles)(1905)

Contes et légendes pygmées (Henri Trilles) et (André Lagarde, illustrations)(1935)

La pierre de feu. Légendes, contes, fables et récits des Baboma (Pierre Daye)(René Tonnoir)(Adrien van en Bossche)(1939)

Sur des lèvres congolaises. Contes (L. Guebels) (1947)

Quarante contes indigènes de la région des Basanga (Katanga) (H Roland)(1937)

Contes du Burundi (Francis M. Rodegem, P. Reitz)(1993)

Contes noirs pour petits blancs (Gaston-Denis Périer)(1947)

et beaucoup d’autres

 

Já nasci errado, estar errado é só uma aventura a mais

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Língua é foda meu irmão! Pra se aventurar naquele matagal do intercâmbio entre elas tem que ter uma boa dose de inconsciência. E de plasticidade.

Eu falo seis idiomas. Francês, créole de Guadeloupe, inglês, espanhol, holandês, português. Claro que tem interferências entre espanhol e português. Tanto que ando perdendo meu espanhol para português e que quase não sei me comunicar mais em holandês, língua que já dominei.

Estudei por um ano português na universidade Paris VII. Era apenas para poder viajar a Portugal e entender as letras de Gilberto Gil, Djavan, etc. Quando eu cheguei mesmo no Brasil foi dose. Português de Portugal e português do Brasil não são exatamente a mesma coisa. A língua travava e muito ! Mas com muita garrafa de Brahma, Skol, Pitu, Tatuzinho, e Antartica consegui destravar.

Aprendi muito português pela televisão. A Praça é Nossa com Carlos Alberto. Entender uma piada numa lingua estrangeira é uma delícia ! Já gostava dos bordões como : « se ela me desse bola » de Clementino (Tutuca)

a Escola do Professor Raimundo com Chico Anisio. Adorei os personagens : professor Raimundo Nonato, Dona Bela, Seu Boneco, Dona Cacilda, Joselino Barbacena, Armando Volta, Zé Bonitinho, Seu Batista, Galeão Cumbica, Dona Cândida, Pedro Pedreira, Aldemar Vigário, Dona Capitu, Marina da Glória, Nerso da Capitinga, Rolando Lero, Seu Peru, Catifunda, Baltazar da Rocha, Samuel Blaustein, Bertoldo Brecha, Suppapau Uaçu me ensinaram mais do que o dicionário Aurélio ! Ainda tenho em mente o bordão « ele so pensa naquilo » da Dona Bela.

Aprendi um bocado também sobre a situação política no Brasil e seus usos e costumes com Viva o Gordo de Jô Soares e seus múltiplos personagens : Araponga, Capitão Gay, Domingão, Zezinho, General Gutierrez, Julio Flores, Reizinho, Bô Francinede, Sebastião codinome Pierre, Dona Conceição, Zé da Galera, Dom Casqueta. Também gravei ali o bordão de Sebastião o exilado brasileiro na França que liga para o Brasil e que fala: « Não é possivel. Você não quer que eu volte ». Também fala barbarismos como seje, digue…

Também me formei pela universidade dos Trapalhões : Didi, Dedé, Mussum, Zaka foram ótimos professores.

O Show da Xuxa

Sergio Malendro

Sem Censura com Leda Nagle

Cassino do Chacrinha : Aprendi demais com aquele Velho Guerreiro cujo tema de abertura do programa era assim :

Abelardo Barbosa
Está com tudo e não está prosa

Menino levado da breca
Chacrinha faz chacrinha
Na buzina e discoteca

Ó Terezinha, ó Terezinha
é um barato o cassino do Chacrinha
Ó Terezinha, ó Terezinha
é um barato o cassino do Chacrinha

Vale a pena ver de novo e suas reprises de novelas como Irmãos Coragem, Dona Flor e seus deus maridos, Que rei sou eu, etc

Globo Rural e a música do tema por Almir Sater

Os rádios, o carnaval, a micareta, os cantores inúmeros e suas inúmeras músicas. Haja coração !

A revista Ciência Hoje, A Folha de São Paulo, O Estado de São Paulo, A Tarde, O Correio da Bahia, A Tribuna da Bahia, Feira Hoje, que eu comprava ou lia no Gabinete Português de Leitura em Salvador ou na Biblioteca Estadual de Feira de Santana foi lendo também que fui aprendendo. Também dançando, namorando, comendo, cozinhando, fazendo compras na feira, batendo papo, bebericando, assistindo filmes na cinemateca da Biblioteca Pública dos Barris,

Comprei também muitos livros de poesia brasileira. Tinha uma livraria Civilização Brasileira pertinho de onde eu morava em Salvador. Li muito mas muito mesmo ! Manuel Bandeira, Carlos Drummond de Andrade, Mario Quintana, Cecília Meirelles, João Cabral do Melo, Castro Alves, Gregório de Matos, Vinicius de Morais, Haroldo de Campos e alguns outros mas quem me seduziu mesmo foi Manoel de Barros (1916-2014) e sua « Gramática Expositiva do Chão » (1969) que até hoje me inspira. Eu lembro dele como de um poeta do graveto, da pedrinha, do insignificante, da poeira, quase invisível.

Também mergulhei na literatura de Jorge Amado, Mario de Andrade e seu Macunaima e tantos outros mas adorei foi o cinema de Glauber Rocha e seu Deus e o Diabo na Terra do Sol !

Todos os sobre citados foram meus exímios mestres : cada um fez sua parte sem se preocupar do papel que jogava e fiquei assimilando, assimilando.

Mas quero aqui dissertar um pouco não como linguista e specialista de idiomas francês mas como usuário do idioma português, além do mais o idioma português do Brasil, que não é minha língua materna mas que ficou a língua da madrasta.

Apesar de português e francês terem ambos a mesma matriz latina parece que tiveram pais diferentes. Em realidade são meio-irmãos. Vivem realidades diferentes.

Minha primeira dificulade com minha lingua irmã foi essa : ser e estar. Falaram assim : ser é pra estados ou ações definitivas, estar pra estados ou ações passageiros. E logo percebi que não era bem assim.

Ser casado tem nada a ver com ser doente, e ser apaixonado por música clássica não tem nada a ver com estar apaixonado por Benilde. O português tem uma sabedoria que o francês não tem. Sabe que paixão entre seres humanos não dura mas que paixão por idéias e prazeres é intemporal. Ou pelo menos finge de acreditar. Sou católico, sou crente, sou lulista. A realidade se mostra mais complexa. Alguém pode ter sido de esquerda e depois virar pra direita. Ou mudar de religião. Em francês o verbo ser se traduz por être, verbo auxiliar fundamental da língua francesa : être malade, être marié, être divorcé, être fiancé, être catholique, être protestant, être socialiste, être de droite.

O negócio complica mais ainda com ficar (que em francês se traduz geralmente como rester): ficar gravida, ficar noiva, ficar doente, ficar apaixonado, ficar com dor, ficar com fome, com frio, com calor, com vontade, com sede , com medo, aí o francês fica confuso. As vezes usa tomber (que se traduz normalmente por cair), às vezes usa avoir (ter, haver), outro auxiliar fundamental da língua de Molière. Isso quer dizer que para um francês adoecer, se apaixonar ou engravidar são vividas como quedas:

tomber enceinte, tomber malade, tomber amoureux vs avoir mal, avoir faim, avoir froid, avoir chaud, avoir envie, avoir soif, avoir peur…

Tem momentos que ninguém sabe pra onde correr. Estar errado, ser errado, ser certo, estar certo ! O francês fica em cima do muro e usa avoir: avoir tort, avoir raison.

Você ja nasceu errado , estar errado pra você é so uma aventura a mais ! brinca minha companheira

Haja pegadinhas entre o francês e o português ! Já é difícil imaginar o que é o futuro do subjuntivo. Quando eu for, se você quiser, assim que eu puder, logo que você souber, se não lhe incomodar, se tiver tempo, se for possivel, se Deus quiser para os quais o francês tem duas atitudes. Uma com quand, dès que, aussitôt que e os primos e amigos que chamam o futuro do indicativo : quand tu iras, quand tu voudras, dès que tu pourras, dès que tu sauras. Outra com si que chama neste caso o presente do indicativo: si ça ne te gêne pas, si tu as le temps, si c’est possible, si Dieu le veut.

Até para dizer por favor tem que usar si : s’il te plaît, s’il vous plaît ! (se não te incomodar, se lhe agradar). O si fica embutido no i do il, e este il mesmo não representa ninguém. Se trata de um il impessoal. Haja « politesse » !.

Este negócio de verbo impessoal em francês é meio chato. Il pleut, il neige, il fait chaud, il fait froid, il fait beau, il fait soleil, il fait noir, il fait bon, il fait, il faut.

Está chovendo, está nevando, faz calor, faz frio, faz tempo bom, faz sol, é escuro, faz bom, é preciso. Eita língua machista. O responsavel por todo aquilo é il, o pronome masculino da terceira pessoa do singular mas que pode ser neutro também como nestes inúmeros casos. Quer dizer que em francês o neutro é masculino.

Tudo isso para concordar com a regra que quer que todo verbo conjugado (com a exceçao do imperativo) tenha que ter um subjeto aparento, quando não tem tem que inventar e il é a pessoa então que faz a ação. Um deus ex máquina , provavelmente.

Mas a coisa complica porque tem também ce, que pode se abreviar en c’, pronome demonstrativo neutro, que pode representar este papel.

c’est gentil (é lindo), c’est super (é legal), c’est bon (é gostoso), c’est fantastique (é muito legal), c’est super (é bem legal), c’est moi (sou eu) e a forma generosa de ce c’est ça.

c’est quoi, ça. (O que é isso), ça va (ta indo), ça marche (tudo bem), ça caille (faz frio, ta pelando),

O português é como o inglês: tem acento tônico chato por toda parte. O francês em relação é bem simples, sempre na última sílaba. Mas primeiro pra identificar a última sílaba tem que eliminar toda sílaba que termina com e. Exemplo lune tem apenas uma sílaba oral apesar de ter duas sílabas gráficas. Indispensable se pronuncia in-dis-pen-sable e se presta bem atenção muita gente nem fala o fonema l final. Isso tem nada a ver com o português onde toda sílaba é pronunciada. Que alívio. Não é como em francês quando você nunca sabe se pode se pronunciar a consoante final

un pas, un cas, des tracas, compas, repas não se pronuncia o s final

Na palavra un os (osso) , fala-se o s final, na palavra dos (costas), não fala mas no plural os, a mesma palavra escrita se pronuncia sem o s final.

oeuf (ovo), boeuf (boi) no singular ouve se o som f . No plural desaparece este f e muda o som do eu que vem a soar como deux !

Mas o português do brasil tem suas chatices. Os r de rua, roer, e o rato roeu o rabo do rei de roma (foi assim que aprendi na marra esse trava-línguas, agora voltando atrás seria melhor roer a coroa, ou o coração, a cara, o couro, o rim, o trono, o carro, pior ainda o carro caro). O r brasileiro foi minha principal tortura. E até depois de mais de 30 anos de prática do idioma chego a tremer cada vez que eu peço suco de laranja. Mas não desanimo. Um dia chego lá ! No topo do morro morrerei dançando forró com minha eterna namorada segurando ela carinhosamente como uma garrafinha de suco de laranja!

O negócio complicado, quer dizer o mais complicado dois ainda muitos complicados, é como no caso do inglês onde colocar o acento tônico. Tem oxitonas, paroxitonas, proparoxitonas e sei lá quantos mais tonas. Deus é mais ! E como em inglês tem a regra e as exceções que confirmam a regra. Eu duvido se fala assim insistindo na sílaba vi mas não precisa de acento para materializar o acento tônico. Mas tenho minhas dúvidas, preciso mudar o stress para a primeira sílaba. Isso eu internalizei à força de ouvir ou de levar porrada.

Demorei para entender a diferença entre o o aberto de avo (grand-mère) et o o fechado de avô (grand père) e ainda hoje não sinto a diferença. Já me explicaram várias vezes a acentuação gráfica mas meu ouvido parece que fica surdo em entender as diferenças entre carne de boi e um motoboy. Não sei mas se falo certo falando oi pelo cual uso o oi do inglês voice. Eu já internalizei que ou se fala o como o moto, loto, bobo francês e não como o o com acento dos coto, bobo brasileiros. Mas toda palavra que tem a mesma grafia em português que em francês posa problema . Eu sei que moto não se fala moto como en francês, igual para loto, bobo de camarão, alho porro não se fala como poireau, já sei,

a que hora é ? que horas são ? São nove horas, é uma hora. Minha tendência, ja que em francês so se fala il est cinq heures, il est midi, é de usar em português sempre são para não me complicar. Já me falaram tanto que é que horas são, já ouvi muito que hora é essa mas o cérebro insiste em dizer são uma hora! Barbarismo feio, né !

Eu assim falo são uma hora e sou (ou estou) errado. Erradissimo ! Principalmente para alguém que passou mais de 15 anos no Brasil convivendo com brasileiros hà mais de 30 anos ! Posso falar com toda sem vergonhice é quatro da manha. Em vez do certo e legítimo : são quatro da manha. Até eu fico me perdendo. Agora é comum ouvir essa coisa errada entre brasileiros. Alivia um pouco a dor mas não sara a raiva ! é isso que me complica ainda mais ainda. Bem sei que ser comum não quer dizer ser correto. Mas quero comunicar.

Já sei que que nem não é muito bom mas ja ouvi falar tanto que virou minha maneira de ser baiano.

Usando palavras ou expressões como eita, Deus é mais, é foda, porra, né, ta, veja bem, digai, ta vendo, da pra entender, sacou ?, caiu minha ficha, vixe, opaio,

Tinha muitas dificuldades em entender a diferença entre aqui, cá, la , ali e aí. Porque em francês apesar de ter ici et (là-bas) não tem lugares intermediários bem definidos. ici quer dizer aqui e quer dizer lá. Em princípio. Na realidade pouco importa a distança, geralmente a palavra utilizada vai ser lá.

Exemplo: alguém bate na porta. Vou até a porta e vou falar: qui est là ? e a pessoa fica talvez a 20 centimetros da porta.

Se eu entendi bem a gradação brasileira vai de aqui, aí, ali, lá. Para entender cá tem que utilizar a expressao lá e cá. vem cá ! Só que até agora não entendi a diferença entre vem cá e vem aí ou vem aqui. Mas gosto demais de usar vem cá. Em francês poderia se traduzir por perifrase viens voir, viens ici, viens là, pouco importa. De lá pra cá eu usaria em relação ao tempo. Entre 1986 que foi minha vez no Brasil e agora 2018, de lá pra cá, muita coisa mudou là como cá ! No Brasil como na França.

Houve um tempo que o povo falava Lula là ! agora fala Lula pra aqui Lula pra lá, Lula pra cá, Lula ali, Lula aí ! Um dia chego lá !

Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage

Et même le renard le dit au petit prince : si tu veux un ami il faut l’apprivoiser et pour apprivoiser il faut être patient. Et vlan !

Je ne suis pas ce qu’on pourrait appeler un puits de patience. Je ne crois pas trop aux proverbes mais je crois beaucoup à celui-ci qui n’encourage pas à la patience. C’est un véritable éloge de l’impatience.

Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras.

Bien mieux que :

Patience et longueur de temps font plus que force et rage.

Dans patience il y a le mot attente et dans le mot attente je vois la salle ‘attente où se traînent les patients perclus par le doute. Je ne crois en aucune certitude. Je me crée des certitudes passagères qui me permettent d’avancer. Mon univers est toujours en expansion. Je place toujours une limite à mes attentes. Attendre vitam aeternam, trop peu pour moi. Atteindre le but de l’attente n’est pas toujours chose facile. Dans la salle d’attente, je suis patient, je dépends. Car être patient c’est souffrir, endurer, supporter, pâtir. Certains en éprouvent une jouissance toute mystique. L’attente du Messie ! l’attente du Jugement Dernier ! L’attente du médicament miracle !Je ne crois pas aux châtiments. Je ne crois pas aux supplices !

en philosophie il ya l’agent et le patient. Permettez que je choisisse l’action à la passivité.

Par ailleurs patient qui vient en latin du participe passé du verbe  pati (souffrir, supporter, endurer)  n’a rien à envier à  à Passion qui a exactement la même origine linguistique. Penser à la Passion du christ, tenez, qui commence demain Vendredi-Saint.. Patient et Passion même combat masochiste ?! ah non patience ou passion on en pâtis tout autant !

Je pense que la patience donne la fausse assurance d’un confort intellectuel. Je prends mon temps, se it-on ! . Tout va se réaliser un jour. Laissons faire la nature, Laissons faire le temps. Moi je préfère brusquer le temps, narguer la nature, titiller les heures. Défier l’interdit. Je me fixe des limites, toujours. Je me fixe des plans. Autrefois ils étaient de 5 ans. Maintenant je me donne chaque année un plan d’action. un plan de vie, un plan d’attaque. Ne pas subir, enfin le moins possible. Etre mon propre fer de lance ! Interroger mon instinct. L’apprivoiser. Oui si j’ai de la patience c’est avec mon instinct qui ne m’a jamais desservi. Je revendique cette impatience, ce droit à l’impatience au sens anglais de eager, eagerness comme dans le film Les corps impatients (Xavier Gianolli, 2003) Eager bodies en anglais qui suit justement une patiente atteinte du cancer  il y a le désir, l’appétit, la voracité, l’enthousiasme de l’impatience, l’avidité, le désir. L’envie. L’émerveillement ! Eager to learn, eager to please, eager to help, eager to work, eager to know.   On sent la soif, on sent la faim ! On sent la tension  vers l’objet !Le contraire de l’impatience c’est la résignation, l’accommodement. Etre impatient c’est se faire violence et faire fi des conventions pour que les chasses aux papillons ne cessent pas du jour au lendemain. C’est une négociation permanente avec soi et les autres avec les maladies, les nuisibles, les courants d’air et autres parasites

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Je viens de voir effaré qu’il y a 81 proverbes de par le monde qui parlent de patience. En fait je n’en ai comptabilisé que 75. J’ai eu la patience de faire les couper-coller et de les mettre en forme. Pas si impatient que ça finalement. : eh oui pour écrire il faut quand même un chouia de patience et ne pas se fâcher à chaque quart de seconde avec la feuille blanche ou l’écran….

Les 75 proverbes, adages et dictons autour du maître mot patience : lisez-les tous si vous êtes patients. Moi je les ai survolés !

1 On connaît l’humilité d’un homme dans son élévation, et sa patience dans l’adversité.
Proverbe danois ; Les proverbes et dictons du Danemark (1956)

 

2 Lorsque tu as entrepris quelque chose, prends patience.
Proverbe arabe ; Le dictionnaire des proverbes et dictons arabes (1980)

 

3 Avec de la paille et du temps, les nèfles blettissent.
Proverbe breton ; Dictons, maximes et proverbes bretons (2001)

 

4 À force de temps je t’aurai, disait le chêne à la citrouille.
Proverbe provençal ; Dictons d’oc et proverbes de Provence (1965)

 

5 Patience laissa brûler sa maison.
Proverbe français ; Les proverbes et dictons communs (1611)

 

6 Qui a patience a paradis.
Proverbe français ; Les proverbes et dictons communs (1611)

 

7 Patience, médecine de pauvre.
Proverbe provençal ; Dictons d’oc et proverbes de Provence (1965)

 

8 La patience conduit au salut, la précipitation court au malheur.
Proverbe turc ; Mille et un proverbes turcs (1878)

 

9 La patience mène à bien, la précipitation à rien.
Proverbe turc ; Les proverbes et dictons de la Turquie (1956)

 

10 Tout mal guérit par patience.
Proverbe français ; Dictionnaire des sentences et proverbes français (1892)

 

11 Un bon cœur penche vers l’indulgence, un cœur étroit ne dépasse pas la patience.
Proverbe chinois ; Le livre de la sagesse chinoise (1876)

 

12 La patience est une médecine de la vie.
Proverbe allemand ; Dictionnaire des proverbes et dictons allemands (1980)

 

13 La patience est le bouclier de l’âme.
Proverbe allemand ; Proverbes allemands traduits en français (1876)

 

14 Les gouttes d’eau creusent à la longue le rocher sur lequel elles tombent.
Proverbe allemand ; Dictionnaire des proverbes et dictons allemands (1980)

 

15 La patience donne la bienveillance et pardonne toutes les fautes (dettes).
Proverbe allemand ; Dictionnaire des proverbes et dictons allemands (1980)

 

16 Avec de la patience, point de malheur, et avec de la tristesse, aucun avantage.
Proverbe arabe ; Les proverbes du peuple arabe (1803)

 

17 La patience dévore le diable.
Proverbe allemand ; Dictionnaire des proverbes et dictons allemands (1980)

 

18 À la patience on reconnaît l’homme.
Proverbe allemand ; Proverbes allemands traduits en français (1876)

 

19 Prends patience, tu verras des miracles.
Proverbe allemand ; Dictionnaire des proverbes et dictons allemands (1980)

 

20 La patience et quelques cris, sont les meilleurs remèdes.
Proverbe allemand ; Dictionnaire des proverbes et dictons allemands (1980)

 

21 La patience donne le courage, le courage enfante l’espérance, et l’espérance ne laisse pas tomber dans la honte.
Proverbe allemand ; Dictionnaire des proverbes et dictons allemands (1980)

 

22 La victoire de la patience seule est solide.
Proverbe allemand ; Dictionnaire des proverbes et dictons allemands (1980)

 

23 À qui Dieu donne une femme, il lui donne aussi la patience.
Proverbe allemand ; Proverbes et dictons allemands (1828)

 

24 Peu à peu, la laine se transforme en tapis.
Proverbe persan ; Dictionnaire des proverbes et dictons persans (1980)

 

25 Petit à petit fuseau fait fil.
Proverbe breton ; Dictionnaire des proverbes et dictons bretons (1980)

 

26 La patience poussée à bout se change en fureur.
Proverbe français ; Recueil d’apophtegmes et axiomes (1855)

 

27 L’oiseau pris dans les filets doit prendre patience.
Proverbe indien ; Les proverbes en hindi (1988)

 

28 Qui veut durer et avoir le dessus, doit posséder patience et vertu.
Proverbe français ; Recueil d’apophtegmes et axiomes (1855)

 

29 La patience est la force des faibles.
Proverbe français ; Dictionnaire des proverbes français (1749)

 

30 La souffrance transige avec la patience.
Proverbe français ; Dictionnaire des proverbes français (1749)

 

31 La patience est l’art d’espérer dans les maux.
Proverbe français ; Dictionnaire des proverbes français (1749)

 

32 Pour un procès il faut trois sacs : sac de papier, sac d’argent, sac de patience.
Proverbe français ; Recueil d’apophtegmes et axiomes (1855)

 

33 Qui ne se lasse point vient à bout de tout.
Proverbe espagnol ; Maximes et sentences espagnoles (1859)

 

34 La patience et le silence sont les meilleurs remèdes contre la colère.
Proverbe danois ; Dictionnaire des proverbes danois (1757)

 

35 Petit à petit le raisin devient sucré.
Proverbe grec ; Maximes de la Grèce antique (1855)

 

36 La patience adoucit les maux qu’on ne saurait guérir.
Proverbe latin ; Proverbes et dictons latins (1757)

 

37 Quelques malheurs qui nous arrivent, le courage et la patience nous les feront surmonter.
Proverbe latin ; Proverbes et dictons latins (1757)

 

38 Le temps et la patience adoucissent les plus cruelles blessures.
Proverbe polonais ; Trésor des proverbes polonais (2005)

 

39 La science s’acquiert avec la patience.
Proverbe italien ; Proverbes et dictons italiens (1894)

 

40 La patience s’acquiert avec l’expérience.
Proverbe italien ; Proverbes et dictons italiens (1894)

 

41 La patience apporte des roses.
Proverbe tchèque ; Recueil de proverbes tchèques (1937)

 

42 C’est le fait du démon de se hâter, et celui de l’homme de savoir patienter.
Proverbe turc ; Mille et un proverbes turcs (1878)

 

43 Avec du zèle et de la patience un rat troue une planche.
Proverbe turc ; Mille et un proverbes turcs (1878)

 

44 À force de frotter, la corde casse la pierre.
Proverbe kényan ; Le proverbe kiswahili du Kénya (1993)

 

45 Une petite hache coupe un gros morceau de bois.
Proverbe guadeloupéen ; Recueil de proverbes créoles (1877)

 

46 Lorsque tu combattras par la patience, tu seras victorieux.
Proverbe arabe ; Les proverbes de Meïdani (1828)

 

47 La patience adoucit les maux qu’on ne saurait guérir.
Proverbe latin ; Proverbes et sentences latines (1825)

 

48 Tout Européen qui vient en Inde gagne de la patience, s’il n’en a pas ; et il la perd, s’il en a.
Proverbe indien ; Les proverbes en hindi (1988)

 

49 La patience est un remède universel à tous les maux.
Proverbe nigérian ; Proverbes du Nigeria (1956)

 

50 Une calebasse de vin se remplit goutte par goutte.
Proverbe nigérian ; Le pays igbo du Nigéria (2010)

51 La patience engendre la richesse.
Proverbe touareg ; Proverbes des Touaregs Kel-Adagh (2010)

 

52 La goutte incessante creuse la pierre.
Proverbe libanais ; Mille et un proverbes libanais (1968)

 

53 La patience aplanit les montagnes.
Proverbe libanais ; Mille et un proverbes libanais (1968)

 

54 Le temps est la clef de tout.
Proverbe africain ; Pensées africaines (2004)

 

55 Avec de la patience, le raisin finit par devenir sucré.
Proverbe kurde ; Les proverbes du Kurdistan (1936)

 

56 La patience est un remède à tous maux.
Proverbe russe ; Proverbes de la Russie (1956)

 

57 La patience est une herbe qui ne se trouve que dans le jardin des capucins.
Proverbe flamand ; Dictionnaire des proverbes flamands (1863)

 

58 La patience est amère, mais elle devient douce avec le temps.
Proverbe libyen ; Proverbes de la Libye (1956)

 

59 Il faut vaincre par la digne patience ceux qui vous offensent par orgueil.
Proverbe tamoul ; Le Koural – VIe siècle.

 

60 La patience vaut mieux que trop de bravoure.
Proverbe espagnol ; Maximes et sentences espagnoles (1859)

 

61 Avec du temps et de la patience on vient à bout de tout.
Proverbe espagnol ; Proverbes et locutions espagnoles (1835)

 

62 La patience édifie, l’impatience renverse.
Proverbe danois ; Dictionnaire des proverbes danois (1757)

 

63 Qui manque de patience manque de sagesse.
Proverbe danois ; Dictionnaire des proverbes danois (1757)

 

64 On ne peut pas sevrer un bébé en un jour.
Proverbe américain ; Recueil de proverbes américains (1964)

 

65 La patience rend tout homme maître.
Proverbe italien ; Proverbes et sentences italiennes (1876)

 

66 La patience d’un cœur est en proportion de sa grandeur.
Proverbe arabe ; Proverbes et locutions arabes (1835)

 

67 Si tu es enclume, prends patience ; si tu es marteau, frappe fort.
Proverbe turc ; Proverbes de la Turquie (1956)

 

68 La patience et la détermination conquièrent tout.
Proverbe américain ; Proverbes et dictons américains (1876)

 

69 La patience est un remède à toutes les afflictions.
Proverbe en latin ; Proverbes en latin (1757)

 

70 Il n’est point d’affaire, avec de la patience, dont on ne puisse venir à bout.
Proverbe turc ; Proverbes de la Turquie (1956)

 

71 La patience est une herbe qui ne pousse point dans tous les jardins.
Proverbe espagnol ; Proverbes et locutions espagnoles (1835)

 

72 L’enfant ne devient pas homme en un jour.
Proverbe zaïrois ; Proverbes et dictons zaïrois (1994)

 

73 Les termites disent : Petit à petit, cela s’amoncelle.
Proverbe camerounais ; Proverbes bamouns du Cameroun (1976)

 

74 La patience vaut mieux que la hâte, et cela en toute chose.
Proverbe malgache ; Les proverbes malgaches (1915)

 

75 La patience ne connaît pas le temps.
Proverbe sénégalais ; Proverbes et dictons sénégalais (1976)

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