Fille de Bacchus et de Vénus

Orion dort. Plante du pied gauche lovée dans la cheville droite, le bras gauche replié au niveau du coude à hauteur de l’oeil gauche et masquant la vue, la main droite comme soupesant la tête du côté droit au niveau de l’oreille dans la position du discobole, Orion dort, couché de trois-quarts sur le dos. Il porte un short orange liseré de noir et sa chemise à rayures où l’orange est repris en fines bandelettes alternant des trainées blanches et marron.

Il tousse. Inconsciemment sans doute, il palpe mentalement son pied gauche.

Où en est ce gros orteil, l’affreux hallux qui me lancinait à l’heure du sommeil ?

Etrangement aucune douleur ne se fait sentir. Son pied droit masse inlassablement son pied gauche, on dirait deux frères de la Côte ! A la recherche de l’or de la douleur comme un trésor caché sur une quelconque île déserte dont nul cyclone ne peut dissiper la brume. Disparue. La crise aurait-elle cessé ? Il en sourit. Ce soir à 19 heures il pourra être de la fête.

Mais déjà le corps à jeun se met en branle. Il tousse et surgis de l’antan en extinction, de sa cage thoracique volètent jusqu’à cinq diablotins qu’il croyait disparus, diablotins nocturnes qu’il chassait pour leur chair d’ébène dans une autre incarnation sur les pentes de la Soufrière. Ces derniers se dissipent en jappant comme les notes pélagiques d’un piano mécanique, certains qu’ils reviendront en British shorthair au bercail ce soir bien longtemps après que la fête ait terminé .

ah ces diablotins ! Qu’ils se moquent !

Orion, semblent-ils tous dire ! Orion gâteux, Orion goutteux ! !

Goûteux, se permet-il de rectifier. Goûteux, Messieurs, avec un seul t et un accent circonflexe sur le premier u, g-o-u-t-e-u-x, épelle-t-il, pédagogue !

Allez empêcher un diablotin même éteint d’être farceur !

Ne l’ont-ils pas, ces crapules, pas plus tard qu’hier matin, soumis tels de révérends pères dominicains à la pénitence salutaire:

5 fois à genoux l’oraison dominicale, cinq fois à genoux la salutation angélique !

Mais il sourit sous cape, sous les draps bleus qui l’enveloppe bien au chaud sous la bulle de cette matinée de fin août qui s’annonce chaude ! Oh, il ne faudra pas abuser. Allez, juste une petite goutte de Bourgogne et deux phalanges de Père Labat en apéritif on the rocks avec du jus de canne, du citron vert et de l’angostura comme il se doit.

Je suis quand même fils de Bacchus et de Vénus ! Fils illégitime, soit ! Mais fils quand même, même si ce ne fut des oeuvres d’un bon, vrai et légitime mariage !

Macunaíma, (soap) opéra tupi en Ursa Major

Macunaíma c’est le chef d’oeuvre de Mário de Andrade (1893-1945) publié au Brésil en 1928. Cet ouvrage foisonnant a dû attendre 51 ans pour avoir une traduction en français (Flammarion 1979, traduction de Jacques Thiérot, 246 pages, avec une préface du poète brésilien Haroldo Eurico Browne de Campos (1929-2003). En 1997 une édition critique coordonnée par Pierre Rivas est publiée par Stock/Unesco qui revoit et corrige la version de 1979 et l’enrichit d’un glossaire (le total de pages se porte désormais à 345 pages. Notre compréhension de Macounaïma s’enrichit donc d’un tréma et d’un o et e 99 pages . Ce héros sans caractère, fils de la peur de la nuit, indien Tapanhumas, selon les termes mêmes du titre naît dans la Forêt Vierge de Uraricoera et finit constellation, satellisé dans la Grande Ourse. C’est donc l’histoire d’un voyage magique où l’indien change de peau comme de chemise. On croit ce Candide noir, mais le voilà tout-à-coup blanc aux yeux bleus à la faveur ou défaveur d’une pluie ensorceleuse, puis insecte, puis poisson puis même canard. Cette odyssée picaresque en incarnations successives s’apparente en surface au Gulliver’s Travels de Jonathan Swift, à Le tour du monde en 80 jours, de Jules Verne, à Moby Dick de Hermann Melville, voire In the Heart of Darkness de Joseph Conrad. Ce n’est pas non plus un voyage individuel car Macunaíma voyage avec ses deux frères Manaape (le noir) et Jiguê (le mulâtre). Oh le but de ce voyage riche en péripéties et personnages étonnants c’est São Paulo avec une petite pause à Rio de Janeiro. Étrange voyage à rebours qui mène du monde dit sauvage au monde dit civilisé, du monde dit primitif au monde dit supérieur, alors que tous les autres voyages cités ont un parcours entendu de la civilisation au sous-monde. On sort de la lumière du progrès de l’ordre pour se confronter aux ténèbres, au sauvage, à l’imprévu, aux rites magiques des pombagiras. En ce sens le périple de Macunaíma et de ses frères est une gageure. C’est une quête mais non une quête d’idéal, c’est la quête du muiraquitã, la pierre sacrée qui donne le pouvoir, qui donne l’identité. Tout ce voyage est en quelque sorte une quête d’identité qui s’achève en eau de boudin dévoré par une iara mangeuse d’hommes et en même temps un parcours initiatique à la modernité : les machines, la politique, les classes possédantes, la guerilla urbaine, le racisme. Or lors de son retour il se fait voler cette pierre et donc revient au pays, à la case départ les bras ballants. Pas étonnant alors que les dieux l’envoient balader dans une autre dimension. Les dieux de tout acabit et de toute dénomination qui sont les véritables héros de cette fable baroque, où se croisent et se décroisent aux détours des chapitres les mythes, le ludique, le grotesque, le sexe, le cannibalisme et l’oraliture. C’est un feuilleton, un soap opéra grotesque et merveilleux, fourmillant et virevoltant. Ce n’est pas à travers un fleuve linéaire que se déroule l’intrigue. Non l’intrigue ne se déroule pas, elle se déroute. Panurges, Pantagruels, Gargantuas de toutes textures et de toutes tessitures sont convoqués et interviennent par leurs touches quand elles ne laissent pas des Sanchos Panças, Ulysses et Marcos Polos desvairados le faire. Les rires fusent et se figent. Est-ce vraiment d’une comédie qu’il s’agit ? Ou serait-on en face d’un western feijoada ou d’un thriller moqueca. On a beau convoquer Till de De Coster et Panurge de Rabelais on se retrouve non pas dans Les Mille et Une Nuits mais Les Mille et Un Hamacs aux couleurs chatoyantes comme les plumes d’un perroquet infini. VEI, CY, Macunaima, astres merveilleux de cette fable herzogienne nous semblent des Fitzcarraldo déjantés et descarados de la Grande Ourse qui prend tout à coup les formes d’un perroquet ou d’un toucan..

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L’ouvrage a eu une adaption pour le cinéma en 1969 par Joaquim Pedro de Andrade avec la participation de Grande Otelo (Macunaíma noir, le fils de Macunaíma), Paulo José (Macunaíma blanc, la mère de Macunaíma), Jardel Filho (Venceslau Pietro Pietra), Dina Sfat (Ci), Milton Gonçalves (Jiguê), Rodolfo Arena (Maanape), Maria do Rosário, (Iquirí), Joanna Fomm (Sofara), Rafael de Carvalho (Caapora), Nazareth Ohana, Zezé Macedo, Wilza Carla, Myriam Muniz (femme de Venceslau), Edy Siqueira, Carmem Palhares, Maria Clara Pelegrino (bonne de Venceslau), Waldir Onofre, Hugo Carvana (homme au canard), Maria Leticia, Guara Rodrigues (Bum) (sous le nom de Guaracy Rodrigues), Maria Lucia Dahl (Iara), Tite de Lemos (voix du narrateur), Leovegildo Cordeiro, Márcia Tânia, Maria Carolina Withaker

La bande originale est composée de Hetor Villa-Lobos , Borodine, Strauss,

Mandu Sarará, de Mario de Andrade et Jards Macalé ,

Tapera Tapejara, de Mario de Andrade et Jards Macalé

Cecy e Pery, de Principe Pretinho avec Dalva de Oliveira

Sob uma cascata, de Francisco Alves

E papo firme, de Renato Correa et Donaldson Gonçalves avec Roberto Carlos

Arranha-Céu, de Orestes Barbosa et Sílvio Caldas, avec Silvio Caldas
Cinderela, de Adelino Moreira avec Angela Maria

Respeita Januario, de Luiz Gonzaga et Humberto Teixeira, avec Luiz Gonzaga

Mulher, de Custodio Mesquita et Sady Cabral, avec Sílvio Caldas

Manganga, de Geraldo Nunes, avec Wilson Simonal,

Toda Colorida, avec Jorge Bem

As tuas Mãos, de Pernambuco et Antonio Maria

Paisagens da minha terra, de Lamartine Babo, avec Francisco Alves

En 1973 cette samba enredo Macunaima de Norival Reis et Davi Antônio Correia est chantée par Clara nunes

Samba enredo do Portela lors du carnaval 1975 :

Portela apresenta

folclore tradições

Milagres do sertão à mata virgem

Assombrada com mil tentações

Cy, a rainha mãe do mato, oi

Macunaíma fascinou

Ao luar se fez poema

Mas ao filho encarnado

Toda maldição legou

Macunaíma índio branco catimbeiro

Negro sonso feiticeiro

Mata a cobra e dá um nó

Cy, em forma de estrela

À Macunaíma dá

Um talismã que ele perde e sai a vagar

Canta o uirapuru e encanta

Liberta a mágoa do seu triste coração

Negrinho do pastoreio foi a sua salvação

E derrotando o gigante

Era uma vez Piaiman

Macunaíma volta com o muiraquitã

Marupiara na luta e no amor

Quando para a pedra para sempre o monstro levou

O nosso herói assim cantou

Vou-me embora, vou-me embora

Eu aqui volto mais não

Vou morar no infinito

E virar constelação

Adaption pour le théâtre aussi grâce à Antunes Filho et la Companhia Paulista de Teatro en 1978

Une adaption en opéra tupi en 2008 par Iara Rennó avec la participation de noms illustres comme Tom Zé, Tetê Espíndola, Anelis Assumpção, Funk Buia, Siba, Moreno Veloso, Buguinha Dub, Barbatuques, Arrigo Barnabé, Kassin, Maurício Takara, Daniel Ganjaman, Alexandre Basa, Beto Villares, Benjamin Taubkin, Quincas Moreira, Toca Ogã, Da Lua, Bocato, Fuloresta, Dante Ozetti,

Un disque en est sorti Macunaíma, ópera tupi avec comme morceaux Macunaíma 5’36, Mandu Sarará 4’40, Nina Macunaima 4’49, Conversa 4’02, Quando mingua a Luna 3’56, Jardinheiro, Naipi, Bamba querê, Dói Dói Dói, Na Beira do Uraricoera, Valei-me, Ruda, Tapera, Boi

On a même eu un opéra ballet en 2014 avec cette même Iara Rennó

Bata me um abacate, viu, seu Macunaíma

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Rá, rá, rá, como fala o santo « se eu soubesse » ou sei lá o nome do dito cujo. Eita gente eleição à vista ! Embora cantar então, cantar o eleitor claro. Todo eleitor, sabia, tem cara bonita e respira o Brasil antes da eleição. Depois é outro departamento. Mas tudo bem. Aquele Macunaíma sem caráter já falava no seu tempo, aliás já em 1928, pouca saúde e muita saúva, os males do Brasil são. Ele nem nome tinha mas votava sim ! Ordem e Progresso, é outra coisa ! Né Itamar ! Vamos cantar juntos Adeus Planalto !

Eu não nasci e não vivo no Brasil, então

Eu fui a Brasília pra no Planalto

Beber abacatada

Fui pra beber, não bebi, que decepção senti

Bebii quase nada.

Eu não comi Vei, a Sol, muiraquitãs nem cunhãs

Urraricoera

Eu não comi Piaimã, não comi Uiara, Capê

Comi quase nada

Eu não provei Cuianogue, não provei Ci nem Nhamundá,

Macunaíma,

Eu não provei Imperador, não provei nem Mato Virgem

Provei quase nada

Eu fui a Brasília pra no Planalto

Me encher com abacate

Fui pra encher, não enchi, que decepção senti

Comi quase nada.

Eu não comi Maanape, nem Jiguê nem

Cobra preta, Ai que preguiça

Sauva também não comi , lua, India Tapamunhas

Comi quase nada

Eu não belisquei Rio Negro, ilha de Marapatá

Nem Icamiabas

Eu não belisquei Ursa Maior, Grande Otelo nem Paulo José

Belisquei quase nada

Eu fui a Brasília pra no Planalto

Bicar no abacate

Eu fui pra bicar, não biquei, que decepção senti

Biquei quase nada.

Não papei o Venceslau Pietro Pietra nem Sofara

Ai que preguiça

Eu não papei Joana Fomm, Milton Gonçalves nem Myriam Muniz

Papei quase nada

Não engoli preto retinto, filho do medo da morte

Nem Caapora

Não engoli ordem nem progresso, herói da nossa gente,

Engoli quase nada

« Le bonheur ne se savoure pas comme un fruit »

« Le bonheur ne se savoure pas comme un fruit, il se gagne, il n’existe que s’il se veut. « 

Cette citation d‘Alain (1868-1951) interpelle.

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Elle me fait penser à une publicité de BASF pour une cassette sur une musique de Giacomo Puccini (1858-1924), Manon Lescaut où un buste de Puccini pleure en écoutant la voix d’une soprano chanter In quelle trine morbide. L’émotion intacte. Le bonheur. Je ne sais qui est la soprano qui interprète Manon, ni rien de l’aventure qui la lie au Chevalier Després et pourtant j’ai comme une parcelle de bonheur qui m’envahit au moment où la statue de Puccini verse sa larme. La musique anime la pierre, lui donne vie. Etait-ce Maria Callas, était-ce Léontyne Price ou Angela Gheorgiu, Montserrat Caballé ou Kiri te Kanawa ?

Peu importe. Je crois qu’au contraire le bonheur se savoure comme un fruit dans la mesure où l’on sait tout le processus de développement du fruit avant qu’il ne soit mûr et digne d’être savouré. Rien n’empêche de le déguster vert ou blet non plus. A chacun sa notion de bonheur. Par exemple on peut fort bien aimer les mangues vertes ou les tomates vertes.

Il y a chez nombreux philosophes la notion que le bonheur c’est quelque chose d’exceptionnel, qui arrive en bout de course, comme une récompense après de longs efforts. Cette vision un peu religieuse s’inspire du paradis que nous n’atteindrons qu’après la mort et la resurrection. C’est là selon eux qu’existe le vrai bonheur, à la droite du Père. Et même ce bonheur-là ne sera pas donné à tous. Heureux les pauvres d’esprits ne dit-on pas car le royaume des cieux leur appartient. Ce bonheur céleste ne se savoure  pas comme un fruit, d’ailleurs il nous serait bien difficile de le mordre puisque si jugement dernier il y a nos dents  ne seront que poussière et le fruit désiré aura même dépassé le stade de pourriture . Le fruit restera à l’état virtuel.

Ce bonheur là est le type de bonheur qu’on place comme une statue sainte et que l’on observe comme un trésor. Un jour bien après notre mort nous serons heureux. Nous vivrons notre béatitude.

 

In quelle trine morbide...
nell'alcova dorata v'è un silenzio
gelido, mortal, v'è un silenzio,
un freddo che m'agghiaccia!
Ed io che m'ero avvezza
a una carezza
voluttuosa
di labbra ardenti e d'infuocate braccia...

or ho tutt'altra cosa!
O mia dimora umile,
tu mi ritorni innanzi
gaia, isolata, bianca
come un sogno gentile
di pace e d'amor!

Moi je crois aux bonheurs quotidiens, presque invisibles, faits de souvenirs et d’anticipations, un peu comme dans La Mélodie du Bonheur (The Sound of Music). Julie Andrews, la novice rebelle, amoncelle des petits bonheurs quotidiens, les joies quotidiennes qui  font aller aussi bien elle que la famille Von Trapp de l’avant.

 

 

 

God save the Mongoose King

« Riki tiki tavi Mongoose is gone » chantait Donovan en 1970.

La langouste s’est fait la malle. Vive la mangouste.

 

 

Le paquebot amiral de l’empire britannique The Queen Mary fait relâche dans les eaux du Maas de Rotterdam à quelques encablures du Erasmusbrug. Ce pont, emblème de Rotterdam, pose son tablier audacieux à la face du monde. A Londres sir VS Naipaul se meurt. Le World Muséum qui chante l’intégration des 160 communautés qui composent le quotidien de Rotterdam est en travaux. Les travaux sur lesquels Naipaul s’est penché sont le traumatisme des post colonialismes. Il parle d’empires déclinants et pourtant à l’aube du Brexit les sirs, les ladys, les OBE pullulent à travers l’empire britannique qui ne s’est jamais éteint et qui survit à travers le Commonwealth. La richesse commune. LE CHEVALIER Naipaul, qui a toujours renié d’une certaine façon son appartenance à Trinidad où il est né et dont les malheurs ont servi de palette à ses travaux, s’est toujours REVENDIQUÉ anglais avant tout et indien accessoirement. Lors de son discours d’acceptation du prix Nobel en 2001 ce sont ces attaches-là qui semblèrent universelles et dignes d’être évoquées par ce pur produit d’Oxford qui voyait les Caraïbes comme des plantations où travaillaient non pas des hommes mais des singes. Preuve par 9 s’il en faut du traumatisme et du déracinement subi par les engagés Dravidiens lors de leurs migrations en terre antillaise vers la moitié du XXème siècle. Certes Naipaul n’était pas croyant. Mais il croyait à la toute puissance des lunettes victoriennes à travers lesquelles il disséquait sans pitié la Caraïbe. C’était comme le disaient les sages de Stockholm un tourmondiste, ce qui montre bien que ce n’était pas un tiers-mondiste. Il se servait de la matrice de la souffrance, du traumatisme comme objet d’analyse pour jeter ses anathèmes comme on jette un pavé dans l’eau. Il eut ses détracteurs et ses admirateurs et j’imagine que lors de ses voyages effectués à travers le monde il emprunta plus qu’à son tour les coursives des semblables du Queen Mary. J’imagine qu’il savait plus par cœur « God save the queen » que l’hymne de Trinidad et Tobago. Ne parlons même pas de celui de l’Inde.

Cet hymne créé en 1962 lors de l’indépendance de Trinidad et Tobago s’appelle Forged from the love of Liberty de Patrick Stanislaus Castagne.

J’imagine que l’ibis et le cocrico lui étaient bien plus étrangers que le chardon et les trois couronnes
God save the mooongose king.

J’imagine qu’il sera récupéré par ses détracteurs et déclaré enfant de la patrie par tous les caribbéens au même titre que des noms comme Derek Walcott et Aimé Césaire.

« History is built around achievement and creation and nothing was created in the Caribbean. »

Les vues politiques de celui que Walcott a appelé dans un poème en 2008 The Mongoose étaient pour le moins déconcertantes de mon point de vue. Il est né outsider et l’est resté toute sa vie depuis son premier roman « The Mystic Masseur » de 1957. Homme à polémique il me laisse cette phrase dans  » A Bend on the river »(1979)

The world is what it is; men who are nothing, who allow themselves to become nothing, have nothing to do in it.

Naipaul a théorisé une histoire où les Caribéens souffrent d’un traumatisme post colonialiste qui fait qu’ils n’ont aucune chance de sortir de la gangrène où ils se trouvent. A ce déterminisme historique sombre qu’il promeut je préfère L’ESPÉRANCE POETIQUE prônée par Walcott avec qui il fut en éternelle opposition :

« I have been bitten, I must avoid infection
Or else I’ll be as dead as Naipaul’s fiction »(Derek Walcott)(2008, The Mongoose)

Die Zauberflöte

DIE ZAUBERFLÖTEDIE ZAUBERFLÖTEDIE ZAUBERFLÖTE

DIE ZAUBERFLÖTE

Die Zauberflöte, en français La Flûte Enchantée, est un opéra incontournable en deux actes de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) qui mourut le 5 décembre 1791 à Salzburg, ville où il était d’ailleurs né, soit trois mois après sa première représentation à Vienne le 29 septembre 1791. Pour la petite histoire le vrai nom de ce compositeur était Johannes Chrisostomus Wolfgang Theophilus Mozart. Mozart substitua le Theophilus par Amadeus. Théophile contre Amédée. Le livret est de Emanuel Schikaneder.

 

C’est un conte de fées fantastique mis en musique dans la tradition du singspielArte a retransmis le 4 août 2018 en léger différé la troisième des sept représentations qui ont eu lieu ou vont avoir lieu  à Salzburg au Palais des Festivals entre juillet et août 2018 avec une distribution internationale, le tout sur une mise en scène fantastique de Lydia Steier (USA), des costumes de Ursula Kudrna et des décors de Katharina Schlipf

Dans la fosse l’Orchestre Philarmonique de Vienne sous la direction du jeune chef grec Constantino Carydis et les Choeurs de l’Opera de Vienne sous la direction de Ernst Raffelsberger

Sur scène

Tamino, le prince (Mauro Peter, le suisse)

Pamina , la fille de la reine de la nuit, (Christiane Karg)

Papageno, l’oiseleur, l’homme-oiseau, le boucher aussi (Adam Plachetka)

Papagena (Maria Nazarova)

Papagena vieille (Birgit Linauer)

Sarastro, le sorcier, le Divin sage, le Dieu, le sacerdote (Matthias Goerne)

Monostatos, le fidèle lieutenant de Sarastro (Michael Porter) mais qui dans la version originale est un génie, un prêtre

La reine de la nuit (Die Königin der Nacht) devait être Albina Shagimuratova. Malade, cette dernière a été remplacée au pied levé par Emma Posman.

Le grand-père dont le rôle avait été attribué à Bruno Ganz a finalement été dévolu à Klaus Maria Brandauer, suite à la maladie soudaine de ce lui-ci.

L’Orateur, Spreker (Tareq Nazmi)

Les trois dames:

La première dame – Erste dame (Ilse Eerens)

La deuxième dame – Zweite dame  (Paula Murrihy)

La troisième dame – Drette dame(Geneviève King)

Les trois enfants (membres du chœur de garçons de Vienne)

Merci à Arte tout d’abord pour cette initiative. L’opéra est ainsi accessible au plus grand nombre. Sur le site du festival il y a en effet 8 catégories de prix pour voir cet opéra qui se joue à guichets fermés soit dit en passant: 430€-340€-260€-190€-150€-115€-75€-30€ selon que l’on souhaite assister à cette féerie dans le parterre, au premier rang des premieres loges de face, au troisième rang des troisièmes loges de côté, etc. Merci Arte ! Danke schoen !  J’ai pu me plonger dans cette Flûte Enchantée avachi dans mon canapé sirotant une Kriek bien glacée. Mais pendant les 95 minutes et quelques qu’a duré la retransmission de cet opéra je me suis souvenu de la première fois que j’ai mis les pieds à l’Opéra Garnier.

C’était entre le 5 mai et le 19 juin 1982, je suppose, j’y étais allé voir le ballet de John Neumeier Songe d’une nuit d’Eté sur une musique de Felix Mendellssohn-Bartholdy et Györgi Ligeti, un ballet en deux actes et un prologue d’après William Shakespeare. J’avais pu me dégoter deux places au poulailler, je ne me souviens plus mais j’étais perché au troisième ou quatrième étage car j’avais profité du tarif le moins cher. Il fallait s’habiller, crois-je me souvenir, car on n’entre pas à l’Opéra en quenilles. On ne gravit pas l’escalier ‘honneur en bras de chemise. Mais ce fut malgré tout une sacrée expérience. L’opéra est une super production qui rassemble une foule de métiers comme éclairagistes, décorateurs, machinistes, couturiers, chorégraphes, metteurs en scène, musiciens, chef d’orchestre, danseurs, producteurs. D’ailleurs je crois me souvenir que si j’avais mis les pieds à l’Opéra c’est parce que j’y connaissais quelqu’un qui y travaillait comme éclairagiste.

Operagarnier

Le livret est basé sur le conte fantastique Lulu, Oder de Zauberflöte, de August Jakob Liebeskind (1758-1793) qui a intégré une collection de contes intitulé Dschinnistan, oder Auserlesene Feen- und Gestermärchen (1786-1789) de Christoph Martin Wieland (1733-1813) . Il y aurait donc  une sorte de tradition nordique des contes de fées puisque outre les frères Grimm et Hans Christian Andersen (1805-1875) dont la renommée n’est plus à faire on a Johann Karl Musäus,(1735-1787), Johann Gottfried von Herder (1744-1803), et bien sûr Liebeskind.

Pour un livret en français d’après la traduction originale  de JG Prod’homme et Jules Kienlin publiée en 1912 allez ici pour l’acte 1 et ici pour l’acte 2. Cela vous permettra d’entrere ans les subtilités de La Flûte enchantée. L’idéal serait de comprendre l’allemand pour savoir le mot exact pour définir en allemand de 1791 Monostatos et Sarastro.

Dans la version 2018 qui nous occupe ici, presque 227 ans après, les protagonistes évoluent dans une maison bourgeoise à l’atmosphère gothique au début du 20ème siècle. C’est en même temps du théâtre, de l’opéra comique, du cirque. On nage en plein mystères égyptiens sous les auspices d’Isis et d’Osiris, on évolue entre rituels maçonniques, initiatiques (tel celui du silence), oiseaux merveilleux, monstres, ours, ballons, soldats de plomb qui se transforment en princes, princesses qui se transforment en clowns, trapèzes volants,  grands-mères qui deviennent reines de la nuit, contorsionnistes, et à l’intérieur de tout cela flotte une histoire d’amour. Il y a au centre la flûte magique, le pipeau et le carillon magique qui égrennent musicalement le chant de la destinée. C’est très visuel avec des pancartes qui proclament en allemand WEISHEIT, WAHREIT, ERKENE DICHT SELBST, TAFFER KEIT. Sur les murs du Temple de la Sagesse, où règne Sarastro en frac et  chapeau haut-de-forme, tout-à-coup la guerre s’invite en images en noir et blanc, la première guerre mondiale avec ses millions de morts au nom de cette lutte interminable entre le bien et le mal. Le conte de fées s’évanouit pour faire place à la réalité brutale, sanguine et destructrice. Good and Evil. Evil and Good. Le bien et le mal se chevauchent, se confondent entre obscurité et lumière. Le monde n’est pas si manichéen que le pensait peut être Mozart. La version est poétique, magique. Le point névralgique pour moi c’est l’aria chantée par la reine de la nuit.

Il n’y a que cet air qui m’est familier. J’ai aussi savouré la chanson de Papageno et Papagena.

Il ya bien sûr une portée philosophique dans l’oeuvre chantée rappelons-le en allemand. et non en français ou en italien comme le voulait une certaine mode jusqu’à alors. Il faut savoir que Mozart était entré en franc-maçonnerie dès 1784 (d’ailleurs l’auteur du livret était son frère en franc maçonnerie) et donc forcément l’oeuvre déborde de ces références (opposition entre le jour et la nuit, le bien et le mal, le chiffre 3, le couple comique, le couple noble, les épreuves qui caractérisent le rite initiatique, le triomphe de la raison sur l’obscurantisme)

J’ai vu en son temps le film-opéra d’Ingmar Bergman Trollflöjten (1918-2007)  de 1975 qui évoque La flûte enchantée qui a sa propre lecture de la relation entre la reine de la nuit et Sarastro et où Pamina est la fille de Sarastro, ce qui amène toute une analyse psychologique sur la nature oedipienne de la relation.  Joseph Köstlinger (Tamino), Irma Urrila (Pamina), Hakan Hagegard (Papageno), Ulrik Cold (Sarastro), Ragnar Ulfung (Monastataos), Elizabeth Ericson (Papagena), Birgit Nordin (queen of the night, Nattens Drottning) font partie de cette distribution. L’originalité de ce travail c’est que nous sommes en même temps sur scène, dans les coulisses, dans la flûte de Pan de Papageno, dans le parterre, dans les loges, dans les costumes de Henny Noremark et Karin Erskine, dans la fosse avec l’orchestre symphonique de la radio suédoise sous la direction d’Erik Ericson, dans les poumons gonflés et les cordes vocales des choristes du choeur de la radio suédoise nous sommes en quelque sorte des adjuvants actifs de ce deus ex machina. Il est bon de noter que les 3  esclaves de Monastatos normalement joués par des adultes sont ici joués par des enfants silencieux. Nous sommes aussi ce silence ! Je dirais même plus nous sommes le théâtre baroque, le Drottningholm Palace Theatre, et en même temps le théâtre  Auf der Wieden de Vienne où fut représentée la   flute enchantée pour la première fois en 1791. Nous sommes tout aussi bien dans le mysticisme que dans la comédie grossière.

Kenneth Branagh et Stephen Fry proposent en 2006 une nouvelle lecture de ce singspiel qu’ils délocalisent dans le temps en le plaçant pendant la deuxième guerre mondiale avec Joseph Kaiser (Tamino), Amy Carson (Pamina), René Pape (Sarastro), Luybov Petrova (reine de la nuit), Silvia Moi (Papagena), Benjamin Jay Davis (Papageno), Tom Randle (Monostasos), Ben Uttley (le prêtre).

C’est donc à partir de ces deux références et e quelques souvenirs d’enfance et de contes de fées que je me suis plongé dans cette nouvelle lecture de ce chef d’oeuvre de Mozart qui est joué partout à travers le monde. Rien que pour la saison  2018-2019  il est joué ainsi:

au Théâtre Royal de la Monnaie – De Munt en coproduction avec l’opéra de Lille avec une mise en scène de Roméo Castelliuci et une direction d’orchestre de Antonello Manacorda et Ben Glassberg (11 représentations entre septembre et octobre 2018)

au Staatsoper Unter den Linden Berlin  avec une mise en scène de Yuval Sharon et une direction d’orchestre de Franz Welser-Most (11 représentations entre février et avril 2019)

au festival Castell Peralada avec une mise en scène de Oriol Broggi et une direction orchestrale de Josep Pons (3 représentations en août 2018)

au Festspielhaus   Baden- Baden (3 dates en juillet 2018) avec comme chef d’orchestre  Yannick Nézet-Séguin

au Garsington Opera, Wormsley, GB (11 dates entre mai et juillet 2018) avec une mise en scène de Netia Jones et une direction d’orchestre de Christian Curnyn,

Les Pitons de Llewellyn Xavier

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The Pitons est une aquarelle sur papier Arches (je suppose car la plupart de ses aquarelles portent la mention « watercolor on Arches paper ») du peintre, sculpteur, lythographe originaire de Sainte-Lucie Llewellyn Xavier, alias de Llewellyn Charles Xavier, né en 1945. Ces deux pics jumeaux – le Gros Piton qui culmine à 786 mètres et le Petit Piton qui plafonne quant à lui à 743 mètres – ont été distingués en 2004  avec le classement World Heritage (patrimoine mondial de l’humanité) par l’Unesco. Les jumeaux ou jumelles – car nul ne sait trop le sexe et le genre de ces west-indian twin peaks – se dressent près des bourgades de Soufrière et Choiseul sur le littoral sud-est de Sainte-Lucie.

xavier

Llewellyn Xavier n’est pas n’importe qui ! OBE (Officier dans l’Ordre de l’Empire Britannique) depuis 2004 s’il vous plait! Ca vous classe tout de suite le bonhomme ! Il a étudié outre à Sainte-Lucie à la School of the Museum of Fine Arts de Boston et au Nova  Scotia College of Art and Design d’Halifax, Canada.  Il est connu pour sa technique bien personnelle de mise en valeur de la couleur, de lumière, la texture et la beauté des Caraïbes. Même s’il a produit des oeuvres sur tous types de support dès les années 60 il est connu pour son activisme artistique politique et écologique à travers la Caraïbe.

Son oeuvre maîtresse est de 1993, année où il a produit une série intitulée Global Council for Restoration of the Earth’s environment, une oeuvre qui fait intervenir outre sa peinture, du matériel recyclé, des reproductions de dessins du 18ème et 19ème siècle reproduisant des oiseaux, poissons et autres animaux, des plantes pour la plupart disparues ou en voie d’extinction.

Il a aussi produit une autre série Environment fragile où il introduit dans sa peinture des éléments comme des timbres, des pots de peinture presque vides, du carton recyclé et des éclats d’or de 24 carats. Cette série met l’accent sur la dévastation subie par l’environnement et le coût élevé que représente cette destruction pour le genre humain

Il fait partie des collections permanentes de musées et galeries aussi prestigieuses que

The Smithsonian Institution, Washington, D.C.
The Metropolitan Museum of Art, New York
The Museum of Modern Art, New York
The Studio Museum, New York
The American Museum of Natural History, New York
Art Gallery of Ontario, Toronto, Canada
Howard University, Washington, D.C.
The Fitzwilliam Museum, Cambridge, England
The Victoria and Albert Museum, London
The Ulster Museum, Northern Ireland
The Walker Art Gallery, Liverpool, England
The Wolverhampton Art Gallery, England
Sussex University, Sussex, England
Oxford University, Oxford, England
The National Gallery, Jamaica
The Barbados Museum, Barbados
The State Department, USA
UNESCO
Fondation Clément, Martinique, France

L’homme, l’artiste majuscule aux 4 l, qui habite Silver Point, Mount du Cap, Cap Estate, Sainte-Lucie a exposé un peu partout :
2017 *Unix Gallery, New York, USA
*Fondation Clement, Martinique, France
*University of Texas at Austin
2016 Unix Gallery, Art Miami, Miami
Unix Gallery, New York (Future Anesthetics)
*Phillips, New York (Blue Ocean Sanctuary)
2009 *Caribbean Art Gallery, Saint Lucia, West Indies
2007 *Albemarle Gallery, London, England, (the launching of Llewellyn Xavier: His Life and Work)
2005 Whitechapel Gallery, London, England
1996 Harmony Hall, Jamaica, West Indies
1994 *Mutual Life Art Gallery, Jamaica, West Indies
The Contemporary Print Show, London, England
1993 *Barbados Museum, Barbados, West indies
*Patrick Cramer Gallery, Geneva, Switzerland
*New York Design Center, New York, USA
1982 Nova Scotia College of Art and Design, Halifax, Canada
1979 *Camera on Mass. Ave., Boston, USA, Conceptual, photographing Military Parade on
Massachusetts Ave.
*Piedmont College, North Carolina, USA, parallel to a lecture by Alex Haley, (author of Roots)
1977 *Afro/American Historical Museum, Philadelphia, USA
*Anamon Art Gallery, Toronto, Canada
*Howard University, Washington D.C., USA
1976 *Mazelow Gallery, Toronto, Canada
*The National Archives, Ottawa, Canada
*Afro/American Historical Museum, Detroit, USA
*Howard University, Washington D.C., USA
1975 Art Gallery of Ontario, Toronto, Canada
1974* Mazelow Gallery, Toronto, Canada
1973 The Oxford Gallery, Oxford, England, Curator: Edward Lucie-Smith, Art Critic, Art Historian, Author
I.P.G. United Nations, New York, USA
*Gallery III, Montreal, Canada
Saratoga Gallery, New York, USA
1972 The Museum of Modern Art, New York, USA
The Studio Museum, New York, USA
*The Whitechapel Art Gallery, London, England
Third British International Print Bienniale, Bradford, England
1971 The Commonwealth Institute, London, England
*D.M. Gallery, London, England, Curator: Sir Roddy Llewellyn,
organised by Penguin Books and Jonathan Cape
*Oxford University, Oxford, England
*The Round House, London, England
*Sussex University, Sussex, England
*solo exhibition

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Bien sûr d’autres artistes peuvent légitimement arborer  les couleurs de Sainte-Lucie comme le regretté auteur d’Omeros, prix Nobel de littérature der 1992, Derek Walcott que j’ai déjà évoqué ici. Walcott se réfère souvent à Gros Piton dans son oeuvre comme ici dans Omeros LVII:

« In the midst of the sea there is a horned island

With deep green harbours

Where the Greek ships anchor.

It was a place of light with lunminous valleys

Under thunderous clouds. a Genoan wanderer

saying the beads of the Antilles named the place

for a blinded saint. Later others would name her

for a wild wife. Her mountains tinkle with springs

among moss-bearded forests, and the screeching of birds

stitches its tapestry. The white egret makes rings

stalking its pools. African fishermen make boards

from trees as tall as their gods with their echoing

axes, and a volcano , stinking with sulphur,

has made it a healing place.

Mais le plus remarquable c’est le drapeau saint-lucien qui arbore avec fierté les couleurs de ses twin peaks, ses deux Pitons : Petit Piton est couleur or, Gros Piton est couleur noire et blanc. Ces deux triangles dressent leurs cimes vers le ciel cobalt à parir de leur base la mer cobalt. L’auteur de ce drapeau est l’artiste saint-lucien Dunstan Saint-Omer (1927-2015)

Je suis tout d’autant plus naturellement  porté à pénétrer l’univers d’aquarelle de LX à travers la représentation des Pitons que je suis moi même né au pied de la Soufrière qui soit dit en passant culmine elle à 1467 mètres (contre je le rappelle respectivement 743 mètres et 786 mètres pour les Pitons)(quoi qu’en feet leur altitude se porte à 2,438 et 2,619 pieds). La vieille dame, comme on l’appelle n’a rien à envier aux deux pitons jumeaux et pourtant l’icone américaine Ophrah Winfrey a déclaré que les Pitons de Sainte-Lucie était l’une des 5 merveilles au monde à visiter pour ne pas mourir idiot.

Je n’ai pas d’avis sur la question n’ayant jamais visité ces deux pitons jumeaux, ces deux aiguilles géantes qui intègrent la chaîne de Qualibou aka Soufrière. The babies séparées par un autre piton qui leur sert de cordon ombilical le piton Mitan! Et je ne crois pas que le charme et la grandeur dépende de la taille.

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Tout est affaire de silhouette. Et peut-être aussi de bière puisqu’il y a une bière appelée Piton à St Lucia et aucune appelée Soufrière en Guadeloupe. Les pitons sont le symbole de Ste Lucie et figurent sur le drapeau national. Les Pitons n’ont rien à voir avec l’Everest et le Népal, (ils sont 15 fois plus petits que l’Everest, c’est dire), ils sont des pics de verdure, deux cones forestiers qui plongent dans la mer. C’est peut-être cet ancrage dans la mer, qui fait sa classe.  il y a tant d’histoires dans ces flancs, des histoires d’esclaves marrons, des histoires de boucaniers, des histoires d’amérindiens Caraïbes et Arawaks, des histoires de navigateurs qui y ont accroché leurs amarres ! Ce sont comme des aimants pour les montagnards (mountaineers) et autres randonneurs, marcheurs et aventuriers, trekkers  avides d’Himalaya antillais. Je ne suis pas si téméraire, quoi que haut-montagnard, haut-basse-terrien de naissance, iodé et boucané  entre mer , terre et Pindorama antique, je ne me suis guère aventuré plus haut que le premier plateau de la Soufrière. Que Lucie de Syracuse, cette vierge italienne oubliée, me vienne en aide et me donne la force un jour d’escalader les flancs de ces « géants » géologiques. Et si elle ne peut rien pour moi, qu’à cela ne tienne, j’escaladerai de mes lèvres, telle la montagne mystique, les parois abruptes d’une bonne bouteille bien fraîche de Piton lager beer

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Banquet romain à la Taberna Romana

Ce soir à Saintes redevenue Santonum à l’occasion des fêtes des 2000 ans de la construction de son arc de triomphe Germanicus et de son pont de pierre érigé au-dessus de la Charente on a joué en plein jardin public aux Romains. Banquet oblige en ce 28 juillet MMXVIII ! Repas théâtralisé (200 places) ! Entre déclamation de textes littéraires d’Ovide sur l’amour, spectacle sur le triclinium, combats de gladiateurs, pentabond et animation musicale on s’est régalé !

Au menu
Les Apéritifs :

Dactilis (Dattes au muscat et au poivre)
Samsa (Pulpe d’olives noires à l’anis)
Oliva (Olives au defrutum)

Les Boissons pour apéritif

Myrtites (Vin rouge aromatisé aux baies de myrtes)
Absintites (Vin blanc aromatisé aux feuilles d’absinthe)
Valetudo Potio (Jus de fruits à la cannelle)

Les entrées

Persica Pêches acidulée, à la sarriette
Fegatum (Foie gras aux figues)
Esicia (Saucisse de crevette, sauce au fenouil et miel)
Le plat principal

Bubula (Joue de bœuf à la cervoise)
Far (Epeautre au romarin et raisins)
Apium (Rave au caramel de vinaigre au miel)
Paniculi (Pains individuels au laurier)

Le dessert

Bellaria Assortiment de douceurs :
Dulcium (Gâteau au miel)
Patina (Flan aux pommes et poivre)
Arida mala (Pommes soleil)

Felix convivium mais 35€ quand même ! Et seule ombre au tableau, seulement un verre de vin pour accompagner les mets. La bouteille supplémentaire de ce divin breuvage coûtait la bagatelle de 12€. Donc pas de bis repetita placent. Et à la fin du repas, cerise sur le gâteau, nous furent servis par des esclaves souriants des gâteaux secs salés et des olives noires conformément à la tradition romaine qui faisait ce geste afin que les convives puissent continuer à boire dans les meilleures dispositions.

Certains auraient voulu sans doute que cela se termine en orgie. Ce ne fut pas le cas.

Pour mettre l’ambiance la viiieme légion a défilé dans les rues du vieux Saintes

Kurt Vonnegut

That Kurt Vonnegut used do be may favorite writer. Read Player Piano, Breakfast of Champions, Slaughterhouse Five (was it really five, I really don’t remember). Didn’t know that book, though, A man without a country….And who’s the fuck is Mr Jingles !? THAT CAT?

Chapeau melon et bottes de cuir : a suit is a man’s armour selon double zero seven et ses ersatz

Dans les années 60 (de 1961 à 1969) cette série british qui mêlait allègrement espionnage, contre-espionnage, MI 5, MI 6  et science-fiction, me passionnait. En langue originale c’était The Avengers avec Patrick Macnee (John Steed) et Honor Blackman (Cathy Gale) Diana Rigg ( Emma Peel, l’épitomé de l’élégance, saison 4 et 5) ou Linda Thorson (Tara King)(saison 6) dans les rôles principaux. Deux agents secrets de sa Majesté aux prises avec toutes sortes de « villains ». Une débauche de mode british, parapluie (umbrella), chapeau melon (bowler hat) (qui peuvent en cas de besoin s’avérer des armes redoutables), costume 3 pièces cravate  toujours impeccable, jamais froissé, fait sur mesure pour monsieur by Audrey Liddle et Ambren Garland, ses costumiers qui se faisaient tailler les vêtements sur Regent street par Bailey and Weatherhill et à un certain moment  Pierre Cardin  et garde-robe de cuir et autres matières moulantes trendy pour Emma Peel by John Bates (saison 4) et Alun Hughes (saison 5).

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Ce dernier continuera avec Tara King (saison 6) sauf pour 6 épisodes où va intervenir  Harvey Gould. Le charme, l’humour, le flegme  et la sophistication à l’état pur. Et les voitures british, que du vintage : des Bentley, des Jaguar, des Rolls Royce , des Vauxhall, des Lotus  en veux-tu en voilà. 161 épisodes de 50 minutes qui à la fin étaient diffusés dans 90 pays. J’en retiens une phrase :

A suit is a man’s armour.        Le costume c’est l’armure de l’homme.

Mrs Peel est une veuve puisqu’elle a perdu son mari pilote d’essai. Elle est riche, belle et indépendante. Elle occupe un appartement chic (une penthouse) et est une femme libre, qui domine le judo et le karaté, une rose d’Angleterre, qui occupa, je peux le confesser, nombre de mes fantasmes de jeune ado. Au volant de sa Lotus Elan elle était irrésistible. Entre 1976 et 1977 ce furent les New Avengers toujours avec Patrick Macnee mais avec d’autres agents secrets pour lui donner la réplique comme Joana Lumley (as Purdey) et Gareth Hunt (as Mike Gambit)

J’adorais le thème musical d’ Avengers de Laurie Johnson. En 1998 un film est sorti Avengers avec  Ralph Fiennes dans le rôle de Steed et Uma Thurman dans le rôle de Dr Peel. Dans ce film on entend la voix off (cameo) de Patrick Macnee qui joue le rôle d’Invisible James. Sean Connery, James Bond originel, y joue le rôle  de Sir August de Winter , un méchant. Comme souvent la copie n’égale pas l’original. Certes on a toujours les mêmes personnages, les mêmes vêtements mais l’esprit n’y est plus. Les costumes sont d’Anthony Powell mais chez le Steed de la série de télévision la mode qui nous est donnée à voir est du type équestre (le nom Steed d’ailleurs évoque cet aspect équestre) presque edwardienne tandis que la mode sur Avengers 1998 est la mode de la City. Je retiendrai pourtant sur la bande  musicale du film sous la direction de Bruce Wooley dans laquelle figure Storm chanté par Grace Jones  and the Radio Science Orchestra.

Steed (1922-2015) n’est plus  Peel (1938-) continue. Ainsi va la vie. Roger Moore, le protagoniste du Saint est encore là, alive and kicking, tout comme un autre 007 Sean Connery.

007 fruit de l’imagination de Ian Flemming (1908-1964) a connu le noir et blanc puis la couleur. Sujet indéfectible de Sa Majesté il apparaît dans Casino royale (1953), Live and let live (1954), Moonraker (1955), Diamonds are forever (1956), From Russia with Love (1957), Dr. No (1958), Goldfinger (1959), For your eyes only (1960), Thunderball (1961), The spy who loved me (1962), On her Majesty’s Secret Service (1963), You only live twice (1964), The man with the golden gun (1965) et Octopussy and the living daylights (1966). Même  Patrick Macnee  lui aussi joua le rôle de Sir Godfrey Tilbett dans A view to a kill dans un James Bond tout comme deux de ses partenaires : Honor Blackman qui prit le nom de Pussy Galore dans Goldfinger (1964) et Diana Rigg qui devient Contessa Teresa di Vicenzo et fut la seule à passer la bague au doigt à Bond, James Bond dans On her Majesty’s Secret Service (1969)

Là encore ce ne sont pas les histoires, les synopsis qui restent mais la musique de John Barry et des titres  comme Goldfinger (1964), Moonraker et Diamonds are forever et la voix de Shirley Bassey  ainsi que Live and let die de Paul MacCartney and Wings sans oublier Thunderball de Tom Jones