Un rocking-chair nommé Inquiétude

Rocking chair ou fauteuil à bascule, mecedora ou silla momposina, les rocking-chairs colombiens  et plus particulièrement ceux fabriqués dans la Caraïbe colombienne évoquent pour moi un passé de plus de 55 ans. 1961. Nous avons laissé derrière nous sur le cours Nolivos dans notre galetas du premier étage au-dessus de la boulangerie notre fauteuil à bascule. Je ne sais plus par quel biais il était parvenu jusqu’à nous. Je le relie à mon grand-père Hubbel de Saint-Claude, Aquilin Claironisse dit Maurice de son prénom, fils de Joseph Amélius, mais je me trompe sûrement. Ce que je sens surtout encore c’est l’odeur du bois verni, je revois les accoudoirs et l’assise qui se désagrègent dans le vide de mes souvenirs mais j’ai encore parfaitement en tête le crissement, le couinement presque de ce meuble sur le parquet du galetas. Ce couinement cessa puisque nous avons abandonné à un autre sort que j’ignore notre rocking-chair en prenant le paquebot Irpinia à l’été 1961 direction Le Hâvre. Loup y es-tu ? Je ne sais pas si ma famille a gagné au change de troquer ce fauteuil pour les tables et armoires en formica jaune et rouge ! Désolé monsieur Ségalot, ce rocking-chair, ça oui, ça c’était du meuble !

Autrefois on appelait ces fauteuils au  XIXéme siècle inquiétude. Et le soir aux devantures des maisons on se balançait ans la brise u soir et on saluait ici l’un là l’autre, on prenait des nouvelles, on socialisait. Les vieux comme les jeunes prenaient ainsi leur serein tranquillement dans ce doux balancement où les os frémissaient comme les branches e sassafras caressées par l’alizé.

Hier soir lors au festival de danse de Mamoudzou j’ai pu assister à la MJC de M’Gombani au spectacle de danse Inquiétude, conçu par  le colombien Edward Aleman de la compagnie El Nucleo. Cet artiste né en 1985 joue et déjoue les aller-retour de cette inquiétude par des aller-retour sur son passé, sa mémoire. Il se dit fils de Mompox, fils de Maximo, lui-même fils de Maximo, lui-même fils de Maximo. Tout un héritage se lit à partir de ce fauteuil à bascule qui ne dit mot et qui pourtant consent à occuper la place centrale. On a envie de l’applaudir autant que son comparse qui joue, fait l’acrobate, et en même temps, danse et se faufile comme un fil de mémoire dans le chas de  l’aiguille.

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Mais j’en veux à la compagnie El Nucleo. Ils ont choisi pour symboliser cette inquiétude un fauteuil à bascule fabriqué à Marseille par l’atelier Sud Side. Je ne nie pas la compétence de cet atelier mais pourquoi ne pas jouer l’authenticité jusqu’au bout. Je n’ai rien contre ce fauteuil à bascule de chrome, acier ou d’autre métal brillant. J’aurais préféré le bois. Du manguier, du baobab, que sais-je, du gommier dont on fait les esquifs frêles mais têtus. Oh je ne nie pas sa résistance à l’effort, cette sensation d’équilibre qu’il promeut mais ce n’est pas le rocking-chair de mon enfance. Certes on peut revisiter la mémoire et lui donner de fortes couches de solidité et de brillance. Oui la mémoire n’est pas réduite au passé et c’est une union aux acquets entre présent et passé.

Or la mémoire que semble vouloir nous faire partager l’artiste est une mémoire colombienne, caribéenne, la mémoire de Mompox, bourgade baroque sur l’île de Margarita, en Colombie. Mompox dont  Gabriel Garcia Marquez disait que c’était une ville « dont nous rêvons parfois, mais qui n’existe pas ».

Oui j’aurais aimé une inquiétude qui vibre au son de la voix de Toto la Momposina quand elle chante   yo me llamo cumbia et qui aurait dansé la cumbia avec son comparse.

 

 

Pure petroleum jelly

La pure petroleum jelly ce n’est rien de moins que de pure gelée de pétrole, en d’autres termes de la vaseline, produit inventé en 1872 aux Etats-Unis par Robert Augustus Chesebrough (1837-1933). Il y en a des plus pures que d’autres, des purifiées trois fois comme du riz cassé, des hypoallergéniques. Bref de purs  distillats de pétrole  sans impuretés.

Ici à Mayotte il y a un produit importé de Tanzanie de la compagnie TTPL ( Tanga Pharmaceutical and Plastics Ltd) qui travaille entre autres dans le secteur des cosmétiques, soins de la peau, soins du cheveu et soins du nouveau-né et dans celui des répulsifs anti-moustiques, tiques et autres insectes à mordant.

Ici comme ailleurs en Afrique les femmes aiment à prendre soin de leurs cheveux qui la plupart du temps sont tressés. Qui ne veut pas l’instant d’un tissage être une reine pour mettre les beaux gosses  à genoux ! Il faut donc une pommade qu’on appelle matra.  Il y a deux lignes  :

Family care hair oil parfumées à l’aloé vera, à la carotte, à la noix de coco ou au beurre de cacao

Vestline hair food (crème nourrissante à cheveux) parfumées à l’aloé vera, avocat carotte ou noix de coco.

Ces produits sont enrichis aux vitamines A, e ou F. Ils nourrissent et hydratent  le cuir chevelu (le scalp) et le cheveu qu’ils  rendent instantanément souple et doux et grâce à la texture légère et non-grasse du produit on peut se rincer la tête facilement sans avoir cette sensation désagréable de produit qui colle. Jour après jour le cheveu devient plus doux, sain et  apprivoisé (soft, healthy and manageable)

Salouva et jupe-chemise matadore

SOUVENT MODE VARIE BIEN FOL EST QUI S’Y FIE.

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J’ai déjà évoqué ici et le salouva. Quand je vois toutes ces femmes mahoraises et comoriennes en salouva, body, jupon, l’or scintillant au nez, au bras, aux doigts et aux oreilles, j’imagine par transparence mes ancêtres antillaises avec leurs robes foulards, madras, grains d’or, colliers chou, chaîne forçat, chaîne serpent, collier chenille. Si l’on met de côté les croyances ici en l’Islam et là en la Trinité composée de Christ fils, Saint-Esprit et Père les formes de se vêtir sont analogues. Néanmoins force est de  constater que si la plupart des femmes à Mayotte portent le salouva au jour le jour, mais principalement le vendredi jour de la grande prière musulmane, la jupe-chemise dite aussi matadore en est réduite à la portion congrue puisque depuis 1880 elle ne se fait admirer guère que lors des soirées folkloriques où elle est même remplacée manu militari par lq robe e corps dite aussi en Martinique gran wob

Sous chaque femme ; chaque mahoraise ou comorienne en salouva j’imagine  une combinaison jupe-chemise, leur équivalent, dite ausssi matador, qui a existé aux Antilles jusque vers 1880. il s’agissait d’une jupe à queue (ou à traîne) en toile d’indienne chamarrée qu’on attachait au-dessus des seins et qu’on portait avec une chemise de batiste ou mousseline ouvragée. Traditionnellement  on relevait la jupe sur le côté pour faire apparaître un jupon. Elle était portée au 18ème siècle avant l’abolition de 1848 par les affranchies à qui il était notamment interdit de porter soie, dentelles et rubans. Elle a pris le nom de matadore car nombre des affranchies qui le portaient en signe de richesse étaient des matadores, des femmes libres et entretenues. Elle a été remplacée peu à peu par les femmes rangées par la grand-robe en Martinique (gran wob) ou robe à corps en Guadeloupe ou encore robe ti dos (wob ako, wob tido qui peut être selon qu’elle est d’apparat imprimée en coton ou en soie, en satin, en satin broché, en satinette, en taffetas ou en brocart avec un jupon en faille, en taffetas ou en dentelle chantilly , assorti d’un foulard et plus tard  d’une cape . Dans la version de tous les jours la granwob devient  une douillette (douyet) en coton fleuri. Parfois c’est une titane qui me revient et qui révèle une courtisane aux épaules dénudées et à la poitrine offerte aux regards dans son décolleté bien échancré. Puis soudain apparaît au loin une gaule créole (gol), longue robe blanche, tenue d’intérieur qu’on appelle aussi wob di chanm (robe de chambre) ou encore  une colinette ou ti’collet en tenue vichy agrémentée d’une ombrelle pour les jeunes filles. Partout les coiffes en madras avec leurs pointes messagères couvrent les têtes amarrées. Qu’on les appelle tête calendée, ou chaudière, à une pointe ou bout pour les jeunes filles vierges et disponibles, à deux pointes pour les fiancées et les mariées, à trois pointes pour les femmes prises mais quelque part disponibles pour ceux qui tenteraient leur chance, à quatre pointes, matadore, titane, celles ouvertes à toutes propositions, Il n’y a pas assez de mots pour décrire toutes les façons de nouer ces fichus.

Selon Melville J. Herskovits en Côte de l’Or (le Ghana d’aujourd’hui) il y avait 50 noms traditionnels chez les Ashanti pour les décrire.  On se croirait au Nigéria chez les Yoruba avec  leur gele  voire chez les Igbos avec leur ichafu. La gele (prononcer guélé) est tout un art et s’il est traditionnellement fait à base de  aso oké (toile tissée à la main) on trouve désormais toutes sortes de matériau comme l’organza, le taffetas, le damas, la dentelle. L’attacher est tout un art !

Là vient une matadore avec tout un enchantement de jupe, corsage et jupon blanc accompagnée d’une jupe piquée à la taille. Des cotonnades me croisent en madras calandé. c’est jour de fête : velours et satin sont de sortie. Partout ce ne sont que tèt maré, gardzorey, mouch vanij, chemise dékolté, porte bonheur et jupe et bijoux.

En savoir plus :

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– « Costumes créoles. Mode et vêtements traditionnels des Antilles françaises de 1635 à 1948« , de Lyne-Rose BEUZE et Loïs HAYOT, éd. Fabre Domergue, Fort-de-France, 1999

– « Le costume. Une époque de l’histoire de la Guadeloupe à travers le costume 1860 – 1910″, de Renée GLAUDE, Musée Saint-John Perse, Pointe-à-Pitre, 1990

– « La gazette du costume créole aux fils tissés des modes et de l’Histoire« , de Nicole Réache et Michelle GARGAR, PLB éditions, Gosier, 2009

Galeries spectaculaires

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Courez vite aux Galeries Lafayette ! eh oui Noël, le Nouvel An s’approchent et évidemment il faut absolument voir les vitrines du Galeries Lafayette Paris Haussmann imaginées ainsi que la décoration et l’installation sous la coupole par le duo  ToiletPaper, c’est à dire les créateurs italiens Maurizio Cattelan et Pierpaolo Ferrari! Ah vous n’aimez pas le papier de toilette italien : vous préférez flâner sous l’arbre de Noël?

Eh bien venez aussi flâner devant les vitrines de ce Noël 2017 car la thématique est  spectaculaire. La fête foraine dans les années 20, une fête foraine baroque, chic et surréaliste qui vous emmènera valdinguer en haut de ses montagnes russes, vous vendra un ticket de tombola, vous fera vibrer sur un air oublié  d’orgue de barbarie, vous fera tourner, tourner, sauter mater de tour de manège en tour de manège, vous fera voir tout Paris du haut de sa grande roue et vous fera manipuler les machines à pince  grâce auxquelles vous allez récupérer au grappin vos bonbons préférés. Et si vous êtes sage, sage comme une image, s’entend, vous aurez droit, petit canaillou, à deux chansons de Beth    Ditto, égérie de l’ex groupe  Gossip (ah vous n’êtes pas punk glamour) mais vous chanterez quand même à gorge déployée Heavy Cross et Fever lors de la parade burlesque que vous vous ferez une obligation d’applaudir en chantant Jingle Bells.

Totalement trop ou #Joliza vs #Arliza et l’amour à la brésilienne au temps de Temer

Totalement demais est une chanson de Caetano Veloso.

Totalmente Demais
Linda como um neném
Que sexo tem, que sexo tem?
Namora sempre com gay
Que nexo faz tão sexy gay
Rock´n´roll?
Pra ela é jazz
Já transou
Hi-life, society
Bancando o jogo alto
Totalmente demais, demais
Esperta como ninguém
Só vai na boa
Só se dá bem
Na lua cheia tá doida
Apaixonada, não sei por quem
Agitou um broto a mais
Nem pensou
Curtiu, já foi,
Foi só pra relaxar
Totalmente demais, demais
Sabe sempre quem tem
Faz avião, só se dá bem
Se pensa que tem problema
Não tem problema
Faz sexo bem
Seu carro é do ano
Seu broto é lindo
Seu corpo, tapete, do tipo que voa
É toda fina
Modelito design
Se pisca, hello
Se não dá, bye-bye
Seu cheque é novinho, ela adora gastar
Transou um Rolling Stone no Canadá
Fazendo manha
Bancando o jogo
Que mulher
Totalmente demais, demais
Totalmente demais, demais
Traduction française : Totalement trop
Jolie comme un bébé
Quel est son sexe, quel est son sexe ?
Elle drague tout le temps les gays
Quelle union cela fait un gay si sexy
Rock’n’roll ?
Pour elle c’est du jazz
Elle couche
Avec la haute société
Elle joue un match au sommet
Totalement trop, trop
Experte comme personne
Elle ne va que dans les bons coups
Elle ne se donne que du bien
Les nuits de pleine lune elle est folle
Passionnée, je ne sais pas pour qui
Elle a excité un ado de plus
Sans y penser
Elle l’a aimé, elle est déjà partie
C’était juste pour se relaxer
Totalement trop, trop
Elle sait toujours qui en a
Elle fait l’avion, elle ne se donne que bien
Si elle pense qu’il y a un problème
Il n’y a pas de problème
Elle fait bien l’amour
Sa voiture est du dernier cri
Sa jeunesse est belle
Son corps, un tapis, du genre volant
Elle est tout en finesse
Petit modèle design
Si tu lui fais un clin d’œil, hello
Si ça ne va pas, bye bye
Elle tient jusqu’au matin
Elle joue le jeu
Quelle femme
Totalement trop, trop
Totalement trop, trop

Totalement diva est la transcription en français de la telenovela brésilienne Totalmente Demais (littéralement Totalement trop), retransmise sur la Rede Globo au Brésil de novembre 2015 à mai 2016. Le feuilleton écrit par Rosane Svartman et Paulo Haim et mis en scène par Luiz Henrique Rios est retransmis actuellement sur le réseau  1ère de France Televisions qui couvre tous les outre-mers.

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Les acteurs principaux sont Marina Ruy Barbosa (Eliza), Felipe Simas (Jonatas Castro), Fabio Assunção (Arthur Carneiro de Alcantara), Juliana Paes (Carolina Castilho), Juliana Paiva (Sandra Regina Matoso), Vivianne Pasmanter (Liliane de Bocaiuva Monteiro), Julianne Trevisol (Maria Luisa), Humberto Martins (Germano Monteiro).

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Le thème du feuilleton est #joliza : l’histoire d’amour, le conte de fées avec ses hauts et ses bas entre Jonatas et Eliza, une Cendrillon rouquine post-moderne (ruivinha) et un crapaud carapate (sapo) (carrapato). Éliza est la fille de Gilda et habite en province avec sa mère, le beau-père Dino et deux frères plus petits. Après avoir été harcelée sexuellement par le beau-père elle s’enfuit à Rio et finit par se retrouver à  la rue. C’est là qu’elle rencontre Jonatas avec qui elle vit son premier amour. Sa vie balance complètement quand elle rencontre Arthur. Celui-ci propriétaire d’une agence de mannequins promet de la transformer en  Miss Totalement Diva. Eliza pense qu’elle n’a pas ce qu’il faut pour être mannequin, mais relève le défi car elle a besoin d’argent  et veut faire venir sa famille à Rio. Pendant le concours  elle habite chez Arthur. Les deux commencent à se rapprocher et après avoir gagné le concours, ils commencent à sortir ensemble. Malheureusement Arthur et son sentiment d’insécurité mettent fin à cette romance. Eliza trace son propre chemin et fait venir la famille pour habiter avec elle dans le quartier de Fatima. Arthur essaie de reconquérir Eliza mais il est trop tard. Après de nombreux rebondissements Eliza et Jonatas parviennent à rester ensemble. Les deux voyagent à Paris où elle va travailler un an. #joliza plus fort que #arliza

L’histoire me fait penser à celle du mannequin étoile brésilien Gisèle Buntchen qui a été remarquée dans son village à l’intérieur du Brésil par un chasseur de mannequins.

Le président Michel Temer, le Congrès National, les gouverneurs des états ont dû apprécier ce feuilleton de 7 heures du soir. Pendant qu’on parle d’amour on ne parle pas d’impeachment, le temps glisse comme une vague.  Lula, Dilma, Michel font partie du conte de fées. Essayer de les retrouver dans l’intrigue au détour d’une rue, d’une conversation, d’une allusion sera difficile en français. Les langues entre elles ont parfois un dialogue de sourds quand elles sont adaptées. Totalement trop devient ainsi totalement diva. Moi j’attends encore l’épisode final de la telenovela Totalement Flop avec Dilma (bientôt 70 ans en décembre), Lula (72 ans) et Michel (77 ans), le triangle amoureux. Qui de ce ballet de septuagénaires corrompus  sortira vainqueur en 2018 #Midil ou #Ludil  dans les urnes ? Faites vos jeux.

Vis comme tu danses

Les publicitaires et autres spécialistes du marketing ont de ces formules choc qui me ravissent parfois, m’interrogent toujours. La dernière en date qui s’est imprimée dans mon cerveau est la pub des jeans Levi’s pour la collection de jeans Circles intitulée  » vis comme tu danses » sur background musical de la chanson Makeba de la jeune et dynamique Jain, titre qui figure sur l’album Zanaka de 2015.

 

Le speech de l’agence responsable de la campagne, l’agence FCB: « Circles célèbre notre individualité et notre connectivité par la musique, la danse et Levi‘s. Lorsque nous nous réunissons nous dansons en rond. Nous bougeons comme un seul, et célébrons l’individu qui est au centre. L’unité et l’individualité deviennent vivantes. Vis comme tu dances. »

En anglais : « Circles » celebrates our individuality and connectedness through music, dance, and Levi’s®. When we come together, we dance in circles. We move as one, and celebrate the individual who takes the center. Unity and individuality come alive. Let’s live how we dance.

Let’s #LiveInLevis

Song: « Makeba » by Jain

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About Levi’s: Created in 1873, Levi’s jeans are the original, authentic jeans. They are the most widely recognized and often imitated clothing products in the history of apparel. Over successive generations, Levi’s jeans have captured the attention, imagination and loyalty of diverse individuals.

Il est à noter la différence linguistique entre la version anglaise et la française. L’anglaise dit let’s live how we dance. C’est le nous qui est valorisé, sanctifié. Dans la version française c’est le tu qui es iconisé et mis en exergue avec vis comme tu danses.

Auparavant il y avait eu le même habillage pour la pub de Sosh d’Orange.

On en viendrait à oublier qui est Makeba qui s’est installé dans mon imaginaire depuis la chanson Pata Pata il y a de cela 50 ans !

Zenzile Miriam Makeba (4 March 1932 – 9 November 2008), also known as Mama Africa, was a South African singer, actor, United Nations goodwill ambassador, and civil rights activist. Associated with musical genres including Afropop, jazz, and world music, she was an advocate against apartheid and white-minority government in South Africa.
Que dit Campaign sur cette campagne de FCB West pour Levi’s :

« Inclusivity has become a hot topic among brands.

Levi’s is the latest to champion this message, in a new ad aiming to show how different people are connected through music, dance and optimism. The joyful spot shows diverse people across cultures and countries dancing in circles to the soundtrack of Jain’s Makeba – many of whom are wearing Levi’s jeans of course. It is the latest instalment in the « Live in Levi’s » brand campaign. « 

Eh oui ne nous méprenons pas: tout ça c’est du business à l’état pur. Au nom de l’inclusion et de l’écologie que de couleuvres on nous fait avaler. Le spot nous transporte à travers tous les univers de danse circulaire du monde, mais en insistant sur l’Inde et l’Afrique, tout le monde danse, tout le monde il est beau, tout le monde il est heureux, tout le monde pète la joie,  et tout le monde porte des jeans Levi’s. Mais j’y pense, j’en ai pas moi de jeans Levi’s. Qui va m’en offrir un pour mon anniversaire ? Un Circles, of course, taille 48 !

Les salouvas parlent autant sinon plus que les madras

Tout le monde sait que la façon de porter un madras sur sa tête en fonction de petits détails imperceptibles pour qui ne sait pas les décoder en dit beaucoup sur la personne porteuse. Selon le nombre de pointes, de bouts, le coeur est pris, n’insistez pas ( tête à deux bouts), le coeur hésite, il est engagé mais tentez votre chance, qui ne tente rien n’a rien ( tête à trois bouts), mon coeur est libre, donc à prendre, venez à la roue libre les bras croisés ( tête à quatre bouts).

Les salouvas qui se portent dans toute l’Afrique de l’Est de la Tanzanie au Kenya, au nord du Mozambique en passant par les Comores, Mayotte et Madagascar participent de la même volonté de transmettre par le vêtement des messages. Les salouvas sont constituées de deux pièces de coton colore fabriquées traditionnellement en Tanzanie et plus particulièrement Dar es Salaam, en Inde, aux Comores ou à Madagascar.

Les messages véhicules sont de toutes sortes mais privilégient les adages, les dictons, une certaine morale mais aussi des avertissements comme  » Touchez pas à mon mari ».

La plupart des salouvas sont en swahili, mais on en trouve aussi en comorien, en Mahorais, en malgache et même en français.

Usipomjua  nani atakuhifadhi?
Twama de ilo mhononi
Mungu anapenda haki Dieu aime ce qui est juste

Fleur de jasmin à la boutonniere


À un croisement de M’Tsapere une dame d’âge mur vend des bananes vertes, des piments. Rien de très spécial. Il n’y a pas un coin de rue ou ne se trouve une revendeuse ou un revendeur pour vous proposer des aller retours gastroniques entre la terre et la lune. Moi je cherche toujours la perle rare : le gombo. Mais voilà que je découvre que cette femme vend des cacahuettes grillées. Les pistaches en cornet de mon enfance. C’est combien madame? 20 centimes! Donnez m’en un alors ! Elle m’en rend deux ! Eh madame les cacahuètes ça donne trop de force. Un seul me suffira. Tu veux me tuer? Elle rit et me montre les sikakoko. Mondyesegnielaviergemariepleinedegrace, ah mais je retombe dans le fondoc du fondoc de l’enfance. Madame on est où ici? C’est Mamoudzou ou Basse-Terre ? Tu veux goûter? Non je connais le goût , un autre jour….Je pars au supermarché acheter de l’eau glacée mais je ressors avec un coca. Une heure après je repasse devant elle pour rentrer chez moi et elles sont maintenant trois. Deux femmes mures comme des fruits à pain bleus et la fille de celle qui m’a vendu les pistaches. Elle étudie la physique chimie, elle est en terminale et veut partir étudier en métropole la médecine ou les sciences infirmières. Les deux femmes fouyapen sont en train de tisser entre elles de petites fleurs de jasmin pour en réaliser une toute ronde. C’est un travail minutieux qu’elles exécutent avec dextérité, assises sur un banc, tout en parlant de tout et de rien, tout en continuant de vendre leurs bananes et piments. C’est combien? 50 centimes. J’hésite. Je n’ai vu aucun homme portant fleur depuis que je suis ici. Moi je veux m’intégrer pas me ridiculiser. Je me sais observé, disséqué, analyse, soupese. La future étudiante me rassure. « Les hommes portent ainsi » et saisissant une épingle de sureté me l’attache à la chemise. Oui mais ce parfum enivrant mademoiselle, il ne va pas disparaître? Non même quand les fleurs se fanent l’odeur persiste et signe. Et me voilà qui déambule entre les ruelles de M’Tsapere comme un coq en pâte avec une fleur de jasmin epinglee à la boutonniere.

Entre Inde et Afrique

Entre Inde et Afrique la jeunesse de Mayotte danse le mgodro, le coupé décalé, la danse indienne. Ici c’est Sheryl Isako et son Come  and Dance, featuring Clinton Hamerton, là c’est Watch out for this de Bumaye featuring Busy Signal, the Flexican et FS  O Green sur une chorégraphie  de Hangar Dancefloor. C’est encore Amitabh Bachchan et Shah Rukh Khan dans Say Shava Shava .

Bollywood et Nollywood s’entrechevètrent, c’est un éternel cinéma où s’affrontent tradition et modernité, enracinement et allophonie.

Entre le film Une famille indienne aux choréographies léchées et la danse dite coupé décalé aux choréographies osées on a deux versions d’une même volonté de s’ancrer dans un univers de couleurs chatoyantes, de sensualité et de rythmes assourdissants