Totalement trop ou #Joliza vs #Arliza et l’amour à la brésilienne au temps de Temer

Totalement trop est une chanson de Caetano Veloso.

Totalmente Demais
Linda como um neném
Que sexo tem, que sexo tem?
Namora sempre com gay
Que nexo faz tão sexy gay
Rock´n´roll?
Pra ela é jazz
Já transou
Hi-life, society
Bancando o jogo alto
Totalmente demais, demais
Esperta como ninguém
Só vai na boa
Só se dá bem
Na lua cheia tá doida
Apaixonada, não sei por quem
Agitou um broto a mais
Nem pensou
Curtiu, já foi,
Foi só pra relaxar
Totalmente demais, demais
Sabe sempre quem tem
Faz avião, só se dá bem
Se pensa que tem problema
Não tem problema
Faz sexo bem
Seu carro é do ano
Seu broto é lindo
Seu corpo, tapete, do tipo que voa
É toda fina
Modelito design
Se pisca, hello
Se não dá, bye-bye
Seu cheque é novinho, ela adora gastar
Transou um Rolling Stone no Canadá
Fazendo manha
Bancando o jogo
Que mulher
Totalmente demais, demais
Totalmente demais, demais
Traduction française : Totalement trop
Jolie comme un bébé
Quel est son sexe, quel est son sexe ?
Elle drague tout le temps les gays
Quelle union cela fait un gay si sexy
Rock’n’roll ?
Pour elle c’est du jazz
Elle couche
Avec la haute société
Elle joue un match au sommet
Totalement trop, trop
Experte comme personne
Elle ne va que dans les bons coups
Elle ne se donne que du bien
Les nuits de pleine lune elle est folle
Passionnée, je ne sais pas pour qui
Elle a excité un ado de plus
Sans y penser
Elle l’a aimé, elle est déjà partie
C’était juste pour se relaxer
Totalement trop, trop
Elle sait toujours qui en a
Elle fait l’avion, elle ne se donne que bien
Si elle pense qu’il y a un problème
Il n’y a pas de problème
Elle fait bien l’amour
Sa voiture est du dernier cri
Sa jeunesse est belle
Son corps, un tapis, du genre volant
Elle est tout en finesse
Petit modèle design
Si tu lui fais un clin d’œil, hello
Si ça ne va pas, bye bye
Elle tient jusqu’au matin
Elle joue le jeu
Quelle femme
Totalement trop, trop
Totalement trop, trop

Totalement diva est la transcription en français de la telenovela brésilienne Totalmente Demais (littéralement totalement trop), retransmise sur la Rede Globo au Brésil de novembre 2015 à mai 2016. Le feuilleton écrit par Rosane Svartman et Paulo Haim et mis en scène par Luiz Henrique Rios est retransmis actuellement sur le réseau  1ère de France Televisions qui couvre tous les outre-mers.

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Les acteurs principaux sont Marina Ruy Barbosa (Eliza), Felipe Simas (Jonatas Castro), Fabio Assunção (Arthur Carneiro de Alcantara), Juliana Paes (Carolina Castilho), Juliana Paiva (Sandra Regina Matoso), Vivianne Pasmanter (Liliane de Bocaiuva Monteiro), Julianne Trevisol (Maria Luisa), Humberto Martins (Germano Monteiro).

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Le thème du feuilleton est #joliza : l’histoire d’amour, le conte de fées avec ses hauts et ses bas entre Jonatas et Eliza, une Cendrillon rouquine post-moderne (ruivinha) et un crapaud carapate (sapo) (carrapato). Éliza est la fille de Gilda et habite en province avec sa mère, le beau-père Dino et deux frères plus petits. Après avoir été harcelée sexuellement par le beau-père elle s’enfuit à Rio et finit par se retrouver à  la rue. C’est là qu’elle rencontre Jonatas avec qui elle vit son premier amour. Sa vie balance complètement quand elle rencontre Arthur. Celui-ci propriétaire d’une agence de mannequins promet de la transformer en  Miss Totalement Diva. Eliza pense qu’elle n’a pas ce qu’il faut pour être mannequin, mais relève le défi car elle a besoin d’argent  et veut faire venir sa famille à Rio. Pendant le concours  elle habite chez Arthur. Les deux commencent à se rapprocher et après avoir gagné le concours, ils commencent à sortir ensemble. Malheureusement Arthur et son sentiment d’insécurité mettent fin à cette romance. Eliza trace son propre chemin et fait venir la famille pour habiter avec elle dans le quartier de Fatima. Arthur essaie de reconquérir Eliza mais il est trop tard. Après de nombreux rebondissements Eliza et Jonatas parviennent à rester ensemble. Les deux voyagent à Paris où elle va travailler un an. #joliza plus fort que #arliza

L’histoire me fait penser à celle du mannequin étoile brésilien Gisèle Buntchen qui a été remarquée dans son village à l’intérieur du Brésil par un chasseur de mannequins.

Le président Michel Temer, le Congrès National, les gouverneurs des etats ont dû apprécier ce feuilleton de 7 heures du soir. Pendant qu’on parle d’amour on ne parle pas d’impeachment, le temps glisse comme une vague.  Lula, Dilma, Michel font partie du conte de fées. essayer de les retrouver dans l’intrigue au détour d’une rue, d’une conversation, d’une allusion sera difficile en français. Les langues entre elles ont parfois un dialogue de sourds quand elles sont adaptées. Totalement trop devient ainsi totalement diva. Moi j’attends encore l’épisode final de la telenovela Totalement Flop avec Dilma (bientôt 70 ans en décembre), Lula (72 ans) et Michel (77 ans), le triangle amoureux. Qui de ce ballet de septuagénaires corrompus  sortira vainqueur en 2018 #Midil ou #Ludil  dans les urnes ? Faites vos jeux.

Vis comme tu danses

Les publicitaires et autres spécialistes du marketing ont de ces formules choc qui me ravissent parfois, m’interrogent toujours. La dernière en date qui s’est imprimée dans mon cerveau est la pub des jeans Levi’s pour la collection de jeans Circles intitulée  » vis comme tu danses » sur background musical de la chanson Makeba de la jeune et dynamique Jain, titre qui figure sur l’album Zanaka de 2015.

 

Le speech de l’agence responsable de la campagne, l’agence FCB: « Circles célèbre notre individualité et notre connectivité par la musique, la danse et Levi‘s. Lorsque nous nous réunissons nous dansons en rond. Nous bougeons comme un seul, et célébrons l’individu qui est au centre. L’unité et l’individualité deviennent vivantes. »

En anglais : « Circles » celebrates our individuality and connectedness through music, dance, and Levi’s®. When we come together, we dance in circles. We move as one, and celebrate the individual who takes the center. Unity and individuality come alive. Let’s live how we dance.

Let’s #LiveInLevis

Song: « Makeba » by Jain

Connect with Levi’s online: Visit the Levi’s WEBSITE: http://www.levi.com

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About Levi’s: Created in 1873, Levi’s jeans are the original, authentic jeans. They are the most widely recognized and often imitated clothing products in the history of apparel. Over successive generations, Levi’s jeans have captured the attention, imagination and loyalty of diverse individuals.

Il est à noter la différence linguistique entre la version anglaise et la française. L’anglaise dit let’s live how we dance. C’est le nous qui est valorisé, sanctifié. Dans la version française c’est le tu qui es iconisé et mis en exergue avec vis comme tu danses.

Auparavant il y avait eu le même habillage pour la pub de Sosh d’Orange.

On en viendrait à oublier qui est Makeba qui s’ets installé dans mon imaginaire epuis la chanson Pata Pata

Zenzile Miriam Makeba (4 March 1932 – 9 November 2008), also known as Mama Africa, was a South African singer, actor, United Nations goodwill ambassador, and civil rights activist. Associated with musical genres including Afropop, jazz, and world music, she was an advocate against apartheid and white-minority government in South Africa.
Que dit Campaign sur cette campagne de FCB West pour Levi’s :

« Inclusivity has become a hot topic among brands.

Levi’s is the latest to champion this message, in a new ad aiming to show how different people are connected through music, dance and optimism. The joyful spot shows diverse people across cultures and countries dancing in circles to the soundtrack of Jain’s Makeba – many of whom are wearing Levi’s jeans of course. It is the latest instalment in the « Live in Levi’s » brand campaign.  »
Eh oui ne nous méprenons pas tout ça c’est du business à l’état pur. Au nom de l’inclusion et de l’écologie que de couleuvres on nous fait avaler. Le spot nous transporte à travers tous les univers de danse circulaire du monde, mais en insistant sur l’Inde et l’Afrique, tout le monde danse, tout le monde il est beau, tout le monde il est heureux, tout le monde pète la joie,  et tout le monde porte des jeans Levi’s. Mais j’y pense, j’en ai pas moi de jeans Levi’s. Qui va m’en offrir un pour mon anniversaire ? Un Circles, of course, taille 48 !

Les salouvas parlent autant sinon plus que les madras

Tout le monde sait que la façon de porter un madras sur sa tête en fonction de petits détails imperceptibles pour qui ne sait pas les décoder en dit beaucoup sur la personne porteuse. Selon le nombre de pointes, de bouts, le coeur est pris, n’insistez pas ( tête à deux bouts), le coeur hésite, il est engagé mais tentez votre chance, qui ne tente rien n’a rien ( tête à trois bouts), mon coeur est libre, donc à prendre, venez à la roue libre les bras croisés ( tête à quatre bouts).

Les salouvas qui se portent dans toute l’Afrique de l’Est de la Tanzanie au Kenya, au nord du Mozambique en passant par les Comores, Mayotte et Madagascar participent de la même volonté de transmettre par le vêtement des messages. Les salouvas sont constituées de deux pièces de coton colore fabriquées traditionnellement en Tanzanie et plus particulièrement Dar es Salaam, en Inde, aux Comores ou à Madagascar.

Les messages véhicules sont de toutes sortes mais privilégient les adages, les dictons, une certaine morale mais aussi des avertissements comme  » Touchez pas à mon mari ».

La plupart des salouvas sont en swahili, mais on en trouve aussi en comorien, en Mahorais, en malgache et même en français.

Usipomjua  nani atakuhifadhi?
Twama de ilo mhononi
Mungu anapenda haki Dieu aime ce qui est juste

Fleur de jasmin à la boutonniere


À un croisement de M’Tsapere une dame d’âge mur vend des bananes vertes, des piments. Rien de très spécial. Il n’y a pas un coin de rue ou ne se trouve une revendeuse ou un revendeur pour vous proposer des aller retours gastroniques entre la terre et la lune. Moi je cherche toujours la perle rare : le gombo. Mais voilà que je découvre que cette femme vend des cacahuettes grillées. Les pistaches en cornet de mon enfance. C’est combien madame? 20 centimes! Donnez m’en un alors ! Elle m’en rend deux ! Eh madame les cacahuètes ça donne trop de force. Un seul me suffira. Tu veux me tuer? Elle rit et me montre les sikakoko. Mondyesegnielaviergemariepleinedegrace, ah mais je retombe dans le fondoc du fondoc de l’enfance. Madame on est où ici? C’est Mamoudzou ou Basse-Terre ? Tu veux goûter? Non je connais le goût , un autre jour….Je pars au supermarché acheter de l’eau glacée mais je ressors avec un coca. Une heure après je repasse devant elle pour rentrer chez moi et elles sont maintenant trois. Deux femmes mures comme des fruits à pain bleus et la fille de celle qui m’a vendu les pistaches. Elle étudie la physique chimie, elle est en terminale et veut partir étudier en métropole la médecine ou les sciences infirmières. Les deux femmes fouyapen sont en train de tisser entre elles de petites fleurs de jasmin pour en réaliser une toute ronde. C’est un travail minutieux qu’elles exécutent avec dextérité, assises sur un banc, tout en parlant de tout et de rien, tout en continuant de vendre leurs bananes et piments. C’est combien? 50 centimes. J’hésite. Je n’ai vu aucun homme portant fleur depuis que je suis ici. Moi je veux m’intégrer pas me ridiculiser. Je me sais observé, disséqué, analyse, soupese. La future étudiante me rassure. « Les hommes portent ainsi » et saisissant une épingle de sureté me l’attache à la chemise. Oui mais ce parfum enivrant mademoiselle, il ne va pas disparaître? Non même quand les fleurs se fanent l’odeur persiste et signe. Et me voilà qui déambule entre les ruelles de M’Tsapere comme un coq en pâte avec une fleur de jasmin epinglee à la boutonniere.

Entre Inde et Afrique

Entre Inde et Afrique la jeunesse de Mayotte danse le mgodro, le coupé décalé, la danse indienne. Ici c’est Sheryl Isako et son Come  and Dance, featuring Clinton Hamerton, là c’est Watch out for this de Bumaye featuring Busy Signal, the Flexican et FS  O Green sur une chorégraphie  de Hangar Dancefloor. C’est encore Amitabh Bachchan et Shah Rukh Khan dans Say Shava Shava .

Bollywood et Nollywood s’entrechevètrent, c’est un éternel cinéma où s’affrontent tradition et modernité, enracinement et allophonie.

Entre le film Une famille indienne aux choréographies léchées et la danse dite coupé décalé aux choréographies osées on a deux versions d’une même volonté de s’ancrer dans un univers de couleurs chatoyantes, de sensualité et de rythmes assourdissants

Carmen et les matadors antillaises

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 https://youtu.be/bjYJZNI6pP0

Dans Carmen de Bizet on voit les amours d’une bohémienne cigarière et d’un brigadier Don José, qui devient contrebandier par amour pour elle et qui finit par la poignarder dans une crise de jalousie quand elle apparaît aux arènes en compagnie de son nouvel amant le torero Escamillo.

 

J’aime surtout quand elle chante ceci ; « j’irai danser la séguedille et boire du manzanilla. » Je n’ai jamais dansé la séguedille ni bu la manzanilla.  Manzanilla évoque manzana, la pomme, donc j’imagine que manzanilla c’est un type de Calvados. Quant à séguedille il évoque pour moi Séga, les rythmes réunionnais. Je suis certain d’être à côté de la plaque. Eh oui justement ce n’est pas un alcool de pomme mais un vin. Je ne suis pas spécialiste en touradas ni en corridas. Je n’en ai vu que deux dans ma vie, une à Nîmes et l’autre à Cascais au Portugal. Et encore à Nîmes c’était ce qu’on appelle un toro-piscine pour rigoler. Au Portugal ça rigolait moins mais il n’y eut pas de sang versé. Par contre aux

Antilles on ne compte pas les femmes matador. Les matadors tombent en pâmoison comme  Carmen pour les toréadors. Et les hommes de pouvoir comme les militaires sauf qu’aux Antilles il n’y a pas de praza de los toros , pas d’arènes mais des pitts où se défient à coups d’ergots des coqs de combat nourris au bon grain de maïs, au rhum blanc et au miel, massés, choyés, vitaminés , huilés, shampooinés. Plus le coq est vaillant et plus il est adoré, plus il est dorlotté. Coq game, matador même combat. Pas besoin d’être bohémienne pour être matador. Les premières matadors étaient des femmes libres, des affranchies. Des femmes qui tenaient tête aux hommes. Différentes des favorites et des potomitan. Les matadors représentent les femmes fatales, les fanm grenn, comme on dit, des femmes couillues, si vous voulez, des maîtresses femmes. Il suffit encore de nos jours de voir leur tenue d’apparat. Jupon blanc sous jupe, fichu, coiffe madras, bijoux, rouge à lèvres prononcé.

Pas besoin d’être andalou pour comprendre la fascination que ce genre de femme exerce aussi bien sûr la gentillesse masculine que la gente féminine. Prosper Mérimée et Georges Bizet n’y ont pas été insensibles en tout cas. Ni les diva en nombre qui ont depuis 1875 représenté Carmen, l’héroïne de cet opéra comique, l’un des opéras-comiques les plus joués au monde. Maria Ewing, Maria Callas, Léontine Price, Jessye Norman, Marylin Horne, Grâce Bumbry pour ne citer qu’elles ont fait trembler leur corps de mezzo soprano devant les ardeurs du ténor don José et du baryton Escamillo. Et moi comme spectateur combien de fois ai-je rêvé être parmi les banderillos, les picadors et les chulos de cette corrida sensuelle. Pour être aux pieds de cette Carmencita on imagine que tout homme peut se damner et se perdre en éventails, lorgnettes, oranges et cigarettes. Depuis Carmen on sait que « l’amour est un enfant de Bohême qui n’a jamais connu de loi » mais bien avant aux Antilles on savait. Le problème dans Carmen c’est que Carmen meurt poignardée.

J’ai vu en son temps le film Carmen de Carlos Saura et celui de Francesco Rosi et l’atmosphère y est également torride. J’ai aussi vu la Carmen Cubana. Imaginons une Guadeloupe andalouse. Imaginons seulement. Une Carmen Gwadada rôdant autour du Pitt, regardant les coqs se becqueter à qui mieux mieux. J’ai du mal. Par contre une Carmen défiant des hommes en plein gwoka, choisissant son partenaire, le jetant si nécessaire sans aucun doigté, aucune élégance, je le sens bien. Nos matadors américaines, nos matadors créoles sont un peu comme les cartes maîtresses d’un jeu de cartes nommé l’hombre. Les deux premiers matadors sont spadille et baste, l’épée et le bâton. On les appelle aussi les atouts permanents, les triomphes. Ce sont les deux as noirs l’as de pique (spadille) et l’as de trèfle (baste). Les deux as noirs. Il y a aussi d’autres atouts : la manille ( un 2 d’atout noir ou le 7 d’atout rouge) et le ponte (l’as d’atout).

Mais les vraies matadors ont l’atout primordial : elles sont nées sous le signe du désir et du pouvoir ! C’est ainsi que fonctionne l’Hombre, ce jeu espagnol qui a donné des jeux comme le boston, la manille, le tarot, la belote. De la même façon la matador à travers les pointes de sa coiffe madras annonce la couleur. De deux à quatre pointes. Comme les quatre couleurs espagnoles les noires, espadas et bastos, les rouges copos et oros. Cœur pris, cœur à prendre, faites vos jeux !Misez ! Les paris sont ouverts. Coiffes suprêmes calendées, chaudières, avec éventail, viva españa, olé, que les taureaux mugissent, que virevoltent les banderilles, que coule la manzana, fini le zouk love, fini le ti punch pour séduire les matadors prenez vite quelques cours de séguedille et trinquez au manzanilla, sinon vous risquez l’estocade.


Wax Bazin speaks

a mercerie

eh les gars là, savez quoi, cette année je serai à l’avant garde car l’été sera africain. Ce sera la énième ruée vers le wax et le bazin. Après le « Africa, j’ai envie de danser comme toi, de m’offrir à ta loi, de bouger à me faire mal de toi et d’obéir à ta voix », l’Africa de Rose Laurens,  des années 80 , après Saga Africa et Yannick Noah : « attention ambiance de la brousse ! attention les secousses ! » voilà venir la cuvée 2017. Quelle sera l’Afrique 2017 !? L’espace d’un été on va chanter l’Afrique ! Déjà les tissus chatoyants s’étalent aux devantures, en toutes qualités d’orange, de rose et de vert, les robes toutes prêtes qui vous feront mesdames des émules acceptables de la reine de Saba et vous messieurs de vaillants guerriers vaudous au coeur en transe ! Des robes, des turbans, des sacs, des bustiers, des maillots de bain, des hauts, des soutiens-gorges, des petites culottes, des slips, des shorts, des pantalons, des bermudas, des bas, des coiffes, des coussins, des bérets, des chapeaux, j’imagine bientôt des couches culottes, voire des lunettes de soleil, bref le wax et le bazin se déclinent aux couleurs flashy de l’été. Ma mercerie de qurtier est d’ores et déjà pavoisée de wax et annonce la couleur. Sur l’étiquette bien en vue on lit : real wax guaranteed, et le prix est 6,90 € le mètre pour une largeur de 1,12 m. il ya un autre wax en evanture à 7,90 € lr mètre.je me demande combien ça fait 1,12 mètres en inch ? comme ça au pif, je dirais 48 pouces. Raté c’est  44,09 inches

Même dans ma petite ville de Saintes partout les magasins affichent la couleur Afrique. Galeries Lafayette et consorts, tous se mettent au wax et au bazin.  Mais étrangement je ne vois aucun pagne ! Pourtant le pagne c’est le symbole incontournable du wax et du bazin !  Aucune tenue trois pièces en vente dans les devantures ! Certes on peut acheter la toile en coupon au mètre sur le marché et ensuite entrer en contact avec un tailleur ou une couturière ou alors se confectionner soi-même son bas, son haut et sa coiffe. Tout va dépendre alors de la qualité du wax ou du bazin !

Quand j’habitais à Paris je me régalais dans les boutiques qui vendaient ces tissus à Château Rouge à la Goutte d’Or ou au Marché Saint Pierre, voire  à la Courneuve !

Wax is back, mézanmi, bazin is back.  Il fut un temps, une éternité,  où je portais les chemises afro. Ma mode à moi a commencé quand je suis allé habiter aux States en 1973. il y a 44 ans. J’avais ces tenues multicolores. j’ai continué sporadiquement en France surtout en été. Ensuite à Nîmes  il y a environ 15 ans un ami sénégalais m’en a vendu 3 dont un qui était la tenu. Une chemise a survécu jusqu’à aujourd’hui. Puis au Brésil j’en ai racheté deux au Pelourinho à Salvador d’un béninois.  il y a a peu près 7 ans ! Oui j’aime bien les tuniques, je n’ai jamais porté le pagne, trop long pour moi, Il ne me reste en fait qu’une chemise sénégalaise toutes en tons de bleu et blanc, décousue sous le bras, que je n’avais pas recousue, mais puisque le wax is back je ne vais pas tarder à faire un peu de couture !  Ce n’est certes pas  du wax, c’est du synthétique, sûrement de la viscose de coton  même si c’est mon ami sénégalais qui me l’a vendu !  donc pour résumer je n’ai chez moi ni wax ni bazin ! quelle honte !

Mais au fait qui est ce misyé Wax Bazin dont on parle tant ! Avant d’aller lui demander des explications j’ai fait quelques recherches préliminaires : Afrique Renouveau, AmiandcoJeune Afriqueslate, Mazuri Designs, Beyond Victoriana,  Yinka Shonibare MBE Je suis allé lui poser la question !

  • Messire Wax-Bazin déclinez votre identité, je vous prie !
  • bonsoir tout le monde, eh bien je m’appelle Wax-Bazin. Mon premier nom, Wax, me vient de l’anglais, on utilise le wax (la cire) quand on fait la teinture du tissu . Mais mon papa était hollandais. il s’appelait  Pieter Fentener Van Vlisssingen, pour abbrévier on disait PF  Van Vlissingen & Co qui est devenu VLISCO. Mon papa avait pour surnom Papa Wax  et quand il m’a mis au monde  en 1846 à Helmond, pas très loin d’Eindhoven, il m’a baptisé Wax. Et depuis je me porte bien puisque je suis encore là pour parler avec vous gentiment. Je porte Bazin qui est le nom de famille de ma mère, une demoiselle Bazin, qui étant roturière n’a pas eu le droit d’épouser mon père
  • vous habitez donc en Hollande messire Wax-Bazin ?
  • mais non, mon cher, j’ai plusieurs résidences plénières. Nous les Wax-Bazin on est international, global, on pense global, on respire global . Il y a la Suisse pour les montres, Cuba pour les cigares, le Brésil et la Colombie pour le café eh bien la haute couture du wax, le wax de luxe, le summum du wax, le nec plus ultra du wax, c’est VLISCO ! Mais comme il faut défendre les parts du gâteau  car 90 pour cent de nos ventes est réalisée en Afrique on a des boutiques labellisées VLISCO installées en Côte d’Ivoire au Congo, au Bénin, au Togo et au Nigéria. Mais la fabrique textile qui fonctionne 24 h sur 24 et  7 jours sur 7 produit le tissu adulé par plus de120 millions d’Africains de l’Ouest   à raison de plus de 70 millions de mètres par an. Mais attention nous ne fricotons pas avec n’importe qui. Nous ne fabriquons en Hollande que la formule 1: les super wax et le wax hollandais. Je suis de haute lignée, prince de sang, je suis de luxe ! Regardez notre site et vous verrez.
  • Je vois que vous vous portez bien , monsieur Wax-Bazin ! D’ailleurs vous devez utiliser la taille XXXL d’après ce que je peux voir !
  • Oui effectivement c’est ma taille, vous l’avez bien deviné. Pour m’habiller je prends un coupon de 6 yards de tissu. vous savez chez nous tout est en yards. Nous vendons les coupons de 48 inches en 2, 4, 6 et 12 yards. mais en règle génèrale les gens achètent des coupons de 6 yards !
  • Belle déclinaison, My Lord ! Pouvez-vous me convertir ça en unité métrique ?
  • Bien sûr !  5 yards font exactement 5,50 mètres et 48 inches font 1,20 mètre.
  • et les prix sont chatoyants je suppose, comme les couleurs ?
  • Notre politique de prix est  très simple quelle que soit la couleur le motif. ce qui importe pour nous c’est la taille du coupon et la qualité du wax. Nous n’avons que deux qualités isidan en Hollande. Super wax et wax . Le superwax c’est  27 étapes de fabrication, imaginez ! Donc je vous donne les prix : le coupon de 2 yards se négocie à 27,60 € en wax contre 38,40 € en super wax; en 4 yards on arrive à  54 €, en wax et 75,60 € en super wax; en 6 yards 74,40€ en wax et 103,20 € en superwax. tous nos produits  sont brevetés . nous possédons un titre de propriété industrielle. tout produit qui copierait de façon éhontée les nôtres, soit en utilisant nos motifs, soit en utilisant les noms ou les logos de nos produits s’expose à des poursuites immédiates auprès des autorités judiciaires compétentes pour contrefaçon et concurrence déloyale que ce soit en France en Afrique ou partout dans le monde.A cet effet nous sommes intraitables.
  • Et il faut encore payer un tailleur ou une couturière n’est-ce pas ?
  • Oui car l’Afrique c’est 54 pays, chacun a sa façon de porter le pagne ! chacun a son type de motifs, son type de couleur préférée, ses tabous, ses interdits. Nous avons quand même du wax de second choix fabriqué par des filiales regroupée sous le nom de holding VLISCO GROUP, lui même aux mains du  groupe britannique Actis  :  Woodin (12 boutiques au Ghana à Accra et dans d’autres villes du pays, 3 à Kinshasa en République démocratique Centrafricaine, 1 à Lomé au Togo,, 1 à Cotonou au Bénin,1 à Lagos, 1 à Abuja au Nigéria, 3 à Abidjan en Côte d’Ivoire ; Uniwax en Côte d’ivoire et GTP ( qui se compose de TSG (donc la propriété de Actis, gouvernement du Ghana et Truebrook) et PAT – Premium African Textiles Company Limited – plus spécialisée dans le design, la commercialisation et les ventes, la distribution et le marketing des produits de GTP avec fabriques et mains d’oeuvre africaines. Nous sommes très satisfaits de cette coopération qui satisfait toutes les parties !
  • Je comprends fort bien, votre excellence, mais ce que je comprends moins bien c’est comment ce tissu fabriqué donc selon vos propres dires since 1847 en Hollande est devenu authentiquement africain. Expliquez moi je vous prie, Monseigneur !
  • eh bien jeune homme, laissez moi vous dire. Mon papa, ce saint homme, le vénéré Pieter Fentener Van Vlessingen, qu’on appelait papa wax, était grand voyageur. Il a découvert lors de ses voyages à Java, en Indonésie, qui était alors colonie hollandaise, ce tissu là qu’ils appelaient batik, il l’a trouvé tellement chatoyant, qu’il l’a importé, l’a industrialisé en Hollande et à commencé à inonder le propre marché indonésien à des prix défiant toutes concurrences. Les Africains qui aimaient le batik déja et qui l’avaient découvert en Indonésie par l’intermédiaire des soldats ghanéens qui se retrouvaient à faire la guerre pour le compte de l’Angleterre contre les Indonésiens ou les Hollandais  (1810-1862) (le Ghana était  une colonie anglaise en ce temps la) se sont appropriés ce nouveau batik moins cher et ont commencé à l’acheter ans les ports où les bateaux hollandais faisaient escale. la suite c’est ce que vous voyez la ! On appelle en Afrique le batik d’origine indonésienne s’appelle en Afrique Ankara.
  • eh donc le batik a périclité je suppose, après que votre papa ait baissé les prix !
  •  Non il reste encore le batik artisanal qui se vend dans le monde entier. il y a aussi de grandes entreprises indonésiennes et même en Afrique de l’Ouest où le pagne est un élément traditionnel il y a de nombreux acteurs . Tout d’abord les Chinois qui ont fait comme les hollandais à Java et qui sont entrés en force sur le marché du wax en proposant des prix défiant toute concurrence ! mais aussi dans chaque pays des acteurs locaux comme SODATEX devenu BENITEX au Bénin ex Dahomey. Ces derniers proposent un wax supérieur appelé chigan, un moyen appelé bédomé et un tout juste potable appelé chivi.  Au Sénégal SOTIBA et SIMPAFRIC, au Ghana ABC WAX, , au Niger SONITEXTILE devenu ENITEX.
  • Mais pourtant il y a des tissus authentiquement africains comme le bogolan ou le konté de kita ! Pourquoi alors le wax s’impose-t-il comme le tissu traditionnel ouest africain alors qu’avant lui il avait des concurrents ?
  • Pour répondre à votre question, jeune impertinent, vous devez regarder la chose de manière globale ! Tout est globalisation, tout est désappropriation culturelle. Ce qui importe est re-signifier ! Aucune tradition n’est éternelle. Prenez d’autres tissus nationalement identifiés comme le tartan (à la base des kilts écossais), le madras (à base de la mode caribéenne et créole). pour comprendre tout cela il faut comprendre que l’industrialisation est d’origine européenne :  Angleterre, Hollande, Allemagne, France. c’est par là que les industriels et le machinisme ont conquis le monde dès le début du 19ème siècle. Le colonialisme a ouvert des marchés immenses, des rêves et des habitudes !  il n’y avait de marchés protégés locaux. les marchés étaient pillés, les matières premières achetées en gros , conditionnées dans les pays du Nord puis revendues dans les pays du Sud. cela a été le même phénomène pour la pâte cacahuète, pour les compléments alimentaires . l’Afrique est devenu un champ ouvert où les géants mondiaux s’affrontent. en l’occurrence le marché mondial comme l’Europe l’a été avec les cigarettes américaines, le coca cola et le cinéma . Comme la planète entière est droguée au cinéma américain , aux séries américaines ! ils ont été les premiers , une fois que les habitues ont été prises, un marketing intensif avec la participation des élites et des politiques a fait suivre le mouvement ! ans la mesure où les politiques ont une part du gâteau dans le marché du wax, il reste comme il est. quand les politiques ferment le marché, le wax, n’entre pas ou est alors ferment taxé pour faire rentrer des devises. d’où la nécessité de faire des joint ventures avec des investisseurs locaux, même si ceux-ci peuvent être des couvertures pour d’autres intérêts.
  • On pourrait dire alors que cette globalisation a les mêmes effets que la colonisation, Docteur ?
  • On le pourrait en effet, et je dis cela, au risque de vous paraître ironique ! Sauf que ans la globalisation il y a heureusement beaucoup d’Africains qui tirent leur épingle du jeu ! Et que globalement les Africains, ceux qui peuvent acheter, voyager, sont satisfaits d’intégrer cette petite  moyenne grosse bourgeoisie mondiale. Le wax comme d’autres denrées permet à leurs enfants d’étudier dans les meilleures écoles à travers le monde, de se spécialiser encore plus dans le commerce, l’ingénierie, la mode, la finance pour pouvoir perpétuer leur domination économique dans le pays.
  • Pour conclure votre côté wax, il n’a rien à voir avec la fierté africaine traditionnelle, il a plutôt à voir avec vos intérêts bien compris de créer cette fierté à partir d’un tissu qui n’a rien à voir avec l’Afrique ! Tout cela au nom de la nécessaire globalisation des échanges  et de l’élévation relative du niveau de vie médian.
  • Mais non jeune homme ! Un peu de respect, je vous prie, nous n’avons pas gardé bouse de vache ensemble que je sache ni crottes de bique ! allons, un peu de décence pour mes gris chivé !  n’oubliez pas que vous avez affaire devant vous à un véritable , je dirais même un authentique, genuine, wax hollandais, dutch wax, même Ankara wax, you know what I mean ! Le wax c’est une étoffe de coton imprimée sur les deux côtés comme un miroir. eh bien moi aussi je vous dis de méditer sur ce vers de Musset, le prénom Alfred dans La Coupe et les Lèvres . il posait la question : « Aimer est le grand point, qu’importe la maîtresse ?/  Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse? »
  • Votre côté Bazin est indonésien-hollandais aussi Monsieur Wax-Bazin  ??
  • Mon côté bazin est dit Bazin Riche ! Nous avons du sang italien ! Bambagina, veut dire ouate de coton, bambagia veut dire coton, coton en italien, cela a donné bon basin puis basin en français, et bonbazine, bombazeen, bombasine pour enfin donner basin en anglais. Le bonbasin c’était à l’origine de la soie ensuite cela a été appliqué au coton. Sous le règne d’Elizabeth 1 on faisait déjà du bombazine; en Angleterre au début du 19ème siècle le site de production c’était Norwich. Pendant toute la période victorienne on portait ce mombazine ! Mais on utilisait surtout le mombazine qu’on teignait en noir, qu’on portait pour les deuils. Cette pratique a disparu au début du 20ème siècle. Ce sont les Anglais qui ont industrialisé les premiers ce tissu,  grâce à des machines comme le mule-jenny et des métiers de tisserand d’avant-garde qui bouleversaient les concepts de productivité de l’époque ! Le basin  est une étoffe croisée dans laquelle un fil est mat (le coton qui sert de trame) l’autre brillant (la soie qui sert de chaîne). Les dessins sont tissés et non brodés. On peut l’empeser avec de l’amidon ! Le basin anglais était une étoffe solides qu’on utilisait aussi bien pour le linge de maison (draps, nappes, rideaux, serviettes) que les peignoirs. Le basin anglais faisait fureur en Europe vers la fin du 18ème siècle. Les Anglais avaient la technologie et la cachaient jalousement. les Français ont réussi à se procurer les secrets de fabrication anglaise et ont construit à leur tour toute une industrie avec leurs filatures, leurs fabriques d’impressions autour de  Jean Daniel Guillaume Joseph Lenoir Dufresne et François Richard plus connus sous le nom de Richard-Lenoir.
  • La situation du marché maintenant ?
  • Le bazin a pris un Z à la place du S. De basin il est devenu bazin. Il est désormais fabriqué en Allemagne, République Tchèque, Pays-Bas dans le cas du bazin riche plus sophistiqué et en Chine (depuis 1980) dans le cas du bazin léger qu’on appelle aussi damas chinois, ou ganila, plus abordable (car réalisé à partir de coton et de fibres synthétiques) et dans le cas du bazin  moyennement riche appelé tchoupe. Les industriels du textile européens ou chinois fabriquent le bazin  partir de coton produit la plupart du temps par la Chine, les Etats-Unis, l’Inde, le Pakistan, le Brésil, la Turquie, la Grèce, l’Australie, la Syrie ou le Mali (qui sont les dix premiers producteurs mondiaux). En Afrique outre le Mali les principaux producteurs sont le Burkina Faso,  la Cote d’Ivoire et le Bénin. Une fois que le coton damassé dit bazin a été fabriqué dans les pays du Nord il est envoyé pour être teint à la main au Mali. Le bazin y est tellement important qu’on le chante dans la chanson Le Dimanche à Bamako d’Amadou  et Mariam, qui pourtant sont aveugles et ne voient donc pas les couleurs du bazin . Ils chantent ainsi : « Le dimanche à Bamako, c’est le jour du mariage/Les hommes et les femmes ont mis leurs plus beaux boubous/Les bazins sont au rendez-vous/C’est le jour du mariage ». Notons toutefois que le bazin est généralement en coton mais il peut être en soie ou en laine. Mais on ne peut pas compter porter un bazin riche sans devoir débourser pour une tenue  entre 150 et 200 € si on vit au Mali. Cela a permis l’émergence du damas chinois qui permet de porter boubou damassé à petit prix.
  • et pourquoi ne teint-on pas directement dans les pays du Nord ?
  • parce que cela demande beaucoup de  travail artisanal donc nous préférons encore ce travail artisanal en terre africaine où l’on va découper aux dimensions précises, faire des noeuds, tordre, teindre, tremper, amidonner, faire sécher. teindre un bazin ce n’est pas une sinécure
  • Cela exige aussi de travailler toute la journée avec du souffre et des pigments chimiques, pas très recommandables non ?
  • Oui, autrefois les techniques tinctorielles s’appuyaient sur l’indigo mais désormais à cause de leur prix élévé on utilise des pigments synthétiques comme l’acide caustique et l’hydrosulfite. Dans les colorants il y a des composants azoïques interdits en Europe car cancérigènes mais que ces mêmes pays plus le Nigéria et la Chine continuent de vendre en Afrique aux teinturières maliennes
  • Malgré tout cela on trouve des stylistes, de créateurs  qui proposent wax et bazin aux consommateurs ?
  • en effet ils sont pléthore car de plus en plus d’artistes de tous pays, Beyoncé, alicia Keys, DJ Rashida, Michelle Obama, Dawn richard, d’hommes politiques utilisent wax et bazin dans leur façon de s’habiller. Il n’y a pas de retour en arrière possible. regarez es créateurs comme Eki Orleans, Deola Sagoe, Mara Hoffman, Max Osterweis et la marque Suno, Eva Gabarra, Helena Aidoo Morrison,  le ghanéen Abenaa Pokvaa et sa marque Ohema Ohene, Juanjo Oliva, Gwen Stefani et sa marque L.a.m.b, Maya Amina Lake et sa marque Boxing Kitten et même Jean-Paul Gaultier proposent es collections où les tissus traditionnels africains sont valorisés.
  • Soit, mais ne pourrait-on pas au Mali , placé en queue de peloton au classement du pnud produire, surtout en ce qui concerne le bazin, un bazin bio, écologique et respectueux des équilibres de la nature et de la santé des teinturières ?
  • Vous avez raison, ce serait magnifique. Autrefois on utilisait l’indigo, la potasse à base de cendre et d’argile, la soude naturelle à partir des tiges de mil mais les colorants synthétiques ont bouleversé le paysage en amenant de nouveaux pigments. Les teinturières savent les dangers qu’elles encourent et se protègent comme elle peuvent ! jusqu’à présent le gouvernement malien n’a pas eu d’attitude coercitive face à ce fléau. on ne peut pas faire comme si on ne savait pas !
  • Je vous entends bien, mais pourquoi vous et votre groupe misyé Wax-Bazin n’organisez pas cette filière pour qu’elle soit plus écologique justement , vu que vous êtes l’un des acteurs les plus importants de ce marché ! ?

 

 

Epître de saint Jean apôtre aux porteurs de chivé grenné

Mes frères et soeurs, mes petits enfants, mes ouailles bien-aimées ! To braid en anglais veut dire natter. Je lis que c’est à la mode maintenant après avoir connu des hauts et des bas ! Moi, tout saint Jean apôtre que je suis, pourtant je me faisais natter par ma mère quand j’étais tout petit. Ca s’appelait des papillotes c’était pas aussi chic que les braids. cela n’avait rien d’artistique. on vous passait une pommade d’huile de carapate, de la glycérine végétale, un peu d’huile de coco, dans les cheveux ensuite on vous divisait la tête en quadrilatères quelconques ou rectangles, que sais-je, enfin c’était très appliqué et on attachait les mèches par des bandelettes de papier toilette ou d ‘essuie tout ou de papier brouillard. Le papier brouillard, vous le connaissez, sauf que que vous ne savez pas qu’il s’appelle brouillard, c’est un papier gris ou beige, couleur feuille-morte qui pouvait autrefois servir de papier buvard pour sécher les écritures fraîches. On s’en servait autrefois chez les droguistes, épiciers et apothicaires pour filtrer leurs drogues  et liqueurs, selon les bons dictionnaires. Mais les bons dictionnaires, ni Littré, ni Larousse, ni Grand dictionnaire Méthodique ni Robert, ni de l’Académie française ne mentionnent l’usage de ce papier pour faire des papillotes ! eh bien figurez vous que les cornets à frites sont faits de papier brouillard, le papier dont on emballe le poisson est fait de papier brouillard, et les cornets à pistache d’antan étaient faits en papier brouya. Néanmoins en l’absence de papier brouya pour faire les papillotes on pouvait utiliser du papier toilette. Sauf que comment puis-je vous expliquer le papier toilette de mon enfance en Guadeloupe ? Quand je pense à lui je pense à papier kraft, mais est-ce possible qu’on m’ait martyrisé au papier kraft non seulement mes humbles organes ouverts sur l’extérieur mais aussi mes cheveux !? Ma vie sur terre fut donc un calvaire te je ne le savais pas ! Mes frères et soeurs, jamais je n’ai utilisé le papier aluminium pour mon cheveu pour détendre mon follicule pileux. J’ai été je vous le dis peigné au papier brouillard.

Je dois dire que j’étais des plus rétifs quand venait le moment fatidique tant redouté, le moment de passer sous les fourches de ce brouillard aux allures de kraft, de papier toilette et de feuille-morte. Ma mère, qui était pourtant chrétienne et pieuse,  devait sûrement me tenir coincé entre ses jambes car sinon je me serais glissé  comme une orphie visqueuse vers un triangle des Bermudes où ne régneraient que des sirènes chauves ! Je me suis toujours demandé pourquoi même les Madonnes  maltraitent autant ceux qui ont les cheveux grainés ! Pourquoi veut-on détendre et  lisser ce qui est naturellement crépu ? Le Seigneur qui sait ce qu’il fait puisqu’ils sont trois à réfléchir la-dessus nous a dotés de cette belle fibre capillaire ! Sachons nous montrer dignes de ce signe de haute distinction ! Nous sommes les élus ! C’est les cheveux grainés que nous rentrerons au royaume des Cieux !  Moi si cela n’avait tenu qu’à moi j’aurais autrefois laissé mes cheveux recroquevillés à vie dans leur gangue soyeuse sans les coiffer. Ils ne demandaient rien à personne, vivant chichement d’eau fraîche et d’air sain, or les Pharisiens luttaient pour les assouplir, pour leur donner de la gamme, de l’élégance, du souffle, de la discipline !

Pour me coiffer pas besoin de barbier, au pied du volcan de la Soufrière, en terre de Galilée, pas besoin de fer ni de sèche-cheveux  pour faire entrer dans le moule mon coco sec car tout le monde à l’époque en terre de Judée savait faire des papillotes. Les propriétaires de chevelure souple, ceux de la race bénie des bonchivé avaient droit aux bigoudis mais pour les cheveux rebelles et indociles, pour le crin chevalin et ovin comme le mien, pour les mèches laineuses malélivées en forme de grains de poivre il n’y avait qu’un remède et ce n’était pas le zouk. C’était débroussaillage, sarclage, épandage, bêchage, enfumage, après mise en jachère, au moins une fois par semaine. Et quand on avait finalement enlevé les papillotes histoire de déraidir son mal de tête, alors on avait l’impression d’être un oiseau, les cheveux avaient pris une nouvelle dimension : on aurait dit qu’ils venaient de se convertir à une nouvelle religion. Eux qui restaient toujours tranquillement en place sur ma tête prenaient des poses de danseur de haute taille, et à l’appel d’un commandeur invisible faisaient la génuflexion,  se mettaient debout, s’asseyaient et me réclamaient toujours plus de gospel. Leur gospel c’était l’huile carapate (castor oil) dont ma mère avait de larges provisions de burettes qu’elle nous dispensait au compte-gouttes quotidiennement sur le cuir chevelu comme si c’eût été la manne. Le dimanche jour de messe je jouais mon rôle d’enfant de choeur devant l’Eternel  et on ne pouvait imaginer se présenter devant le Seigneur et les myriades de saints, devant la sainte Vierge Marie, toute pure et immaculée, avec un cheveu à la diable ! Il fallait que le cheveu fût saint ! Alors je regardais dans l’église l’auréole des saints et me mettais à penser quelles têtes ils auraient s’ils avaient comme ce simple serviteur de la Parole de Dieu, les cheveux grainés, hérétiques, mal-aimés par le commun des mortels.

Bien-aimés, n’exagérons rien, c’est vrai qu’on se sentait aimé quand on avait ses beaux chivé qui luisaient au plus haut du Ricinus comunis, de la glycérine végétale, du Pento ou du Pétrole Hahn. Il suffisait qu’il y ait en plus de cela  une petite raie discrète sur le côté pour qu’on soit assimilé illico à un Harry Belafonte ou à un Sidney Potier ! Le chivé qui me faisait tout à la fois horreur et envie c’était celui de Sammy Davis Junior ! J’admirais ses cheveux comme on admire  la géhenne du Séducteur, de l’Antéchrist qui nie le Père et le Fils! Le cheveu sublimé qui touchait à la splendeur de la voie lactée et en même temps le cheveu abîmé par le fer et la soude et qui retombait une fois mouillé par la sueur ou la pluie comme une queue de comète saoule dans les profondeurs de Belzébuth City ! Gominé, ondulé, c’était la mode zazou que mon père pratiquait. il dormait lui avec un bas noir  sur la tête et n’ayant pas ma qualité de cheveu il devait préserver la sienne qui était chivé kouli ! un chivé zindyen qu’il me disait provenir de sa mère qui était négresse karayib ! Il se réveillait le matin, un coup de peigne fin à petites dents (contrairement au peigne de corne à grandes dents de caïman que nécessitait ma couenne) et les cheveux ondulaient dans la brise.

Plus tard ils décidèrent que comme j’étais rétif au peigne dès que ça pousserait trop on irait chez le coiffeur et on me ferait la boule à zéro. Cela éliminerait à jamais les Six cent soixante six chemins de traverse qui me parcouraient la tête, ces chemins d’araignées et e musaraignes qui zigzaguaient sur ma couenne. Je trouvais l’idée excellente ! enfin adieu séances de papillotes, j’allais pouvoir jouer à mes mab tranquillement ou racher quelques queues de zandolis.  Oui mes frères et soeurs, mes ouailles, je le confesse, je fus dérébénale et je laissais désormais les séances de papillotes pour mes soeurs qui elles, pour une raison que je ne comprends pas, refusaient avec la rage du désespoir de se faire faire une coupe à zéro terminale. Pourtant elles devaient souffrir dix fois plus que moi car bien que grainés leurs cheveux étaient trois ou quatre fois plus longs que les miens ! Ce n’étaient que pleurs, grimaces et geignements et les seules mèches que je voyais c’étaient les mèches de rhume qu’elles ravalaient ! il faut souffrir pour être belle ma fille ! Mwen menm ! Je laisse ma place au paradis du beau, laissez-moi tranquille dans l’enfer où se morfondent les couennes à cheveux laids ! Ne me parlez même pas de purgatoire !

ah les gens sont mauvais, mes frères, mes soeurs, mes ouailles avec certains cheveux dits atypiques  appelés abusivement de mauvais ! non j’ai – tu as, il ou elle on a nous avons vous avez ils ou elles ont – le cheveu au contraire très typique de certaines régions du globe. Non monsieur, non madame mon cuir chevelu est beau, je dirais même plus il est bel !

Seul un bel cheveu permet de retrouver un objet perdu intact inaltéré après un séjour e une semaine. Je peux y ranger par inadvertance un grain de riz ou deux graines de pois rouges, trois  clous de girofle t personne n’y verra que du feu ! eh oui ça sert d’avoir les chivés rêches ! Pratique quand on a oublié de faire les courses, on a toujours un plat potentiel dans la tête à sa disposition.

Et puis quel autre chivé vous protège presque aussi bien qu’un parapluie et vous pare les rayons de soleil ? Alors que d’autres courent comme des poules écervelées s’abriter sous le premier poulailler ce cheveu de bélier soit disant rebelle montre toute sa souplesse et bêle sa joie au firmament.

Mon chivé est un vrai taxi de brousse par ailleurs ! Africanité oblige ! il permet de transporter sans problème, pointe Bic, crayon HB, peigne dans un seul voyage. Economique, non !

Et puis quand je veux le modeler de temps en temps pour un moment spécial pas besoin d’aller chez le coiffeur et dépenser des fortunes folles, une fois par mois. Mon cheveu est indémodable ! Qu’il pleuve qu’il vente qu’il neige, il sait s’adapter à toutes les météos ! Et quand parfois je fais une chute sur la tête il me sert de coussin ! vous voyez bien, comment pourrais je dire du mal d’un cheveu aussi formidable. et je ne vous parle même pas de sa sensualité. Quand les jeunes filles autrefois, avant que je ne me consacre à la Parole du Seigneur, passaient pour la première fois leur main dans mes cheveux, c’était une expérience inoubliablement jouissive pour elles. Je faisais semblant de ne rien voir, je feignais l’indifférence mais je voyais bien à  leurs yeux révulsés de plaisir que dans mes cheveux moutonneux elles retrouvaient Patmos dans  la mer Egée de l’Iliade et de l’Odyssée car dans l’égarement sensuel que leur procurait ma toison d’or elles murmuraient de suaves « Jason, Jason » en me mordillant le bout de l’oreille. « eh mademoiselle, je ne suis pas celui que vous croyez ! Mon cheveu est vierge madame, incorruptible, fidèle comme un chien à son maître, fidèle comme un clou à son morceau de croix. S’il vous plaît, ne le dévergondez pas par vos propos indécents ! Gardez vos Jasons lubriques pour d’autres, je vous prie, espèce d’hérétique ! »

J’ai parcouru les quatre mers et partout j’étais vilipendé : nappy, cabelo ruim, cabelo duro, grain de poivre, j’ai tout supporté car je savais que mon sébum kinky ou fuzzy était doux aux mains des Anges ! et ces cheveux-là je les ai portés avec orgueil en afro, puis en coupe iroquoise, puis en coupe militaire jusqu’à ce que l’âge venant  je leur ai laissé faire ce qu’ils avaient envie de faire. Je les laissais libres de choisir. Parfois ils se réveillaient le matin et imploraient un coup de peigne, parfois ils me disaient « laisse-nous tranquille un peu, tu veux, va plutôt prendre un bain et retirer ces odeurs suspectes de  pourriture que tu as sous les bras » et je leur obéissais ! Un autre jour ils réclamaient la tonsure immédiate mais jamais définitive, jamais programmée ! Car quand vous savez écouter vos cheveux , ils vous parlent et le dialogue est comme un acte de foi, un dialogue avec Dieu, a covenant with God, en mémoire de l’alliance faite à dieu par Abraham sur le mont Sinai !.

En vérité, en vérité, je vous le dis,  il n’y a pas de mové chivé il n’y a que des chivé malémé ! Le cheveu orphelin d’amour pleure, se rebelle, quoi de plus normal. Mais aimez votre cheveu, dites-lui « je t’aime » comme s’il s’agissait de votre premier amour de jeunesse avec qui vous suciez une glace à l’eau et que vous n’osiez pas embrasser, faites-lui des caresses timides, chastes au possible, ne le brusquez pas, il vous rendra heureux car vous le rendez heureux ! Ne brusquez pas la personne ! N’appelez pas la créature bourik ni animal car aucun cheveu digne de ce nom ne hennit ! Ne dites pas à votre chivé « je te veux », ni « je te désire », montrez-lui seulement que vous l’aimez, que vous l’acceptez comme il est ! Sinon les cheveux savent être rosses, quand il le faut, attention ! Ils répondent illico : apa oswèa !

Prendre soin, bien-aimés, ce n’est pas maltraiter ! Tous les cheveux que j’ai côtoyé dans mon apostolat dans le beau pays de Kératine m’ont confié un secret que je vais vous révéler comme le secret de l’Apocalypse: Le théorème de Thalès du chivé : un cheveu de perdu est perdu à jamais, ce n’est pas comme pour certaines autres choses, un de perdu dix de retrouvés ! Cheveu perdu ne se récupère jamais ! Deux ou trois conséquences : il y a des choses à proscrire : le fer chaud à défriser, les crèmes à défriser, dites assouplissantes, les extensions surtout quand elles deviennent permanentes; il y a des choses à valoriser : l’eau et le savon type Prince Noir,  les French braids à la française, les dutch braids à la hollandaise, les cornrow breads en rangées de maïs ou en grappes coco, les twist breads,  les tree breads,  les fishtail breads pour ceux qui supportent et qui ont la patience, les cheveux coupés toujours au maximum à hauteur de peigne, la coupe Yul Brinner ou Kojak !

eh bien, mes frères et soeurs, bien-aimés, les voies du Seigneur sont impénétrables et sa miséricorde est infinie ! Ne voilà t-il pas que par les chemins tortueux la parole de Dieu s’accomplit en la lointaine Chicago américaine, terre d’Elliott Ness, Al Capone et Barack Obama !  Shani Crowe peut redonner à votre fibre capillaire l’ auréole méritée de la sainteté et pour cela qu’elle en soit bénie, qu’elle puisse vous préserver de toute chute et vous faire paraître devant sa gloire irréprochables et dans l’allégresse, à Dieu seul notre Sauveur, par Jésus-Christ, notre Seigneur, soient  gloire, majesté, force et puissance, dès avant tous les temps, et maintenant et dans tous les siècles grainés et incorruptibles ! Amen !

Je n’en reviens pas ce que tout le monde savait faire quand j’étais petit maintenat on doit faire appel pour le faire à une spécialiste formée en arts plastques à l’universiuté e chicago Illinois. C’est une artiste soit ! je m’incline ! Cette coiffeuse artiste est née en 1989 à Chicago et a donc 28 ans à l’heure qu’il est !

Macron is the new neutral

Orange is the new black est une série américaine dont j’ai vu quelques rushes publicitaires sur  CNews, me semble-t-il ou BFMTV . On en est actuellement à la saison  5 , ce qui signifie que la série Netflix a débuté en 2013. Le nom de la série au Québec est  L’orange lui va si bien ! Orange est inscrit en lettres noires ou blanches selon les affiches et black en orange ! Le titre m’intrigue ! De quel orange s’agit-il ?     Orange Hermès ou orange mécanique ! Je ne suis ni styliste ni mécanicien ! Le titre  comporte une sorte d’irrévérence déjantée absurde et me questionne ! Pour en avoir le coeur net je suis allé questionner google et vlan voilà sinon la réponse (en anglais) ,  du moins un élément de réponse !

Pour résumer ; au commencement il y eut une phrase de Diana Vreelan qui écrivit un jour un article disant : Pink is the navy blue of India ! Puis l’industrie de la mode a ré-interprété la phrase x is the new y en x is the new black où x peut être remplacé par tout type de couleur  qui vienne en supplanter une autre, le noir étant considéré comme la couleur neutre qui ne se démode jamais ‘Pensez à « la petite robe noire » de Guerlain par exemple). Par exemple au lieu de dire  les tendances de la mode pour  cette année seront au rose, on dira pink is the new black. Ou en français rose est le nouveau noir ! Et on va jusqu’à dire gray is the new neutral  (gris est la nouvelle couleur neutre)!

Le titre vient en fait du livre éponyme de Piper Kerman : »Orange is the new black : my year in a women’s prison« . Selon ce que j’ai pu visualiser sur la bande annonce c’est une série qui se passe aux Etats Unis dans un cadre pénitentiaire. Un pénitencier pour femmes dont certaines sont vêtues en orange (en ce qui concerne l’héroïne ) et d’autres dans une sorte  d’uniforme beige-gris (la majorité). Il semble régner dans ce centre correctionnel un joyeux bordel, de la promiscuité, de la violence mais aussi beaucoup de joie de vivre  malgré la marginalisation! On se croirait au bahut ! C’est un film comme l’annonce la série sur la quête de soi derrière les barreaux.. J’ai identifié  rapidement  le personnage central, qui évolue dans un univers multi-ethnique à majorité latino et noir . Je sais qu’aux Etats-Unis une grande majorité des détenues est noire et latino et j’imagine avant même de voir la série qu’il y aura des conflits interraciaux à la pelle ! OITNB à voir en VOST, yes sir !

Je sais que cette série marche bien et le premier qui m’en a parlé est mon fils Lorenzo  en décembre ! Mais moi qui je ne suis pas particulièrement attiré par une sitcom en milieu carcéral je n’ai pas onné suite. D’où mon étonnement quand ma fille Iara, me signale sur Facebook black is the new noir , un podcast sur Arte Radio qui se pose la question : c’est quoi être jeune et noir en France pour un trentenaire en 2017 ? Voici le pitch ! « Un nouveau podcast mensuel où trois trentenaires sympas d’origine antillaise et africaine partagent leur expérience. Un regard afropop sur le quotidien.
A l’occasion de la Saint-Valentin, Mélanie raconte sa fascination, enfant, pour les couples de couleur dans les séries américaines. Kévi analyse la fétichisation étrange des couples mixtes dans la publicité, et François évoque sa relation compliquée avec les vidéos X dites « interraciales ».

Noir is the new black 

Au sommaire de ce numéro 1  « les relations interraciales pour les nuls » puisqu’on est tout près de la Saint Valentin !

Au micro trois Noirs, sympas nous dit-on, qui se revendiquent comme tels: Mélanie Wanga (journaliste société et popculture, qui abandonne twitter pour une newsletter mensuelle, féministe, métisse , mère normande et père ivoirien), François Oulac (martiniquais,  journaliste culture et société  avec des collaborations à Libération, Slate, rue 89, Brain Magazine, street Press), Kévi Donat  (martiniquais, études à sciences Po Rennes, hautes études en santé publique, guide touristique de Paris noir)!

J’ai une première remarque  : n’aurait il pas été intéressant d’avoir aussi un ou une noir(e) un vigile noir, un  policier noir, un vendeur à la sauvette noir, un chauffeur de bus noir, un une coiffeuse noire, un taulard noir et confronter les expériences trentenaires et à partir e là essayer de dresser un portrait plus contrasté de la black attitude 2017 ? Ce serait moins sympa ? OK rajoutons alors un rappeur et un sportif ! J’imagine qu’une suite est prévue avec quelques losers black de la mondialisation ! J’en doute car dans la suite j’ai entendu comme profession greffière ! Que veut dire ce sympa en tête de la rubrique ! j’ai ma petite idée  ! il suffit de regarder les profils des interlocuteurs sympas (deux journalistes et un guide touristique haut de gamme). La France qui réussit, des petits Macron neutres ! Macron is the new neutral ! Nègre Joyeux, Nègre en Marche, Emmanuel est le nouveau neutre ! Ce Zamor est le new neutral  et la France est the new  Comtesse du Barry !

Car si l’on pousse la formule x is the new y à son paroxisme en gardant black comme proposition y on peut avoir :

Gay is the new black qui immédiatement se décline lui en gay is the new nigger

Buddy is the new nigger selon Whoopi Goldberg

Blood is the new black

The Arab is the new nigger

The white man is the new nigger, vision de white supremacist

Noir est le nouveau noir comme le décrétait Madame Figaro en mars 2014

Thug is the new N word (vision du magazine Ebony)

Je souhaite tout de même bon vent à la série qui même si elle ne pose pas le problème politiquement ni socialement l’aborde. je ne suis pas trentenaire mais sexagénaire. Ceci explique peut être cela ! Terminons par une boutade alors, vous ne m’en voudrez pas les roaring thirties ?! 60 is the new 30 !