Soirée salsa avec la Pantera del son y los Habanos

Je m’apprêtais à passer tranquillement ma soirée devant la télé à regarder jouer Nigeria-Croatie à la télé. Et tout à coup mon portable chante. Je ne regarde pas. Rien ne peut être important un samedi soir à 20H30 et d’ailleurs je suis fatigué. Je reviens de deux jours de mangeaille chez ma mère et nous venons encore de manger ce midi chez mon frère. C’est la coupe du monde je vais regarder mon match. J’ai tellement mangé ces deux jours des choses inavouables pour un apprenti végétarien que mon corps crie grâce. Laissez-moi faire ma grasse soirée. Je suis un idoso ! Je viens de me prendre un petit café au lait avec deux petites tranches de pain complet. Je suis assis sur le sofa devant ma télé. Je tombe insensiblement dans les bras de Morphée. Comme on dit chez nous je prends un ti bobi. Le bobi est un art du sommeil. Les yeux sont fermés, ou aux trois quarts écarquillés. On dirait des yeux de perroquet. Tout est en veille, on ne sait plus s’il fait jour et nuit. On nage mais il n’y a pas d’eau. Les nuages sont des draps qui flottent au clair de lune. Je suis loin de la planète football, quelque part entre 1998 et 2018. Au premier ronflement du téléphone je n’ai pas bougé.

C’était un message de Manzè Baltimore, ma mini-soeur, de prénom Baboone un samedi soir à 20h30.

C’est ce soir les 6 ans de la Musardière… soirée cubaine

Elle m’envoie un lien youtube sur La Pantera del Son y los Habanos. Groupe 100% cubain est-il précisé.

Elle me précise tout de suite : en lasse mais ca doit être pas mal.

Il est 20 h30. Moi je suis aux abonnés absents j’ai seulement entendu un ronflement de téléphone. Je continue à flotter entre nuit et jour comme un ballon rond entre le point de pénalty et la ligne de but. La première fois à 20H30 c’était un tir de Ronaldo. C’est passé à côté. A 20h46 rebelote je ne sais pas si le message fait drinnng ou rrroong mais là le tir est décoché par un clone de Zidane et Neymar mélangés et alors le ballon et moi avec on atterrit en pleine lucarne. J’ouvre les yeux et me précipite sur mon portable.

A 20H46 je lis toujours de Manzé Baboone : JMA ou ka DOMI ?

Je réponds non (manti anmwen) non poukisa ?

Baboone : si vous êtes chauds on va faire un tour

Je vous épargne les tergiversations. On prend rendez-vous finalement avec Dominique pour 21h30. Je ne suis même pas allé faire un tour sur le lien qui me menait à la Pantera del Son y los Habanos. Je me précipite sous la douché et deux petits coups de parfum après je suis paré. Vite on enfile des chaussures de danse, un pantalon, une chemise où on se sent à l’aise.

Eh oui la salsa c’est sacré. Et justement ça fait deux ou trois ans que je n’ai pas dansé la salsa. Soy salsero si senor !

En fait de Pantera del son on a eu los Habanos et l’Aldo Maccione del Oriente del son mais c’était bien quand même. Ce groupe tourne sur la Charente et la Charente Maritime avec des concerts ici et là. La semaine prochaine à Angoulème pour la fête de la musique, puis sur l’île de Ré, etc.

son ruma cha cha cha. Le tout arrosé de Gascogne moelleux appelé Joy. Je suis rentré après minuit fourbu, les genoux fracassés, la gorge en feu, le corps en sueur mais heureux. Jeudi on remet ça du coup sur la place du marché à 22 heures. Il n’y aura pas de groupe en live mais on dansera la salsa pour la fête e la musique.

Merci Baboone, mini soeur, pour cette excellente initiative.

Le repas d’Offenbach en vingt-cinq tableaux

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C’était pourtant annoncé dans On va sortir à Saintes.

« Le repas d’Offenbach « :

le pâté spécial de Brabant

le rosbeef

la poularde

la tarte à la crème

le Morgon, le champagne …

 

seront réellement sur scène

avec les classes de chant lyrique

du conservatoire de Saintes ,

direction Martine March ,

Cédric Burgelin au piano .

une fringale incontrolable dans les jardins de l’Hostellerie Saint Julien (derrière la médiathèque ).

un très beau moment musical à partager

une deuxième répresentation le dimanche à 18h30

proposée sur Saintes et La Rochelle

Samedi à 20h30 et dimanche à 18h30 il y aurait un repas Offenbach. Ma chère et tendre m’en avait même prévenu deux semaines auparavant en me tendant un prospectus A la découverte d’Offenbach et du 19e siècle. Du 29 mai au 12 juin 2018. Avec écrit en gros entrée gratuite, le tout organisé par la Ville de Saintes. Mais occupé par autre chose je n’avais lu que d’un air distrait la chose sans trop m’y investir. Et puis samedi il y avait au même horaire France USA en football. Oh je n’ai même pas eu de dilemne. Je me suis dit peut-être que le temps était capricieux et qu’un repas dans le jardin de l’Hostellerie était un peu risqué. Et puis aussi une raison subliminale : je suis végétarien ! Comment allais-je pouvoir voir ces messieurs et dames du chant d’art lyrique se goinfrer en live devant moi de victuailles odorantes, charnelles et hautement appétissantes comme pâté, poularde et rosbeef fussent-ils estampillés Offenbach, moi qui de surcroit ne mange pas le soir ? Tel était le pitch :

Spectacles : Offenbach au menu
Les élèves de la classe de chant d’art lyrique du conservatoire invitent le public à un souper mondain du 19e siècle. Au menu: de somptueux plats accompagnés de non moins somptueux crus, le tout arrosé d’extraits de pièces et d’opéra bouffe à la drôlerie irrésistible et à l’humour décapant de Jacques Offenbach. Un cancan endiablé terminera en apothéose cette soirée placée sous le signe de la fête et de la joie , symbolisant le renouveau de la Vie Parisienne au Second Empire. Direction artistique : Martine March, artiste lyrique / Piano : Cédric Burgelin
Si météo défavorable, concerts aux m^mes horaires, salle de l’Etoile, L’Hostellerie
Gratuit. Sans réservation
Attention, jauge public limitée, refus possible

Ma chère et tendre s’est présentée trop tard le samedi et est rentrée le ventre vide. Il n’y avait plus de place. Le spectacle affichait complet. J’ai regardé tranquillement mon match. Le lendemain j’ai complètement oublié la chose. Elle est partie cette fois-ci de bonne heure pour ne pas être refoulée comme la veille et a pu assister au spectacle. Elle en est revenue ravie. Je vais donc vous raconter un spectacle que je n’ai pas vu mais je l’ai vécu à travers du feedback que m’en a fait ma chère et tendre.

En fait le spectacle était un port-pourri, un medley des oeuvres de Jacques Offenbach (1819-1880). L’ossature c’était :

La vie parisienne

Monsieur et madame Denis

Geneviève de Brabant,

La Grande Duchesse de Gerolstein,

La Créole,

Pomme d’Api,

La Chanson de Fortunio,

Robinson Crusoé,

Whittington et son chat,

Dragonnette,

Le voyage de Monsieur Dunanan

Madame Favart,

L’Île de Tulipatan,

La Périchole

Voyage dans la Lune,

Madame l’Archiduc

Tarte à la Crème.

L’idée du spectacle c’est de proposer un banquet mondain composé de plats en fonction de chaque extrait d’opéra bouffe (c’est le cas de le dire) ou comique ou d’opérette. Réunis autour d’une table géante les convives vêtus de costumes d’époque mangent et boivent vins, liqueur, eau, Champagne et punch. Même les deux chefs qui arborent toque et blouse blanches sont attablés . Des crêpes postiches volent et les sopranos Jenny Jacquet et Agnès Fouché défient remarquablement les limites des aigus.

Alors voilà le menu : pâté de Brabant accompagné de thé ou d’eau de source ou de Morgon. Moi j’ai choisi Morgon. Ma mie aussi. Pas de pâté pour nous. Ensuite il y avait au choix côtelettes grillées façon pomme d’api, rosbeef archiduc, poularde à la créole ou pot au feu Robinson. J’allais me laisser tenter par le rosbeef quand je me suis souvenu que j’étais végétarien. J’ai donc pris un petite assiette de pot-au-feu sans viande, juste les légumes. Madame n’a rien pris. Par contre elle s’est rattrapée sur les desserts. Il y avait des crêpes à la Dunanan, la tarte à la crème, l’échaudé Favart, la petite fruitière et les pommes de la lune. J’ai pris deux desserts : les crêpes  et l’échaudé qui me faisait penser au   chaudeau de Marie-Thérèse. Madame de après avoir  sifflé la bouteille de Champagne des troupiers se prit tout à coup pour la veuve du colonel. Puis la seconde d’après se fit soudainement polissonne. Elle se mit à chanter en faisant virevolter au dessus des bouches et nez des convives ébaubis sur la table ses jupons sens dessus sens dessous comme un tutu : Je suis un peu grise.

En sortant de ces vingt-cinq tableaux gargantuesques j’avais une petite faim. Je ne mange pourtant pas le soir. Mais tout cet Offenbach que je n’avais pas vu m’avait creusé. J’avais une petite faim. C’est ainsi que l’on se retrouva Aux Congés Payés, bar à soupes végétarien près de l’Arc de Triomphe de Saintes où après avoir commandé deux bières à la pomme je me suis offert un croque- monsieur aux champignons, aux épinards et au cheddar tandis que madame de, ex veuve de Colonel, qui avait recouvré ses esprits à temps se délectait avec un croque-monsieur aux courgettes, chèvre et herbes de Provence.

Ah la vie parisienne au   XIXe siècle c’était  épatant mais celle du   XXIe siècle à Saintes n’en est pas moins folle !

 

Réflexions autour de trois bouteilles d’huiles essentielles

Cela aurait pu être tout simplement une nature morte aux trois huiles essentielles. Huile d’olive, huile e colza et huile de palme. Huile de colza pour le tout venant, huile ‘olive pour les salades et huile de palme pour lees spécialités bahianaises. C’est devenu un sujet de polémique nationale. Hystérie collective ? Enfin pas vraiment. Je dirais plutôt intérêts catégoriels bien protégés, l’intérêt colllectif cachant toujours l’arbre de l’intérêt individuel ! Bas les masques ! Les producteurs français de colza et de tournesol, fabricants de biocarburants et d’huile domestique montent au créneau et bloquent les raffineries de France et de Navarre. Total a commis le péché de trop. Importer du bio carburant d’Argentine ne prêtait pas trop à conséquences (tout de même 75 pour cent de cette huile était d’origine huile de palme) mais  vouloir raffiner en France, ans les Bouches-du-Rhône de l’huile de palme. C’en fut trop. Ce fut la goutte d’huile qui mit le feu dans la boutique ! Malgré la promesse par Total (mais on sait bien que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent) de faire un mix où les producteurs de colza auraient droit à 50000 tonnes de leur colza dans la production du biocarburant qui serait produit . 50000 tonnes, une goutte d’eau par rapport à la part réservée à l’huile de palme évaluée à 300000 tonnes, soit 6 fois plus. C’est alors que les arguments ont fusé. Huile mauvaise pour la santé (on en avait déjà parlé avec le Nutella), huile qui favorise la déforestation notamment en Indonésie et en Malaisie qui produisent 80 pour cent de l’huile de palme du monde. Déforestation responsable en l’occurrence de la disparition à plus ou moins longue échéance de la biodiversité mettant en danger l’existence et la survie d’animaux comme  l’orang-outang,  le tigre de Sumatra, le gibbon. En 25 ans la consommation a été multipliée par 4, en 50 ans par 50. Etrange. Huile de palme, symbole de tous les maux, effet collatéral de la mondialisation ?

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Pour la santé elle contient notamment 50 pour cent d’acides gras saturés , soit cinq fois plus par exemple que le colza. Mais quand on mange du beurre on en absorbe même plus. J’ai lu aussi que l’huile de palme servait aussi au travail esclave des enfants. Il est vrai que l’exploitation même industrielle du palmier à huile n’est pas mécanisée et utilise de la main d’oeuvre infantile car il faut grimper 15 mètres en haut des palmiers pour récolter les grappes à coups de sabre. Mais qu’on se le dise c’est la même chose pour le coco. Et je n’ai pas vu de manifestation de protestation contre le producteurs de lait de coco ni d’huile de coprah.

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Le palmier à huile  Elaeis guineensis , originaire de l’Afrique de l’Ouest et que l’on retrouve de la Guinée à l’Angola, est la base de cette huile que l’on maudit à corps et à cris en Europe.  L’huile est pourtant consommée tous les jours au Brésil depuis le 17ème siècle où elle a été importée d’Afrique et encore aujourd’hui elle est produite et consommée dans beaucoup de pays africains. Ayant habité au Brésil 15 ans et plus spécifiquement dans l’Etat de Bahia, j’ai toujours chez moi une bouteille d’huile de palme qu’on appelle au Brésil azeite de dendê. On trouve cette huile dans les magasins exotiques .La bouteille que j’ai n’a même pas d’étiquette.  J’ai reconnu l’huile à sa couleur rouge-orange chez le Pakistanais où je me la suis procurée. Je l’ai payée 3 €.   Pour savoir sa provenance il faut regarder au cul de la bouteille en plastique. Il y est écrit : Tel (021) 221380 PETO5LT KANE EM GHANA. Ce sont les producteurs de la bouteille vide.

La production au Brésil se trouve concentrée dans l’Etat du Para, en Amazonie. 80 pour cent de l’huile de palme qu’on appelle là-bas azeite de dendê est produite dans cet état.     On n’imaginerait pas la cuisine bahianaise sans cet ingrédient reminiscent de la culture gastronomique africaine et des religions afro-brésiliennes comme le candomblé. Car l’huile à ses qualités tout de même. Je ne parle même pas des vitamines E ou A. Peu me chaut. C’est une oléagineuse prolifique qui rend dix fois plus d’huile par hectare que le soja, 4 fois plus que  l’arachide et deux fois plus que le coco. Je parle de sa faculté à ne pas rancir, à supporter les hautes températures par exemple quand on souhaite frire des acarajés, plat élémentaire de la cuisine bahianaise, ou pour faire une moqueca de poissons ou  une mariscada, un caruru, un vatapa, un bobo, un xinxim. Eita tempero gostoso ! C’est elle qui donne cette teinte jaune orangée aux plats. C’est un élément de partage avec les orixas, les divinités du panthéon du candomblé.

Enfin l’un des avantages de cette huile, la première en fait pour les industriels, c’est la moins chère. Elle concurrence par son prix c’est évident l’huile produite par les producteurs européens de colza et de tournesol. Certes le cahier des charges est différent, tant au niveau réglementaire, social et environnemental, certes, certes, certes, mais alors pourquoi ne boycottent-ils pas aussi le café, le sucre de canne, le lait de coco, le riz thaïlandais, le thé, le piment, la banane, le cacaoyer, le pétrole, le gas, etc. tous autant qu’ils le sont aussi ravageurs pour l’environnement que le pauvre dendezeiro qui n’en demandait pas tant. Ils ne les boycottent pas tout simplement car ils n’ont pas la possibilité d’avoir une production locale suffisante pour couvrir le besoin du marché, cela ne menace pas leur marché.

Le traitement est pire que la maladie soulignent certaines ONG environnementales démontrant que le diesel fossile est moins émetteur de gaz à effet de serre que les biodiesels plus respectueux l’environnement qui sont censés le remplacer à plus ou moins long terme comme le soja, l’huile de palme, le colza (rapeseed)

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Cette étude est nettement défavorable à l’huile de palme qui polluerait trois fois plus que l’énergie fossile. Pour les partisans de l’huile de palme comme par exemple ici, Christine et les Huiles Essentielles

Cette huile de palme authentique a été produite au Ghana par une coopérative de femmes où la conversion / destruction de la forêt n’est pas une pratique utilisée. Ces femmes font ainsi vivre leur famille. L’huile de palme du Ghana est utilisée dans les plats traditionnels depuis des siècles et fait partie du régime alimentaire africain.

l’huile a une teneur en acides insaturés plus élevée que les huiles de palmiste ou de noix de coco.

Elle est uniquement riche en pro-vitamine A, en vitamine E et en lycopène, qui sont de puissants anti-oxydants.

  • C’est une bonne source naturelle de nutriments vitaux Oméga 3 et 6.
  • Elle n’a pas d’acides gras trans, n’est pas hydrogénée et ne contient pas de colorants artificiels ni de conservateurs. C’est un anti-oxydant
  • Elle contient 10 à 15 fois plus de carotène que la carotte

Utilisation cosmétique :

savons

crèmes peau sèches, fragiles, en détresse

soins soleil ou après soleil

cheveux secs, frisés crépus : en masque ou dans les cakes shampoings

L’huile de palme colore la mousse mais pas la peau dans les produits rincés

Elle donne une jolie couleur ensoleillée dans les crèmes et les baumes

inci: Elaeis guineensis oil.

pot verre  de 100ml

Lot : huilpalmghana n°

 

Le palmier à huile qu’on appelle dendezeiro au Brésil est la cible des producteurs d’oléoprotéagineux français. La plus grosse entreprise de biocarburants en France est leader européen dans ce domaine et s’appelle Avril. Le biodiesel qu’elle produit est disponible à la pompe sous le nom de bioester.

 

Bon je veux bien qu’on parle de biocarburants quoique le mot est un peu ambigu on devrait parler plutôt de agrocarburants car qu’ils soient à base de colza, de tournesol ou de soja ou de canne à sucre ils monopolisent des surfaces cultivées qui si le biocarburant n’existait pas serait utilisé pour l’alimentation humaine. Et même Avril qui est le premier en ligne de mire par la volonté de Total d’implanter sa bioraffinerie à Mède dans les Bouches du Rhône est dans le capital d’une société qui  travaille sur  l’huile e palme et il lui arrive e mettre jusquà 10 pour cent d’huile de palme  dans son bioester. Donc on voit bien que c’est une affaire de gros sous. Chacun voit midi à sa fenêtre. Et moi de la mienne !

Moi en tout cas je dis avec  Nilze Carvalho ou Zeca Pagodinho: bota dendê no meu caruru ! Et honni soit qui mal y pense !

Une nuit zébrée pas ordinaire à l’abbaye

A deux pas de chez moi il y a une abbaye.  L’abbaye aux Dames.    Sûrement            il y avait autrefois des abbesses et des moniales. Ca me fait penser alors que ça n’a rien  à voir avec :

Lari zabim té ni on vyé madanm

vyé madanm la té ni on kaz an pay

dèyè kazla té ni on pyè piman,

chalé a piman la tchouyè vyé madanm la chè.

La la la la la la la la  la la la la la

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eh bien non vous resterez sur votre faim? c’est de musique éclectique, électronique française que je vais vous parler en ce dimanche 10 juin de l’an de grâce 2018.

Je n’en écoute pratiquement jamais. Non ce n’est pas vraiment ma culture. J’aime bien Nougaro, jonasz, car ils sonnent jazz, j’ai bien aimé Johnny quand j’étais petit, mais voilà j’ia grandi. J’ai vieilli. Mais il faut toujours être ouvert. C’est ce que j’ai fait puisque je me suis présentée aux Nuits Zébrées qu’organisait Radio nova en face e l’Abbaye. éja je ois avouer que sans ma jeune soeur de 50 ans je n’y serai surement pas allé car je n’avais pas vu sur Saintes en juin que cet évènement était prévu. Quand elle m’a dit que c’était Radio Nova qui organisait j’ai dit oui tout de suite. Autrefois j’écoutais                  Radio Nova le soir  ou en voiture quand je roulais  en fin e soirée. je voyageais. elle avait des invitations. comment refuser. Etrange ! Le spectacle est gratuit mais il faut demander des invitations. Bref ! Passons.  Ma petite soeur, consciente de son statut de plus jeunz du groupe, me fait un bref briefing et me dit : Némir , tu vas voir ! tout le monde est là pour Némir. C’est the coqueluche. Moi qui suis à moitié sourd j’ai compris Emir.    Ca commençait mal. Tout le mone est là pour Danette, ça je comprends, mais pour Némir que je ne connaissais ni d’Adam ni d’Eve ? J’étais dubitatif mais n’en laissait rien paraître. Les neuf dixièmes de l’assistance était composée de jeunz. Et puis quelques grognards et grognardes étaient là aussi avec petit-fils ou petite fille ou petite amie pour les recomposés. Bon j’appelle grognard tout ce qui a une ombre et plus de 50 ans. J’en fais partie. J’arrive tôt, je repars tôt, c’est ainsi que l’on voit le vrai grognard. Surtout quand il n’y a pas de chaise ou de fauteuil. ans notre groupe il y avait trois de mes frères et soeurs grognards pas encore assumés comme moi, mais grognards quand même, une jeune princesse de 10 ans, et ma chère et tendre grognarde qui je le savais allait sonner l’heure e la retraite sur le coup de dix heures.

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Bon avant Némir, en vedette américaine c’était Angèle. Elle bougeait bien. ces textes me semblaient intéressants mais dans l’ambiance je n’avais pas envie de l’écouter une demi heure mais il fallut l’avaler pendant une heure. J’ai bien aimé sa chanson Je veux tes yeux

Je veux  tes yeux seulement en photos je veux les deux, je veux les deux  sans sentir  ta peau

Et réellement ce Némir c’est un phénomène ! C’est de la balle ! J’ai rajeuni d’un coup ! je suis sorti de l’endroit où étaient mes collègues de régiment du quatrième bataillon de grognards à  soixante-douze mètres trente-sept réglementaires de la scène , deux mètre 37 juste comme un Fosbury flop derrière la sono, j’ai pris mon courage à deux mains et, armé de mon portable comme d’un écu, je me suis enfoncé dans la jungle des jeunz pour pouvoir filmer l’éclectique tribu.

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A un certain moment ils se sautaient dessus, s’entrechoquaient, s’affrontaient, clan contre clan, certes de façon ludique sans agressivité aucune, mais moi qui était à deux mètres je trouvais ça un peu chaud, quand même ! Imaginez que ça dégénère et que je me retrouve au commissariat complice  de sautillements grotesques qui seraient venant d’un senior qualifiées bien évidemment de sautillements lubriques… J’ai bien compris que c’était une danse un peu punk, j’en avais vu dans les années 80 lors ‘une fête à la fac Paris Vincennes à Saint Denis, et instinctivement j’ai fait un pas en arrière tout en continuant à filmer. eh faut pas pousser pèpère dans les sorties, là. Une fois ma tâche achevée je me mettais dans la queue immense qui s’était formée au milieu du show alors que le pote de Rémir entamait une chanson en solo style crooner pendant que Rémir qui n’avait pas arrêté de sauter comme un beau diable depuis le début de son spectacle devait se ressourcer ‘un petit verre ou d’un petit (joint) en ce 10 juin. L’appel du dit joint. Je suis mauvaise langue mais j’ai vraiment pensé ça ! Je faisais la queue pour acheter de l’eau Perrier pour moi et une petite bière pour madame.. la queue s’éternisait. Derrière moi j’entendais deux nanas se plaindre qu’il y avait trop de monde.     l’autre a répondu. ouais c’est à cause des petits vieux. quand ils seront partis on respirera mieux ! Pas gentil ça, les gonzesses, plutôt, les zèsgons, les meufs-la, pas gentil u tout du tout , Radio Nova, je connaissais avant que vous soyez nées, là, bande de serpents à lunettes qui louchent, un peu de respect pour les cheveux d’albâtre ! Tout à coup on a affiché plus de bière, du coup j’ai abandonné mon idée de boire du Perrier. Puis Némir est entré sur scène ! bien sûr je n’ai pas sautillé, sautillé comme il nous le demandait,  je ne me suis pas accroupi comme tous les jeunz (enfin tous je simplifie un peu)

Un super bon feeling. ca balançait pas mal à Saintes. sur un fond jazzy monsieur Némir et l’autre dont je ne sais pas le nom mais qui essayait de donner du répondant à nemir sans jamais pouvoir arriver au lacet de sa chaussure.

Je ne sais pa spourquoi à un moment j’ai pensé à Steely Dan

Puis je ne sais pas pourquoi je me suis souvenu que j’ai aimé en plus des quelques-uns que j’ai cités en préambule Bashung, Brel, Brassens, Dutronc, Trénet, Gainsbourg, Charlélie Couture, Louis Chédid, Rita Mitsuko,  Soeur Sourire et même les Compagnons de la Chanson, Antoine, claude François, Higelin, Michel Delpech, Véronique Samson, Marcel Amont, Pierre Perret, Guy Béart, bourvil, Mireille Mathieu,   les frères Jacques, Henri Salvador  ça fait quand m^me beaucoup pour quelqu’un qui disait qu’il n’aimait pas la chanson française. Disons que j’aime la chanson française éclectique de qualité !

Il parait qu’Angèle et Némir sont de la scène bruxelloise. Vive la Belgique ! ce n’est pas du funk, ce n’est pas e la salsa, ni de la samba, du rap, c’est de la musique éclectique comme j’aime.

Si c’était autrefois j’aurais donné libre cours comme il faut à ma fièvre du vendredi soir. Mais maintenant que je suis GI j’ai préféré enregistrer le spectacle pour pouvoir vous en faire partager quelques éclairs comme celui-ci :

 

A dix heures tapantes nous rentrions au bercail. Heureux. Par la fenêtre les sons nous parvenaient diffus  mais j’en fis vite abstraction pour n’avoir ensuite aucun regret.

Antigua Carnaval : each endeavouring all achieving

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Je viens d’apprendre que du 27 juillet au 7 août se déroulera le carnaval d’Antigua. 13 jours de délire qui culminent le 13eme jour par la Grande Parade où les rues de Saint John’s  se remplissent de carnavaliers revêtus de leurs plus beaux, atours, costumes et déguisements.

De la Guadeloupe ce sera facile d’y aller. Jeans For Freedom organisera des navettes entre Basse-Terre et Saint-john’s les 27 juillet, 1er août et vous pourrez rentrer le 8 août. J’aurais adoré participer à ce carnaval estival (summer carnival). Je ne savais pas jusqu’à avant-hier qu’il y avait un carnaval en août à Antigua. Je flânais un peu pour découvrir quoi faire à Antigua puisque je programme de m’y rendre prochainement pour rencontrer les membres des Baltimore et descendants de Baltimore d’Antigua qui se réunissent à Willikies du 5 août au 12 août 2018. Certains viendront des USA, d’autres des Iles vierges US (USVI), d’autres des Iles vierges UK (UKVI), de Puerto Rico, de Dominique, de saint Kitts and Nevis, bref de la caraïbsphère toute entière élargie. Mais il y a une grande quantité de Baltimore sur Antigua spécialement dans les paroisses de Willikies et Alberta. La famille c’est un carnaval d’un autre type.

J’ai été invité à participer à la Réunion de famille. Mais je crains que je ne puisse être au rendez-vous. Mon départ était prévu pour le 16 octobre car je n’avais pas envisagé cette réunion. Les réservations sont faites depuis février, tout est bouclé, billets, maison via Airbnb pour un mois à Deshaies.  Tant pis pour le carnaval mais c’est tellement dommage pour la réunion de famille. Depuis le temps que je rêve d’en organiser une en Guadeloupe et voilà que ce sont les Baltimore ‘Antigua qui en organisent une. Je sais que les Baltimores des USA en organisent tout le temps à travers les USA mais les Baltimore et descendants me semblent un peu fébriles. Je suis un peu déçu parfois du peu d’entrain qu’ils montrent à se retrouver.

Faire une réunion de famille c’est toute une organisation. il faut prévoir la logistique, les victuailles, les activités. Il faut un comité organisateur. il faut économiser aussi ! C’est du boulot, beaucoup de boulot pour beaucoup de souvenirs. Je peux comprendre que ceux qui sont encore de plein pied dans la vie active traînent encore des pieds mais ceux qui sont à la retraite, les aînés comme on les appelle gentiment, les granmoun, ceux dont je m’apprête à faire partie dans moins de deux mois doivent trouver en eux les ressources nécessaires pour chapeauter cette organisation. Ils en ont selon moi l’obligation morale, celle de resserrer les liens du clan, intégrer les timoun. Car nous sommes un clan, qu’on le veuille ou non ! Je sais que pour beaucoup leur famille c’est la famille nucléaire. Moi, mon mari ou ma femme et mes enfants, le noyau dur. La cellule. La famille cellulaire. La famille nucléaire. La famille atomique. Appelez-la comme vous voulez. Mais un atome aussi indivisible qu’on le dit être n’est rien sans d’autres atomes avec lesquels il va constituer une sorte de maillage électronique d’électrons de neutrons de protons qu’on appelle le clan, la tribu. Certes beaucoup de tribus se sont atomisées et de plus en plus d’atomes ont oublié qu’ils faisaient part d’un ensemble encore plus grand qu’eux et les cellules et noyau qui les constituent. En Guadeloupe comme à Antigua comme partout dans le monde nous avons des gens qui nous ont précédé, appelez les ancêtres, appelez -les prédécesseurs, appelez-les même en anglais forebears : qui que nous soyons quoi que nous fassions ils font partie de nos atomes indivisibles.

Bon, je ne vais pas vous faire de la morale bon marché de petits vieux qui ne savent pas quoi faire de leur temps et qui rabâchent sans cesse la même rengaine. Chacun fait fait c’qu’il lui plaît plaît plaît comme chantait l’autre Chagrin d’Amour en 1982 :

Seul sur mon lit dans mes draps bleus froissés, c’est l’insomnie je suis tout seul tout seul tout seul

Bref Each Endeavouring All Achieving comme le dit si bien le blason (on dit coat of arms en anglais)  d’ Antigua et Barbuda. Allez revenons à nos moutons et aux vagues de l’océan qui moutonnent au large d’Antigua.

89€ l’aller-retour en bateau low cost. Plus une taxe d’entrée sur le territoire de 28 Dollars. Si on veut on peut rester deux semaines. Quand j’ai vu les prix je suis devenu fou.

Le Samedi 8 Décembre 2018 pour le Shopping de Noel à Heritage Quay, le quartier détaxé de Saint-John’s, la promotion se répète. J’y serai inch Allah. Sauf que je ne voudrais pas rester juste une journée . Je veux passer au moins une semaine, voire plus pour rencontrer les Baltimore d’Antigua et faire du tourisme, sans toutefois oublier de fouler ne serait-ce qu’une seule des 365 plages. 

 

Départ de Basse-Terre à 6H00 pour une arrivée prévue à Saint-John’s à 9H00.

Retour de Saint-John’s à 17H00 pour une arrivée prévue à Basse-Terre à 20H00.

Voici la programmation de ce qui est intéressant à faire selon Jeans for Freedom :

« Découverte de Saint-John’s et Shopping dans les petites échoppes ou le quartier détaxé de « Heritage Quay ».

Découverte d’English Harbour, le témoignage du passé colonial d’Antigua. Riche en histoire, cette magnifique région restaurée a été inscrite au Patrimoine Mondial de l’Humanité et fait partie des sites incontournables de l’Ile. Nelson’s Dockyard, le Fort Berkeley, les Shirley Heights ou encore Fort George, des lieux d’histoire et de culture à découvrir.

Baignade, snorkeling, plongée avec les raies manta ou encore kayak, un large éventail d’activités s’offre à vous. Pour les sportifs, les VTT sont acceptés dans la limite des places disponibles.

 

 

Recette du jour : Haricots noirs, céréales et gombo

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Haricots noirs en sauce, méli-mélo de céréales (semoule de blé dur complète, semoule de blé dur blanche, blé, flocons de soja, orge, avoine, seigle, riz ) (disons que c’est un couscous amélioré) et gombo à la ratatouille. C’était mon plat du jour. Pour fêter mes 91 kilos, sommet atteint hier. Je sais à chacun son Anapurna ! Atteint le mot est faible, gravi à la force du poignet mais surtout à l’abstinence de l’oeil et de la langue. Il suffit de mettre ces deux-là au repos et on maigrit sans y penser. Je pèse 91 kilos chez le médecin et 94 sur ma balance. Désormais je vais retirer 3 kilos de ce que me dit ma balance.

Alors les haricots noirs c’est simple, on les met à tremper toute une nuit avec des feuilles de laurier et es clous e girofle. Puis au petit matin dans une cocotte minute on met les haricots à cuire avec tout juste de l’oignon et de l’ail. Dès que la cocotte commence à chanter compter dix minutes, pas plus de cuisson. Ensuite retirer du feu  et séparer les haricots de leur jus que vous allez conserver. Dans une cocotte faites revenir dans l’huile d’olive les oignons ciselés, l’ail et le poivron, puis ajoutez la tomate et la sauce tomate, sans oublier les fines herbes et le coriandre vert, poivrez et salez (moi je ne sale pas).  C’est alors que vous ajoutez les haricots et que vous faites revenir tout ça à feu doux. Ensuite rajouter l’eau de cuisson des haricots que vous aviez réservée. Et faites mijoter tranquillement. Si vous avez du giromon  n’hésitez pas à en mettre un morceau.

Pendant que les haricots mijotent prenez 200 grammes (pour 4 personnes) de méli-mélo de céréales  (aujourd’hui j’ai utilisé le Délice de Céréales de La Vie Claire mais je pourrais faire mon propre mélange avec ce que j’ai sous la main et j’ai toujours sous la main du couscous complet et de l’avoine complète, les deux bios, tant qu’à faire). J’ai toujours aussi du riz noir mais aujourd’hui je n’en ai pas mis car le riz noir prend du temps à cuire.

La c’est vraiment enfantin. A raison de  50 grammes de céréales par personne il faut compter 200 grammes pour 4 personnes de ce mélange. Vous faites bouillir 25 cl de ‘eau que vous pouvez saler (moi je ne sale pas) et y ajouter soit du beurre soit de l’huile ‘olive. je préfère mettre l’huile d’olive dans l’eau.  On peut aussi épicer cette eau avec des épices pour changer les saveurs.. Dès que l’eau a bouilli vous la renversez sur les céréales. Vous couvrez et vous laissez infuser 10 minutes. Ensuite il suffit d’égrener le tout avec la fourchette, rajouter au besoin du beurre ou remettre au feu ou au micro-ondes si vous préférez chaud. Moi je préfère froid car je sais que ça va accompagner mes haricots en crème.

En même temps, eh oui je sais, vous n’avez pas trois mains, ni trois cervelles mais essayez, vous verrez, on y arrive. En fait vous avez eu le temps de le faire pendant que les haricots cuisaient. Vous n’êtes pas resté à fredonner des  comptines à la cocotte quand même ! Vous leur avez plutôt chanté :

voici la recette de l’omelette.

Ou alors vous avez préféré revenir à la mode des années 30.

Pour faire un tournedos il me faut un do

Pour faire du vermicelle il m’ faut un violoncelle

Sans tout cela je rate tous mes plats

Pour faire un bon festin il m’faut des musiciens

Sans tout cela je rate tous mes plats

Non c’est pas votre genre. Vous c’est l’opéra ? Qu’à cela ne tienne ! Chantez mezzo voce  à vos haricots: ils vous le rendront au centuple, pour peu toutefois que vous chantiez juste.

Chantez à vos haricots noirs la recette du tournedos Rossini sur l’air de l’ouverture du Barbier de Séville, de Gioacchino Antonio Rossini (1792-1868) dont voici la partition

Prenez :

quatre tournedos

100 grammes de foie gras

un verre de Madère

et des truffes

C’est la recette du tournedos Rossini.

On taille dans un foie gras de belles escalopes

on fait mariner une ou deux heures en assaisonnant

et sans oublier le Madère et les truffes.

quatre tournedos

100 grammes de foie gras

un verre de Madère

et des truffes

            50 grammes de truffes au minimum

Faire mariner une ou deux heures

avec des truffes coupées en lames.

Faire sauter les tournedos, oui les tournedos,

Faire sauter les tournedos, faire sauter les tournedos.

Puis les dresser sur croûtons frits

Puis déglacer le plat

avec le Madère ayant servi à macérer le foie gras.

On y ajoute un peu de sauce demi-glace

Oui, avec les truffes.

Faire mijoter quatre minutes

Dresser sur chaque tournedos l’escalope de foie gras

Préalablement farinée et qu’on a fait sauter au beurre

Et arroser avec la sauce que l’on a bien beurrée hors du feu.

C’est le tournedos Rossini !

Et pendant que vous chantez votre partition n’oubliez pas de couper vos gombos en fines lames et de les mettre à frémir avec une cuillère à soupe d’huile d’olive, et les épices et aromates et légumes habituels systématiques que sont la sauce tomate, la tomate, l’ail , l’oignon, le basilic et le coriandre vert, les poivrons, la courgette et l’aubergine, un piment végétarien et une cuillère à soupe de vinaigre balsamique. Vous pouvez aussi ajouter des champignons, j’adore.

Ensuite il suffit de dresser votre plat . Tout d’abord les haricots. Puis au centre les céréales et au centre des céréales les gombos à la ratatouille. Et si les haricots se mettent à danser la biguine sur votre fourchette entre langue et luette c’est signe, chef, que vous êtes bien toqué et que vous pouvez déguster et fredonner en même temps avec les Barbus l’ouverture du Barbier de Séville.

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Vous voulez en savoir plus sur les relations qui existent entre musique et bouffe allez ici

The First Wealth is Health

Soul Power !Clap your hands and stomp your feet ! the First Wealth is Health. Ralph Waldo Emerson, wrote it ! The First Wealth is Health ! It’s the new thing in town ! Health ! Health ! Good god ! Let’s celebrate with Gwen McCrae and Keep the Fire Burning

The first wealth is health. Je viens d’apprendre que je souffre, imaginez de quoi ! La goutte ! La goutte aux Antilles c’est l’alcool ! Ou ké byen pran onti lagout, man !? Mais je ne suis pas alcoolique alors  comment puis-je souffrir de la goutte ? J’ai trop de purines dans le sang , j’ai l’acide urique qui s’emmagasine au niveau des articulations et plus spécialement au niveau du gros orteil du pied droit et alors bonjour les dégâts. La marche devient difficile tout à coup quand l’attaque de goutte me prend. J’en ai pour deux trois jours au moins à devenir boiteux. Il paraît que cela à voir avec mon alimentation. Il faudrait que je supprime toute viande et tout fruit de mer et poisson, ainsi que les raisins secs. Et bien sûr l’alcool, surtout la bière et le rhum. un verre de vin de temps à autre pourquoi pas. Ne manger que des produits complets (pâtes, pain, riz,), des haricots, des lentilles, des céréales, des produits laitiers en surveillant le taux de sel et de matières grasses. Vous avez compris : après presque deux ans de régime au trois-quarts pescétarien je vais devenir végétarien : lacto-ovo- végétarien. J’ai droit aux oeufs. Je m’y préparais déjà depuis longtemps mais j’attendais avant de franchir  le pas. Mais le rideau est tombé aujourd’hui. No meat, no fish, no seafood !

Peut être que dans un an je passerai au niveau supérieur et que je deviendrai vegan. On verra bien. Je deviendrai peut-être même un jour un vegan du cinquième niveau comme diraient les Simpsons : je ne mangerai plus rien qui projette une ombre.

“I’m a level 5 vegan—I don’t eat anything that casts a shadow.” –The Simpsons

Je plaisante. En fait je crois bien que je ne serai jamais intégriste. Je serai un vegan, parfois chegan (cheating vegan , le vegan qui triche), parfois macrobiotique. Un peu comme Lisa Simpson. Je mangerai cru. Je jeûnerai. Je serai un level 5 vegan à la mode bon-vivant. Bye bye Lasilix hello Allopurinol ! Adieu veau, vache, cochon, couvée ! Bonjour goutte ! Et merci ! J’étais insuffisant me voilà devenu aussi goutteux ! J’aurais préféré rester goûteux ! Avec un seul T et un accent circonflexe mais rien ne sert de pleurer sur le passé renversé: je suis désormais un G.I. un goutteux insuffisant ! Un jour j’écrirai peut-être Mémoires d’un G.I. où ma guerre contre la goutte et l’insuffisance. Mais je garde le moral car aujourd’hui je me suis pesé à l’hôpital et je pèse 91 kilos. Goutte, arthrite, que de nouveaux mots,  que nouveaux maux qui autrefois ne s’appliquaient qu’aux autres. C’était comme le choléra, la gale, le scorbut, la lèpre. Et maintenant c’est moi qui suis attaqué par la maladie des bons vivants, des jouisseurs et des impénitents. Que saint Podagre me pardonne mais mon gros orteil, ce goutteux mais néanmoins invétéré épicurien, ne cesse de chanter ! I’ve got ants in my pants and I need to dance

 

Ow, hey
Tell me what you’re
Gonna do about that
Tell me what you’re gonna do
I got to know about that
Is your love for real?
Do you know how I feel?
Tell me what you’re
Gonna do about that
I got ants in my pants
And I need to dance
Come on
I got ants in my pants
And I need to dance
Some big fine mama
Come and give me a chance
Hey, hey, hey
I got ants in my pants
And I need to dance
Some big fine looker
Gonna make me prance
Come on, hey, hey
You need someone to love you
I’m the one
I’m a good fine loving
Son of a gun
Come on, hey
Do ya, do ya?
I love you; yes, I do
With all my heart and soul
I need you; yes, I do
Don’t let my love grow cold
Squeeze me tight
Hold me right
Make me know you’re mine
Do you need all my love?
Yes, it’s always fine
I want you; yes, I do
With all my heart and soul
I need you; yes, I do
Don’t let my love grow cold
Ah, good God
I said it’s good now
I said, baby, it’s good now
Come on, bring me up
Lift me up on the other side
I said you got to lift me up
On the other side
You got to lift me
I said, ah, on the other
You got to lift me up
Good God, come on
Bring your, bring your
Bring your, ah
Good God
You got to lift me up
On the other side
You, you, you, you, you
I got ants in my pants
And I need to dance
Hey, hey, hey
I feel it
You know that I feel it
You know that I feel it
I got ants in my pants
And I need to dance
Some big fine mama
Come and give me a chance
Hey, hey, hey
You need someone to love you
I’m the one
I’m a good hard fighting
Loving son of a gun

Deus é Mãe !

Deus se todavia existe é Mãe !Quem pare é mulher, por isso se Deus é Mulher Deus é Mãe !

Elza Soares sabe disso, grande guerreira ! Deus ha de ser : 39’44″ »

Deus é mãe
E todas as ciências femininas
A poesia, as rimas
Querem o seu colo de madona
A poesia, as rimas
Querem o seu colo de madona
Pegar carona nesse seu calor divino
Transforma qualquer homem em menino
Ser pedra bruta nesse seu colar de braços
Amacia a dureza dos fatos
Deus é mãe
E todas as ciências femininas
A poesia, as rimas
Querem o seu colo de madona
A poesia, as rimas
Querem o seu colo de madona
Pegar carona nesse seu calor divino
Transforma qualquer homem em menino
Ser pedra bruta nesse seu colar de braços
Amacia a dureza dos fatos
Deus é mulher
Deus há de ser
Deus há de entender
Deus há de querer
Que tudo vá para melhor
Se for mulher, Deus há de ser
Deus há de ser fêmea
Deus há de ser fina
Deus há
Deus é mãe.

 

Dans la chanson de nos pères

Dans la chanson de nos pères
 
Monsieur de Malborough est mort
Si c’était un pauvre hère
On n’en dirait rien  encore
Mais la dame à sa fenêtre
Pleurant sur son triste sort
Dans mille ans, deux mille peut-être
Se désolera encore
 
File la laine, file les jours,
Garde ma peine et mon amour
Livre d’images des rêves lourds
Ouvre la page à l’éternel retour
 
 
Hennins aux rubans de soie
Chansons bleues des troubadours
Regrets des festins de joie
Ou fleurs du joli tambour
Dans la grande cheminée
S’éteint le feu du bonheur
Car la dame abandonnée
Ne retrouvera son coeur
 
File la laine, file les jours,
Garde ma peine et mon amour
Livre d’images des rêves lourds
Ouvre la page à l’éternel retour
 
Croisés des grandes batailles
Sachez vos lances manier
Ajustez  cottes de mailles
Armures et boucliers
Si l’ennemi vous assaille
Gardez-vous de trépasser
Car derrière vos murailles
On attend sans se lasser
 
File la laine, file les jours,
Garde ma peine et mon amour
Livre d’images des rêves lourds
Ouvre la page à l’éternel retour
 
Hier comme ça sans crier gare cette chanson File la laine  s’est rappelé tout à coup à moi. Elle aurait pu me prévenir et faire retentir d’abord l’appel Scout.
Sont-ils là les éclaireurs, sont-ils là ?
Auquel j’aurais répondu : Ils sont là les éclaireurs ils sont là
Je la chantais au début des années 60 en colonie au chateau d’Hoche ou chez les Eclaireurs ou Louveteaux, je ne sais plus. Je pensais que c’était une chanson médiévale. En fait elle a été écrite en 1948 par Robert Marcy et popularisée par Jacques Douai. Un peu tristounette tout de même. eh oui j’ai été Scout, j’ai été Louveteau. J’ai fait partie de la meute. Je ne me souviens plus très bien de grand-chose. C’était aux temps fort lointains de ma chrétienté. Je croyais probablement dur comme du fer à Dieu, et à la Sainte  Trinité et à la communauté de tous les Saints. Et j’attendais l’hostie comme un dévorant. J’avais fait la promesse  d’aimer Dieu sans cesse, de plus en plus.
A cette époque-là, entre 8 et 11 ans j’étais louveteau, wolf cub en anglais, puis entre 2 à 17 ans éclaireur. J’ai dû abandonner le scoutisme bien avant mes 17 ans. Maintenant que je suis un vieux-loup c’est à moi de transmettre mon acquis aux jeunes louveteaux. J’ai baigné dans l’imaginaire du Livre des Louveteaux de B.P. (Baden-Powell) calqué sur Le Livre de la Jungle, de Rudyard Kipling. Je suis resté fidèle à ma promesse  comme le voulait la devise de Robert Baden-Powell (1857-1941), fondateur du mouvement Scout. J’ai fait de mon mieux ! J’étais toujours prêt. BE Prepared ! n’avait-il pas dit.   Préparé, fin prêt pour la meute, prêt pour la troupe, prêt pour le clan ! Un petit homme d’armes rêvant de devenir un jour chevalier errant, défenseur de la veuve de l’orphelin, des opprimés. Toujours prêt à faire une bonne action. J’étais prêt. Je suis prêt. J’étais un éclaireur. Je suis toujours et encore un éclaireur. Et ma poignée de main je la donne parfois encore de  la main gauche. Et je sais encore faire le salut du scout de la main droite, trois doigts tendus, le pouce se repliant sur l’auriculaire, comme pour le protéger, comme les plus forts protègent les plus petits.
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 « Cela signifie que vous devez avoir l’esprit et le corps toujours en état de faire votre devoir. Prêts pour ce qui est de l’esprit : parce que vous vous serez donné à vous-même la discipline qui permet d’obéir à n’importe quel ordre, et aussi parce que vous aurez d’avance pensé à tous les accidents et à toutes les situations qui peuvent se présenter; ainsi vous saurez au moment voulu ce qu’il y a à faire et vous serez disposés à le faire. Prêts, pour ce qui est du corps, parce que vous vous serez rendu forts, actifs, capable de faire au bon moment l’action qu’il faut faire et que vous la ferez. »

Baden-Powell

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 D’ailleurs l’uniforme de Scout d’antan n’est pas très loin de ce que je porte au quotidien. Je ne porte plus de foulard et je n’aime pas trop les chaussettes, et en particulier les mi-bas blancs, depuis  il y a belle lurette mais j’aime encore les bérets basques et les chapeaux. Je ne sors pas sous le soleil sans mon Stetson. Un short souvent dans des couleurs tirant sur le bleu, le gris ou le vert kaki. Une chemise qui elle n’est pas règlementaire car j’aime les chemises indiennes et les débardeurs. Mais quand il le faut je porte facilement une chemise à manches courtes toujours avec poches. il me faut le côté pratique. J’aime aussi les gilets de pêcheurs et les pantalons de chasseurs. Je dois être toujours prêt. Autrefois j’avais toujours un canif sur moi. Au cas où ! Pas pour blesser mon prochain, ah ça non, pour être prêt à toute situation. Avec décapsuleur, tire-bouchons, ouvre-boite. J’ai toujours adoré les couteaux suisses. Les Opinel , les Laguiole et autres articles de coutellerie. Mais la dernière fois que j’ai été en Suisse en 2010 je n’en ai pas acheté. J’en avais acheté un vers 1998 pour l’offrir à mon beau père d’alors au Brésil. Mais il m’a fait comprendre que détenir un couteau c’était se mettre en situation de tuer quelqu’un  sans le vouloir. Il a refusé de recevoir ce couteau à huit lames que je lui offrais. Cela m’a fait réfléchir. Etre scout c’est bien mais dans le monde brutal où nous vivons il vaut mieux s’abstenir parfois de trop tenter  le diable.
J’aime les couteaux sur mesure, les couteaux personnalisables. Comme ceux de Deejo, la taille de la lame, le manche, les gravures. Ce sont de très beaux outils, des couteaux de poche aux motifs tatoués (années folles, maori, tribal, latino) au laser sur l’acier qui étaient passés de mode. Je me le réapproprie pour m’en servir au quotidien dans ma cuisine. On n’a pas le droit d’avoir une lame sur soi, ni port ni transport. Sauf si on a un motif légitime. Au cas où, se défendre n’est pas un motif légitime.

Avis de recherche : mes dix degrés de mémoires éparses

J’ai la mémoire qui flanche, je m’ souviens plus très bien
Comme il était très musicien, il jouait beaucoup des mains
Tout entre nous a commencé par un très long baiser
Sur la veine bleutée du poignet, un long baiser sans fin
J’ai la mémoire qui flanche, je m’ souviens plus très bien
Quel pouvait être son prénom et quel était son nom
Il s’appelait, je l’appelais, comment l’appelait-on?
Pourtant c’est fou ce que j’aimais l’appeler par son nom
J’ai la mémoire qui flanche, je m’ souviens plus très bien
De quelle couleur étaient ses yeux, j’ crois pas qu’ils étaient bleus
Étaient-ils verts, étaient-ils gris étaient-ils vertdigris?
Ou changeaient-ils tout le temps d’ couleur, pour un non, pour un oui?
J’ai la mémoire qui flanche, je me souviens plus très bien
Habitait-il ce vieil hôtel bourré de musiciens
Pendant qu’il me, pendant que je, pendant qu’on f’sait la fête
Tous ces saxos, ces clarinettes qui me tournaient la tête
J’ai la mémoire qui flanche, je me souviens plus très bien
Lequel de nous deux s’est lassé de l’autre le premier
Était-ce moi, était-ce lui, était-ce donc moi ou lui?
Tout ce que je sais, c’est que depuis, je n’ sais plus qui je suis
J’ai la mémoire qui flanche, j’ me souviens plus très bien
Voilà qu’après toutes ces nuits blanches, il ne reste plus rien
Rien qu’un p’tit air, qu’il sifflotait chaque jour en se rasant
Pa dou di dou da di dou di
Pa dou di dou da di dou
Pa dou di dou da di dou
Pa dou di dou da dou da
Pa dou da dou da di dou
Pa dou da di dou di
Il faut attendre quelle soit fraîche et dispose et de bonne humeur. Alors toute mémoire a pour vocation de revenir paître dans les verts pâturages et retrouver le fil de sa bobine magique. On tire un fil, si fin, si délicat qu’on a du mal à le tenir entre les doigts puis un autre suit jusqu’à ce que tout l’écheveau soit vidé. Parfois le fil se coince. Parfois on essaie de l’enfiler par le trou minuscule de l’aiguille du souvenir mais soit par maladresse soit par délicatesse celle-ci se dérobe et vous glisse d’entre les  mains telle une anguille visqueuse. La mémoire c’est aussi comme du gibier qu’on essaie de débusquer. Milles petits indices semés dans l’air, sur terre ou mer signalent sa présence à la meute de chiens dans notre cerveau qui ont la charge de déloger, décoincer par d’habiles questions ou reformulations sa trace.
On se fait parfois des idées en pensant qu’avec les réseaux sociaux les distances sont raccourcies. Moi même par exemple je suis présent sur facebook avec 3 pseudonymes et aucun avec mon vrai nom. Je me suis résolu à le faire parce que j’ai constaté à un certain moment que beaucoup de mes amis de tout âge le faisaient. Par souci de confidentialité, de pudeur peut-être. J’ai trois ou quatre identités sur google donc sur gmail, une sur yahoo. Je m’y perds parfois avec les codes, les mots de passe, les identifiants. Car il faut que j’aie aussi des codes pour mes banques, ma sécu, mes factures de téléphone, électricité. Certes j’automatise. Mon fils Lucas m’a fourni un logiciel il y a de cela deux ans qui me permet de retrouver tous mes codes. Ca s’appelle Dashlane. Il est installé sur mon ordi mais je ne m’en sers presque jamais. Je suis bluffé quand je vais sur par exemple généanet ou sur mon site polyglottrotter.com et que pour me connecter  je puisse simplement le faire via facebook ou gmail. Je suis sur Myspace j’ai oublié mon code car je n’y vais plus souvent et hop je donne mon email et on me renvoie un link pour que je puisse me trouver un nouveau code. Je suis sur Twitter, je suis sur Elo ! Comme j’ai la mémoire qui flanche et que je ne veux pas dépendre des réseaux sociaux pour me souvenir j’essaie autant que faire se peut  à intervalles réguliers  de faire le bilan de mes souvenirs, de ma mémoire éparse. Je dis éparse comme j’aurais pu dire n’importe quoi. C’est une mémoire éparpillée, fragmentée que je m’attelle tous les jours à recomposer à partir de bribes et de brindilles de souvenirs. L’autre jour j’ai dû appeler mon frère Jean-claude avec qui j’ai vécu aux Etats-Unis pour qu’il me rappelle certains éléments de notre séjour là-bas pendant 3 ans. J’ai été surpris par la mémoire qu’il a de ces moments, du nom des gens, des endroits. Google n’a pas les moyens de me retrouver tout ça. Il faut passer par l’humain. Mais qui sont les détenteurs de ma mémoire si ce n’est pas moi.
En fait pour la plupart ce sont des femmes qui sont détentrices de ma mémoire intime.
Cela est dû sans doute à la plus grande longévité des femmes, mais pas que ! Je voudrais en distinguer quelques-unes qui ont surnagé. J’en oublie certaines qui sont pour des raisons que je ne m’explique pas toujours clairement devenues des ombres qui planent mais que je n’arrive plus à identifier.
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Tout d’abord la détentrice number one c’est ma mère, Marie-Thérèse, mon seul ascendant au premier degré survivant ayant vécu  la période de 1952 à 1961, c’est à dire mes toutes premières années. Je la sonde toujours à ce sujet. Et je m’étonne qu’à 87 ans elle se souvienne. Certes il faut la solliciter avec insistance pour qu’elle se daigne à révéler en commençant toujours par « je ne sais pas, ça fait tellement longtemps » ou « j’ai oublié ». Mais j’ai l’habitude avec cette informatrice de tout premier niveau.
Le problème c’est qu’elle saute comme un cabri tentant d’attraper juché sur ses pattes de derrière les mangues qui se présentent juteuses d’une période à une autre et que je dois toujours la ramener sur ses quatre pattes dans le droit fil du chemin qui mène à la savane. Nos mémoires individuelles, surtout celles de longue haleine  vieilles comme des cerfs dix cors, adorent se tapir dans leurs halliers (qu’on appelle aux Antilles raziés) faits de ronces et d’épines. C’est là qu’elles construisent leur lit . Je voudrais que ma mère m’emmène dans le fort des  raziés de sa mémoire pour que je puisse reconstituer le chapelet des fumées de ma propre brousse mémorielle. Je suis certainement maladroit dans mes formulations dans mes interrogations mais il faut bien que je la presse car même si elle elle est apparemment solide et bien ancrée dans le présent nul n’est éternel, ni moi ni elle. Je la presse comme un citron vert et je bois toute cette citronnade de mémoire avant qu’elle ne se tarisse définitivement. Quand je vois qu’elle s’épuise soit parce que le sujet du jour l’exaspère ou l’indiffère soit qu’il lui fait revenir à la surface de mauvais ou douloureux souvenirs je fais une pause. Quitte à revenir un mois plus tard à la charge de plus belle. La dernière fois que nous avons abordé le passé j’ai évoqué avec elle son mariage en mai 1952. Elle était déjà enceinte de moi de quatre mois. La fête, le champagne, les plats, le gâteau, les invités, les témoins, les demoiselles d’honneurs, les pages, qui a préparé la fête, le rôle de ses soeurs, des soeurs de mon père, etc. Le rôle de mon grand-père, de ma grand-mère. Une autre fois on a évoqué mon baptême et la fête qui s’en est suivie. Une autre le mariage de la soeur de mon père Germaine, puis le mariage de Manzè Fine, la soeur aînée de mon père, avec mon grand-père après une vingtaine d’années de vie commune. Il faudrait que j’enregistre mais il y a tant de choses à noter que quand elle a fini j’ai déjà tout oublié.  J’essaie de préserver l’esprit de parfum de la substantifique moelle. Je prends des notes . il faudrait en fait que je l’enregistre et que je recopie tout ça au propre. Il faut que je m’en souvienne pour la prochaine fois. Quand je l’interromps que je lui demande de répéter, de préciser, elle s’énerve. J’ai l’habitude, je fais le dos rond, j’attends qu’elle reprenne son souffle. C’est jouissance, c’est curée jouissive de sonner l’hallali des bêtes fauves et noires qui habitent notre mémoire. C’est dans ces fourrés  que tel un sanglier se bauge tout le patrimoine obscur de la Guadeloupe de mes 9 premières années.
Ma nouvelle tactique, eh oui  c’est presque une guerre de tranchées parfois, une drôle de guerre. Je suis le grand  veneur, je lance mes chiens, elle lance son équipage et conjointement nous unissons nos efforts  dans la chasse à courre  pour faire surgir des bosquets notre mémoire commune qui passe son temps à nous dérouter à force de se forpayser.
En numéro deux : mes ascendant(e)s au deuxième degré. Je n’ai plus de grands-parents vivants mais il me reste mon frère Jean-claude né 1 an et demi après moi. C’est lui entre autres que je mobilise quand il m’arrive d’oublier particulièrement la période qui va entre 1971 et 1977 que nous avons vécue ensemble car ses souvenirs de Guadeloupe sont encore moins palpables que les miens. Mes autres frères et soeurs contribuent eux aussi  à combler les interstices de ma mémoire percée sur les autres périodes.
En numéro trois : je n’ai plus d’arrière-grands-parents, je n’ai plus d’oncles depuis belle lurette mais il me reste la parenté au troisième degré de mes tantes : la demi-soeur utérine de ma mère (Justine Augustin-Manclière), et les demi-soeurs consanguines de mon père (Eliane Bardus, Antoinette Bardus-Bazile, Nadège Bardus-Botte) toutes installées en Guadeloupe, détentrices elles aussi de quelques pans de ma mémoire de 1952 à 1961. Ce sont des femmes toutes âgées entre 70 et 85 ans, qui m’ont donc connu tout petit et qui ont connu mon père de ma mère, ainsi que le père biologique de mon père que je n’ai pas connu. Il y a des photos à récolter, j’en suis sûr. Des anecdotes par milliers.
En numéro quatre : ma parenté au quatrième degré. les cousins/cousines germain(e)s de mon âge ou plus âgé(e)s que moi :  du côté de ma tante Germaine : Albert Blombo, Alberte Blombo (nous n’avons pas de lien de sang car c’étaient les beaux-enfants de ma tante mais nous nous connaissions bien); du côté de ma tante Laurette (demi-soeur utérine de ma mère): Patricia Augustin, Céline Shimit-Filin, Claudie Augustin et les autres; du côté de mon tonton Arsène (demi-frère consanguin de ma mère): Nicaise Bernadin, Patrice Méyapin, Anne-Marie Hubbel, , Marie-France Hubbel); du côté de ma tante Justine (demi-soeur consanguine de ma mère) de Martinique : Robert Rascar et les autres. Du côté de tonton Pierre (demi-frère consanguin de ma mère) : Gabriel Hubbel, François Hubbel et Jean-Claude Hubbel , bien plus jeunes que moi mais détenteurs du passé de ma tante Fifine, leur grand-mère, la demi-soeur utérine de mon père. Du côté de tante Justine de Guadeloupe, (demi-soeur utérine de ma mère) : Chantal Manclière, Patrick Manclière et Isabelle Manclière
En numéro cinq : les cousins-cousines issu(e)s de germain(e)s, les enfants de mes grands-oncles et grands-tantes, mes grands-cousins si on peut dire. J’en ai beaucoup mais je ne les vois plus depuis des années. Même quand nous allions en Guadeloupe je ne crois pas que je les voyais. Les Joseph Vin, Jacques Pradel, Annie Tamas, Vincent Hallpike, Adonai Baltimore et les autres aux noms et prénoms oubliés qu’ils me pardonnent.
Mais ma mémoire ne se limite pas à la famille et aux collatéraux et apparentés.
En numéro six  mes collègues de classe à partir de la cinquième jusqu’à la terminale parmi lesquels surnagent Yann Piquer, Bernard Breuiller, Maurice  Allouche et les autres aux noms, prénoms et visages oubliés, qu’ils me pardonnent;
En numéro sept les copains de quartier de la Pierre Plate à Bagneux et du Mini club (Centre Alpha): Mathurin Angeon, Daniel Angeon, Rolin Fesin, Daniel Blacodon, Emile Mondésir, Hervé Mondésir, Jean-Claude Rascar, Bernard Adélaïde, Thierry Adélaïde, Christian Rose, Eric Orville, Max Anin, Claudel, Yves Jeannot, Germain Go, Raymond Bonneaud chez les garçons mais aussi Danielle Delinde, Murielle Cacoub, Carol Brown, chez les filles, et tous nombreux les autres, aux prénoms et visages oubliés, qu’ils me pardonnent
En numéro huit les membres du groupe Flatstone : Jean-Claude Baltimore, Laurent Watson, Pierre Watson, Eric Orville, Bernard Adélaïde, Thierry Adélaïde, Christian, Daniel Angeon,
En numéro neuf : les membres du groupe Dynamite Three : Jean-Claude Baltimore, Mathurin Angeon
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En numéro dix, last but not least : mes amours, amourettes et passions (par ordre alphabétique): Adelaide C. S., Agnès P., Amanda McN., Behnouch C., Benilde D. C., Blanca M., Christiane P. C, Christine B., Cleide C., Dorrie A., Edilene S., Edna C., Eremildes C., Eugénie W., Eve B., Ginette A., Habiba, Hélène L., Hélène P., Margarita C., Marilyne, Maude W., Monica S., Nadia B., Pascale C, Pascale M., Rita de Cassia N.S., Sophie, Toni A., Vera Lucia O. S. et les autres aux prénoms ou aux visages oubliés, qu’elles me pardonnent, toutes détentrices d’une parcelle stratégique de mon parcours intime.
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