J’irai un jour à Curacavi, inch Allah !

J’irai un jour à Curacavi. C’est une bourgade chilienne entre Santiago la capitale et Valparaiso sur le littoral. Les Français disent Valparaiso et prononcent raiso comme réseau. Moi j’ai plaisir à dire Ra-i-zo. Car paraíso veut dire paradis. Valparaiso serait donc la vallée du Paradis.

Mais pourquoi irais-je à Curacavi plutôt qu’à Valparaiso ? Voyons voir. Il y a les vendanges, le bon vin chilien donc dont la renommée n’est plus à faire, la fiesta de la chicha en avril, la feria costumbrista en septembre,  la fête de la cerveza, la bière en novembre, et il y Adios Nonino d’Astor Piazzolla (1921-1992).

Astor n’est pas chilien, ni de Curacavi et n’a probablement jamais mis les pieds à Curacavi mais qu’importe il est venu plusieurs fois au Chili, pays proche de son Argentine natale, et pour la dernière fois en juillet 1989 ! Que demande le peuple!? Un être vous manque et tout est dépeuplé comme dirait l’autre. Alors argentin ou kanaque ou comorien qu’importe pourvu qu’on est l’effluve bandéonesque où vibrent aussi bien les ombres de Carlitos Gardel, Stravinsky, Bartok, Ravel, Penderecki et Lutoslawski !

 

 

Je ne suis pas à proprement parler un spécialiste du tango. J’aime Piazzolla comme j’aime Villa-Lobos. J’aime à vrai dire plus les accords de guitare, les neuvièmes, les onzièmes, que les septièmes et les mineures, mais Maestro Piazzolla sans que je sache pourquoi me transporte peut-être inconsciemment sur une axe Buenos Aires que j’ai visité en 1986 et Santiago que je ne connais pas, dans la mesure où je suis toujours en éternel transit dans sa Ballade pour un fou sur un texte de Horacio Ferrer interprété par Roberto Goyeneche.

Pour en savoir plus sur Curacavi voyez donc les images qu’affiche Trip Advisor sur cette localité située  dans la région  métropolitaine  de Santiago. Voyez:

http://www.tripadvisor.com/LocationPhotos-g2064519-Curacavi_Santiago_Metropolitan_Region.html


La vérité selon Nelson et Benilde

La vérité selon Nelson Rufino et Jorge Aragão est une découverte. C’est une decouverte qui s’est faite en moi au parc da cidade de Salvador. Nelson Rufino est um sambista bahianais. On a coutume au Brésil à relier la samba à Rio de Janeiro mais Bahia qui fut la première capitale du brésil fut aussi l’un des temples de la samba. il suffit pour s’en rendre compte d’écouter des noms comme Ederaldo Gentil, Edil Pacheco, Tião Motorista et Batatinha.

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Le compositeur Nelson Rufino né à salvador en 1942 a vu ses sambas chantées  par Roberto Ribeiro (Todo Menino É um Rei, Tempo Ê), Nara Leão (Nonô), Zeca Pagodinho (Verdade), Alcione (Aruandê), sans oublier Elza Soares, Maria Bethânia, Martinho da Vila et Neguinho da Beija Flor, entre autres. 

En tout cas à la veille de mes 65 printemps je dois mes respects à cette chanson Verdade, entendue pour la premiere fois en 2012 (je n’avais pas encore 60 ans) lors d’un festival de samba où j’ai retrouvé comme par miracle dans la multitude endiablée de la samba bahianaise ma muse de Morro do Chapéu, l’excellentissime sambiste Benilde Dias Coelho, après un bref voyage au paradis de Pernambouc ou plutôt à ce que je croyais l’être. C’est elle qui a ouvert notre bal de mariage le 14 avril 2013 à Salvador ! Bientôt dix ans que notre pagode continue. Cuica, maestro, please, vambora !

Descobri que te amo demais

 descobri em você minha paz

descobri sem querer a vida

verdade

 

Pra ganhar teu amor fiz mandinga

Fui a ginga de um bom capoeira

Dei rasteira na sua emoção

com o seu coração fiz zoeira

Fui a beira de um rio e você

Uma ceia com pão , vinho e flor

Uma luz para guiar sua estrada

a entrega perfeita do amor

Verdade

Descobri que te amo demais

 descobri em você minha paz

descobri sem querer a vida

verdade

Como negar essa linda emoção

que tanto bem fez pro meu coração 

E a minha paixão adormecida

 

Teu amor meu amor incendeia

Nossa cama parece uma teia

Teu olhar uma luz que clareia

Meu caminho tal qual  lua cheia

Eu nem posso pensar em te perder

Ai de mim se esse amor terminar

Sem você minha felicidade

Morreria de tanto penar

Descobri que te amo demais

 descobri em você minha paz

descobri sem querer a vida

verdade

Como negar essa linda emoção

que tanto bem fez pro meu coração 

E a minha paixão adormecida

 

Brassens créole

Chaque fois que je pense à Georges Brassens je me retrouve sur la rue des Lombards à Paris; aux Halles où autrefois dans les années quatre-vingts avant d’aller au Diable ou au Cloître des Lombards écouter du jazz ou danser de la salsa je consacrais quelques minutes à écouter un guitariste qui jouait religieusement tous les week ends et peut-être même en semaine tous les classiques de Georges Brassens. Autour de lui se dessinait une ronde hétéroclite d’inconditionnels du folk, de fidèles, de touristes, de passants, de curieux qui applaudissaient et garnissaient l’étui de sa guitare de pièces et de billets, des francs voire des dollars ou des yens. Oui l’Euro n’était pas encore né !

Brassens pour moi c’était la gouaille, l’irrévérence anarchisante, la liberté du verbe, la polissonnerie, l’anti-conformisme mais aussi la métrique exigeante. Je le savais sétois, né dans « l’encre bleue du golfe de Lion » près du cimetière marin dit Saint-Charles où reposait aussi Paul Valéry et quand je visitai Sète pour la première fois vers l’an 2000 c’est son chant coupé-décalé que je cherchais à déceler à travers les ruelles menant au cimetière le Py.

C’était un homme de la mer, admiratif et jaloux en même temps de Paul Valéry (1871-1945).  Il fit même une supplique pour être enterré sur la plage de la Corniche à Sète en-dessous d’un pin-parasol. Un troubadour méditerranéen. Et quoi que nous fussions nés sur des parallèles et des méridiens fort éloignés je me sentais une sorte de communauté spirituelle avec lui.

Je pourrais citer comme ça au pied levé quelques passages, quelques rimes riches de sa poésie flamboyante

je me suis fait tout petit devant une poupée qui fait pipi quand on la touche

« le temps ne fait rien à l’affaire, quand on est con on est con, qu’on ait vingt ans, qu’on soit grand-père, quand on est con on est con, entre vous plus de controverses, cons caducs ou cons débutants, petits cons de la dernière averse ou vieux cons des neiges d’antan »

« quand je pense à Fernande, je bande, je bande, quand je pense à Félicie, je bande aussi, quand je pense à Léonore, mon Dieu, je bande encore mais quand je pense à Lulu alors je ne bande plus, la bandaison parfaite, papa, ça ne se commande pas »

« Non, les braves gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux »

« Mourons pour les idées, d’accord, mais de mort lente »

les copains d’abord, coquin de sort, les amoureux qui se bécotent sur les bancs publics mais il ya une chanson qui plus que toutes me surprit en ce sens qu’elle reprenait un poème de François Villon Mais où sont les neiges d’antan

 

« Dictes moy ou, n’en quel pays,

Est Flora, la belle Rommaine;

Archipiades, né Thaïs,

Qui fut sa cousine germaine;

Echo, parlant quand bruyt on maine,

Dessus rivière ou sus estan,

Qui beaulté ot trop plus qu’humaine ?

 

Ou est la très sage Hellois,

Pour qui chastré fut et puis moyne

Pierre Esbaillart à Saint-Denis ?

Pour son amour ot ceste essoyne.

Semblablement ou est la royne,

Qui commenda que Buridan

Fust geté en ung sac en Saine ?

Mais où sont les neiges d’antan ?

Fust gecté en ung sac en Seine ?

Mais où sont les neiges d’antan ?

La royne blanche comme lis,

Qui chantoit à voix de seraine.

Berthe au grant pié, Bietris, Alis,

Haremburgis qui tint le Maine.

Et Jehanne, la bonne Lorraine,

Qu’Anglois brulèrent à Rouan;

Où sont-ilx, Vierge souveraine ?

Mais où sont les neiges d’antan ?

Où sont-ilz, Vierge souveraine ?

Mais où sont les neiges d’antan ?

Prince, n’enquerez de sepmaine,

Où elles sont, né de cest an,

Qu’à ce reffrain ne vous remaine :

Mais où sont les neiges d’antan ? »

 

Sam Alpha, le Martiniquais de Fort de France né en 1941, a eu cette idée de génie en 1991 de reprendre ces chansons immortelles et polissonnes de Brassens et de les adapter à la sauce créole. ce sera Brassens créole volume 1.

Les Amoureux des Bancs Publics (Doudou Ban Foyal) , Chanson pour l’Auvergnat (Kouplé ta la),  Les Copains d’abord (Lanmityé solid), Brave Margot (Yo té la), La prière (Mwen ka salvé ou Mawi), A l’eau de la claire fontaine (An dlo kle la fonten Didiè a), Tonton Nestor (Konpè Toto), La ronde des jurons (Jiretek), La ballade des dames du temps jadis (Mazouk jan lontan), Le pornographe (Sé mwen ki porno), La femme d’Hector (Man Hekto), Le parapluie (parapli), La princesse et le croque-note (Ti prinsès é manjé not)

 

Puis il reprend le theme en 1996 et ce sera Brassens créole volume  2.

La fille à cent sous (Méglèt), Les funérailles d’Antan (Lantérman jan lontan), Je me suis fait tout petit (Mwen viré piti), L’ancêtre (Bizayel), Oncle Archibal (Ton Awchibal), L’orage (Tonnè), Une jolie fleur (An bel ti flè), Rien à jeter (Sa mwen ké féy jété), 95 pour cent (katrèvenkenz an lé san), Le fantôme (Diabless), Le grand chêne (Mahogani), L’amandier (Prin Mouben), La rose, la bouteille, la poignée de mains (Alamanda ven é bonjou),

Puis a nouveau en 2000 et ce sera Brassens créole volume 3 qui propose Les trompettes de la renommée (Lambi mon gran non le twompét), J’ai rendez-vous avec vous (Mwen ni ranka évé vou), La mauvaise réputation (Movet not), Histoire de Faussaire (Fo istwa), LOe temps ne fait rien à l’affaire (Tan ka fé tan), Il suffit e passer le pont (Sé savann on fwaw janbé pon), Hécatombe sur le Marché de Brive la Gaillarde (Bab marché), Le mauvais sujet repenti (Mové sijé drésé), A l’ombre u coeur e ma mie (An lombraj kiyé masibol mwen), Le nombril es femmes ‘agents (Zonbi fanm gadpolis), Le gorille (Varé goril)

Sam

 

Hécatombe au marché de Brive la gaillarde adapté en créole devient sous la plume et les arrangements de Sam Alpha Bab marché. Je sais, je sais,  le folk c’est pas antillais mais on peut customiser quand même à la Douanier Rousseau. De la musique naive en quelque sorte. Comme est naïf l’art haïtien par exemple, naïf car non filtré et censuré par les codes esthétiques ambiants.

Vis comme tu danses

Les publicitaires et autres spécialistes du marketing ont de ces formules choc qui me ravissent parfois, m’interrogent toujours. La dernière en date qui s’est imprimée dans mon cerveau est la pub des jeans Levi’s pour la collection de jeans Circles intitulée  » vis comme tu danses » sur background musical de la chanson Makeba de la jeune et dynamique Jain, titre qui figure sur l’album Zanaka de 2015.

 

Le speech de l’agence responsable de la campagne, l’agence FCB: « Circles célèbre notre individualité et notre connectivité par la musique, la danse et Levi‘s. Lorsque nous nous réunissons nous dansons en rond. Nous bougeons comme un seul, et célébrons l’individu qui est au centre. L’unité et l’individualité deviennent vivantes. »

En anglais : « Circles » celebrates our individuality and connectedness through music, dance, and Levi’s®. When we come together, we dance in circles. We move as one, and celebrate the individual who takes the center. Unity and individuality come alive. Let’s live how we dance.

Let’s #LiveInLevis

Song: « Makeba » by Jain

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About Levi’s: Created in 1873, Levi’s jeans are the original, authentic jeans. They are the most widely recognized and often imitated clothing products in the history of apparel. Over successive generations, Levi’s jeans have captured the attention, imagination and loyalty of diverse individuals.

Il est à noter la différence linguistique entre la version anglaise et la française. L’anglaise dit let’s live how we dance. C’est le nous qui est valorisé, sanctifié. Dans la version française c’est le tu qui es iconisé et mis en exergue avec vis comme tu danses.

Auparavant il y avait eu le même habillage pour la pub de Sosh d’Orange.

On en viendrait à oublier qui est Makeba qui s’ets installé dans mon imaginaire epuis la chanson Pata Pata

Zenzile Miriam Makeba (4 March 1932 – 9 November 2008), also known as Mama Africa, was a South African singer, actor, United Nations goodwill ambassador, and civil rights activist. Associated with musical genres including Afropop, jazz, and world music, she was an advocate against apartheid and white-minority government in South Africa.
Que dit Campaign sur cette campagne de FCB West pour Levi’s :

« Inclusivity has become a hot topic among brands.

Levi’s is the latest to champion this message, in a new ad aiming to show how different people are connected through music, dance and optimism. The joyful spot shows diverse people across cultures and countries dancing in circles to the soundtrack of Jain’s Makeba – many of whom are wearing Levi’s jeans of course. It is the latest instalment in the « Live in Levi’s » brand campaign.  »
Eh oui ne nous méprenons pas tout ça c’est du business à l’état pur. Au nom de l’inclusion et de l’écologie que de couleuvres on nous fait avaler. Le spot nous transporte à travers tous les univers de danse circulaire du monde, mais en insistant sur l’Inde et l’Afrique, tout le monde danse, tout le monde il est beau, tout le monde il est heureux, tout le monde pète la joie,  et tout le monde porte des jeans Levi’s. Mais j’y pense, j’en ai pas moi de jeans Levi’s. Qui va m’en offrir un pour mon anniversaire ? Un Circles, of course, taille 48 !

Superman est-il animé par son cortex reptilien?

Ma chère et tendre analyste privée me propose en introspection, comme rituel d’accompagnement sur les derniers hectomètres menant à la borne km 65, la chanson de Gilberto Gil, Super-homem, qui date de 1979 et qui s’inspire du film Superman de Alexander Salkind sorti en 1978. Et me dit en souriant que derrière chaque grand homme il y a une grande anima. Derrière chaque Clarke Kent il  y a un Superman et une Lois Lane.

  https://youtu.be/4KTwdr5aTT4

Derrière chaque Superman, chaque homme d’acier ou de fer forgé il y a la fragilité masculine de Christopher Reeve qui vécut les neuf dernières années de sa vie tétraplégique. Il était né a New York un mois et 5 jours avant moi. Il est mort le 10 octobre 2004.
 https://youtu.be/oG-drSJ52x0

Un Superman selon Gil c’est celui qui assume sa portion féminine. En conséquence une Superwoman est celle qui assume sa portion masculine.

 http://gnt.globo.com/programas/papo-de-segunda/videos/4238440.htm

En termes junguiens la portion féminine inconsciente chez l’homme c’est l’anima  qui compense le conscient masculin tandis que la portion inconsciente  masculine chez la femme c’est l’animus qui compense le conscient féminin. Anima et animus couvrent des préjugés inconscients, des a priori qui vont contre balancer le conscient. Ces préjugés sont de l’ordre des humeurs et des caprices pour l’anima et au niveau des opinions pour l’animus.

 Moi je dirais plus sobrement que la portion indispensable à chacun n’est ni animus ni anima mais animale. 

L’anima c’est un reflet de l’âme féminine. L’animus est un reflet de l’âme masculine. 

J’ai des problèmes avec le mot âme, voyez vous. Je lui préfère le mot esprit, spirit. Comme dans l’adresse catholique en latin « Dominus vobiscum. Et cum spiritu tuo ».

L’âme me renvoie à des considérations religieuses, à cette question que pose le poete Lamartine quand il écrit dans ses Harmonies poétiques et religieuses en 1901: « objets inanimés, avez-vous donc une âme qui s’attache à notre âme et la force d’aimer? ».

Le même Lamartine écrit dans le même ouvrage : “Plus nous ouvrons les yeux, plus la nuit est profonde ; Dieu n’est qu’un mot rêvé pour expliquer le monde, Un plus obscur abîme où l’esprit s’est lancé.”

Tant que les fourmis et les criquets n’auront pas d’âme moi je n’en aurai pas. Je suis donc un superanimal, à défaut d’être un superhomme. L’homme est doté de raison nous dit-on, l’animal est mu lui par l’instinct et l’intuition.

Je pense au contraire qu’un superanimal est celui qui trouve dans l’instinct, qui n’est somme toute qu’un savoir toujours revisite, et l’intuition qui est un saut dans un vide préconçu, sa raison d’être.

Les rationalistes évoquent à loisir les bas instincts de l’homme: instinct de survie, de conservation, de procréation, ces instincts qui nous rapprochent de la bestialite, ces instincts primaires des bas-fonds, installés bien au chaud et préservés dans notre cerveau reptilien, le paléo cortex.. Ces sages exaltent les instincts supérieurs volatiles circulant eux entre les deuxième et troisième cerveaux dits cerveaux limbique (méso cortex) ou supérieur (néo cortex)

Entre tous ces cortex je suis un Superman, un dieu capable de modifier le sens de rotation  de la terre, de revenir en arrière  dans le temps s’il le faut pour sauver ma portion féminine  qui est ensevelie quelque part . Il faut que je cède les bagues et les anneaux de Saturne si je ne veux  pas perdre les doigts. Doigts et bagues ne font qu’un indossociable qui s’auto-anime, reanime et desanime tout en voguant sur le vaisseau animal mu par l’instinct et l’intuition. Sont-ce la mes portions féminines ? En avant  cortex ! On verra bien. Je continue ma route, sans boussole, sans nord, en pleine ame du cyclone. Superman n’est qu’un mot rêve pour expliquer l’homme animal. por causa da mulher…..

La liste

Ma chère et tendre m’a récemment dédié la chanson A Lista, de Oswaldo Montenegro. Selon elle cette chanson devrait m’aider dans ce qu’elle nomme mon rituel de passage. Je vais avoir 65 ans dans 15 jours et il semblerait qu’elle m’invite par ce subtil biais à me re-signifier. Il faudrait que je réévalue ma vie à l’aune des dix dernières années. 2007 à 2017.

Que dit la chanson La Liste ?

Il faut dresser une liste des amis qu’on avait il y a dix ans, une liste des souvenirs, des mensonges, des secrets, des amours, faire le tri entre ce qui a été gommé, ce qui s’est enlisé, embourbé en route sur le chemin de nos rêves, ce qui a résisté. il faut faire le tri e nos abandons, de nos lâchetés, de nos réussites et de nos échecs. Il faut re-signifier. Cela me fait penser à la pub de l’eau de Vittel. Buvez, éliminez. Cavalez, gigotez ! Ici le spot devient, Listez, Evaluez, Re-signifiez !

Il y a certes une dimension philosophique et psychologique dans cette remise à plat de soi-même. Il faut en permanence réactualiser son logiciel interne en fonction de son environnement.

Je ne nie pas que 65 ans ne soit  une date-étape. C’est effectivement une borne. Il y a des bornes kilométriques et des bornes hectométriques. Disons que 65 ans est une borne kilométrique. Mes kilomètres se parcourent en 5 ans, soit soixante mois. Chaque borne hectométrique se dresse tous les six mois sur mon passage. Voilà mon rythme de réactualisation. À chacune de ces bornes, je me pose, je reprends mon souffle, je regarde le chemin parcouru et je tente de déceler les contours de la route qui continue dans le brouillard du futur. Parfois c’est un tournant, parfois un virage en épingle, parfois une côte longue à gravir, parfois une descente à pic, mais il ne fait aucun doute qu’à un moment donné ce sera le vide qui débouchera. Et le vide est sans borne, crois-je savoir ! Parfois j’ai envie de m’asseoir sur la borne, me poser, boire mon eau, éliminer, cavaler, gigoter, me désaltérer par gorgées infinitésimales, regarder le paysage, la frondaison des arbres, la fluidité des voitures qui passent en faisant vibrer l’air. Parfois je chausse mes Havaianas brésiliennes parfois de bonnes chaussures de marche polonaises et je sors vêtu de mon kway écossais orange indéfectible et de mon Stetson suédois. Parfois je regarde voler un papillon d’herbe en herbe ou sautiller un criquet. J’aime célébrer les bornes. Toute route a un début, toute route a une fin. Mais chacun place ses bornes où bon lui semble. Certaines bornes pour certains sont de l’ordre du millionième de micron. Il ne faut surtout pas pour eux dépasser les bornes. Certains préfèrent ne pas savoir à quelle hauteur du chemin ils se trouvent et naviguent à vue. D’autres encore ne jurent que par le GPS, sans se douter que ce même GPS a été conçu par l’armée US. Ces derniers re-signifient à longueur de journée : c’est ce qu’on appelle la re-signification satellitaire. Entre la seconde d’avant et la seconde d’après c’est un constant repositionnement sur la route.

Je me souviens d’un jeu auquel j’aimais bien jouer autrefois. Ca s’appelait le jeu des mille bornes. Il me resterait donc 935 bornes à franchir pour être the winner ? Combien de limites de vitesses à observer, combien de pneus crevés, combien de pannes d’essence, combien d’embûches  à vaincre si on n’est ni un as du volant, si son véhicule n’est pas prioritaire, si la roue de secours a disparu, où sont les roues increvables, où sont les citernes d’essence ? Dites-moi où ce trouve la route de ces mille bornes et j’irai volontiers en défier les bornes.

Accepter les bornes ne veut pas dire se résigner. Moi je souhaite en tout cas lors de cette prochaine borne si proche me créer de nouveaux défis, vaincre d’anciennes peurs, conserver les amitiés conservables, non pas dans un musée ou elles seraient congelées sur le marbre dans la poussière mais les faire vivifier par l’action et l’envie commune de faire un bout de chemin ensemble.

J’ai assez vécu pour savoir que les routes se séparent toujours un jour ou l’autre. Je me réjouis de toutes les bornes que j’ai transgressées et de toutes celles devant lesquelles j’ai reculé, ou freiné. Parfois l’instinct de survie commande l’envie d’avancer.

J’ai un regret et un seul. Je ne sais pas nager. Je ne sais pas voler. Je ne sais pas être invisible. Je ne suis pas omnipotent. Je ne suis pas tout-puissant. Je ne suis pas dieu. Mais il me reste encore, je l’espère quelques bornes pour corriger ces limitations. Car chaque borne franchie prétendue infranchissable donne droit à une nouvelle borne prétendue infranchissable. Se re-signifier certes, faire des bilans certes, additionner, soustraire, multiplier, diviser certes, mais je ne vivrai jamais sous la contrainte mathématique des racines carrées et des mètres cubes de la raison . Je suis essentiellement hédoniste. Épicurien. Charnel. Sentiment. Borné mais sans oeillères.

Le Brésil et Mayotte

Não muito longe da minha casa, na cidade próxima de Tsounzou tem uma brasileira, parece. Ela é professora ou educadora, sei la ! Ela esta na fai tuxa os trinta, pelo que me falaram dois professoyres que ja a encontraram.

Sempre achei esquisito não ter encontrado alma brasileira que viva nessa ilha do cavalo marinho e do ylang ylang. Brasileiro gosta de riqueza e coisa diferente e talvez por Mayotte ser pobre em relação a outras partes da França continental pensei que não podia atrair uma brasileira sã de cabeça e de espírito. Nem todo mundo tem espírito de porco como eu. Nem todo mundo quer bater de cabeça em pobreza.

Eu por minha vez vejo muitas coisas parecidas entre Mayotte e Brasil. Aqui tem os muitos ricos e os muitos pobres. Tem favelas que aqui se chamam bangas. Aqui a religião permeia tudo. No Brasil são 90 por cento cristões. Em Mayotte 95 por cento muçulmanos. Aqui todo mundo anda de Ryder  ou Havaianas, ou outras marcas locais. Brasileiros adoram viajar pra Chile, Argentina, Miami, Europa. Os ricos de Mayotte adoram  viajar pra Arabia Saudita, India, Marseille, Paris, la Réunion, Ile Maurice. Viajar é sempre preciso. Também gostam de carro caro pra se  aparecer e gastam o dinheiro que não tem para fingir que tem. Fazem malabarismo para se exibir com políticos, donos de banco. Nunca na minha vida  tenho encontrado em tão pouco tempo tanta gente « bonita ». Já encontrei até senador, líder de partido politico, diretores de banco, empresarios, vencedor de concurso de beleza, dignitário muçulmano, diretor de órgão público. 3E juro, foi sem querer querendo.

Estranhei mesmo e ainda estranho não ter encontrado brasileiros. Sempre tem algum na França que abre uma ONG para ensinar arte marcial ou capoeira e aqui nada. Sempre tem uma que faz dança de mulatas. Mas aqui parecia o deserto para brasileiros. Pior do que o Saara.

Estranhei. Ai pensei que devia ter uma razão séria para tanta ausência. E surgiu a resposta: aqui não tem farinha. Aqui feijão é caro. Mas pensei, Matutei melhor. Que nada. Todo brasileiro não é nordestino, né, nutrido a base e feijao arroz e farinha e um pedacinho pequeninho de jaba ! ! Para compensar tem mar, praias, churrasquinhos o ano todo baratinho e a santa cerveja holandesa Heineken! Que nada. Só se for em Mayotte ! Se seu assunto é cachaça vai sofrer mas não vai morrer, meu chapa. Os malgaches, os nativos de Madagascar gostam. Até porco para sua feijoada vai encontrar apesar da religião muçulmana proibir seu consumo.

Ah mas brasileiro no exterior não pode viver sem suas baladas, ouvir um som bem legal oriundo das terras tupiniquins. Que nada. Com Internet o som do planeta tá imediatamente disponível.

Hoje vi um cartaz num bar em Passamianty : « brésillienne » night (foi assim mesmo com dois LL). Foi ontem a festa no Koropa club perto de Mamoudzou. Entrada 10€. Duvido que tenha brasileiro quem organiza. Mas posso me enganar. Eu, hem, se nao consegue escever certo num cartaz brésilienne como manda o modelito não quero nem saber o resto.

 

https://m.facebook.com/photo.php?fbid=867892910037419&id=100004501533693&set=ecnf.100004501533693&source=49&refid=17&__tn__=E

Pode ser um brasileiro, pode não ser.  Eu vi no Facebook um tal de DJ  Elias mas Elias pode morar  em qualquer canto do mundo e divulgar. Como ele divulga festa malgache tenho minhas duvidas. O que ficou claro na chamada que eu li  é que duas dançarinas vindas do Brasil com paradeiro na ilha da Réunion iam dancar, e dar um show de gogo girl. O que é certo é que o conceito de festa brasileira é bem claro. Só olhar o cartaz. No mesmo dia tinha num bar malgache em Passamianty , o bar onde vou sempre que posso aos domingos meio dia para  almoçar e bebericar e encontrar alguns conhecidos. Se chama o  Maharatra, isso quer dizer o lugar de sempre. Virou agora minha cantina do domingo. Já tenho minha cantina da sexta feira, o bar Cinq Cinq. So falta descobrir a cantina do sabado. A cantina de segunda a quinta é variavel. Depende da meteorologia interna e externa. Os malgaches são os brasileiros da África. Se parecem muito fisicamente, são festivos e cheios de religiões. Alguns não comem porco, alguns não comem galinha, alguns não bebem cachaça e cerveja, alguns não comem carne de boi. Mas todos gostam que nem eu de peixe e frutos do mar, e em primeiro lugar de caranguejo e de polvo, de camarão pistola.

Por isso em Mayotte único lugar que me divirto tem que ter seja Barista malgache ou cozinheiro malgache, senão morro podre de morte mordida, morrida e bandida a fogo brando.

Minha bebida de cada domingo, que não pode faltar é uma cachaça malgache chamada magoustan ou magoustan. Não sei bem o que é. E parece uma fruta destilada na cachaça, sai com limão e gelo e me derreto. Tem em realidade uma cachaça diferente aqui feita a partir do coco fermentado. Não entendi bem o processo mas se vende muito durante o mês de jejum daqui chamado Ramadan. Aquele no Ramadan e doce. Não chegou a ser cachaça. Mas se deixar fermentar, vai poder bebericar na paz do Senhor, aqui na paz de Allah. É uma delícia. Sua cabeça vai rodar a baiana em menos tempo que a luz leva para percorrer a distância da terra a lua e volta. Se chama tal cachaça tiembo Vurupa. Mas para achar só com ajuda do meu colega presidente da Câmara de Mayotte para o Artesanato. Chique, né . Sou podre de chique, mesmo ! Sou caatingueiro, né ! Com caatingueiro ninguém pode.

 https://m.facebook.com/photo.php?fbid=867892910037419&id=100004501533693&set=ecnf.100004501533693&source=49&refid=17&__tn__=E

Lima Wild, artiste mahoraise

J’ai rencontré hier Lima Wild, artiste mahoraise. Si je la qualifie ainsi c’est parce qu’elle s’est elle même qualifiée de la sorte. Car tout ce que je sais d’elle se résume à cela. Son vrai nom est Halimati Boura. Elle a eu un groupe, Mouskatera. L’a-t-elle encore ? Chanter est l’ un de ses trois rêves. C’est un lion. On l’a sent sauvage, sociable et solitaire. Mais selon ce que m’a  dit Papa Diouf, le franco-sénégalais, spécialiste de ces terres de l’ océan Indien, elle fut une des divas de la chanson mahoraise puis sombra malheureusement dans l’alcoolisme. Elle tente en ce moment un comeback. Apparemment elle aurait cessé des’adonner à la dive bouteille. En la voyant chanter je la trouvais fragile et forte, une sorte de Mireille Mathieu de l’Océan Indien. Elle était accompagnée d’une petite fille. Elle me l’a présentée. « C’est ma petite fille ». Que voulait-elle dire ? C’est ma fille ou la fille de l’un de mes enfants? D’elle je ne savais rien. Mais elle a parlé à un moment sur scène des racines que nous ne devons jamais oublier. Quand on est tombé en enfer il est dur d’en ressortir. Mais les miracles existent et désormais je suivrai de plus près les faits et gestes de cette diva de la musique traditionnelle mahoraise. Elle se fait appeler Wild, sauvage en anglais. Lima est le nom en portugais brésilien d’ un type d’orange un peu au goût étrange. Une orange étrange et sauvage?

Il est 4 heures vingt du mat à Mayotte, Jeddah, La Mecque et Médine : M’Tsapéré s’éveille.

L’appel à la prière habituel des muezzin retentit pendant 3 à 4 minutes des 4 mosquées de MTsapéré, mêlé aux chants des coqs de toutes parts. Il est quatre heures vingt du matin. Prions mes frères ! À quatre heures vingt-cinq un autre muezzin au loin lance son appel, toujours le même. Il doit se trouver dans Cavani. Les coqs continuent à chanter cocorico. Pour moi c’est généralement l’heure de vider ma vessie et de boire un grand verre d’eau et de me recoucher pour une heure ou deux.

Il est quatre heures vingt du matin à  Jeddah, La Mecque et Médine ! C’est sur une radio mahoraise que j’ai entendu cette formulation qui présente sans équivoque les liens importants pour ne pas dire privilégiés qu’entretient l’île hippocampe avec l’islam, symbolisé par les hauts lieux de l’Arabie Saoudite, terre natale du prophète Mohammed. À titre de comparaison je vois mal une radio antillaise dire à des auditeurs il est 4 heures à la Guadeloupe et je ne sais quelle heure à Jérusalem, Haïfa, Lourdes ou Rome. L’heure de référence première pour les Antillais c’est l’heure de Paris. Rien de plus « normal » apparemment pour une ex-colonie devenue département que de caler sa montre sur celle de la métropole coloniale. On aimerait néanmoins que les relations horaires avec les voisins que sont le Venezuela, la Colombie, le Panama, la Jamaïque, Trinidad, Haïti se fassent et qu’instinctivement on sache aussi quelle heure il fait à Kingston ou à Montego Bay ou a Caracas.

Je ne veux pas dire qu’ici à Mayotte l’heure de Paris ne fasse pas sens. Quand on regarde la télé française sur l’île on se met à l’heure française, qui est en fait l’heure de la Réunion. On décale sa vie d’une heure. Je ne serais pas étonné que certains mahorais, plus français que les français, vivent à l’heure française, tout simplement. C’est plus facile pour eux dont le décalage ne dépasse pas une heure que pour nous Antillais dont le décalage est bien plus important.

Mais il faut bien avouer que le fait de se trouver sur le même fuseau horaire que les deux villes saintes musulmanes et  l’aéroport qui en donne l’accès, n’est pas anodin.

Beaucoup de commerçants fréquentent l’Arabie Saoudite pour leurs affaires plus qu’ils ne fréquentent Paris. L’arabe est enseigné systématiquement dans les écoles coraniques aux enfants pour leur apprendre le Coran; sur le frontispice des  mosquées,   au-dessus du portail des cimetières, figurent des mots en shimaoré mais écrits en caractères arabes, et je ne sais en quelle langue les imams mahorais effectuent  leur prêche. Certains ont effectué en Arabie Saoudite plusieurs hajj dans leur vie, certains y ont étudié, travaillé de longues années. Il y a donc bien un tropisme Mamoudzou-Jeddah !

Une autre ville qui pourrait faire partie de ce champ tropical est Dar-Es-Salaam en Tanzanie. On s’étonne que l’heure des voisins, ceux des Comores, ceux de Madagascar, ceux du Mozambique et de Tanzanie ne soit pas aussi prégnante dans la vie des Mahorais. Mais dans la mesure où on se plaint à tout bout de champ de ces voisins dont les plus encombrants sont les Comoriens, source pour tout un chacun du plus infime des maux, de l’insécurité, de la surpopulation, du chaos immobilier et de la déliquescence de « l’art de vivre Mahorais », de la France de la « souffrance », on peut comprendre sinon justifier cette non-appétence pour l’heure des voisins.

Il est quatre heures vingt, M’Tsapéré s’éveille entre Paris et Saint-Denis, et comme les balayeurs, les stripteasers, les travestis, les chauffeurs de camion et Jacques Dutronc en son temps, je n’ai pas sommeil.

Y a un arbre pigeon vole

 https://youtu.be/rtd2fIIwuxI

Y a un arbre pigeon vole dans le petit bois de saint amand comme disait Monique qui s’appelait Barbara. On se plaît parfois à fredonner les airs de la dame en noir. Barbara ma plus belle histoire d’amour ce ne fut pas toi mais avec le temps quand je te réécoute, 20 ans après ta mort, tes phrases sculptées sont des pirouettes sur des valses à trois ou quatre temps qui m’entrainent  vers le large. Je n’ ai guère danse la valse qu’une fois avec ma grand-mère. Mais désormais je rattache le son fluet de ta voix à la voix cristalline de ma muse Benilde qui hante mes jours et mes nuits comme une mer jamais inachevée.