Cahier d’un retour vers Juniper natal

Chaque vol transatlantique est l’occasion pour moi de découvrir, outre de fabuleux couchers de soleil, un ou plusieurs univers musicaux inexplorés. Entre tous les artistes résidents d’îles et d’archipels épars, à ma disposition sur le vol Level 8001 à destination de Juniper natal, j’ai choisi d’écouter à 12191 m d’altitude:

Sonar contigo (3:06) qui date de 2008 et de l’album Los Mares de China, Estela (4:06), Me gustas (3:31), Mil veces prefiero (3:40), Ella era Mala (4:08), Quien sabe (3:59), de Zenet sorti en 2018 sur l’album « Sonar contigo. Una coleccion de sus grandes canciones 2008-2018 ». ZENET, c’ est plus précisément Antônio Melledo Escalona, né à Malaga en 1967, acteur, compositeur, plasticien espagnol. Un album sensuel, oh so mellow, une compilation des plus grands succès en espagnol qui mélange salsa, samba, chá cha chá, bossa nova, tango, bolero, smooth jazz, jazz manouche, en langue espagnole. L’album au total fait 38 minutes et propose dix morceaux métissés qui vous traversent comme des flèches en forme de contrebasse, D, accordéon, de clarinette, de flûte ou de trompette acérées lancées par Cupidon et Apollon…Les paroles sont toutes de Javier Laguna.

Dans la catégorie jazz and blues j’ai aimé aussi tout au long des 6859km et inflation qui me séparent d’Orly W à Juniper l’album de Slowly Rolling Caméra, intitulé prophétiquement « Juniper » . HUIT morceaux qui semblent comme des oies sauvages qui chevauchent les nuages pendant une expérience sensorielle de 42 minutes. « Juniper » le morceau qui donne le titre à l’album c’est déjà 7:45. Suivent Helsinki (5:56), A THOUSAND LIGHTS (2:47), HYPERLOOP (5:30), CROSSINGS (7:08), Nature’s ratio (1:58),The Outlier (5:31), Eight Days (5:53). JUNIPER C’EST ESSENTIELLEMENT Dave Stapleton aux claviers, Deri Roberts à l’électronique et Eliot Bennet à la batterie.

Envolez-vous, boussoles !

J’entame avec « Crossings » mon cahier d’un retour vers « Juniper » natal. Crossings veut dire traversées mais je lui préfère chemins de traverse, voire croisées de chemins, carrefours, peut-être avec un fromager ou un arbre fruitier géant du type corossolier ou prunier de Cythere au pied duquel des offrandes placées à la nuit louve amadouent les mille lumières ruisselantes des dieux d’ailleurs. BANANES, MELON, CAFE GUY LESUEUR, Prunes de cythere, Rhum Damoiseau, ananas. Sucre de canne. EAU DE SOURCE Saint Jude. LAIT.

Traverses, traversées, sur un radeau de vagues, confluences, mon cahier n’aura aucune page, ni même une couverture, aucun « point, sautez à la ligne » . Son ossature c’est le passage secret et souterrain d’un rhyzome à l’autre et c’est la sève qui perle, aux virgules aussi jalousement gardées que la Toison d’Or, qui écrira elle-même l’histoire singulière de ce retour, de ce retour d’un outlier, pas un outlaw, un outlier. Sonnez trompettes, résonnez saxos et trombones. Here I Come. Le retour à Juniper. Pas Jupiter. Juniper. Ulysse l’avait bien dit. Mieux vaut une Ithaque que mille Helsinki. Heureux qui comme Ulysse. Moi mon Ithaque c’est Juniper, et mon cahier ne perd rien pour attendre. Peut-être qu’une simple écriture à l’encre de Chine sur du papier Canson aurait suffi, suffit et suffira. Je ne sais. J’arrive comme une hyperbole qui a tourné viré sauté maté huit jours en boucles, huit jours de carnaval. C’est le ratio de la nature. Je n’ y peux rien. J’arrive. Le palmier sous lequel jadis mon nombril fut enterré est-il mal caduc ou plein de sève rhyzomique encore? Et la vague molle et fuyante comme une fourmi folle sur laquelle j’avais oncques tatoué mon nom saura-t-elle retrouver la mémoire enfouie de la surface de papier buvard? J’arrive. Sonnez hautbois, résonnez musettes. Il revient le divin enfant. JUNIPER, pays natal, prépare-toi. Medee revient. Oubliés Jasons, oubliés Égée. OUBLIEES MEDEES. Medeos revient au pays de ses pères.

Rencontre avec une Colchidienne, compatriote baroudeuse de Medee.

Médée, prêtresse d’Hecate, déesse lunaire de la sorcellerie, magicienne, fratricide, infanticide, homicide, feminicide. Medea, femme protéiforme originaire de Colchide, royaume d’Asie Mineure au bord de la Mer Noire (actuellement sous juridiction géorgienne) .

Depuis Seneque, Euripide, Apollodore, Hesiode, Ovide, Marc Antoine Charpentier, Giovanni Pacini, Pausanias, Pierre Corneille, Jean Anouilh, François-Joseph Salomon, Jiri Antonin Benda, Erich Naumann, Luigi Cherubini, Mercadante, Pier Paolo Pasolini, tout le monde s’est fait à cette idée, à cette image d’héroïne meurtrière, infanticide, fatricide.

En grec Medee signifie celle qui voit. Cette voyante extra lucide égorge ses enfants Pheres et Mermeros. Pour quelle raison ? Pour se venger de son mari qui l’a bafouée et répudiee. Son mari, en l’ occurrence Jason (un grec de Iolchos, en Thessalie, fils du roi Eson) oui ce même Jason des Argonautes et de la Toison du Bélier d’or (soit dit en passant toison, dont le père de Medee était le gardien et qu’elle a contribué à livrer à son amant argonaute par le truchement de ses pouvoirs occultes). Or ce mari, avide de pouvoir, qui lui est redevable de sa gloire après quelques années de vie commune et deux enfants veut se séparer d’elle et en épouser une autre, Creuse dite Glauce, fille du roi Creon, Roi de Corinthe, en Grèce. Medee n’est pas magicienne pour rien. Petite-Fille du soleil, nièce de Circe, fille d’AEetes, roi de Colchide et de l’Océanide Idyie. On ne joue pas en vain avec ces femmes-là. Peleas, l’oncle de Jason, qui a usurpé le trône qui était destiné à Jason le paiera de sa vie. Le frère de Medee, Absyntos se met sur son chemin pour l’empêcher de fuir avec la Toison d’Or. Elle en fait des grillades. Les cheveux de sa rivale finissent en flammes et le père de cette dernière Creon, périt en voulant sauver sa fille.

Medee, l’intrigante, impitoyable et amoureuse Colchidienne, que jamais les dieux ne châtieront: elle va de Colchide en Corinthe, de Corinthe à Athènes, d’Athènes de retour en Colchide auprès de son père puisqu’au lieu de finir sa vie aux Enfers pour ce double infanticide, précédé de plusieurs meurtres, elle finit aux Champs-Élysées en compagnie d’Achille après s’être promenée successivement aux bras de Jason et d’Égée (roi d’Athènes à qui elle aura un fils Medos) .

Mais doit-on prendre pour de l’argent comptant le récit se cette tragédie grecque telle que nous la raconte avec talent Euripide qui fut payé par les patriciens d’Athènes alors en lutte contre Sparte 5 pièces d’argent pour l’écrire.

Peut-on revisiter les mythes ? Ou sont-ils intangibles comme les tables de la loi? Pourrait-on imaginer une actualisation féminine de cette tragédie grecque essentiellement masculine ? Certains osent.

Dans l’avion qui nous menait d’Athènes à Paris nous avons fraternisé avec une grecque pontique, une comédienne qui joue en français, une alter ego de Félicien Marceau aux masques aussi impalpables et pluriels que des couches de pelures d’oignons, une poetesse. Elle nous a livré avec fougue sa vision kaleidoscopique de Medee. MEDEE ne serait pas cette sauvage sanguinaire à la santé mentale passablement compromise que nous peignent les mythes masculins depuis l’éternité des temps. Medee en tant que magicienne d’un pays obscur était redoutée et Euripide ne donnait que sa version personnelle de la chose. MEDEE SERAIT PLURIELLE. MEDEE est comme la soprano grecque Maria Callas qui a joué le rôle de Medee dans le film de Pasolini. Voire comme celle qui a joué le rôle, Julie Angélique Scio, dans l’opéra comique de Cherubini. Comme les sopranos Gwyneth Jones et Léonie Ryzanek. Comme les mezzo soprano Shirley Verret ou Grâce Bumbry. C’est une femme qui a été aussi tuée symboliquement par sa mère d’une certaine façon puisqu’ elle a été vendue comme esclave. Il n’est pas anodin que tant d’hommes et si peu de femmes, si l’on excepte la compositrice Olivia Holmes, aient souhaité s’étendre sur le mythe de la magicienne Medee, la sauvage, l’étrangere, la furie qui bouillonne, la gadedzafe, la vendeuse de simples, la physicienne alchimiste, l’androgine. Outre ceux que j’ai déjà cités notons encore Cavalli, Jean Baptiste Lully, Giovani Simone Mayr, Samuel Barber, Darius Milhaud, Pascal Dusapin, Robinson Jeffers (Medea, 1935), Michael John LaChiusa (Marie Christine, 1999), Lars Van Trier (Medea,1988) etc.

J’ai vu en elle une Medee démultipliée dans sa double spirale. Je ne doute pas qu’elle soit en mesure de cerner avec brio l’ombre archetypale de la magicienne plurielle et protéiforme et nous la retransmette illuminée transfigurée bien au-delà du brouillard épais de son chariot volant escorté de cobras chantant sa mélopée au rythme du santouri, le nez de Medee humant fièrement les cyclones sans doute aussi beau que celui de Cleopatre qui bouleversa la configuration du monde antique.

Et si le nez de Medee avait été épaté au lieu d’être grec ? Et si Medee avait été noire, africaine, Afro-Americaine, afro caribéenne, amerindienne?

Certains ont sauté sur l’occasion pour proposer dans le registre de la classica africana, la relecture des mythes gréco-romain à travers un prisme afro. Black Medea (1976) par Father Ernest Ferlita SJ, American Medea par Silas Jones (1995), Black Medea par Countee Cullen (1935), Pecong par Steve Carter (1990), Medea, queen of Colchester par Marianne McDonald (2003), Beloved par Toni Morrisson, African Medea par James Magnuson (1968), Madea par Tyler Perry, Black Medea par Wesley Enoch (2007), Demea: a play par Guy Butler (1990), The Tragedy of Medea Jackson par Edris Cooper (1992).

Mexe o bumbum

Estamos em Thessaloniki. Num café perto da Arca, no bairro de Lassonidou, chamado Coffeebrands de repente um idioma familiar passando num rádio local 90.8 FM Zoo Radio : « Mexe o bumbum » de MC Fioti, parece

Mexe o bumbum.

Logo na minha frente uma mocinha grega da bunda bem arrebitada não se mexe de nem um iota. Eu hem. Mexe o bumbum, menina, mexe o bumbum. NEM SEI QUEM CANTA NEM SEI QUEM TOCA MAS ME DEU A VONTADE TAMBÉM DE MEXER O BUMBUM.

Rapaz, não acredito, a música já parou e me aparece outra menina igual a outra de roupa Nike cinza apertadassima, com cada bochecha maçã de bumbum bem formada. Ou lá lá. Mexe o bumbum, mexe o bumbum. Mexe o bumbum que é bom nada. VAMO LA NOVAMENTE

https://youtu.be/_P7S2lKif-A

É mais um pouquinho que a Coisa tá animada

I wish I knew how to dance the pangolin dance

So you’ve never met a pangolin ? Neither did I ! A pangolin to me sounds nothing like bandolin and tango ! Pangolin is soul, pangolin is funk, pangolin gives me ants in my pants, so i need to dance. Pangolinin sticks its tongue very far on James Brown’s funk ! Yes Maceo Parker, take it into pieces ! Let’s dance the apangolin dance. It’s an extinct dance, only for those who have already been buried. Put your hands together ! Say it loud : I’m pangolin and I’m proud !

Can i get into the break

13 jingles para presidente

Antigamente quem fazia eleição era televisão e radio. No momento do debate cada candidato era confrontado aos outros e podia mostrar ou tentar de explicar o que ele queria para o Brasil. Agora com as redes sociais a coisa ficou mais disputada. Sempre pensei que em realidade com uma oferta tão larga quem ganhava eleição era jingle. Qual é a musica que vai vender o presidente o Brasil en 2018 ? Aposte no bom cavalo, na boa chapa, aposte na escuderia certa. Concorrem para o cargo supremo 13 candidatos a presidente e 13 candidatos a vice presidente. 13 chapas envolvendo um total de 31 partidos. Muito matagal, muita sauva para pouca coisa. O negócio é ter tempo de antena, maior a coligação maior o tempo na televisão e no rádio no horário oficial da propaganda eleitoral gratuita a partir do dia 31 de agosto até o dia 4 de outubro. Ai o negócio é aparecer nos debates entre candidatos organizados pelas teves onde o tempo de fala é igual já que na campanha eleitoral gratuita é desigualdade assumida.

Desde o dia 16 de agosto a propaganda eleitoral começou. E aí começou a verdadeira folia : comícios , passeatas, carreatas, propaganda na internet, distribuição de material gráfico , adesivos, outdoors. Primeiro turno em 7 de outubro, propaganda eleitoral do segundo turno inicia dia 12 de outubro, segundo turno dia 28 de outubro. Estarão em disputa também governadores estaduais, senadores, deputados federais, deputados estaduais.

Quem tem o melhor jingle ? Que jingle vai mexer com o povo ? Forró , xote, sertanejo, marchinha ?

Por ordem alfabética (até a decisão final e homologação dos pedidos de registros dos candidatos pela Justiça no dia 17 de setembro):

Alvaro (Podemos) (vice Paulo, PSC). coligação Mudança de Verdade :Podemos, PSC, PRP, PTC (4 partidos)

Benevenuto Daciolo (Patriota) (vice Suelene) (1 partido)

Ciro (PDT) (vice Katia) coaligação Brasil Soberano: PDT/Avante (2 partidos)

Geraldo (PSDB) (vice Ana Amelia, PP) coligação Para Unir o Brasil: PSDB, PP, DEM, PR, Solidariedade,PRB, PSD, PTB, PTS (9 partidos)

Guilherme (PSOL) (vice Sônia, PCB) coligação Sem Medo de Mudar o Brasil !: PSOL, PCB (2 partidos)

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Henrique (MDB) (vice Germano, PHS) coligação Essa é a Solução: MDB, PHS (2 partidos)

Jair (PSL) (vice Hamilton, PRTB) coligação Brasil Acima de Tudo, Deus Acima de Todos: PSL, PRTB (2 partidos)

João (Novo) (vice Christian) So o Novo é novo (1 partido)

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João (PPL) (vice Léo) Quem gosta do Brasil vota nele ! (1 partido)

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José Maria (DC) (vice Hélvio) (1 partido)

Luiz Inacio (PT) (vice Fernando) coligação O Povo Feliz de Novo: PT, PCdoB, PROS, PCO (4 partidos)

Marina (Rede) (vice Eduardo PV) coligação Unidos Para Transformar o Brasil : Rede, PV (2 partidos)

Vera Lucia (PSTU) (vice Hertz) : Operaria, Negra, Popular e Socialista, A Cara da Revolução (1 partido)

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Macunaíma, (soap) opéra tupi en Ursa Major

Macunaíma c’est le chef d’oeuvre de Mário de Andrade (1893-1945) publié au Brésil en 1928. Cet ouvrage foisonnant a dû attendre 51 ans pour avoir une traduction en français (Flammarion 1979, traduction de Jacques Thiérot, 246 pages, avec une préface du poète brésilien Haroldo Eurico Browne de Campos (1929-2003). En 1997 une édition critique coordonnée par Pierre Rivas est publiée par Stock/Unesco qui revoit et corrige la version de 1979 et l’enrichit d’un glossaire (le total de pages se porte désormais à 345 pages. Notre compréhension de Macounaïma s’enrichit donc d’un tréma et d’un o et e 99 pages . Ce héros sans caractère, fils de la peur de la nuit, indien Tapanhumas, selon les termes mêmes du titre naît dans la Forêt Vierge de Uraricoera et finit constellation, satellisé dans la Grande Ourse. C’est donc l’histoire d’un voyage magique où l’indien change de peau comme de chemise. On croit ce Candide noir, mais le voilà tout-à-coup blanc aux yeux bleus à la faveur ou défaveur d’une pluie ensorceleuse, puis insecte, puis poisson puis même canard. Cette odyssée picaresque en incarnations successives s’apparente en surface au Gulliver’s Travels de Jonathan Swift, à Le tour du monde en 80 jours, de Jules Verne, à Moby Dick de Hermann Melville, voire In the Heart of Darkness de Joseph Conrad. Ce n’est pas non plus un voyage individuel car Macunaíma voyage avec ses deux frères Manaape (le noir) et Jiguê (le mulâtre). Oh le but de ce voyage riche en péripéties et personnages étonnants c’est São Paulo avec une petite pause à Rio de Janeiro. Étrange voyage à rebours qui mène du monde dit sauvage au monde dit civilisé, du monde dit primitif au monde dit supérieur, alors que tous les autres voyages cités ont un parcours entendu de la civilisation au sous-monde. On sort de la lumière du progrès de l’ordre pour se confronter aux ténèbres, au sauvage, à l’imprévu, aux rites magiques des pombagiras. En ce sens le périple de Macunaíma et de ses frères est une gageure. C’est une quête mais non une quête d’idéal, c’est la quête du muiraquitã, la pierre sacrée qui donne le pouvoir, qui donne l’identité. Tout ce voyage est en quelque sorte une quête d’identité qui s’achève en eau de boudin dévoré par une iara mangeuse d’hommes et en même temps un parcours initiatique à la modernité : les machines, la politique, les classes possédantes, la guerilla urbaine, le racisme. Or lors de son retour il se fait voler cette pierre et donc revient au pays, à la case départ les bras ballants. Pas étonnant alors que les dieux l’envoient balader dans une autre dimension. Les dieux de tout acabit et de toute dénomination qui sont les véritables héros de cette fable baroque, où se croisent et se décroisent aux détours des chapitres les mythes, le ludique, le grotesque, le sexe, le cannibalisme et l’oraliture. C’est un feuilleton, un soap opéra grotesque et merveilleux, fourmillant et virevoltant. Ce n’est pas à travers un fleuve linéaire que se déroule l’intrigue. Non l’intrigue ne se déroule pas, elle se déroute. Panurges, Pantagruels, Gargantuas de toutes textures et de toutes tessitures sont convoqués et interviennent par leurs touches quand elles ne laissent pas des Sanchos Panças, Ulysses et Marcos Polos desvairados le faire. Les rires fusent et se figent. Est-ce vraiment d’une comédie qu’il s’agit ? Ou serait-on en face d’un western feijoada ou d’un thriller moqueca. On a beau convoquer Till de De Coster et Panurge de Rabelais on se retrouve non pas dans Les Mille et Une Nuits mais Les Mille et Un Hamacs aux couleurs chatoyantes comme les plumes d’un perroquet infini. VEI, CY, Macunaima, astres merveilleux de cette fable herzogienne nous semblent des Fitzcarraldo déjantés et descarados de la Grande Ourse qui prend tout à coup les formes d’un perroquet ou d’un toucan..

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L’ouvrage a eu une adaption pour le cinéma en 1969 par Joaquim Pedro de Andrade avec la participation de Grande Otelo (Macunaíma noir, le fils de Macunaíma), Paulo José (Macunaíma blanc, la mère de Macunaíma), Jardel Filho (Venceslau Pietro Pietra), Dina Sfat (Ci), Milton Gonçalves (Jiguê), Rodolfo Arena (Maanape), Maria do Rosário, (Iquirí), Joanna Fomm (Sofara), Rafael de Carvalho (Caapora), Nazareth Ohana, Zezé Macedo, Wilza Carla, Myriam Muniz (femme de Venceslau), Edy Siqueira, Carmem Palhares, Maria Clara Pelegrino (bonne de Venceslau), Waldir Onofre, Hugo Carvana (homme au canard), Maria Leticia, Guara Rodrigues (Bum) (sous le nom de Guaracy Rodrigues), Maria Lucia Dahl (Iara), Tite de Lemos (voix du narrateur), Leovegildo Cordeiro, Márcia Tânia, Maria Carolina Withaker

La bande originale est composée de Hetor Villa-Lobos , Borodine, Strauss,

Mandu Sarará, de Mario de Andrade et Jards Macalé ,

Tapera Tapejara, de Mario de Andrade et Jards Macalé

Cecy e Pery, de Principe Pretinho avec Dalva de Oliveira

Sob uma cascata, de Francisco Alves

E papo firme, de Renato Correa et Donaldson Gonçalves avec Roberto Carlos

Arranha-Céu, de Orestes Barbosa et Sílvio Caldas, avec Silvio Caldas
Cinderela, de Adelino Moreira avec Angela Maria

Respeita Januario, de Luiz Gonzaga et Humberto Teixeira, avec Luiz Gonzaga

Mulher, de Custodio Mesquita et Sady Cabral, avec Sílvio Caldas

Manganga, de Geraldo Nunes, avec Wilson Simonal,

Toda Colorida, avec Jorge Bem

As tuas Mãos, de Pernambuco et Antonio Maria

Paisagens da minha terra, de Lamartine Babo, avec Francisco Alves

En 1973 cette samba enredo Macunaima de Norival Reis et Davi Antônio Correia est chantée par Clara nunes

Samba enredo do Portela lors du carnaval 1975 :

Portela apresenta

folclore tradições

Milagres do sertão à mata virgem

Assombrada com mil tentações

Cy, a rainha mãe do mato, oi

Macunaíma fascinou

Ao luar se fez poema

Mas ao filho encarnado

Toda maldição legou

Macunaíma índio branco catimbeiro

Negro sonso feiticeiro

Mata a cobra e dá um nó

Cy, em forma de estrela

À Macunaíma dá

Um talismã que ele perde e sai a vagar

Canta o uirapuru e encanta

Liberta a mágoa do seu triste coração

Negrinho do pastoreio foi a sua salvação

E derrotando o gigante

Era uma vez Piaiman

Macunaíma volta com o muiraquitã

Marupiara na luta e no amor

Quando para a pedra para sempre o monstro levou

O nosso herói assim cantou

Vou-me embora, vou-me embora

Eu aqui volto mais não

Vou morar no infinito

E virar constelação

Adaption pour le théâtre aussi grâce à Antunes Filho et la Companhia Paulista de Teatro en 1978

Une adaption en opéra tupi en 2008 par Iara Rennó avec la participation de noms illustres comme Tom Zé, Tetê Espíndola, Anelis Assumpção, Funk Buia, Siba, Moreno Veloso, Buguinha Dub, Barbatuques, Arrigo Barnabé, Kassin, Maurício Takara, Daniel Ganjaman, Alexandre Basa, Beto Villares, Benjamin Taubkin, Quincas Moreira, Toca Ogã, Da Lua, Bocato, Fuloresta, Dante Ozetti,

Un disque en est sorti Macunaíma, ópera tupi avec comme morceaux Macunaíma 5’36, Mandu Sarará 4’40, Nina Macunaima 4’49, Conversa 4’02, Quando mingua a Luna 3’56, Jardinheiro, Naipi, Bamba querê, Dói Dói Dói, Na Beira do Uraricoera, Valei-me, Ruda, Tapera, Boi

On a même eu un opéra ballet en 2014 avec cette même Iara Rennó

Bata me um abacate, viu, seu Macunaíma

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Rá, rá, rá, como fala o santo « se eu soubesse » ou sei lá o nome do dito cujo. Eita gente eleição à vista ! Embora cantar então, cantar o eleitor claro. Todo eleitor, sabia, tem cara bonita e respira o Brasil antes da eleição. Depois é outro departamento. Mas tudo bem. Aquele Macunaíma sem caráter já falava no seu tempo, aliás já em 1928, pouca saúde e muita saúva, os males do Brasil são. Ele nem nome tinha mas votava sim ! Ordem e Progresso, é outra coisa ! Né Itamar ! Vamos cantar juntos Adeus Planalto !

Eu não nasci e não vivo no Brasil, então

Eu fui a Brasília pra no Planalto

Beber abacatada

Fui pra beber, não bebi, que decepção senti

Bebii quase nada.

Eu não comi Vei, a Sol, muiraquitãs nem cunhãs

Urraricoera

Eu não comi Piaimã, não comi Uiara, Capê

Comi quase nada

Eu não provei Cuianogue, não provei Ci nem Nhamundá,

Macunaíma,

Eu não provei Imperador, não provei nem Mato Virgem

Provei quase nada

Eu fui a Brasília pra no Planalto

Me encher com abacate

Fui pra encher, não enchi, que decepção senti

Comi quase nada.

Eu não comi Maanape, nem Jiguê nem

Cobra preta, Ai que preguiça

Sauva também não comi , lua, India Tapamunhas

Comi quase nada

Eu não belisquei Rio Negro, ilha de Marapatá

Nem Icamiabas

Eu não belisquei Ursa Maior, Grande Otelo nem Paulo José

Belisquei quase nada

Eu fui a Brasília pra no Planalto

Bicar no abacate

Eu fui pra bicar, não biquei, que decepção senti

Biquei quase nada.

Não papei o Venceslau Pietro Pietra nem Sofara

Ai que preguiça

Eu não papei Joana Fomm, Milton Gonçalves nem Myriam Muniz

Papei quase nada

Não engoli preto retinto, filho do medo da morte

Nem Caapora

Não engoli ordem nem progresso, herói da nossa gente,

Engoli quase nada

Masturbation carbonique: vin excentrique sans cochonnerie, rouge tranquille et naturel. Ne rend pas sourd.

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Avis à la population ! Patasophes, oenopathes et autres gastronomes avides de pata negra, rapides du gland et à la masturbation carbonique exacerbée, Bruxelles vous accueille les bras ouverts. Le Gland sévit rue de l’Association au numéro 12. Metro  Botanique 0493649334

Ils préviennent d’entrée par la bouche de Pierre , le gérant.:

Nous ne sommes  ni glandeurs ni obsédés… Mais le gland est la nourriture de base de cochons , de sangliers et d’autres animaux « balanophages », qui sont à la base de nos produits artisanaux.

Les vins sont sans sulfites issus de l’agriculture bio-dynamique. D’ailleurs c’est ainsi que je me suis intéressé à eux. Leurs bouteilles s’étalaient en vitrine avec la mention vins naturels. Je dois dire que je m’y perds un peu entre

a) vins biologiques,

b) vins biodynamiques (selon la définition de l’autrichien  Rudolf  Steiner vers 1920 qui considère qu’il faut prendre en compte l’influence de la lune, de la terre et u soleil pour faciliter le développement de la plante et lui permettre de se défendre naturellement . Les soins aux plantes sont effectués par  macération ou dilution de plantes ou minéraux)

c) vins naturels.

J’aime bien le mot  vins étonnants ou vins chez nous

Je dois avouer que ce qui a retenu mon attention en passant devant Le Gland pour me rendre  à mon appart- hotel situé un peu plus haut dans la même rue,cela a été le nom du vin Masturbation Carbonique 2016.. avec les mentions suivantes sur la bouteille : appellation vin de table avec 4 chaises. Le vigneron c’est Alban Michel, le  cépage c’est ici du carignan, là du Syrah, là du Grenache ou du Cinsault.. Ni dieu ni maître ni sulfate, nous dit-on ! Pinard is not dead. Vin rouge tranquille produit par Les Sabots d’Hélène à 11150 Feuilla (Aude). Produit issu de l’agriculture  biodynamite. Vin non filtré, non collé, vigne et vin sans chimie, sans soufres, donc vivant. Alcool 13%. En cherchant un peu je m’aperçois que le Domaine les  Sabots d’Hélène (4, 5 ha) a  produit d’autres cuvées aux appellations excentriques et épicuriennes: La mauvaise réputation en 2014 (vin rouge tranquille ), L’Alternapif en 2015 (vin rouge tranquille), Ovni Tender en 2015 (vin rouge moelleux tranquille), Anticonstitutionnelement en 2017 (blanc), Ni dieu ni maître ni sulfite, du raisin et basta, 2016 (vin rouge tranquille), Liberterre 2016 (vin rouge tranquille), Plus Noir que Rouge 2015 (vin rouge tranquille)

Bien avant 2016 et cette cuvée Masturbation carbonique Jean-Marie Guffens, un vinificateur du Mâconnais, avait eu ce mot en 2008 évoquant le beaujolais nouveau obtenu par macération semi-carbonique :

« c’est de la masturbation carbonique. »

C’est assez savoureux de voir désormais ce mot qui servait à décrire des vins sucrés, levurés, filtrés, turbinés, en un mot merdiques et sulfureux, servir pour désigner un vin biodynamique.

Ces vins décalés , étonnants se négocient autour de 10 € les 75 cl. Ces vins de chez nous et d’ailleurs sont produits par de plus en plus de vignerons à travers la France, l’Espagne et l’Italie.

En Alsace : Domaine Christian Binner, Domaine Pierre Frick, Domaine Julien Meyer, Jean-Pierre Rietsch

En Auvergne: Pierre Beauger,Patrick bouju,François Dhumes, Vincent Marie – No control, Jean Maupertuis,

En Aveyron : Nicolas Carmarans, Patrick Rols

En Beaujolais: Domaine Chamonard, – JC Chanudet, Domaine Marcel Lapierre, Jean Foillard, Philippe et Catherine Jambon,  Château Cambon – Marie Lapierre, JUean-Claude Lapalu, Jerôme  balmet,Remi Dufaître,Sylvère trichard – séléné, Clotaire Michal

En Bordeaux:  Château Le Puy, Château Meylet

En Bourgogne:Les vignes du Maynes,  Dominique  Derain, Catherine et Gilles Vergé, Alice et Olivier de Moor, Domaine  Philippe valette, Domaine de La Cadette, Julien Cruchandeau, Sarnin Berrux, Domaine Sextant, Domaine Clair Obscur, Domaine Guillemot Michel,

En Bugey: Domaine Renardat Fache, La vigne du Perron

En Champagne: Champagne Larmandier Bernier,Champagne val frison,

Corse: Domaine de Vaccelli

Espagne: Partida Creus, Mendall – Laureano Serres, Oriol Artigas Sanchez

Italie: Cascina Tavijn, Azienda Le Coste, La Stoppa, Giulio Armani – Denavolo, Radikon

Jura: Philippe Bornard, Domaine des Bodines, Valentin Morel – Les Pieds sur Terre, Les Bottes Rouges

Languedoc:  Maxime Magnon, Emile Heredia – Montrieux – Les Dimanches, Domaine Fontedicto,Le Petit Domaine de Gimios,Clos Fantine,Julien Peyras, Jean-François Coutelou,Nana vins – Nathalie Gaubicher,Domaine Léon Barral, Le Petit Domaine, Yannick Pellletier, Rémi   Poujol – Le Temps Fait Tout, Olivier Cohen, Domaine Opi d’Aqui

Loire: Sébastien Riffault ,  Domaine René Mosse, Le Clos du Tue-Boeuf,  Domaine des Griottes, Noëlla Morantin, Alexandre Bain, Claude Courtois – Les Cailloux du Paradis,Les Vins Contés, Bruno Aillon, Les Capriades, Frantz Saumon, Pierre Olivier Bonhomme, Domaine la Sénéchalière, Domaine Le Briseau, Julien Courtois, La Grange aux Belles, Hervé Villemade, Domaine La Paonnerie, François Saint-Lô, Domaine La Piffaudière, La Porte Saint-Jean, Michel Autran

Rhône : Le Raisin et l’Ange,Domaine gramenon, Eric Pfifferling – L’Anglore, Hervé Souhaut, Dard et Ribo, Hirotake Ooka – La Grande Colline, Domaine Mouressipe, Maxime françois Laurent, Thierry Allemand, Les Maoù, Balazu des Vaussières, Domaine philippe Viret, Les Frères Soulier, Domaine de Villeneuve, Mas de Libian, Andrea Calek, Sylvain bock, Le Clos des Grillons, Frédéric Agneray, Valentin Vallès,

Roussillon: Domaine Léonine,Les Foulards rouges – Jean-François Nicq, Bruno Duchêne, Loïc Roure – Domaine du Possible , Vinaigrerie La Guinelle, Domaine Potron Minet, Jean-Louis Tribouley, Domaine Yoyo,Vinyer de la RucaAlain Castex – Les Vins u Cabanon, Casot de Mailloles, Le Collectif Anonyme, Domaine Rivaton, Domaine Le Temps Retrouvé, Domaine carterole, La Cave des Nomades, Domaine Le Bout du Monde,

Savoie: Marie et florian Curtet (Jacques Maillet)

Sud-Ouest: Château Lestignac, Bordes Lubat – François Lubat, Domaine de Souch, Domaine Flageoles

Dans un pays où 60 substances (entre additifs ou pesticides) sont autorisées à des taux plus ou moins élevés, causant allergies et réactions hypersensibles, dans un pays où on utilise, le lait, les oeufs, le poisson le blé pour donner des arômes au vin, dans un pays où on peut retrouver des fungicides et es insecticides dans du vin, du Thiophanate-methyle cancérigène, dans un pays ou on peut ajouter de l’acide ascorbique, du soufre, des levures à la tire à larigot pour élever son vin, lui donner des arômes de banane, de fraise ou d’ananas, on ne peut plus dire que le vin est un aliment naturel.. Moi je dirais avec Malcom Gluck du Guardian que le vin c’est comme une boisson gazeuse , ni plus ni moins, sauf qu’il contient de l’alcool. On peut comprendre que les producteurs vinicoles luttent bec et ongles pour que les substances qui intègrent leur moût soient secrètes.

pour que la vinification soit naturelle il faut zéro SO2, zéro levures, zéro intrants et 100 pour cent de raisins. il arrive  qu’il y ait un sulfitage exceptionnel mais à l’intérieur de la limite de 2 grammes par hectolitre maximum

Les vignerons sains, vraiment S.A.I.N.S  (sans aucun intrant ni sulfites) sont Opi d’Aqui (34800 Clermont l’Hérault,Languedoc-Roussillon), Marena, Mas Pares, tous adeptes des vins naturels

Un vin  pour être it naturel et recevoir le label AVN doit répondre à un cahier de charges très rigoureux

1 traçabilité (déclaration de récolte, cahier  de cave, cahier d’embouteillage, analyses des vins)

2 Vendange manuelle

3.pas de pasteurisation

4.pas d’enzymage

5. pas de chaptalisation (aucune addition de sucre

6 concentration du moût entier interdite

7 levures indigènes uniquement (pour la fermentation alccolique) prodouits par le raisin lui m^me, pied de cuve. Pas e levures exogènes

8 cliquage non autorisé (nutriments pour levures non autorisé)

9 bactéries malolactiques indigènes uniquement  (pour la réduction biologique des acides)

10 conservation par le SO2 (pas d’emploi de SO2) (le soé2 favorise la conservation et empêche l’oxydation)possibilité dans un premier temps pour ceux qui souhaitent à terme arriver à zéro sulfites d’avoir pour les vins rouges jusqu’à 10 mg \l de SO2 total, pour les vins blancs jusqu’à 20 mg\l à l’analyse après mise en bouteille. Mais pas de qualificatif de vin naturel ni apposition du logo AVN

11 pas de stabilisation tartrique

12 pas d’intrant comme agent de collage (blanc d’oeuf, albumine de poisson, sang frais, gélatine, caséine, bentonite)(pour corriger l’excès de tanin)

13 Filtration interdite

14 pas de régulation de l’acidité

15 pas de boisage, tanisage (les tonneaux en bois sont autorisés pour l’élevage. Les ajouts de bois au vin au moût est interdit. Pas d’ajout de tanins (extraits atomisés de bois utilisé sur moûts (pour faciliter la clarification) ou sur vins (pour renforcer la structure phénolique) aux vins blancs et rosés afin de faciliter le collage

16 Inertage interdit

17 micro-oxygénation interdite

18 nettoyage à l’eau, à la vapeur ou mécanique obligatoire

19 utilisation de capsules  en inox au lieu de bouchons de liège pour éviter toute déviation organoleptique

Quel dommage ! Le Gland est fermé du 6 au 22 août ! Ce sera donc pour une prochaine fois à moins que je ne trouve en Grèce ou en Guadeloupe, mes prochains lieux de villégiature,  vigneron naturel patasophe et oenopathe ! Alors on philosophera ibériquement autour de pata negra d’anthologie

 

R-E-S-P-E-C-T (In Memoriam,Memphis, Tennessee,1942-2018, Detroit, Michigan)

chanteuse-Aretha-Franklin-Philadelphie-Etats-Unis-juillet-2017_0_729_486

Aujourd’hui 16 août je suis en deuil. Ma sister est morte ! R-E-S-P-E-C-T et je verse des larmes de soul que je n’aurai  sans doute pas versées pour l’une de mes  sisters aînées, si j’en avais eu une ! Car Aretha c’était la grande soeur que je n’ai pas eue un peu comme Dionne Warwick et Diana Ross et comme Otis Reeding était mon grand-frère ainsi que Smokey Robinson , James Brown et Stevie Wonder. C’était ma famille ! My soul family ! Ma famille d’âme ! D’ailleurs ils étaient interchangeables: Otis créa Respect et Aretha reprit le titre à sa façon avec ses mots et sa vibration féminine. De la même façon Dionne chanta avant elle I Say a Little Prayer mais c’est Aretha qui finit avec le temps à personnifier cette chanson. Aretha Franklin from Detroit. Femme noire ! Négresse femme ! Négresse noire  !! A-R-E-T-H-A Find out what it means to me/ A-R-E-T-H-A Take care Louise ! FANM DOUBOUTT ! RIP sista !

RESPECT (

oo) What you want

(oo) Baby, I got

(oo) What you need

(oo) Do you know I got it?

(oo) All I’m askin’ (

oo) Is for a little respect when you come home (just a little bit)

Hey baby (just a little bit) when you get home (just a little bit) mister (just a little bit)

I ain’t gonna do you wrong while you’re gone

Ain’t gonna do you wrong (oo) ’cause I don’t wanna (oo)

All I’m askin’ (oo)

Is for a little respect when you come home (just a little bit)

Baby (just a little bit) when you get home (just a little bit)

Yeah (just a little bit)

I’m about to give you all of my money

And all I’m askin’ in return, honey

Is to give me my propers

When you get home (just a, just a, just a, just a)

Yeah baby (just a, just a, just a, just a)

When you get home (just a little bit)

Yeah (just a little bit)

—— instrumental break ——

Ooo, your kisses (oo)

Sweeter than honey (oo)

And guess what? (oo)

So is my money (oo)

All I want you to do (oo) for me

Is give it to me when you get home (re, re, re ,re)

Yeah baby (re, re, re ,re)

Whip it to me (respect, just a little bit)

When you get home, now (just a little bit)

R-E-S-P-E-C-T

Find out what it means to me

R-E-S-P-E-C-T

Take care, TCB

Oh (sock it to me, sock it to me, sock it to me, sock it to me)

A little respect (sock it to me, sock it to me, sock it to me, sock it to me)

Whoa, babe (just a little bit)

A little respect (just a little bit)

I get tired (just a little bit)

Keep on tryin’ (just a little bit)

You’re runnin’ out of foolin’ (just a little bit)

And I ain’t lyin’ (just a little bit) (re, re, re, re) ‘spect

When you come home (re, re, re ,re)

Or you might walk in (respect, just a little bit)

And find out I’m gone (just a little bit)

I got to have (just a little bit)

A little respect (just a little bit)

I Say a little prayer (1968)

Daddy Cool funkin’ for Rotterdam

J’ai une fille qui va avoir quarante ans dans un peu plus de six mois. Elle m’appelle Daddy Cool.

Autrefois on aurait dit qu’elle avait trente neuf ans et demi. Elle dit avoir 39 ans. Et mesurer un mètre cinquante neuf et demi.

Et aujourd’hui Daddy Cool arrive à Rotterdam avec sa princesse consort pour rendre hommage à sa princesse aînée. Cette princesse batave habite Rotterdam, après avoir vécu à Maisons-Alfort, Avilly-Saint- Léonard, Chantilly, Fosses, Utrecht, Bilthoven, Arnhem, Amsterdam, London car elle est néerlandaise. Je ne sais pas si dire qu’elle est néerlandaise suffit à lui rendre justice. Elle est française par son lieu de naissance et par la nationalité de son père, néerlandaise par la nationalité de sa mère, indonésienne par le lieu de naissance de sa mère et de sa grand-mère et de toute une flopée d’ancêtres , surinamienne par le lieu de naissance de son grand-père et de toute une flopée d’ancêtres , guadeloupéenne de par le lieu de naissance de son père et toute une flopée d’ancêtres , martiniquaise par le lieu de naissance de son arrière-grand-père et toute une flopée d’ ancêtres divers et variés.

J’imagine la difficulté de vivre avec tant d’héritages. Tant de richesses. Je ne crois pas que trop de richesses tue la richesse. Non je crois qu’une fois qu’on a recensé ces richesses il faut savoir en faire un usage parcimonieux. Il y a certes des concurrences de mémoires. Certaines peuvent être douloureuses. Toutes ont droit à la parole. Toutes coexistent. À nous de savoir en faire bon usage.

C’ est la première fois que je visite le cocon de ROTTERDAM. Charlois. Rotterdam c’est comme Manhattan, New York me dit-elle. D’après ce que j’ en sais, ce cocon il est spacieux, zen. Un chat dont je ne sais si c’est un persan, angora ou de gouttière peuple les lieux. En fait c’est une chatte British short hair qui répond au doux nom d’Orion. L’étoile. La chasseresse. Jager! Il y a un petit jardin semble-t-il. Nous resterons 3 jours. Erica est aux manettes pour l’organisation des réjouissances. Je naviguerai quant à moi entre les rôles de daddy cool et daddy hot.

Comme cadeau nous lui avons acheté deux livres en français un de Paulo Coelho intitulé Hippie. L’autre de Joël Dicker intitulé le Livre des Baltimore.

Elle adore le funk. Et principalement Tom Browne dans Funkin’ in Jamaica.

Elle danse, elle virevolte, elle est maîtresse en arabesques. Quand elle rit aux éclats elle resplendit de toute sa Baltimore attitude.

Et quand on lui demande: « where do you go from here? » elle répond inlassablement comme Nick Hakim:

I don’t know.