M’rengue à ne pas confondre avec merengue

Journée du patrimoine à M’Tsapere, faubourg de Mamoudzou, Mayotte. Au programme selon une affiche de 15 heures 30 à 18 heures ngoma y a gnombe avec le torero Koungue. Ce sera la corrida.

De 18 heures à 21 heures combat de rue à mains nues. Venez encourager vos champions. Ce sera l’occasion heure du mrengue. Renseignements pris le m’rengue c’est la boxe mahoraise. Rien à voir avec le merengue, la danse latino de Santo Domingo au rythme entraînant et hyper rapide. Renseignements pris il y a des tambours qui battent tout au cours des combats. Le sang va couler, c’est sûr. Mais coupe-t-on les oreilles des mrenguerriers vaincus, ou leur rabote-t-on la queue ? Qui donne le coup de grâce? Au bout de combien de banderilles plantées dans l’échine du mrenguerrier peut-on le percer entre les deux yeux de son glaive ? Sert-on dans les restaurants du ragoût de m’renguerrier? Voici les questions que je me pose avant de visionner cette vidéo.

En voilà du patrimoine immatériel à vendre et revendre.

Irma la Hurricane m’a tuer ou plutôt Ouragan Irma m’a tuer Irma la Douce

Avant de connaître Irma, la hurricane, la cyclonique, l’ouragan, je n’avais connu qu’Irma la Douce.

Que ce soit en comédie musicale française sur une musique de Marguerite Monnot et sur un livret de Alexandre Breffort en 1956, que ce soit en comédie musicale version anglaise en 1958 dans l’East End ou en 1960 à Broadway j’étais éperdument amoureux de cette prostituée au grand coeur. Je me souviens encore de la chanson d’Irma.

« Y a rien à dire

Y a qu’a s’aimer

Y a plus qu’à se taire

Qu’à la fermer

Parce qu’,au fond les phrases

Ça fait tort à l’extase »

Ainsi chantait Colette Renard.

En 1963 Billy Wilder fit son remake cinématographique. Irma la Douce prit ainsi les traits de Shirley MacLaine qui remporta alors un Golden Globe de la meilleure actrice pour son rôle tandis qu’Andre Prévin remportait quant à lui l’Oscar 1964 de la meilleure adaptation musicale.

Dans le film de Wilder Jack Lemmon joue le rôle de Nestor Patou, un ancien policier, et de Oscar alias Lord X, son double qui, déguisé, tombe amoureux d’Irma qu’il doit disputer à son souteneur Hippolyte. Irma, bourreau des coeurs mythique, que tous achètent mais qui ne se vend à personne, bourreau doux, mais bourreau quand même qui souffle comme Irma la Hurricane 60 ans plus tard le chaud et le froid sauf que le décor n’est plus celui de la rue Casanova d’un Paris de carton pâte mais les environs du triangle des Bermudes. Les clients d’Irma 2017 ont pour nom Saint-Martin, Barbuda, Cuba, Florida. On est loin de la môme Irma ! Irma a pris du grade, est devenue mère maquerelle, mais les dégâts occasionnés sont identiques en 144 minutes. On est loin de Moustache et de Nestor le Fripé, ce dernier qualifié de « wreck of a mec ». Mais c’est le même langage, the language of love, the language of nature, ces forces irrésistibles qui nous tenaillent.

Aucune morale à en tirer si ce n’est celle-ci en franglais de 1963 :

Le grisbi is le root of  le evil in man.

Alors de là à analyser les responsabilités de l’Etat dans ce désastre force 5 exceptionnel vous comprendrez bien que je ne pourrai répondre comme Moustache (Lou Jacobi) que par la fameuse réplique: « But that’s another story. » Oui c’est une toute autre histoire. La suite au prochain épisode….cyclonique.

Entre Inde et Afrique

Entre Inde et Afrique la jeunesse de Mayotte danse le mgodro, le coupé decale, la danse indienne. Ici c’est Sheryl Isako et son Come  and Dance, featuring Clinton Hamerton, la c’est Watch out for this de Bumaye featuring Busy Signal, the Flexican et FS  O Green sur une chorégraphie  de Hangar Dancefloor. C’est encore Amitabh Bachchan et Shah Rukh Khan dans Say Shava Shava . 

Bollywood et Nollywood s’entrechevetrent, c’est un eternel cinema ou s’affrontent tradition et modernité, enracinement et allophonie.

Entre le film une famille indienne aux choreographies lechees et la danse dite coupe décalé aux choreographies osees on a deux versions d’une même volonte de s’ancrer dans un univers de couleurs chatoyantes, de sensualité et de rythmes assourdissants

Alors on danse ?

Rumɓu. Cheikh Mc ft. Mwenye Mmaɗi Hari pvanu we uamini Mungu Mfaume wah’oulemengu Ngoswali farudhwi hufungu Horohoni nɗ’eleshahaɗa rangu Sha hama hundjia mna ɓungu Ngotapalo dj’eyaremwa itsungu Mizi ipviala ha utungu hupatsa ngotowo moshi dja shungu [1] Tsandza nihuzie tsiuzisa rangu Tsamɓwa pvanu trumɓa lihuɗungu Hari ngelandzo lipishiwa djungu Ayi ɓo ! Sha ula mdzo tsi […]

My suitcase is on a magic carpet ride thru the heart of the polyphonic moons full of sega, maloya, salegue, tsapiky, m’godro, reggae, zouk & afrobeat

Mayotte, mon île de la mort au centre des îles de la lune est sans doute aussi polyphonique que ses voisines de l’Océan Indien à savoir pour moi (Comores, Madagascar, Tanzanie, Kénya, île de la Réunion, ile Maurice, Rodrigues, Seychelles, voire Afrique du sud) . J’ai déjà entendu parler de séga et de maloya, ainsi […]