Sexe, paradis et interjections

Au summum du plaisir croyants comme incroyants, athées comme agnostiques, pratiquants comme non pratiquants ont à leur disposition dans toutes les cultures pour leurs soupirs, gémissements, râles et autres chuchotements toute une gamme d’interjections lubriques pour se signifier à soi entre spasmes et couinements subtils comme à leur partenaire qu’ils atteignent le paroxysme du plaisir. Il n’y a pas que les hummmmmmm, les ouille ouille ouille, les aïe aïe aïe, les oh oui, les ah, les woye, les waye créoles. Il n’y a pas que les lekker hollandais, les que rico espagnols, les ik kom klaar hollandais encore, les kwa kwa kwa des Indiens Matis d’Amazoni ou les ino ino ino (jaguar jaguar jaguar) de leurs voisins les Indiens Marubo. La panoplie est bien plus large pour évoquer cet instant flottant entre souffrance et plaisir. On invoque souvent alors à l’heure de l’orgasme des divinités, des prophètes, des saints et des saintes. On peut même jouir en latin comme dans une prière par un Gloria, un Hosanna ou un Alléluia.

Que celui qui n’a jamais murmuré bondyéségné ou oh mon dieu au moment de l’extase me jette la première pierre. Oh Doux Jésus peut gémir celle en qui on vient de faire rugir le petit Jésus dans la crèche. Sainte Vierge ! Ces figures tutélaires assaillent l’âme de celui qui jouit et qui sait que jouir est une petite mort et qu’avant de mourir il faut invariablement payer son tribut aux esprits. Nul ne peut avoir accès à ces mini paradis sur terre sans ces mots émis en plein vertige des sens. Jésus Marie Joseph crie l’un succombant presque sous les coups de boutoir des stimuli. C’est la même extase que celle de sainte Thérèse de Jésus sur la statue de marbre de Bernin (Gian Lorenzo Bernini) (1654) et celle de Marie Madeleine en extase au pied de la Croix de Guido Reni! C’est la même communion charnelle qui est proposée à travers l’ostie -chair et sang.

Que dit sainte Thérèse quand elle raconte son moment d’extase, appelé transverbération, moment où elle se fait transpercer par la lance bouillonnant de feu d’un ange chérubin et où la douleur et la mort confinent au plaisir:

« J’ai vu dans sa main une longue lance d’or, à la pointe de laquelle on aurait cru qu’il y avait un petit feu. Il m’a semblé qu’on la faisait entrer de temps en temps dans mon cœur et qu’elle me perçait jusqu’au fond des entrailles; quand il l’a retirée, il m’a semblé qu’elle les retirait aussi et me laissait toute en feu avec un grand amour de Dieu. La douleur était si grande qu’elle me faisait gémir; et pourtant la douceur de cette douleur excessive était telle, qu’il m’était impossible de vouloir en être débarrassée. L’âme n’est satisfaite en un tel moment que par Dieu et lui seul. La douleur n’est pas physique, mais spirituelle, même si le corps y a sa part. C’est une si douce caresse d’amour qui se fait alors entre l’âme et Dieu, que je prie Dieu dans Sa bonté de la faire éprouver à celui qui peut croire que je mens. ».

Mais d’où nous viennent ces spasmes de Sainte mystique. Comment cette extase, cette illumination, cette rencontré spirituelle, cette expérience numineuse se fait-elle chair et vocabulaire à travers les interjections ?

Ah interjections sans vous le coït serait océan de tristesse. Comment pourrions-nous autrement par le verbe partager l’émotion de la chair ? Parfois on manipule bien évidemment . On dit chéri ou chérie ou mon amour mais ce ne sont que des succédanés de chérubin comme ohmygosh est un succédané de oh my God.

Les interjections dites égophoriques ou endopathiques – telles que les décrit l’anthropologue Philippe Erikson dans le récent numéro 67 de la revue anthropologique Terrain consacré à la jouissance et intitulé Jouir? – sont selon moi des manifestations orales ancrées dans notre inconscient collectif aux frontières duquel la mort et la souffrance se livrent un duel arbitré par le désir inné de recherche du plaisir et de survie.

les cimetières mahorais ou la mort en nue-propriété

S’il y a quelque chose qui m’a frappé à Mayotte c’est la façon dont les gens traitent leurs morts. J’ai à ce sujet déjà évoqué ici la mort d’un voisin, Chéréli. Quant à leurs cimetières. j’ai déjà évoqué ici le cas du cimetière de Manzarisoa. C’est pour moi un cimetière abandonné, ou quasi abandonné. Enfin c’est l’impression qu’il m’a donné quand je l’ai vu pour la première fois au mois d’août dernier. Maintenant en pleine saison des pluies c’est la jungle. Là où je croyais en août voir un cimetière d’esclaves étant donné l’extrême dénuement du lieu et l’anarchie apparente je me retrouve maintenant en pleine jungle équatoriale et pourtant on est bien loin de l’équateur. Disons plus prosaïquement qu’on se croirait en pleine brousse. Les herbes ont poussé de façon exponentielle et on ne distingue plus une tombe en pleine terre de l’autre. Il n’y a pas un signe ou alors il est extrêmement discret pour différencier une tombe de l’autre, pas de fleurs, pas de plantes vertes en pots, pas de poèmes, pas de photos, pas de plaques, pas de stèle, pas de mausolée, pas un croissant, pas de bougie, pas une lune, pas une prière du Coran. tout juste peut-on lire le nom et le prénom du défunt.

La mort est en nue propriété en terre musulmane ! Il n’est pas interdit d’aller vénérer un mort sur sa tombe mais cela ne se fait pas. Le mort a droit à ses moments forts au sein de la maison familiale encadrée par les dignitaires et les fidèles de la mosquée mais le cimetière n’est pas un lieu de promenade. On fait certes certaines exceptions pour le tombeau du Prophète (qui ne se trouve techniquement pas dans la mosquée mais sur une pièce attenant à la mosquée qui était l’appartement de sa femme Aicha et qui fait partie de la mosquée actuelle à Médine) ou le tombeau de Moïse qui serait en Cisjordanie sur le mont Nébo, haut lieu de pélérinage, mais nul ne s’aventurerait à prier sur la tombe de la mère du prophète, Sayda Amina Bint Wahb, qui était polythéiste alors que le prophète lui_même le faisait. en fait on peut prier pour un mort mais pas l’invoquer comme on invoque un esprit

J’ai pu toutefois constater que l’endroit qui est planté d’ arbres à pain est souvent envahi par des enfants qui dépouillent les arbres de leurs fruits et les grilles qui en août séparaient la rue adjacente du cimetière sont aux trois quarts défoncées.

Bref le cimetière n’est pas un lieu de promenade. On n’aime pas trop frayer avec la mort, symbole de l’effroi. Il n’y a pas ici de carré musulman comme en métropole avec des tombes bien alignées. Ici on considère que 100 pour cent des habitants sont musulmans donc les catholiques, les chrétiens, les juifs, les bouddhistes les autres religions sont incités à se faire enterrer ailleurs. De la même façon la plupart des mahorais qui décèdent en métropole choisissent de se faire rapatrier post mortem à Mayotte pour avoir des funérailles et un cimetière en adéquation avec leur culte.

Très bien qu’on laisse faire la nature, très bien qu’on ne différencie pas dans la mort le riche du pauvre, mais il y a dans certaines villes un cimetière pour enfants et un pour adultes, mais que faire des non-croyants. Il y a à Petite Terre un cimetière catholique hanté par les frangipaniers et l’ylang-ylang. Ici l’enterrement doit être réalisé dans les vingt-quatre heures alors que la loi française demande avant l’ensevelissement ou la crémation un minimum de vingt-quatre heures après que le décès ait été constaté. De plus l’incinération comme l’autopsie sont interdites. Il faut laisser le corps dans son intégralité. Les pratiques de lavage du corps sont codifiées. on doit entourer le corps de l’homme de 3 couches de linceul, celui de la femme de cinq. Le corps est ensuite transporté entre la mosquée et le cimetière dans un cercueil mais est ensuite jeté en pleine terre. Seules quelques pierres matérialisent la tombe et l’enterrement peut être réalisé de jour comme de nuit.

Pourtant à Tsigoni où se trouve la plus ancienne mosquée de Mayotte, une mosquée swahilie comme celles de Domoni a Anjouan ou Tongoni en Tanzanie en pierre de corail dont le mihrab daterait de 1538 on trouve des tombes shiraziennes (ex Perse, Iran d’aujourd’hui), deux mausolées tournées vers la qibla qui seraient les tombes  de la femme et de la fille du sultan Haissa, lui-même fils du sultan Mohammed à Anjouan. Ailleurs pas très loin de Tsingoni en direction de Combani  se trouve le Tombeau du Premier Arabe. Il y a donc en terre musulmane des tombeaux plus sacrés que d’autres. Comme celui encore de la pointe Mahabou où repose le sultan Andriantsiouli  devenu Andriamangavakarivo dans le monde des esprits, qui vendit Mayotte à la France. Au pied de ce tombeau on célèbre des maoulida shengé, des douas, des badris, des roumbos où les ziyaras sont invoqués

Les femmes mariées devenues veuves portent le deuil pendant la période de viduité (idda) qui est de 4 mois et 10 jours sauf si elles sont impubères ou ménopausées auquel cas le délai se trouve ramené à 3 mois. Dans cette période la femme doit continuer d’habiter dans le domicile conjugal, ne peut découcher, ne peut porter de parure, se teindre les cheveux, mettre du khol autour des yeux, porter du rouge ou du jaune, porter du parfum, du fard, etc Le noir n’est pas la couleur du deuil en terre musulmane, mais le blanc. En dehors de son mari la femme a 3 jours de deuil à sa disposition. autant que les hommes, trois jours, quelque soit la situation matrimoniale. Le deuil de la femme enceinte cesse le jour de l’accouchement.. J’ai vu de nombreuses femmes vêtues de strict noir et coiffées de voiles mais ce sont là selon moi des femmes qui pratiquent un des différents cultes un peu plus radicaux de l’islam local.

L’idée qui m’est chère de me faire ensevelir dans la mer n’ est acceptée par l’islam qu’en cas d’impossibilité absolue d’enlever dans la terre. Inhumation en eaux marines ou en rivières. Mais pas d’aquamation please.

Esclavage, vice-championne du carnaval de Rio 2018

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Il y a de cela presque 130 ans le 13 mai 1888 la loi Aurea était promulguée au Brésil par la princesse régente Isabel. Elle avait été précédée en 1871 par la loi du ventre libre qui déclarait libres les enfants nés d’esclaves. Avec cette loi l’esclavage était aboli. Le G.R.E.S Paraiso do Tuiuti,  originaire de la favela du même nom dans le quartier de São Cristovão, vice-championne du carnaval 2018, a enchanté les tribunes au moment du défilé des écoles de samba sur l’avenue Marques de Sapucai avec cette question qui taraude encore de nombreux Brésiliens de toutes couleurs. Quelle que soit la teinte de l’arc-en-ciel qui nous caractérise la question posée est : »Mon dieu, Mon dieu, l’esclavage est-il aboli? »

L’esclavage était donc le thème du défilé  avec cette question Meu Deus, meu Deus Esta extinta a escravidão ? L’esclavage est-il éteint ? Le seul fait de se poser la question en 2018 interroge au Brésil comme elle interroge dans de nombreux pays à travers le monde des Etats-Unis aux Antilles. Si on se pose la question c’est qu’elle n’est pas résolue ! Par ailleurs une nouveauté : une femme Grazzi Brasil chantant le thème d’ouverture.

Les compositeurs Claudio Russo, Moacyr Luz, Dona Zezé, Jurandir et Aníbal, ont fait une nouvelle narration de l’histoire de l’esclavage au Brésil à travers leurs 29 ailes (asas) montrant l’exploitation de l’homme par l’homme sous toutes ses formes aussi bien dans le champ rural que dans le domaine urbain, dans les quilombos et senzalas d’aujourd’hui, les favelas, désormais appelées pieusement de communautés (comunidades) où règnent tous les trafics (rogues, sexe, armes) et l’insécurité à tel point que juste après le carnaval les troupes militaires fédérales sont intervenues et ont assumé le pouvoir de police à Rio de Janeiro. Un défilé à forte connotation politique donc puisque les réformes engagées par le président Temer sont caractérisées comme un recul, un retour en arrière vers  des pratiques anciennes  datant de la Colonie et de l’Empire où la préservation du système esclavagiste et la surexploitation du travail était la principale caractéristique des élites économiques. Récemment les lois rétrogrades gouvernant le travail ont été promulguées et les conditions pour dénoncer un travail esclave renforcées donnant naissance à ce qu’on peut appeler un esclavage social.

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Bien que beaucoup d’historiens expliquent que la corruption est un des piliers du brésil d’autres comme Luiz Felipe de Alencastro  (voir son ouvrage Trato dos viventes) affirment que l’esclavage est le pilier de la formation historique brésilienne car l’empire portugais d’outre mer n’a pu se former que par et grâce à la traite négrière et la construction de réseaux commerciaux dans l’Atlantique Sud.

Que disent les paroles :

Não sou escravo de nenhum senhor
Meu Paraíso é meu bastião
Meu Tuiuti o quilombo da favela
É sentinela da libertação

Irmão de olho claro ou da Guiné
Qual será o seu valor? Pobre artigo de mercado
Senhor eu não tenho a sua fé, e nem tenho a sua cor
Tenho sangue avermelhado
O mesmo que escorre da ferida
Mostra que a vida se lamenta por nós dois
Mas falta em seu peito um coração
Ao me dar a escravidão e um prato de feijão com arroz

Eu fui mandinga, cambinda, haussá
Fui um rei egbá preso na corrente
Sofri nos braços de um capataz
Morri nos canaviais onde se plantava gente

Ê calunga! Ê ê calunga!
Preto Velho me contou, Preto Velho me contou
Onde mora a senhora liberdade
Não tem ferro, nem feitor

Amparo do rosário ao negro Benedito
Um grito feito pele de tambor
Deu no noticiário, com lágrimas escrito
Um rito, uma luta, um homem de cor

E assim, quando a lei foi assinada
Uma lua atordoada assistiu fogos no céu
Áurea feito o ouro da bandeira
Fui rezar na cachoeira contra bondade cruel

Meu Deus! Meu Deus!
Se eu chorar não leve a mal
Pela luz do candeeiro
Liberte o cativeiro social

 

 

Moi j’aurais une lecture un peu différente et à l’esclavage social j’ajouterais l’esclavage religieux. D’ailleurs dans le titre on voit bien les références religieuses de toutes origines : Meu Deus, meu Deus , Fui rezar na cachoeira, Amparo o rosario ao negro Benedito, preto velho, não tenho a sua fé, irmão, meu paraiso é meu bastião. Nao sou escravo de nenhum senhor pourrait sembler équivoque. En voulant signifier qu’on n’est esclave d’aucun maître d’aucun seigneur on n’épouse pas les idées anarchistes « ni dieu ni maître » et on accepte justement les théories religieuses qui ont justifié pendant des siècles l’esclavage. En d’autres mots l’esclavage continue parce que entre autres choses le joug des dieux reste permanent sur l’âme des damnés ! Et ce joug-la, cette exploitation de l’homme par les dieux et leurs représentants auto-proclamés sur terre, qu’ils soient rois, princes ou présidents, on n’en verra pas e sitôt la fin ! La libération de cette captivité n’est pas une question de larmes mais une question d’action, de révoltes. Les carnavals sont télévisés mais comme disait Gil Scott Heron : the revolution will not be televised

 

 

My bucket list ou les 65 items que je souhaite réaliser dans les quelques années (mois, semaines, jours, heures, minutes, secondes) qu’il me reste à vivre

Never too late ! Ce soir c’est MARDI-GRAS et je me déguise  à six mois de la retraite en Carter Chambers. Et je publie moi aussi ma bucket list. Comme dans le film éponyme starring Jack Nicholson et Morgan Freeman, The Bucket List (Sans plus attendre, en vf). C’est la mode des to-do lists before you die, before you kick the bucket. Bucket veut dire seau. Et seau me fait penser à Champagne et à eau et à sable. Kick the bucket veut dire casser sa pipe. Bon je m’égare… Disons que je suis Carter Chambers dans le film et que je suis a terminally ill man. MÊME SI JE N’AI NI JET PRIVE NI EDWARD COLE POUR FINANCER mes rêves et expectatives, MEME SI JE NE SUIS PAS MÉCANICIEN AUTO ET QUE JE NE RÊVE PAS DEVENIR PROF D’HISTOIRE voici mes 65 ITEMS, mes énormes grains de sable que je souhaite réaliser sans plus attendre dans les quelques cyclones qu’il me reste à vivre. Ce n’est pas comme une liste de courses, ce sont des projets, des envies, des lubies, des tentatives de vaincre des peurs bien enracinées souvent qui peut être ne se matérialiseront jamais mais qui sont ces petits riens, ces petits rêves à priori impossibles qui soutiennent telles des pierres de corail le lagon de mon quotidien. I WISH I COULD CROSS A FEW OF THOSE ITEMS.

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1. Passer Mardi-Gras à Port of Spain

2. Passer un dimanche et lundi de carnaval sur le sambodrome de Rio et assister au défilé des écoles de samba

3. Danser la salsa à La Havane en octobre

4. Faire le tour de la Guadeloupe en bateau

5. Visiter les Baltimore d’ Antigua

6. Visiter les Baltimore des Îles Vierges

7. Participer à une chorale jazz

8. Manger dans un restaurant d’un chef étoilé caribéen

9. Visiter le Mato Grosso brésilien

10. Passer une année à Basse-Terre en Guadeloupe

11. Traduire en créole ou en français Omeros de Derek Walcott

12. Visiter Sainte-Lucie

13. Visiter les Terres Sainville en Martinique

14. Retrouver quelques chaînons manquants dans mon arbre généalogique

15. Prendre des cours d’aquagym

16. Faire de la plongée sous – marine

17. Préparer une feijoada de fruits de mer avec lambi, langouste, poulpe (chatrou), crabe, encornets, palourdes, riz noir et pois d’angole

18. Préparer un callaloo avec feuilles de dachine, gombo, lambi, langouste, poulpe (chatrou). crabe, encornets, palourdes et dombrés.

19. Participer à une école de samba brésilienne

20. Parler créole comme je parle portugais

21. Vivre dans une cabane perchée dans un manguier

22. Construire une maison en bois en conservant et épousant les structures d’un flamboyant

23. Publier mon recueil de poèmes Micareta, 27 fragments infimes d’un carnaval intime

24. Publier mon roman Archipel des Reliques

25. Voir les neiges du Kilimanjaro

26. Passer un anniversaire quelque part au Mexique le jour de la fête des Morts

27. Avoir le permis bateau

28. Voir parfaitement sans lunettes

29. Visiter le Mozambique

30. Visiter le Burkina- Faso

31. Avoir 1000 articles dans mon blog

32. Rencontrer un chaman  en Papouasie-Nouvelle-Guinée

33. Vivre jusqu’à pas d’âge en bonne santé

34. Déguster un café de quimbombo en Équateur

35. Faire de l’aquarelle

36. Faire de la planche à voile

37. Ouvrir un restaurant pescétarien

38. Devenir 100 pour cent pescétarien

39. Avoir un potager du type jardin créole

40. Manger de la tortue

41. M’investir dans une association

42. Adopter un enfant

43. Faire une expérience de woofing

44. Avoir une Vespa

45. Faire du planeur

46. LAUGH UNTIL I CRY

47. SKYDIVING

48. SEE THE PYRAMIDS

49. Apprendre à réparer une voiture

50. Go on a safari and HUNT THE BIG FIVE

51. Get a tattoo

52. Visit the Taj Mahal

53. FIND THE JOY IN MY LIFE

54. Assister à un match de foot au Maracana

55. Faire du théâtre

56. Participer à un groupe de danse folklorique (quadrille)

57. Chanter dans un groupe de jazz

58. Jouer de la bossa nova à la guitare

59. Passer mes vacances  sur une plage dans un camp  naturiste

60. Apporter de la joie et de l’amour à : my significant other, siblings, kids and friends

61. Faire du jet-ski

62. Faire du ski

63. Jouer au bridge

64. Faire un vlog

65. Lire un livre par semaine

 

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Comme le dit la chanson je dis avec Charlie Winston : Kick the Bucket

If you say this is pop, to be singing to a tune with a rhythm like this, would it be so unpopular for a singer like me to be bringing up the fact that we’re all gonna go ? Some people swear, they say they know where.
For me it’s a mystery. But which ever way you see it
you have to admit it and live it and live it !

We all kick the bucket in the end ! The end !
All the girls kick the bucket in the end ! The end !
And the boys kick the bucket in the end ! The end !
Yep ! We all kick the bucket in the end ! The end ! The end ! The end ! The end !

Blew up my TV. It’ was numbing my brain to be thinking the same as million other people all feeling afraid of the same thing.
But there’s is nothing to lose, cause we’re all on a bike and we’re cycling through, getting off on our injuries – but you gotta get back on it and live it and live it to love it and live and love life.

Cause we all kick the bucket in the end ! The end !
All the girls kick the bucket in the end ! The end !
And the boys kick the bucket in the end ! My friend !
Yep ! We all kick the bucket in the end ! The end ! The end ! The end ! The end !

This is not a sad song !
I don’t bring it up to get you down,
It’s a celebration of all the red cells
going round and round in your body !

I don’t mean to preach or to sound lilke a teacher. No ! I only wanna cut the crap and , looking back, everybody’s had to face the facts.

That we all kick the bucket in the end ! The end !
All the girls kick the bucket in the end ! The end !
And the boys kick the bucket in the end ! My friend !
Yep ! We all kick the bucket in the end ! The end ! The end ! The end ! The end !

Les théismes sont machistes par essence

Judaïsme, Christianisme, Islam, voila 3 religions monothéistes avec leurs innombrables chapelles qui se retrouvent en un point. Machistes. Sexistes. Patriarcales. Avatars qu’on le veuille ou non de religions hénothéistes puis polythéistes.

L’hindouisme ou brahmanisme ancien serait la plus ancienne des religions dérivant elle même du védisme. Le brahmanisme aurait donné naissance au bouddhisme, au janaïsme et au jinisme. Puis aurait eu lieu le mazdéisme en Iran qui aurait donné naissance au zoroastrisme (Zarathoustra) qui  à son tour aurait engendré le judaïsme, mère du catholicisme et de l’Islam. Le bouddhisme serait apparu après le judaïsme.  Certes ceci n’est pas le privilège des religions monothéistes les polythéistes de tous bords ne s’en tirent guère mieux dans les faits. Peut-on croire que le fait que le panthéon grec ou romain contienne de nombreuses divinités ait diminué le sexisme et le machisme de la population. Non, Héra/Junon, Aphrodite/Vénus, Athéna/Minerve, Artemis/Diane, Demeter/Cérès et Hestia-Vesta, qui représentaient pourtant la moitié des divinités de l’Olympe n’ont pas rendus Grecs et Romains moins sexistes. Et dans le polythéisme hindou le fait d’avoir dans leur panthéon des divinités féminines comme Karli, Malyenmen, Pandialé, Lakshmi, Sarasvati, Petyaie n’absout pas les hindous de sexisme et machisme. Que les déesses soient africaines, aztèques (Chicometoatl ou Tonantzin), bouddhistes (Prajnaparamuta, Yogini, Cunda, Tara), égyptiennes (Isis, Neith, Mut, Meshkent, Ma’at), gauloises, inca (Mama Quilla), mayas (Ixchel), scandinaves (walkyries, Nornes), afro-américaines (orixas comme Iemanja, Iansa, Oxum, etc) elles sont toujours de plusieurs types : soit des divinités guerrières, soit des déesses appartenant à un couple, soit des déesses-reines, soit des déesses-mères, soit des déesses tutélaires associées aux cours d’eau , sources, aux montagnes et aux villes.

On est tenté de dire que les religions polythéistes seraient moins sexistes grâce à l’intervention de ces déesses et Olivier Herrenschmidt tente d’en faire la démonstration quand il publie en 1989 Les Meilleurs Dieux sont Hindous (Editions L’Age d’Homme)

Il suffit de lire cet article sur le voile porté indifféremment par les Israélites, puis les Chrétiennes puis les Musulmanes comme signe de soumission à Dieu, quel qu’il soit et surtout aux hommes, créés à l’image de Dieu.

Prenons le christianisme : La femme c’est un démon, une sorcière, une tentatrice, fabriqué à partir d’une des côtes de l’homme. en quelque sorte, c’est Eve qui a croqué la pomme, c’est elle qui en paie en saignant un tribut lunaire tous les 28 jours. La seule femme qui ait égard à leurs yeux c’est Marie dans le rôle de la coadjuvante vierge. Le premier rôle c’est Dieu, le Père tout puissant, ce n’est donc pas une femme. Les anges quoi qu’il n’ont pas de sexe sont toujours des hommes puisqu’ils portent des noms d’hommes tout comme les archanges, les prophètes, les apôtres, les disciples, les évêques, les prètres, les cardinaux, les papes (quoi qu’il est fait état ‘une papesse à Avignon, exception qui confirme la règle). La sainte-Trinité est affaire d’hommes : le Père (Yahwé, Élohim, Adonaï, Kyrios, Theos), le Fils et le saint Esprit. ah vous avez des doutes sur le saint esprit. LOe Saint-Esprit pourrait selon vous être

Il n’y a que les nonnes qui ont capacité à se rapprocher de Dieu (si elles sont vierges) car rappelons-le pour se rapprocher de Dieu il faut être vierge et ne pas avoir commis le péché de chair.

J’ai déjà évoqué le cas des femmes en terre islamique qui sont des champs que l’homme se doit de labourer. Il est aussi permis à chaque homme un harem de quatre femmes. Quant à ceux qui pratiquent le judaïsme ils remercient tous les jours Dieu dans leurs prières de ne pas les avoir fait naître femmes. Les imams, les muezzins, les cadis, le Coran, les rabbins, la Torah, les curés, la Bible, tous des hommes, tous unis dans le même combat, dans le même élan pour préserver leurs valeurs patriarcales.

Certes ces religions sont fort anciennes et en ces temps reculés le machisme, le patriarcat était la règle.

Et même l’athéisme n’est pas exempt de ces représentations sexistes qu’on pourrait croire enracinées dans le passé très lointain mais qui pourtant continuent ancrées au plus profond des hommes, au plus profond de la psyché masculine. Or travailler sur l’inconscient collectif, celui es hommes comme celui es femmes, car à mon humble avis, les femmes dans leur rôle traditionnel d’éducatrices sont les mieux en capacité de faire évoluer les représentations sexistes et machistes de leurs rejetons. En ne  cantonnant pas les garçons à des rôles essentiellement masculins, en les intégrant à la sphère féminine, à leur anima et vice-versa à faire surgir et laisser vivre chez les filles leur animus.

Seule cette coalition, cette cohabitation bienheureuse, choisie, voulue et bien comprise d’animus et d’anima peut mener à mon sens à plus ou moins brève échéance à une prise de  recul généralisée sur les idéaux machistes et sexistes que les théismes distillent depuis l’inconscient collectif de la nuit des temps.

le guru, celui qui dissipe l’obscurité

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L’Inde a depuis le 9 novembre 2014 un ministère appelé AYUSH : Minister of Ayurveda, Yoga and Naturopathy, Unani, Siddha and Homeopathy. Pour être donc précis ce que l’on a coutume de raccourcir  depuis en Occident sous le vocable de  ministère du yoga est aussi en charge de l’ayurved, de l’unani et du siddha, en d’autres mots, les médecines traditionnelles indiennes. L’homéopathie et la naturopathie font aussi partie de ses prérogatives.

Hier matin j’ai participé à une matinée d’initiation au yoga organisée à Kani Keli, Mayotte. Il y avait douze participants. Le yoga m’a toujours rebuté à cause des postures, et plus particulièrement parce qu’il faut souvent s’asseoir en tailleur, performance que je n’ai jamais réussi à faire. M’asseoir en mode tailleur a toujours été pénible pour moi depuis les cours de gymnastique au lycée Lakanal à la fin des années 60. J’ai toujours admiré secrètement ceux qui arrivaient ainsi à caser leurs genoux alors que moi cela n’a jamais été une position de repos mais plutôt un calvaire. Je sais qu’il y a des stratagèmes pour résoudre mon incapacité et m’asseoir en toute quiétude. En vain  ai-je essayé ! J’en ai déduit que j’avais de gros genoux, de grosses cuisses et que donc physiquement j’étais limité pour le yoga et bien mieux charpenté pour la danse.

En plus le yoga, je l’assimile à la religion, le bouddhisme, l’hindouisme, le brahmanisme, j’ai entendu parler de certains dieux, je sais que ce sont des religions polythéistes avec tout un panthéon de dieux et de déesses, j’ai entendu parler de Shiva, de Brahma, de Krishna, de Rama mais j’ai du mal à appréhender tout le contenu car je ne vis pas en Inde.   Mais après avoir vécu quinze ans au Brésil où j’ai pu peu ou prou comprendre l’architecture syncrétique brésilienne et l’articulation entre orixas (esprits) et autres croyances monothéistes  je ne crois pas que j’aurai du mal à cerner les particularités des religions en place. Ce que j’en sais c’est ce que j’ai pu saisir par ce que j’ai pu en voir à travers la pratique d’amis à travers le temps: la pratique de la méditation, les parfums d’encens, un petit autel pour les ancêtres, une sorte d’ascèse, la solitude, les mantras qu’on répète sans cesse, les soutras qui sont des aphorismes. J’ai fréquenté aussi il y a fort longtemps à Amsterdam Hare Krishna et leurs robes orange, leurs cranes rasés, leurs chants psalmodiés, le son des cymbales, leurs nourritures végétariennes. il y a aussi pèle-mêle l’ayurveda, la médecine indienne traditionnelle qui divise notre corps en chakras. Il y a le Gange ! Il y a l’amour tantrique, l’amour lent qui confine l’acte sexuel total, qui unit le tout aux parties, au divin. il y a le rajah, le maharajah, les castes supérieures, les castes inférieures, les Intouchables, les devadasi, les prostituées des dieux, Calcutta, New Delhi et Ravi Shankar et son sitar ! Il ya le Mahatma Gandhi et sa non violence. Il y a l’oeil de Shiva et le kamasutra. Il y a le nirvana, il y a le parinirvana ! Il ya le Maharathoustra ! Et enfin last but not least il y a le colombo !

Dans le flot des images que secrète en moi le mot yoga il y a aussi à tort ou à raison le fakir qui marche sur les clous ou sur les braises chaudes, le bonze chinois et son gong, mais il y a surtout l’idée qu’il n’y a pas de yoga sans guru, il n’y a pas de guru sans disciple. Il n »y a pas de disciple si celui-ci ne se rend pas à son guru, s’il ne lâche pas prise, s’il ne s’abandonne pas à l’obéissance condition sine qua non de l’initiation. Et ainsi va le monde du yoga depuis 7000 ans.

J’ai déjà participé à une séance de yoga sur un week-end entier avec une amie il y a de cela plus de trente ans.

J’arrivais donc avec un passé, un passif à mon actif en ce treize janvier de l’an de grâce deux mille dix-huit!

Sauf que voila. Cette séance yoga était nommée yoga sur chaise. Je ne pouvais pas me débiner, comme d’habitude. En plus le prix 10 € pour environ 3 heures d’activité était séduisant. D’autant plus que je m’ennuie fermement à Mamoudzou le samedi alors j’y suis allé puisqu’en plus j’avais un chauffeur, S., collègue de travail, et elle férue de yoga et de sports de combats.

Je me présente à l’heure dite avec ma bedaine conscient que je serai le ventre le plus proéminent de l’assemblée. Au départ il n’y a qu’un homme, C. prof de yoga lui aussi,  probablement doté de tablettes de chocolat à faire mourir d’envie un comateux. Mais heureusement qu’arrive au dernier moment celui qu’on appelle Monsieur Anicet. C’est un mahorais. Il invite la conférencière à venir donner des cours dans sa madrassa. Sa bedaine même si elle est un peu moins proéminente que la mienne me permet de mieux respirer ! Ouf ! L’union fait la force. Je le lui dis. Il me dit relativiser son état actuel car il n’a pas nagé récemment mais qu’il suffit qu’il nage une heure pour retrouver son corps d’athlète. Ah encore un autre qui me tue à petit feu, car moi je ne sais pas nager. Ce monde est injuste. Ah si le yoga pouvait se faire dans une piscine et qu’on pouvait en ressortir en nageant au bout d’une heure ou deux, je ferais tous les sacrifices du monde. Même au bout de six mois, je tenterais l’expérience. Qui ne tente rien n’a rien ! ! J’accepterais même, ohmygosh, de devenir le disciple d’un guru !

Pour commencer je vous présente la prof de yoga, notre guru, notre yogini du jour, A., d’origine bordelaise, prof d’espagnol de son état mais aussi prof de fle, comme moi-même et désormais chargée de mission au CASNAV ( en charge de la scolarisation de ceux qu’on appelle sobrement les élèves nouveaux arrivants non francophones mais qu’ici on appelle les enfants de migrants quand on est gentil et les enfants voisins quand on est méchant). A. est arrivée le 10 août à Mayotte me dira-t- elle plus tard ! Moi le 11. Elle a vécu et enseigné entre autres pays en Inde, à Maurice, à Moroni (aux Comores). Elle est jeune, mince, séduisante. Je pense que sa photo sur Facebook ne lui fait pas honneur. Peut-être n’est-elle pas photogénique ?! La lumière ne se commande pas ! Ou peut-être veut-elle cacher la beauté qui l’habite ! Qui sait ! Celle qui dissipe l’obscurité de l’autre perd peut être un peu de sa lumière dans le processus !

A. nous demande de faire un brainstorming sur le mot yoga, elle utilise d’ailleurs un joli mot que je vois pour la première fois pour décrire cette activité qu’on a coutume d’appeler remue-méninges, elle nous propose de participer à une pluie d’idées, joli mot ! Qu’ évoque en nous le mot yoga ? non sans nous avoir donné tout d’abord sa définition du yoga selon Patanjali: un arrêt des modifications de l’esprit. Certains évoquent la méditation, d’autres une philosophie de vie, un autre, un mahorais, le seul du groupe la prière, une autre la concentration, une autre les postures; une autre une paix intérieure Moi je ne dis rien car j’aime être exhaustif et je voudrais dire tout ce que je viens de dire sans me censurer. Mais une idée me vient suscitée par sa définition sommaire : je fais du yoga quand je m’endors, je fais du yoga quand j’écris, quand je me concentre et que je laisse aller ma plume sur le clavier de mon ordinateur. Je suis relâché, mes doigts sont souples, mon dos est droit, mes fesses bien calées sur ma chaise et je suis nu ! Je fais du yoga quand je me réveille en pleine nuit mû par une étrange érection dont je ne connais la cause : le besoin d’aimer ou le besoin de me vider. Je me tais, gardons par devers nous nos étranges pensées.

Puis nous abordons via le rétroprojecteur les 8 piliers du yoga selon le maharishi Patanjali. The eight limbs of yoga. Pendant qu’elle explique les subtilités de ces piliers moi je m’attarde sur la traduction de ce limbs. Limb, pilier ? Moi je l’aurais traduit comme branche ou comme membre. Mais peu importe ! Qui est donc ce Patanjali ? Il y aurait donc d’autres nomenclatures selon d’autres ? Pourquoi celle-là et pas une autre ?

Bref passons ! Il y aurait deux représentations du yoga, l’une en forme d’arbre avec un tronc et des branches et une autre en forme d’échelle. Elle propose la lecture en forme d’échelle.

8-limbs-of-yoga-full

Un système d’échelle où l’on démarre par le yama et le niyama, l’asana et le pranayama pour arriver au bout d’une certaine pratique au dhyana  (état de méditation) et au samadhi (état d’unicité, d’équilibre) qu’elle nomme état d’extase et que moi j’assimile au parinirvana. Moi j’entends par limbs plus quelque chose comme ce qui suit : une confluence.

yoga

Après une heure de ce mini crash course en yoga c’est l’heure de la pause. Les chaises étaient hyper confortables, les ventilateurs de plafond étaient fort reposants. C’est pour moi l’heure du sacro saint pipi. Je traverse la maison chargée d’encens et de lumière savamment tamisée ! Le thé est servi avec des petits gateaux, de l’eau, des jus et deux plaquettes de chocolat noir Kohler. Certains sont partis fumer. Moi je plonge et ouvre la première tablette et hop 3 petits carrés de chocolat sont engloutis. Délicieux. Je ne me souviens pas avoir acheté une tablette de chocolat ces deux dernières années. Mais Kohler a ravivé en moi quelque chose. Un appel yogique, peut-être. Et hop 5 minutes après trois autres petits carrés pour confirmer mes premières impressions. Ce chocolat noir a un goût de chocolat au lait. Non, c’est un appel venu du fin fond de l’arc antillais comme le confirmera plus tard le site de Nestlé Antilles Guyane. Le chocolat Kohler est fabriqué spécialement pour correspondre au goût des Antillo-Guyanais tout comme les tablettes Red Label de Nestlé. Entre temps les autres, probablement éblouis par mes yeux exorbités au bord de l’extase, ont commencé à goûter eux aussi. Eh oui manger du chocolat c’est yogique aussi ! J’ai même un instant fermé les yeux et dérivé en canot dans une pluie de saveurs oubliées.

Après un petit quart d’heure vient l’heure de la pratique du yoga sur chaise. Nous apprenons d’abord à marcher, lentement en appuyant bien fort sur les talons. Puis nous devons nous ancrer par notre regard ou notre sourire dans le regard de l’autre. Puis nous apprenons les trois etages de la respiration yogique : abdominale ou diaphragmatique, costale ou thoracique et claviculaire ou haute. Une douce voix nous berce rythmiquement:

Inspirez, expirez ! Doucement ! 5 fois !

Nous faisons des postures debout puis sur la chaise, les bras joints au-dessus de la tête, étirons les cous, les jambes, les pieds, les orteils, les doigts, les poignets, les bras, les épaules, en haut en bas, à droite à gauche. Les hanches, le bassin ! eh mais je fais tout ça moi en dansant. Je fais du yoga, aussi, chaque fois que je danse ! Je vous l’ai déjà dit, docteur, j’ai la maladie du bouger bouger

Mais voilà qu’il faut maintenant plier un genou et poser son pied doigt sur la cuisse gauche ! Je fais l’effort surhumain pour moi ! il n’y a que monsieur Be-Bop, de son vrai nom Stéphane Germaneau qui ne plie pas ses genoux ! il reste un peu à l’écart. Je lui donne bien ses 75 ans ! Une célébrité sur l’île, propriétaire de la maison qui nous accueille, ex artisan, spécialiste de la sculpture sur bois flotté de noix de coco  et désormais animateur thérapeutique sur Kani-Kéli, Mayotte, une sorte de vieux guru à longue barbe blanche ou poivrée. Il s’abstient. Il est malade m’a-t-on dit. Il doit voir vers midi un médecin.

Mais plier ce genou et inspirer expirer en même temps tout en levant les bras en arc de cercle. Euh ! Je passe mon tour. On change de jambe et ça passe mieux.

Puis on ferme les yeux et c’est la fin.

Vite j’ouvre la deuxième tablette de chocolat et saute sur trois nouveaux carrés salvateurs . Eh oui il faut dans le yoga s’aimer se donner de la valeur et en prenant ces carrés de chocolat je ne fais que ça. Laisser moi m’aimer ! Merci Kohler, merci Nestlé ! c’est trop bon ce yoga-là !

J’entends une femme enceinte. Je l’avais oubliée avec son ventre énorme. Je n’étais donc pas le plus gros en fait. Elle dit : j’ai senti le bébé bouger en plein yoga.

Plus tôt j’ai entendu Be-bop lui  dire que les hommes et les femmes réagissaient différemment au yoga. Je me pose la question. Je n’avais pas, tout entier dans ma jouissance tribale du chocolat, fait la relation entre son ventre, elle et la future progéniture qu’elle portait. Elle a un regard vraiment angélique. Elle est presque transfigurée. Mais il faut dire qu’elle est arrivée en retard et transfigurée. Parfois quand elle souffle en inspirations expirations je me rends compte qu’elle pourrait accoucher ici-même. Qu’à cela ne tienne il y a une infirmière sur la place. Mais la dite infirmière en pédiatrie  a l’air en fichu état. Je saurai plus tard qu’elle a une indigestion alimentaire due aux brochettes de viande qu’elle a ingurgitées la veille et qu’elle vomira plus tard à grosses gorgées sur la route aux abords d’un énorme baobab entre Kani-Kéli et Mamoudzou. Comme quoi brochettes, covoiturage et yoga ne font pas bon ménage. A sa décharge elle n’est sur le territoire que depuis 3 semaines.

S., ma collègue de travail, s’approche de moi et me dit quelque chose comme:

Jean-Marie tu sais le yama et le niyama tu pratiques déjà au quotidien dans tes relations avec les autres profs et avec les jeunes. Tu as cette bienveillance naturelle.

Moi, je lui répondrais volontiers que c’est au contact des autres que j’ai acquis au cours du temps cette bienveillance par rapport aux autres et que je travaille encore cette bienveillance par rapport à moi-même, que j’ai encore du mal à m’autoriser à être moi sans peur sans haine sans reproche même si une grande partie du chemin me semble accompli. Mais quand elle me dit cela je me sens tout à coup l’étoffe d’un guru ! Je voudrais lui dire qu’elle a en elle une colère qui doit s’apaiser pour qu’elle puisse se poser. Elle pratique la boxe et le yoga ! Pour exorciser un trop plein d’énergie, de violence ! Elle se met en colère pour un rien ! Elle aime la discipline, le respect, elle est aussi mariée à un militaire de haut rang dont elle vit séparée géographiquement, comme elle vit séparée géographiquement de ses deux filles et de ses parents. Parfois je me dis qu’elle peut exploser en plein vol et je l’encourage à prendre de la distance ! Sois zen, lui ai-je déjà dit plus d’une centaine de fois en 5 mois que nous nous connaissons mais chassez le naturel il revient au galop. Je lui souhaite de trouver un bon guru qui l’aide à dissiper l’obscurité qui l’a envahie.

Eh oui je suis zen sans avoir jamais pratiqué zen zen ! Cette zénitude attitude me conduit souvent à dire pour couper court à la conversation : faites comme vous voulez, moi je m’en fous ! Cela en énerve plus d’un ! Mes prises de position iconoclastes sur l’amour, le destin, la mort, la famille, la fidélité, l’argent, la voiture, la politique, la nourriture, la religion, ma façon même de vivre, de manger, de boire, de m’habiller interrogent, pour ne pas dire dérangent.

Moi mon guru c’est le cyclone, c’est lui qui m’a fait swami,  éveillé, m’éveille et m’éveillera. Mon karma c’est être pyrobate, de marcher sur les charbons ardents de la vie et je n’ai qu’un mantra : un oeil ouvert au coin duquel iraient et viendraient des fourmis volantes chargées de soutras aussi volatiles que l’alizé.

Il n’en est pas moins vrai, même si j’ai l’air de plaisanter, je sais je suis taquin, que j’ai pu observer que dans une classe d’enfants non francophones non scolarisés nouvellement arrivés sur le territoire à Mayotte  les bienfaits du yoga sont incomparables et je m’intéresse à tout ce que la Recherche sur le yoga dans l’éducation proposera et a déjà proposé depuis 40 ans, quitte à me l’appliquer à moi-même en m’inspirant de ce qui suit :

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et si d’aventure vous avez vent de quelque chose autour du yoga sur Mayotte qui me fasse nager en six mois, faites-le moi savoir illico presto ! Namasté !

 

 

 

Le soleil se lève à l’Est et se couche à l’Ouest

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Qu’on appelle l’Est le Levant ou l’Orient et l’Ouest le Ponant ou l’Occident, le soleil ne se lève ni ne se couche ! C’est la terre qui tourne sur elle même sur un axe est-ouest en moins de 24 heures! Tout n’est donc qu’illusion ! Aux équinoxes de mars et de septembre  seulement on pourrait prendre cette formule lapidaire pour de l’argent comptant. Le reste du temps selon le solstice le soleil semble orienté sur d’autres axes qui vont du Nord au Sud.

Cette position apparente du soleil a mystifié les hommes qui autrefois situaient Hadès, le pays des morts à l’Ouest tandis que le paradis était lui positionnée à l’Est ! Et continue de les mystifier puisque par exemple la plupart des absides des églises romanes sont orientées vers l’Est, le berceau du Soleil, un Est mythique qui symbolise le Christ, la lumière !

abside

Que dit Wikipedia ?

Bien que le mot abside ne doive rigoureusement s’appliquer qu’à la tribune ou cul-de-four qui clôt la basilique antique, on l’emploie aujourd’hui pour désigner le chevet, l’extrémité du chœur, et même les chapelles circulaires ou polygonales des transepts ou du rond-point.

Que dit le CNRTL ?

Abside, subs. fém.

I.− ASTRON., vieilli. Voir apside, et inf. hist. I.

II.− ARCHIT.

a) Construction, qui termine le chœur d’une église, soit par un hémicycle, soit par des pans coupés, soit par un mur plat. Bien que le mot abside ne doive rigoureusement s’appliquer qu’à la tribune ou cul-de-four qui clôt la basilique antique, on l’emploie aujourd’hui pour désigner le chevet, l’extrémité du chœur, et même les chapelles circulaires ou polygonales des transepts ou du rond-point.«  (Viollet 1875).

b) L’abside est la tête de l’église, l’extrémité du côté de l’autel, lorsque cette extrémité est de plan arrondi ou polygonal.«  (J.-A. BrutailsPrécis d’archéologie du Moyen Âge, Glossaire archéologique, 1924) :

1. … l’évêque, tenant l’évangile à la main, monta sur son trône qui s’élevoit au fond du sanctuaire, en face du peuple. Les prêtres, assis à sa droite et à sa gauche, remplirent le demi-cercle de l’abside. Les diacres se rangèrent debout derrière eux; la foule occupoit le reste de l’église; … F.-R. de ChateaubriandLes Martyrs ou le Triomphe de la religion chrétienne,t. 2, 1810, p. 199.
2. Quelle que soit l’enveloppe sculptée et brodée d’une cathédrale, on retrouve toujours dessous, (…) la basilique romaine. (…) Ce sont imperturbablement deux nefs qui s’entrecoupent en croix, et dont l’extrémité supérieure arrondie en abside forme le chœur; … V. HugoNotre-Dame de Paris,1832, p. 134.
3. Si l’on arrive à la chapelle par le chevet, l’effet est tout autre. La haute abside du quatorzième siècle vous apparaît dans toute son audace et dans toute sa beauté avec l’angle savant de son toit, le riche travail de ses balustrades, la variété de ses gargouilles, la sombre couleur de sa pierre et la transparence vitreuse de ses immenses lancettes, … V. HugoLe Rhin,Lettres à un ami, 1842, p. 70.
4. Le plan des premiers oratoires ne présentait, en général, qu’une seule nef, terminée à l’orient par une apside ou niche semi-circulaire. A. LenoirArchitecture monastique,1852, t. 1, p. 90.
5. Elles avaient gravi les trois marches qui menaient au chœur, elles tournèrent par le pourtour de l’abside, la partie la plus anciennement bâtie, d’un enfouissement de sépulcre. Un instant, contre la vieille grille, très ouvragée, qui fermait le chœur de partout, elles s’arrêtèrent pour regarder scintiller le maître-autel, dont les petites flammes se reflétaient dans le vieux chêne poli des stalles, (…) fleuries de sculptures. É. ZolaLe Rêve,1888, p. 123.
6. La scène forme un vaste hémicycle pareil à l’abside d’une cathédrale dont les voussures partant d’une clef de voûte où elles se pincent et rattachées par en bas à de gros piliers romans déterminent une série de chapelles ou de loges éclairées par derrière. P. ClaudelLa Parabole du festin,1926, p. 1099.
7. La nef se creusait comme une grotte miraculeuse, obscure et pourtant illuminée par d’innombrables herses de cierges qui transformaient l’abside en un buisson ardent. R. Martin du GardLes Thibault, L’Été 1914, 1936, p. 623.
Rem. J.-A. Brutails, loc. cit., ajoute : ,,Suivant M. Monceaux (Bulletin monumental, 1907, pp. 541-42), chez les Latins, l’idée de courbe semble toujours impliquée dans le mot absis ou apsis… − Ne pas parler d’abside carrée.« 
III.− LITURG. ,,Châsse où l’on mettait les reliques des saints.«  (Littré). Sens douteux, cf. hist. III.

IV.− P. ext. Angle de toile destiné à prolonger et à agrandir une tente :

8. Articles de camping : « tentes canadiennes à abside triangulaire ». Album de Manufrance,1961.
Rem. Cette ext. de sens, peut-être éphémère, méconnaît le caractère essentiel du sens du mot, qui traditionnellement impliquait une idée de forme arrondie. (Cf. hist.).

Stylistique − Ce terme très techn. se prête peu aux emplois fig., cf. cependant l’essai suiv. : 9. Ils étaient, la montagne et lui, un pur dialogue. Quand l’heure appartenait déjà aux ténèbres elle s’élevait au-dessus de tout, à la manière du triangle doré des gloires dans une église de campagne qu’eût été la nature entière. (…) Le dernier reflet du soleil avait-il disparu au détour de l’abside sombre de la nuit? M. Godeau se retournait pour le voir revenir le lendemain entre les chênes. M. JouhandeauMonsieur Godeau intime, 1926, p. 186. (Compar. de la nature avec une église de campagne et de l’horizon assombri de la voûte céleste avec l’abside qu’aurait une telle église).

Prononc. ET ORTH. − 1. Forme phon. : [ab̭sid]. 2. Dér. et composés : absidal, absidiole. 3. Hist. − La forme apside apparaît au xviiies. ds Voltaire (cf. hist.); elle est attestée ds l’Encyclopédie de Diderot dès 1751 comme vedette princ., et est encore signalée ds Ac. 1878. On en trouve un ex. dans la docum. IGLF (A. LenoirArchitecture monastique,1856, p. 1926).
Étymol. − Corresp. rom. : n. prov. absido, assido; ital. àbside; esp. ábside; port. abside; cat. àbsida. 1. 1562 abside « point de l’orbite d’une planète où elle se trouve ou à la plus grande ou à la plus petite distance du soleil » terme d’astron. (Du Pinet ds DG), attest. isolée; 1690 « id. » id. (Fur. : Absides s. m. terme d’astronomie. Ce sont deux points de l’orbite d’une planète, dont le plus haut est nommé apogée et le plus bas périgée…); 2. 1690 « construction en forme d’hémicycle qui termine le chœur d’une église » terme d’archéol. relig. (Fur. : Absides s. m. […] Dans les vieux titres on a appellé absides, la partie intérieure de l’Eglise où est le maître autel, qui avoit ordinnairement une voute particuliere et séparée). Empr. au lat. absida (empr. pop. à l’acc. gr. apsida − sans l’aspirée − de même sens que le lat.; est fréq. aussi la transcription sav. lat. apsis) attesté : 1 comme terme d’astron., dep. Pline (Hist. nat. 2, 63 ds TLL s.v., 322, 59 : apsidas « orbite d’une étoile »), en lat. médiév. « point le plus bas de l’orbite d’une planète » : ann. 969, Epistola Gunzonis ad Augienses Fratres ds Marten. Com. 1 Ampliss. Collect. col. 310 D ds Du Cange : Vile putat in liberalibus studiis immorari; planetarum Absidas, positionem discursus per Zodiacum, circulorum inter se replicationem inquisitum ire nihili pendit; cf. Albert le Grand (Metaphysica, 11, 2, 23 ds Mittellat. W. s.v., 49, 44 : dicuntur auges summae elevationes et abscides infimae depressiones uniuscuiusque planetae); 2 comme terme d’archéol., au sens de « rotonde » dep. Pline hapsida (Epist. 2, 17, 8 ds TLL s.v., 322, 59 : cubiculum in h. curvatum), fréq. sous la forme absida en lat. chrét. (Paulin de NoleEpist., 32, 10, ibid. 322, 84 : absidam) et en lat. médiév. : ixes. RatpertusDe orig. monast. S. Gall., 26 ds Mittellat. W. s.v., 49, 51 : absidam… post altarium … pictura deaurata … composuit; cf. ann. 1311, au même sens, port. (de formation pop.) ausidua (< lat. *absidula) inséré dans un texte lat. (Testam. episcop. Gardiensis [Guarda prov. Beira, Portugal] ds S. Rosa de Viterbo [Elucidario], I, 150 ds Du Cange s.v. assidua : mandamus corpus nostrum imo verius cadaver, sepeliri in ecclesia cathedrali Aegitanensi [évêché d’Idanha, Portugal, transféré à Guarda] intus in ausidua coram altari majori.) Le fr. abside, terme d’archéol., est certainement bien ant. à 1690. D’autre part Du Cange [Add. Benedictins ann. 1736] s.v. absida signale comme synon. du terme archéol. : rond-point, première attest. du mot dans cette accept. (encore ds DG s.v.). HIST. − Abside implique par ses lointaines origines l’idée d’une forme circulaire : gr. α ́ π τ ε ι ν « nouer », d’où α ̔ ψ ι ́ ς « nœud », d’où par anal. avec la courbure d’un nœud « objet de forme circulaire ». Du gr. au fr. en passant par le lat. le mot s’est spécialisé dans les terminol. de l’astron. (les mouvements célestes sont circulaires) et de l’archit. (pourvu que la constr. ainsi désignée comporte un élément tant soit peu arrondi). Pas de sens disparu avant 1789, mais cf. inf. I C la dichotomie abside/aspide(s) et II C 2 l’accept. « oratoire secret ». I.− Abside, terme d’astron. (cf. étymol. 1.) − A.− En lat. class. (Pline) le plur. apsidae désigne très logiquement les 2 points extrêmes de l’orbite d’une planète (en ces points la planète « tourne »), d’où désignation de l’orbite elle-même définie par ces 2 points. − Rem. En lat. médiév. Albert le Grand (xviiies.) réserve exceptionnellement ce plur. à la désignation d’un des points extrêmes de l’orbite et choisit (arbitrairement?) le point le plus bas (cf. étymol.). B.− Entré en fr. au xvies. (cf. étymol.), le mot désigne à nouveau les 2 points extrêmes de l’orbite : Absides (…) Ce sont deux points de l’orbite d’une planète dont le plus haut est nommé apogée, et le plus bas perigée, ou le plus près de la terre. Le diamètre qui les joint s’appelle ligne des absides qui passe par le centre de l’orbite de la planète, et par le centre du monde. Fur. 1690. Cf. aussi Fur. 1701 et Trév. 1704 à 1771. − Rem. L’ex. de Fur. repris par les Trév. semble se référer à la théorie géocentrique de Ptolémée et ignorer la théorie héliocentrique de Copernic (1543). C.− Vers 1789 la var. phonét. et orth. apside (conforme à l’étymon fr.) est utilisée pour le sens de abside en astron.; le fr. se trouve auj. dans une situation claire avec pour 2 sens, 2 mots indépendants, abside en archit., apside(s) en astron :  À l’époque des Trév. Voltaire (ou son imprimeur) écrit déjà : Cette gravitation est la cause de la révolution des apsides de la lune en neuf ans. Volt.Newton [1738], III, 10 ds Littré− Ac. 1835 et Ac. Compl. 1842 créent 2 mots-vedettes mais les maintiennent en rapport en faisant le double renvoi de l’un à l’autre (cf. aussi Littré s.v. apside).  Rob. 1953 ne fait plus que le renvoi de apside à abside : Apside(…) 1) Archit. Vieilli « abside ». 2) Astron. (…) − Rem. Les déf. d’Ac. 1835 à Rob. ne comportent plus d’erreur ni même d’équivoque quant au syst. du monde et apside(s) est devenu un terme générique commode pour classer des termes spécifiques tels apogée/périgée, aphélie/périhélie, aposélénie/périsélénie, apojove/périjove, etc. (révolutions respectives autour de la Terre, du Soleil, de la Lune, de Jupiter). II.− Abside, terme d’archit. (cf. sém. II). − A.− En lat. class. (Pline) (h)apsida désigne une constr. voûtée qui peut être une chambre à coucher (cf. étymol.), la loge de l’empereur au cirque (Pan. 51, 4), etc. L’emploi du mot n’est donc pas limité à un type de bâtiment. B.− Le lat. chrét. (cf. ds étymol. Paulin de Nole iiieives.) spécialise le mot en archit. relig. C.− Le mot entre en fr. au xvies. (cf. étymol.) avec ce sens spécialisé : 1. xviies. (avec une déf. suggérant que abside signifie « voûte ») cf. Fur. ds étymol. 2. xviiies. Ce sens s’obscurcit; cf. Trév. 1740 à 1771 qui, outre les sens du mot, mélange le lat. et le fr., les orth. apside et abside,le sing. et le plur., créant ainsi de graves et durables confusions (cf. aussi inf. III, rem. 1) : Abside (…) Tèrme d’Architecture et de Liturgie. C’est une voûte (…). On appelle aussi abside, le Sanctuaire, ou la partie de l’Église qui est séparée du reste, et dans laquelle est l’Autel parce qu’elle est en voûte. Du Cange. (…) Il s’est dit aussi quelquefois pour des Oratoires sécrèts qu’on a autrement appelez Doxologia, Doxalia, noms grecs qui viennent de δ ο ́ ξ α louange parce qu’on y chante les louanges de Dieu. Ces mots sont encore en usage dans les Pays-Bas et signifient ce que nous appellons en François Chœur : un lieu au delà de l’Autel où les Religieux chantent l’Office séparez du Peuple et sans être vûs (…). Il y avoit quelquefois plusieurs absides dans une même Eglise; ainsi l’Auteur de la vie Saint Hermenland qui écrivoit au huitième siècle dit que ce Saint fut entèrré dans l’abside méridionale de la Basilique de Saint Paul à Nantes. Absides alors ne peut, ce semble, signifier que deux choses; ou ce que nous appellons Chapelles, qui étant voûtées étoient chacune une petite abside séparée; ou dans les Églises bâties en forme de croix on appelloit abside méridionale le côté droit de la croix qui regardoit le Midi, l’Autel étant toujours à l’Orient. Ce second sens paroit d’autant plus probable qu’au même endroit le même Auteur distingue abside d’Oratoire qui n’est autre que Chapelle (…). 3. xixes. cf. ds sém. déf. stricto sensu de Viollet-Le-Duc qui en outre atteste pour son époque les ext. de sens : « chevet », « extrémité du chœur », « chapelles circulaires ou polygonales »; cf. aussi du même : Certaines églises ont leurs croisillons terminés par des absides semi-circulaires : tels sont les transepts des cathédrales de Noyon (…) 4. Fin du xixes. et xxes. La création de absidiole (1866, cf. absidiole, hist.) semble avoir eu pour effet de clarifier les emplois de abside en réservant le mot à la seule désignation de l’abside principale : Absides (…) Hémicycle formant le fond des basiliques païennes, qui devint le sanctuaire des basiliques chrétiennes. P. anal. 1. Partie correspondante des églises postérieures, où elle n’est qu’une simple chapelle. 2. Chapelle en hémicycle à l’extrémité de la nef ou du transept. (DG). Il faut interpréter cet art. du DG en rapport avec l’art. absidiole du même dict. Malgré les apparences c’est toujours la même partie de l’église qui est désignée, mais dans ses situations hist. successives (basiliques païennes; basiliques païennes utilisées par les chrétiens; églises construites postérieurement, avec ou sans transept). III.− Abside, « châsse » (cf. sém. III). − 1reattest. en l’état actuel de la docum. : Abside est aussi le nom que l’on donnoit autrefois à la bière où l’on mettoit les reliques des Saints : on l’appelle aujourd’hui châsse. On appelloit absides ces sortes de bières, parce qu’elles étoient élevées et disposées en voûte. (Du Cange ds Trév. 1740). − Rem. 1. Cette déf. de Trév. 1740 est recopiée par Trév. 1752 et 1771, puis reprise ds Ac. Compl. 1842 et Littré (ce dernier copiant littéralement le précédent mais l’un et l’autre sans ex.). En revanche toutes les éd. de l’Ac.ignorent ce sens. Trév. 1740 semble à l’orig. d’un sens fantôme du fait d’une mauvaise lecture du texte de Du Cange. En effet Trév., mentionnant un sens déjà disparu à son époque (concurrence de châsse), paraît faire allus. à l’existence d’attest. françaises plus anc. (cf. abside est le nom que l’on donnoit autrefois…). Mais une vérification chez Du Cange, montre qu’il s’agit seulement d’un sens lat., d’ailleurs peu sûr, du mot lat. absida. De plus les vastes dépouillements d’a. et de m. fr. faits depuis 1740 n’ayant pas attesté abside « châsse », on peut penser que Trév. a créé un sens fantôme a) de l’a. et du m. fr., b) du fr. mod. vu le passage de ce sens ds Ac. Compl. et ds Littré dont la déf. est actualisante (« châsse où l’on mettait les reliques des saints »). 2. Si tant est que ce sens ait existé ou existe malgré la vive concurrence de châsse, noter que Lar. 20edonne ce sens non plus à abside mais à absidiole (« châsse contenant les ossements d’un saint »), ce qui fait un second concurrent et corrobore l’affirmation ci-dessus (II C 4) selon laquelle le néol. absidiole a épuré le sémantisme de abside; mais ce sens est-il mieux établi pour absidiole que pour absideIV.− Abside, « article de camping » (cf. sém. IV). − Cette ext. du sens II est récente (1reattest. Lar. encyclop.), création qui correspond au développement du « camping ».
STAT. − Fréq. abs. litt. : 158.
BBG. − Alex. 1768. − Barb.-Card. 1963. − Bouillet 1859. − Chabat t. 1 1875. − Chesn. 1857. − Glossaire des termes romans. − La Pierre qui Vire, 1965. − Jossier 1881. − Lavedan 1964. Marcel 1938. − Mortet (V.) Lexicographie archéologique. Le sens du mot abside. Paris, 1909, 9 p. − Perraud 1963. − Privat-Foc. 1870. − Viollet 1875.

Le porche du temple de Salomon était orienté vers l’est ! Ainsi que ‘autres églises à Rome, capitale de la chrétienté. En effet jusqu’au 16ème siècle les fidèles priaient tournés vers le couchant, symbole de Christ ressuscité. Cette tradition persiste jusqu’à de nos jours ! Puis sur injonction du pape Pie V  il fut admis  que le choeur de l’église soit occidenté (orienté vers l’ouest)  si cela pouvait l’intégrer au mieux dans la ville où l’église venait être édifiée.

L’abside en cul-de-four des églises anciennes joue le même rôle que le mihrab des mosquées musulmanes qui indique la qibla, la Mecque (depuis 629, car auparavant les mosquées étaient orientées vers Jérusalem) où se trouve la mosquée du Prophète. C’est dans l’axe de la qibla comme dans celui de l’abside que les fidèles se tournent pour prier. Outre l’importance de l’abside et de la mihrab pour indiquer l’orientation de la prière il y a une autre raison d’ordre acoustique qui justifie ces deux constructions architecturales : abside comme mihrab  renvoient et amplifient la voix de l’imam comme du prêtre qui est placé devant.

L’abside voûtée en cul-de-four (en forme de quart de sphère ou demi coupole comme les fours à pain romains) caractérise l’église romane et se retrouve encore aujourd’hui dans de nombreuses églises en France dans le Poitou, en Normandie, dans le Lyonnais, en Auvergne et en Bourgogne. Elle a été remplacée par des voûtes de nefs et transepts dans le style gothique qui le suivit.

A l’enterrement d’une île morte

Jazirat al Mawet, autrement dit Mayotte, c’est l’Ile de la Mort. Ce n’est pas moi qui l’ai inventé, ce surnom. C’est le nom macabre que lui ont donné les premiers navigateurs arabes. Ils avaient sans doute leurs raisons.

Dans les cimetières pas de trace de nom, ni de stèles, ni de couronnes, ni de fleurs. Seul celui qui a enterré sait où se trouve son défunt. C’est dans l’anonymat complet que les morts dorment le corps tourné vers la qibla de la Mecque, vers le Nord ! Les rites mortuaires musulmans et ancestraux se chevauchent !

En effet, « dans un premier temps, on ferme les yeux, la bouche, on couvre le corps d’un linceul composé de trois étoffes blanches et on lui assure un bain mortuaire digne comprenant l’usage d’eau chaude additionnée ou non d’eau de Zamzam, des plantes aromatiques, du camphre nommé ”Kanuru”, des feuilles de “Mtsinavu” et du coton pour boucher les orifices ainsi que du parfum ». Par ailleurs, « la pratique du bain mortuaire doit suivre des étapes précises », « Par le biais de massages, on appuie sur l’abdomen du mort pour vider les viscères. Les écoulements et les selles sont recueillis dans un trou fait sous le lit ou dans des bassines placées sous le lit.

Avant de les enterrer dans un linceul blanc ils ont été nettoyés à l’eau de Zamzam, puis mis dans une caisse pour être portés à la mosquée où une prière est faite en leur honneur puis on les retire de leur caisse et on les enterre à même la terre. Des planches sont placées sur le cadavre puis on le recouvre de terre. Cette terre est ensuite arrosée d’une eau spéciale.

Une fois mort  les anges  exterminateurs  Munkar et Nakir sont deux capitaines qui vont pratiquer dans la tombe votre interrogatoire et décider du chemin que votre âme va suivre selon que vous avez prié et été bon musulman. Ils vous dispatchent au bout de 40 jours après l’enterrement soit au paradis soit en enfer.

Lors d ‘un décès il y a 4 moments importants :

  • le jour de l’enterrement proprement dit, au plus tard vingt–quatre heures après le décès,
  • le troisième jour, qui est une sorte de petit deuil : un boeuf doit être sacrifié
  • le neuvième jour ou moyen deuil : on offre des gâteaux
  • le quarantième jour ou grand deuil; un autre boeuf doit être sacrifié
  • A chacune de ces étapes la communauté se retrouve dans la demeure familiale du défunt. On offre à boire et à manger. La nourriture consiste en général en riz et lait fermenté auquel on ajoute du sucre, du kangué, du poulet, des bananes vertes, du manioc.

On peut aussi offrir des Coran aux convives pour qu’ils puissent prier en communion fraternelle.

il existe aussi un plat à base de papaye verte coupée en tranches arrosée de lait fermenté et de sucre.

Les convives hommes les plus importants repartent avec le douan, qui est un sac en plastique transparent où se trouvent 2 ou 3 boissons non alcoolisées, une bouteille d’eau, des gâteaux.

Une mort coûte très cher car c’est comme le grand mariage. Ce n’est pas tant le mort que l’on pleure mais sa puissance et celle de son clan que l’on expose lors des funérailles.

A cada mil lágrimas sai um milagre

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Toutes les mille larmes un miracle voit le jour ! Toutes les  mille larmes vous avez droit à un miracle. Pleurez donc plein votre saoul car le miracle vous est promis ! Pleurez à chaudes larmes ou à froides et tièdes larmes, peu importe mais pleurez ! Ouvrez les vannes, les biefs, les chenaux, abandonnez-vous au flux, épanchez-vous car à la millième larme, exactement le miracle viendra sous la forme d’un arc-en-ciel dont chacune de vos larmes est la promesse. Pleurez des fleuves, des rivières, des torrents, tout débouchera au bout de mille larmes sur l’océan des miracles. Baignez-vous massez-vous habillez vous de ces larmes, de ce sel mais vous n’avez droit qu’à mille larmes, mille gouttes. Comme mille gouttes de pluie qui vont s’évaporer. Toutes les mille larmes, recueillez vos larmes et mettez-les à bouillir à feu doux, puis laissez cristalliser dans un réservoir, récoltez le sel de ces larmes à la main avant de les rincer dans la saumure. Que ce soient des larmes de joie, d’envie, de rage, si elle vous encombrent vous pouvez ensuite les revendre à prix coûtant à Halen Môn

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Milágrimas

Música: Itamar Assumpção Letra: Alice Ruiz

Em caso de dor ponha gelo

Mude o corte de cabelo

Mude como modelo

Vá ao cinema dê um sorriso

Ainda que amarelo, esqueça seu cotovelo

Se amargo foi já ter sido

Troque já esse vestido

Troque o padrão do tecido

Saia do sério deixe os critérios

Siga todos os sentidos

Faça fazer sentido

A cada mil lágrimas sai um milagre

Caso de tristeza vire a mesa

Coma só a sobremesa coma somente a cereja

Jogue para cima faça cena

Cante as rimas de um poema

Sofra penas viva apenas

Sendo só fissura ou loucura

Quem sabe casando cura

Ninguém sabe o que procura

Faça uma novena reze um terço

Caia fora do contexto invente seu endereço

A cada mil lágrimas sai um milagre.

Mas se apesar de banal

Chorar for inevitável

Sinta o gosto do sal do sal do sal

Sinta o gosto do sal

Gota a gota, uma a uma

Duas três dez cem mil lágrimas sinta o milagre

A cada mil lágrimas sai um milagre 

Mais aussi Alzira Espinola, Zelia uncan, Nà Orzetti, Anna Toledo…..

A tous un supercalifragilisticexpialidocious réveillon fait de petites morts et de renaissances interminables

850_400_flor-de-lotus-significado-e-simbolismo-da-flor-sagrada_1495722386Dans moins de 13 heures il sera minuit ! Il y a un no man’s land entre minuit et zéro heure. C’est dans cet espace précaire que modernité et tradition s’affrontent incessamment. Ainsi le dieu Janus avait deux visages l’un tourné vers le passé et l’autre vers le futur. Le soleil et la lune d’aujourd’hui 2017 et ceux de demain 2018 se ressemblent étrangement à ceux de 2014/2015 mais ils sont complètement différents puisque notre regard sur eux changent. C’est nous qui modifions et non les choses qui se modifient. A minuit on est en 2017, à zéro heure on est en 2018. Quelques confettis multicolores, quelques feux d’artifices, un ou eux grammes de cotillons nous séparent l’un de l’autre.

Moi je propose une autre méthodologie. Commençons l’année à zéro heure et terminons la à minuit. Commençons la vie par la mort. Naître à 90 ans et remonter à contre-courant le fleuve de l’existence jusqu’à redevenir nouveau-né, presque innocent dans la source au flanc de la montagne. Et tout cela entre zéro heure et minuit. Quel challenge, quel défi. Ceux qui ne savent pas nager peuvent pagayer mais l’eau de la mémoire, pour saumâtre qu’elle soit, n’est pas si profonde qu’on ne puisse en remonter le cours en quelques infimes nano-secondes. Il y a ça et là des gués où on peut reprendre haleine avant de reprendre sa route……ne serait-ce qu’à quatre pattes…..

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Dans moins de 13 heures il sera exactement zéro heure….Et personne ne sait encore avec certitude s’il sera là pour vivre ce moment. Ce qui explique l’émotion qui s’empare de tout un chacun, émotion faite de peur et de soulagement, à franchir la ligne d’arrivée de l’étape. Chaque réveillon est comme une petite mort ou une naissance avortée et le champagne coule à flot de la même manière qu’une femme enceinte qui perd ses eaux sait que l’issue est proche. A tous un supercalifragilisticexpialidocious réveillon fait de petites morts et de renaissances interminables. 2017 est mort vive 2018 ! Maintenant que la plupart des rites de passage, rythmés soit par les saisons et les lunes et les soleils, les mers et les pluies soit par les stades différents dans le développement de l’individu de la naissance à la mort, ont disparu de nos sociétés post-modernes profitons encore de celui-ci : franchissons le seuil de cette nouvelle année de façon guillerette comme on saute à la marelle, à cloche-pied. Quittons provisoirement le 1 de la terre de 2017 pour nous retrouver finalement les deux pieds ancrés au 9 du ciel de 2018. Surtout évitons les petits cailloux entre minuit et zéro heure qui pourraient mettre à mal cette expédition car c’en est une, et vous obligeraient à redémarrer éternellement à partir du 1 de la terre de 2017. Que vous souhaiter alors, sinon beaucoup d’équilibre, quitte à partir du ciel de 2018 en direction de la terre de 2017. Du 9 vers le 1 au lieu du 1 vers le 9, et tout cela, bien entendu entre minuit et zéro heure ! Et vogue la galère