La première liberté entre pluviose et floréal

Ce qu’on entend par la première liberté c’est la première abolition de l’esclavage décrétée par la convention montagnarde le 4 février 1794 (16 pluviose an II). Pendant 8 ans les esclaves de Guadeloupe grâce au décret 2262 ont vécu comme des citoyens français, ont pu se marier, avoir des enfants, les reconnaître, acheter, vendre, échanger. Ce ne fut pas pour autant une remise en question fondamentale de l’ordre établi puisque le décret fut exécuté après avoir adopté certains règlements appelés Police rurale mise en place par les commissaires au gouvernement dans chacun des districts de la Guadeloupe. Par cette Police les nouveaux citoyens de 1794 se voyaient remettre un quart des bénéfices déduction faite des coûts affectés au médecin, aux médicaments et à l’emballage des produits. Le esclaves devenaient sous le régime de Victor Hugues des travailleurs libres. La réalité objective en fit des travailleurs forcés. Disons un peu plus libres qu’ils ne l’étaient avant. Ce ne fut qu’une éclaircie de 8 ans puisque Bonaparte rétablit l’esclavage par décret du 20 mai 1802 (30 floréal an X). Dès le 2 mai Richepanse et 2500 hommes sur 11 navires vont rétablir l’ordre esclavagiste ce qui coûter au bas mot la vie de 20000 de ces nouveaux citoyens sortis de la servitude. L’insurrection menée par Louis Delgrès dès le 4 octobre 1801. Comme disait Sonthonnax en 1793 à Saint-Domingue la citoyenneté est devenue leur Evangile !

Ce ne fut qu’une éclaircie mais quelle éclaircie !J’imagine ce que cette éclaircie a causé chez mes ancêtres présents sur le territoire à cette époque : BALTIMORE, FRONTON, VIN, VALERIUS, BARDUS, ELIZA, SIPHAX-COLDY, BANDINI; PALEY, IBOL, HAMAREL, MONZA, EBREUIL, RYBOUR

A Bouillante :

Charlottine Fronton est née en 1792 soit deux ans avant la première liberté qu’elle a donc connue entre l’âge de 2 ans et 10 ans.

Désirée Bandini entre 13 et et 21 ans

Vidal Valérius de 15 à 23 ans

Bernadine Vadimon de 16 à à 24 ans

Praxelle dite Rachelle Ebreuil de 8 à 16 ans

Jean Paley de sa naissance à l’âge de 8 ans

Baltimore Magdeleine entre 11 ans et 19 ans

A Saint-Claude :

François Rybour entre 29 ans et 37 ans

Magdelonnette Ibol entre 17 et et 25 ans

Reinette Hamarel entre 15 et 22

A Vieux-Habitants : Elisabeth Vin de la naissance à l’âge de 5 ans

Raymond dit François Monza de la naissance à l’âge de 5 ans

A Grand-Bourg MG:

Félicité Bardus de sa naissance à l’âge de 6 ans

Demoiselle Eliza de la naissance à 3 ans

Marguerite Leroux de la naissance à 1 an

Si l’on consulte l’Etat nominatif des personnes de tout âge et de tout sexe existant dans la commune de Bouillante au premier vendémiaire an V ainsi que celui du 1er vendémiaire an VI classés aux archives de Guadeloupe sous les côtes G1500 et G1503 les relations pére-enfants-époux devraient s’éclaircir .

Halte aux décasages !

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Mayotte fait son apparition dans Wikipédia. A l’île de la Mort  l’honneur (enfin je dirais plutôt la honte) du mot décasage.

Un décasage est une expédition punitive organisée par des Mahorais contre les constructions illégales habitées par des immigrants clandestins comoriens[réf. nécessaire]. Illégaux, les décasages ne sont néanmoins pas réprimés par les autorités locales, qui craignent d’ajouter du trouble à la situation tendue dans laquelle se trouve le département d’outre-mer et qui considèrent parfois que ces expéditions les aident dans leur travail de lutte contre l’installation irrégulière de migrants venus en kwassa kwassa du reste de l’archipel des Comores.

Bref on est au maximum de l’intolérance. Pas au maximum encore puisqu’on ne tue pas encore ! C’est encore heureux ! Enfin pas pour l’instant ! Car les chombos sont là prêts à frapper dans la chaleur de la nuit.

Cet article de Serge Slama paru en 2016 dans la Revue des droits de l’homme  aurait pu alerter. On y évoque des mots qui font peur en France comme pogrom, lynchage, des mots qui évoquent l’Allemagne nazie. Mais comme dit l’article : « loin des yeux loin du coeur » ! Ici c’est la sous-france et la souffrance, le règne de la bête immonde. Paré du boubou blanc du citoyen on décase en toute impunité. Les autorités ferment les yeux et se parent du manteau de Job. Avec les clandestins tout est possible. Ouf, on respire, on ne les jette pas encore à la mer ! Mais on peut allégrement en toute impunité les parquer comme des veaux dans un gymnase ! Macronie oblige ! L’Archange Emmanuel avait en son temps bien ri des kwassas-kwassas ! Qui lui reviennent maintenant comme des boomerangs putrides ! Entre manger de la pierre et manger de l’eau les vivants choisissent l’eau, symbole de survie ! Qu’auriez vous fait à leur place !?

Où sont passés les Justes ! ? En 2016 lors des précédents décasages on avait entendu un peu la Cimade, le Gisti,  la LDH, ADDE, le Secours Catholique, Médecins du Monde, la presse régionale métropolitaine s’en était fait l’écho même en 2017 . S’il y a désormais des contestations, des voix pour se lever contre l’immondice ce sont des voix aphones. On ne les entend pas ! I-N-A-U-D-I-B-L-E-S ! Où sont les contre-manifestations ! Où sont les appels à la tolérance ! J’entends seulement en boucle : ces gens -là ne sont plus les bienvenus ! On incendie les cases, on menace ! Les yeux sont injectés de haine ! L’air de Mayotte est insalubre en plein Océan Indien! Sommes-nous encore dans un département à part entière ou dans un département entièrement à part ! Césaire si tu nous entends !

https://la1ere.francetvinfo.fr/mayotte-citoyens-expulsent-illegalement-etrangers-leur-logement-573003.html

Les logements qu’on brûle qu’on rase qu’on démolit sont des logements de fortune fait de bric et de broc, de tôles et de planches, comme la plupart des habitations de l’île. Ce sont certes des bidonvilles mais à l’intérieur de ces bidonvilles vivent des femmes, des hommes et des enfants qui quoi que migrants n’en sont pas moins des êtres humains ! Le pire c’est que même ceux qui ont des papiers doivent passer sous les fourches caudines de ces adorateurs new age du Klu Klux Klan

Les forces de l’ordre à qui on livre ces migrants comme on livre du bétail disent mener des enquêtes mais en fait c’est avec tolérance et bienveillance qu’elles accueillent ces exactions ! Il ya tout un climat de compréhension fasciste pour les criminels qui se livrent à de tels agissements. Ils se disent mahorais, ils sont français et en vertu de cette noble quoi que fraîche ascendance ils se donnent le droit d’expulser organisés en collectifs de villageois, au nord à Acoua, au sud à Kani Keli leurs frères comoriens et malgaches,  si l’on en croit la généalogie. « Aucune victime, aucun blessé » , dit le procureur de la République .

On ne pourra pas dire que l’on ne savait pas ! En d’autres temps cela s’appelait des chasses à l’homme, des ratonnades.

Par ailleurs le gouvernement des Comores ne veut pas récupérer ces ressortissants. On est dans l’impasse, franchement. Où sont les résistants ?

Mayotte me dit-on est à 95 pour cent islamique et pratique un islam tolérant. C’est la publicité ! Où sont les imams, où sont les cadis, où sont les muezzins, où sont les autorités morales pour endiguer la vague de haine? Je ne parle même pas des autres religions qui à l’aube de la fête pascale font tout autant preuve d’un silence assourdissant. Où sont les autorités, bordel ! Y a-t-il encore des hommes de bonne volonté  sur la place?

Il y a eu des ratonnades en France en 1973 à Marseille où vivent justement beaucoup de Comoriens et de Mahorais . C’étaient les Algériens qui en étaient les victimes. Tout cela avec la complaisance et la passivité des pouvoirs en place et même de l’opposition. Il y a eu la ratonnade du 17 octobre  1961 à Paris. Revenons plus loin encore en juillet 1942 et la rafle du Vel d’hiv. 

La grande ratonnade de Mamoudzou se prépare ! Assez, assez, assez !Repoussons par tous les moyens ces démons et ces djinns malveillants ! Pendant qu’il en est encore temps  !!

Ne croyez pas que cela ne concerne que Mayotte. Récemment la ville ed Lille a été condamnée pour expulsions illicites (expulsion est un joli mot pour  décasage.   

C’est exactement comme pour reconduite à la frontière ! Cela fait plus humain ! Mais le résultat est le même ! Mais la justice est lente et les décasages sont traumatisants et laissent des sequelles. Ce sont les fruits de l’arbitraire et on a condamné à Mayotte ces décasages illégaux. A quand une trêve hivernale en pleine saison des pluies, le fameux kashkazi ?

J’ai été Charlie, j’ai été Bataclan, j’ai été Nice, je suis un migrant, je suis un décasé !

Mayotte, île de la Mort, île morte

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Ile de la mort depuis des siècles Mayotte devient désormais île morte ! Certes pas tout à fait morte car elle bande encore, mais si mollement qu’on jurerait qu’elle est atteinte de dysfonctionnement érectile tant est flagrante son impuissance. L’île est moribonde !

Le 101ème département, comme elle aime s’appeler, devenu tel le 31 mars 2011, deux ans après le référendum de 2009, il y a à peine 7 ans donc, vit une crise existentielle, âge de raison oblige,  qui ne risque pas de s’estomper. L’archipel est au bord de l’explosion ! Les coupables comme souvent sont tout trouvés. Les étrangers ! Les ressortissants comoriens ! Ils représenteraient environ 50 pour cent de la population. Il n’y a pas qu’eux. Il y a les ressortissants malgaches, les ressortissants congolais , les ressortissants rwandais, les boat people de ce 21ème siècle austral arrivés sur l’île par le biais des flux et reflux de kwassa-kwassa ! Tous en situation irrégulière selon certains, soutenus par la force publique, les maires, les conseils municipaux et la population excédée, qui voudraient décaser à-tout-va pour mieux encore refouler tout ce beau monde à la frontière, les bouter carrément hors de France. Ce qui mathématiquement serait la solution miracle à tous les maux ! Or le voisin comorien considère que Mayotte est terre comorienne, comme l’attestent plusieurs résolutions de l’ONU auquel la France demeure sourde, et que les comoriens étant sur leur terre ils n’ont pas en être refoulés comme des malpropres. Les comoriens en situation irrégulière sont donc ballottés comme des régimes de banane entre Charybde et Scylla ! On imagine qu’une augmentation substantielle de l’aide au développement pourrait changer la donne et réussir à en amadouer certains. On imagine… C’est tout ce que l’on peut décemment faire, imaginer une sortie heureuse du contentieux diplomatique qui oppose les îles soeurs, dans un lagon hanté d’un noeud de serpents qui paraît inextricable.

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On parle d’insécurité chronique et d’immigration clandestine inacceptable ! On évoque le cas de la Guyane qui souffre des mêmes maux mais  immédiatement on évoque les différences de taille entre la Guyane et Mayotte. Le gouvernement français, le préfet, la Gendarmerie, la Justice, l’Armée, la Marine, la Police, la CAF, sont accusés de complaisance ! Or chose étrange ces étrangers sont leurs propres frères ou demi-frères, cousins germains ou issus de germains, oncles et tantes, grand-pères ou grands-mères car depuis le XVème siècle Mahorais, Anjouanais Grands Comoriens et Mohéliens ainsi que les Malgaches et les Tanzaniens se sont allègrement mélangés au gré des califats. On oublie que Mayotte fut sous domination anjouanaise ou malgache à certains moments de son histoire pour ne retenir que la domination française qui date de 1841.

On méprise les Comores, les voisins comme on les appelle avec condescendance, mais jusque dans les années 60 et 70 c’est à Moroni que les plus fortunés se rendaient pour étudier au lycée Saïd Mohamed Check. On méprise Madagascar mais c’est à Tananarive que d’autres se rendaient pour étudier au Lycée Condorcet devenu depuis lycée Galliéni.

Mayotte c’est une Afrique qui ne s’accepte pas pour certains qui préfèrent revendiquer leurs racines arabes ou portugaises. Mayotte n’est pas perdue mais bien égarée, comme un chien, en l’occurrence une hippocampe perdue sans collier.

Car Mayotte se revendique française mais souhaite en même temps demeurer musulmane. Il y a des contradictions flagrantes entre les lois de la République notamment en matière de liberté, égalité fraternité, laïcité. Les mosquées sont pleines et fleurissent comme des champignons. On ne peut faire deux cents mètres sans se trouver nez à nez avec une mosquée ou une madrassa (une école coranique). Pour comprendre une école coranique imaginez un cours de catéchisme 7 jours par semaine à 5 heures du matin avant l’école, après l’école dite de la République, où l’on apprend outre le Coran l’arabe ! Des hauts parleurs diffusent aux heures stratégiques l’appel à la prière. Le premier chant de l’aube ce n’est pas le chant du coq mais celui du muezzin ! Que dis-je ! Celui des muezzin car chaque mosquée se fait concurrence. Il y a la mosquée des Anjouanais, la mosquée une telle, la mosquée une telle.

Dans cette concurrence d’héritages il y a des perdants et des gagnants. Les plus lettrés ceux qui sont entrés dans la mondialisation, ceux qui se sont formés à l’étranger et plus particulièrement en France ou en Arabie Saoudite, les descendants de familles traditionnelles occupent les mairies, les administrations, les postes stratégiques au Syndicat Intercommunal d’Eau et d’Assainissement de Mayotte (SIEAM), à la Société Immobilière de Mayotte (SIM), à Electricité de Mayotte (EDM), etc.

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La corruption est rampante et institutionnelle. Emplois fictifs, détournement de fonds publics et favoritisme sont les maîtres mots de la politique mahoraise. Une fois installé comme maire, sénateur ou député ou conseiller municipal ou départemental  on est un nanti au service d’un clan. J’entends par exemple des débats où il y aurait un arrangement entre les familles de M’Tsapéré  pour que revienne le poste le président  du conseil départemental aux prochaines élections à quelqu’un du clan de M’Tsapéré qui a réussi entre autres à élire deux sénateurs. Il faut à tout prix que le poste revienne à quelqu’un de M’Tsapéré. Aux dernières élections le poste est allé à quelqu’un du canton d’Ouangani élu depuis le 2 avril 2015 (Soibahadine Ibrahim Ramadani né en 1949 à Chiconi, sénateur e Mayotte entre 2004 et 2011).  Entre 2011 et 2015 né en 1975 à Marseille Avant lui à la tête de l’exécutif  mahorais il y avait eu Daniel Zaïdani descendant d’une famile de M’Tsapéré qu’on avait fait venir de France pour succéder à Ahmed Attoumani Douchina né en 1955 président du Conseil Général de Mayotte de 2008 à 2011. Ce dernier remplaçait Saïd Omar Oili president d’avril 2004 à mars 2008. Peu importe les noms peu importe les affiliations politiques, UMPP, LR, SE, NEMA, l’important c’est que le poste reste aux mains du clan. Pour aspirer aux hautes fonctions on est souvent enseignant ou médecin ! Puis par capillarité on répand sur son clan la manne procurée par la fonction. On nomme à droite ou à gauche des administrateurs de la SIM, la DEAL, du Syndicat des Eaux, etc.

Abdallah Hassani, né en 1954, élu sénateur e Mayotte le 2 octobre 2017 à la succession de Abdourahamane Soilihi, sénateur de Mayotte de 2011 à 2017.

Mansour Kamardin né en 1959 élu député ainsi que Ramlati Ali (dont l’élection a été annulée et dont on saura dimanche prochain si elle ou bien Elad Chakrina se retrouvera sur les bancs e l’Assemblée Nationale).

Il faut savoir que ce conseil départemental exerce aussi les attributions de conseil régional. La plupart des postes de fonctionnaires est occupée par de la main d’oeuvre migrante venue de métropole qui perçoit ainsi des revenus  différenciés  (prime de vie chère, congés bonifiés, etc) en raison de son statut d’expatriés. L’enseignement, l’hôpital sont leur chasse gardée. On retrouve dans ce tableau outre les métropolitains les Antillais, les Sénégalais, les Réunionnais, les Marocains, les Vietnamiens, les Malgaches qui ayant la nationalité française peuvent enseigner dans l’école de la République. La coexistence entre Mahorais de souche et ces français issus de métropole ou d’autres confettis de l’ancien empire français démantelé il n’y a guère que 60 ans ( Madagascar et d’autres pays d’Afrique du Nord ou d’Afrique noire) se fait apparemment sans heurt. Mais on sent bien que les coutumes traditionnelles sont menacées par cette avalanche de nouveaux modes de vie qui déferlent sur l’île. Déjà la polygamie a été abolie alors que c’est un pilier de la société mahoraise. Les hommes préfèrent se marier tranquillement chez le cadi ce qui en cas de répudiation est beaucoup plus simple qu’entamer une procédure coûteuse de divorce. Les lois islamiques scandent le rythme de la société mahoraise. Interdiction de vente d’alcool à partie d’une certaine heure, surtout le week-end et le dimanche. Difficultés de trouver dans les quartiers des produits comme vinaigre à base d’alcool ou tous les produits à base de porc ou du simple cirage. Par contre la bière est largement disponible dans les supermarchés et épiceries de quartier. Il est notoire que le niveau des enseignements à Mayotte est le plus bas de tous les départements français ! En maternelle et au primaire l’accès à l’école est barrée par les communes qui prennent pour prétexte des classes bondées pour ne pas admettre en classe les petits de migrants. Ils accumulent ainsi des handicaps et se retrouvent souvent à 15/16 ans avec un niveau de primaire acquis avant leur arrivée sur le territoire. On trouve même des enfants de migrants nés à Mayotte puis repartis vers les Comores suite à l’expulsion de leurs parents, puis revenus en France qui au terme de ce ballotage permanent entre îles se retrouvent dans les plus pires difficultés d’adaptation et d’enracinement qu’on puisse imaginer car ils sont aussi bien honnis aux Comores car nés à Mayotte que par les mahorais car nés de parents comoriens en situation illégale. Les classes sont surchargées. Néanmoins le vice-rectorat avec l’appui du Casnav (« Centre académique pour la scolarisation des enfants allophones nouvellement arrivés et des enfants issus de familles itinérantes et de voyageurs ») ou d’autres organisations associatives qui font florès (Apprentis d’Auteuil, Croix Rouge, etc) essaie tant que faire se peut d’inclure dans le cursus scolaire des collèges et des lycées tous les enfants de migrants, et en particulier les EANA, élèves allophones nouvellement arrivés,  âgés de 11 ans à 16 ans malgré de forts taux d’analphabétisme ou d’illétrisme chez ces derniers. Cette hétérogénéité des apprenants n’est pas sans poser problème car la plupart des enseignants ne sont pas formés en FLE ou en FLS pour pouvoir prendre en charge efficacement de telles disparités d’apprentissage. Il y a des expériences de classe UPE2A (Unité pédagogique pour élèves allophones arrivants) ou UPE2A-NSA pour ceux qui n’ont pas été scolarisés dans leur pays d’origine. Mais malgré des besoins immenses à Mayotte la résistance de la population mahoraise est telle que l’on entrevoit mal comment résoudre la situation à moins de l’implantation d’un plan Marshall de l’éducation sur l’île hippocampe. Et je ne parle même pas des élèves âgés de 16 à 18 ans qui eux ne relèvent pas de l’obligation scolaire et à qui sont fermées toutes les possibilités de formation professionnelle ou de stages dans la mesure où ils n’ont pas de papiers.

C’est ainsi que se crée à Mayotte tout un sous-prolétariat payé au maximum 10 € par jour à faire des brochettes, faire le ménage, cuisiner, laver le linge dans les rivières, vendre des légumes à la sauvette, vendre du poisson dans des brouettes, vendre des boites d’allumettes, des oignons, de l’ail à tous coins de rue, s’occuper des enfants, travailler dans une épicerie, pour le compte de mahorais qui leur louent aussi à petit prix des  cases qui forment ici et là des bidonvilles insalubres de tôles et de planches sans eau et sans électricité. Ce sous-prolétariat corvéable à souhait ne parle pas très bien le français mais peut très bien communiquer avec les mahorais car les différences entre langue mahoraise et anjouanaise sont minimes. Ce serait comme les différences qui existent entre le créole guadeloupéen et le créole martiniquais. Avec le comorien de Grande Comore ou de Mohéli il y a plus de difficultés mais cela équivaut à la différence entre le créole de Guadeloupe et celui de Sainte-Lucie ou de Dominique. Voilà.

Mayotte on l’a déjà dit c’est la sous-France ! Et la souffrance aussi ! Comment sortir parle haut de la détresse ? Il faudrait des transferts énormes d’investissements pour que l’île revienne ne serait-ce qu’à la moitié du niveau de développement des autres départements d’outre-mer.  Guadeloupe, Martinique, Guyane et Réunion ont pu se développer à la faveur des 30 Glorieuses et du tourisme de masse. Dans une France qui passe par une longue saison de vaches maigres j’ai du mal à voir la maison-mère investir à fonds perdus dans l’aventure. Je ne vois pas de solution miracle. Mayotte n’est pas la Guyane. Mayotte n’a pas Ariane ! Elle n’a qu’un lagon.    Des tortues, des hippocampes, de l’ylang-ylang et des makis. Au grand dam des Mahorais je ne vois de solution durable à long terme qu’avec une coopération effective d’égal à égal entre îles soeurs. Car si Mayotte est française elle est aussi comorienne qu’elle le veuille ou non et elle devra un jour s’accepter comme telle pour pouvoir, je le lui souhaite ardemment, s’affirmer pleinement comme île adulte. Je sais ! Je ne suis pas mahorais ! C’est plus facile à dire qu’à faire mais après avoir vécu en live cette souffrance pendant maintenant 8 mois je ne vois aucun accouchement, aucune délivrance  possible à court terme.

 

Le Bumidom dream

Le Bumidom Dream c’est le rêve américain à la sauce tamarin citron ! Pas de caravanes, pas de diligences, pas de saloons, pas de shérifs, pas de bourbon, pas de Billy the Kid, pas de ruée vers l’or, pas de Californie ni de Texas mythique! La ruée vers l’Est vers un monde meilleur de vin, de neige et de camembert eut comme destination un nouvel Eldorado appelé Paris, ville lumière ! Paris Tour Eiffel !

Dès 1963 par la grâce de Michel Debré, premier ministre, député de la Réunion, et son arrêté du 26 avril 1963 paru dans le JO du 7 juin 1963 le Bureau pour le Développement des Migrations dans les Départements d’Outre-Mer (société d’état) organise minutieusement le départ de la grande migration qui va 17 ans après la départementalisation du 19 mars 1946 tenter de résoudre les problèmes de surpopulation et de chômage rencontrés sur Guadeloupe, Martinique et Réunion. Tout cela a lieu dans le cadre d’un contexte international révolutionnaire. Fidel Castro prend le pouvoir à Cuba en 1959. Madagascar devient indépendant en 1960. l’Algérie en 1962.

En 1981 le gouvernement socialiste rebaptise le Bumidom ANT (Agence Nationale pour l’Insertion et la Protection des Travailleurs d’Outre-Mer) qui devient elle-même en 1992 LADOM, l’Agence de l’Outre-mer pour la Mobilité (désormais investie dans le Passeport Mobilité, le Passeport Mobilité Etudes et l’Aide à la Continuité Territoriale dans les DOM).

De 1963 à 1981 16562 migrants, pour la plupart sans formation, âgés entre 18 et 35 ans, après une visite médicale et un test d’évaluation où il n’y avait pas de recalés, ont quitté Karukéra, son rhum, son carnaval et ses belles eaux tandis que 16580 migrants ont quitté les rives de Madiana l’ensorceleuse canne à sucre! Quant à la Réunion ce sera le double, 37473 migrants ayant abandonné leur île et leur poisson en cari sauce au combava. Munis pour seul viatique d’un aller simple en bananier transatlantique ou en avion vers la mère-métropole et une place en foyer assortie d’une promesse d’emploi ou de formation généralement subalterne on fit à ces jeunes gens issus de familles nombreuses miroiter vie en rose, gai Paris, foie gras, retour tous les 5 ans, champagne, logement et vie meilleure ! L’Emigration-Debré, tout au service des Trente Glorieuses ! Vu ainsi on pourrait dire que la saignée ne fut pas si terrible que ça ! C’est oublier ceux qui partaient pour faire leurs études, ceux qui partaient faire leur service militaire, ceux nombreux qui partaient avec leurs propres moyens vers leur Eldorado européen pour un aller sans retour.

D’abord migration de travail pour travailler dans les administrations comme la Poste, l’assistance publique, les prisons, la police, l’éducation nationale, les ministères, l’Armée Simca-Chrisler, EDF-GDF, Renault, Peugeot mais aussi des emplois subalternes comme aides ménagères, mécaniciens, ouvriers en bâtiment à partir de 1970 par le biais du regroupement familial la migration devient de peuplement. Ah qu’il fleurait bon être fonctionnaire en ces temps bénis de croissance-là ! C’était la garantie de congés bonifiés tous les 5 ans pour revoir la famille restée au pays et ouvrir toutes grandes ses ailes de paon devant la société ébaubie.

Il en a résulté malgré tout un certain déracinement familial et culturel, un certain désenchantement après plus 50 ans de lutte pour une insertion sociale qui même si elle a eu de bons effets pour certains a selon moi participé d’un colonialisme anba roche, un colonialisme larvé qui ne disait pas son nom et avançait masqué. Les résultats sont contrastés. Ce sont les forces vives qui sont parties pour revenir parfois au bout du chemin de l’exil une fois la retraite venue avec au fond du coeur un rêve antillais encore plus fragile que ne l’était le rêve français. Car en Guadeloupe comme en Martinique comme à la Réunion malgré les universités, les hôpitaux, la qualité de vie, la CAF, le RSA, la Sécu, l’environnement privilégiés les jeunes continuent de lorgner vers la mère-patrie tandis que la population locale vieillit. Certains mouvements indépendantistes ont même qualifié l’opération de génocide par substitution, voire de traite silencieuse !

Pour ma part je pense que cette navette entre imaginaires a forgé un nouvel imaginaire chez les descendants de ces rêveurs de bumidomiens et post bumidomiens qui se sont empreints chemin faisant d’une nouvelle richesse culturelle, l’Eldorado invisible du Tout-Monde. C’est cet Eldorado selon moi qui malgré les chemins tortueux meut les jeunes et les moins jeunes d’aujourd’hui. Le Tout-Monde ! La conscience prégnante de sa multiplicité et en même temps de son unicité racinaire, rhizomique.

L’Emigration Antillaise en France , Alain Anselin, Christian Montbrun, Editions Anthropos

L’Emigration travailleuse guadeloupéenne en France, AGEG, Association Générale des Etudiants guadeloupéens, L’Harmattan

Utopies du BUMIDOM: construire l’avenir dans un « là-bas » poscontact, Anny Dominique Curtius, French Forum, 2010, Vol 35(2), pp 135-155

La traite silencieuse, les émigrés des départements d’outre-mer, IDOC, 1975, 145 pages

Documentaire de Jackie Bastide: Le Bumidom, des français venus d’outre-mer

Le téléfilm en deux parties de 90 minutes Le Rêve français de Christian Faure avec Yann Gaël, Aïssa Maïga, Samuel Etifier, Firmine Richard, Laurence Joseph, Jocelyne Béroard, Ambroise Michel raconte la saga entre leur île d’origine et la France Hexagonale de deux familles: la famille RENIA et la famille TRESOR, deux familles qui existent réellement aux Antilles et à la Réunion.

Esclavage, vice-championne du carnaval de Rio 2018

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Il y a de cela presque 130 ans le 13 mai 1888 la loi Aurea était promulguée au Brésil par la princesse régente Isabel. Elle avait été précédée en 1871 par la loi du ventre libre qui déclarait libres les enfants nés d’esclaves. Avec cette loi l’esclavage était aboli. Le G.R.E.S Paraiso do Tuiuti,  originaire de la favela du même nom dans le quartier de São Cristovão, vice-championne du carnaval 2018, a enchanté les tribunes au moment du défilé des écoles de samba sur l’avenue Marques de Sapucai avec cette question qui taraude encore de nombreux Brésiliens de toutes couleurs. Quelle que soit la teinte de l’arc-en-ciel qui nous caractérise la question posée est : »Mon dieu, Mon dieu, l’esclavage est-il aboli? »

L’esclavage était donc le thème du défilé  avec cette question Meu Deus, meu Deus Esta extinta a escravidão ? L’esclavage est-il éteint ? Le seul fait de se poser la question en 2018 interroge au Brésil comme elle interroge dans de nombreux pays à travers le monde des Etats-Unis aux Antilles. Si on se pose la question c’est qu’elle n’est pas résolue ! Par ailleurs une nouveauté : une femme Grazzi Brasil chantant le thème d’ouverture.

Les compositeurs Claudio Russo, Moacyr Luz, Dona Zezé, Jurandir et Aníbal, ont fait une nouvelle narration de l’histoire de l’esclavage au Brésil à travers leurs 29 ailes (asas) montrant l’exploitation de l’homme par l’homme sous toutes ses formes aussi bien dans le champ rural que dans le domaine urbain, dans les quilombos et senzalas d’aujourd’hui, les favelas, désormais appelées pieusement de communautés (comunidades) où règnent tous les trafics (rogues, sexe, armes) et l’insécurité à tel point que juste après le carnaval les troupes militaires fédérales sont intervenues et ont assumé le pouvoir de police à Rio de Janeiro. Un défilé à forte connotation politique donc puisque les réformes engagées par le président Temer sont caractérisées comme un recul, un retour en arrière vers  des pratiques anciennes  datant de la Colonie et de l’Empire où la préservation du système esclavagiste et la surexploitation du travail était la principale caractéristique des élites économiques. Récemment les lois rétrogrades gouvernant le travail ont été promulguées et les conditions pour dénoncer un travail esclave renforcées donnant naissance à ce qu’on peut appeler un esclavage social.

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Bien que beaucoup d’historiens expliquent que la corruption est un des piliers du brésil d’autres comme Luiz Felipe de Alencastro  (voir son ouvrage Trato dos viventes) affirment que l’esclavage est le pilier de la formation historique brésilienne car l’empire portugais d’outre mer n’a pu se former que par et grâce à la traite négrière et la construction de réseaux commerciaux dans l’Atlantique Sud.

Que disent les paroles :

Não sou escravo de nenhum senhor
Meu Paraíso é meu bastião
Meu Tuiuti o quilombo da favela
É sentinela da libertação

Irmão de olho claro ou da Guiné
Qual será o seu valor? Pobre artigo de mercado
Senhor eu não tenho a sua fé, e nem tenho a sua cor
Tenho sangue avermelhado
O mesmo que escorre da ferida
Mostra que a vida se lamenta por nós dois
Mas falta em seu peito um coração
Ao me dar a escravidão e um prato de feijão com arroz

Eu fui mandinga, cambinda, haussá
Fui um rei egbá preso na corrente
Sofri nos braços de um capataz
Morri nos canaviais onde se plantava gente

Ê calunga! Ê ê calunga!
Preto Velho me contou, Preto Velho me contou
Onde mora a senhora liberdade
Não tem ferro, nem feitor

Amparo do rosário ao negro Benedito
Um grito feito pele de tambor
Deu no noticiário, com lágrimas escrito
Um rito, uma luta, um homem de cor

E assim, quando a lei foi assinada
Uma lua atordoada assistiu fogos no céu
Áurea feito o ouro da bandeira
Fui rezar na cachoeira contra bondade cruel

Meu Deus! Meu Deus!
Se eu chorar não leve a mal
Pela luz do candeeiro
Liberte o cativeiro social

 

 

Moi j’aurais une lecture un peu différente et à l’esclavage social j’ajouterais l’esclavage religieux. D’ailleurs dans le titre on voit bien les références religieuses de toutes origines : Meu Deus, meu Deus , Fui rezar na cachoeira, Amparo o rosario ao negro Benedito, preto velho, não tenho a sua fé, irmão, meu paraiso é meu bastião. Nao sou escravo de nenhum senhor pourrait sembler équivoque. En voulant signifier qu’on n’est esclave d’aucun maître d’aucun seigneur on n’épouse pas les idées anarchistes « ni dieu ni maître » et on accepte justement les théories religieuses qui ont justifié pendant des siècles l’esclavage. En d’autres mots l’esclavage continue parce que entre autres choses le joug des dieux reste permanent sur l’âme des damnés ! Et ce joug-la, cette exploitation de l’homme par les dieux et leurs représentants auto-proclamés sur terre, qu’ils soient rois, princes ou présidents, on n’en verra pas e sitôt la fin ! La libération de cette captivité n’est pas une question de larmes mais une question d’action, de révoltes. Les carnavals sont télévisés mais comme disait Gil Scott Heron : the revolution will not be televised

 

 

Saldanha, Piber e Boff : 3 anos depois do seu « Je ne suis pas charlie »

Isso aconteceu bem antes dos atentados de 14 novembro 2015 (Bataclan, e vizinhanças  em Paris, stade de France em Saint Denis, etc), Nice (julho 2016) Marseille (1 outubro 2017), Saint-Etienne de Rouvray (26 julho 2017) , Champs Elysées (duas vezes), Saint-Quentin Follavier, Dammartin-en-Goele, etc .

Isso aconteceu dia 12 de janeiro de 2015, ha três anos atras, logo depois dos atentados de Charlie Hebdo em Paris dia 7 de janeiro, da morte da policial caribenha em Montrouge no dia 8 de janeiro e dos mortos do hiper mercado cacher em Paris porte de Vincennes no dia 9 de janeiro 2015.

Isso aconteceu no dia 12 de janeiro de 2015 quando 44 chefes de Estado vieram desfilar com a multidão e dizer je suis charlie, Nesse dia  li na internet um artigo no blog do Leonardo Boff datado do dia 9 de janeiro  :

Para se entender o terrismo contra o Charlie Hebbo de Paris

09/01/2015

        Uma coisa é se indignar, com toda razão, contra o ato terrorisa que dizimou os melhores chargistas franceses. Trata-se de ato abominável e criminoso, impossível de ser apoiado por quem quer que seja.

Outra coisa é procurar analiticamente entender porque tais eventos terroristas acontecem. Eles não caem do céu azul. Atrás deles há um céiu escuro, feito de histórias trágicas, matanças massivas, humilhações e discriminações, quando não, de verdadeiras guerras preventivas que sacrificaram vidas de milhares e milhares de pessoas.

Nisso os USA e em geral o Ocidente são os primeiros. Na França vivem cerca de cinco milhões de muçulmanos, a maioria nas periferias em condições precárias. São altamente discriminados a ponto de surgir uma verdadeira islamofobia.

Logo após o atentado aos escritórios do Charlie Hebdo, uma mesquita foi atacada com tiros, um restaurante muçulmano foi incendiado e uma casa de oração islâmica foi atingida também por tiros.

Que signfica isso? O mesmo espírito que provocou a tragédia contra os chargistas, está igualmente presente nesses franceses que cometeram atos violentos às instituições islâmicas. Se Hannah Arendt estivesse viva, ela que acompanhou todo o julgamento do criminoso nazista Eichmann, faria semelhante comentário, denunciando este espírito vingativo.

Trata-se de superar o espírito de vingança e de renunciar à estratégia de enfrentar a violência com mais violência. Ela cria uma espiral de violência interminável, fazendo vítimas sem conta, a maioria delas inocentes.

Paradigmático foi o atentado terrorista de 11 de setembro de 2001 contra os Estados Unidos. A reação do Presidente Bush foi declarar a “guerra infinita” contra o terror; instituir o “ato patriótico” que viola direitos fundamentais ao permitir prender, sequestrar e submeter a afogamentos a suspeitos; criar 17 agências de segurança em todo o país e começar a espionar todo mundo no mundo inteiro, além de submeter terroristas e suspeitos em Guantánamo a condições desumanas e a torturas.

O que os USA e aliados ocidentais fizeram no Iraque foi uma guerra preventiva com uma mortandade de civis incontável. Se no Iraque houvesse somente ampla plantação de frutas e cítricos, nada disso ocorreria. Mas lá há muitas reservas de petróleo, sangue do sistema mundial de produção.

Tal violência barbárica, porque destruíu os monumentos de uma das mais antigas civilizações da humanidade, deixou um rastro de raiva, de ódio e de vontade de vingança.

A partir deste transfundo, se entende que o atentado abominável em Paris é resultado desta violência primeira e não causa originária. O efeito deste atentado é instalar o medo em toda a França e em geral na Europa. Esse efeito é visado pelo terrorismo: ocupar as mentes das pessoas e mantê-las reféns do medo.

O significado principal do terroismo não é ocupar territórios, como o fizeram os ocidentais no Afeganistão e no Iraque, mas ocupar as mentes. Essa é sua vitória sinistra.

A profecia do autor intelectual dos atentados de 11 de setembro, o então ainda não assassinado Osama Bin Laden, feita no dia  8 de outubro de 2001, infelizmente, se realizou: “Os EUA nunca mais terão segurança, nunca mais terão paz”.

Ocupar as mentes das pessoas, mantê-las desestabilizadas emocionalmente, obrigá-las a desconfiar de qualquer gesto ou de pessoas estranhas, eis o que o terrorismo almeja e nisso reside sua essência. Para alcançar seu objetivo de dominação das mentes, o terrorismo persegue a seguinte estratégia:

(1) os atos têm de ser  espetaculares, caso contrário, não causam comoção generalizada;

(2) os atos, apesar de odiados, devem provocar admiração pela sagacidade empregada;

(3) os atos devem sugerir que foram minuciosamente preparados;

(4) os atos devem ser imprevistos para darem a impressão de serem incontroláveis;

(5) os atos devem ficar no anonimato dos autores (usar máscaras) porque quanto mais suspeitos, maior o medo;

(6) os atos devem provocar permanente medo;

(7) os atos devem distorcer a percepção da realidade: qualquer coisa diferente pode configurar o terror. Basta ver alguns rolezinhos entrando nos shoppings e já se projeta a imagem de um assaltante potencial.

Formalizemos um conceito do terrorismo: é toda  violência espetacular, praticada com o propósito de ocupar as mentes com  medo e pavor.         

O importante não é a violência em si,  mas seu caráter espetacular, capaz de dominar as mentes de todos. Um dos efeitos mais lamentáveis do terrorismo foi ter suscitado o Estado terrorista que são hoje os EUA. Noam Chomsky cita um funcionário dos órgãos de segurança norte-americano que confessou: “Os USA são um Estado terrorista e nos orgulhamos disso”.

Oxalá não predomine no mundo, especialmente, no Ocidente este espírito. Aí sim, iremos ao encontro do pior. Leonardo

Boff é colunista do JBonline e escreveu: Fundamentalismo, terrorismo, religião e paz,  Vozes,  Petrópolis 2009.

E no dia seguinte repassou um artigo cuja autoria era o padre antonio piber, téologo e historiador

Eu não sou Charlie, je ne suis pas Charlie: Pe. Antonio Piber

10/01/2015
Houve um esquecimento de minha parte: não citei o nome do artigo publicado abaixo: Pe.Antonio Piber, material que recebi via internet (quatremains). Peço desculpas aos leitores/as.

Há muita confusão acerca do atentado terrorista em Paris, matando vários cartunistas. Quase só se ouve um lado e não se buscam as raízes mais profundas deste fato condenável mas que exige uma interpretação que englobe seus vários aspectos, ocultados pela midia internacional e pela comoção legítima face a este ato criminoso. Mas ele é uma resposta a algo que ofendia milhares de fiéis muçulmanos. Evidentemente não se responde com o assassinato. Mas também não se devem criar as condições psicológicas e políticas que levem a alguns radicais a lançarem mão de meios reprováveis sobre todos os aspectos. Publico aqui um texto de um padre, Antonio Piber, que é teóloogo e historiador e conhece bem a situação da França atual. Ele nos fornece dados que muitos talvez não os conheçam. Suas reflexões nos ajudam a ver a complexidade deste anti-fenômeno com suas aplicações também à situação no Brasil: Lboff

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Eu condeno os atentados em Paris, condeno todos os atentados e toda a violência, apesar de muitas vezes xingar e esbravejar no meio de discussões, sou da paz e me esforço para ter auto controle sobre minhas emoções…

Lembro da frase de John Donne: “A morte de cada homem diminui-me, pois faço parte da humanidade; eis porque nunca me pergunto por quem dobram os sinos: é por mim”. Não acho que nenhum dos cartunistas “mereceu” levar um tiro, ninguém o merece, acredito na mudança, na evolução, na conversão. Em momento nenhum, eu quis que os cartunistas da Charlie Hebdo morressem. Mas eu queria que eles evoluíssem, que mudassem… Ainda estou constrangido pelos atentados à verdade, à boa imprensa, à honestidade, que a revista Veja, a Globo e outros veículos da imprensa brasileira promoveram nesta última eleição.

A Charlie Hebdo é uma revista importante na França, fundada em 1970, é mais ou menos o que foi o Pasquim. Isso lá na França. 90% do mundo (eu inclusive) só foi conhecer a Charlie Hebdo em 2006, e já de uma forma bastante negativa: a revista republicou as charges do jornal dinamarquês Jyllands-Posten (identificado como “Liberal-Conservador”, ou seja, a direita europeia). E porque fez isso? Oficialmente, em nome da “Liberdade de Expressão”, mas tem mais…

O editor da revista na época era Philippe Val. O mesmo que escreveu um texto em 2000 chamando os palestinos (sim! O povo todo) de “não-civilizados” (o que gerou críticas da colega de revista Mona Chollet (críticas que foram resolvidas com a demissão sumaria dela). Ele ficou no comando até 2009, quando foi substituído por Stéphane Charbonnier, conhecido só como Charb. Foi sob o comando dele que a revista intensificou suas charges relacionadas ao Islã, ainda mais após o atentado que a revista sofreu em 2011…

A França tem 6,2 milhões de muçulmanos. São, na maioria, imigrantes das ex-colônias francesas. Esses muçulmanos não estão inseridos igualmente na sociedade francesa. A grande maioria é pobre, legada à condição de “cidadão de segunda classe”, vítimas de preconceitos e exclusões. Após os atentados do World Trade Center, a situação piorou.

Alguns chamam os cartunistas mortos de “heróis” ou de os “gigantes do humor politicamente incorreto”, outros muitos os chamam de “mártires da liberdade de expressão”. Vou colocar na conta do momento, da emoção. As charges polêmicas do Charlie Hebdo, como os comentários políticos de colunistas da Veja, são de péssimo gosto, mas isso não está em questão. O fato é que elas são perigosas, criminosas até, por dois motivos.

O primeiro é a intolerância. Na religião muçulmana, há um princípio que diz que o Profeta Maomé não pode ser retratado, de forma alguma. Esse é um preceito central da crença Islâmica, e desrespeitar isso desrespeita todos os muçulmanos. Fazendo um paralelo, é como se um pastor evangélico chutasse a imagem de Nossa Senhora para atacar os católicos…
Qual é o objetivo disso? O próprio Charb falou: “É preciso que o Islã esteja tão banalizado quanto o catolicismo”. “É preciso” porque? Para que?

Note que ele não está falando em atacar alguns indivíduos radicais, alguns pontos específicos da doutrina islâmica, ou o fanatismo religioso. O alvo é o Islã, por si só. Há décadas os culturalistas já falavam da tentativa de impor os valores ocidentais ao mundo todo. Atacar a cultura alheia sempre é um ato imperialista. Na época das primeiras publicações, diversas associações islâmicas se sentiram ofendidas e decidiram processar a revista. Os tribunais franceses, famosos há mais de um século pela xenofobia e intolerância (ver Caso Dreyfus), como o STF no Brasil, que foi parcial nas decisões nas últimas eleições e no julgar com dois pessoas e duas medidas caos de corrupção de políticos do PSDB ou do PT, deram ganho de causa para a revista.

Foi como um incentivo. E a Charlie Hebdo abraçou esse incentivo e intensificou as charges e textos contra o Islã e contra o cristianismo, se tem dúvidas, procure no Google e veja as publicações que eles fazem, não tenho coragem de publicá-las aqui…

Mas existe outro problema, ainda mais grave. A maneira como o jornal retratava os muçulmanos era sempre ofensiva. Os adeptos do Islã sempre estavam caracterizados por suas roupas típicas, e sempre portando armas ou fazendo alusões à violência, com trocadilhos infames com “matar” e “explodir”…). Alguns argumentam que o alvo era somente “os indivíduos radicais”, mas a partir do momento que somente esses indivíduos são mostrados, cria-se uma generalização. Nem sempre existe um signo claro que indique que aquele muçulmano é um desviante, já que na maioria dos casos é só o desviante que aparece. É como se fizéssemos no Brasil uma charge de um negro assaltante e disséssemos que ela não critica/estereotipa os negros, somente aqueles negros que assaltam…

E aí colocamos esse tipo de mensagem na sociedade francesa, com seus 10% de muçulmanos já marginalizados. O poeta satírico francês Jean de Santeul cunhou a frase: “Castigat ridendo mores” (costumes são corrigidos rindo-se deles). A piada tem esse poder. Mas piada são sempre preconceituosas, ela transmite e alimenta o preconceito. Se ela sempre retrata o árabe como terrorista, as pessoas começam a acreditar que todo árabe é terrorista. Se esse árabe terrorista dos quadrinhos se veste exatamente da mesma forma que seu vizinho muçulmano, a relação de identificação-projeção é criada mesmo que inconscientemente. Os quadrinhos, capas e textos da Charlie Hebdo promoviam a Islamofobia. Como toda população marginalizada, os muçulmanos franceses são alvo de ataques de grupos de extrema-direita. Esses ataques matam pessoas. Falar que “Com uma caneta eu não degolo ninguém”, como disse Charb, é hipócrita. Com uma caneta se prega o ódio que mata pessoas…

Uma das defesas comuns ao estilo do Charlie Hebdo é dizer que eles também criticavam católicos e judeus…
Se as outras religiões não reagiram a ofensa, isso é um problema delas. Ninguém é obrigado a ser ofendido calado.
“Mas isso é motivo para matarem os caras!?”. Não. Claro que não. Ninguém em sã consciência apoia os atentados. Os três atiradores representam o que há de pior na humanidade: gente incapaz de dialogar. Mas é fato que o atentado poderia ter sido evitado. Bastava que a justiça tivesse punido a Charlie Hebdo no primeiro excesso, assim como deveria/deve punir a Veja por suas mentiras. Traçasse uma linha dizendo: “Desse ponto vocês não devem passar”.

“Mas isso é censura”, alguém argumentará. E eu direi, sim, é censura. Um dos significados da palavra “Censura” é repreender. A censura já existe. Quando se decide que você não pode sair simplesmente inventando histórias caluniosas sobre outra pessoa, isso é censura. Quando se diz que determinados discursos fomentam o ódio e por isso devem ser evitados, como o racismo ou a homofobia, isso é censura. Ou mesmo situações mais banais: quando dizem que você não pode usar determinado personagem porque ele é propriedade de outra pessoa, isso também é censura. Nem toda censura é ruim…

Deixo claro que não estou defendendo a censura prévia, sempre burra. Não estou dizendo que deveria ter uma lista de palavras/situações que deveriam ser banidas do humor. Estou dizendo que cada caso deveria ser julgado. Excessos devem ser punidos. Não é “Não fale”. É “Fale, mas aguente as consequências”. E é melhor que as consequências venham na forma de processos judiciais do que de balas de fuzis ou bombas.

Voltando à França, hoje temos um país de luto. Porém, alguns urubus são mais espertos do que outros, e já começamos a ver no que o atentado vai dar. Em discurso, Marine Le Pen declarou: “a nação foi atacada, a nossa cultura, o nosso modo de vida. Foi a eles que a guerra foi declarada”. Essa fala mostra exatamente as raízes da islamofobia. Para os setores nacionalistas franceses (de direita, centro ou esquerda), é inadmissível que 10% da população do país não tenha interesse em seguir “o modo de vida francês”. Essa colônia, que não se mistura, que não abandona sua identidade, é extremamente incômoda. Contra isso, todo tipo de medida é tomada. Desde leis que proíbem imigrantes de expressar sua religião até… charges ridicularizando o estilo de vida dos muçulmanos! Muitos chargistas do mundo todo desenharam armas feitas com canetas para homenagear as vítimas. De longe, a homenagem parece válida. Quando chegam as notícias de que locais de culto islâmico na França foram atacados, um deles com granadas!, nessa madrugada, a coisa perde um pouco a beleza. É a resposta ao discurso de Le Pen, que pedia para a França declarar “guerra ao fundamentalismo” (mas que nos ouvidos dos xenófobos ecoa como “guerra aos muçulmanos”, e ela sabe disso).

Por isso tudo, apesar de lamentar e repudiar o ato bárbaro do atentado, eu não sou Charlie. Je ne suis pas Charlie.

 

Finalmente dia 10 ele mandou a versão original do Saldanha so que o link para ler o original no site do autor foi dado errado (deu emtomdemimi.blogspot.com em vez de emtomdemimimi.blogspot.com

Je ne suis pas Charlie: El Rafo Saldanha, verdadeiro autor

10/01/2015

Nos envios anteriores este artigo saiu sem o nome do autor, por distração minha. Vinha num e-mail quatremains@uol.com.br e era atribuido ao Pe. Antonio Piber. Posteriormente coloquei o nome do Pe. Antonio Piber. Por fim vim a saber que o verdadeiro autor é o jornalista Rafo Saldanha. Encontra-se no seu blog:emtomdemimi.blogspot.com.br/2015/01 je-ne-suis-pas-charlie.html  Aqui vai o texto original sem os acréscimos feitos pelo Pe. Antonio Piber.  Havia duas charges do Charlie Hebdo que não puderam aparecer neste meu texto. Mas podem ser vistas no referido blog. Peço a compreensão de todos: Lboff

El Rafo Saldanha

quinta-feira, 8 de janeiro de 2015

Je ne suis pas Charlie

Em primeiro lugar, eu condeno os atentados do dia do 7 de janeiro. Apesar de muitas vezes xingar e esbravejar no meio de discussões, sou um cara pacífico. A última vez que me envolvi em uma briga foi aos 13 anos (e apanhei feito um bicho). Não acho que a violência seja a melhor solução para nada. Um dos meus lemas é a frase de John Donne: “A morte de cada homem diminui-me, pois faço parte da humanidade; eis porque nunca me pergunto por quem dobramos sinos: é por mim”. Não acho que nenhum dos cartunistas “mereceu” levar um tiro. Ninguém merece. A morte é a sentença final, não permite que o sujeito evolua, mude. Em momento nenhum, eu quis que os cartunistas da Charlie Hebdo morressem. Mas eu queria que eles evoluíssem, que mudassem.

Após o atentado, milhares de pessoas se levantaram no mundo todo para protestar contra os atentados. Eu também fiquei assustado, e comovido, com isso tudo. Na internet, surgiu o refrão para essas manifestações: Je Suis Charlie. E aí a coisa começou a me incomodar.

A Charlie Hebdo é uma revista importante na França, fundada em 1970 e identificada com a esquerda pós-68. Não vou falar de toda a trajetória do semanário. Basta dizer que é mais ou menos o que foi o nosso Pasquim. Isso lá na França. 90% do mundo (eu inclusive) só foi conhecer a Charlie Hebdo em 2006, e já de uma forma bastante negativa: a revista republicou as charges do jornal dinamarquês Jyllands-Posten (identificado como “Liberal-Conservador”, ou seja, a direita européia). E porque fez isso? Oficialmente, em nome da “Liberdade de Expressão”, mas tem mais…

O editor da revista na época era Philippe Val. O mesmo que escreveu um texto em 2000 chamando os palestinos (sim! O povo todo) de “não-civilizados” (o que gerou críticas da colega de revista Mona Chollet – críticas que foram resolvidas com a saída dela). Ele ficou no comando até 2009, quando foi substituído por Stéphane Charbonnier, conhecido só como Charb. Foi sob o comando dele que a revista intensificou suas charges relacionadas ao Islã – ainda mais após o atentado que a revista sofreu em 2011.

Uma pausa para o contexto. A França tem 6,2 milhões de muçulmanos. São, na maioria, imigrantes das ex-colônias francesas. Esses muçulmanos não estão inseridos igualmente na sociedade francesa. A grande maioria é pobre, legada à condição de “cidadão de segunda classe”. Após os atentados do World Trade Center, a situação piorou. Já ouvi de pessoas que saíram de um restaurante “com medo de atentado” só porque um árabe entrou. Lembro de ter lido uma pesquisa feita há alguns anos (desculpem, não consegui achar a fonte) em que 20 currículos iguais eram distribuídos por empresas francesas. Eles eram praticamente iguais. A única diferença era o nome dos candidatos. Dez eram de homens com sobrenomes franceses, ou outros dez eram de homens com sobrenomes árabes. O currículo do francês teve mais que o dobro de contatos positivos do que os do candidato árabe. Isso foi há alguns anos. Antes da Frente Nacional, partido de ultra-direita de Marine Le Pen, conquistar 24 cadeiras no parlamento europeu…

De volta à Charlie Hebdo: Ontém vi Ziraldo chamando os cartunistas mortos de “heróis”. O Diário do Centro do Mundo (DCM) os chamou de“gigantes do humor politicamente incorreto”. No Twitter, muitos chamaram de “mártires da liberdade de expressão”. Vou colocar na conta do momento, da emoção. As charges polêmicas do Charlie Hebdo são de péssimo gosto, mas isso não está em questão. O fato é que elas são perigosas, criminosas até, por dois motivos.

O primeiro é a intolerância. Na religião muçulmana, há um princípio que diz que o profeta Maomé não pode ser retratado, de forma alguma. (Isso gera situações interessantes, como o filme A Mensagem – Ar Risalah, de 1976 – que conta a história do profeta sem desrespeitar esse dogma – as soluções encontradas são geniais!). Esse é um preceito central da crença Islâmica, e desrespeitar isso desrespeita todos os muçulmanos. Fazendo um paralelo, é como se um pastor evangélico chutasse a estátua de Nossa Senhora para atacar os católicos. O Charlie Hebdo publicou a seguinte charge:

Qual é o objetivo disso? O próprio Charb falou: “É preciso que o Islã esteja tão banalizado quanto o catolicismo”. Ok, o catolicismo foi banalizado. Mas isso aconteceu de dentro pra fora. Não nos foi imposto externamente. Note que ele não está falando em atacar alguns indivíduos radicais, alguns pontos específicos da doutrina islâmica, ou o fanatismo religioso. O alvo é o Islã, por si só. Há décadas os culturalistas já falavam da tentativa de impor os valores ocidentais ao mundo todo. Atacar a cultura alheia sempre é um ato imperialista. Na época das primeiras publicações, diversas associações islâmicas se sentiram ofendidas e decidiram processar a revista. Os tribunais franceses – famosos há mais de um século pela xenofobia e intolerâmcia (ver Caso Dreyfus) – deram ganho de causa para a revista. Foi como um incentivo. E a Charlie Hebdo abraçou esse incentivo e intensificou as charges e textos contra o Islã.

Mas existe outro problema, ainda mais grave. A maneira como o jornal retratava os muçulmanos era sempre ofensiva. Os adeptos do Islã sempre estavam caracterizados por suas roupas típicas, e sempre portando armas ou fazendo alusões à violência (quantos trocadilhos com “matar” e “explodir”…). Alguns argumentam que o alvo era somente “os indivíduos radicais”, mas a partir do momento que somente esses indivíduos são mostrados, cria-se uma generalização. Nem sempre existe um signo claro que indique que aquele muçulmano é um desviante, já que na maioria dos casos é só o desviante que aparece. É como se fizéssemos no Brasil uma charge de um negro assaltante e disséssemos que ela não critica/estereotipa os negros, somente aqueles negros que assaltam…

E aí colocamos esse tipo de mensagem na sociedade francesa, com seus 10% de muçulmanos já marginalizados. O poeta satírico francês Jean de Santeul cunhou a frase: “Castigat ridendo mores” (costumes são corrigidos rindo-se deles). A piada tem esse poder. Se a piada é preconceituosa, ela transmite o preconceito. Se ela sempre retrata o árabe como terrorista, as pessoas começam a acreditar que todo árabe é terrorista. Se esse árabe terrorista dos quadrinhos se veste exatamente da mesma forma que seu vizinho muçulmano, a relação de identificação-projeção é criada mesmo que inconscientemente. Os quadrinhos, capas e textos da Charlie Hebdo promoviam a Islamofobia. Como toda população marginalizada, os muçulmanos franceses são alvo de ataques de grupos de extrema-direita. Esses ataques matam pessoas. Falar que “Com uma caneta eu não degolo ninguém”, como disse Charb, é hipócrita. Com uma caneta se prega o ódio que mata pessoas.

No artigo do Diário do Centro do Mundo, Paulo Nogueira diz: “Existem dois tipos de humor politicamente incorreto. Um é destemido, porque enfrenta perigos reais. O outro é covarde, porque pisa nos fracos. Os cartunistas do jornal francês Charlie Hebdo pertenciam ao primeiro grupo. Humoristas como Danilo Gentili e derivados estão no segundo.” Errado. Bater na população islâmica da França é covarde. É bater no mais fraco.

Uma das defesas comuns ao estilo do Charlie Hebdo é dizer que eles também criticavam católicos e judeus. Isso me lembra o já citado gênio do humor (sqn) Danilo Gentilli, que dizia ser alvo de racismo ao ser chamado de Palmito (por ser alto e branco). Isso é canalha. Em nossa sociedade, ser alto e branco não é visto como ofensa, pelo contrário. E – mesmo que isso fosse racismo – isso não daria direito a ele de ser racista com os outros. O fato do Charlie Hebdo desrespeitar outras religiões não é atenuante, é agravante. Se as outras religiões não reagiram a ofensa, isso é um problema delas. Ninguém é obrigado a ser ofendido calado.

“Mas isso é motivo para matarem os caras!?”. Não. Claro que não. Ninguém em sã consciência apoia os atentados. Os três atiradores representam o que há de pior na humanidade: gente incapaz de dialogar. Mas é fato que o atentado poderia ter sido evitado. Bastava que a justiça francesa tivesse punido a Charlie Hebdo no primeiro excesso. Traçasse uma linha dizendo: “Desse ponto vocês não devem passar”.

“Mas isso é censura”, alguém argumentará. E eu direi, sim, é censura. Um dos significados da palavra “Censura” é repreender. A censura já existe. Quando se decide que você não pode sair simplesmente inventando histórias caluniosas sobre outra pessoa, isso é censura. Quando se diz que determinados discursos fomentam o ódio e por isso devem ser evitados – como o racismo ou a homofobia – isso é censura. Ou mesmo situações mais banais: quando dizem que você não pode usar determinado personagem porque ele é propriedade de outra pessoa, isso também é censura. Nem toda censura é ruim.

Por coincidência, um dos assuntos mais comentados do dia 6 de janeiro – véspera dos atentados – foi a declaração do comediante Renato Aragão à revista Playboy. Ao falar das piadas preconceituosas dos anos 70 e 80, Didi disse: “Mas, naquela época, essas classes dos feios, dos negros e dos homossexuais, elas não se ofendiam.”. Errado. Muitos se ofendiam. Eles só não tinham meios de manifestar o descontentamento. Naquela época, tão cheia de censuras absurdas, essa seria uma censura positiva. Se alguém tivesse dado esse toque nOs Trapalhões lá atrás, talvez não teríamos a minha geração achando normal fazer piada com negros e gays. Perderíamos algumas risadas? Talvez (duvido, os caras não precisavam disso para serem engraçados). Mas se esse fosse o preço para se ter uma sociedade menos racista e homofóbica, eu escolheria sem dó. Renato Aragão parece ter entendido isso.

Deixo claro que não estou defendendo a censura prévia, sempre burra. Não estou dizendo que deveria ter uma lista de palavras/situações que deveriam ser banidas do humor. Estou dizendo que cada caso deveria ser julgado. Excessos devem ser punidos. Não é “Não fale”. É “Fale, mas aguente as consequências”. E é melhor que as consequências venham na forma de processos judiciais do que de balas de fuzis.

Voltando à França, hoje temos um país de luto. Porém, alguns urubus são mais espertos do que outros, e já começamos a ver no que o atentado vai dar. Em discurso, Marine Le Pen declarou: “a nação foi atacada, a nossa cultura, o nosso modo de vida. Foi a eles que a guerra foi declarada” (grifo meu). Essa fala mostra exatamente as raízes da islamofobia. Para os setores nacionalistas franceses (de direita, centro ou esquerda), é inadmissível que 10% da população do país não tenha interesse em seguir “o modo de vida francês”. Essa colônia, que não se mistura, que não abandona sua identidade, é extremamente incômoda. Contra isso, todo tipo de medida é tomada. Desde leis que proíbem imigrantes de expressar sua religião até… charges ridicularizando o estilo de vida dos muçulmanos! Muitos chargistas do mundo todo desenharam armas feitas com canetas para homenagear as vítimas. De longe, a homenagem parece válida. Quando chegam as notícias de que locais de culto islâmico na França foram atacados – um deles com granadas! – nessa madrugada, a coisa perde um pouco a beleza. É a resposta ao discurso de Le Pen, que pedia para a França declarar “guerra ao fundamentalismo” (mas que nos ouvidos dos xenófobos ecoa como “guerra aos muçulmanos” – e ela sabe disso).

Por isso tudo, apesar de lamentar e repudiar o ato bárbaro de ontem, eu não sou Charlie. No twitter, um movimento – muito menor do que o #JeSuisCharlie – começa a surgir. Ele fala do policial, muçulmano, que morreu defendendo a “liberdade de expressão” para os cartunistas do Charlie Hebdo ofenderem-no. Ele representa a enorme maioria da comunidade islâmica, que mesmo sofrendo ataques dos cartunistas franceses, mesmo sofrendo o ódio diário dos xenófobos e islamófobos, repudiaram o ataque. Je ne suis pas Charlie. Je suis Ahmed.

Postado por El Rafo Saldaña às 09:20

 

so depois eu tive a possibiliade de ler o artigo original o saldanha

quinta-feira, 8 de janeiro de 2015

Je ne suis pas Charlie

Em primeiro lugar, eu condeno os atentados do dia do 7 de janeiro. Apesar de muitas vezes xingar e esbravejar no meio de discussões, sou um cara pacífico. A última vez que me envolvi em uma briga foi aos 13 anos (e apanhei feito um bicho). Não acho que a violência seja a melhor solução para nada. Um dos meus lemas é a frase de John Donne: “A morte de cada homem diminui-me, pois faço parte da humanidade; eis porque nunca me pergunto por quem dobramos sinos: é por mim”. Não acho que nenhum dos cartunistas “mereceu” levar um tiro. Ninguém merece. A morte é a sentença final, não permite que o sujeito evolua, mude. Em momento nenhum, eu quis que os cartunistas da Charlie Hebdo morressem. Mas eu queria que eles evoluíssem, que mudassem.
Após o atentado, milhares de pessoas se levantaram no mundo todo para protestar contra os atentados. Eu também fiquei assustado, e comovido, com isso tudo. Na internet, surgiu o refrão para essas manifestações: Je Suis Charlie. E aí a coisa começou a me incomodar.
A Charlie Hebdo é uma revista importante na França, fundada em 1970 e identificada com a esquerda pós-68. Não vou falar de toda a trajetória do semanário. Basta dizer que é mais ou menos o que foi o nosso Pasquim. Isso lá na França. 90% do mundo (eu inclusive) só foi conhecer a Charlie Hebdo em 2006, e já de uma forma bastante negativa: a revista republicou as charges do jornal dinamarquês Jyllands-Posten (identificado como “Liberal-Conservador”, ou seja, a direita européia). E porque fez isso? Oficialmente, em nome da “Liberdade de Expressão”, mas tem mais…
O editor da revista na época era Philippe Val. O mesmo que escreveu um texto em 2000 chamando os palestinos (sim! O povo todo) de “não-civilizados” (o que gerou críticas da colega de revista Mona Chollet – críticas que foram resolvidas com a saída dela). Ele ficou no comando até 2009, quando foi substituído por Stéphane Charbonnier, conhecido só como Charb. Foi sob o comando dele que a revista intensificou suas charges relacionadas ao Islã – ainda mais após o atentado que a revista sofreu em 2011.
Uma pausa para o contexto. A França tem 6,2 milhões de muçulmanos. São, na maioria, imigrantes das ex-colônias francesas. Esses muçulmanos não estão inseridos igualmente na sociedade francesa. A grande maioria é pobre, legada à condição de “cidadão de segunda classe”. Após os atentados do World Trade Center, a situação piorou. Já ouvi de pessoas que saíram de um restaurante “com medo de atentado” só porque um árabe entrou. Lembro de ter lido uma pesquisa feita há alguns anos (desculpem, não consegui achar a fonte) em que 20 currículos iguais eram distribuídos por empresas francesas. Eles eram praticamente iguais. A única diferença era o nome dos candidatos. Dez eram de homens com sobrenomes franceses, ou outros dez eram de homens com sobrenomes árabes. O currículo do francês teve mais que o dobro de contatos positivos do que os do candidato árabe. Isso foi há alguns anos. Antes da Frente Nacional, partido de ultra-direita de Marine Le Pen, conquistar 24 cadeiras no parlamento europeu…
De volta à Charlie Hebdo: Ontém vi Ziraldo chamando os cartunistas mortos de “heróis”. O Diário do Centro do Mundo (DCM) os chamou de“gigantes do humor politicamente incorreto”. No Twitter, muitos chamaram de “mártires da liberdade de expressão”. Vou colocar na conta do momento, da emoção. As charges polêmicas do Charlie Hebdo são de péssimo gosto, mas isso não está em questão. O fato é que elas são perigosas, criminosas até, por dois motivos.
O primeiro é a intolerância. Na religião muçulmana, há um princípio que diz que o profeta Maomé não pode ser retratado, de forma alguma. (Isso gera situações interessantes, como o filme A Mensagem – Ar Risalah, de 1976 – que conta a história do profeta sem desrespeitar esse dogma – as soluções encontradas são geniais!). Esse é um preceito central da crença Islâmica, e desrespeitar isso desrespeita todos os muçulmanos. Fazendo um paralelo, é como se um pastor evangélico chutasse a estátua de Nossa Senhora para atacar os católicos. O Charlie Hebdo publicou a seguinte charge:
Qual é o objetivo disso? O próprio Charb falou: “É preciso que o Islã esteja tão banalizado quanto o catolicismo”. Ok, o catolicismo foi banalizado. Mas isso aconteceu de dentro pra fora. Não nos foi imposto externamente. Note que ele não está falando em atacar alguns indivíduos radicais, alguns pontos específicos da doutrina islâmica, ou o fanatismo religioso. O alvo é o Islã, por si só. Há décadas os culturalistas já falavam da tentativa de impor os valores ocidentais ao mundo todo. Atacar a cultura alheia sempre é um ato imperialista. Na época das primeiras publicações, diversas associações islâmicas se sentiram ofendidas e decidiram processar a revista. Os tribunais franceses – famosos há mais de um século pela xenofobia e intolerâmcia (ver Caso Dreyfus) – deram ganho de causa para a revista. Foi como um incentivo. E a Charlie Hebdo abraçou esse incentivo e intensificou as charges e textos contra o Islã.
Mas existe outro problema, ainda mais grave. A maneira como o jornal retratava os muçulmanos era sempre ofensiva. Os adeptos do Islã sempre estavam caracterizados por suas roupas típicas, e sempre portando armas ou fazendo alusões à violência (quantos trocadilhos com “matar” e “explodir”…). Alguns argumentam que o alvo era somente “os indivíduos radicais”, mas a partir do momento que somente esses indivíduos são mostrados, cria-se uma generalização. Nem sempre existe um signo claro que indique que aquele muçulmano é um desviante, já que na maioria dos casos é só o desviante que aparece. É como se fizéssemos no Brasil uma charge de um negro assaltante e disséssemos que ela não critica/estereotipa os negros, somente aqueles negros que assaltam…
E aí colocamos esse tipo de mensagem na sociedade francesa, com seus 10% de muçulmanos já marginalizados. O poeta satírico francês Jean de Santeul cunhou a frase: “Castigat ridendo mores” (costumes são corrigidos rindo-se deles). A piada tem esse poder. Se a piada é preconceituosa, ela transmite o preconceito. Se ela sempre retrata o árabe como terrorista, as pessoas começam a acreditar que todo árabe é terrorista. Se esse árabe terrorista dos quadrinhos se veste exatamente da mesma forma que seu vizinho muçulmano, a relação de identificação-projeção é criada mesmo que inconscientemente. Os quadrinhos, capas e textos da Charlie Hebdo promoviam a Islamofobia. Como toda população marginalizada, os muçulmanos franceses são alvo de ataques de grupos de extrema-direita. Esses ataques matam pessoas. Falar que “Com uma caneta eu não degolo ninguém”, como disse Charb, é hipócrita. Com uma caneta se prega o ódio que mata pessoas.
No artigo do Diário do Centro do Mundo, Paulo Nogueira diz: “Existem dois tipos de humor politicamente incorreto. Um é destemido, porque enfrenta perigos reais. O outro é covarde, porque pisa nos fracos. Os cartunistas do jornal francês Charlie Hebdo pertenciam ao primeiro grupo. Humoristas como Danilo Gentili e derivados estão no segundo.” Errado. Bater na população islâmica da França é covarde. É bater no mais fraco.
Uma das defesas comuns ao estilo do Charlie Hebdo é dizer que eles também criticavam católicos e judeus. Isso me lembra o já citado gênio do humor (sqn) Danilo Gentilli, que dizia ser alvo de racismo ao ser chamado de Palmito (por ser alto e branco). Isso é canalha. Em nossa sociedade, ser alto e branco não é visto como ofensa, pelo contrário. E – mesmo que isso fosse racismo – isso não daria direito a ele de ser racista com os outros. O fato do Charlie Hebdo desrespeitar outras religiões não é atenuante, é agravante. Se as outras religiões não reagiram a ofensa, isso é um problema delas. Ninguém é obrigado a ser ofendido calado.
“Mas isso é motivo para matarem os caras!?”. Não. Claro que não. Ninguém em sã consciência apoia os atentados. Os três atiradores representam o que há de pior na humanidade: gente incapaz de dialogar. Mas é fato que o atentado poderia ter sido evitado. Bastava que a justiça francesa tivesse punido a Charlie Hebdo no primeiro excesso. Traçasse uma linha dizendo: “Desse ponto vocês não devem passar”.
“Mas isso é censura”, alguém argumentará. E eu direi, sim, é censura. Um dos significados da palavra “Censura” é repreender. A censura já existe. Quando se decide que você não pode sair simplesmente inventando histórias caluniosas sobre outra pessoa, isso é censura. Quando se diz que determinados discursos fomentam o ódio e por isso devem ser evitados – como o racismo ou a homofobia – isso é censura. Ou mesmo situações mais banais: quando dizem que você não pode usar determinado personagem porque ele é propriedade de outra pessoa, isso também é censura. Nem toda censura é ruim.
Por coincidência, um dos assuntos mais comentados do dia 6 de janeiro – véspera dos atentados – foi a declaração do comediante Renato Aragão à revista Playboy. Ao falar das piadas preconceituosas dos anos 70 e 80, Didi disse: “Mas, naquela época, essas classes dos feios, dos negros e dos homossexuais, elas não se ofendiam.”. Errado. Muitos se ofendiam. Eles só não tinham meios de manifestar o descontentamento. Naquela época, tão cheia de censuras absurdas, essa seria uma censura positiva. Se alguém tivesse dado esse toque nOs Trapalhões lá atrás, talvez não teríamos a minha geração achando normal fazer piada com negros e gays. Perderíamos algumas risadas? Talvez (duvido, os caras não precisavam disso para serem engraçados). Mas se esse fosse o preço para se ter uma sociedade menos racista e homofóbica, eu escolheria sem dó. Renato Aragão parece ter entendido isso.
Deixo claro que não estou defendendo a censura prévia, sempre burra. Não estou dizendo que deveria ter uma lista de palavras/situações que deveriam ser banidas do humor. Estou dizendo que cada caso deveria ser julgado. Excessos devem ser punidos. Não é “Não fale”. É “Fale, mas aguente as consequências”. E é melhor que as consequências venham na forma de processos judiciais do que de balas de fuzis.
Voltando à França, hoje temos um país de luto. Porém, alguns urubus são mais espertos do que outros, e já começamos a ver no que o atentado vai dar. Em discurso, Marine Le Pen declarou: “a nação foi atacada, a nossa cultura, o nosso modo de vida. Foi a eles que a guerra foi declarada” (grifo meu). Essa fala mostra exatamente as raízes da islamofobia. Para os setores nacionalistas franceses (de direita, centro ou esquerda), é inadmissível que 10% da população do país não tenha interesse em seguir “o modo de vida francês”. Essa colônia, que não se mistura, que não abandona sua identidade, é extremamente incômoda. Contra isso, todo tipo de medida é tomada. Desde leis que proíbem imigrantes de expressar sua religião até… charges ridicularizando o estilo de vida dos muçulmanos! Muitos chargistas do mundo todo desenharam armas feitas com canetas para homenagear as vítimas. De longe, a homenagem parece válida. Quando chegam as notícias de que locais de culto islâmico na França foram atacados – um deles com granadas! – nessa madrugada, a coisa perde um pouco a beleza. É a resposta ao discurso de Le Pen, que pedia para a França declarar “guerra ao fundamentalismo” (mas que nos ouvidos dos xenófobos ecoa como “guerra aos muçulmanos” – e ela sabe disso).

Por isso tudo, apesar de lamentar e repudiar o ato bárbaro de ontem, eu não sou Charlie. No twitter, um movimento – muito menor do que o #JeSuisCharlie – começa a surgir. Ele fala do policial, muçulmano, que morreu defendendo a “liberdade de expressão” para os cartunistas do Charlie Hebdo ofenderem-no. Ele representa a enorme maioria da comunidade islâmica, que mesmo sofrendo ataques dos cartunistas franceses, mesmo sofrendo o ódio diário dos xenófobos e islamófobos, repudiaram o ataque. Je ne suis pas Charlie. Je suis Ahmed.

Dia 12 de janeiro de 2015 eu escrevia isso no facebook em resposta ao artigo do Boff :

Quando eu vejo o #JeNeSuisPasCharlie de Leonardo Boff, ou melhor o #EuNaoSouCharlie dele e alguns amigos meus brasileiros do PT sobre Charlie Hebdo, eu vejo claramente porque eles não conseguem ver o posicionamento de Charlie Hebdo. Quando você vive num estado religioso como o Brasil fica quase impossivel entender o que é um estado laico. A grande parte daqueles que falam do assunto nem sequer um numero de Charlie Hebdo leu, ou leu apenas a primeira pagina. Com certeza nao leram Hara Kiri que precedou Charlie Hebdo. Charlie Hebdo é um jornal que parece uma vez por semana sempre na quarta feira. O ultimo leitorado dele era 20000 pessoas. Ele no funcionava com propaganda para poder dizer o que bem entendia. Era, e ainda é, porque ainda nao morreu, um jornal irreverente, anticlerical, livre, não comprometido com nada a nao ser a laicidade. Criticava o estado, a direita, a esquerda. Vamos dizer que era um jornal mais ou menos com tendencia anarquista, aqui na França a gente fala anarchisant. Este jornal foi minha biblia e Reiser, Siné, Delfeil deTon, Professeur Choron, Cavanna, Wolinski, Cabu fazem parte dos meus filosofos. Tem também na França o Canard Enchainé e Minute que funcionam sobre a satira constante so que esses estão sociologicamente marcados a esquerda ou a direita. Como podem se dar conta o Charlie Hebdo foi hospedado por Libération logo depois de Charlie Hebdo ter perdido 12 dos seus colaboradores. Por outra parte muitos dos chargistas de Charlie Hebdo trabalhavam também com l’Humanité, o jornal do PC, Partido Communista Francês e outros médias como l’Echo des Savanes, Fluide Glacial, Pilote, Marianne, l’Obs, etc.. Para entender o fenomeno Charlie Hebdo tem que entender isso. Eles fazem parte de uma certa ideia da França, rebelde, iconoclasta, irreverente e anticlerical. Foi essa França « frondeuse » e republicana que milhões de franceses foram celebrar esses ultimos dias. A liberdade de emprensa no ãé negociavel. A liberdade de pensamento não é negociavel. E quando tem um problema de deontologia então tem a justiça. Não existe na lei francesa um crime que se chamaria de blasphemia. Pode dizer o que você quiser na França sobre os padres e bispos e religiosos, ninguem vai te colocar na cadeia e pior ainda te executar. Isso acontecia sim no seculo 16 e 17 na epoca das guerras de religioes que assolaram a França e fez que milhares de protestantes da religiao reformada deixassem a França para achar refugio na Suiça, Holanda, Inglaterra, Estados Unidos. Lembrem-se. Tentaram até fundar no Brasil a França Antartica ao largo de Rio de Janeiro. Os tempos da Inquisição estao longiquos. Ontem no canal de teve publico France 2 houve um programa de mais de duas horas em homenagem a Charlie Hebdo. Seria bom o senhor Boff e seus seguidores assistirem esse show Soirée Je Suis Charlie ao vivo ou pelo menos tentar recuperar esse na internet para entender o que quer dizer laicité. Tem neles cantores, humoristas, chargistas, jornalistas, escritores, politicos e dentro dos espectadores tem o ministro da cultura. Acho impossivel ver um programa desses na teve brasileira. Adorei. Ri. Chorei. Fiquei orgulhoso de ser francês. Pelo menos na França a Inquisição não tem mais vez. Pelo visto o senhor Boff gostaria que as regras da Santa Inquisiçoã fossem reestabelecidas. Na França não tem cruz no tribunal e nem na escola. Todo o cancionario tradicional francês tem chansons à boire onde tem padres safados lubricos, e religiosas gravidas e gulosas. Isso é a tradição. Que eu saiba ninguem foi morto na França nesses ultimos anos por causa do fanatismo religioso dos catolicos integristas. O islam foi naturalmente criticado em Charlie Hebdo e no momento das caricaturas de Mahomê, em nome do direito de expressão foram reproduzidas na França apesar de ser condenadas pela inteligentsia francesa e a maioria dos jornais inclusive le Canard Enchainé et le Monde em nome da paz social. Os jornalistas foram taxados de racistas, antimuçulmanos etc. Nao é então esquisito que seu Boff que deve ter uma guerra de atraso entre agora no vagão do Je ne suis pas Charlie que é o vagão seguido por Marine Le Pen do Front National e de Dieudonné, entre outros. A sociedade francesa é longe de ser perfeita mas nesses ultimos dias houve um SURSAUT. A França se ergueu e deu um basta. Agora vai ser guerra contra o terrorismo. Amanha pode ser um dia differente. Mas o grito da liberdade foi dado. Quem sabe na proxima guerra, se deus quiser, o senhor Boff entendera porque seu JeNeSuisPasCharlie ficara pra mim com a primeira burrice que eu li em 2015 mas en nome da liberdade de expressão eu lhe dou todo direito de decidir o que é bom pra França ja que entendi que ele decidiu que Dilma era boa para o Brasil.

Depois do artigo de Boff revelando o verdadeiro autor escrevi o seguinte :

Não conheço o senhor Saldanha nem de Eva nem de Adão nem de Maomê. Mas tudo que eu falei me dirigindo para o senhor Boff lhe esta dirigido por direito. Como o proprio fala, ele não sabia da existência de Charlie Hebdo antes de 2006. Pronto ! E mesmo assim falou: é uma versão francesa do Tupiniquim Pasquim. Poderia até ter pesquisado mais na internet e visto que antes de Pasquim e Hara Kiri que ele nem menciona, tinha o americano MAD. Quer dizer que o cara ignora mais de 30 anos de uma revista, lê duas charges e pronto ja sabe tudo. Nenhum francês são de espirito diria que Charlie Hebdo é um jornal de direita como o senhor Saldanha insinua. Anarquista, provavelmente. Ontem Christophe Aleveque cantou ao vivo no program no canal 2 France 2 em rede nacional esse himno, Bela ciao ciao ciao mas provavelmente para o senhor Saldanha tudo que não convem a seu paladar é de direita. O senhor Saldanha esquece ou talvez não sabia que o jornal Hara Kiri foi proibido e recomeçou com novas bases como Charlie Hebdo. O senhor gostaria que a liberdade de imprensa fosse vigiada. Umas palavras não poderiam ser ditas. Imagino palavras como pica, buçeta, foder mas aqui na frança não tem problema nenhum. Veja o programa de ontem Soirée Charlie Hebdo. Continuaram com novas charges anti-muçulmanas, anti-catolicas, antiparaiso e inferno. E houve gente para discutir o problema que interessa. O problema que interessa não é resolver problemas comunitarios. O problema é resolver o fato que cada ano 180000 jovens saem do ensino medio sem diploma e sem qualificaçao e que estes jovens vão entrar na marginalidade e depois no integrismo. Tem tambem inumeras situações de destruturação familial. Não desculpo o terrorista nunca. Não tem desculpa social, historica certa. A situaçao igual não todo mundo vira terrorista como a situação iguial nem todo padre vira fazendo apologia da teologia da libertação….Houveram 18000 tweets para fazer apologia do terrorismo e apoiar os assassinos que mataram os jornalistas. Nas escolas houve alunos que não quiseram nem fazer um minuto de silêncio. Vai ter que resolver esses problemas. Muitos jovens muçulmanos transpoem na França o conflito que tem entre Israel e a Palestina. Muitos judeus querem agora se instalar em Israel por causa das brigas eternas na França e na perigosa radicalizaçao de alguns jovens. A França tem manchas escuras no seu passado devido ao colonialismo mas o comunitarismo vitimario esta ficando demais. Afinal a descolonizacao data dos anos 60. Não se pode cobrar a França eternamente por todos os males. Seria como se o Brasil a cada instante chamasse o Portugal como responsavel da corrupçao endêmica no pais. Antigamente a extrema direita era antisemita agora muitos jovens nascidos da imigração muçulmana não escondem mais seu antisemitismo. Veja o fenomeno Dieudonné. O importante é insistir sobre nossos valores de democracia laica que não são os valores de democracia religiosa. Que isso fique claro para todos. Na França a religião maxima é a laicidade. #JeSuisLaic #JeSuisCharlie e quem nao gosta disso tem muita escolha no mundo pra achar um lugar onde a religião fique mais importante do que o Estado. Aqui funciona assim. Como no Brasil funciona de outra maneira. Outra ultima coisa; na França tem muita mistura. Ser muçulmano as vezes é apenas fazer o Ramadam uma vez por ano como ser catolico na França é apenas ir talvez uma vez por ano na igreja e batizar seus filhos e fazer uma ceremonia funebre na igreja. Ser muçulmano pode ser apenas não comer carne de porco, gostar de cuscus, carneiro e viajar de vez em quando pra La Meca ou passar duas semanas no bled. Não existe uma pratica repertoriada como muçulmano moderado como nao tem uma categoiria de catolico moderado. Ou é ou nao é, ou é culturamente. Eu pessoalmente sou culturamente pela educação que eu recebi dos meus pais , catolico. Mas inteletualmente sou ateu. Minha vida me levou a conhecer o protestantismo, o espiritismo e o candomblé depois de morar na Bahia. Adorei esse sincretismo. Mas antes de tudo sou humano e não religioso. Laico e republicano até a morte ! Mas sempre com curiosidade pra me aproximar dos outros….

Hoje dia 12 de janeiro 2018 eu tenho ainfa na mente essa musica Bella Ciao, cantada por Christophe Alévèque 3 anos atras !

Una mattina mi sono svegliato,
o bella, ciao! bella, ciao! bella, ciao, ciao, ciao!
Una mattina mi sono svegliato,
e ho trovato l’invasor.

O partigiano, portami via,
o bella, ciao! bella, ciao! bella, ciao, ciao, ciao!
O partigiano, portami via,
ché mi sento di morir.

E se io muoio da partigiano,
o bella, ciao! bella, ciao! bella, ciao, ciao, ciao!
E se io muoio da partigiano,
tu mi devi seppellir.

E seppellire lassù in montagna,
o bella, ciao! bella, ciao! bella, ciao, ciao, ciao!
E seppellire lassù in montagna,
sotto l’ombra di un bel fior.

Tutte le genti che passeranno,
o bella, ciao! bella, ciao! bella, ciao, ciao, ciao!
Tutte le genti che passeranno,
Mi diranno «Che bel fior!»
«È questo il fiore del partigiano»,
o bella, ciao! bella, ciao! bella, ciao, ciao, ciao!
«È questo il fiore del partigiano, morto per la libertà!»

Hoje 12 de janeiro 2018, 3 anos depois, muita agua ja correu, muito sangue ja foi derramada : depois do sangue dos jornalistas, do policial houve sangue de gente comendo ou bebericando ou apenas tomando um cafezinho em terraças de bar ou restaurante, gente assistindo um show musical, gente festejando com a familia dia 14 de julho, gente indo assistir a um jogo de futebol, um padre na sua igreja, uma mulher no seu carro, gente comprando produtos kacher num mercadinho , outra policial caribenha, dois policiais dentro da sua casa…

A lista é extensa, devo ter esquecido alguns, a violencia terrorista se banaliza como a violencia urbana se banalizou no Brazil. Eu entendo que o Brazil até agora não foi vitima de terrorista islamista e é muito facil pra quem ta longe do olho do  furacão inventar soluções para tapar o vento. Concordo que a situação é explosiva. Hoje mesmo 3 soldados franceses foram feridos no Mali na operação Barkane que tenta acabar com o terrorismo nesta parte a Africa com a ajuda de 5 paises africanos.

Não quero dizer que tudo esta certo mais ando meio desconfiado, não vejo nenhuma solução sendo encontrada num futuro sejaz proximo ou longinquo entre Israel e Palestina, não entrevejo nenhuma paz chegando mesmo na Siria, no Iraque, no Afganistão. Enquanto os regimes atraves o mundo ficarem corruptos e mais preocupados com o bem estar dos seus bolsos do que o do seus conterraneos, acho, sim, nunca a coisa vai melhorar e que a barbaridade nunca vai acabar. Sim, ando meio desconfiado. Uma pesquisa recente mostrou que apenas 60 por cento dos franceses continuam acreditando e gritando « Je suis Charlie ». Não tem união nacional, não tem consenso nenhum  na França como na Europa como nos Estados Unidos sobre o problema da imigração e isso leva a todos os extremes !

Pelo menos constatei que os senhores Boff, Saldanha e Piber aquietaram o faixo ! não tem agitado mais suas bandeiras « je ne suis pas charlie » depois de 12 de janeiro de 2015. Seria bom saber se seu pensamento tem evoluido, se não tem algum arrependimento. Vi que o Saldanha tinha 33 anos na época e o Boff 77. Não tem idade certa para amadurecer. Vi também que o Saldanha se dizia professor enquanto o Boff falava que era jornalista. Sempre bom rever suas fontes ! E finalmente ja que Saldanha é Vascaino, torcedor fanatico do Vasco, e que Boff gosta também de futebol como ele afirmou neste artigo sobre o futebol como religião secular eu cheguei a pensar que ambos poderiam adorar South Park, este desenho animado para adultos que faz sucesso não somente nos Estados Unidos.

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Poderiam até ler esta resenha de Julian Sancton que foi publicada dia 15 de janeiro 2015. Acho sempre bom ponderar, ver outros focos e não ficar numa visão nacional da coisa. Quem sabe ! este Stick of Truth pode até ajudar !

Le Sahel sur la table des Opérations Barkhane et Sabre

Le Sahel, nouvel endroit chic de la planète ? Depuis l’opération Epervier, mise en place en 1986 par l’état major français pour contrecarrer l’expansionnisme lybien jusqu’à l’opération Serval de janvier 2013 puis Barkhane de 2015 qui mobilise sur une surface équivalente à l’Europe selon le dernier décompte 4000 hommes, 8 avions de chasse (des Mirage 2000, des Rafale), 300 blindés, 300 véhicules logistiques, 17 hélicoptères, 5 drones Reaper, 10 avions e transport logistique. Les 5 pays qui forment le G5 Sahel (Mauritanie, Burkina Faso, Mali, Niger, Tchad ) s’engagent à fournir quant à eux pour la mi 2018 5000 hommes répartis. Il y a mobilisation internationale pour participer au financement de ce fonds dont le but est d’annihiler les groupes armés terroristes. La base de commandement est installée à Ndjamena au Tchad avec ans chaque pays concerné des bases logistiques et tactiques comme par exemple à Ouagadougou (Burkina Faso), à Gao (au Mali), à Niamey (au Niger). On parle de partenariat. Petit à petit un glissement sémantique s’est effectué avec la crise des migrants. Il s’agit aussi de filtrer  et contrôler les pistes migratoires . L’ONU para le truchement de la MINUSMA, force de 13000 hommes est sur le terrain, ce qui porte l’effort guerrier à terme à 22000 hommes à échéance de mi-2018. Pour quels résultats ? Boko Haram, AQMI, Ansar Dine, Mujao prospèrent malgré les coups de boutoir. Prophétiquement   barkhane est le nom d’une dune qui prend la forme d’un croissant sous l’effet du vent. Le souffle de barkhane m’interroge ! Il doit faire penser aux populations concernées au proverbe suivant :  » si en te baignant tu as échappé au crocodile prends garde  au léopard sur la berge ». Car si d’un côté la première lame fait tchoupp la deuxième lame fait tchipp. On défend certes, sinon les populations concernées, du moins les gouvernants sur place faisant peu prou de leur gouvernance mais on interdit la libre circulation des migrants sur leur propre continent. Tout migrant étant dès lors assimilé à un potentiel terroriste. La solution n’a toujours été que militaire, jamais économique, ni politique et cette réponse se heurte à des traditions culturelles et religieuses

Barkhane c’est clairement une épine dans le pied du gouvernement français à qui cette intervention en période de vaches maigres représente un lourd fardeau. Un fardeau qui lui rapporte on se demande bien quoi .

Un raid par ci dans le nord du Mali à la frontière algérienne mettant suite à une action  conjointe de Barkhane (maintien de zone, contrôle de zones, occupent le terrain et des forces spéciales de l’opération Sabre (arrestation des terroristes, commandos aviateurs, hélicoptères , force mobile, souple) le 14 février, un raid par là à l’est. On neutralise soi disant de toutes parts les terroristes, les jihadistes, et la semaine d’après tout recommence comme si on avait affaire à des soldats de plomb. Des dirigeants ennemis sont certes exécutés dans une surface qui représente une fois la France mais pour  un dirigeant qui s’enlise dans les sables du désert combien naissent-ils ? Comment se sortir de ce guêpier ? On sent bien l’envie pressante chez l’état-major et la gouvernance française en tout cas de refiler le bébé aux forces africaines de G5 sahel.

Les morts s’ajoutent aux morts, Attentat faisant 28 morts à Ouagadougou au café Capuccino en janvier 2016 et revendiqué par AQMI. Le 14 février l’Ambassade de France et l’état major de l’armée burkinabé est attaquée. La France est soulagée: pas de français mort. Chez les français on s’inquiète pour les affaires mais on persiste et signe. Mais du coté des forces locales 8 morts. L’attentat est revendiqué en plein Ouagadougou par le GSIM (Groupe pour le Soutien de l’Islam et des Musulmans).

Je ne suis pas militaire. Je comprends les tenants et les aboutissants de cet interventionnisme à tous crins. Il s’agit comme ans les guerres coloniales ‘autrefois ‘asseoir son pouvoir partout où cela est possible pour pouvoir commercer librement avec le minimum d’empêchements locaux. C’est cynique mais compréhensible. Je comprends que la France ne soit pas intervenue lors de l’annexion par l’état russe de la Crimée. Ce n’était pas sa zone f’influence. Les USA ont beuglé un peu comme l’Europe d’ailleurs, c’était à qui bandait ses muscles ou bombait le plus fort son torse soigneusement épilé puis les réalités du business se sont imposées à tous. On a parlé de gel des avoirs, de boycott. Embargo, embargo, le maître mot ! Résultat des courses Poutine est réélu. Certains parlent de real politik.  A qui allons nous vendre nos poulets, se plaignent les agriculteurs français. Fermons les yeux sur les dérives à droite et à gauche (en Chine, en Turquie, en Syrie, etc) au nom du sacro-saint business as usual. Plaçons habilement nos pions ! Mais de grâce que l’on ne vienne pas me dire qu’on vient pour sauver la démocratie et du droit aux peuples à l’autodétermination ! après le fameux on ne peut pas accueillir en France toute la misère du monde, bientôt son corrélat absolu et nécessaire en période de vaches maigres: on ne peut pas résoudre tous les problèmes de la terre. il faut se désengager et se recentrer sur les attributions régaliennes d’un état souverain. Ce n’est pas facile car le business des armes est un business lucratif mais il y a probablement ‘autres manières de faire du business aussi lucratives sinon les USA ne se seraient pas retirés de cette surenchère permanente de course à l’échalote. tout a un coût, la guerre, l’intervention à l’étranger, une armée de métier. c’est juste une question e priorités et d’intérêts bien compris de quelques-uns. Rien à voir avec la démocratie ! Rien à voir avec la liberté au sujet de laquelle Manon Rolland la Jacobine disait déjà en mourant sous l’échafaud en 1793 :

« Liberté, que de crimes on commet en ton nom ! »

 

 

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Comrade Bob, fétiche irréaliste ou salvator mundi dans le marigot aux crocodiles ?

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Parfois l’actualité s’entrechoque et se télescope: Macron évoque les fétiches irréalistes des écologistes et dirigeants qui l’ont précédé au pouvoir; Salvator Mundi, une représentation du Christ,  un tableau de Léonard de Vinci à la suite d’un périple incroyable devient le tableau le plus cher du monde, adjugé pour plus de 400 millions de dollars; et Robert Mugabe, l’indécrottable président du Zimbabwe, le vieux lion-crocodile de 93 ans, est en résidence surveillée, sous le Toit Bleu, pressé à démissionner par une faction de son propre groupe politique après qu’il ait limogé son propre vice-président, son dauphin logique, (au surnom de  Crocodile, lui aussi, suite à son appartenance dans les années de lutte pour la libération au groupe Crocodile), leader de la faction Lacoste, Emmerson Mnangagwa, 75 ans, compagnon de route depuis plus de 50 ans, compagnon de guérilla qui lui aussi a vécu 10 ans en prison, certes un peu plus jeune mais néanmoins septuagénaire.

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Sa femme Grace qui se voyait déjà prendre elle aussi l’héritage des heures glorieuses de la guerre de libération nationale, le chimurenga, et tous les leaders du parti G40 sont soit en fuite  soit en détention. Le coup d’état est plus dirigé contre elle et ses fidèles que contre Mugabe.

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De toutes ces péripéties celle qui a imprimé en moi c’est celle de Mugabe. Je me souviens l’avoir vu pour la dernière fois lors de l’enterrement de Nelson Mandela. Et bien qu’il soit honni par une grande partie de la communauté internationale j’ai toujours eu une admiration secrète pour ce vieux combattant de la cause noire. Je dois même dire que je l’admire au moins autant que Nelson Mandela. D’ailleurs un récent sondage du journal New African Magazine place Mandela en premier dans le coeur des Africains de tous les temps alors que Mugabe est numéro trois. Pas mal pour un despote ! Il faut se libérer des libérateurs, disent néanmoins les détracteurs de l’indéboulonnable dont plus d’un ont des velléités de sécession au Matabeleland.

Oh ne croyez pas que je maîtrise l’histoire de cette partie de l’Afrique. J’ai de lointains souvenirs de Rhodésie du Sud, de l’indépendance unilatérale de la Grande-Bretagne, puissance coloniale du territoire  depuis 1890, par la minorité blanche sous le leadership de Ian Smith (1919-2007) en 1965, de 15 ans de guerre civile, de la prison de Mugabe pendant 11 ans, puis de la victoire des guérilleros marxistes du ZANU (Zimbabwe National Union) en 1980 et de la prise de pouvoir de Mugabe qui devient premier ministre puis président en 1987. De son anoblissement en 1994 par la Reine Elizabeth 2. De son pouvoir autoritaire,  de l’expropriation dans les années 2000 de 4000  gros exploitants agricoles blancs. De sa femme Grace, presque 40 ans plus jeune que lui et impopulaire.

La figure est controversée et boudée par la communauté internationale en raison de hold up électoraux et de répression sanglante. On ne lui pardonne surtout pas sa politique d’indigénisation qui consiste à donner aux Noirs les terres possédées par les exploitants blancs et ceci sans compensation.

Au départ il y avait Joshua Nkomo à la tête du ZAPU et Abel Muzoreva de l’ANC. Par la suite ZAPU et ZANU se sont fondus en ZANU-PF (pour patriotic front) et gouvernent le pays d’une main de fer depuis une éternité.

L’Union Soviétique fut l’allié naturel ainsi que Cuba sous l’ère Castro. Même si depuis 1991 la ZANU-PF a renoncé au marxisme-léninisme et a adopté l’économie de marché, Harare, l’ex-Salisbury de Rhodésie du Sud est toujours au ban des nations mais malgré les résolutions le vieux crocodile se maintient envers et contre tous depuis 37 ans au pouvoir. Malgré cet isolement diplomatique le Zimbabwe, qui intègre le SADC (Communauté de Développement de l’Afrique Australe), a une politique extérieure qui se résume à cette phrase:

Nous allons nous détourner de l’Ouest où le soleil se couche pour nous tourner vers l’est où le soleil se lève.

L’est ce n’est pas seulement la Chine mais aussi la Corée du Sud, la Turquie…

Mugabe né en 1924 a étudié au Royaume-Uni et en Afrique du Sud mais est resté au fond un gushungo (un crocodile, son animal totem). Un crocodile du calibre de pères fondateurs architectes du rêve de l’unité Africaine comme l’ont été dans les années 50 et 60  des leaders africains comme Nkwame Nkrumah, Sekou Touré, Modibo Keita.

Ce que je note surtout en lui c’est sa non-complaisance envers « the powers that be ! »

Malheureusement toute statue de commandeur se fissure devant la crise économique et financière qui sévit depuis les années 2000.

Il y a environ un mois et demi je me suis retrouvé avec deux profs d’histoire africains, tous deux sénégalais et exerçant à Mayotte qui par leur discours m’ont permis de mieux appréhender politiquement et historiquement le vieux crocodile. Les accords de Lancaster selon eux en décembre 1979 sont le legs de Mugabe. Il en est l’un des artisans. Il les a négociés habilement. La question foncière est au centre de cet accord car à l’époque il faut se souvenir que 4000 propriétaires blancs détiennent 50 pour cent des terres arables occupant 15 millions d’hectares. Dans un premier temps l’accord prévoit que pendant 10 ans  donc jusqu’à la fin 1989 il n’y aura pas d’expropriation ni de nationalisation. Seules les ventes de gré à gré sont possibles (willing buyer, willing seller) C’est la raison pour laquelle on le laissa tranquille tant que Mugabe laissait prospérer ces terres fertiles aux mains des colons britanniques (indiens, pakistanais et anglais). En 1989 il n’y a pourtant qu’un million d’hectares de terres qui a été redistribué à seulement 20000 familles. Le Land Acquisition Act de 1989 est la deuxième étape: il permet à l’Etat d’acquérir les terres en indemnisant les propriétaires. C’est sa politique d’indigénisation qui l’a fait diaboliser par la Grande Bretagne et les Etats-Unis. Là dans la troisième étape Le « BEE » (Black Economic Empowerment)  au Zimbabwe, oblige depuis 2008 les sociétés étrangères à transférer 51% de leurs actifs à des Zimbabwéens noirs.

Le Zimbabwe est loin d’être une planète florissante. Le dollar Zimbabwe est fortement dévalorisé, beaucoup de Zimbabwéens vivent en Afrique du Sud ou ailleurs, fuyant le chômage, l’hyperinflation et le sida.

Camarade Bob, autoproclamé « diplômé en violence », va-t-il jeter l’éponge ou va-t-on assister à un de ces soubresauts dont il est coutumier ? En un mot Bob bande-t-il encore? Ou fait-il partie des fétiches irréalistes que l’Afrique doit encore exorciser? Ou est-il un tableau inestimable, une toile à ranger dans les décors et les ors de l’histoire? Le retrouvera-t-on dans un exil doré en Namibie ? L’Union Africaine, Jacob Zuma, président d’Afrique du Sud, le fidèle, qui sait se souvenir que Mugabe et le Zimbabwe (comme le Mozambique d’ailleurs)  ont servi de base arrière aux camarades de l’ANC sud africain dans leur lutte contre l’apartheid; Laurent-Désilé Kabila en RDC qui doit une fière chandelle au Zimbabwe, Alpha Condé de Guinée et bien d’autres encore redoutent sans trop y croire la chute du héros de l’indépendance, de  ce vieux despote, symbole vivant et décati des contradictions de l’Afrique de ce siècle et du précédent,  presque sous le regard indifférent des 12,9 millions de Zimbabwéens. Un symbole géant quoique décrépi qu’on ne saurait impunément malmener. Le vieil homme renâcle à démissionner et laisser le pouvoir au Crocodile bis qui a pourtant été l’exécuteur de ses basses oeuvres pendant de nombreuses années. On parle de gouvernement d’union nationale. Morgan Tsvangirai, du MDC (Movement for Democratic change), leader de l’opposition, pointe le nez avec son vice Nelson Chamisa.  L’ex vice-présidente Joice Mujuru limogée en 2014 sur ordre de Grace réapparaît sur la scène politique en même temps que Constantino Chiwenga, le général, chef de l’armée. La lutte de succession est ouverte. On prie les oracles, les Achille, les Horace pour que la guerre de Harare n’ait pas lieu dans ce décor ubuesque. Mais Grace n’est pas Hélène et les fétiches sont tombés sur la tête depuis bien longtemps.

Et voilà que moi même je me sens devenir vieux crocodile nostalgique , enfin plutôt vieux caïman gâteux nostalgique du temps si lointain déjà où il collectionnait  des timbres portant des noms comme Haute-Volta, Dahomey, Gold Coast, Tanganyika, Rhodésie du Sud… Nostalgique non pas de la colonisation  mais de ce moment unique où mes frères africains se sont dressés debout contre l’oppression. Les héros sont fatigués mais ils ont été des héros, des role models qui m’ont permis à moi même d’exister. Chacun a ses limitations, les héros comme les autres. Quand vient le moment de passer la main, le jeune sang qui existe encore en quantité infinitésimale dans le flux sanguin du crocodile bouillonne, c’est humain d’accepter avec difficulté de se mettre en retrait, de ne plus être acteur pour devenir spectateur, on veut tout au moins faire son successeur, l’adouber et ainsi se perpétuer en quelque sorte, et  qu’on s’appelle Elizabeth 2 ou Mugabe 1, cela ne change rien à l’affaire.

Je me sens chez moi dans le monde entier, partout où il y a des nuages

Rosa Luxemburg, 1871-1919, théoricienne du Marxisme, qui parlait le russe, le polonais, l’allemand et l’hébreu disait cette phrase à propos des ghettos. « Je me sens chez moi dans le monde entier, partout où il y a des nuages, des oiseaux et les larmes des hommes ».

Je reprendrais bien cette phrase à mon compte en prenant soin d’y ajouter un ingrédient les gombos et d’en modifier un autre: les larmes. Cela donne donc: je me sens chez moi dans le monde entier, partout où il y a des nuages, des oiseaux, les larmes de rhum et les gombos.

Eh oui je ne suis pas marxiste. Nobody’s perfect, right ! Vous vous en doutiez, non?

Une eau naturellement parfumée à l’ozone

Le climat tropical exige qu’on se désaltère à tout bout de champ. Surtout en saison sèche qui va de juin à décembre. Les eaux se font concurrence molle. Edena, l’eau pure du cirque de Mafate, à la Réunion, lentement filtrée au coeur de la roche volcanique, qui après avoir sillonné les reliefs les plus préservés de Mafate, vient s’épancher au pied du Cimendef ! L’eau Saint-Benoît de Saint-Martin-d’Abbat dans le 45. L’eau Cristalline captée dans la source cristal ROC en grande profondeur à Ardenay-sur-Merise dans un site protégé  sur un territoire forestier de 10000 hectares. On croit rêver.

Et puis il y a O’jiva. L’eau mahoraise  naturellement parfumée  à l’ozone. J’ai dû m’y reprendre à deux fois pour lire ozone, je croyais lire arôme. Mais finalement quel goût possède l’arôme de l’ozone ? Cet ozone dont les couches sont néfastes pour l’homme. Bonnes pour l’eau ?

Je sais que quand on prend de l’eau de source avant de la mettre en bouteille on la filtre pour éliminer les traces de fer et de manganèse instables. Mais je n’avais jamais prêté attention à l’ozone comme agent filtrateur. Soit, qu’on l’utilise ainsi mais de là comme O’jiva, eau rendue potable par traitement à l’aide d’air enrichi à l’ozone, captée dans le réseau de Koungou, avoir l’audace de mettre en valeur un parfum d’ozone comme s’il s’agissait d’une eau jaillie du sein de la terre il y a selon moi un pas de trop qui a été franchi.

On sait que Mayotte souffre d’un manque de ressources en eau. Elle dépend pour 80 pour cent des ressources superficielles constituées des rivières et de deux retenues collinaires à Combani et Dzoumogné. Kesako? Pour 18 pour cent de ressources profondes (les forages) et pour 2 pour cent du dessalement de l’eau de mer par le procédé dit d’osmose  inverse. Il faudrait pour bien faire une autre retenue collinaire qui permettrait de donner à l’île son indépendance hydrique. Mais cela demande des investissements que l’Etat n’est  apparemment pas prêt à assumer sur le 101ème département.

Une bouteille d’un litre et demie d’eau se vend entre 0,62 € et 1€50 en fonction du réseau de distribution : Bdm (Jumbo Score, Score et Snie),  groupes Somaco, Discount, Sodifram. Ces groupes ont accepté de participer au dispositif BQP (bouclier qualité prix) et de publier chaque mois les prix d’une cinquantaine de produits pour montrer leur lutte contre la vie chère.

La Smae la Société Mahoraise des Eaux, a encore bien du pain sur la planche, elle qui demande à ce qu’on lui verse 88 € pour tout branchement à son réseau.