Ma plus grande richesse c’est moi

Dit comme cela, tout de go, cela peut sembler présomptueux de ma part. « Me poupe » me diriez-vous si vous étiez  brésilien ! « Epargne-moi » en bon français sonnant et trébuchant. Toi, un magnat ! Un maniaque oui ! Mais un magnat, un Charlemagne, un Charles-Quint ?!!!!

Oui, j’affirme, sain je l »espère de corps et d’esprit, je suis riche de ce corps faste et bedonnant que m’ont légué mes parents, je suis riche de cet estomac et de cet appétit qui font de moi l’égal en genre et en nombre de Louis XIV, je suis le Roi Soleil, je suis riche de mes lèvres de  métèque, oui qui pourraient parler six langues à tort et à travers,  de mes yeux myopes qui ont vu plusieurs éternités d’amour comme on voit des aubes virer au crépuscule, je suis riche de tous les tableaux de maîtresses où j’ai enseveli mes détresses, ma tendresse, oui, riche, je suis richissime. Un nabab cent fois béni, un potentat adulé, un khalife craint, un sultan illuminé,  un émir rêveur, un grand vizir, bref vous m’avez compris… Appelez-moi Altesse, je vous prie, et je vous ferai prince, duc, grand chambellan, connétable de l’un de mes 64 royaumes que vous saurez administrer, je n’en doute pas, en bon père de famille.

 Je suis riche des cocotiers nains que je n’ai pas plantés, et des semailles de gombo que je n’ai pas récoltées, riche de toutes les vagues et de tous les tonnerres qui ont sillonné mon être, mon tout-monde… Je suis riche des Toyota 4 wheel drive Land Cruiser que je n’ai pas pilotées et des Talbot et Alfa Romeo qui m’ont abandonné.

Si j’étais un zébu maigre paissant paisiblement sous un pont près d’une rivière en bord de mangrove  je serais aussi riche des feuilles d’avocat ou de fruit à pain que je trouverais à portée de machoîres.

Un beau jour, c’était un jeudi après midi d’octobre tropical, une scolopendre endiablée surgie du diable Vauvert des pentes de la Soufrière m’a injecté le vaccin antidote de toutes les richesses. Un succédané d’alizés, d’eau de mer abyssale et d’arc-en-ciel.

De ce patrimoine invisible et immatériel qui est le mien je ne possède guère plus que ce 30 octobre d’auguste mémoire. Presque 65 ans après je suis toujours là, riche de moi même et de ce vaccin primordial, tout juste alourdi de 33 kilos, le poids de mes deux valises. Mais pharaon en horizons, en sensations. Mon palais n’est ni pyramidal, ni isocèle, il est de chair,  et je n’ai d’or que l’Alliance que je porte au majeur de la main gauche.

Toute fortune n’est utile que si on la dilapide. Je ne thésaurise pas mes biens. Il faut que la richesse circule comme l’eau, comme l’air, comme l’oeil du cyclone. Les coffres-forts des banques sont les tombeaux des richesses. Je les abhorre. Le seul coffre-fort qui trouverait grâce à mes yeux serait mon corps transformé en poisson-coffre pris dans les remous tectoniques de deux plaques continentales.


contenu, contenant, continent, container à la dérive vers Pangée ultime

Il y a un énorme arbitraire dans la définition du mot continent qui dans sa plus simple expression est une terre continue émergée (dixit wikipedia). Or les continents aussi par définition dérivent. Un jour ( dans 250 millions d’années, une broutille à l’ère géologique) se reconstituera Pangée Ultime, ou pas  (dixit Margot et Caetano Veloso) […]

personnalité rhizomatique, c’est-à-dire systématique, anankastique et en même temps bordélique

Youpie ! Je viens de passer mon auto-test. Je suis rhizomatique. Je rencontre tous les critères diagnostiques de ce trouble de la personnalité qui n’appartient qu’à moi, tout seul, nan, et qui est caractérisé par une préoccupation pour les racines en tous genres, les feuillages, l’ailleurs, toujours renouvelé, un fort complexe maternel et une tendance […]

je suis un marcassin voyageur, héritier de pigeon voyageur, paon, macaque singe, caïman et sanglier ! Je suis chasseur de moi-même

Suidae

Mon père disait en parlant de moi que j’étais un pigeon voyageur !  Je ne m’en offusquais pas car je préférais cela à ce que ma grand-mère disait elle de moi me qualifiant selon l’humeur du  moment de macaque singe ou de caïman à cause de mes dents énormes et effilées qui grignaient comme des perles à l’orient ! Arété ri épi gran dan a makak aw ! Ou ka anki ri épi gra dan a kaiyman aw ! Je n’étais pour Mémé ni singe ni macaque mais une synthèse des deux, un énigmatique makak senj. Plus tard on m’a aussi qualifié de paon à ma façon d’ouvrir mes ailes quand je dansais et même quand je ne dansais pas. On m’a même taxé un jour par mégarde de sanglier au Brésil , javali, de cochon sauvage quoi, et finalement c’est cette appellation-là que j’ai prise par les cornes et que j’ai transformée à ma guise pour me définir. Si tout est bon dans le cochon domestique, imaginez les délices du cochon sauvage ! Et voyageur par dessus tout ça. Je suis donc le marcassin voyageur, un jabato, un liston, un rayon, un cucciolo, un aprunculus, un everjong ! Je suis encore tout jeune , je n’ai pas encore mes 6 mois mais un jour je deviendrai un vrai grand vieux-sanglier voyageur et solitaire. Je suis omnivore : quelques haricots par ci, quelques grains de riz par là, quelques noix (de cajou) et quelques pigeon peas (pois d’angole, pwadibwa) puisque j’ai aussi mes côtés pigeon, paon, macaque singe, caïman à assumer sans oublier le gombo  et les feuillages agrémentés de crabes, écrevisses et palourdes .

Sanglier voyageur, javali viajante, homing boar, car il y a sans doute un fond de vérité dans toutes les appellations ont on m’a affublé tout au long de ma vie. Je n’en renie aucune, je les assume toutes : j’avoue être un  sanglier voyageur héritier des gènes de pigeon-macaque singe- caiman-paon-sanglier. Je ne grogne pas, je ne charge pas, je roucoule, je roucoule, je roucoule comme un ramier ! Je suis un sanglier voyageur qui roucoule, je vole dans la bauge, je vole dans la boue des mangues sauvages décomposées, je suis sauvage

Ne m’appelez pas pigeon voyageur, homing pigeon, paloma mensajera, piccione viaggiatore, pombo viajante, postduif, athlète ailé du XXème et du XXIème siècle, je ne revendique pas ce titre. Je me crois un sanglier voyageur sauvage. L’idée seule d’avoir une cage captive dans un colombier à vie qui m’attend me répulse. Partir pour des courses de 1000 km et revenir à ma planche d’atterrissage, très peu pour moi. N’en déplaise aux colombophiles je n’aurai jamais comme Gustav la médaille Dickin pour bravoure face à l’ennemi en période de guerre,  je ne serai jamais le vainqueur u national d’Altona au Danemark. Désolé messieurs, je préfère cent fois être un sanglier voyageur de classe, un écaillé foncé ou clair, un bleu barre, un gris, un noir, un macot, je veux bien être sanglier voyageur mais je veux nicher librement hors des colombiers. Je veux choisir par moi-même mon frère de nid et j’exige m’accoupler librement à la compagne de mon choix sans qu’on prenne en considération notre future lignée de futurs champions. Je veux vivre mes mues et pas seulement en septembre, je veux pouvoir muer ne fait tout le temps. Bref je veux être libre, sanglier voyageur, pourquoi pas, je m’identifie plus à cela qu’à Peter Pan, quand même. Puer aeternus, pourquoi pas mas alors marcassin voyageur !

Quand je dis à ma femme, qui adore réduire mes divagations solitaires à un processus psychothérapeutique que je suis non pas un pigeon voyageur mais un sanglier voyageur sauvage, voilà ce qu’elle me dit, ma thérapeute préférée. Je lui fais penser à quatre choses qui lui viennent immédiatement en tête et qui toutes traduisent une inquiétude. Ces quatre choses sont comme des images avec un titre (un rotulo) mais sans continent (continente) ! Elle me demande de voir ce qui se cache derrière tous ces titres. Quel est le contenu/continent de ma quête. De quoi veux-je me sauver ? Suis-je chasseur de moi-même ? Suis-je  comme Dibs autiste ? Que veut mon âme ? Chauds les mango chauds !

Première image de moi : Dibs: em busca de si mesmo : un titre du Dr. Virginia M. Axline (1911-1988) dont l’original en anglais est Dibs in search of self. Ce livre selon la traductrice en portugais est une invitation pour comprendre et aimer l’enfant qui continue caché en chacun de nous et sentir la grandiosité de la participation au mystère cosmique qui nous unit aux montagnes, à la mer, aux pluies, aux arbres, aux petits oiseaux et à tous les animaux, aux enfants, aux jeunes, aux adultes, dans un agrandissement géant de notre être et dans une prise en compte de notre originalité personnelle. En français DIBS

Deuxième image de moi : Milton Nascimento : « eu caçador de mim », moi chassseur de moi

Troisième image: une réflexion de Teca qui disait : ta querendo se salvar de que ? De quoi veux-tu te sauver ?

Quatrième image:  une autre réflexion : o que é que essa alma quer ? Que veut donc cette âme ?

Voici les paroles de Eu caçador de mim de Sérgio Magrão / Luiz Carlos Sá avec ma traduction à la hache, comme on dit, mais vous pouvez préférez au coutelas, au sabre, à la machette, aux ciseaux, au coupe-coupe puisque toute traduction coupe et trahit mais allons y malgré tout :

Por tanto amor, por tanta emoção (par tant d’amour, par tant d’émotion)
A vida me fez assim (la vie m’a fait ainsi)
Doce ou atroz, manso ou feroz (doux ou atroce, gentil ou féroce)
Eu, caçador de mim. (moi chasseur de moi)
Preso a canções (prisonnier des chansons)
Entregue a paixões que nunca (livré aux passions qui jamais)
Tiveram fim (n’eurent de fin)
Vou me encontrar longe do meu lugar (je vais me rencontrer loin de mon endroit)
Eu, caçador de mim (moi chasseur de moi)
Nada a temer (rien à craindre)
Senão o correr da luta (sinon la course de la lutte)
Nada a fazer (rien à faire)
Senão esquecer o medo (sinon oublier la peur)
Abrir o peito à força (ouvrir la poitrine de force)
Numa procura (dans une recherche)
Fugir às armadilhas da mata escura (fuir les pièges de la forêt obscure)
Longe se vai sonhando demais (loin on va en rêvant de trop)
Mas onde se chega assim (mais où arrive-t-on ainsi)
Vou descobrir o que me faz sentir (je vais découvrir ce qui me fait me sentir)
Eu, caçador de mim (moi, chasseur de moi)

Nada a temer
Senão o correr da luta
Nada a fazer
Senão esquecer o medo
Abrir o peito à força
Numa procura
Fugir às armadilhas da mata escura
Longe se vai sonhando demais
Mas onde se chega assim
Vou descobrir o que me faz sentir
Eu, caçador de mim

Je ne sais si ma thérapeute privée a raison, si elle a tort, peu importe en fait, son rôle est de me faire élargir le débat, de le porter au dela de moi même tout en me forçant à sa façon regarder au fond de moi-même. Parfois devant cette introspection nécessaire je râle, je tempête, j’esquive parfois, je dilue, je grossis le trait  mais toujours j’avance. Dans le cas qui nous occupe de sanglier/marcassin voyageur, source de l’introspection du jour, si je devais choisir une chanson de Milton Nascimento celle que je choisirais entre toutes est Encontros e Despedidas que je traduirai à la serpette encore une fois comme Rencontres et départs (Milton Nascimento, Fernando Brant)

Mande notícias do mundo de lá (envoie des nouvelles du monde de là-bas)
Diz quem fica (dit celui qui reste)
Me dê um abraço venha me apertar (donne moi l’accolade, serre moi dans tes bras)
Tô chegando (j’arrive)
Coisa que gosto é poder partir sem ter planos (une chose que j’aime c’est de pouvoir partir sans avoir de plans)
Melhor ainda é poder voltar quando quero (mieux encore est pouvoir revenir quand je le veux)

Todos os dias é um vai-e-vem (tous les jours c’est un seul va-et-vient)
A vida se repete na estação (la vie se répète dans la gare)
Tem gente que chega pra ficar (Il ya des gens qui arrivent pour rester)
Tem gente que vai pra nunca mais (il ya es gens qui s’en vont pour plus jamais)
Tem gente que vem e quer voltar ( il y a des gens qui viennent et veulent retourner)
Tem gente que vai e quer ficar -(il ya a es gens qui s’en vont et veulent rester)
Tem gente que veio só olhar (il ya des gens qui ne sont venus que pour regarder)
Tem gente a sorrir e a chorar (il y a des gens qui sourient et qui pleurent)

E assim chegar e partir (c’est ainsi arriver et partir)
São só dois lados da mesma viagem (ce ne sont que les deux côtés du même voyage)
O trem que chega (le train qui arrive)
É o mesmo trem da partida (est le même train du départ)
A hora do encontro é também despedida (l’heure de la rencontre, du rendez-vous  est aussi celle de l’adieu)
A plataforma dessa estação (le quai de cette gare)
É a vida desse meu lugar.(c’est la vie de cet endroit qui est le mien
É a vida desse meu lugar. (c’est la vie de cet endroit qui est le mien
É a vida… (c’est la vie)

Version de Raquel Diniz

Mieux que la lecture, la relecture, la re-signification des joies quotidiennes

En regardant sur Arte le film La mélodie du Bonheur (en anglais The Sound of Music) je me suis rendu compte comme on peut avoir une lecture différente d’un film en le voyant avec une trentaine d’années de distance. La même chose vaut pour le film Le Cid avec Sophia Loren que j’ai encore vu tout récemment. Ou même pour La Grande Vadrouille avec Louis de Funès et Bourvil. Au-delà de l’intrigue il y a des faits politiques qui a un certain moment nous dépassent et que nous choisissons inconsciemment peut-être de laisser de côté.

 

Dans La Mélodie du Bonheur avec Julie Andrews c’est la montée du fascisme en Autriche et la collaboration du peuple autrichien dans sa grande majorité. Dans Le Cid c’est la Reconquista espagnole, le rôle de l’Eglise, les intrigues pour se débarrasser des Maures et des Arabes et l’appropriation historique du Cid dans tout cela. Dans La Grande Vadrouille c’est là encore la Résistance sous l’Occupation. Moi, par exemple pendant tout le film La Mélodie du Bonheur j’entendais aussi en bruit fond My Favorite Things de John Coltrane, pour moi l’un des thèmes immortels du jazz.

J’essayais de trouver une traduction pour les paroles en français en essayant de me remémorer les paroles en anglais. My favorite things ! Mes joies quotidiennes ! Et j’avais l’impression que le texte français infantilisait. Bena dans le même film se passionnait pour l’ombre junguienne, la fameuse sombra, la shadow omniprésente chez le père, le militaire, qui n’arrive pas à se détacher de sa fonction de militaire, sa persona. Un bon film c’est un film qui vous permet de voyager à travers les différentes et multiples lectures possibles. On peut donc le voir et le revoir. Ad libitum comme on écoute un bon standard du jazz. Ce sont ces aller-retours , ces va-et-vient incessants entre ce dont on se souvient et ce que l’on a oublié qui façonnent l’air de rien nos arrière-pays mentaux. Je m’étonne parfois de chanter Mon fils de Johnny Halliday ou Si j’étais un charpentier, de fredonner Si j’avais un marteau ou Amour d’Eté, la version française de Love me Tender, je me souviens encore de Boudu Sauvé des Eaux avec Michel Simon, de Les Oiseaux  (The Birds) d’Alfred Hitchcock et de Les Désaxés (en anglais The Misfits) avec Marylin Monroe et Clark Gable, Certains l’aiment chaud (Some like it hot) avec Marilyn Monroe, Tony curtis et Jack Lemmmon, etc etc

Ce sont mes joies quotidiennes à moi, revoir des films, ou réécouter des chansons ou des standards de jazz, de relire des bouquins, revoir des amis, me souvenir de moments fugaces, c’est bref me réapproprier ses moments exquis qui parfois s’éclipsent comme des voaygeurs immobiles sans le vouloir de ma mémoire et leur donner une nouvelle existence, des habits neufs en somme

Tenez voici les paroles de « Mes joies quotidiennes » (ce ne sont pas les miennes mais celles une jeune novice rebelle autrichienne  dans les années 60:

Pétales de rose ou moustaches de chatons

Bonne mitaine et bon feu qui brille,

Beau cahier quadrillé , cheveux mouillés,

C’est là un peu de mes joies quotidiennes.

Gros mille-feuilles, tarte aux pommes fraîches

Grand bol de crème dont on se pourlèche,

Belle oie sauvage qui s’envole dans la plaine,

C’est là un peu de mes joies quotidiennes.

Gaies robes claires, coiffures en nattes,

Doux flocons blancs sur mon lit écarlate,

Les fleurs d’Avril en bouquets qui reviennent.

C’est là un peu de mes joies quotidiennes.

Quand le chien mord, quand l’abeille pique, quand ça marche mal,

C’est simple je pense à mes joies quotidiennes et tout alors va très bien.

Longue moustache, des milliers de racines,

Bonne mitaine et bon feu qui brille,

Beau cahier quadrillé et cheveux mouillés,

C’est là un peu de mes joies quotidiennes.

Grand mille-feuilles, tarte aux pommes fraîches

Gros bol de crème dont on se pourlèche,

Belle oie sauvage qui s’envole dans la plaine,

C’est là un peu de mes joies quotidiennes

Gaies robes claires, coiffures en nattes,

Doux flocons blancs sur mon lit écarlate,

Les fleurs d’Avril en bouquets qui reviennent.

C’est là un peu de mes joies quotidiennes.

Quand le chien mord, quand l’abeille pique, quand ça marche mal,

C’est simple je pense à mes joies quotidiennes et tout alors va très bien.

Et voici celles de My favorite things (bon, ne pas oublier toujours m^me en anglais que ce sont les petites choses que préfère une novice rebelle autrichienne dans les années 60). A actualiser donc :

Raindrops on roses and whiskers on kittens
Bright copper kettles and warm woolen mittens
Brown paper packages tied up with string
These are a few of my favourite things!
Cream colored ponies and crisp apple strudels
Doorbells and slay bells and schnitzel with noodles
Wild gees that fly with the moon en their wings
These are a few of my favourite things!
Girls in white dresses with blue satin sashes
Snowflakes that stay on my nose and eye lashes
Silver white winters that melt into spring
These are a few of my favourite things!
When the dog bites, when the bee stings
When I’m feeling sad, I simply remember
my favourite things!
and then I don’t feel so bad!

les différences invisibles

Mademoiselle Caroline  a produit en collaboration avec Julie Bachez une bédé parue chez Delcourt intitulé : La différence invisible 

Julie Bachez tout comme une autre Aspergirl  Alexandra Raynaud, auteure de Asperger et  Fière de l’Etre (2017,  Eyrolles) a découvert sur le tard qu’elle était atteinte du SA, syndrome d’Asperger et est donc aspie. Si j’ai bien compris ce syndrome d’Asperger est une des manifestations de l’autisme, un TSA, trouble du spectre autistique. C’est donc un trouble et non une maladie mais une différence due à une structure cérébrale différente qui n’est pas une déficience intellectuelle. Et comme tout trouble il a ses avantages et ses faiblesses en fonction des sphères d’actuation.

Le SA fait partie des TEF (Troubles Envahissants du Développement) et de l’autisme selon la classification DSM-IV (classification internationale F845 au CIM10 qui compte 14400 codes).Les autistes Asperger ont ceci de spécial apparemment qu’ils ont l’air tout à fait intégrés dans le monde dit normal : ils travaillent, ils étudient. Par contre ils ont des routines, des activités, des intérêts restreints répétitifs et stéréotypés qui tendent aux troubles obsessionnels compulsifs et sont très sensibles au bruit grâce à leur acuité auditive hyper développée. Ils auraient des difficultés à s’investir dans les codes régissant une relation socio-affective.

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Le syndrome d’Asperger serait donc un trouble de la personnalité. Mais qu’est-ce qu’une personnalité ? La personnalité c’est une identité relativement stable  appartenant à trois niveaux de l’expérience  humaine (cognitif, corporel, affectif) et régissant les modes de fonctionnement  et de contact avec l’environnement proche du sujet.

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Selon le CIM10 (classification internationale de maladies , symptômes et causes régie par l’OMS) il y aurait dix troubles de la personnalité  qui sont des anomalies dans la manière d’être au monde (paranoïaque, schizoïde, schizotypique, dyssociale ou antisociale, émotionnellement labile ou borderline, histrionique, anankastique (obsessionnelle et compulsive), anxieuxe (évitante), dépendante, narcissique. .

Où se situe le syndrome Asperger ? Et d’abord qui est Asperger ? Hans Asperger est un psychiatre autrichien qui le premier en 1943 a diagnostiqué le trouble comme un défaut de communication non  verbale, caractérisé par une diminution de l’empathie et de la maladresse physique. Pourrais-je être moi même un adulte atteint du syndrome d’Asperger ? Le test ICI

Au delà d’Asperger je m’intéresse aux différences invisibles qui peuvent dans une relation affective entrer en collision et empêcher l’empathie.des incompréhensions ont souvent lieu qui peuvent tenir à des différences culturelles certes mais aussi à ces anomalies d’interaction au monde. On ne les prend pas souvent en compte pensant que l’amour va permettre de dépasser les barrières et que grâce à l’empathie qui existe en principe dans un couple on saura réduire les antagonismes. Aimer c’est accepter l’autre dans sa foi, ses délires, ses obsessions, ses toc, ses manies, ses routines quoi qu’elles soient, et cela n’est pas toujours facile surtout si l’autre croit que sa façon d’être est la seule qui soit valable. Par exemple des conflits peuvent naître dans la cuisine, dans les toilettes, dans la salle de bains, dans le salon, bref dans toutes sortes d’environnements pour des questions d’ordre, de propreté. Vider la poubelle, ranger sa brosse à dents, faire son lit, ranger, dormir dans le même lit  peuvent devenir  dans un couple des activités problématiques pour les personnalités anakarstiques avides de détails et de contrôle. Apprendre une langue étrangère qui demande une approche globalisante et non systématique peut se révéler particulièrement coriace et source de pour de tels profils qui bien qu’ils aiment les défis et qu’ils soient particulièrement persistants à la tâche fonctionnent à partir de procédures lentes et n’arrivant pas à se détacher du livresque sont pris dans un engrenage ou le savoir ne s’acquiert qu’au prix d’heures et d’heures d’investissement dans des détails. Avoir seulement une attitude empathique à mon sens n’est pas venir en aide à de tels profils ! Leur indiquer d’autres procédures moins exigeantes en terme de surcharge cognitive me paraît une attitude bien plus rentables.

 

 

puer aeternus au coeur du non-monde


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Dans son article « An image of Africa » in  Massachussetts Review, 18, 1977, pp. 782-94 l’écrivain nigérian Chiwa Achebe décrit l’Afrique telle que perçue par CG Jung (1875-1961) dans sa fameuse « Expédition psychologique de Bugishu » qui le mena en 1925/1926 à travers le Kénya et l’Ouganda comme « un non-monde », « l’antithèse  de l’Europe et donc de la civilisation , un endroit où l’intelligence et le raffinement sont réduits par le triomphe de la bestialité ».Lire la suite »

synchronicité et déja vu

Quand j’entends ces mots je pense à une petite ruelle à Sceaux où pour la première fois vers 1969  j’eus l’impression que le moment que je vivais avait déjà été vécu par moi même. Je passais tous les jours à ce même enroit avec deux copains de classe. A l’angle de cette rue qui s’appelle rue de l’Yser, il y avait une maison où je crois bien qu’il y avait ou des feuilles de vigne ou des feuilles de lierre. Plus de 10 ans après j’avais rêvé pendant la semaine d’un pied de vigne dont les feuilles vert olive étaient fausses et sur lequel rampait un serpent. Ce rêve m’a tellement inquiété que j’en ai fait part dès le lendemain à ma mère car je ne me souvenais jamais normalement de mes rêves. Lire la suite »