Dans la chanson de nos pères

Dans la chanson de nos pères
 
Monsieur de Malborough est mort
Si c’était un pauvre hère
On n’en dirait rien  encore
Mais la dame à sa fenêtre
Pleurant sur son triste sort
Dans mille ans, deux mille peut-être
Se désolera encore
 
File la laine, file les jours,
Garde ma peine et mon amour
Livre d’images des rêves lourds
Ouvre la page à l’éternel retour
 
 
Hennins aux rubans de soie
Chansons bleues des troubadours
Regrets des festins de joie
Ou fleurs du joli tambour
Dans la grande cheminée
S’éteint le feu du bonheur
Car la dame abandonnée
Ne retrouvera son coeur
 
File la laine, file les jours,
Garde ma peine et mon amour
Livre d’images des rêves lourds
Ouvre la page à l’éternel retour
 
Croisés des grandes batailles
Sachez vos lances manier
Ajustez  cottes de mailles
Armures et boucliers
Si l’ennemi vous assaille
Gardez-vous de trépasser
Car derrière vos murailles
On attend sans se lasser
 
File la laine, file les jours,
Garde ma peine et mon amour
Livre d’images des rêves lourds
Ouvre la page à l’éternel retour
 
Hier comme ça sans crier gare cette chanson File la laine  s’est rappelé tout à coup à moi. Elle aurait pu me prévenir et faire retentir d’abord l’appel Scout.
Sont-ils là les éclaireurs, sont-ils là ?
Auquel j’aurais répondu : Ils sont là les éclaireurs ils sont là
Je la chantais au début des années 60 en colonie au chateau d’Hoche ou chez les Eclaireurs ou Louveteaux, je ne sais plus. Je pensais que c’était une chanson médiévale. En fait elle a été écrite en 1948 par Robert Marcy et popularisée par Jacques Douai. Un peu tristounette tout de même. eh oui j’ai été Scout, j’ai été Louveteau. J’ai fait partie de la meute. Je ne me souviens plus très bien de grand-chose. C’était aux temps fort lointains de ma chrétienté. Je croyais probablement dur comme du fer à Dieu, et à la Sainte  Trinité et à la communauté de tous les Saints. Et j’attendais l’hostie comme un dévorant. J’avais fait la promesse  d’aimer Dieu sans cesse, de plus en plus.
A cette époque-là, entre 8 et 11 ans j’étais louveteau, wolf cub en anglais, puis entre 2 à 17 ans éclaireur. J’ai dû abandonner le scoutisme bien avant mes 17 ans. Maintenant que je suis un vieux-loup c’est à moi de transmettre mon acquis aux jeunes louveteaux. J’ai baigné dans l’imaginaire du Livre des Louveteaux de B.P. (Baden-Powell) calqué sur Le Livre de la Jungle, de Rudyard Kipling. Je suis resté fidèle à ma promesse  comme le voulait la devise de Robert Baden-Powell (1857-1941), fondateur du mouvement Scout. J’ai fait de mon mieux ! J’étais toujours prêt. BE Prepared ! n’avait-il pas dit.   Préparé, fin prêt pour la meute, prêt pour la troupe, prêt pour le clan ! Un petit homme d’armes rêvant de devenir un jour chevalier errant, défenseur de la veuve de l’orphelin, des opprimés. Toujours prêt à faire une bonne action. J’étais prêt. Je suis prêt. J’étais un éclaireur. Je suis toujours et encore un éclaireur. Et ma poignée de main je la donne parfois encore de  la main gauche. Et je sais encore faire le salut du scout de la main droite, trois doigts tendus, le pouce se repliant sur l’auriculaire, comme pour le protéger, comme les plus forts protègent les plus petits.
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 « Cela signifie que vous devez avoir l’esprit et le corps toujours en état de faire votre devoir. Prêts pour ce qui est de l’esprit : parce que vous vous serez donné à vous-même la discipline qui permet d’obéir à n’importe quel ordre, et aussi parce que vous aurez d’avance pensé à tous les accidents et à toutes les situations qui peuvent se présenter; ainsi vous saurez au moment voulu ce qu’il y a à faire et vous serez disposés à le faire. Prêts, pour ce qui est du corps, parce que vous vous serez rendu forts, actifs, capable de faire au bon moment l’action qu’il faut faire et que vous la ferez. »

Baden-Powell

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 D’ailleurs l’uniforme de Scout d’antan n’est pas très loin de ce que je porte au quotidien. Je ne porte plus de foulard et je n’aime pas trop les chaussettes, et en particulier les mi-bas blancs, depuis  il y a belle lurette mais j’aime encore les bérets basques et les chapeaux. Je ne sors pas sous le soleil sans mon Stetson. Un short souvent dans des couleurs tirant sur le bleu, le gris ou le vert kaki. Une chemise qui elle n’est pas règlementaire car j’aime les chemises indiennes et les débardeurs. Mais quand il le faut je porte facilement une chemise à manches courtes toujours avec poches. il me faut le côté pratique. J’aime aussi les gilets de pêcheurs et les pantalons de chasseurs. Je dois être toujours prêt. Autrefois j’avais toujours un canif sur moi. Au cas où ! Pas pour blesser mon prochain, ah ça non, pour être prêt à toute situation. Avec décapsuleur, tire-bouchons, ouvre-boite. J’ai toujours adoré les couteaux suisses. Les Opinel , les Laguiole et autres articles de coutellerie. Mais la dernière fois que j’ai été en Suisse en 2010 je n’en ai pas acheté. J’en avais acheté un vers 1998 pour l’offrir à mon beau père d’alors au Brésil. Mais il m’a fait comprendre que détenir un couteau c’était se mettre en situation de tuer quelqu’un  sans le vouloir. Il a refusé de recevoir ce couteau à huit lames que je lui offrais. Cela m’a fait réfléchir. Etre scout c’est bien mais dans le monde brutal où nous vivons il vaut mieux s’abstenir parfois de trop tenter  le diable.
J’aime les couteaux sur mesure, les couteaux personnalisables. Comme ceux de Deejo, la taille de la lame, le manche, les gravures. Ce sont de très beaux outils, des couteaux de poche aux motifs tatoués (années folles, maori, tribal, latino) au laser sur l’acier qui étaient passés de mode. Je me le réapproprie pour m’en servir au quotidien dans ma cuisine. On n’a pas le droit d’avoir une lame sur soi, ni port ni transport. Sauf si on a un motif légitime. Au cas où, se défendre n’est pas un motif légitime.

ombre et lumière

C.G. Jung disait :

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« Ce n’est pas en regardant la lumière qu’on devient lumineux mais en plongeant dans son obscurité »

 

« La clarté ne naît pas de ce qu’on imagine le clair, mais de ce qu’on prend conscience de l’obscur. »

Qu’est-ce à dire ? Ramené à mon humble échelle ! Cela reviendrait-il à dire que ce n’est pas par la contemplation passive de l’objet ou de l’être désiré qu’on devient heureux mais par une plongée active dans l’antithèse de cet être ou objet ? En d’autres termes c’est en se confrontant au réel qu’on peut aisément formuler l’irréel.

Un plus Une égale un bonbon plus une pétale de rose

Je viens de regarder le road movie Un plus Une, un film de Claude Lelouch sorti fin 2015 dont l’action se déroule en Inde avec entre autres dans la distribution Elsa Zylberstein, Jean Dujardin, Christophe Lambert et Alice Pol. Dans le film l’intrigue tourne autour de deux français, Antoine Abeillard, compositeur de films renommé, et Anna Hamon, ex-prof et femme d’ambassadeur, leur rencontre et leur périple en Inde à la découverte de leur soi intime. Le moment central vers lequel tend tout le film c’est le darshan, l’étreinte que leur donne à tous les deux Amma, une sorte de guru indienne, de son vrai nom Mata Amritanandamayi Dévi, originaire du Kerala. Par cette étreinte tous les noeufs sont dénoués, tous les voeux s’exaucent. Amma, née en 1953 et dont le surnom veut dire maman, est un mythe vivant en Inde avec son éternel sari blanc. Cette prêtresse des câlins, cette sainteté selon certains a la réputation d’apaiser voire de soigner par ces étreintes des millions de personnes à travers ce simple geste d’amour et de compassion toute maternelle.

Son ONG Amrita a pu, grâce aux dons et aux bénévoles internationaux, construire hôpitaux, écoles, services sociaux, orphelinats, dispensaires, centres de formation, mettre en place des micro-crédits et des projets écologiques. Amrita est devenue Embracing the World. Amma est devenue même une poupée qui se vend sous trois formats, mini de 6 cm et 80 grammes, petit de 17 cm et 350 grammes et moyen de 23 cm et 1 kilo, valant respectivement 17€, 45€ et €. Un doudou qui apaise ! Toutes ces poupées sont remplies de fleurs du Dévi Bhava. Sur le site ETW France, vitrine d’Embracing the World en France on peut aussi acquérir des poupées d’autres divinités de la cosmogonie hindoue comme Shiva, Krishna, Devi Bhava, Ganesh, Kali.

Je suis comme Antoine, joué par Jean Dujardin dans le film, de nature profondément sceptique. il ne se pose pas trop de question sur la spiritualité, sur le sacré. C’est un profane. Mais quand sa vie est en jeu il fera lui aussi le voyage  dans les bras d’Amma. Et les miracles de la fertilité pour Elsa et de la guérison pour lui se produiront. J’ai aimé dans ce film les questions existentielles qu’il se pose comme des blagues :

Pourquoi parle-t-on toujours de la vitesse de la lumière et pas de la vitesse de l’obscurité ?

Quand un boomerang décide-t-il  de faire demi-tour  et de revenir ?

Je ne me pose pas de questions sur l’origine de l’homme, je n’ai qu’une certitude c’est qu’après la vie il y a la mort. Et que cette mort soit l’occasion d’une éternelle renaissance vers de nouveaux karmas, d’une descente vers l’enfer, d’un stage au Purgatoire,  d’une ascension vers le Paradis  ou d’une fin définitive en poussière m’importe peu.

Je ne nomme pas Dieu l’inexplicable. Je ne crois pas non plus en l’amour inconditionnel paternel, maternel, filial, fraternel ou divin. Qu’il soit lié à Porneia, à Pathos, à Mania Pathé, à Eros, à Philia, à Storgê, à Harmonia, à Charis, à Eunoia,  ou à Agapé. Je ne crois pas plus au mot inconditionnel. Je ne crois pas en l’énergie et en la lumière divine. J’y suis vraiment insensible. Cela ne veut pas dire que je n’ai aucune spiritualité. Je ne dis pas que pour croire en quelque chose ce quelque chose doit être visible pour les yeux. Je respecte toutes les religions, sauf celles qui veulent me catéchiser. Je souhaite rester impie à jamais. Infidèle. Apostat. Sauvage ! Je l’ai déjà dit. Irréductible à la foi. Je sais qu’elle bouleverse et peut déplacer les montagnes. J’ai la foi, certes. J’ai la foi en Moi.  C’est à moi que je porte un Amour Inconditionnel ! C’est à moi que je fredonne les 108 noms de ma divinité. C’est à moi que j’offre solennellement l’étreinte d’un bonbon et d’une pétale de rose. Je crois au soleil, à la lune, aux étoiles, au vent, à la mer, aux lacs, aux rivières, à la nuit, aux rêves, aux visions, aux coincidences, au hasard, au voyage, à l’échange. Je n’ai aucun dogme car ce en quoi je crois aujourd’hui je peux le haïr demain. Et je serai toujours moi. Je laisse toutefois un espace pour le numineux ! qui sait un jour il prendra racine en moi. C’est le pire que je me souhaite.

Já nasci errado, estar errado é só uma aventura a mais

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Língua é foda meu irmão! Pra se aventurar naquele matagal do intercâmbio entre elas tem que ter uma boa dose de inconsciência. E de plasticidade.

Eu falo seis idiomas. Francês, créole de Guadeloupe, inglês, espanhol, holandês, português. Claro que tem interferências entre espanhol e português. Tanto que ando perdendo meu espanhol para português e que quase não sei me comunicar mais em holandês, língua que já dominei.

Estudei por um ano português na universidade Paris VII. Era apenas para poder viajar a Portugal e entender as letras de Gilberto Gil, Djavan, etc. Quando eu cheguei mesmo no Brasil foi dose. Português de Portugal e português do Brasil não são exatamente a mesma coisa. A língua travava e muito ! Mas com muita garrafa de Brahma, Skol, Pitu, Tatuzinho, e Antartica consegui destravar.

Aprendi muito português pela televisão. A Praça é Nossa com Carlos Alberto. Entender uma piada numa lingua estrangeira é uma delícia ! Já gostava dos bordões como : « se ela me desse bola » de Clementino (Tutuca)

a Escola do Professor Raimundo com Chico Anisio. Adorei os personagens : professor Raimundo Nonato, Dona Bela, Seu Boneco, Dona Cacilda, Joselino Barbacena, Armando Volta, Zé Bonitinho, Seu Batista, Galeão Cumbica, Dona Cândida, Pedro Pedreira, Aldemar Vigário, Dona Capitu, Marina da Glória, Nerso da Capitinga, Rolando Lero, Seu Peru, Catifunda, Baltazar da Rocha, Samuel Blaustein, Bertoldo Brecha, Suppapau Uaçu me ensinaram mais do que o dicionário Aurélio ! Ainda tenho em mente o bordão « ele so pensa naquilo » da Dona Bela.

Aprendi um bocado também sobre a situação política no Brasil e seus usos e costumes com Viva o Gordo de Jô Soares e seus múltiplos personagens : Araponga, Capitão Gay, Domingão, Zezinho, General Gutierrez, Julio Flores, Reizinho, Bô Francinede, Sebastião codinome Pierre, Dona Conceição, Zé da Galera, Dom Casqueta. Também gravei ali o bordão de Sebastião o exilado brasileiro na França que liga para o Brasil e que fala: « Não é possivel. Você não quer que eu volte ». Também fala barbarismos como seje, digue…

Também me formei pela universidade dos Trapalhões : Didi, Dedé, Mussum, Zaka foram ótimos professores.

O Show da Xuxa

Sergio Malendro

Sem Censura com Leda Nagle

Cassino do Chacrinha : Aprendi demais com aquele Velho Guerreiro cujo tema de abertura do programa era assim :

Abelardo Barbosa
Está com tudo e não está prosa

Menino levado da breca
Chacrinha faz chacrinha
Na buzina e discoteca

Ó Terezinha, ó Terezinha
é um barato o cassino do Chacrinha
Ó Terezinha, ó Terezinha
é um barato o cassino do Chacrinha

Vale a pena ver de novo e suas reprises de novelas como Irmãos Coragem, Dona Flor e seus deus maridos, Que rei sou eu, etc

Globo Rural e a música do tema por Almir Sater

Os rádios, o carnaval, a micareta, os cantores inúmeros e suas inúmeras músicas. Haja coração !

A revista Ciência Hoje, A Folha de São Paulo, O Estado de São Paulo, A Tarde, O Correio da Bahia, A Tribuna da Bahia, Feira Hoje, que eu comprava ou lia no Gabinete Português de Leitura em Salvador ou na Biblioteca Estadual de Feira de Santana foi lendo também que fui aprendendo. Também dançando, namorando, comendo, cozinhando, fazendo compras na feira, batendo papo, bebericando, assistindo filmes na cinemateca da Biblioteca Pública dos Barris,

Comprei também muitos livros de poesia brasileira. Tinha uma livraria Civilização Brasileira pertinho de onde eu morava em Salvador. Li muito mas muito mesmo ! Manuel Bandeira, Carlos Drummond de Andrade, Mario Quintana, Cecília Meirelles, João Cabral do Melo, Castro Alves, Gregório de Matos, Vinicius de Morais, Haroldo de Campos e alguns outros mas quem me seduziu mesmo foi Manoel de Barros (1916-2014) e sua « Gramática Expositiva do Chão » (1969) que até hoje me inspira. Eu lembro dele como de um poeta do graveto, da pedrinha, do insignificante, da poeira, quase invisível.

Também mergulhei na literatura de Jorge Amado, Mario de Andrade e seu Macunaima e tantos outros mas adorei foi o cinema de Glauber Rocha e seu Deus e o Diabo na Terra do Sol !

Todos os sobre citados foram meus exímios mestres : cada um fez sua parte sem se preocupar do papel que jogava e fiquei assimilando, assimilando.

Mas quero aqui dissertar um pouco não como linguista e specialista de idiomas francês mas como usuário do idioma português, além do mais o idioma português do Brasil, que não é minha língua materna mas que ficou a língua da madrasta.

Apesar de português e francês terem ambos a mesma matriz latina parece que tiveram pais diferentes. Em realidade são meio-irmãos. Vivem realidades diferentes.

Minha primeira dificulade com minha lingua irmã foi essa : ser e estar. Falaram assim : ser é pra estados ou ações definitivas, estar pra estados ou ações passageiros. E logo percebi que não era bem assim.

Ser casado tem nada a ver com ser doente, e ser apaixonado por música clássica não tem nada a ver com estar apaixonado por Benilde. O português tem uma sabedoria que o francês não tem. Sabe que paixão entre seres humanos não dura mas que paixão por idéias e prazeres é intemporal. Ou pelo menos finge de acreditar. Sou católico, sou crente, sou lulista. A realidade se mostra mais complexa. Alguém pode ter sido de esquerda e depois virar pra direita. Ou mudar de religião. Em francês o verbo ser se traduz por être, verbo auxiliar fundamental da língua francesa : être malade, être marié, être divorcé, être fiancé, être catholique, être protestant, être socialiste, être de droite.

O negócio complica mais ainda com ficar (que em francês se traduz geralmente como rester): ficar gravida, ficar noiva, ficar doente, ficar apaixonado, ficar com dor, ficar com fome, com frio, com calor, com vontade, com sede , com medo, aí o francês fica confuso. As vezes usa tomber (que se traduz normalmente por cair), às vezes usa avoir (ter, haver), outro auxiliar fundamental da língua de Molière. Isso quer dizer que para um francês adoecer, se apaixonar ou engravidar são vividas como quedas:

tomber enceinte, tomber malade, tomber amoureux vs avoir mal, avoir faim, avoir froid, avoir chaud, avoir envie, avoir soif, avoir peur…

Tem momentos que ninguém sabe pra onde correr. Estar errado, ser errado, ser certo, estar certo ! O francês fica em cima do muro e usa avoir: avoir tort, avoir raison.

Você ja nasceu errado , estar errado pra você é so uma aventura a mais ! brinca minha companheira

Haja pegadinhas entre o francês e o português ! Já é difícil imaginar o que é o futuro do subjuntivo. Quando eu for, se você quiser, assim que eu puder, logo que você souber, se não lhe incomodar, se tiver tempo, se for possivel, se Deus quiser para os quais o francês tem duas atitudes. Uma com quand, dès que, aussitôt que e os primos e amigos que chamam o futuro do indicativo : quand tu iras, quand tu voudras, dès que tu pourras, dès que tu sauras. Outra com si que chama neste caso o presente do indicativo: si ça ne te gêne pas, si tu as le temps, si c’est possible, si Dieu le veut.

Até para dizer por favor tem que usar si : s’il te plaît, s’il vous plaît ! (se não te incomodar, se lhe agradar). O si fica embutido no i do il, e este il mesmo não representa ninguém. Se trata de um il impessoal. Haja « politesse » !.

Este negócio de verbo impessoal em francês é meio chato. Il pleut, il neige, il fait chaud, il fait froid, il fait beau, il fait soleil, il fait noir, il fait bon, il fait, il faut.

Está chovendo, está nevando, faz calor, faz frio, faz tempo bom, faz sol, é escuro, faz bom, é preciso. Eita língua machista. O responsavel por todo aquilo é il, o pronome masculino da terceira pessoa do singular mas que pode ser neutro também como nestes inúmeros casos. Quer dizer que em francês o neutro é masculino.

Tudo isso para concordar com a regra que quer que todo verbo conjugado (com a exceçao do imperativo) tenha que ter um subjeto aparento, quando não tem tem que inventar e il é a pessoa então que faz a ação. Um deus ex máquina , provavelmente.

Mas a coisa complica porque tem também ce, que pode se abreviar en c’, pronome demonstrativo neutro, que pode representar este papel.

c’est gentil (é lindo), c’est super (é legal), c’est bon (é gostoso), c’est fantastique (é muito legal), c’est super (é bem legal), c’est moi (sou eu) e a forma generosa de ce c’est ça.

c’est quoi, ça. (O que é isso), ça va (ta indo), ça marche (tudo bem), ça caille (faz frio, ta pelando),

O português é como o inglês: tem acento tônico chato por toda parte. O francês em relação é bem simples, sempre na última sílaba. Mas primeiro pra identificar a última sílaba tem que eliminar toda sílaba que termina com e. Exemplo lune tem apenas uma sílaba oral apesar de ter duas sílabas gráficas. Indispensable se pronuncia in-dis-pen-sable e se presta bem atenção muita gente nem fala o fonema l final. Isso tem nada a ver com o português onde toda sílaba é pronunciada. Que alívio. Não é como em francês quando você nunca sabe se pode se pronunciar a consoante final

un pas, un cas, des tracas, compas, repas não se pronuncia o s final

Na palavra un os (osso) , fala-se o s final, na palavra dos (costas), não fala mas no plural os, a mesma palavra escrita se pronuncia sem o s final.

oeuf (ovo), boeuf (boi) no singular ouve se o som f . No plural desaparece este f e muda o som do eu que vem a soar como deux !

Mas o português do brasil tem suas chatices. Os r de rua, roer, e o rato roeu o rabo do rei de roma (foi assim que aprendi na marra esse trava-línguas, agora voltando atrás seria melhor roer a coroa, ou o coração, a cara, o couro, o rim, o trono, o carro, pior ainda o carro caro). O r brasileiro foi minha principal tortura. E até depois de mais de 30 anos de prática do idioma chego a tremer cada vez que eu peço suco de laranja. Mas não desanimo. Um dia chego lá ! No topo do morro morrerei dançando forró com minha eterna namorada segurando ela carinhosamente como uma garrafinha de suco de laranja!

O negócio complicado, quer dizer o mais complicado dois ainda muitos complicados, é como no caso do inglês onde colocar o acento tônico. Tem oxitonas, paroxitonas, proparoxitonas e sei lá quantos mais tonas. Deus é mais ! E como em inglês tem a regra e as exceções que confirmam a regra. Eu duvido se fala assim insistindo na sílaba vi mas não precisa de acento para materializar o acento tônico. Mas tenho minhas dúvidas, preciso mudar o stress para a primeira sílaba. Isso eu internalizei à força de ouvir ou de levar porrada.

Demorei para entender a diferença entre o o aberto de avo (grand-mère) et o o fechado de avô (grand père) e ainda hoje não sinto a diferença. Já me explicaram várias vezes a acentuação gráfica mas meu ouvido parece que fica surdo em entender as diferenças entre carne de boi e um motoboy. Não sei mas se falo certo falando oi pelo cual uso o oi do inglês voice. Eu já internalizei que ou se fala o como o moto, loto, bobo francês e não como o o com acento dos coto, bobo brasileiros. Mas toda palavra que tem a mesma grafia em português que em francês posa problema . Eu sei que moto não se fala moto como en francês, igual para loto, bobo de camarão, alho porro não se fala como poireau, já sei,

a que hora é ? que horas são ? São nove horas, é uma hora. Minha tendência, ja que em francês so se fala il est cinq heures, il est midi, é de usar em português sempre são para não me complicar. Já me falaram tanto que é que horas são, já ouvi muito que hora é essa mas o cérebro insiste em dizer são uma hora! Barbarismo feio, né !

Eu assim falo são uma hora e sou (ou estou) errado. Erradissimo ! Principalmente para alguém que passou mais de 15 anos no Brasil convivendo com brasileiros hà mais de 30 anos ! Posso falar com toda sem vergonhice é quatro da manha. Em vez do certo e legítimo : são quatro da manha. Até eu fico me perdendo. Agora é comum ouvir essa coisa errada entre brasileiros. Alivia um pouco a dor mas não sara a raiva ! é isso que me complica ainda mais ainda. Bem sei que ser comum não quer dizer ser correto. Mas quero comunicar.

Já sei que que nem não é muito bom mas ja ouvi falar tanto que virou minha maneira de ser baiano.

Usando palavras ou expressões como eita, Deus é mais, é foda, porra, né, ta, veja bem, digai, ta vendo, da pra entender, sacou ?, caiu minha ficha, vixe, opaio,

Tinha muitas dificuldades em entender a diferença entre aqui, cá, la , ali e aí. Porque em francês apesar de ter ici et (là-bas) não tem lugares intermediários bem definidos. ici quer dizer aqui e quer dizer lá. Em princípio. Na realidade pouco importa a distança, geralmente a palavra utilizada vai ser lá.

Exemplo: alguém bate na porta. Vou até a porta e vou falar: qui est là ? e a pessoa fica talvez a 20 centimetros da porta.

Se eu entendi bem a gradação brasileira vai de aqui, aí, ali, lá. Para entender cá tem que utilizar a expressao lá e cá. vem cá ! Só que até agora não entendi a diferença entre vem cá e vem aí ou vem aqui. Mas gosto demais de usar vem cá. Em francês poderia se traduzir por perifrase viens voir, viens ici, viens là, pouco importa. De lá pra cá eu usaria em relação ao tempo. Entre 1986 que foi minha vez no Brasil e agora 2018, de lá pra cá, muita coisa mudou là como cá ! No Brasil como na França.

Houve um tempo que o povo falava Lula là ! agora fala Lula pra aqui Lula pra lá, Lula pra cá, Lula ali, Lula aí ! Um dia chego lá !

Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage

Et même le renard le dit au petit prince : si tu veux un ami il faut l’apprivoiser et pour apprivoiser il faut être patient. Et vlan !

Je ne suis pas ce qu’on pourrait appeler un puits de patience. Je ne crois pas trop aux proverbes mais je crois beaucoup à celui-ci qui n’encourage pas à la patience. C’est un véritable éloge de l’impatience.

Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras.

Bien mieux que :

Patience et longueur de temps font plus que force et rage.

Dans patience il y a le mot attente et dans le mot attente je vois la salle ‘attente où se traînent les patients perclus par le doute. Je ne crois en aucune certitude. Je me crée des certitudes passagères qui me permettent d’avancer. Mon univers est toujours en expansion. Je place toujours une limite à mes attentes. Attendre vitam aeternam, trop peu pour moi. Atteindre le but de l’attente n’est pas toujours chose facile. Dans la salle d’attente, je suis patient, je dépends. Car être patient c’est souffrir, endurer, supporter, pâtir. Certains en éprouvent une jouissance toute mystique. L’attente du Messie ! l’attente du Jugement Dernier ! L’attente du médicament miracle !Je ne crois pas aux châtiments. Je ne crois pas aux supplices !

en philosophie il ya l’agent et le patient. Permettez que je choisisse l’action à la passivité.

Par ailleurs patient qui vient en latin du participe passé du verbe  pati (souffrir, supporter, endurer)  n’a rien à envier à  à Passion qui a exactement la même origine linguistique. Penser à la Passion du christ, tenez, qui commence demain Vendredi-Saint.. Patient et Passion même combat masochiste ?! ah non patience ou passion on en pâtis tout autant !

Je pense que la patience donne la fausse assurance d’un confort intellectuel. Je prends mon temps, se it-on ! . Tout va se réaliser un jour. Laissons faire la nature, Laissons faire le temps. Moi je préfère brusquer le temps, narguer la nature, titiller les heures. Défier l’interdit. Je me fixe des limites, toujours. Je me fixe des plans. Autrefois ils étaient de 5 ans. Maintenant je me donne chaque année un plan d’action. un plan de vie, un plan d’attaque. Ne pas subir, enfin le moins possible. Etre mon propre fer de lance ! Interroger mon instinct. L’apprivoiser. Oui si j’ai de la patience c’est avec mon instinct qui ne m’a jamais desservi. Je revendique cette impatience, ce droit à l’impatience au sens anglais de eager, eagerness comme dans le film Les corps impatients (Xavier Gianolli, 2003) Eager bodies en anglais qui suit justement une patiente atteinte du cancer  il y a le désir, l’appétit, la voracité, l’enthousiasme de l’impatience, l’avidité, le désir. L’envie. L’émerveillement ! Eager to learn, eager to please, eager to help, eager to work, eager to know.   On sent la soif, on sent la faim ! On sent la tension  vers l’objet !Le contraire de l’impatience c’est la résignation, l’accommodement. Etre impatient c’est se faire violence et faire fi des conventions pour que les chasses aux papillons ne cessent pas du jour au lendemain. C’est une négociation permanente avec soi et les autres avec les maladies, les nuisibles, les courants d’air et autres parasites

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Je viens de voir effaré qu’il y a 81 proverbes de par le monde qui parlent de patience. En fait je n’en ai comptabilisé que 75. J’ai eu la patience de faire les couper-coller et de les mettre en forme. Pas si impatient que ça finalement. : eh oui pour écrire il faut quand même un chouia de patience et ne pas se fâcher à chaque quart de seconde avec la feuille blanche ou l’écran….

Les 75 proverbes, adages et dictons autour du maître mot patience : lisez-les tous si vous êtes patients. Moi je les ai survolés !

1 On connaît l’humilité d’un homme dans son élévation, et sa patience dans l’adversité.
Proverbe danois ; Les proverbes et dictons du Danemark (1956)

 

2 Lorsque tu as entrepris quelque chose, prends patience.
Proverbe arabe ; Le dictionnaire des proverbes et dictons arabes (1980)

 

3 Avec de la paille et du temps, les nèfles blettissent.
Proverbe breton ; Dictons, maximes et proverbes bretons (2001)

 

4 À force de temps je t’aurai, disait le chêne à la citrouille.
Proverbe provençal ; Dictons d’oc et proverbes de Provence (1965)

 

5 Patience laissa brûler sa maison.
Proverbe français ; Les proverbes et dictons communs (1611)

 

6 Qui a patience a paradis.
Proverbe français ; Les proverbes et dictons communs (1611)

 

7 Patience, médecine de pauvre.
Proverbe provençal ; Dictons d’oc et proverbes de Provence (1965)

 

8 La patience conduit au salut, la précipitation court au malheur.
Proverbe turc ; Mille et un proverbes turcs (1878)

 

9 La patience mène à bien, la précipitation à rien.
Proverbe turc ; Les proverbes et dictons de la Turquie (1956)

 

10 Tout mal guérit par patience.
Proverbe français ; Dictionnaire des sentences et proverbes français (1892)

 

11 Un bon cœur penche vers l’indulgence, un cœur étroit ne dépasse pas la patience.
Proverbe chinois ; Le livre de la sagesse chinoise (1876)

 

12 La patience est une médecine de la vie.
Proverbe allemand ; Dictionnaire des proverbes et dictons allemands (1980)

 

13 La patience est le bouclier de l’âme.
Proverbe allemand ; Proverbes allemands traduits en français (1876)

 

14 Les gouttes d’eau creusent à la longue le rocher sur lequel elles tombent.
Proverbe allemand ; Dictionnaire des proverbes et dictons allemands (1980)

 

15 La patience donne la bienveillance et pardonne toutes les fautes (dettes).
Proverbe allemand ; Dictionnaire des proverbes et dictons allemands (1980)

 

16 Avec de la patience, point de malheur, et avec de la tristesse, aucun avantage.
Proverbe arabe ; Les proverbes du peuple arabe (1803)

 

17 La patience dévore le diable.
Proverbe allemand ; Dictionnaire des proverbes et dictons allemands (1980)

 

18 À la patience on reconnaît l’homme.
Proverbe allemand ; Proverbes allemands traduits en français (1876)

 

19 Prends patience, tu verras des miracles.
Proverbe allemand ; Dictionnaire des proverbes et dictons allemands (1980)

 

20 La patience et quelques cris, sont les meilleurs remèdes.
Proverbe allemand ; Dictionnaire des proverbes et dictons allemands (1980)

 

21 La patience donne le courage, le courage enfante l’espérance, et l’espérance ne laisse pas tomber dans la honte.
Proverbe allemand ; Dictionnaire des proverbes et dictons allemands (1980)

 

22 La victoire de la patience seule est solide.
Proverbe allemand ; Dictionnaire des proverbes et dictons allemands (1980)

 

23 À qui Dieu donne une femme, il lui donne aussi la patience.
Proverbe allemand ; Proverbes et dictons allemands (1828)

 

24 Peu à peu, la laine se transforme en tapis.
Proverbe persan ; Dictionnaire des proverbes et dictons persans (1980)

 

25 Petit à petit fuseau fait fil.
Proverbe breton ; Dictionnaire des proverbes et dictons bretons (1980)

 

26 La patience poussée à bout se change en fureur.
Proverbe français ; Recueil d’apophtegmes et axiomes (1855)

 

27 L’oiseau pris dans les filets doit prendre patience.
Proverbe indien ; Les proverbes en hindi (1988)

 

28 Qui veut durer et avoir le dessus, doit posséder patience et vertu.
Proverbe français ; Recueil d’apophtegmes et axiomes (1855)

 

29 La patience est la force des faibles.
Proverbe français ; Dictionnaire des proverbes français (1749)

 

30 La souffrance transige avec la patience.
Proverbe français ; Dictionnaire des proverbes français (1749)

 

31 La patience est l’art d’espérer dans les maux.
Proverbe français ; Dictionnaire des proverbes français (1749)

 

32 Pour un procès il faut trois sacs : sac de papier, sac d’argent, sac de patience.
Proverbe français ; Recueil d’apophtegmes et axiomes (1855)

 

33 Qui ne se lasse point vient à bout de tout.
Proverbe espagnol ; Maximes et sentences espagnoles (1859)

 

34 La patience et le silence sont les meilleurs remèdes contre la colère.
Proverbe danois ; Dictionnaire des proverbes danois (1757)

 

35 Petit à petit le raisin devient sucré.
Proverbe grec ; Maximes de la Grèce antique (1855)

 

36 La patience adoucit les maux qu’on ne saurait guérir.
Proverbe latin ; Proverbes et dictons latins (1757)

 

37 Quelques malheurs qui nous arrivent, le courage et la patience nous les feront surmonter.
Proverbe latin ; Proverbes et dictons latins (1757)

 

38 Le temps et la patience adoucissent les plus cruelles blessures.
Proverbe polonais ; Trésor des proverbes polonais (2005)

 

39 La science s’acquiert avec la patience.
Proverbe italien ; Proverbes et dictons italiens (1894)

 

40 La patience s’acquiert avec l’expérience.
Proverbe italien ; Proverbes et dictons italiens (1894)

 

41 La patience apporte des roses.
Proverbe tchèque ; Recueil de proverbes tchèques (1937)

 

42 C’est le fait du démon de se hâter, et celui de l’homme de savoir patienter.
Proverbe turc ; Mille et un proverbes turcs (1878)

 

43 Avec du zèle et de la patience un rat troue une planche.
Proverbe turc ; Mille et un proverbes turcs (1878)

 

44 À force de frotter, la corde casse la pierre.
Proverbe kényan ; Le proverbe kiswahili du Kénya (1993)

 

45 Une petite hache coupe un gros morceau de bois.
Proverbe guadeloupéen ; Recueil de proverbes créoles (1877)

 

46 Lorsque tu combattras par la patience, tu seras victorieux.
Proverbe arabe ; Les proverbes de Meïdani (1828)

 

47 La patience adoucit les maux qu’on ne saurait guérir.
Proverbe latin ; Proverbes et sentences latines (1825)

 

48 Tout Européen qui vient en Inde gagne de la patience, s’il n’en a pas ; et il la perd, s’il en a.
Proverbe indien ; Les proverbes en hindi (1988)

 

49 La patience est un remède universel à tous les maux.
Proverbe nigérian ; Proverbes du Nigeria (1956)

 

50 Une calebasse de vin se remplit goutte par goutte.
Proverbe nigérian ; Le pays igbo du Nigéria (2010)

51 La patience engendre la richesse.
Proverbe touareg ; Proverbes des Touaregs Kel-Adagh (2010)

 

52 La goutte incessante creuse la pierre.
Proverbe libanais ; Mille et un proverbes libanais (1968)

 

53 La patience aplanit les montagnes.
Proverbe libanais ; Mille et un proverbes libanais (1968)

 

54 Le temps est la clef de tout.
Proverbe africain ; Pensées africaines (2004)

 

55 Avec de la patience, le raisin finit par devenir sucré.
Proverbe kurde ; Les proverbes du Kurdistan (1936)

 

56 La patience est un remède à tous maux.
Proverbe russe ; Proverbes de la Russie (1956)

 

57 La patience est une herbe qui ne se trouve que dans le jardin des capucins.
Proverbe flamand ; Dictionnaire des proverbes flamands (1863)

 

58 La patience est amère, mais elle devient douce avec le temps.
Proverbe libyen ; Proverbes de la Libye (1956)

 

59 Il faut vaincre par la digne patience ceux qui vous offensent par orgueil.
Proverbe tamoul ; Le Koural – VIe siècle.

 

60 La patience vaut mieux que trop de bravoure.
Proverbe espagnol ; Maximes et sentences espagnoles (1859)

 

61 Avec du temps et de la patience on vient à bout de tout.
Proverbe espagnol ; Proverbes et locutions espagnoles (1835)

 

62 La patience édifie, l’impatience renverse.
Proverbe danois ; Dictionnaire des proverbes danois (1757)

 

63 Qui manque de patience manque de sagesse.
Proverbe danois ; Dictionnaire des proverbes danois (1757)

 

64 On ne peut pas sevrer un bébé en un jour.
Proverbe américain ; Recueil de proverbes américains (1964)

 

65 La patience rend tout homme maître.
Proverbe italien ; Proverbes et sentences italiennes (1876)

 

66 La patience d’un cœur est en proportion de sa grandeur.
Proverbe arabe ; Proverbes et locutions arabes (1835)

 

67 Si tu es enclume, prends patience ; si tu es marteau, frappe fort.
Proverbe turc ; Proverbes de la Turquie (1956)

 

68 La patience et la détermination conquièrent tout.
Proverbe américain ; Proverbes et dictons américains (1876)

 

69 La patience est un remède à toutes les afflictions.
Proverbe en latin ; Proverbes en latin (1757)

 

70 Il n’est point d’affaire, avec de la patience, dont on ne puisse venir à bout.
Proverbe turc ; Proverbes de la Turquie (1956)

 

71 La patience est une herbe qui ne pousse point dans tous les jardins.
Proverbe espagnol ; Proverbes et locutions espagnoles (1835)

 

72 L’enfant ne devient pas homme en un jour.
Proverbe zaïrois ; Proverbes et dictons zaïrois (1994)

 

73 Les termites disent : Petit à petit, cela s’amoncelle.
Proverbe camerounais ; Proverbes bamouns du Cameroun (1976)

 

74 La patience vaut mieux que la hâte, et cela en toute chose.
Proverbe malgache ; Les proverbes malgaches (1915)

 

75 La patience ne connaît pas le temps.
Proverbe sénégalais ; Proverbes et dictons sénégalais (1976)

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Le Bumidom dream

Le Bumidom Dream c’est le rêve américain à la sauce tamarin citron ! Pas de caravanes, pas de diligences, pas de saloons, pas de shérifs, pas de bourbon, pas de Billy the Kid, pas de ruée vers l’or, pas de Californie ni de Texas mythique! La ruée vers l’Est vers un monde meilleur de vin, de neige et de camembert eut comme destination un nouvel Eldorado appelé Paris, ville lumière ! Paris Tour Eiffel !

Dès 1963 par la grâce de Michel Debré, premier ministre, député de la Réunion, et son arrêté du 26 avril 1963 paru dans le JO du 7 juin 1963 le Bureau pour le Développement des Migrations dans les Départements d’Outre-Mer (société d’état) organise minutieusement le départ de la grande migration qui va 17 ans après la départementalisation du 19 mars 1946 tenter de résoudre les problèmes de surpopulation et de chômage rencontrés sur Guadeloupe, Martinique et Réunion. Tout cela a lieu dans le cadre d’un contexte international révolutionnaire. Fidel Castro prend le pouvoir à Cuba en 1959. Madagascar devient indépendant en 1960. l’Algérie en 1962.

En 1981 le gouvernement socialiste rebaptise le Bumidom ANT (Agence Nationale pour l’Insertion et la Protection des Travailleurs d’Outre-Mer) qui devient elle-même en 1992 LADOM, l’Agence de l’Outre-mer pour la Mobilité (désormais investie dans le Passeport Mobilité, le Passeport Mobilité Etudes et l’Aide à la Continuité Territoriale dans les DOM).

De 1963 à 1981 16562 migrants, pour la plupart sans formation, âgés entre 18 et 35 ans, après une visite médicale et un test d’évaluation où il n’y avait pas de recalés, ont quitté Karukéra, son rhum, son carnaval et ses belles eaux tandis que 16580 migrants ont quitté les rives de Madiana l’ensorceleuse canne à sucre! Quant à la Réunion ce sera le double, 37473 migrants ayant abandonné leur île et leur poisson en cari sauce au combava. Munis pour seul viatique d’un aller simple en bananier transatlantique ou en avion vers la mère-métropole et une place en foyer assortie d’une promesse d’emploi ou de formation généralement subalterne on fit à ces jeunes gens issus de familles nombreuses miroiter vie en rose, gai Paris, foie gras, retour tous les 5 ans, champagne, logement et vie meilleure ! L’Emigration-Debré, tout au service des Trente Glorieuses ! Vu ainsi on pourrait dire que la saignée ne fut pas si terrible que ça ! C’est oublier ceux qui partaient pour faire leurs études, ceux qui partaient faire leur service militaire, ceux nombreux qui partaient avec leurs propres moyens vers leur Eldorado européen pour un aller sans retour.

D’abord migration de travail pour travailler dans les administrations comme la Poste, l’assistance publique, les prisons, la police, l’éducation nationale, les ministères, l’Armée Simca-Chrisler, EDF-GDF, Renault, Peugeot mais aussi des emplois subalternes comme aides ménagères, mécaniciens, ouvriers en bâtiment à partir de 1970 par le biais du regroupement familial la migration devient de peuplement. Ah qu’il fleurait bon être fonctionnaire en ces temps bénis de croissance-là ! C’était la garantie de congés bonifiés tous les 5 ans pour revoir la famille restée au pays et ouvrir toutes grandes ses ailes de paon devant la société ébaubie.

Il en a résulté malgré tout un certain déracinement familial et culturel, un certain désenchantement après plus 50 ans de lutte pour une insertion sociale qui même si elle a eu de bons effets pour certains a selon moi participé d’un colonialisme anba roche, un colonialisme larvé qui ne disait pas son nom et avançait masqué. Les résultats sont contrastés. Ce sont les forces vives qui sont parties pour revenir parfois au bout du chemin de l’exil une fois la retraite venue avec au fond du coeur un rêve antillais encore plus fragile que ne l’était le rêve français. Car en Guadeloupe comme en Martinique comme à la Réunion malgré les universités, les hôpitaux, la qualité de vie, la CAF, le RSA, la Sécu, l’environnement privilégiés les jeunes continuent de lorgner vers la mère-patrie tandis que la population locale vieillit. Certains mouvements indépendantistes ont même qualifié l’opération de génocide par substitution, voire de traite silencieuse !

Pour ma part je pense que cette navette entre imaginaires a forgé un nouvel imaginaire chez les descendants de ces rêveurs de bumidomiens et post bumidomiens qui se sont empreints chemin faisant d’une nouvelle richesse culturelle, l’Eldorado invisible du Tout-Monde. C’est cet Eldorado selon moi qui malgré les chemins tortueux meut les jeunes et les moins jeunes d’aujourd’hui. Le Tout-Monde ! La conscience prégnante de sa multiplicité et en même temps de son unicité racinaire, rhizomique.

L’Emigration Antillaise en France , Alain Anselin, Christian Montbrun, Editions Anthropos

L’Emigration travailleuse guadeloupéenne en France, AGEG, Association Générale des Etudiants guadeloupéens, L’Harmattan

Utopies du BUMIDOM: construire l’avenir dans un « là-bas » poscontact, Anny Dominique Curtius, French Forum, 2010, Vol 35(2), pp 135-155

La traite silencieuse, les émigrés des départements d’outre-mer, IDOC, 1975, 145 pages

Documentaire de Jackie Bastide: Le Bumidom, des français venus d’outre-mer

Le téléfilm en deux parties de 90 minutes Le Rêve français de Christian Faure avec Yann Gaël, Aïssa Maïga, Samuel Etifier, Firmine Richard, Laurence Joseph, Jocelyne Béroard, Ambroise Michel raconte la saga entre leur île d’origine et la France Hexagonale de deux familles: la famille RENIA et la famille TRESOR, deux familles qui existent réellement aux Antilles et à la Réunion.

Sexe, paradis et interjections

Au summum du plaisir croyants comme incroyants, athées comme agnostiques, pratiquants comme non pratiquants ont à leur disposition dans toutes les cultures pour leurs soupirs, gémissements, râles et autres chuchotements toute une gamme d’interjections lubriques pour se signifier à soi entre spasmes et couinements subtils comme à leur partenaire qu’ils atteignent le paroxysme du plaisir. Il n’y a pas que les hummmmmmm, les ouille ouille ouille, les aïe aïe aïe, les oh oui, les ah, les woye, les waye créoles. Il n’y a pas que les lekker hollandais, les que rico espagnols, les ik kom klaar hollandais encore, les kwa kwa kwa des Indiens Matis d’Amazoni ou les ino ino ino (jaguar jaguar jaguar) de leurs voisins les Indiens Marubo. La panoplie est bien plus large pour évoquer cet instant flottant entre souffrance et plaisir. On invoque souvent alors à l’heure de l’orgasme des divinités, des prophètes, des saints et des saintes. On peut même jouir en latin comme dans une prière par un Gloria, un Hosanna ou un Alléluia.

Que celui qui n’a jamais murmuré bondyéségné ou oh mon dieu au moment de l’extase me jette la première pierre. Oh Doux Jésus peut gémir celle en qui on vient de faire rugir le petit Jésus dans la crèche. Sainte Vierge ! Ces figures tutélaires assaillent l’âme de celui qui jouit et qui sait que jouir est une petite mort et qu’avant de mourir il faut invariablement payer son tribut aux esprits. Nul ne peut avoir accès à ces mini paradis sur terre sans ces mots émis en plein vertige des sens. Jésus Marie Joseph crie l’un succombant presque sous les coups de boutoir des stimuli. C’est la même extase que celle de sainte Thérèse de Jésus sur la statue de marbre de Bernin (Gian Lorenzo Bernini) (1654) et celle de Marie Madeleine en extase au pied de la Croix de Guido Reni! C’est la même communion charnelle qui est proposée à travers l’ostie -chair et sang.

Que dit sainte Thérèse quand elle raconte son moment d’extase, appelé transverbération, moment où elle se fait transpercer par la lance bouillonnant de feu d’un ange chérubin et où la douleur et la mort confinent au plaisir:

« J’ai vu dans sa main une longue lance d’or, à la pointe de laquelle on aurait cru qu’il y avait un petit feu. Il m’a semblé qu’on la faisait entrer de temps en temps dans mon cœur et qu’elle me perçait jusqu’au fond des entrailles; quand il l’a retirée, il m’a semblé qu’elle les retirait aussi et me laissait toute en feu avec un grand amour de Dieu. La douleur était si grande qu’elle me faisait gémir; et pourtant la douceur de cette douleur excessive était telle, qu’il m’était impossible de vouloir en être débarrassée. L’âme n’est satisfaite en un tel moment que par Dieu et lui seul. La douleur n’est pas physique, mais spirituelle, même si le corps y a sa part. C’est une si douce caresse d’amour qui se fait alors entre l’âme et Dieu, que je prie Dieu dans Sa bonté de la faire éprouver à celui qui peut croire que je mens. ».

Mais d’où nous viennent ces spasmes de Sainte mystique. Comment cette extase, cette illumination, cette rencontré spirituelle, cette expérience numineuse se fait-elle chair et vocabulaire à travers les interjections ?

Ah interjections sans vous le coït serait océan de tristesse. Comment pourrions-nous autrement par le verbe partager l’émotion de la chair ? Parfois on manipule bien évidemment . On dit chéri ou chérie ou mon amour mais ce ne sont que des succédanés de chérubin comme ohmygosh est un succédané de oh my God.

Les interjections dites égophoriques ou endopathiques – telles que les décrit l’anthropologue Philippe Erikson dans le récent numéro 67 de la revue anthropologique Terrain consacré à la jouissance et intitulé Jouir? – sont selon moi des manifestations orales ancrées dans notre inconscient collectif aux frontières duquel la mort et la souffrance se livrent un duel arbitré par le désir inné de recherche du plaisir et de survie.

#Balance ton Porgy, Bess !

Importune-moi, Madame Bess.  Joue-moi  aux dés pipés ! Sept, onze. Je sens monter en moi la sève de la chance. Ne me laisse pas tout seul ramer dans la bauge de l’île Kittiwah avec mon groin, ma queue en tire-bouchon et mes gros sabots fendus et boueux.  Balance-moi, avec cariole et chèvre vers le Jugement Dernier. Vire-moi de ma cariole. Delivre-Moi.  Porgy adore les escarpolettes. Touche-moi. Caresse ma soie. Je suis Haram, tu sais même  si je suis baryton basse. Tout comme les gloussements lubriques de gorets et de truies que je tarde encore à enfanter dans cet océan de rhum. Haram. Mais je suis un porc sauvage, un sanglier. Je n’ai rien d’ordinaire, rien de domestique. Je suis un estropié et un mendiant. Egorge-Moi.  Pends-moi haut et court en haut du gibet, découenne-moi, écorche-moi comme il sied aux matadores, flambe-moi et rôtis-moi à la broche après m’avoir assaisonné de fiel et jeté en pâture aux bancs de poissons noirs et aux crabes du diable qu’ils fassent en meute curée de ma chair.  A déguster sans modération avec du manioc, du fruit à pain et des bananes vertes rôties. It ain’t necessarily so !

Je ne suis ni gibier d’eau ni gibier à plumes. Seulement ton Porgy ! Balance donc ton Porgy ! A toi affectueusement. Ton Porgy

PS: Lis ça et dis mois ce que tu en penses:

  http://www.liberation.fr/france/2018/01/12/un-porc-tu-nais_1621913

le guru, celui qui dissipe l’obscurité

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L’Inde a depuis le 9 novembre 2014 un ministère appelé AYUSH : Minister of Ayurveda, Yoga and Naturopathy, Unani, Siddha and Homeopathy. Pour être donc précis ce que l’on a coutume de raccourcir  depuis en Occident sous le vocable de  ministère du yoga est aussi en charge de l’ayurved, de l’unani et du siddha, en d’autres mots, les médecines traditionnelles indiennes. L’homéopathie et la naturopathie font aussi partie de ses prérogatives.

Hier matin j’ai participé à une matinée d’initiation au yoga organisée à Kani Keli, Mayotte. Il y avait douze participants. Le yoga m’a toujours rebuté à cause des postures, et plus particulièrement parce qu’il faut souvent s’asseoir en tailleur, performance que je n’ai jamais réussi à faire. M’asseoir en mode tailleur a toujours été pénible pour moi depuis les cours de gymnastique au lycée Lakanal à la fin des années 60. J’ai toujours admiré secrètement ceux qui arrivaient ainsi à caser leurs genoux alors que moi cela n’a jamais été une position de repos mais plutôt un calvaire. Je sais qu’il y a des stratagèmes pour résoudre mon incapacité et m’asseoir en toute quiétude. En vain  ai-je essayé ! J’en ai déduit que j’avais de gros genoux, de grosses cuisses et que donc physiquement j’étais limité pour le yoga et bien mieux charpenté pour la danse.

En plus le yoga, je l’assimile à la religion, le bouddhisme, l’hindouisme, le brahmanisme, j’ai entendu parler de certains dieux, je sais que ce sont des religions polythéistes avec tout un panthéon de dieux et de déesses, j’ai entendu parler de Shiva, de Brahma, de Krishna, de Rama mais j’ai du mal à appréhender tout le contenu car je ne vis pas en Inde.   Mais après avoir vécu quinze ans au Brésil où j’ai pu peu ou prou comprendre l’architecture syncrétique brésilienne et l’articulation entre orixas (esprits) et autres croyances monothéistes  je ne crois pas que j’aurai du mal à cerner les particularités des religions en place. Ce que j’en sais c’est ce que j’ai pu saisir par ce que j’ai pu en voir à travers la pratique d’amis à travers le temps: la pratique de la méditation, les parfums d’encens, un petit autel pour les ancêtres, une sorte d’ascèse, la solitude, les mantras qu’on répète sans cesse, les soutras qui sont des aphorismes. J’ai fréquenté aussi il y a fort longtemps à Amsterdam Hare Krishna et leurs robes orange, leurs cranes rasés, leurs chants psalmodiés, le son des cymbales, leurs nourritures végétariennes. il y a aussi pèle-mêle l’ayurveda, la médecine indienne traditionnelle qui divise notre corps en chakras. Il y a le Gange ! Il y a l’amour tantrique, l’amour lent qui confine l’acte sexuel total, qui unit le tout aux parties, au divin. il y a le rajah, le maharajah, les castes supérieures, les castes inférieures, les Intouchables, les devadasi, les prostituées des dieux, Calcutta, New Delhi et Ravi Shankar et son sitar ! Il ya le Mahatma Gandhi et sa non violence. Il y a l’oeil de Shiva et le kamasutra. Il y a le nirvana, il y a le parinirvana ! Il ya le Maharathoustra ! Et enfin last but not least il y a le colombo !

Dans le flot des images que secrète en moi le mot yoga il y a aussi à tort ou à raison le fakir qui marche sur les clous ou sur les braises chaudes, le bonze chinois et son gong, mais il y a surtout l’idée qu’il n’y a pas de yoga sans guru, il n’y a pas de guru sans disciple. Il n »y a pas de disciple si celui-ci ne se rend pas à son guru, s’il ne lâche pas prise, s’il ne s’abandonne pas à l’obéissance condition sine qua non de l’initiation. Et ainsi va le monde du yoga depuis 7000 ans.

J’ai déjà participé à une séance de yoga sur un week-end entier avec une amie il y a de cela plus de trente ans.

J’arrivais donc avec un passé, un passif à mon actif en ce treize janvier de l’an de grâce deux mille dix-huit!

Sauf que voila. Cette séance yoga était nommée yoga sur chaise. Je ne pouvais pas me débiner, comme d’habitude. En plus le prix 10 € pour environ 3 heures d’activité était séduisant. D’autant plus que je m’ennuie fermement à Mamoudzou le samedi alors j’y suis allé puisqu’en plus j’avais un chauffeur, S., collègue de travail, et elle férue de yoga et de sports de combats.

Je me présente à l’heure dite avec ma bedaine conscient que je serai le ventre le plus proéminent de l’assemblée. Au départ il n’y a qu’un homme, C. prof de yoga lui aussi,  probablement doté de tablettes de chocolat à faire mourir d’envie un comateux. Mais heureusement qu’arrive au dernier moment celui qu’on appelle Monsieur Anicet. C’est un mahorais. Il invite la conférencière à venir donner des cours dans sa madrassa. Sa bedaine même si elle est un peu moins proéminente que la mienne me permet de mieux respirer ! Ouf ! L’union fait la force. Je le lui dis. Il me dit relativiser son état actuel car il n’a pas nagé récemment mais qu’il suffit qu’il nage une heure pour retrouver son corps d’athlète. Ah encore un autre qui me tue à petit feu, car moi je ne sais pas nager. Ce monde est injuste. Ah si le yoga pouvait se faire dans une piscine et qu’on pouvait en ressortir en nageant au bout d’une heure ou deux, je ferais tous les sacrifices du monde. Même au bout de six mois, je tenterais l’expérience. Qui ne tente rien n’a rien ! ! J’accepterais même, ohmygosh, de devenir le disciple d’un guru !

Pour commencer je vous présente la prof de yoga, notre guru, notre yogini du jour, A., d’origine bordelaise, prof d’espagnol de son état mais aussi prof de fle, comme moi-même et désormais chargée de mission au CASNAV ( en charge de la scolarisation de ceux qu’on appelle sobrement les élèves nouveaux arrivants non francophones mais qu’ici on appelle les enfants de migrants quand on est gentil et les enfants voisins quand on est méchant). A. est arrivée le 10 août à Mayotte me dira-t- elle plus tard ! Moi le 11. Elle a vécu et enseigné entre autres pays en Inde, à Maurice, à Moroni (aux Comores). Elle est jeune, mince, séduisante. Je pense que sa photo sur Facebook ne lui fait pas honneur. Peut-être n’est-elle pas photogénique ?! La lumière ne se commande pas ! Ou peut-être veut-elle cacher la beauté qui l’habite ! Qui sait ! Celle qui dissipe l’obscurité de l’autre perd peut être un peu de sa lumière dans le processus !

A. nous demande de faire un brainstorming sur le mot yoga, elle utilise d’ailleurs un joli mot que je vois pour la première fois pour décrire cette activité qu’on a coutume d’appeler remue-méninges, elle nous propose de participer à une pluie d’idées, joli mot ! Qu’ évoque en nous le mot yoga ? non sans nous avoir donné tout d’abord sa définition du yoga selon Patanjali: un arrêt des modifications de l’esprit. Certains évoquent la méditation, d’autres une philosophie de vie, un autre, un mahorais, le seul du groupe la prière, une autre la concentration, une autre les postures; une autre une paix intérieure Moi je ne dis rien car j’aime être exhaustif et je voudrais dire tout ce que je viens de dire sans me censurer. Mais une idée me vient suscitée par sa définition sommaire : je fais du yoga quand je m’endors, je fais du yoga quand j’écris, quand je me concentre et que je laisse aller ma plume sur le clavier de mon ordinateur. Je suis relâché, mes doigts sont souples, mon dos est droit, mes fesses bien calées sur ma chaise et je suis nu ! Je fais du yoga quand je me réveille en pleine nuit mû par une étrange érection dont je ne connais la cause : le besoin d’aimer ou le besoin de me vider. Je me tais, gardons par devers nous nos étranges pensées.

Puis nous abordons via le rétroprojecteur les 8 piliers du yoga selon le maharishi Patanjali. The eight limbs of yoga. Pendant qu’elle explique les subtilités de ces piliers moi je m’attarde sur la traduction de ce limbs. Limb, pilier ? Moi je l’aurais traduit comme branche ou comme membre. Mais peu importe ! Qui est donc ce Patanjali ? Il y aurait donc d’autres nomenclatures selon d’autres ? Pourquoi celle-là et pas une autre ?

Bref passons ! Il y aurait deux représentations du yoga, l’une en forme d’arbre avec un tronc et des branches et une autre en forme d’échelle. Elle propose la lecture en forme d’échelle.

8-limbs-of-yoga-full

Un système d’échelle où l’on démarre par le yama et le niyama, l’asana et le pranayama pour arriver au bout d’une certaine pratique au dhyana  (état de méditation) et au samadhi (état d’unicité, d’équilibre) qu’elle nomme état d’extase et que moi j’assimile au parinirvana. Moi j’entends par limbs plus quelque chose comme ce qui suit : une confluence.

yoga

Après une heure de ce mini crash course en yoga c’est l’heure de la pause. Les chaises étaient hyper confortables, les ventilateurs de plafond étaient fort reposants. C’est pour moi l’heure du sacro saint pipi. Je traverse la maison chargée d’encens et de lumière savamment tamisée ! Le thé est servi avec des petits gateaux, de l’eau, des jus et deux plaquettes de chocolat noir Kohler. Certains sont partis fumer. Moi je plonge et ouvre la première tablette et hop 3 petits carrés de chocolat sont engloutis. Délicieux. Je ne me souviens pas avoir acheté une tablette de chocolat ces deux dernières années. Mais Kohler a ravivé en moi quelque chose. Un appel yogique, peut-être. Et hop 5 minutes après trois autres petits carrés pour confirmer mes premières impressions. Ce chocolat noir a un goût de chocolat au lait. Non, c’est un appel venu du fin fond de l’arc antillais comme le confirmera plus tard le site de Nestlé Antilles Guyane. Le chocolat Kohler est fabriqué spécialement pour correspondre au goût des Antillo-Guyanais tout comme les tablettes Red Label de Nestlé. Entre temps les autres, probablement éblouis par mes yeux exorbités au bord de l’extase, ont commencé à goûter eux aussi. Eh oui manger du chocolat c’est yogique aussi ! J’ai même un instant fermé les yeux et dérivé en canot dans une pluie de saveurs oubliées.

Après un petit quart d’heure vient l’heure de la pratique du yoga sur chaise. Nous apprenons d’abord à marcher, lentement en appuyant bien fort sur les talons. Puis nous devons nous ancrer par notre regard ou notre sourire dans le regard de l’autre. Puis nous apprenons les trois etages de la respiration yogique : abdominale ou diaphragmatique, costale ou thoracique et claviculaire ou haute. Une douce voix nous berce rythmiquement:

Inspirez, expirez ! Doucement ! 5 fois !

Nous faisons des postures debout puis sur la chaise, les bras joints au-dessus de la tête, étirons les cous, les jambes, les pieds, les orteils, les doigts, les poignets, les bras, les épaules, en haut en bas, à droite à gauche. Les hanches, le bassin ! eh mais je fais tout ça moi en dansant. Je fais du yoga, aussi, chaque fois que je danse ! Je vous l’ai déjà dit, docteur, j’ai la maladie du bouger bouger

Mais voilà qu’il faut maintenant plier un genou et poser son pied doigt sur la cuisse gauche ! Je fais l’effort surhumain pour moi ! il n’y a que monsieur Be-Bop, de son vrai nom Stéphane Germaneau qui ne plie pas ses genoux ! il reste un peu à l’écart. Je lui donne bien ses 75 ans ! Une célébrité sur l’île, propriétaire de la maison qui nous accueille, ex artisan, spécialiste de la sculpture sur bois flotté de noix de coco  et désormais animateur thérapeutique sur Kani-Kéli, Mayotte, une sorte de vieux guru à longue barbe blanche ou poivrée. Il s’abstient. Il est malade m’a-t-on dit. Il doit voir vers midi un médecin.

Mais plier ce genou et inspirer expirer en même temps tout en levant les bras en arc de cercle. Euh ! Je passe mon tour. On change de jambe et ça passe mieux.

Puis on ferme les yeux et c’est la fin.

Vite j’ouvre la deuxième tablette de chocolat et saute sur trois nouveaux carrés salvateurs . Eh oui il faut dans le yoga s’aimer se donner de la valeur et en prenant ces carrés de chocolat je ne fais que ça. Laisser moi m’aimer ! Merci Kohler, merci Nestlé ! c’est trop bon ce yoga-là !

J’entends une femme enceinte. Je l’avais oubliée avec son ventre énorme. Je n’étais donc pas le plus gros en fait. Elle dit : j’ai senti le bébé bouger en plein yoga.

Plus tôt j’ai entendu Be-bop lui  dire que les hommes et les femmes réagissaient différemment au yoga. Je me pose la question. Je n’avais pas, tout entier dans ma jouissance tribale du chocolat, fait la relation entre son ventre, elle et la future progéniture qu’elle portait. Elle a un regard vraiment angélique. Elle est presque transfigurée. Mais il faut dire qu’elle est arrivée en retard et transfigurée. Parfois quand elle souffle en inspirations expirations je me rends compte qu’elle pourrait accoucher ici-même. Qu’à cela ne tienne il y a une infirmière sur la place. Mais la dite infirmière en pédiatrie  a l’air en fichu état. Je saurai plus tard qu’elle a une indigestion alimentaire due aux brochettes de viande qu’elle a ingurgitées la veille et qu’elle vomira plus tard à grosses gorgées sur la route aux abords d’un énorme baobab entre Kani-Kéli et Mamoudzou. Comme quoi brochettes, covoiturage et yoga ne font pas bon ménage. A sa décharge elle n’est sur le territoire que depuis 3 semaines.

S., ma collègue de travail, s’approche de moi et me dit quelque chose comme:

Jean-Marie tu sais le yama et le niyama tu pratiques déjà au quotidien dans tes relations avec les autres profs et avec les jeunes. Tu as cette bienveillance naturelle.

Moi, je lui répondrais volontiers que c’est au contact des autres que j’ai acquis au cours du temps cette bienveillance par rapport aux autres et que je travaille encore cette bienveillance par rapport à moi-même, que j’ai encore du mal à m’autoriser à être moi sans peur sans haine sans reproche même si une grande partie du chemin me semble accompli. Mais quand elle me dit cela je me sens tout à coup l’étoffe d’un guru ! Je voudrais lui dire qu’elle a en elle une colère qui doit s’apaiser pour qu’elle puisse se poser. Elle pratique la boxe et le yoga ! Pour exorciser un trop plein d’énergie, de violence ! Elle se met en colère pour un rien ! Elle aime la discipline, le respect, elle est aussi mariée à un militaire de haut rang dont elle vit séparée géographiquement, comme elle vit séparée géographiquement de ses deux filles et de ses parents. Parfois je me dis qu’elle peut exploser en plein vol et je l’encourage à prendre de la distance ! Sois zen, lui ai-je déjà dit plus d’une centaine de fois en 5 mois que nous nous connaissons mais chassez le naturel il revient au galop. Je lui souhaite de trouver un bon guru qui l’aide à dissiper l’obscurité qui l’a envahie.

Eh oui je suis zen sans avoir jamais pratiqué zen zen ! Cette zénitude attitude me conduit souvent à dire pour couper court à la conversation : faites comme vous voulez, moi je m’en fous ! Cela en énerve plus d’un ! Mes prises de position iconoclastes sur l’amour, le destin, la mort, la famille, la fidélité, l’argent, la voiture, la politique, la nourriture, la religion, ma façon même de vivre, de manger, de boire, de m’habiller interrogent, pour ne pas dire dérangent.

Moi mon guru c’est le cyclone, c’est lui qui m’a fait swami,  éveillé, m’éveille et m’éveillera. Mon karma c’est être pyrobate, de marcher sur les charbons ardents de la vie et je n’ai qu’un mantra : un oeil ouvert au coin duquel iraient et viendraient des fourmis volantes chargées de soutras aussi volatiles que l’alizé.

Il n’en est pas moins vrai, même si j’ai l’air de plaisanter, je sais je suis taquin, que j’ai pu observer que dans une classe d’enfants non francophones non scolarisés nouvellement arrivés sur le territoire à Mayotte  les bienfaits du yoga sont incomparables et je m’intéresse à tout ce que la Recherche sur le yoga dans l’éducation proposera et a déjà proposé depuis 40 ans, quitte à me l’appliquer à moi-même en m’inspirant de ce qui suit :

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et si d’aventure vous avez vent de quelque chose autour du yoga sur Mayotte qui me fasse nager en six mois, faites-le moi savoir illico presto ! Namasté !

 

 

 

Elan vital et pentabond

Sans élan pas de saut ! saut en longueur, pentabond, saut à la perche, saut en hauteur, triple saut, saut à la planche : sans élan c’est l’échec assuré !

Sans élan pas de jet ! Lancer du poids, lancer du disque, lancer du javelot, lancer du marteau !

Sans élan pas de course ! Ni 110 mètres ni 400 mètres haies, ni 3000 mètres steeple !

L’élan c’est elã en portugais, impulse en anglais c’est un mouvement de l’inertie vers l’avant, une course rapide avant l’action explosive. On doit prendre son élan, et généralement pour cela on recule, parfois à plus de 20 mètres de l’obstacle à franchir et cette accélération nous permet de franchir parfois l’obstacle. Parfois malgré tous nos efforts on échoue et la barre tombe, ou on mord sur la limite d’appel, ou on n’arrive pas à s’élever suffisamment. Parfois l’objet que l’on doit propulser retombe à nos pieds ou à une distance ridicule malgré tous les efforts que nous avons déployés.

Tout le monde s’accorde pour dire qu’il ya une exigence dans cette course d’élan d’un certain nombre de paramètres pour arriver à un geste parfait. Il y a certes le nombre de cycles, de foulées, la position des bras, la courbure du corps, la trajectoire à suivre, la vitesse, le transfert du poids, le plan de l’élan, le point d’impact, la finition du mouvement, les axes de rotation, il y a la volonté de vaincre, il y a les aptitudes naturelles. Il faut s’entraîner, s’échauffer, pratiquer des étirements sinon on risque la sanction suprême : la blessure musculaire (contractures, déchirures, claquages) . Bref l’élan est tout sauf de la sinécure !

Qu’il s’agisse d’élan frontal, latéral, dorsal, d’élan de rotation, de pas glissé ou de pas changé il y a dans l’élan une détente, une force explosive, une sorte de suspension primitive et inconsciente dans l’air du corps en extension par la grâce des muscles inférieurs (fessiers, quadriceps et mollets) et des muscles supérieurs.

Et qu’en est il de l’élan vital ? Que nous dit Deleuze ?

L’élan vital c’est un potentiel, l’élan vital c’est un potentiel, il s’actualise en créant des chemins divergents. Qu’est-ce que nous disait Bergson ? Une chose très belle, très très simple. Il nous disait… Je fais un nouveau schéma pour que vous compreniez [ ?]. Voilà : vous avez le potentiel, élan vital. Il n’a jamais dit que ça existait comme ça, c’est un pur virtuel. Bien. Comment définir ce potentiel biologique, ce potentiel de la vie ? Vous allez voir : il le définit absolument comme un rapport de forces, Bergson. Il dit : ce potentiel, on va le définir comme ceci… ou cette virtualité on va la définir comme ceci : deux choses à la fois, qui sont des rapports de forces ; emmagasiner de l’énergie, ah… emmagasiner de l’énergie, faire détonner un explosif. C’est des rapports de forces ça. Emmagasiner de l’énergie, faire détonner un explosif. Pour Bergson, c’est ça la vie, un point c’est tout. C’est le potentiel biologique. C’est une pure virtualité.

L’élan vital s’actualise : ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu’il va s’incarner dans des formes vivantes, l’élan vital est sans forme, lui, c’est un élan, c’est-à-dire une force, si vous voulez. Donc ça marche très bien. C’est un élan, c’est une force. Euh. Qu’est-ce que je disais ? Oui, mais c’est même… bon. Deux rapports de forces qui définissent la virtualité. Là-dessus, quand cette virtualité s’actualise, elle s’actualise en créant une grande différenciation, une grande divergence. S’actualiser, c’est se différencier. Et qu’est-ce que ça va donner ? Tout se passe comme si le virtuel était trop riche. Donc il ne peut pas s’actualiser en un bloc.

 

L’élan vital, notion développée par Henri Bergson, puis revisitée par Gilles Deleuze, fonctionne un peu de cette façon ! Si nous nous considérons comme un concentré unique de continents intérieurs mettant en jeu intuition, sentiment, sensation et esprit (cf CG Jung) où s’expriment nos cultures multiples séparées par des barrières intérieures, des murs ou des crevasses ce qui fait lien et nous permet de franchir ces barrières c’est une rampe de lancement interne, un cinquième continent intérieur invisible, l’élan vital avec ses deux polarités (Intraverti et Extraverti), cette force potentielle qui sommeille en chacun de nous, en chacune de nos cellules. Il nous faut tout de même sinon l’activer du moins l’actualiser et ce n’est pas simplement une affaire de technique. On aimerait certes pouvoir dire de ce cinquième continent :

« Là tout est ordre et beauté,

Luxe calme et volupté »

après Baudelaire et Gauguin mais nos continents intérieurs sont parcourus de fleuves, océans, cyclones, volcans contradictoires et quand bien même nous  prétendrions  avoir décrypté l’atlas intime de nos continents intérieurs il y a toujours des régions inexplorées, des terra incognita dont nous devrions débroussailler l’ADN. C’est un voyage sans fin, une interminable pentabond auquel nous convie l’élan vital ! Cet élan doit nous permettre de franchir par un enchaînement de cinq bonds : un cloche pied, trois foulées de course et un saut nos quatre autres continents intérieurs.