313 pépins de grenade

Je ne suis pas du type à avaler n’importe quelle baliverne. J’ai goûté l’autre jour du jus de grenade. J’ai sucé des pépins de grenade. Puis naturellement je me suis documenté sur ce fruit qui aurait été la vraie pomme d’Adam et Eve. Cette grenade que appelait autrefois pomme punique aurait donc été le fruit de chute. C’est à cause de cette grenade que le paradis serait devenu enfer sur terre. Déjà cette grenade a fait parler d’elle dans la mythologie grecque. C’est le fruit dont Persephone/Proserpine, fille de Zeus/Jupiter et de Demeter/Ceres, aurait dégusté six pépins en Enfer. Après avoir perdu sa virginité après avoir été enlevée et violée par Hades/Pluton le dieu des Enfers elle est condamnée à vivre six mois sur terre et six autres en hiver. Certains murmurent même que ce serait volontairement à l’insu de son plein gré quelle aurait dégusté le fruit interdit de l’enfer pour pouvoir échapper à une mère castratrice. Certaines préfèrent les nourriture célestes, d’autres les nourritures marines, d’autres comme Proserpine sont accro six mois aux nourritures terrestres, six mois aux nourriture infernales. La grenade aux pépins infernaux. Mais aussi la grenade apparaît bienveillante pour d’autres coutumes qui lui confèrent même le nombre incroyable de 613 pépins voire de 1000 pépins chez d’autres. Il fallait que j’en aie le coeur net. J’ai donc cueilli ce matin au grenadier de mon jardin la plus belle des grenades. Et un à un j’ai compté les arilles. Trois cent treize ! Loin du compte. Alors qui croire. Forcément j’ai des doutes. Et si c’était la même chose pour le serpent. Et comme fait exprès ne voilà- t-il pas que se présente devant moi une chenille noire et jaune. Voilà qui me semble raisonnable. Au lieu de la pomme et le serpent, la grenade et la chenille. Mon paradis sur terre

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vingt-neuf virgule quatre-vingt-treize noeuds, record à battre

Je me donne moins de sept jours, quinze heures, huit minutes et trente-deux secondes (je vous épargne les dixièmes et les centièmes) pour battre mon record. Vingt-neuf virgule quatre vingt-treize noeuds, c’est mon ancienne vitesse de croisière. Traversée transatlantique de la veine gauche de mon nombril à sa veine droite en sillonnant l’équateur  de mon vaisseau sanguin: 3510 milles nautiques entre la route ortho , la route loxo et celle des alizés, ce n’est pas de trop pour parcourir la distance qui me sépare entre moi et mon alias. Certes il me faudra hisser et affaler le spi en fonction du vent dans ce voyage solitaire, sans escale et sans assistance. Pas de téléphone satellite Iridium 9575 Extreme,  pas de SOS, pas de GPS, pas de fichiers météo Grib ! Juste moi, le soleil, le vent, la lune, les étoiles, la mer, mon sextant et ma boussole

29,93 kts !

Cap 67 !

Position à 14H TU-1

16N 24,8′

28W 25,1′

 

Traduttore, traditore

Les traducteurs sont des traîtres. Essentiellement. Certains moins corrompus trahissent moins que d’autres mais tous autant qu’ils sont sont passibles d’être passes aux armes par les mots pour crimes de haute trahison.

Je suis actuellement en train de traduire un recueil de poésie brésilien intitulé en portugais « Ardor e Ardências. » L’ouvrage paru en 2018 à pour auteur Inaê Silva Pereira Sodré. ISBN 978-85-66783-24-7. L’ouvrage porte en frontispice la phrase de Georges Bataille parue dans L’Erotisme, 1955:

« L’érotisme est dans la conscience de l’homme ce qui met en lui l’être en question ».

SUIT LA PHRASE DE L’AUTEUR

« GOZAR NÃO É ERRADO NEM PECADO, É GOSTOSO. »

MA PROPOSITION DE TRADUCTION: Jouir n’est ni mal ni péché mais jouissif .

Le titre m’a interrogé ! Ardeur et Ardences ou Ardeur et Ardances ? Dans Ardences on a ardeur et résistance donc résilience. Lequel des deux choisir. Ardor en portugais est masculin , ardeur est féminin. Je m’inquiète car cette ardeur est au centre du livre. J’y vois une femme aux proies des Ardences de son ardeur que chevauche une divinité afro brésilienne, la Pomba gira, que je pourrais appeler Maîtresse Erzulie, maîtresse, déesse, divinité, sorte d’Exu (Eshu), garde barrières maîtresse des chemins et des carrefours, épouse d’Elegba, qui lui ouvre les portes de la jouissance. La voilà devenue Esmeralda volant tel un oiseau de feu jusqu’à Séville et Grenade en Espagne. Oiseau lyre ou livre ouvert dont le corps se laisse lécher, feuilleter, déchiffrer comme un texte par un lecteur Roi qui transperce de sa dague les lignes, les phrases, les virgules et les réticences qui mènent à la possession et à la jouissance.

Certes le livre s’explore dans le cadre d’un panthéon afro brésilien. Pomba gira c’est l’Exu féminin, toute de noire et rouge vêtue. MAÎTRESSE Erzulie dans la cosmogonie rada du vaudou haïtien. Comment traduire ce Pomba Gira. J’ai proposé maîtresse, déesse, divinité. Qui se fait aussi appeler Padilha. MAIS J’AURAIS PU TOUT AUSSI BIEN L’APPELER CAVALIÈRE OU AMAZONE. L’IMPORTANT CE SONT LES IMAGES QUE L’ON CRÉE PAR LE TRUCHEMENT DES MOTS.

Et bien que je domine le portugais, je m’interroge pour:

1. Esquipa ! Que je traduis par appareille alors que envole-toi ou détale ou trotte auraient pu tout aussi bien s’appliquer.

2. Gira. je traduis par tourne mais pourquoi pas tourbillonne d’autant plus qu’on aura plus tard rodopia (tourner comme une toupie) et roda (tourne).

3. Atesta teu Cavalo. Teste ton cheval, chevauche ton Cheval, Dompte ton Cheval.

4. VIRILHA c’est l’aîne mais ce mot me déplaît, je le trouve trop médical, et le pubis trop spécifique, je préfère entrejambe équivalent à crotch en anglais.

Au diable la perfection, au diable la fidélité. On ne traduit pas, on adapte, on réinvente des équivalences crédibles en fonction de son public cible.

C’est en littérature comme en publicité. Ce n’est pas parce qu’une campagne véhiculée aux États-Unis a fait le buzz que son alternative ego double en français va cartonner. Il ne suffit pas de traduire, de faire du mot à mot. Il faut être crédible.

J’ai vu récemment une pub qui m’a intrigué. C’est une pub pour la montre connectée  Watch Series 4 d’Apple. C’est un homme qui boit son café dans son salon avec son double et qui regarde sa montre. Surgit alors au bas de sa rue un, puis au fur à mesure plusieurs clones de lui-même qui continuent la course. A la fin les cinq s’arrêtent épuisés. C’est alors que surgit du diable vauvert un sixième clone qui déboule et plonge dans la mer. Vient alors la phrase.

En français :

Il y a  un meilleur vous en vous !

Tandis que l’original en anglais dit :

There’s a better you in you !

Education sexuelle des pré-adolescents

Le sexe à l’école. Le thème est tendance et polémique. Certains sont farouchement pour, certains sont farouchement contre. Tout dépend en fait de l’idée que se font les parents de leur propre sexualité. Selon moi c’est dans le cadre de la famille que cette éducation doit être initiée. Moi en tout cas j’ai passé toute ma scolarité sans que ce thème ne soit abordée une seule fois. Mais c’est à chacun de voir midi à la porte de sa famille.

J’ai pu comme enseignant en terre musulmane à Mayotte avec des jeunes ados âgés de 11 à 16 ans intervenir pour dire que ce n’est pas en dansant qu’on tombe amoureux. Les filles et les garçons, à part quelques cas isolés, refusaient de pratiquer ensemble des ateliers de danse. Ou alors quand ils dansaient il ne fallait surtout pas qu’ils se regardent dans les yeux car ils pourraient tomber amoureux. Par contre quand ils étaient laissés libres entre eux et qu’il mettaient de la musique alors c’était des mouvements du bassin des plus débridés qui faisaient les délices de tous, jeunes et moins jeunes, voilés ou pas. Certaines ne dansaient que si elles avaient un foulard sur les épaules pour tenter de cacher leurs formes.

Il faut dire que la foi musulmane sépare les sexes et que l’éducation nationale les mélange. Il a fallu que moi m^me je m’y mette que je danse pour que les élèves comprennent par a plus b que danser avec une fille ou danser avec un garçon ne rendait pas amoureux. Je prends cet exemple pour tenter d’expliquer que la sexualité joue dans le psychisme des gens et est ancrée ans leurs traditions les plus archaïques. L’école selon moi n’a pas à intervenir dans les couches les plus profondes de notre psyché mais elle peut les aborder sous forme ludique par des films, des dessins animés, suivis d’une discussion.

Je me souviens que l’un de mes fils s’est réveillé une nuit en pleurant. J’ai mal au pipi, me dit il. Il avait en effet un zizi tout dur et je lui ai proposé d’aller faire pipi en lui disant que ce n’était pas grave, qu’il devenait un homme. Le lendemain je lui ai expliqué que ça pouvait lui arriver souvent dans sa vie et qu’il suffisait d’aller faire pipi que ça se calmerait.

Je ne crois pas que cela aurait servi de lui dire qu’on a plusieurs érections par nuit en fonction de chaque sommeil paradoxal.

J’ai eu aussi une fille qui vers l’âge de onze douze ans a eu des premières règles. sa mère n’était pas présente. nous étions séparés depuis quelques années. elle était en vacances au bord de la mer et voilà que ses règles arrivent. La je dois dire que j’ai été un peu démuni. et que c’est mon épouse d’alors et sa mère qui se sont occupés d’elle.

Ce n’est pas facile d’évoquer le sexe avec ses enfants. J’ai voulu essayer avec mes deux derniers et je crois qu’ils me regardaient comme un extra terrestre. pourtant avec les garçons nous prenions jusqu’à l’âge de 3 ou ‘4 ans nos bains ensemble dans la baignoire jusqu’à ce que j’observe qu’ils avaient un regard un peu trop appuyé sur mon sexe. C’est alors que j’ai décidé qu’il était temps que chacun ait son intimité sexuelle.

A chacun sa pudeur. Evoquer une petite copine à l’école peut être un sujet de fierté pour certains mais aussi d’angoisse pour d’autres. on a vite fait de se faire targuer de cochon, de vieux libidineux alors qu’on ne veut en fait que montrer qu’on est ouvert pour en parler.

Mes parents n’ont jamais évoqué les questions sexuelles avec moi, ni mon père, ni ma mère. Vers l’age de douze ans à ma puberté ma mère a acheté une collection de Tout l’Univers et m’a dit à peu près cela:

Si tu veux savoir quelque chose, tu es libre. Je ne suis pas capable de t’expliquer et ce ne sera pas ton père qui le fera lui même. Cherche et tu trouveras.

Comme j’aimais beaucoup lire, j’étais un rat de bibliothèque, je me suis documenté, je me suis éduqué de la sorte. J’ai complété par le magazine américain Playboy et par l’observation en cachette de mes soeurs . J’ai dû en fait apprendre sur le tard. Par contre ma mère m’a toujours bassiné les oreilles sur le fait que si je faisais l’amour avec quelqu’un j’aurais un enfant et cela m’a traumatisé pendant longtemps.

Pa ay mété fon ti moun a dan on vant a on timoun, siy tomné ansent ouké regrété tout vi aw !

Je voulais étudier, donc je ne faisais pas l’amour. Les bisous, les câlins mais pas de pénétration. Un jour j’étais dans ma chambre avec une fille de mon âge et nous en étions déjà aux préliminaires, dans ma chambre, j’avais mis le verrou, c’est alors qu’elle a frappé à la porte et nous a ordonné d’ouvrir immédiatement. Elle n’acceptait pas ce genre de choses dans sa maison. J’ai donc résolu à partir de ce fameux jour de faire mes affaires, mes combats comme disent les Antillais, dans les parcs, sur les bancs, contre un arbre, un mur, sur l’herbe et chez les jeunes filles mais jamais chez moi.

Quand ma deuxième fille a eu 13 ans je l’ai appelée et je lui ai dit :

Voila tu as tes règles et tu as l’âge de faire l’amour. Tu n’es peut-être pas prête encore mais, au cas où, sache que tu peux aller voir un médecin, une gynéco et prendre la pilule. Tu as mon accord. De toutes façons tu n’as pas besoin de mon accord, ton corps est le tien.

Bien sûr elle a protesté que non, qu’elle n’était pas prête mais j’ai insisté pour qu’elle fasse la visite pour être prête le jour dit.

De la même façon j’ai toujours offert à mes enfants vers l’âge de douze ans deux ou trois préservatifs au cas où. Be ready, c’est ma démarche. Il ne faut pas être pris au dépourvu.

Je pense qu’il faut arrêter d’être niais ou de faire le niais. Il y avait autrefois un mot très joli pour dire dépuceler, qui était déniaiser. Le rôle des parents selon moi c’est de déniaiser, tirer du royaume obscur de l’ignorance, sans tabous. Répondre à leurs interrogations quand elles se posent. Mais c’est à eux qu’il conviendra de choisir le jour, l’heure, l’endroit et la personne adéquate pour leur dépucelage.

J’ai vu au Brésil des familles dont les jeunes filles même âgées de plus de trente ans se cachent les yeux et détournent la tête quand un acte sexuel est pratiqué dans un film. J’en ai toujours ri. Mais que voulez-vous, les tabous et les faux-semblants ont la vie dure.

En ce moment les pouvoirs publics envisagent de donner à l’école primaire des cours d’éducation sexuelle pour les pré-adolescents. Cela fait polémique. Cet article cité en première ligne du Journal du Dimanche synthétise bien où nous en sommes en France en septembre 2018.

Chacun voit midi à sa porte. Moi je préfère les solutions familiales. Ces solutions ont besoin d’outils adaptés. Parmi ces outils il y a le site Nouveaux Plaisirs qui prône une éducation sexuelle épanouie pour tous et par la même occasion pour les pré-adolescents de 8 à 12 ans.

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J’ai particulièrement apprécié la mise en relation avec la plateforme de service de streaming Blackpills où est publiée la série animée orientée cul Peepooodo and the Super Fuck Friends (Littéralement Faispipicaca et les Super Amis de la Baise). C’est une production française de Bobbypills avec Yves Balak, Brice Chevillard et Nicolas Athané. Attention : interdit aux moins de 18 ans.

Mais c’est à vous parents de voir et laisser voir à vos ados ou pré-ados. A gouttes homéopathiques si vous préférez. Comme le dit en préambule la série ce n’est pas parce que c’est salissant que ça salit. En anglais :

It’s not beacuse you gte down and dirty that’s it’s dirty

J’ai trouvé la série très drôle, extrêmement bien documentée, crue certes jamais vulgaire et surtout divertissante, informative et rythmée. On y évoque sur dix-huit épisodes de 4 minutes à travers quelques héros bien déjantés : un hamster rose, Peepoodo, un ours blanc Kevin, une chatte infirmière Docteur Monique Lachatte, deux lapins Mr (Jean-Luc) et madame (Kimberley) Lapine, un taureau appelé Grocosto, une éléphante appelée Lilifan, presque tous les aspects d’une sexualité féconde, positive et décomplexée (hormis la pédophilie et la nécrophilie) et même la sexualité senior. On y apprend par exemple comment stimuler sa prostate par voie anale. On y apprend que le viagra ne s’accommode pas bien du jus de pamplemousse par exemple et que si l’on prend de ce jus cela annule les effets du viagra. Je ne prends pas encore de viagra pour l’instant mais c’est bon à savoir. Et je remarque que mon médecin m’a interdit de prendre du jus de pamplemousse en raison de mon traitement d’insuffisance rénale. J’ai appris aussi par d’autres personnes et en consultant le net qu’il fallait éviter aussi de prendre de la carambole.

Dans le même ordre d’idées vous pouvez prolonger vos états d’âme en matière de sexualité sur vos états d’âme en matière de psychanalyse en regardant suer la même plateforme Blackpills la série Crisis Jung qui en dix épisodes de 5 minutes sous la haute autorité de Jérémie Perin, Gobi, Laurent Sarfati et Baptiste Gaubert nous entraîne sur la piste des amours de Jung et de Maria avec la participation exceptionnelle de Petit Jésus.

J’ai tout autant apprécié malgré mon ignorance complète du norvégien (grâce notamment aux sous-titres) la mise en relation avec le programme norvégien d’éducation sexuelle Newton. Le NRK, depuis 2015, évoque en norvégien en huit épisodes tous les menus détails de la sexualité à la puberté : l’apparition des poils, la croissance, le pénis, le vagin, la sueur, les seins, la voix, les règles, les éjaculations involontaires, l’acné, etc

newton

Le tout sur le ton du divertissement et de l’humour.

Les inégalités ne sont pas nécessairement des injustices

D’un point de vue philosophique inégalité n’équivaut pas à injustice. Prenons par exemple la beauté. Nous sommes très inégaux en la matière. Certains ont des points de beauté d’autres des fossettes, ici des cheveux grainés, là des cheveux raides, ici des tâches de rousseur, là un nez camus, là un nez épaté, là un nez en trompette, ici un ventre gros boudin, là des muscles de marathonien. Tout le monde n’est pas HERCULE, tout le monde n’est pas la belle Hélène, ni Venus ni Apollon. En la matière nous sommes donc profondément inégaux. Certains peuvent avoir des enfants, d’autres sont stériles. L’inégalité peut être mal vécue, certes, mais est elle injuste pour autant ?

Prenons l’exemple du charisme qui veut dire à la base en grec la grâce. C’est un don. Celui qui est dépourvu de charisme pourra prendre tous les cours de leadership et de management qu’il voudra il ne sera jamais un leader incontestable. CELA NE VEUT PAS DIRE QU’IL EST INUTILE POUR LA SOCIÉTÉ MAIS IL FAUT SAVOIR ACCEPTER SES LIMITES SAUF À VOULOIR VIVRE DANS L’UTOPIE.

Les inégalités sont interminables et ce sont elles qui font que nous sommes divers et complémentaires. Hurler à cors et à cris à l’injustice c’est vouloir nier nos différences. Certains meurent plus que centenaires d’autres avant d’avoir atteint l’âge de raison. Certains naissent avec 24 chromosomes d’autres avec vingt trois. Certains naissent sans mains d’autres avec un doigt surnuméraire. Injustice? Fatalité ? Châtiment? Celui qui se sent au bas de l’échelle, au bas de la cordée a vite fait de trouver un bouc émissaire: Dieu, le Diable, les parents, l’Etat, Adam, Eve, l’homme blanc, l’esclavage, mais quelque soit la cause du mal qui ronge tout un chacun il restera toujours cette évidence qu’à origine identique des destins différents peuvent s’accomplir. La fatalité, l’inégalité est plus le produit de peurs archaïques que d’injustices vérifiées. On peut certes se paître et repaître avec délectation des souffrances de l’esclavage, on peut certes se complaire dans les engrenages et devenir son propre kamikaze. Dans certains de nos genes sont ancrées des attitudes que nous devons contrebalancer pour ne pas faire d’amalgame entre inégalités et injustices. Pour atteindre l’apaisement il faut réagir et arrêter de chercher les réponses là où elles n’existent pas. Ce n’est une thèse sociétaire, un argument politique : il faut fuir cette pandémie qui envahit les esprits. NOUS AVONS EN NOUS PLUSIEURS NOUS, CHACUN TENTANT DE DÉPASSER L’AUTRE. POUR SURVIVRE IL FAUT QUE TOUS CES CHACUN RESPIRENT et nous propulsent en avant et non pas en arrière.

Toussaint Ordinaire à Bouillante

Aujourd’hui premier novembre 2018 je vais fêter la Toussaint à Bouillante. En voiture Deshaies-Bouillante ça nous prend environ une demi heure. Nous sommes invités à passer la journée chez une cousine. Étape obligée en ce jour des saints la messe à l’église Saint-Louis de Bouillante. 9h10 l’église est bondée. Tout le monde est sur son trente et un, poudré , parfumé d’élégance en ce premier jour de novembre. Le blanc est de sortie. Tous immaculés. Sans tache. Les saints sont à l’honneur. Mais déjà dans les cimetières cela s’anime. Bouillante possède deux cimetières. Celui des Doublons et l’autre sans nom. Les Doublons héberge l’élite des défunts. L’autre le menu fretin. Ma famille sans doute est en grand nombre dans celui du menu fretin mais par acquit de conscience au cas où un vénérable ait existé parmi les trépassés miens je me promets de rendre une petite visite aux Doublons qui apparemment est plus proche de l’église donc plus proche de Dieu. Ça va commencer. Après quelques photos je m’éclipse. Je préfère prier sur le banc à l’ombre sur la place.

Puis c’est l’heure de la visite au cimetière. Apres un petit quart d’heure je decouvre UNE TOMBE INTITULÉE BALTIMORE.

Puis c’est le déjeuner des saints. Après un petit punch viennent la salade, tomate betterave, sardines, le concombre râpé , l’avocat, le blaff de colas, un poisson qui ressemble comme deux gouttes d’eau de mer au vivaneau, le fruit à pain, les poyos, la patate douce, le riz blanc, le piment et le cabri. Et comme dessert glace au coco et rhum raisins.

Entre saints, normal de se faire des gâteries. BON SOUVENIR que ce lodé de LA TOUSSAINT

Synchronicités

Par synchronicités on entend coïncidences étonnantes. Coïncidences qui questionnent.

Ce sont des événements externes qui coïncident avec une situation psychique inconsciente ou consciente mais de façon générale inconsciente. Ce sont des symboles qui nous alertent sur des situations internes de notre inconscient. Des espaces temps se fondent et se superposent sans que l’on comprenne bien le pourquoi et le comment de la chose. A l’heure de la 5G toute proche on peut s’étonner de ces synchronicités .

Par exemple depuis que j’ai visité la Grèce je suis environné en permanence de grenades. Cela ne veut pas dire que je n’avais jamais vu un pied de grenade ni que je n’en avais jamais goûté. Elles ne faisaient simplement pas parti de mon espace mental conscient. Je voyais les mangues, les corossols, les caramboles, les prunes de cythere, les pommes Malika, les quenettes, mais les grenades ne s’imprimaient ni dans ma rétine ni dans ma mémoire. C’EST COMME SI ELLES ÉTAIENT INVISIBLES. Mais apparemment elles étaient imprimées en filigrane dans mon inconscient. Depuis que je suis en Guadeloupe je suis environné de langues de belle-mère. C’est comme un septième ou huitième sens qui m’alerte. Et par exemple aujourd’hui jour d’Halloween je me suis réveillé en pensant au flytox. Il y a belle lurette que je n’en ai pas vu. C’était une sorte de vaporisateur à pompe insecticide que toute famille antillaise qui se respecte possédait dans son chez-soi avec une lampe-tempête. J’ai l’intuition que si aujourd’hui je sors de chez moi je tomberai nez à nez avec mon vaporisateur de fly-tox. C’est ça la synchronicité . Les moustiques n’ont qu’à bien se tenir et aller propager leur virulence sur des terres plus propices et moins synchroniques. De mon point de vue ce ne sont que mes gardes-du-corps.

Notre corps endormi est un musc rare qui s’ignore

Je me réveille souvent vers les demie deux heures, deux heures et demie du matin quelle que soit l’heure où je me suis couché, c’est probablement la fin de l’un de mes sommeils paradoxaux et sans même m’en rendre compte je vais satisfaire deux besoins naturels. Le premier je retire l’eau du genou, un euphémisme brésilien pour dire pisser (tirar água do joelho). Après m’être secoué vigoureusement le genou je m’offre un verre d’eau fraîche. En fait ce n’est pas un verre, je bois au goulot de ma bouteille jusqu’à saciete. Et puis je me recouche. Lors du réveil final c’est le même rituel. Mais juste avant juste après en fonction de la qualité de la nuit je satisfais à deux autres besoins vitaux. Un je dégage délicatement du coin de mes deux yeux en fermant les paupières cette sécrétion visqueuse qui me prouve que j’ai bien dormi et qu’on appelle chasse en français, Kaka zyé en kreyol, remela en portugais et rheum ou sleep en anglais. Je ne la regarde jamais je la retire et je la jette probablement au sol. C’est un geste imperceptible, automatique. Ensuite je mets mes lunettes et la journée commence. A un moment de la journée que je ne saurais identifier j’utilise l’index de ma main droite et je fouille dans l’oreille pour en dégager le cérumen, le kaka zorey, parfois j’y vais au coton-tige mais je réserve celui-ci pour la cire visqueuse qui ne s’est pas solidifiée . J’aime ces petits riens qui jonchent ma journée. Ce sont des petits rituels somme toute jouissifs auxquels personne ne trouve à redire. Je peux aussi me gratter le dos pour faire cesser une démangeaison. Ah ces petits fluides corporels, ces sécrétions quotidiennes et nocturnes, qui d’entre nous ne les vit pas comme un mal nécessaire, une preuve de vie. Je m’imagine mal me lever, ne pas uriner, ne pas me gratter, ne pas prélever de cire au coin de l’œil ni au fond de l’oreille. Le jour où cela se produira préparez le corbillard. Mais il y a pour certains une limite à ces pratiques. Se fouiller le nez pour en tirer la substantifique moelle, ce que nous appelons le kaka né en kreyol. Le kaka né est solide, c’est la crotte de nez, le rim est liquide. Le rim c’est le rhume, la morve. En anglais snot, quand c’est humide et boogie quand c’est sec. Et il semblerait que par analogie seuls les enfants de moins de trois ans aient le droit de se délecter de leur rhume, de leur glaire et de consommer leurs crottes de nez comme si c’était du caviar d’esturgeon iranien. On les appelle d’ailleurs pour cette raison de petits morveux. Cela prouve bien que la morve est plus taboue que la chassie ou le cérumen. Qu’un homme de mon âge se fouille le nez pour se nettoyer surprend. Au nom de l’hygiène toute puissante il ne faudrait pas. Les yeux les oreilles, à la limite oui mais se tripoter le nez c’est comme se mettre un doigt dans le cul, ou se masturber, c’est indécent, le vivre ensemble ne l’accepte pas. A la limite chez soi dans le huis-clos de son foyer mais là encore il y a le regard impitoyable de l’épouse qui vous glace et empêche la progression du doigt vers le nez. Tout le monde n’a pas mes narines larges et épaisses qui permettent d’introduire sans heurt l’index dans l’orifice nasale. Les jaloux me vouent aux gémonies. Ils voudraient que j’utilise une solution nasale, oculaire ou auriculaire appropriée. Les mouchoirs en papier à la rigueur car ceux en coton ne sont plus hygiéniques.

Question fluide corporel j’ai mes propres aversions. Par exemple je déteste les crachats. Je ne crache pas. C’est culturel dans certains pays. Parfois en me réveillant je sais que j’ai mal dormi quand sur mes lèvres il y a un petit film, une mucosité coagulée d’on ne sait quoi.

J’ai récemment lu qu’un médecin autrichien aurait découvert que les gens qui se mettent les doigts dans le nez sont des gens heureux à l’écoute de leur corps. Je n’en fais pas parole d’évangile. Je suis un animal comme les autres. Si j’avais mis bout à bout toute cette matière sèche, toutes ces crottes de nez, chassies et cérumens vénérables que mon corps a produits au cours des soixante-six ans de mon existence je pense que je pourrais atteindre mon poids corporel d’aujourd’hui. 90 kilos. Je pourrais alors entrer au museau de cire de Madame Tussaud ou au livre des records comme le plus grand collectionneur de cire corporelle du monde et qui sait si on ne se battrait pas pour obtenir quelques échantillons de mon musc rare. Cent pour cent bio, naturel et durable.

Spectre de corps noir et trous noirs

Nous sommes conditionnés par les mots et leurs usages. Prenez le groupe de mots suivant. Spectre de corps noir et trous noirs. Blackbody spectrum and black holes en anglais. Quand je pense à spectre je pense tout d’abord à un fantôme, qui avance masqué sous un drap blanc. Ce drap pourrait être bleu, blanc, violet, jaune, maculé de sang ou de sperme, plein de particules de sable ou de miettes de pain, cela pourrait être imbibé d’urine, ça pourrait être une alèse . Ça pourrait être une lange, une couverture en patchwork, que sais-je de la soie, de la laine ou de la vieille toile cirée, mais non quand je pense à spectre je vois à priori un drap blanc immaculé qui marche ou vole. Ce sont ces représentations induites qui nous bornent et nous empêchent d’être créatifs. La créativité c’est sortir de ces représentations évidentes, sécurisantes mais qui ne reposent sur rien, qui se fondent sur l’implacable impalpable. Pour représenter un dieu on mettra un vieil homme sage et bon doté d’une barbe bien taillée et d’une épée ou d’une hache pour au besoin châtier ceux qui le méritent. Ou alors un animal, une vache, un chat, un lion, un éléphant, un serpent. Un aigle. Voire un objet en or comme la Toison, ou un totem en forme de veau. Ou simplement la mer, le soleil, les étoiles. Nous naissons conditionnés par nos parents et par les systèmes à travers lesquels ils naviguent sans boussoles. Les systèmes de pensée véhiculés de la sorte s’impriment et s’epanouissent en nous. C’est la loi du genre. Comment en vouloir aux parents ? Ils font de leur mieux pour expliquer l’inexplicable. J’ai été parent, je me suis encore. JE COMPRENDS QUE POUR ÉCHAPPER AU DOUTE IL FAILLE ENONCER QUELQUES certitudes à sa progéniture… OR DANS LA VIE IL Y A TRÈS PEU DE CERTITUDES. ON ÉBAUCHE DES HYPOTHÈSES ET ON ESPÈRE QU’ELLES SE VÉRIFIERONT DANS LA PRATIQUE. AINSI VA LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE AINSI VA LA MARCHE DU MONDE. POUR CEUX QUI ONT BESOIN DE CERTITUDES IL EXISTE LES TABLES DE LA LOI, LES ÉDITS RELIGIEUX, LES DIX COMMANDEMENTS GUIDES PAR LE BON SENS MAIS QUI VOUS DISENT QU’IL EST POSSIBLE DE MOURIR ET DE RESSUSCITER, QU’IL EST POSSIBLE DE MARCHER SUR l’eau et de séparer la mer en deux, QU’IL EST POSSIBLE DE CHANGER L’EAU EN VIN ET LE PAIN EN POISSON. QU’UNE VIERGE Miraculeuse PEUT ENFANTER PAR SIMPLE VOLONTÉ DE DIEU SANS Visitation préalable DE SPERMATOZOIDES. POUR SIMPLIFIER NOTRE CONNAISSANCE DU MONDE IL Y A DIEU Et Ses OMBRES. Dieu QUI EST OMNISCIENT ET TOUT PUISSANT. L’HOMME, LA NATURE, LES ANIMAUX TOUT LUI EST REDEVABLE. LE BONHEUR COMME LE MALHEUR, CAR LE MALHEUR (QUI PEUT S’ABATTRE SUR CERTAINS ET QUI FINIT TOUJOURS PAR S’ABATTRE PUISQUE NOUS SOMMES MORTELS) fait partie du bonheur. Dieu nous teste. Nous devons prier et implorer grâce et miséricorde. Pour nous et nos défunts. À cette condition nous irons au paradis et aurons la vie éternelle.

J’envie presque ceux qui ont la foi. Je ne comprends pas qu’il ne veuillent pas mourir tout de suite pour goûter immédiatement aux délices de la vie éternelle et de la résurrection de la chair.

Mais revenons à mon propos de spectre de corps noir et trous noirs. Après spectre il y a corps. Un corps vivant ou mort, céleste ou gras, d’élite ou de métier ?

Et de quel noir s’agit-il ? Celui darker than blue de Curtis Mayfield, celui du vendredi, celui de l’idée, de la suie, du crayon, celui des veuves, celui du cabinet, celui de la négritude ou celui de la tigritude ?

Les trous sont-ils d’eau ou de mémoire ?

On peut faire dire au mot ce que l’on veut, exactement comme on fait un assemblage de raisins pour fabriquer le meilleur vin. Faisons des assemblages de raisons pour fabriquer une meilleure vie. Jouons avec les moûts, les sulfites, les sucres ajoutés, soyons les vignerons de nos propres vies. Taillons nos sarments de nos sécateurs et badigeonnons nous de doute pour que nos corps-ceps sortent de leur corset et résistent aux pucerons et épidémies de phyloxera. Nous sommes nos propres récoltants. Mais nous aurons toujours quoi que nous fassions devant nos yeux, implacable, le spectre de corps noir et trous noirs.

Le spectre en physique est un faisceau de radiations monochromatique. Le corps noir est un objet idéal totalement absorbant à toute radiation électromagnétique. Il absorbe tous les rayonnements quelque soit leur longueur d’onde et leur direction. Tout cela a été théorisé et appliqué par des physiciens, astronomes depuis Stefan (1879)et Plank (1900). Un objet noir à une température uniforme.

Le trou noir est un objet céleste compact qui emprisonne en lui les rayonnements. C’est parce qu’il n’émet pas la lumière qu’on dit qu’il est noir donc invisible pour les astronomes. Souvenons-nous en effet que le noir c’est l’absence de lumière. L’absence de couleur. Regardez bien l’arc en ciel vous n’y verrez ni noir ni blanc. Mais une successions de spectres. Allant du plus chaud au plus froid. Du bleu au rouge.