J’ai peur de l’eau comme le succulent mandacaru

Tous ceux qui me connaissent de près croient savoir que j’ai comme Cascão, de la fameuse BD brésilienne Turma da Mônica, une phobie particulière: celle de l’eau.  Tenho pavor a água ! Quelle honte, me direz-vous! Cette prétendue manie  de saleté (mania de sujeira en portugais)  souffre tout de même une notable exception, n’en déplaise à Mauricio de Souza:

https://youtu.be/uX7A5t5MjGQ 

Alors que Cascão, l’ami de Cebolinha, a pour animal de compagnie ( on  dit en brésilien bicho de estimação) un petit cochon appelé Chovinista, moi je n’ai aucun animal de compagnie. Et je ne suis pas un chauvinist pig. Mais allez expliquer aux gens le pourquoi et le comment des choses de ce brave new world. Mes proches en rient volontiers: il suffit que je dise que je viens de prendre une douche pour que des sourires entendus naissent à l’interstice des lèvres des amis et familiers. Moi je force le trait, j’exagère un peu. Je traîne les pieds, je feins l’endormissement ! Moi, cochon ? Moi, porc ? Moi, sanglier ? Moi, marcassin ? Que nenni ! Je dis à tribord que l’eau m’enlève mes odeurs de mâle et qu’à force de se laver on élimine les protections naturelles que nos glandes sébacées nous offrent. Je dis encore à babord pour ma défense que je suis une plante rustique exotique, une sorte de mandacaru, un cactus, que l’on se doit de n’arroser que de rosée matinale et qui risque de subir un choc thermique à moins de l’exposer au temps froid dans une orangerie pour affronter les rigueurs de l’hiver !

Je leur signale que le mandacaru purifie l’eau. Mais ils n’en n’ont cure !

Parfois je mets en cause les savons et leurs phénols, cause d’irritation pour ma peau fragile. Mais mon argument clé c’est celui-la: je ne supporte que le savon pour bébé hypo allergénique. J’exagère c’est vrai et je sais fort bien qu’en pays chaud mon corps qui sue facilement devient rapidement poisseux et qu’il n’y a pas d’autre alternative que la douche pour le soulager. En pays froid c’est une autre histoire. La crasse (le lodo-filth) prend plus de temps à s’incruster. Je suis malade, complètement malade, parfaitement malade, comme le disent en pleurant presque Serge Lama et Lara Fabian ! Mais cela ne fait pas de moi un galeux, même si je revendique le titre de brebis galeuse ! Il en faut un dans toutes les bonnes familles, allez je me sacrifie car je suis l’aîné ! Et je préfère quant à moi chanter avec Luiz Gonzaga depuis 1953 et son Xote das Meninas

Mandacaru quando fulora na seca

é o sinal que a chuva vem no sertão

Ainsi il n’y a aucune équivoque sur la question. Je suis comme un mandacaru, cactus succulent, et c’est quand je commence à fleurir en temps de sécheresse que la pluie s’annonce au-dessus de la brousse. Quand je suis sous la douche je peux y rester une éternité car j’ai plaisir à détacher de mon corps toute pellicule de crasse (il y a un joli mot en portugais, ça s’appelle lodo, différent de lama, la boue) (il y a aussi en anglais un mot filthy, dérivé de filth, la crasse à l’état pur). Eh bien moi je pense que pour se sentir propre il faut s’être senti sale et je ne me lave que quand je me sens sale, je ne me lave pas par habitude, par devoir, par nécessité, par morale, je ne me lave que par plaisir. Etrange, me direz vous ! Si vous étiez mon analyste vous me demanderiez probablement « Mais d’où vous viennent, cher monsieur, de telles turpitudes ?

Aquaphobie. Voilà la maladie orpheline dont je souffre ! Et prendre sa douche n’est qu’un atoll sur l’océan de ce qu’induit ce trouble. Oh mais rassurez-vous, docteur, j’ai mon gant de toilette pour une hygiène sommaire et ma bouteille de parfum CK Calvin Klein pour me débarrasser des fragrances de chlore.

Mais l’eau dont j’ai la peur panique et qui m’attire en même temps par excellence c’est l’eau de mer ! Quand je n’ai pas pied quelque part, je me crispe, je suis mal à l’aise, je coule. J’ai il y a presque  40 ans essayé de faire face à cette affreuse condition et de prendre des cours. Les quelques cours que j’ai suivis m’ont permis de plonger dans un coin de la piscine. J’ai pris plaisir à apprendre les rudiments de la brasse mais la piscine, qu’on soit dans le bassin ludique, ou dans le grand bain, ce n’est pas la réalité, et muni de ces quelques cours je me suis plongé dans la mer des Caraïbes au Moule et j’aurais pu y laisser ma vie car dès que je n’ai plus senti le sable j’ai paniqué et failli entraîner dans les profondeurs ma compagne d’alors qui heureusement savait nager. Etrangement depuis aucune de mes compagnes n’a jamais su nager. Donc je me suis laissé aller à la complaisance. Aux autres la planche à voile, le PMT (palmes, masque, tuba), le wakeboard, le paddle ! A moi la grève, les petits coquillages et les bières estupidamente glacées ! Aventurier comme je crois l’être il y avait un hiatus !

Mais que faire ! Puisque je suis malade ! J’aime la mer et mon souhait le plus intense alors que je franchis le Cap Horn des 65 ans c’est d’apprendre à nager. Car aussi étonnant que cela paraisse j’adore l’eau, c’est de la profondeur intouchable, impalpable que j’ai peur.

Etant enseignant je sais le traité des corps flottants d’Archimède qui dit ceci :

Tout corps plus léger que le liquide où il est abandonné, ne sera pas complètement submergé, mais restera une partie au-dessus de ce liquide.

Pour peu donc que j’apprenne à apprivoiser l’eau, pour peu que je prenne plaisir à nager cette aquaphobie peut se transformer en véritable aquaphilie. Me connaissant je sais qu’elle doit être encadrée, répétitive, routinière. Avec artifice (bouée, pull buoy, frite, perche, échelle, palme, masque, tuba, que sais-je) et sans artifice. Il faut aussi décliner tout cela avec l’apprentissage adapté de la technique des trois nages. Plusieurs fois j’ai eu envie de guérir et reprendre mes cours d’aquaphilie accompagné d’un moniteur nageur-sauveteur, au Brésil à Salvador dans le quartier d’Itapuã, puis encore récemment à Saintes et à chaque fois il m’a semblé que les astres n’étaient pas alignés pour que je me mette sérieusement à l’affaire. Puis la retraite s’approchant je viens de décréter l’apprentissage de la natation comme défi essentiel à relever pour mes futures années de senior. Imaginez moi en train de faire la planche, faire l’étoile de mer, faire le canard, faire la grenouille. J’en jouis d’avance ! Cela vaut bien tous les coïts du monde, non ! J’imagine la chose ainsi : 45 minutes de cours une fois par semaine et 45 minutes de pratique ludique une autre fois. Ce sont mes nouvelles bonnes résolutions. Un petit problème cependant, même si je suis entouré d’eau, résidant actuellement sur l’île de Mayotte, la seule piscine d’envergure se trouve à Koropa Majicavo, dans la ville de Koungou ou alors il faut se rendre à l’hotel Sakouli près de Bandrélé. Mais pourrais-je disposer de mns ? That is the question ! Et moi je réside à M’Tsapéré ! Oh ce n’est pas la mer à boire. Mais je n’ai pas de dilemne, pas d’état d’âme. Ce n’est plus qu’une question de mois et pourra m’appeler le triton !

Quelle progression ? Je vous retranscris, après avoir corrigé quelques fautes d’orthographe ou d’inattention le forum consacré par Babeth à l’aquaphilie. Je note qu’il lui a fallu 26 séances pour atteindre le niveau 1 de la natation

 1er cours) Dans le bassin ludique (1.20 m), en se tenant au mur, on immerge seulement la bouche et souffler (répéter plusieurs fois cet exercice), ensuite immerger également le nez en alternant le souffle par la bouche et par le nez (faire plusieurs fois cet exercice), toujours en immersion la bouche et le nez : mettre 2 doigts à la bouche en les mordant un peu et souffler afin de démontrer que l’eau ne rentre pas. Toujours en se tenant au bord, s’allonger entièrement sur le ventre et immerger totalement la tête (n’oubliez pas de souffler).

2nd cours) Avec l’aide de 2 frites, s’allonger sur le dos et rester quelques secondes sans bouger puis faire le même exercice sur le ventre et souffler. Toujours avec les frites, faire l’étoile de mer sur le dos en écartant bien les bras et les jambes et rester immobiles puis la même chose sur le ventre.

3ème cours) On reprend les 2 frites, on se met sur le dos et on commence à faire des battements de jambes (faire attention à la tête à cause des obstacles derrière qu’on y voit pas, faire des repères à l’aide du plafond), même chose sur le ventre en ayant la tête immergée, soufflez et la sortir en inspirant (répétez cela plusieurs fois). Passage du petit au grand bassin (3 m de profondeur), en se tenant par l’échelle : descendre le plus loin possible et remonter calmement à la surface (faire l’exercice 2-3 fois) puis avec les frites s’allonger sur le ventre avec battements de jambes faire quelques mètres tout en restant près du bord puis faire le retour sur le dos avec les battements de jambes et près du bord du bassin.

4ème cours) Refaire les mêmes exercices du cours précédent dans le bassin ludique mais cette fois-ci avec une seule frite. S’allonger sur le dos et y mettre la frite devant soi à bout de bras et en ajoutant les battements de jambes et faire quelques mètres puis s’allonger sur le ventre et mettre la frite à bout de bras, la tête immergée et faire des battements de jambes. Dans le grand bain, faire l’étoile de mer (position ventrale) en se tenant avec les 2 mains au bord puis retirer une main : même avec une main tenant le bord on flotte (la flottaison est plus importante dans le grand bain donc plus d’appui d’être porter par l’eau), descendre par l’échelle le plus loin possible tout en soufflant lentement et remonter tranquillement à la surface (répéter 3 fois l’exercice) et même exercice avec la perche ces derniers exercices permettent de mieux accepter la profondeur.

5ème cours) Dans le grand bain, refaire les exercices d’immersion avec l’échelle et la perche, se mettre en boule tout en étant près du bord (se tenant aux genoux) en cas de difficulté, avec l’aide de 2 frites faire quelques mètres sur le ventre puis refaire le même pour le retour sur le dos, sauter en étant assis sur le bord en tenant la perche (faire 3 fois l’exercice.

6ème cours) Grand bassin, faire les exercices d’immersion (échelle et perche), prendre 1 frite tout en restant près du bord en s’allongeant sur le ventre et bras tendus, la tête dans l’eau et battements de jambes faisant une longueur puis faire la même chose pour le retour sur le dos, se mettre debout au bord du bassin tenant la perche en sautant sans l’eau à pied joint (saut de bouteille).

7ème cours) Grand bassin, même exercices d’immersion que la fois d’avant, nager sur le ventre en se tenant d’une seule main au rebord sur toute la longueur du bassin, même exercice mais cette fois-ci sur le dos pour le retour puis les refaire avec 2 frites et pour en finir avec 1 frite.

8ème cours) Petit bassin : exercices d’échauffement : s’allonger sur le ventre, tête dans l’eau en soufflant lentement, mains agrippées au rebord avec battements de jambes puis le même exercice sur le dos avec l’aide de 2 frites. Début du cours s’immerger complètement en soufflant à la fois par la bouche et le nez afin de pouvoir s’asseoir au fond, nager d’une échelle à une autre sur le ventre avec les bras simplement devant soi et avec mains croisées l’une sur l’autre et faire uniquement des battements de jambes tout en restant près du bord, même exercice en passant au début au dessous de 2 frites puis sous 4 frites en faisant à chaque fois l’aller et retour, toujours en immersion faire un signe et voir le signe d’une autre personne du groupe et le refaire devant le MNS, se mettre en groupe de 2-3 personnes en se tenant par la main en s’immergeant au compte à rebours du MNS puis même exercice et cette fois-ci faire l’étoile de mer ventrale à l’écoute du son de la perche tout en tenant les mains des partenaires.

9ème cours) Petit bassin : Mêmes exercices d’échauffement que la semaine dernière ; agripper au rebord du bassin en mettant la tête dans l’eau et la relever pour la respi; en faisant les mouvements de ciseaux (mouvements de grenouille en brasse) avec les jambes ; avec 1 frite à bout de bras se laisser basculer de la position ventrale à la position dorsale et vice versa sans toucher le fond du bassin avec les pieds (à faire plusieurs fois) ; se mettre 3 par exemple en se tenant par les mains et refaire l’étoile ventrale puis toujours même exercice mais seulement 2 personnes font l’étoile de mer et la 3ème personne tire les 2 autres (le faire chacun son tour) ; se mettre en boule en s’immergeant et se laisser porter par l’eau tout en étant près du bord mais sans le toucher ; s’asseoir au fond du bassin : voici l’astuce pour y arriver sauter dans l’eau et s’immerger aussitôt jusqu’au fond grâce au poids qui fait pression pour faire redescendre le corps en bas et pour terminer nager 15 mètres avec 1 frite à bout de bras en position ventrale avec battements de jambes en relevant la tête pour la respi.

10ème et 11ème cours) Petit bassin : mêmes exercices d’immersion que la fois d’avant et cette fois-ci s’asseoir au fond du bassin et y rester un petit moment sans bouger et de se laisser remonter tranquillement par la poussée d’Archimède ; essayer de passer entre les jambes de votre partenaire (si vous n’arrivez pas, essayer de passer sous le bras sans le toucher) en ayant la forme d’hydrodynamique et de se laisser glisser ; se laisser aller au fond du bassin et d’un coup de pied au sol pour remonter à la surface (à faire plusieurs fois l’exercice) puis refaire cet exercice et faire l’étoile de mer mer sur le dos puis sur le ventre ; faire l’étoile de mer sur le dos et basculer sur le ventre sans toucher le fond du bassin avec les pieds ; se mettre en position dorsale avec une frite ou une planche en plaçant soit sur les cuisses ou derrière la tête et faire l’aller et retour avec seulement les battements.

12ème cours) Petit bassin : Par groupe de 2 personnes avec 2 frites sous les bras, se mettre dos à dos et faire des battements de jambes puis faire les mouvements de ciseaux ; toujours à 2 avec les frites, 1 personne se met à courir et la 2ème personne se trouvant derrière s’allonge sur le ventre et fait des battements de jambes puis les mouvements de ciseau.

Apprentissage de la respi en brasse et en crawl avec l’aide d’une planche à bout de bras : BRASSE : relever tranquillement la tête en faisant les battements de jambes rapides, prendre une bonne inspiration et remettre la tête dans l’eau et souffler lentement. CRAWL : la tête dans l’eau, lâcher d’une main la planche en l’amenant à la cuisse (il ne faut pas pour le moment que le bras qui fait le mouvement ne sorte de l’eau), tourner la tête du côté où le bras est contre la cuisse comme si vous devez mordre votre épaule, remettre la tête dans l’eau puis le bras qui se trouve à la cuisse là il faut le sortir en pliant le coude comme si avec le pouce vous aller toucher l’aisselle puis le ramener vers l’avant en frôlant l’oreille et se rattraper à la planche (faire la même chose avec l’autre bras). La position du plongeon du canard : se mettre en boule en s’immergeant et laisser remonter les fesses à la surface.

Grand bassin : faire des sauts avec l’aide d’une perche à partir du bord puis d’un petit mur (s’il y en a) et à partir du plot de départ.

13ème cours) Petit bassin : exercice de réchauffement (si l’eau est froide) faire un aller-retour sur le ventre avec battements de jambes puis avec les mouvements de ciseaux en brasse et une frite en bout de bras, la tête dans l’eau et y souffler lentement et la relever pour prendre une bonne inspiration ; maintenant qu’on est échauffé, nous allons apprendre la technique de la respi en crawl avec toujours 1 frite à bout de bras en faisant l’aller sur le côté droit puis au retour sur le côté gauche : en battements de jambes on amène le bras droit à la cuisse puis tourner la tête comme si on voulait mordre l’épaule (il faut pivoter tranquillement la tête et non pas la sortir : l’oreille gauche doit être coller au bras gauche) et remettre la tête dans l’axe pour la forme hydrodynamique puis refaire la même chose sur le côté gauche faire ces allers-retours 2-3 fois) ; maintenant faire la même chose en alternant les bras en aller et retour toujours avec frite à bout de bras (refaire cet exercice 2-3 fois) et pour ceux qui sont un peu plus à l’aise dans l’eau peuvent faire cet exercice sans la frite ; autres exercices se mettre sur le dos et basculer sur le ventre sans toucher le fond du bassin sans matériel et sans toucher le bord ; faire l’étoile de mer sur le dos et se laisser porter par l’eau le plus longtemps possible puis sur le ventre en respirant par la bouche, puis par le nez, par la bouche et par le cnez et pour finir sans la respi ; passer sous les frites sans les toucher (la technique qu’il faut pour cet exercice c’est de bien s’immerger au fond du bassin et s’allonger sur le ventre avec battements de jambes et les mouvements de bras en brasses, cet exercice se fait près du bord du bassin) ; faire un aller-retour sur le dos avec les bras en flèches et faire uniquement des battements de jambes puis même exercice mais en ramenant les bras jusqu’aux cuisses et faire les 2 derniers exercices et cette fois-ci sur le ventre.

14ème cours) Grand bassin : Avec l’aide d’une planche, se mettre sur le ventre et faire 25 mètres avec seulement les battements de jambes puis faire 25 mètres sur le dos avec la planche au niveau des cuisses ; en suite on se tient au rebord du bassin (avec les 2 mains) et se déplacer le long du mur en mettant la tête dans l’eau -le visage en face au carrelage du bord du bassin) sur une longueur de 15 mètres environs ; on reprend la planche et on essaie de dépasser la personne de devant et de se remettre vers le bord ; puis sans la planche, essayer de passer sous la perche sans toucher le bord puis même exercice mais cette fois-ci on y ajoute une planche près de la perche et pour finir sauter dans l’eau soit par le bord, ou d’un petit mur et ou du plot de départ (tout dépend comment la personne se sent capable).

15ème cours) Petit bassin : petits exercices d’échauffements pour commencer soit avec une planche ou une frite puis se mettre sur le ventre ou le dos et faire des battements seulement en allant et pour le retour la même chose mais en changeant de position ; se mettre sur le ventre en position de « flèche » sans matériel (mains croisées et la tête entre les 2 bras) avec battements de jambes et essayer de ramener les bras aux cuisses et les remettre devant soi toujours en croisant les mains puis le même exercice et cette fois-ci sur le dos (conseils pour remettre en flèche -mains croisées derrière la tête- après avoir ramener les mains jusqu’aux cuisses et faire le mouvement de roulis avec les 2 bras en même temps) ; refaire avec la planche l’exercice de la respi en crawl sur un seul côté pour l’aller et l’autre bras pour le retour puis essayer de nager le crawl sans matériel en ajoutant la respi (compter par exemple jusqu’à 3 mouvements de bras puis tourner la tête là où le bras est collé à cuisse -la position de Superman- comme si vous voulez aller mordre l’épaule ; pour la respi en brasse, partez en position de flèche puis chasser l’eau avec les mains en ouvrant les bras vers les 2 côtés extérieurs et ramener vos mains au niveau de la poitrine et à ce moment-là vous relevez la tête hors de l’eau durant un instant pour inspirer puis l’immerger (conseil pour les mouvements de brasse, il faut imaginer qu’on dessine un joli coeur dans l’eau avec les mains) en allongeant les bras devant soi et pour les mouvements de jambes soit vous faites des battements de jambes ou les mouvements de ciseaux ; pour se détendre faire l’étoile de mer sur le dos et basculer sur le ventre sans toucher le fond du bassin ; s’immerger au fond du bassin et s’asseoir ; même exercice en essayant de toucher le fond avec la main gauche par exemple; s’immerger et se mettre sur le dos tranquillement en faisant l’étoile de mer puis la même chose sur le ventre avec l’étoile de mer.

16ème cours) Grand bassin : exercices d’échauffement: avec une frite et sur le ventre faire des battements de jambes sur une distance de 25 mètres puis sur le dos toujours avec battements de jambes sur 25 mètres de plus ; se tenir d’une seule main au rebord du bassin et nager sur le ventre puis en alternant de se déplacer le long du rebord en immergeant le visage (en regardant le mur du rebord) sur une distance de 25 mètres par exemple ; avec l’aide de la perche (tenue par le mns) s’immerger complètement le long de la perche et l’a lâcher et se mettre en garde-à-vous pour se laisser remonter tranquillement ; même exercice mais cette fois-ci on se met par groupe de 2 personnes l’une se tient au rebord et l’autre doit descendre au fur et à mesure en se tenant au corps de son co-équipier (attention de ne pas enlever le bas du maillot de votre co-équipier :lol: :lol: :lol: ) ; nager sur 25 mètres sur le dos avec l’aide d’une frite ; faire la toupie calmement dans l’eau sans tenir le rebord et en regardant la perche devant soi en s’immergeant et faisant des mouvements de jambes et de bras puis, pour finir, faire des sauts avec ou sans la perche à partir soit du rebord du bassin ou du petit mur et ou du plot de départ (faites-le si vous vous sentez capable de le faire car de toute façon le mns ne va pas vous forcer).

17-me cours) Grand bassin : Reprendre les mêmes exercices que la semaine dernière que ce soit en réchauffement puis en immersion, se déplacer le long du mur (faire toute la longueur du bassin calmement) en se tenant au rebord du mur et immerger la tête durant 5 secondes environs ; à la place de faire la toupie vous vous mettez en boule en se tenant aux genoux (la tête immergée dont le regard vers le fond bassin et les fesses à la surface) mais attention de ne pas se cogner la tête contre le rebord (comme cela m’arrive régulièrement :lol: :lol: ) puis pour compliquer la situation : sauter avec ou sans perche dans l’eau et se mettre en boule mais rassurez-vous le moniteur place la perche près de vous en cas de problème.

18ème cours) Grand bassin : exercices de réchauffements 25 mètres sur le dos avec une frite devant et faire uniquement des battements de jambes ; 25 mètres supplémentaires sur le ventre en position de flèche (en position d’hydrodynamique avec le regard vers le fond du bassin et le menton collé à la poitrine) et se rattraper d’une main au rebord pour la respi avec également des battements de jambes ; faire 25 mètres en crawl mais avec seulement d’un seul bras (celui qui est opposé au rebord) qui travaille en poussant très fort l’eau vers l’arrière et tourner la tête du côté où le bras travaille avec le roulis en y comptant jusqu’à 3 puis tourner la tête pour la respi ; effectuez par la suite des exercices d’immersions par l’échelle et la perche, puis en faisant des sauts en se tenant par la perche ; sauter avec la perche en y ajoutant dans l’exercice s’immerger également par l’échelle et se déplacer tout le long du mur avec la tête immergée en apnée et pour finir se mettre au bord bassin avec une planche sous les genoux et se tenir d’une main à la perche et se laisser basculer la tête en premier.

19ème cours) Grand bassin : exercices d’échauffements sur 50 mètres et sans frites avec battements de jambes seulement et en position de flèche (s’agripper au rebord pour la respi) sur le ventre puis le retour toujours sur 50 mètres en position ventrale avec une frite (sans s’agripper au rebord) ; avec la perche s’immerger complètement en essayant de toucher le fond du bassin puis lâcher la perche et remonter tranquillement (à réaliser 3-4 fois l’exercice) ; même exercice mais en essayant de mettre en boule et de se laisser remonter grâce à la poussée d’Archimède ; le moniteur place la perche jusqu’à la ligne d’eau dont un groupe doit nager jusqu’à la ligne d’eau et y revenir et le second groupe doit passer sous la perche (le long du mur) ; la perche reste dans la même position mais cette foi-ci on doit zig-zaguer en passant d’un côté puis de l’autre côté de la perche jusqu’à la ligne d’eau puis revenir et pour finir sauter à pieds joints sans la perche (elle se trouve juste à coté de vous en cas de problème) et y revenir au bord ; essayer de contourner la personne, en face de soi qui est agrippée au rebord, sans l’aide de matériel mais avec seulement la vue de la perche devant soi et s’y agripper en cas de problème.

20ème cours) Bassin ludique : avant de commencer le cours, installer 2 lignes d’eau pour faire un couloir ; avec planche faire 2 allers et 2 retours tranquillement jusqu’à l’autre bout de bassin ; même exercice mais cette fois-ci sans la planche en faisant le crawl en comptant 3 mouvements de bras puis tourner la tête sur le côté pour la respi (idem pour la brasse) ; en position ventrale et en flèche faire uniquement des battements de jambes sur l’aller puis sur le retour même chose mais cette fois-ci toujours en flèche et là ramener les bras vers les cuisses en forçant sur les bras par rapport à la résistance de l’eau ; faire le même exercice en position dorsale en sortant les bras (les pouces en premiers) juste avant de les replacer en flèche derrière la tête et les ramener aux cuisses ; se mettre dos mur avec bras en flèche au dessus de la tête et s’immerger jusqu’à la tête et se laisser aller en avant et faire des battements de jambes tout simplement ; même exercice et cette fois-ci en mettant un pied contre et se laisser propulser en poussant fortement avec le pied et se laisser glisser le plus longtemps possible sur l’eau ; placer la perche sur les 2 lignes d’eau à une petite distance par rapport au mur et essayer de passer plusieurs fois sous la perche et sans la touche tout en étant en apnée pour ceux qui arrivent sinon vous pouvez souffler (à faire cet exercice une bonne dizaine de fois de suite) ce n’est pas important que vous n’y arrivez pas du premier coup c’est tout à fait normal.

21ème cours) Petit bassin : Aujourd’hui nous allons apprendre les techniques en utilisant comme d’habitude avec frites ou planche mais en y ajoutant les palmes (elles nous permettent une meilleure flottaison et moins se fatiguer en battements de jambes). Avec une ou deux frites ou une planche faire 2 allers et 2 retours sur le ventre pour commencer à s’échauffer ; puis sans matériel mais en gardant les palmes aux pieds et à partir en flèche sur le ventre et faire seulement des battements de jambes et pour le retour faire le même exercice en flèche sur le dos ; nager le crawl avec 3 temps de mouvements pour la respi (à faire 2 allers et retours) ; même exercice sur le dos en flèche au départ puis ramener les bras vers les cuisses sans les sortir de l’eau et les sortir pour se remettre en position de flèche (faire cet exercice en 2 allers et retour) ; prendre une planche en la tenant à bout de bras d’une seule main et l’autre collée à la cuisse puis faire pivoter la tête du côté libre et prendre une inspiration (vous faites 2 inspirations sur le même côté puis changez de bras -vous constaterez qu’il y a toujours un côté où l’on est + à l’aise que l’autre) et y faire un aller-retour ; essayer de passer tout près de votre copain du groupe qui se tient par exemple au rebord et vous y devez passer en étant totalement immerger et y passer sans toucher votre copain et le mur ; essayer de faire une roulade avec les palmes (si vous n’y arrivez pas ce n’est pas grave car moi même je n’y suis pas arrivée du tout :pleure: :unhappy: :ops: ; après avoir retirer les palmes, descendre le long de l’échelle puis s’allonger sur le ventre au fond du bassin ; refaire le même exercice et toucher le fond du bassin avec une main.

22ème cours) Grand bassin : avec l’aide d’un frite et seulement qu’avec des battements de jambes parcourir 50 mètres sur le ventre avec visage immergé et le regard vers le fond du bassin (relever la tête tout de même pour la respi) ; même exercice et cette fois-ci sur le dos avec frite à bout de bras devant soi pour la même distance au retour ; puis sans la frite parcourir 25 mètres en flèche sur le ventre (s’agripper au rebord pour la respi) ; même exercice mais sur le dos en flèche : pour vous aider à vous propulser garder une main sur le rebord (cette main vous aidera à vous propulser au départ) l’autre bras vous placer derrière la tête et vous vous poussez grâce au rebord avec l’autre main et aussitôt vous placez cette main à l’autre main qui est derrière la tête et à parcourir les 25 mètres supplémentaires ; exercices d’immersion à l’échelle et à la perche en prenant une bonne inspiration et souffler lentement le long de la descente soit par la bouche et/ou le nez puis se laisser remonter tranquillement jusqu’à la surface sans rien tenir en étant au garde à vous c’est ce qu’on appelle LA REMONTEE PASSIVE ; le mns place la perche en largeur et vous devez passez en dessous la perche sans la toucher et ni le mur et après cela se déplacer le long du mur jusqu’au bout du bassin en immergeant la tête et souffler et pour finir les exercices de plongeon d’abord avec la perche au niveau du bord ou du petit mur ou du plot de départ (à faire 2-3 fois) puis le mns se place entre la ligne d’eau et le plot de départ, il place la perche dans l’eau et vous devez sauter de à côté de l’échelle (non pas du côté où il y a le mur mais à l’opposé) et nager vers la perche mais si vous ne vous sentez pas le courage de le faire (comme moi par exemple :ops:) vous pouvez le faire d’une autre manière le plongeon : vous vous s’asseyiez au bord du bassin avec les mains croisées au-dessus de la tête et vous vous laissez tomber en avant et le plus loin possible (d’ailleurs sur ce site il y a une vidéo sur le plongeon assis) moi je l’ai appelé LE PLONGEON DU CROCODILE et vous verrez bien que l’eau vous remonte et vous dirigez vers la perche.

23ème cours) Grand bassin (pour ce cours nous n’allons pas utiliser de matériel mais on va le faire tranquille aujourd’hui) : en flèche ventrale et parcourir en battement de jambes uniquement sur toute la longueur du bassin soit 50 mètres ; exercices d’immersion par l’échelle et par la perche (répéter cet exercice 2-3 fois) ; exercices d’immersions toujours les mêmes mais là vous vous lâchez et vous vous mettez en boule et se laisser calmement (le moniteur place toujours la perche près de vous en cas de problème) ; toujours exercice en immersion mais cette fois-ci + difficile en vous aidant de la perche et de l’échelle (pour varier) immerger la tête en bas et les pieds joints en haut comme si vous faites la bougie en gymnastique et vous essayer de descendre le plus loin possible en vous tenant à la perche ou l’échelle ; comment rester la tête hors de l’eau sans être immergée et sans tenir le rebord en faisant du surplace : il faut faire tout simplement des mouvements de cercle avec les pieds puis vous y ajouter les mains en faisant les mêmes mouvements et vous constaterez vous flotter en restant sur place ; même exercice et cette fois-ci faites un tour complet d’un sens puis dans dans l’autre ; longer le long du rebord puis à un point donné par le moniteur vous faites un tour sur vous-même sans toucher au rebord puis vous vous mettez sur le dos avec battements de jambes et vous parcourez le restant de la longueur du bassin calmement ; d’une main se tenir au rebord et l’autre doit effectuer le mouvement qu’on effectue en crawl en poussant très fort l’eau vers l’arrière avec cette main en parcourant les 50 mètres ; exercices de détente en prenant une bonne inspiration et s’immerger complètement en se tenant au rebord et en gardant les yeux fermés, souffler lentement (à répéter 3-4 fois au moins) ; parcourir les 50 mètres au retour en nageant la brasse et pour finir le cours faire les exercices de plongeon avec ou sans perche à partir du bord ou du mur ou du plot de départ.

24ème cours) Petit bassin : Prendre une planche et se mettre sur le ventre et faire une longueur avec seulement battements de jambes et la respi en brasse, pour le retour se mettre sur le dos avec la planche placé devant soi avec battements de jambes ; toujours avec la planche et en position ventrale sur aller-retour faire les mouvements de bras en crawl et au bout de 3 mouvements de bras tourner la tête pour la respi (là où le bras est collé à la cuisse) ; même exercice mais cette fois-ci on laisse une main accrochée à la planche et l’autre main à la cuisse (on appelle cela la position de Superman) en faisant des battements de jambes on essaie de tourner la tête pour la respi et cela en faisant un bras chacun sur 2 longueur ; puis sans planche essayer de nager le crawl ; s’immerger complètements jusqu’au fond du bassin et se mettre en boule tout en se laissant remonter à la surface en apnée ; même exercice de boule et se mettre en étoile de mer ventrale puis dorsale en remontant à la surface toujours en apnée ; ensuite le moniteur place une frite dont le but est de passer sous cette frite en s’immergeant complètement et en soufflant par le nez lentement puis passer en dessous la frite sans la toucher en essayant de nager sous l’eau le plus loin possible ; se mettre à 2 il y a une personne qui tient les mains de l’autre qui se laisse s’allonger sur le ventre et celle qui la tient la tier en se déplaçant (il faut changer de rôle).

25ème cours) Petit bassin : avec l’aide d’une planche, faire les mouvements de ciseaux en brasse avec la tête immergée ou pas (c’est comme vous le sentez) uniquement en écartant les cuisses vers l’extérieur et plier genoux en les ramenant à la poitrine puis avec les pieds tendus poussez l’eau derrière vous et ramener les jambes (comme font les grenouilles dans leurs mouvements) – refaire plusieurs fois cet exercice sur une petite longueur précisée par le mns – refaire le même exercice et cette fois-ci en se tenant au rebord du mur et faire 2 mouvements de ciseaux avec la tête immergée et souffler lentement puis 2 autres mouvements de ciseaux en ayant la tête hors de l’eau (répéter cet exercice plusieurs fois) ; avec la planche on va faire les mouvements de bras en crawl « les roulis » en ajoutant la respi : d’une main lâcher la planche en l’amenant à la cuisse et tourner la tête vers ce côté comme si vous voulez mordre votre épaule puis ramener ce bras de la cuisse vers la planche et vous changez de bras (faire plusieurs fois cet exercice sur une petite distance à chaque fois) ; s’immerger complètement en soufflant par nez en essayant d’aller s’asseoir au fond du bassin puis se laisser remonter tranquillement en se mettant en boule ; s’immerger complètement en se mettant en boule et se laisser remonter à la surface en faisant l’étoile de mer ventrale et dorsale et pour finir faire la planche et attraper une jambe (vous allez constater que le corps va tanguer un peu ) en la ramenant vers la poitrine et pendant quelques secondes le corps va bouger légèrement de différents côtés mais il va très vite se stabiliser : on constate que LE CORPS FLOTTE.

26ème cours) Grand bassin : avec une planche (ou une frite) parcourir 25 mètres sur le ventre en relevant la tête pour la respi ; puis se mettre sur le dos avec planche/frite devant soi (le regard vers le plafond pour aller droit) ; réaliser plusieurs fois les exercices d’immersion d’abord avec la remontée passive puis remonter à la surface en se mettant en boule (essayer de toucher le fond du bassin mais surtout bien souffler par le nez et par la bouche -si vous avez mal aux oreilles à cause de la pression soit vous vous bouchez le nez ou mieux encore avaler la salive) ; parcourir 50 mètres avec la planche/frite en faisant le mouvement de roulis en crawl d’un seul bras avec la respi sur le coté où le bras travaille (bras collé à la cuisse -exemple 2 mouvements de roulis et au 3ème mouvement tourner la tête sur le côté ; exercices de plongeon avec ou sans perche soit du bord, ou du petit mur ou du plot de départ.

Bassin ludique : sans matériel se mettre en flèche sur le ventre avec battement de jambes puis écarter légèrement les bras pour relever la tête pour la respi (même technique qu’en brasse) faire cet exercice sur une distance que le mns a désigné ; toujours en flèche sur le ventre mais là d’une main faire un poing de main avec pouce :+ comme celui-ci mais ce pouce va être tenue par l’autre main qui va travailler le mouvement de roulis en accélérant la main en poussant l’eau fortement derrière soi ; sur le dos en faisant la planche avec battement de jambes en sortant les 2 mains en même temps par les pouces devant soi puis les ramener aux cuisses en les passant derrière la tête (mouvements de dos crawlé mais avec les 2 bras en même temps ; toujours sur le dos en flèche faire 2 mouvements de roulis d’un seul bras en laissant l’autre derrière la tête puis changer de bras.

qui aime bien chatouille bien

62

Tel Aristophane, je faisais mien jusqu’à peu de temps le vieil adage stoïcien  « qui aime bien châtie bien ». « qui bene amat bene castigat » ! Qui aime bien corrige bien, essaie de rendre meilleur et cela passe parfois par des châtiments, des punitions, des brimades! Alors que j’habitais au Brésil j’ai senti que cet adage était loin de faire consensus. « Qui aime bien ne peut pas châtier » me disait-on effaré par la possibilité du châtiment amoureux. Seul Dieu peut châtier ! Qui étais-je donc pour aimer et châtier selon mon bon vouloir. Pourtant chez Socrate aimer et battre sont une seule et même chose. Mais les Grecs ne sont pas les Brésiliens ! Et au Brésil l’enfant est roi et a tôt fait de vous tancer vertement, et de vous signifier qu’étant le sang de votre sang tout doit lui être dû, pardonné, rien ne doit être expié, l’amour du clan étant plus important que la recherche de la  vérité et de l’excellence et u dépassement de soi.

Les mots ont des sens et connotations variables selon les cultures. J’ai aussi appris de certaines personnes pieuses au Brésil qu’on ne pouvait utiliser le verbe adorer qu’avec Dieu. je ne pouvais donc plus adorer les palourdes, ni les gombos, ni les feuilles de dasheen. Je ne disais donc plus adoro à la connotation déiste mais je pouvais dire adolo, ou dolo. Comme quoi une lettre change et le monde est bouleversé. D’ailleurs pendant que j’y pense le mot anglais pour bouleversant est devastating

Dans qui aime bien châtie bien il y a pour moi l’idée que ce n’est pas parce qu’on aime qu’on ne doit pas être exigent envers ceux que l’on aime et que cette exigence peut parfois mener au châtiment.

Mais maintenant que je viens de passer le cap Horn des 65 ans je change mon fusil d’épaule et je dis depuis Mayotte « qui aime bien chatouille bien ». Voila qui est neptunien à défaut d’être jupitérien du fond de l’océan indien! Je ne cours pas le risque d’être honni. C’est mieux que « qui aime bien fait des guilis-guilis » ! « Qui aime bien fait des cocegas » ! Il y aura je n’en doute pas des esprits chatouilleux et chagrins au point de vouloir chicaner sur le genre de chatouille que je préconise et qui se mettront à déchiffrer dans le texte  les mille arcanes du kamasutra.  Chatouiller c’est étymologiquement provoquer des tressaillements; kietelen en néerlandais, tickle en anglais. Et comment provoque-t-on ces tressaillements, me direz-vous, Monsieur le Marquis Chatouilleur ? Sans aller jusqu’au kamasutra, il suffit  d’aller aux aisselles, sous la plante des pieds car il ne s’agit pas de faire ronronner mais de faire tressaillir. La nuance est d’importance.Mais quoi qu’il en soit chatouiller est un verbe transitif comme aimer, il suppose un sujet et un objet et ceci dès le 15ème siècle puisque l’étymologie de chatouiller dans le cnrtl.fr cite cette phrase où chatouiller se disait alors catoillier et voulait dire tout simplement  exciter en français médiéval selon   Charles d’Orléans dans son ouvrage écrit en 1414 La retenue d’Amour, éd. P. Champion, 219-223 , 1923

« Quand Beauté vit que je la regardoye,

Tost par mes yeulx un dard au cueur m’envoye,

Quand dedens fu, mon cueur  vint esveillier,

Et tellement le print à catoillier

Que je senti que trop rioit de joye. »

Superman est-il animé par son cortex reptilien?

Ma chère et tendre analyste privée me propose en introspection, comme rituel d’accompagnement sur les derniers hectomètres menant à la borne km 65, la chanson de Gilberto Gil, Super-homem, qui date de 1979 et qui s’inspire du film Superman de Alexander Salkind sorti en 1978. Et me dit en souriant que derrière chaque grand homme il y a une grande anima. Derrière chaque Clarke Kent il  y a un Superman et une Lois Lane.

  https://youtu.be/4KTwdr5aTT4

Derrière chaque Superman, chaque homme d’acier ou de fer forgé il y a la fragilité masculine de Christopher Reeve qui vécut les neuf dernières années de sa vie tétraplégique. Il était né a New York un mois et 5 jours avant moi. Il est mort le 10 octobre 2004.
 https://youtu.be/oG-drSJ52x0

Un Superman selon Gil c’est celui qui assume sa portion féminine. En conséquence une Superwoman est celle qui assume sa portion masculine.

 http://gnt.globo.com/programas/papo-de-segunda/videos/4238440.htm

En termes junguiens la portion féminine inconsciente chez l’homme c’est l’anima  qui compense le conscient masculin tandis que la portion inconsciente  masculine chez la femme c’est l’animus qui compense le conscient féminin. Anima et animus couvrent des préjugés inconscients, des a priori qui vont contre balancer le conscient. Ces préjugés sont de l’ordre des humeurs et des caprices pour l’anima et au niveau des opinions pour l’animus.

 Moi je dirais plus sobrement que la portion indispensable à chacun n’est ni animus ni anima mais animale. 

L’anima c’est un reflet de l’âme féminine. L’animus est un reflet de l’âme masculine. 

J’ai des problèmes avec le mot âme, voyez vous. Je lui préfère le mot esprit, spirit. Comme dans l’adresse catholique en latin « Dominus vobiscum. Et cum spiritu tuo ».

L’âme me renvoie à des considérations religieuses, à cette question que pose le poete Lamartine quand il écrit dans ses Harmonies poétiques et religieuses en 1901: « objets inanimés, avez-vous donc une âme qui s’attache à notre âme et la force d’aimer? ».

Le même Lamartine écrit dans le même ouvrage : “Plus nous ouvrons les yeux, plus la nuit est profonde ; Dieu n’est qu’un mot rêvé pour expliquer le monde, Un plus obscur abîme où l’esprit s’est lancé.”

Tant que les fourmis et les criquets n’auront pas d’âme moi je n’en aurai pas. Je suis donc un superanimal, à défaut d’être un superhomme. L’homme est doté de raison nous dit-on, l’animal est mu lui par l’instinct et l’intuition.

Je pense au contraire qu’un superanimal est celui qui trouve dans l’instinct, qui n’est somme toute qu’un savoir toujours revisite, et l’intuition qui est un saut dans un vide préconçu, sa raison d’être.

Les rationalistes évoquent à loisir les bas instincts de l’homme: instinct de survie, de conservation, de procréation, ces instincts qui nous rapprochent de la bestialite, ces instincts primaires des bas-fonds, installés bien au chaud et préservés dans notre cerveau reptilien, le paléo cortex.. Ces sages exaltent les instincts supérieurs volatiles circulant eux entre les deuxième et troisième cerveaux dits cerveaux limbique (méso cortex) ou supérieur (néo cortex)

Entre tous ces cortex je suis un Superman, un dieu capable de modifier le sens de rotation  de la terre, de revenir en arrière  dans le temps s’il le faut pour sauver ma portion féminine  qui est ensevelie quelque part . Il faut que je cède les bagues et les anneaux de Saturne si je ne veux  pas perdre les doigts. Doigts et bagues ne font qu’un indossociable qui s’auto-anime, reanime et desanime tout en voguant sur le vaisseau animal mu par l’instinct et l’intuition. Sont-ce la mes portions féminines ? En avant  cortex ! On verra bien. Je continue ma route, sans boussole, sans nord, en pleine ame du cyclone. Superman n’est qu’un mot rêve pour expliquer l’homme animal. por causa da mulher…..

On ne dit plus mademoiselle depuis longtemps. On dit madame.

Elle a douze ans et en paraît 16. C’est Samira, la fille de Wally, mon pote sénégalais. J’entre chez elle accompagné de son père et lui dis:  » bonjour mademoiselle ». Elle me répond: « madame. » Sur le coup je ne réagis pas. Me suis-je trompé de personne ? Est-ce une sosie de celle que Wally m’a montrée il y a deux semaines avec sa fierté toute paternelle ? Celle-ci serait donc mariée ou tout du moins mère de famille puisqu’elle se fait appeler Madame!

Je la revois par hasard deux heures après chez le coiffeur d’à côté et lui exprime mon désarroi. « Tu es bien la fille de Wally que j’ai vue il y a deux heures. » Oui. « Tu es mariée ? » Non mais on ne dit plus mademoiselle depuis longtemps c’est fini, ça, car on ne dit plus jeune homme, jeune fille, on dit monsieur, madame, c’est tout.

J’encaisse. Ah bon, je ne savais pas cette évolution de la langue française. Pourtant je suis censé être prof de français. Je suis interloqué. Selon moi il y a une incompréhension de génération. Je tente une escapade. Aux USA je sais qu’il y a des femmes qui refusent d’être miss ou mrs et qui se font appeler ms mais cela reste assez marginal puisque globalement les sociétés restent phallocrates et je n’ai jamais entendu parler d’une telle évolution socio-linguistique en métropole. Serait-ce l’une des nombreuses particularités mahoraises ou serais-je à côté de la plaque depuis un certain nombre d’années ? Il me faudrait sans doute un peu de recyclage. Lundi j’en parlerai à mes collègues Mahorais et métropolitains et la lumière se fera. En attendant j’ai une question : dois-je traiter cette dame de tu ou de vous?

Le même jour j’ en parle à Wally qui n’en croit pas ses oreilles. Il est interloqué. Je lui dis pour rigoler. « Je suis sûr qu’un jour ta fille, qui est sans doute féministe, ou qui a été induite à penser ainsi, qui sait, aura du plaisir, quand elle aura 40 ou 50 ans à se faire appeler mademoiselle. Laisse faire le temps. » Je sens chez Wally poindre l’ impuissance. Il est dépassé par sa fille. Nous rions comme deux chauvinist pigs que nous sommes. Puis il me demande. « Mais que faisait-elle chez le coiffeur?  » J’ ai fait sortir sans le vouloir du nid le père possessif. J’ essaie de noyer le poisson. Elle cherchait un produit, peut-être , mais moi qui ne suis pas né de la dernière saison des  pluies j’ai vu en deux nano-secondes une ébauche de dissimulation de romance rapide. D’ailleurs une heure après je la retrouve chez son père avec les cheveux pas du tout adaptés à la circonstance, le mariage de son demi-frère. Elle se plaint: « regarde ce que le coiffeur m’ a fait. » Comme diraient les Brésiliens on traduirait son regard par « olha  aí a desgraça que essa porcaria de cabeleireiro fez em mim. »

Moi diplomate, quoi que male chauvinist, je retourne la question: « Et toi madame qu’est ce que tu en penses? ». Sa bouche prend la forme d’un cul de poule dépité. J’ai compris. Mais je pense pas qu’elle ait payé pour cette mascarade de coiffure. D’ailleurs je ne pense pas qu’elle ait même été coiffée. Embrassée peut-être, caressée peut-être par ce barbier qui a fait jaillir le sang de mon menton. Mais je suis mauvaise langue. Je suis un mâle chauvinist, le pire des pigs et ici peu de gens mangent du cochon. Faisons semblant de croire en la candeur virginale de l’enfant comme papa, feignons, les amis, feignons, poussons, poussons l’escarpolette, la la la la la la la la la la la la la. Elle a douze ans. C’est une enfant. Mais elle en paraît 17. Prépare-toi Wally pour le mariage de ta fille. Le sang bantou qui coule dans les veines de Madame est chaud bouillant comme le tien, souviens-toi de tes jeunes années,  et celui de sa mère.

Et il bande encore le bougre!

Si vous êtes pudibond, passez votre chemin, detournez votre regard de cette page car le sujet du jour c’est la bandaison. J’en vois déjà certains ou certaines qui se levent les yeux exorbités et les bouches en forme de cul de poule. Shoking! La bandaison est pourtant un noble art qui existe depuis que l’homme est homme. La bandaison c’est l’instinct primitif, l’inconscient collectif de l’homme. L’homme qui ne bande pas est un homme diminué car l’homme qui se respecte a besoin de ces trois jambes. La jambe droite, la jambe gauche et la jambe du milieu qui s’est rétrécie avec les siècles mais qui était il y a de cela des millénaires parfaitement équivalente en taille et en grosseur avec ses deux soeurs. L’homme préhistorique marchait non pas sur deux jambes mais trois jambes. Vous ne le saviez pas? On nous cache tant de choses! Tenez, essayez d’imaginer  le parfait équilibre que permettait le fabuleux tryptique. Autrefois dans la nuit des temps nos jambes étaient molles à l’état naturel, toutes flagada, celles des hommes tout comme celles des femmes. Nous rampions sur nos trois jambes qui toutes possédaient pieds et orteils. La fécondation se faisait au niveau du gros orteil de l’homme sur n’importe laquelle de ses trois jambes tandis que les demoiselles étaient ensemencées entre les doigts de pied au niveau du petit orteil de la seule jambe du milieu. D’où l’expression qui résiste au temps: prendre son pied. Ni homme ni femme ne bandait. D’ailleurs ni homme ni femme ne savait qu’il ou elle était homme ou femme. Ils ne pensaient pas, n’analysaient pas, ne calculaient pas, ils se frottaient répondant à l’appel de l’espèce, au rut, à des cycles, à des odeurs qu’ils ne comprenaient pas. Ce n’étaient pas des légumes mais presque. Ils se croisaient, peuplaient et multipliaient par simple et lent frottis-frotta.

Vint la première glaciation qui changea tout. Les jambes de poulpe des penispithèques (c’est ainsi que s’appelaient les hommes entre eux en ce temps-la) et des clitorispithèques (les demoiselles) subirent une mutation radicale . Les deux jambes extérieures devinrent rigides et articulées tandis que celle du milieu se rabougrit. Il fallut apprendre à marcher sur deux pieds. Mais même rabougrie en de grandes proportions cette jambe du milieu qu’on finit par nommer penis pour les hommes et clitoris chez les demoiselles, possédait toujours pieds et orteils, désormais rendus inutiles pour la marche.

Chaque fois que vous bandez, souvenez-vous, c’est votre humanité primitive qui se rappelle à votre bon souvenir. Plus vous bandez fort plus vous êtes en contact avec votre self.

Le problème de la bandaison c’est son corollaire l’éjaculation. L’ homme en état de bandaison passe simultanément par les phases de fierté due à l’érection, de nirvana jouissif due à l’éjaculation et de paix intérieure retrouvée due à la débandaison. Un homme en état de bandaison perd tout libre arbitre, il est en proie aux mille soubresauts de ses sens primitifs, il recherche frénétiquement cet entre-orteil de jadis pour épancher sa soif, c’est un oiseau sans ailes qui pue le frai. Il faut qu’il se soulage de ce mal nécessaire sans laquelle son existence même lui serait niée.

Les miens

Je lève mon verre aux miens.

Je n’aime pas trop le pronom possessif « les miens ». Il évoque trop la possession justement, les biens inaliénables que même un huissier jamais ne pourra saisir. Je ne peux revendiquer mien que ce qui m’appartient et si peu de choses m’appartiennent. Mes deux valises totalisant 33 kilos, mon corps rebondi, mon esprit. Deux assiettes, deux mugs, un fer à repasser, un mixer, un mortier, un pilon, une poêle, un frigo, une machine à laver, un téléphone portable, un bouquin et de la paperasse, voici tout le tresor que je possède. Je l’ai déjà dit par ailleurs : ma  richesse c’est moi.

Mon passeport est périmé. Ma carte d’identite annulée. Je suis un migrant. Yes sir ! I’m an alien !  Et je ne sais pas pourquoi en ce 27 septembre 2017, jour des saints jumeaux Côme et Damien, jour ou au Brésil on les fête à grands renforts de gombo et autres douces victuailles parfumées à l’huile de palme, je ne sais pas pourquoi je pense aux miens. Non,  les gombos ne font pas partie des miens, sauf à considerer qu’ils soient dotés de foi et de raison. Mais ils font partie de mes univers invisibles. 

Je ne sais pas pourquoi je pense à la traduction du film Clockwork Orange de Stanley Kubrick en Orange Mécanique. J’ai peut-être une explication qui tient plus à une vulgarisation debridee de la physique quantique qu’a autre chose. Je ne possède ni table ni chaise. Ennuyeux pour qui aime s’asseoir pour écrire. Or j’ai vu samedi matin dans un magasin d’électro ménager de Mamoudzou une table orange et des chaises violettes que j’avais déjà remarquées une semaine auparavant dans un restaurant appelé Moifaka. 

Je n’ai pas normalement cette soif outrancière de posséder. Les choses vont et viennent au gré des cyclones. Mais étrangement cette table à 79 € et cette chaise à 29 symbolisent mon enracinement proche. Je me considérerai installé quand elles troneront en majesté dans mon salon avec une petite télé qui me reliera au monde. Allez au diable l’avarice, ce sera mon cadeau d’anniversaire.

Samedi j’ai tourné, volte, vire, autour de cette table en aluminium orange. Pèse, soupèse, les avantages, les inconvénients. Se sédentariser, acquérir des biens matériels m’horripile, je n’aime pas collectionner, amasser. Il faut certes une base, un nid douillet pour que l’oiseau puisse prendre son envol et se retrouver mais en même temps si la paille est trop confortable ne risque-t-on pas de s’y enliser tel dans les sables mouvants ?

J’ai un petit matelas une place, tout petit, je m’y sens un enfant. Il vient d’Inde me semble-t-il et est imprimé de fleurs sur fond bleu. Je m’imagine que je dors sur la mer. Bien sur, un petit lit serait bien confortable pour mes vieux os, mais n’y a-t- il pas un bonheur obscur dans cette vie spartiate ? Je me le demande.

Je pense aux miens. Mes enfants, ma femme, ma mère, mon père, mes frères et soeurs, dans l’ordre et le désordre, comme au quarte plus, il y a les favoris du moment côtes à deux contre un, les tocards qui peuvent rapporter gros, les outsiders, les hongres, les pouliches, les purs-sangs, qui évoluent avec leurs jockeys au trot monte ou attelé, dans des sulkys ou au galop . Enghien, Chantilly, Vincennes, Deauville, Auteuil, Boulogne, Marseille Borély. Tous en selle, les miens! Prix de l’Arc de Triomphe, Prix de Diane Hermès, Prix du Président de la République. Certains reviennent du diable vauvert sous un commentaire de Léon Zitrone ou de Guy Lux. Ce sont les miens. Je ne suis qu’un vieux canasson. Tiens, appelle moi Ed, le cheval qui parle. Pas si vieux que ça puisque je bande encore, n’est-ce pas docteur. Pas encore bon pour la boucherie, pour la réforme… J’aime brouter l’herbe verte des prés sales, parfois on y trouve un trèfle à quatre feuilles parfois une scolopendre. Hier soir j’ai eu un de ces rares moments d’intense bonheur. Je voudrais partager ce moment d’epiphanie avec les miens.

Il devait être 17h30. J’étais allé près du pont qui se trouve vers chez moi acheter chez les revendeurs de légumes tomates, concombres et ail. En levant la tête j’ai eu le bonheur, j’ose dire le privilège insigne, de voir quatre ou cinq makis se balader sur les câbles électriques ou téléphoniques aériens, passer d’une rue à l’autre, d’un toit à l’autre, dans une sorte de sarabande pastorale oubliée qui m’a rempli de bonheur. Et je me suis dit en les voyant: « Eux aussi ce sont les miens. » Ils vivent , ces petits brigands de lemuriens, dans un espace de liberté précaire mais ils vivent sans souci du lendemain, de la facture d’électricité, du loyer à payer. Ils semblaient s’amuser comme des poneys, les miens, mes petits makis, j’étais à 10 mètres. J’aurais voulu filmer ce moment et le partager avec le reste des miens. Mais alors je me suis dit, en voyant que j’étais le seul semble-t-il a accorder de l’attention aux makis, que je vivais peut être dans un autre monde. Que je voyais peut être des choses que les autres ne voyaient pas ou ne voulaient pas voir, j’étais en quelque sorte un maki clairvoyant dans un corps d’homme.

Ce sont ces rencontres fortuites qui me rapprochent des miens, quels qu’ils soient ou qu’ils soient, qui me confortent dans l’idée qu’il y a certes un mécanisme d’horlogerie (a clockwork) qui nous gouverne les miens et moi, un mécanisme bien huilé, bien pense, bien réfléchi qui nous unit, mais que sans fêlures, sans cassures, sans ruptures toute ingénierie, la plus savante qui soit, est vouée à l’échec et que parfois il suffirait pour que le système fonctionne de remplacer l’huile par le jus d’orange, et spécialement de ces jus d’oranges qu’on appelle navel parce qu’elles ont un nombril, cicatrice d’une appartenance, d’une origine.

Mais les makis aiment-ils les gombos?

Ma plus grande richesse c’est moi

Dit comme cela, tout de go, cela peut sembler présomptueux de ma part. « Me poupe » me diriez-vous si vous étiez  brésilien ! « Epargne-moi » en bon français sonnant et trébuchant. Toi, un magnat ! Un maniaque oui ! Mais un magnat, un Charlemagne, un Charles-Quint ?!!!!

Oui, j’affirme, sain je l »espère de corps et d’esprit, je suis riche de ce corps faste et bedonnant que m’ont légué mes parents, je suis riche de cet estomac et de cet appétit qui font de moi l’égal en genre et en nombre de Louis XIV, je suis le Roi Soleil, je suis riche de mes lèvres de  métèque, oui qui pourraient parler six langues à tort et à travers,  de mes yeux myopes qui ont vu plusieurs éternités d’amour comme on voit des aubes virer au crépuscule, je suis riche de tous les tableaux de maîtresses où j’ai enseveli mes détresses, ma tendresse, oui, riche, je suis richissime. Un nabab cent fois béni, un potentat adulé, un khalife craint, un sultan illuminé,  un émir rêveur, un grand vizir, bref vous m’avez compris… Appelez-moi Altesse, je vous prie, et je vous ferai prince, duc, grand chambellan, connétable de l’un de mes 64 royaumes que vous saurez administrer, je n’en doute pas, en bon père de famille.

 Je suis riche des cocotiers nains que je n’ai pas plantés, et des semailles de gombo que je n’ai pas récoltées, riche de toutes les vagues et de tous les tonnerres qui ont sillonné mon être, mon tout-monde… Je suis riche des Toyota 4 wheel drive Land Cruiser que je n’ai pas pilotées et des Talbot et Alfa Romeo qui m’ont abandonné.

Si j’étais un zébu maigre paissant paisiblement sous un pont près d’une rivière en bord de mangrove  je serais aussi riche des feuilles d’avocat ou de fruit à pain que je trouverais à portée de machoîres.

Un beau jour, c’était un jeudi après midi d’octobre tropical, une scolopendre endiablée surgie du diable Vauvert des pentes de la Soufrière m’a injecté le vaccin antidote de toutes les richesses. Un succédané d’alizés, d’eau de mer abyssale et d’arc-en-ciel.

De ce patrimoine invisible et immatériel qui est le mien je ne possède guère plus que ce 30 octobre d’auguste mémoire. Presque 65 ans après je suis toujours là, riche de moi même et de ce vaccin primordial, tout juste alourdi de 33 kilos, le poids de mes deux valises. Mais pharaon en horizons, en sensations. Mon palais n’est ni pyramidal, ni isocèle, il est de chair,  et je n’ai d’or que l’Alliance que je porte au majeur de la main gauche.

Toute fortune n’est utile que si on la dilapide. Je ne thésaurise pas mes biens. Il faut que la richesse circule comme l’eau, comme l’air, comme l’oeil du cyclone. Les coffres-forts des banques sont les tombeaux des richesses. Je les abhorre. Le seul coffre-fort qui trouverait grâce à mes yeux serait mon corps transformé en poisson-coffre pris dans les remous tectoniques de deux plaques continentales.


contenu, contenant, continent, container à la dérive vers Pangée ultime

Il y a un énorme arbitraire dans la définition du mot continent qui dans sa plus simple expression est une terre continue émergée (dixit wikipedia). Or les continents aussi par définition dérivent. Un jour ( dans 250 millions d’années, une broutille à l’ère géologique) se reconstituera Pangée Ultime, ou pas  (dixit Margot et Caetano Veloso) […]

personnalité rhizomatique, c’est-à-dire systématique, anankastique et en même temps bordélique

Youpie ! Je viens de passer mon auto-test. Je suis rhizomatique. Je rencontre tous les critères diagnostiques de ce trouble de la personnalité qui n’appartient qu’à moi, tout seul, nan, et qui est caractérisé par une préoccupation pour les racines en tous genres, les feuillages, l’ailleurs, toujours renouvelé, un fort complexe maternel et une tendance […]