Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage

Et même le renard le dit au petit prince : si tu veux un ami il faut l’apprivoiser et pour apprivoiser il faut être patient. Et vlan !

Je ne suis pas ce qu’on pourrait appeler un puits de patience. Je ne crois pas trop aux proverbes mais je crois beaucoup à celui-ci qui n’encourage pas à la patience. C’est un véritable éloge de l’impatience.

Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras.

Bien mieux que :

Patience et longueur de temps font plus que force et rage.

Dans patience il y a le mot attente et dans le mot attente je vois la salle ‘attente où se traînent les patients perclus par le doute. Je ne crois en aucune certitude. Je me crée des certitudes passagères qui me permettent d’avancer. Mon univers est toujours en expansion. Je place toujours une limite à mes attentes. Attendre vitam aeternam, trop peu pour moi. Atteindre le but de l’attente n’est pas toujours chose facile. Dans la salle d’attente, je suis patient, je dépends. Car être patient c’est souffrir, endurer, supporter, pâtir. Certains en éprouvent une jouissance toute mystique. L’attente du Messie ! l’attente du Jugement Dernier ! L’attente du médicament miracle !Je ne crois pas aux châtiments. Je ne crois pas aux supplices !

en philosophie il ya l’agent et le patient. Permettez que je choisisse l’action à la passivité.

Par ailleurs patient qui vient en latin du participe passé du verbe  pati (souffrir, supporter, endurer)  n’a rien à envier à  à Passion qui a exactement la même origine linguistique. Penser à la Passion du christ, tenez, qui commence demain Vendredi-Saint.. Patient et Passion même combat masochiste ?! ah non patience ou passion on en pâtis tout autant !

Je pense que la patience donne la fausse assurance d’un confort intellectuel. Je prends mon temps, se it-on ! . Tout va se réaliser un jour. Laissons faire la nature, Laissons faire le temps. Moi je préfère brusquer le temps, narguer la nature, titiller les heures. Défier l’interdit. Je me fixe des limites, toujours. Je me fixe des plans. Autrefois ils étaient de 5 ans. Maintenant je me donne chaque année un plan d’action. un plan de vie, un plan d’attaque. Ne pas subir, enfin le moins possible. Etre mon propre fer de lance ! Interroger mon instinct. L’apprivoiser. Oui si j’ai de la patience c’est avec mon instinct qui ne m’a jamais desservi. Je revendique cette impatience, ce droit à l’impatience au sens anglais de eager, eagerness comme dans le film Les corps impatients (Xavier Gianolli, 2003) Eager bodies en anglais qui suit justement une patiente atteinte du cancer  il y a le désir, l’appétit, la voracité, l’enthousiasme de l’impatience, l’avidité, le désir. L’envie. L’émerveillement ! Eager to learn, eager to please, eager to help, eager to work, eager to know.   On sent la soif, on sent la faim ! On sent la tension  vers l’objet !Le contraire de l’impatience c’est la résignation, l’accommodement. Etre impatient c’est se faire violence et faire fi des conventions pour que les chasses aux papillons ne cessent pas du jour au lendemain. C’est une négociation permanente avec soi et les autres avec les maladies, les nuisibles, les courants d’air et autres parasites

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Je viens de voir effaré qu’il y a 81 proverbes de par le monde qui parlent de patience. En fait je n’en ai comptabilisé que 75. J’ai eu la patience de faire les couper-coller et de les mettre en forme. Pas si impatient que ça finalement. : eh oui pour écrire il faut quand même un chouia de patience et ne pas se fâcher à chaque quart de seconde avec la feuille blanche ou l’écran….

Les 75 proverbes, adages et dictons autour du maître mot patience : lisez-les tous si vous êtes patients. Moi je les ai survolés !

1 On connaît l’humilité d’un homme dans son élévation, et sa patience dans l’adversité.
Proverbe danois ; Les proverbes et dictons du Danemark (1956)

 

2 Lorsque tu as entrepris quelque chose, prends patience.
Proverbe arabe ; Le dictionnaire des proverbes et dictons arabes (1980)

 

3 Avec de la paille et du temps, les nèfles blettissent.
Proverbe breton ; Dictons, maximes et proverbes bretons (2001)

 

4 À force de temps je t’aurai, disait le chêne à la citrouille.
Proverbe provençal ; Dictons d’oc et proverbes de Provence (1965)

 

5 Patience laissa brûler sa maison.
Proverbe français ; Les proverbes et dictons communs (1611)

 

6 Qui a patience a paradis.
Proverbe français ; Les proverbes et dictons communs (1611)

 

7 Patience, médecine de pauvre.
Proverbe provençal ; Dictons d’oc et proverbes de Provence (1965)

 

8 La patience conduit au salut, la précipitation court au malheur.
Proverbe turc ; Mille et un proverbes turcs (1878)

 

9 La patience mène à bien, la précipitation à rien.
Proverbe turc ; Les proverbes et dictons de la Turquie (1956)

 

10 Tout mal guérit par patience.
Proverbe français ; Dictionnaire des sentences et proverbes français (1892)

 

11 Un bon cœur penche vers l’indulgence, un cœur étroit ne dépasse pas la patience.
Proverbe chinois ; Le livre de la sagesse chinoise (1876)

 

12 La patience est une médecine de la vie.
Proverbe allemand ; Dictionnaire des proverbes et dictons allemands (1980)

 

13 La patience est le bouclier de l’âme.
Proverbe allemand ; Proverbes allemands traduits en français (1876)

 

14 Les gouttes d’eau creusent à la longue le rocher sur lequel elles tombent.
Proverbe allemand ; Dictionnaire des proverbes et dictons allemands (1980)

 

15 La patience donne la bienveillance et pardonne toutes les fautes (dettes).
Proverbe allemand ; Dictionnaire des proverbes et dictons allemands (1980)

 

16 Avec de la patience, point de malheur, et avec de la tristesse, aucun avantage.
Proverbe arabe ; Les proverbes du peuple arabe (1803)

 

17 La patience dévore le diable.
Proverbe allemand ; Dictionnaire des proverbes et dictons allemands (1980)

 

18 À la patience on reconnaît l’homme.
Proverbe allemand ; Proverbes allemands traduits en français (1876)

 

19 Prends patience, tu verras des miracles.
Proverbe allemand ; Dictionnaire des proverbes et dictons allemands (1980)

 

20 La patience et quelques cris, sont les meilleurs remèdes.
Proverbe allemand ; Dictionnaire des proverbes et dictons allemands (1980)

 

21 La patience donne le courage, le courage enfante l’espérance, et l’espérance ne laisse pas tomber dans la honte.
Proverbe allemand ; Dictionnaire des proverbes et dictons allemands (1980)

 

22 La victoire de la patience seule est solide.
Proverbe allemand ; Dictionnaire des proverbes et dictons allemands (1980)

 

23 À qui Dieu donne une femme, il lui donne aussi la patience.
Proverbe allemand ; Proverbes et dictons allemands (1828)

 

24 Peu à peu, la laine se transforme en tapis.
Proverbe persan ; Dictionnaire des proverbes et dictons persans (1980)

 

25 Petit à petit fuseau fait fil.
Proverbe breton ; Dictionnaire des proverbes et dictons bretons (1980)

 

26 La patience poussée à bout se change en fureur.
Proverbe français ; Recueil d’apophtegmes et axiomes (1855)

 

27 L’oiseau pris dans les filets doit prendre patience.
Proverbe indien ; Les proverbes en hindi (1988)

 

28 Qui veut durer et avoir le dessus, doit posséder patience et vertu.
Proverbe français ; Recueil d’apophtegmes et axiomes (1855)

 

29 La patience est la force des faibles.
Proverbe français ; Dictionnaire des proverbes français (1749)

 

30 La souffrance transige avec la patience.
Proverbe français ; Dictionnaire des proverbes français (1749)

 

31 La patience est l’art d’espérer dans les maux.
Proverbe français ; Dictionnaire des proverbes français (1749)

 

32 Pour un procès il faut trois sacs : sac de papier, sac d’argent, sac de patience.
Proverbe français ; Recueil d’apophtegmes et axiomes (1855)

 

33 Qui ne se lasse point vient à bout de tout.
Proverbe espagnol ; Maximes et sentences espagnoles (1859)

 

34 La patience et le silence sont les meilleurs remèdes contre la colère.
Proverbe danois ; Dictionnaire des proverbes danois (1757)

 

35 Petit à petit le raisin devient sucré.
Proverbe grec ; Maximes de la Grèce antique (1855)

 

36 La patience adoucit les maux qu’on ne saurait guérir.
Proverbe latin ; Proverbes et dictons latins (1757)

 

37 Quelques malheurs qui nous arrivent, le courage et la patience nous les feront surmonter.
Proverbe latin ; Proverbes et dictons latins (1757)

 

38 Le temps et la patience adoucissent les plus cruelles blessures.
Proverbe polonais ; Trésor des proverbes polonais (2005)

 

39 La science s’acquiert avec la patience.
Proverbe italien ; Proverbes et dictons italiens (1894)

 

40 La patience s’acquiert avec l’expérience.
Proverbe italien ; Proverbes et dictons italiens (1894)

 

41 La patience apporte des roses.
Proverbe tchèque ; Recueil de proverbes tchèques (1937)

 

42 C’est le fait du démon de se hâter, et celui de l’homme de savoir patienter.
Proverbe turc ; Mille et un proverbes turcs (1878)

 

43 Avec du zèle et de la patience un rat troue une planche.
Proverbe turc ; Mille et un proverbes turcs (1878)

 

44 À force de frotter, la corde casse la pierre.
Proverbe kényan ; Le proverbe kiswahili du Kénya (1993)

 

45 Une petite hache coupe un gros morceau de bois.
Proverbe guadeloupéen ; Recueil de proverbes créoles (1877)

 

46 Lorsque tu combattras par la patience, tu seras victorieux.
Proverbe arabe ; Les proverbes de Meïdani (1828)

 

47 La patience adoucit les maux qu’on ne saurait guérir.
Proverbe latin ; Proverbes et sentences latines (1825)

 

48 Tout Européen qui vient en Inde gagne de la patience, s’il n’en a pas ; et il la perd, s’il en a.
Proverbe indien ; Les proverbes en hindi (1988)

 

49 La patience est un remède universel à tous les maux.
Proverbe nigérian ; Proverbes du Nigeria (1956)

 

50 Une calebasse de vin se remplit goutte par goutte.
Proverbe nigérian ; Le pays igbo du Nigéria (2010)

51 La patience engendre la richesse.
Proverbe touareg ; Proverbes des Touaregs Kel-Adagh (2010)

 

52 La goutte incessante creuse la pierre.
Proverbe libanais ; Mille et un proverbes libanais (1968)

 

53 La patience aplanit les montagnes.
Proverbe libanais ; Mille et un proverbes libanais (1968)

 

54 Le temps est la clef de tout.
Proverbe africain ; Pensées africaines (2004)

 

55 Avec de la patience, le raisin finit par devenir sucré.
Proverbe kurde ; Les proverbes du Kurdistan (1936)

 

56 La patience est un remède à tous maux.
Proverbe russe ; Proverbes de la Russie (1956)

 

57 La patience est une herbe qui ne se trouve que dans le jardin des capucins.
Proverbe flamand ; Dictionnaire des proverbes flamands (1863)

 

58 La patience est amère, mais elle devient douce avec le temps.
Proverbe libyen ; Proverbes de la Libye (1956)

 

59 Il faut vaincre par la digne patience ceux qui vous offensent par orgueil.
Proverbe tamoul ; Le Koural – VIe siècle.

 

60 La patience vaut mieux que trop de bravoure.
Proverbe espagnol ; Maximes et sentences espagnoles (1859)

 

61 Avec du temps et de la patience on vient à bout de tout.
Proverbe espagnol ; Proverbes et locutions espagnoles (1835)

 

62 La patience édifie, l’impatience renverse.
Proverbe danois ; Dictionnaire des proverbes danois (1757)

 

63 Qui manque de patience manque de sagesse.
Proverbe danois ; Dictionnaire des proverbes danois (1757)

 

64 On ne peut pas sevrer un bébé en un jour.
Proverbe américain ; Recueil de proverbes américains (1964)

 

65 La patience rend tout homme maître.
Proverbe italien ; Proverbes et sentences italiennes (1876)

 

66 La patience d’un cœur est en proportion de sa grandeur.
Proverbe arabe ; Proverbes et locutions arabes (1835)

 

67 Si tu es enclume, prends patience ; si tu es marteau, frappe fort.
Proverbe turc ; Proverbes de la Turquie (1956)

 

68 La patience et la détermination conquièrent tout.
Proverbe américain ; Proverbes et dictons américains (1876)

 

69 La patience est un remède à toutes les afflictions.
Proverbe en latin ; Proverbes en latin (1757)

 

70 Il n’est point d’affaire, avec de la patience, dont on ne puisse venir à bout.
Proverbe turc ; Proverbes de la Turquie (1956)

 

71 La patience est une herbe qui ne pousse point dans tous les jardins.
Proverbe espagnol ; Proverbes et locutions espagnoles (1835)

 

72 L’enfant ne devient pas homme en un jour.
Proverbe zaïrois ; Proverbes et dictons zaïrois (1994)

 

73 Les termites disent : Petit à petit, cela s’amoncelle.
Proverbe camerounais ; Proverbes bamouns du Cameroun (1976)

 

74 La patience vaut mieux que la hâte, et cela en toute chose.
Proverbe malgache ; Les proverbes malgaches (1915)

 

75 La patience ne connaît pas le temps.
Proverbe sénégalais ; Proverbes et dictons sénégalais (1976)

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Le Bumidom dream

Le Bumidom Dream c’est le rêve américain à la sauce tamarin citron ! Pas de caravanes, pas de diligences, pas de saloons, pas de shérifs, pas de bourbon, pas de Billy the Kid, pas de ruée vers l’or, pas de Californie ni de Texas mythique! La ruée vers l’Est vers un monde meilleur de vin, de neige et de camembert eut comme destination un nouvel Eldorado appelé Paris, ville lumière ! Paris Tour Eiffel !

Dès 1963 par la grâce de Michel Debré, premier ministre, député de la Réunion, et son arrêté du 26 avril 1963 paru dans le JO du 7 juin 1963 le Bureau pour le Développement des Migrations dans les Départements d’Outre-Mer (société d’état) organise minutieusement le départ de la grande migration qui va 17 ans après la départementalisation du 19 mars 1946 tenter de résoudre les problèmes de surpopulation et de chômage rencontrés sur Guadeloupe, Martinique et Réunion. Tout cela a lieu dans le cadre d’un contexte international révolutionnaire. Fidel Castro prend le pouvoir à Cuba en 1959. Madagascar devient indépendant en 1960. l’Algérie en 1962.

En 1981 le gouvernement socialiste rebaptise le Bumidom ANT (Agence Nationale pour l’Insertion et la Protection des Travailleurs d’Outre-Mer) qui devient elle-même en 1992 LADOM, l’Agence de l’Outre-mer pour la Mobilité (désormais investie dans le Passeport Mobilité, le Passeport Mobilité Etudes et l’Aide à la Continuité Territoriale dans les DOM).

De 1963 à 1981 16562 migrants, pour la plupart sans formation, âgés entre 18 et 35 ans, après une visite médicale et un test d’évaluation où il n’y avait pas de recalés, ont quitté Karukéra, son rhum, son carnaval et ses belles eaux tandis que 16580 migrants ont quitté les rives de Madiana l’ensorceleuse canne à sucre! Quant à la Réunion ce sera le double, 37473 migrants ayant abandonné leur île et leur poisson en cari sauce au combava. Munis pour seul viatique d’un aller simple en bananier transatlantique ou en avion vers la mère-métropole et une place en foyer assortie d’une promesse d’emploi ou de formation généralement subalterne on fit à ces jeunes gens issus de familles nombreuses miroiter vie en rose, gai Paris, foie gras, retour tous les 5 ans, champagne, logement et vie meilleure ! L’Emigration-Debré, tout au service des Trente Glorieuses ! Vu ainsi on pourrait dire que la saignée ne fut pas si terrible que ça ! C’est oublier ceux qui partaient pour faire leurs études, ceux qui partaient faire leur service militaire, ceux nombreux qui partaient avec leurs propres moyens vers leur Eldorado européen pour un aller sans retour.

D’abord migration de travail pour travailler dans les administrations comme la Poste, l’assistance publique, les prisons, la police, l’éducation nationale, les ministères, l’Armée Simca-Chrisler, EDF-GDF, Renault, Peugeot mais aussi des emplois subalternes comme aides ménagères, mécaniciens, ouvriers en bâtiment à partir de 1970 par le biais du regroupement familial la migration devient de peuplement. Ah qu’il fleurait bon être fonctionnaire en ces temps bénis de croissance-là ! C’était la garantie de congés bonifiés tous les 5 ans pour revoir la famille restée au pays et ouvrir toutes grandes ses ailes de paon devant la société ébaubie.

Il en a résulté malgré tout un certain déracinement familial et culturel, un certain désenchantement après plus 50 ans de lutte pour une insertion sociale qui même si elle a eu de bons effets pour certains a selon moi participé d’un colonialisme anba roche, un colonialisme larvé qui ne disait pas son nom et avançait masqué. Les résultats sont contrastés. Ce sont les forces vives qui sont parties pour revenir parfois au bout du chemin de l’exil une fois la retraite venue avec au fond du coeur un rêve antillais encore plus fragile que ne l’était le rêve français. Car en Guadeloupe comme en Martinique comme à la Réunion malgré les universités, les hôpitaux, la qualité de vie, la CAF, le RSA, la Sécu, l’environnement privilégiés les jeunes continuent de lorgner vers la mère-patrie tandis que la population locale vieillit. Certains mouvements indépendantistes ont même qualifié l’opération de génocide par substitution, voire de traite silencieuse !

Pour ma part je pense que cette navette entre imaginaires a forgé un nouvel imaginaire chez les descendants de ces rêveurs de bumidomiens et post bumidomiens qui se sont empreints chemin faisant d’une nouvelle richesse culturelle, l’Eldorado invisible du Tout-Monde. C’est cet Eldorado selon moi qui malgré les chemins tortueux meut les jeunes et les moins jeunes d’aujourd’hui. Le Tout-Monde ! La conscience prégnante de sa multiplicité et en même temps de son unicité racinaire, rhizomique.

L’Emigration Antillaise en France , Alain Anselin, Christian Montbrun, Editions Anthropos

L’Emigration travailleuse guadeloupéenne en France, AGEG, Association Générale des Etudiants guadeloupéens, L’Harmattan

Utopies du BUMIDOM: construire l’avenir dans un « là-bas » poscontact, Anny Dominique Curtius, French Forum, 2010, Vol 35(2), pp 135-155

La traite silencieuse, les émigrés des départements d’outre-mer, IDOC, 1975, 145 pages

Documentaire de Jackie Bastide: Le Bumidom, des français venus d’outre-mer

Le téléfilm en deux parties de 90 minutes Le Rêve français de Christian Faure avec Yann Gaël, Aïssa Maïga, Samuel Etifier, Firmine Richard, Laurence Joseph, Jocelyne Béroard, Ambroise Michel raconte la saga entre leur île d’origine et la France Hexagonale de deux familles: la famille RENIA et la famille TRESOR, deux familles qui existent réellement aux Antilles et à la Réunion.

Sexe, paradis et interjections

Au summum du plaisir croyants comme incroyants, athées comme agnostiques, pratiquants comme non pratiquants ont à leur disposition dans toutes les cultures pour leurs soupirs, gémissements, râles et autres chuchotements toute une gamme d’interjections lubriques pour se signifier à soi entre spasmes et couinements subtils comme à leur partenaire qu’ils atteignent le paroxysme du plaisir. Il n’y a pas que les hummmmmmm, les ouille ouille ouille, les aïe aïe aïe, les oh oui, les ah, les woye, les waye créoles. Il n’y a pas que les lekker hollandais, les que rico espagnols, les ik kom klaar hollandais encore, les kwa kwa kwa des Indiens Matis d’Amazoni ou les ino ino ino (jaguar jaguar jaguar) de leurs voisins les Indiens Marubo. La panoplie est bien plus large pour évoquer cet instant flottant entre souffrance et plaisir. On invoque souvent alors à l’heure de l’orgasme des divinités, des prophètes, des saints et des saintes. On peut même jouir en latin comme dans une prière par un Gloria, un Hosanna ou un Alléluia.

Que celui qui n’a jamais murmuré bondyéségné ou oh mon dieu au moment de l’extase me jette la première pierre. Oh Doux Jésus peut gémir celle en qui on vient de faire rugir le petit Jésus dans la crèche. Sainte Vierge ! Ces figures tutélaires assaillent l’âme de celui qui jouit et qui sait que jouir est une petite mort et qu’avant de mourir il faut invariablement payer son tribut aux esprits. Nul ne peut avoir accès à ces mini paradis sur terre sans ces mots émis en plein vertige des sens. Jésus Marie Joseph crie l’un succombant presque sous les coups de boutoir des stimuli. C’est la même extase que celle de sainte Thérèse de Jésus sur la statue de marbre de Bernin (Gian Lorenzo Bernini) (1654) et celle de Marie Madeleine en extase au pied de la Croix de Guido Reni! C’est la même communion charnelle qui est proposée à travers l’ostie -chair et sang.

Que dit sainte Thérèse quand elle raconte son moment d’extase, appelé transverbération, moment où elle se fait transpercer par la lance bouillonnant de feu d’un ange chérubin et où la douleur et la mort confinent au plaisir:

« J’ai vu dans sa main une longue lance d’or, à la pointe de laquelle on aurait cru qu’il y avait un petit feu. Il m’a semblé qu’on la faisait entrer de temps en temps dans mon cœur et qu’elle me perçait jusqu’au fond des entrailles; quand il l’a retirée, il m’a semblé qu’elle les retirait aussi et me laissait toute en feu avec un grand amour de Dieu. La douleur était si grande qu’elle me faisait gémir; et pourtant la douceur de cette douleur excessive était telle, qu’il m’était impossible de vouloir en être débarrassée. L’âme n’est satisfaite en un tel moment que par Dieu et lui seul. La douleur n’est pas physique, mais spirituelle, même si le corps y a sa part. C’est une si douce caresse d’amour qui se fait alors entre l’âme et Dieu, que je prie Dieu dans Sa bonté de la faire éprouver à celui qui peut croire que je mens. ».

Mais d’où nous viennent ces spasmes de Sainte mystique. Comment cette extase, cette illumination, cette rencontré spirituelle, cette expérience numineuse se fait-elle chair et vocabulaire à travers les interjections ?

Ah interjections sans vous le coït serait océan de tristesse. Comment pourrions-nous autrement par le verbe partager l’émotion de la chair ? Parfois on manipule bien évidemment . On dit chéri ou chérie ou mon amour mais ce ne sont que des succédanés de chérubin comme ohmygosh est un succédané de oh my God.

Les interjections dites égophoriques ou endopathiques – telles que les décrit l’anthropologue Philippe Erikson dans le récent numéro 67 de la revue anthropologique Terrain consacré à la jouissance et intitulé Jouir? – sont selon moi des manifestations orales ancrées dans notre inconscient collectif aux frontières duquel la mort et la souffrance se livrent un duel arbitré par le désir inné de recherche du plaisir et de survie.

#Balance ton Porgy, Bess !

Importune-moi, Madame Bess.  Joue-moi  aux dés pipés ! Sept, onze. Je sens monter en moi la sève de la chance. Ne me laisse pas tout seul ramer dans la bauge de l’île Kittiwah avec mon groin, ma queue en tire-bouchon et mes gros sabots fendus et boueux.  Balance-moi, avec cariole et chèvre vers le Jugement Dernier. Vire-moi de ma cariole. Delivre-Moi.  Porgy adore les escarpolettes. Touche-moi. Caresse ma soie. Je suis Haram, tu sais même  si je suis baryton basse. Tout comme les gloussements lubriques de gorets et de truies que je tarde encore à enfanter dans cet océan de rhum. Haram. Mais je suis un porc sauvage, un sanglier. Je n’ai rien d’ordinaire, rien de domestique. Je suis un estropié et un mendiant. Egorge-Moi.  Pends-moi haut et court en haut du gibet, découenne-moi, écorche-moi comme il sied aux matadores, flambe-moi et rôtis-moi à la broche après m’avoir assaisonné de fiel et jeté en pâture aux bancs de poissons noirs et aux crabes du diable qu’ils fassent en meute curée de ma chair.  A déguster sans modération avec du manioc, du fruit à pain et des bananes vertes rôties. It ain’t necessarily so !

Je ne suis ni gibier d’eau ni gibier à plumes. Seulement ton Porgy ! Balance donc ton Porgy ! A toi affectueusement. Ton Porgy

PS: Lis ça et dis mois ce que tu en penses:

  http://www.liberation.fr/france/2018/01/12/un-porc-tu-nais_1621913

le guru, celui qui dissipe l’obscurité

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L’Inde a depuis le 9 novembre 2014 un ministère appelé AYUSH : Minister of Ayurveda, Yoga and Naturopathy, Unani, Siddha and Homeopathy. Pour être donc précis ce que l’on a coutume de raccourcir  depuis en Occident sous le vocable de  ministère du yoga est aussi en charge de l’ayurved, de l’unani et du siddha, en d’autres mots, les médecines traditionnelles indiennes. L’homéopathie et la naturopathie font aussi partie de ses prérogatives.

Hier matin j’ai participé à une matinée d’initiation au yoga organisée à Kani Keli, Mayotte. Il y avait douze participants. Le yoga m’a toujours rebuté à cause des postures, et plus particulièrement parce qu’il faut souvent s’asseoir en tailleur, performance que je n’ai jamais réussi à faire. M’asseoir en mode tailleur a toujours été pénible pour moi depuis les cours de gymnastique au lycée Lakanal à la fin des années 60. J’ai toujours admiré secrètement ceux qui arrivaient ainsi à caser leurs genoux alors que moi cela n’a jamais été une position de repos mais plutôt un calvaire. Je sais qu’il y a des stratagèmes pour résoudre mon incapacité et m’asseoir en toute quiétude. En vain  ai-je essayé ! J’en ai déduit que j’avais de gros genoux, de grosses cuisses et que donc physiquement j’étais limité pour le yoga et bien mieux charpenté pour la danse.

En plus le yoga, je l’assimile à la religion, le bouddhisme, l’hindouisme, le brahmanisme, j’ai entendu parler de certains dieux, je sais que ce sont des religions polythéistes avec tout un panthéon de dieux et de déesses, j’ai entendu parler de Shiva, de Brahma, de Krishna, de Rama mais j’ai du mal à appréhender tout le contenu car je ne vis pas en Inde.   Mais après avoir vécu quinze ans au Brésil où j’ai pu peu ou prou comprendre l’architecture syncrétique brésilienne et l’articulation entre orixas (esprits) et autres croyances monothéistes  je ne crois pas que j’aurai du mal à cerner les particularités des religions en place. Ce que j’en sais c’est ce que j’ai pu saisir par ce que j’ai pu en voir à travers la pratique d’amis à travers le temps: la pratique de la méditation, les parfums d’encens, un petit autel pour les ancêtres, une sorte d’ascèse, la solitude, les mantras qu’on répète sans cesse, les soutras qui sont des aphorismes. J’ai fréquenté aussi il y a fort longtemps à Amsterdam Hare Krishna et leurs robes orange, leurs cranes rasés, leurs chants psalmodiés, le son des cymbales, leurs nourritures végétariennes. il y a aussi pèle-mêle l’ayurveda, la médecine indienne traditionnelle qui divise notre corps en chakras. Il y a le Gange ! Il y a l’amour tantrique, l’amour lent qui confine l’acte sexuel total, qui unit le tout aux parties, au divin. il y a le rajah, le maharajah, les castes supérieures, les castes inférieures, les Intouchables, les devadasi, les prostituées des dieux, Calcutta, New Delhi et Ravi Shankar et son sitar ! Il ya le Mahatma Gandhi et sa non violence. Il y a l’oeil de Shiva et le kamasutra. Il y a le nirvana, il y a le parinirvana ! Il ya le Maharathoustra ! Et enfin last but not least il y a le colombo !

Dans le flot des images que secrète en moi le mot yoga il y a aussi à tort ou à raison le fakir qui marche sur les clous ou sur les braises chaudes, le bonze chinois et son gong, mais il y a surtout l’idée qu’il n’y a pas de yoga sans guru, il n’y a pas de guru sans disciple. Il n »y a pas de disciple si celui-ci ne se rend pas à son guru, s’il ne lâche pas prise, s’il ne s’abandonne pas à l’obéissance condition sine qua non de l’initiation. Et ainsi va le monde du yoga depuis 7000 ans.

J’ai déjà participé à une séance de yoga sur un week-end entier avec une amie il y a de cela plus de trente ans.

J’arrivais donc avec un passé, un passif à mon actif en ce treize janvier de l’an de grâce deux mille dix-huit!

Sauf que voila. Cette séance yoga était nommée yoga sur chaise. Je ne pouvais pas me débiner, comme d’habitude. En plus le prix 10 € pour environ 3 heures d’activité était séduisant. D’autant plus que je m’ennuie fermement à Mamoudzou le samedi alors j’y suis allé puisqu’en plus j’avais un chauffeur, S., collègue de travail, et elle férue de yoga et de sports de combats.

Je me présente à l’heure dite avec ma bedaine conscient que je serai le ventre le plus proéminent de l’assemblée. Au départ il n’y a qu’un homme, C. prof de yoga lui aussi,  probablement doté de tablettes de chocolat à faire mourir d’envie un comateux. Mais heureusement qu’arrive au dernier moment celui qu’on appelle Monsieur Anicet. C’est un mahorais. Il invite la conférencière à venir donner des cours dans sa madrassa. Sa bedaine même si elle est un peu moins proéminente que la mienne me permet de mieux respirer ! Ouf ! L’union fait la force. Je le lui dis. Il me dit relativiser son état actuel car il n’a pas nagé récemment mais qu’il suffit qu’il nage une heure pour retrouver son corps d’athlète. Ah encore un autre qui me tue à petit feu, car moi je ne sais pas nager. Ce monde est injuste. Ah si le yoga pouvait se faire dans une piscine et qu’on pouvait en ressortir en nageant au bout d’une heure ou deux, je ferais tous les sacrifices du monde. Même au bout de six mois, je tenterais l’expérience. Qui ne tente rien n’a rien ! ! J’accepterais même, ohmygosh, de devenir le disciple d’un guru !

Pour commencer je vous présente la prof de yoga, notre guru, notre yogini du jour, A., d’origine bordelaise, prof d’espagnol de son état mais aussi prof de fle, comme moi-même et désormais chargée de mission au CASNAV ( en charge de la scolarisation de ceux qu’on appelle sobrement les élèves nouveaux arrivants non francophones mais qu’ici on appelle les enfants de migrants quand on est gentil et les enfants voisins quand on est méchant). A. est arrivée le 10 août à Mayotte me dira-t- elle plus tard ! Moi le 11. Elle a vécu et enseigné entre autres pays en Inde, à Maurice, à Moroni (aux Comores). Elle est jeune, mince, séduisante. Je pense que sa photo sur Facebook ne lui fait pas honneur. Peut-être n’est-elle pas photogénique ?! La lumière ne se commande pas ! Ou peut-être veut-elle cacher la beauté qui l’habite ! Qui sait ! Celle qui dissipe l’obscurité de l’autre perd peut être un peu de sa lumière dans le processus !

A. nous demande de faire un brainstorming sur le mot yoga, elle utilise d’ailleurs un joli mot que je vois pour la première fois pour décrire cette activité qu’on a coutume d’appeler remue-méninges, elle nous propose de participer à une pluie d’idées, joli mot ! Qu’ évoque en nous le mot yoga ? non sans nous avoir donné tout d’abord sa définition du yoga selon Patanjali: un arrêt des modifications de l’esprit. Certains évoquent la méditation, d’autres une philosophie de vie, un autre, un mahorais, le seul du groupe la prière, une autre la concentration, une autre les postures; une autre une paix intérieure Moi je ne dis rien car j’aime être exhaustif et je voudrais dire tout ce que je viens de dire sans me censurer. Mais une idée me vient suscitée par sa définition sommaire : je fais du yoga quand je m’endors, je fais du yoga quand j’écris, quand je me concentre et que je laisse aller ma plume sur le clavier de mon ordinateur. Je suis relâché, mes doigts sont souples, mon dos est droit, mes fesses bien calées sur ma chaise et je suis nu ! Je fais du yoga quand je me réveille en pleine nuit mû par une étrange érection dont je ne connais la cause : le besoin d’aimer ou le besoin de me vider. Je me tais, gardons par devers nous nos étranges pensées.

Puis nous abordons via le rétroprojecteur les 8 piliers du yoga selon le maharishi Patanjali. The eight limbs of yoga. Pendant qu’elle explique les subtilités de ces piliers moi je m’attarde sur la traduction de ce limbs. Limb, pilier ? Moi je l’aurais traduit comme branche ou comme membre. Mais peu importe ! Qui est donc ce Patanjali ? Il y aurait donc d’autres nomenclatures selon d’autres ? Pourquoi celle-là et pas une autre ?

Bref passons ! Il y aurait deux représentations du yoga, l’une en forme d’arbre avec un tronc et des branches et une autre en forme d’échelle. Elle propose la lecture en forme d’échelle.

8-limbs-of-yoga-full

Un système d’échelle où l’on démarre par le yama et le niyama, l’asana et le pranayama pour arriver au bout d’une certaine pratique au dhyana  (état de méditation) et au samadhi (état d’unicité, d’équilibre) qu’elle nomme état d’extase et que moi j’assimile au parinirvana. Moi j’entends par limbs plus quelque chose comme ce qui suit : une confluence.

yoga

Après une heure de ce mini crash course en yoga c’est l’heure de la pause. Les chaises étaient hyper confortables, les ventilateurs de plafond étaient fort reposants. C’est pour moi l’heure du sacro saint pipi. Je traverse la maison chargée d’encens et de lumière savamment tamisée ! Le thé est servi avec des petits gateaux, de l’eau, des jus et deux plaquettes de chocolat noir Kohler. Certains sont partis fumer. Moi je plonge et ouvre la première tablette et hop 3 petits carrés de chocolat sont engloutis. Délicieux. Je ne me souviens pas avoir acheté une tablette de chocolat ces deux dernières années. Mais Kohler a ravivé en moi quelque chose. Un appel yogique, peut-être. Et hop 5 minutes après trois autres petits carrés pour confirmer mes premières impressions. Ce chocolat noir a un goût de chocolat au lait. Non, c’est un appel venu du fin fond de l’arc antillais comme le confirmera plus tard le site de Nestlé Antilles Guyane. Le chocolat Kohler est fabriqué spécialement pour correspondre au goût des Antillo-Guyanais tout comme les tablettes Red Label de Nestlé. Entre temps les autres, probablement éblouis par mes yeux exorbités au bord de l’extase, ont commencé à goûter eux aussi. Eh oui manger du chocolat c’est yogique aussi ! J’ai même un instant fermé les yeux et dérivé en canot dans une pluie de saveurs oubliées.

Après un petit quart d’heure vient l’heure de la pratique du yoga sur chaise. Nous apprenons d’abord à marcher, lentement en appuyant bien fort sur les talons. Puis nous devons nous ancrer par notre regard ou notre sourire dans le regard de l’autre. Puis nous apprenons les trois etages de la respiration yogique : abdominale ou diaphragmatique, costale ou thoracique et claviculaire ou haute. Une douce voix nous berce rythmiquement:

Inspirez, expirez ! Doucement ! 5 fois !

Nous faisons des postures debout puis sur la chaise, les bras joints au-dessus de la tête, étirons les cous, les jambes, les pieds, les orteils, les doigts, les poignets, les bras, les épaules, en haut en bas, à droite à gauche. Les hanches, le bassin ! eh mais je fais tout ça moi en dansant. Je fais du yoga, aussi, chaque fois que je danse ! Je vous l’ai déjà dit, docteur, j’ai la maladie du bouger bouger

Mais voilà qu’il faut maintenant plier un genou et poser son pied doigt sur la cuisse gauche ! Je fais l’effort surhumain pour moi ! il n’y a que monsieur Be-Bop, de son vrai nom Stéphane Germaneau qui ne plie pas ses genoux ! il reste un peu à l’écart. Je lui donne bien ses 75 ans ! Une célébrité sur l’île, propriétaire de la maison qui nous accueille, ex artisan, spécialiste de la sculpture sur bois flotté de noix de coco  et désormais animateur thérapeutique sur Kani-Kéli, Mayotte, une sorte de vieux guru à longue barbe blanche ou poivrée. Il s’abstient. Il est malade m’a-t-on dit. Il doit voir vers midi un médecin.

Mais plier ce genou et inspirer expirer en même temps tout en levant les bras en arc de cercle. Euh ! Je passe mon tour. On change de jambe et ça passe mieux.

Puis on ferme les yeux et c’est la fin.

Vite j’ouvre la deuxième tablette de chocolat et saute sur trois nouveaux carrés salvateurs . Eh oui il faut dans le yoga s’aimer se donner de la valeur et en prenant ces carrés de chocolat je ne fais que ça. Laisser moi m’aimer ! Merci Kohler, merci Nestlé ! c’est trop bon ce yoga-là !

J’entends une femme enceinte. Je l’avais oubliée avec son ventre énorme. Je n’étais donc pas le plus gros en fait. Elle dit : j’ai senti le bébé bouger en plein yoga.

Plus tôt j’ai entendu Be-bop lui  dire que les hommes et les femmes réagissaient différemment au yoga. Je me pose la question. Je n’avais pas, tout entier dans ma jouissance tribale du chocolat, fait la relation entre son ventre, elle et la future progéniture qu’elle portait. Elle a un regard vraiment angélique. Elle est presque transfigurée. Mais il faut dire qu’elle est arrivée en retard et transfigurée. Parfois quand elle souffle en inspirations expirations je me rends compte qu’elle pourrait accoucher ici-même. Qu’à cela ne tienne il y a une infirmière sur la place. Mais la dite infirmière en pédiatrie  a l’air en fichu état. Je saurai plus tard qu’elle a une indigestion alimentaire due aux brochettes de viande qu’elle a ingurgitées la veille et qu’elle vomira plus tard à grosses gorgées sur la route aux abords d’un énorme baobab entre Kani-Kéli et Mamoudzou. Comme quoi brochettes, covoiturage et yoga ne font pas bon ménage. A sa décharge elle n’est sur le territoire que depuis 3 semaines.

S., ma collègue de travail, s’approche de moi et me dit quelque chose comme:

Jean-Marie tu sais le yama et le niyama tu pratiques déjà au quotidien dans tes relations avec les autres profs et avec les jeunes. Tu as cette bienveillance naturelle.

Moi, je lui répondrais volontiers que c’est au contact des autres que j’ai acquis au cours du temps cette bienveillance par rapport aux autres et que je travaille encore cette bienveillance par rapport à moi-même, que j’ai encore du mal à m’autoriser à être moi sans peur sans haine sans reproche même si une grande partie du chemin me semble accompli. Mais quand elle me dit cela je me sens tout à coup l’étoffe d’un guru ! Je voudrais lui dire qu’elle a en elle une colère qui doit s’apaiser pour qu’elle puisse se poser. Elle pratique la boxe et le yoga ! Pour exorciser un trop plein d’énergie, de violence ! Elle se met en colère pour un rien ! Elle aime la discipline, le respect, elle est aussi mariée à un militaire de haut rang dont elle vit séparée géographiquement, comme elle vit séparée géographiquement de ses deux filles et de ses parents. Parfois je me dis qu’elle peut exploser en plein vol et je l’encourage à prendre de la distance ! Sois zen, lui ai-je déjà dit plus d’une centaine de fois en 5 mois que nous nous connaissons mais chassez le naturel il revient au galop. Je lui souhaite de trouver un bon guru qui l’aide à dissiper l’obscurité qui l’a envahie.

Eh oui je suis zen sans avoir jamais pratiqué zen zen ! Cette zénitude attitude me conduit souvent à dire pour couper court à la conversation : faites comme vous voulez, moi je m’en fous ! Cela en énerve plus d’un ! Mes prises de position iconoclastes sur l’amour, le destin, la mort, la famille, la fidélité, l’argent, la voiture, la politique, la nourriture, la religion, ma façon même de vivre, de manger, de boire, de m’habiller interrogent, pour ne pas dire dérangent.

Moi mon guru c’est le cyclone, c’est lui qui m’a fait swami,  éveillé, m’éveille et m’éveillera. Mon karma c’est être pyrobate, de marcher sur les charbons ardents de la vie et je n’ai qu’un mantra : un oeil ouvert au coin duquel iraient et viendraient des fourmis volantes chargées de soutras aussi volatiles que l’alizé.

Il n’en est pas moins vrai, même si j’ai l’air de plaisanter, je sais je suis taquin, que j’ai pu observer que dans une classe d’enfants non francophones non scolarisés nouvellement arrivés sur le territoire à Mayotte  les bienfaits du yoga sont incomparables et je m’intéresse à tout ce que la Recherche sur le yoga dans l’éducation proposera et a déjà proposé depuis 40 ans, quitte à me l’appliquer à moi-même en m’inspirant de ce qui suit :

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et si d’aventure vous avez vent de quelque chose autour du yoga sur Mayotte qui me fasse nager en six mois, faites-le moi savoir illico presto ! Namasté !

 

 

 

Elan vital et pentabond

Sans élan pas de saut ! saut en longueur, pentabond, saut à la perche, saut en hauteur, triple saut, saut à la planche : sans élan c’est l’échec assuré !

Sans élan pas de jet ! Lancer du poids, lancer du disque, lancer du javelot, lancer du marteau !

Sans élan pas de course ! Ni 110 mètres ni 400 mètres haies, ni 3000 mètres steeple !

L’élan c’est elã en portugais, impulse en anglais c’est un mouvement de l’inertie vers l’avant, une course rapide avant l’action explosive. On doit prendre son élan, et généralement pour cela on recule, parfois à plus de 20 mètres de l’obstacle à franchir et cette accélération nous permet de franchir parfois l’obstacle. Parfois malgré tous nos efforts on échoue et la barre tombe, ou on mord sur la limite d’appel, ou on n’arrive pas à s’élever suffisamment. Parfois l’objet que l’on doit propulser retombe à nos pieds ou à une distance ridicule malgré tous les efforts que nous avons déployés.

Tout le monde s’accorde pour dire qu’il ya une exigence dans cette course d’élan d’un certain nombre de paramètres pour arriver à un geste parfait. Il y a certes le nombre de cycles, de foulées, la position des bras, la courbure du corps, la trajectoire à suivre, la vitesse, le transfert du poids, le plan de l’élan, le point d’impact, la finition du mouvement, les axes de rotation, il y a la volonté de vaincre, il y a les aptitudes naturelles. Il faut s’entraîner, s’échauffer, pratiquer des étirements sinon on risque la sanction suprême : la blessure musculaire (contractures, déchirures, claquages) . Bref l’élan est tout sauf de la sinécure !

Qu’il s’agisse d’élan frontal, latéral, dorsal, d’élan de rotation, de pas glissé ou de pas changé il y a dans l’élan une détente, une force explosive, une sorte de suspension primitive et inconsciente dans l’air du corps en extension par la grâce des muscles inférieurs (fessiers, quadriceps et mollets) et des muscles supérieurs.

Et qu’en est il de l’élan vital ? Que nous dit Deleuze ?

L’élan vital c’est un potentiel, l’élan vital c’est un potentiel, il s’actualise en créant des chemins divergents. Qu’est-ce que nous disait Bergson ? Une chose très belle, très très simple. Il nous disait… Je fais un nouveau schéma pour que vous compreniez [ ?]. Voilà : vous avez le potentiel, élan vital. Il n’a jamais dit que ça existait comme ça, c’est un pur virtuel. Bien. Comment définir ce potentiel biologique, ce potentiel de la vie ? Vous allez voir : il le définit absolument comme un rapport de forces, Bergson. Il dit : ce potentiel, on va le définir comme ceci… ou cette virtualité on va la définir comme ceci : deux choses à la fois, qui sont des rapports de forces ; emmagasiner de l’énergie, ah… emmagasiner de l’énergie, faire détonner un explosif. C’est des rapports de forces ça. Emmagasiner de l’énergie, faire détonner un explosif. Pour Bergson, c’est ça la vie, un point c’est tout. C’est le potentiel biologique. C’est une pure virtualité.

L’élan vital s’actualise : ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu’il va s’incarner dans des formes vivantes, l’élan vital est sans forme, lui, c’est un élan, c’est-à-dire une force, si vous voulez. Donc ça marche très bien. C’est un élan, c’est une force. Euh. Qu’est-ce que je disais ? Oui, mais c’est même… bon. Deux rapports de forces qui définissent la virtualité. Là-dessus, quand cette virtualité s’actualise, elle s’actualise en créant une grande différenciation, une grande divergence. S’actualiser, c’est se différencier. Et qu’est-ce que ça va donner ? Tout se passe comme si le virtuel était trop riche. Donc il ne peut pas s’actualiser en un bloc.

 

L’élan vital, notion développée par Henri Bergson, puis revisitée par Gilles Deleuze, fonctionne un peu de cette façon ! Si nous nous considérons comme un concentré unique de continents intérieurs mettant en jeu intuition, sentiment, sensation et esprit (cf CG Jung) où s’expriment nos cultures multiples séparées par des barrières intérieures, des murs ou des crevasses ce qui fait lien et nous permet de franchir ces barrières c’est une rampe de lancement interne, un cinquième continent intérieur invisible, l’élan vital avec ses deux polarités (Intraverti et Extraverti), cette force potentielle qui sommeille en chacun de nous, en chacune de nos cellules. Il nous faut tout de même sinon l’activer du moins l’actualiser et ce n’est pas simplement une affaire de technique. On aimerait certes pouvoir dire de ce cinquième continent :

« Là tout est ordre et beauté,

Luxe calme et volupté »

après Baudelaire et Gauguin mais nos continents intérieurs sont parcourus de fleuves, océans, cyclones, volcans contradictoires et quand bien même nous  prétendrions  avoir décrypté l’atlas intime de nos continents intérieurs il y a toujours des régions inexplorées, des terra incognita dont nous devrions débroussailler l’ADN. C’est un voyage sans fin, une interminable pentabond auquel nous convie l’élan vital ! Cet élan doit nous permettre de franchir par un enchaînement de cinq bonds : un cloche pied, trois foulées de course et un saut nos quatre autres continents intérieurs.

A tous un supercalifragilisticexpialidocious réveillon fait de petites morts et de renaissances interminables

850_400_flor-de-lotus-significado-e-simbolismo-da-flor-sagrada_1495722386Dans moins de 13 heures il sera minuit ! Il y a un no man’s land entre minuit et zéro heure. C’est dans cet espace précaire que modernité et tradition s’affrontent incessamment. Ainsi le dieu Janus avait deux visages l’un tourné vers le passé et l’autre vers le futur. Le soleil et la lune d’aujourd’hui 2017 et ceux de demain 2018 se ressemblent étrangement à ceux de 2014/2015 mais ils sont complètement différents puisque notre regard sur eux changent. C’est nous qui modifions et non les choses qui se modifient. A minuit on est en 2017, à zéro heure on est en 2018. Quelques confettis multicolores, quelques feux d’artifices, un ou eux grammes de cotillons nous séparent l’un de l’autre.

Moi je propose une autre méthodologie. Commençons l’année à zéro heure et terminons la à minuit. Commençons la vie par la mort. Naître à 90 ans et remonter à contre-courant le fleuve de l’existence jusqu’à redevenir nouveau-né, presque innocent dans la source au flanc de la montagne. Et tout cela entre zéro heure et minuit. Quel challenge, quel défi. Ceux qui ne savent pas nager peuvent pagayer mais l’eau de la mémoire, pour saumâtre qu’elle soit, n’est pas si profonde qu’on ne puisse en remonter le cours en quelques infimes nano-secondes. Il y a ça et là des gués où on peut reprendre haleine avant de reprendre sa route……ne serait-ce qu’à quatre pattes…..

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Dans moins de 13 heures il sera exactement zéro heure….Et personne ne sait encore avec certitude s’il sera là pour vivre ce moment. Ce qui explique l’émotion qui s’empare de tout un chacun, émotion faite de peur et de soulagement, à franchir la ligne d’arrivée de l’étape. Chaque réveillon est comme une petite mort ou une naissance avortée et le champagne coule à flot de la même manière qu’une femme enceinte qui perd ses eaux sait que l’issue est proche. A tous un supercalifragilisticexpialidocious réveillon fait de petites morts et de renaissances interminables. 2017 est mort vive 2018 ! Maintenant que la plupart des rites de passage, rythmés soit par les saisons et les lunes et les soleils, les mers et les pluies soit par les stades différents dans le développement de l’individu de la naissance à la mort, ont disparu de nos sociétés post-modernes profitons encore de celui-ci : franchissons le seuil de cette nouvelle année de façon guillerette comme on saute à la marelle, à cloche-pied. Quittons provisoirement le 1 de la terre de 2017 pour nous retrouver finalement les deux pieds ancrés au 9 du ciel de 2018. Surtout évitons les petits cailloux entre minuit et zéro heure qui pourraient mettre à mal cette expédition car c’en est une, et vous obligeraient à redémarrer éternellement à partir du 1 de la terre de 2017. Que vous souhaiter alors, sinon beaucoup d’équilibre, quitte à partir du ciel de 2018 en direction de la terre de 2017. Du 9 vers le 1 au lieu du 1 vers le 9, et tout cela, bien entendu entre minuit et zéro heure ! Et vogue la galère 

 

 

 

 

Drôle de rêve à zéro heure pile poil

1024px-VeveLegba.svgMoi qui ne me souviens quasi jamais de mes rêves j’ai rêvé que ma mère était morte. Rien que ça ! C’était clair et limpide comme de l’eau de roche. C’est ma femme qui me l’aurait annoncé. Et pourtant nous sommes séparés par des milliers de kilomètres, de mers et de nuages. Je n’y ai pas cru sur le moment. Je suis allé dans mon rêve sur le site Belradio vérifier. Et son nom était là bien répertorié. Alors je me suis dit  : elle est morte le 25 octobre comme sa mère. Quelle coincidence ! Bena pleurait mais moi j’étais serein !

Je me suis réveillé tranquillement et j’ai couru au téléphone pour voir l’heure. Il était exactement zéro heure, pas une minute en plus, pas une seconde en moins, zéro heure pile. Zéro heure pile poil comme disent les Mahorais ! A la frontière parfaite entre le mercredi 27 décembre et le jeudi 28 décembre 2017.

Je suis allé pour de vrai sur Belradio et là pas de trace de décès de quelqu’un de la famille

Je suis allé sur geneanet pour vérifier les dates de décès de ma grand-mère, elle est décédée le 24 octobre à Gourbeyre et enterrée le 27 octobre 2006 à Saint-Claude.

J’avais un message qui clignotait d’une demoiselle Isabelle Saint-Val, fille d’une Cécile Castard et d’un Monsieur Saint-Val et qui me demandait si je connaissais un cousin de sa mère décédée en 2012 nommé YANKO. Mystère et boules de gommes ! Et moi je ne connais ce YANKO ni d’Eve ni d’Adam

Puis j’ai appelé ma femme ! Avec le décalage horaire il était un peu plus de 22 heures en France et je lui ai annoncé la nouvelle. E,lle était en train de regarder un film. J’ai donc été bref ! Ouf elle était en vie !

Puis je me suis souvenu que son père était mort lui aussi un 25 octobre, elle n’en était pas sûre, elle m’a dit 24 octobre, je suis donc retourné sur mon site geneanet et j’ai consulté la fiche de mon beau-père. Décédé le 24 octobre 2010 à Jacobina, Bahia, Brésil.

Tiens ma grand-mère et mon beau-père décédés le même jour ! Je n’avais jamais fait le rapprochement entre les défunts de Guadeloupe et ceux du Brésil.

Bon ma mère est née un 25 juin, mon père est décédé un 20 juin 2000 à Troyes, mon frère Charles Henri décédé un 22 juin 1958 à Saint-Claude

Puis je me suis souvenu que hier on m’avait appelé de métropole via un numéro de portable 0680XXXX, que j’avais appelé et que j’étais tombé sur la boite vocale et que je n’avais comme à mon habitude laissé aucun message

Puis je me suis souvenu d’un poème écrit il y a bien longtemps PSAUME XI qui fait partie du recueil  Micareta : 27 fragments infimes d’un carnaval intime et qui débute par Zéro heure :

PSAUME XI

Zéro heure, la chauve cascade

Où le délire se découd

Dans les courbes de l’ennui…

Zéro heure, l’édentée

Déchirant les échos

Des obsèques de minuit…

Zéro heure, poupée

Aptère, assoupie

A l’ombre des rêves…

Cartomancienne hérétique

Châtrant les éruptions chagrines,

Châtrant, multipliant les yeux

Vers les plages pourpres…

Zéro heure, nymphe sourde

Défunte à la canne bossue,

Hissant le grand pavois

De la couleur polyphonique,

L’accord,

La peau du poète,

Éclipse magique

De tous les déluges…

Demain à la première heure j’appellerai ma mère pour lui communiquer en bonne et due forme son décès. On en rira tous les deux ! enfin je l’espère. Ou elle m’annoncera la mort de quelqu’un. Qui donc !? Je l’ai eue au téléphone le 24 décembre dans l’après-midi, elle était en pleine forme ! sur le calendrier le 25 octobre c’est la saint Crépin. Mourir à la saint Crépin, quel drôle de rêve ! Moi je signe tout de suite pour la saint Glinglin, à zéro heure pile poil entre saint Jean l’Evangéliste et les saints Innocents !

13h pile poil après minuit j’entre finalement en contact avec la Reine Mère, après une trentaine d’appels restés sans réponse sur son portable comme sur sa ligne fixe ! Man Balti is alive and kicking ! Je respire ! Mais elle me confirme que tout est prêt pour son départ ! Que je ne m’inquiète pas ! Mais non je ne m’inquiète pas ! Je sais que tout est réglé comme sur du papier à musique ! On chantera probablement :

1. Je crois en Toi, mon Dieu, je crois en Toi,
Vivant, mystérieux, si près de moi.
Dans tous les désarrois, Tu garderas ma foi.
Je crois en toi, mon Dieu, je crois en Toi.
2. J’espère en Toi, mon Dieu, j’espère en Toi,
Ta main, du haut des cieux, prend soin de moi.
Quand sous l’effort je ploie, quand sombre toute joie,
J’espère en Toi, mon Dieu, j’espère en Toi.
3. N’aimer que Toi, mon Dieu, n’aimer que Toi :
Tes saints, d’un cœur joyeux, ont fait ce choix.
Ils ont tracé pour moi la route vers la croix.
N’aimer que toi, mon Dieu, n’aimer que Toi.
4. Plus près de Toi, mon Dieu, plus près de Toi !
Pour que je serve mieux, reste avec moi.
Fais-moi de jour en jour grandir en ton amour.
Plus près de Toi, mon Dieu, plus près de Toi.

Ce matin elle est partie tranquillement à la messe à Toulouse puis était en pleine préparation de la cérémonie de décès d’un certain Jean-Marie décédé le 25 décembre à Gagnac-sur-Garonne.

Pour fêter la bonne nouvelle je dis :

boudin, pain de mie complet et vin blanc moelleux pour tout le monde !

Ma chère et tendre analyste junguienne n’a pas pas hésité à me faire parvenir ce lien 

Selon ce Tristan Moir spécialiste de l’interprétation du langage des rêves, rêver de la mort d’un proche n’a rien de morbide. Au contraire.

Comme je me méfie de ces splendides spécialistes de la psyché je prends tout avec des pincettes. Je deviendrais, avec un énorme conditionnel, enfin adulte. Je ne serais plus puer aeternus ? il faut symboliquement s’affranchir de ses parents  (il dit tuer symboliquement, mais moi je préfère m’affranchir) pour s’inscrire dans la vie adulte. Je serais en train de franchir une étape que je croyais pourtant franchie depuis belle lurette ? Non seulement je deviendrais adulte mais encore philosophe ! Tout ça à l’orée de 2018 où je partirai enfin à la retraite. Fin de cycle, début d’un autre ! Formidable ! J’étais formidable, tu étais formidable, nous étions formidables, en 2017, comme dirait Stromaé !  Lisons Tristan dans le texte  tout en écoutant Stromae, donc :

Si nous rêvons de la mort d’un parent proche, il n’y a pas là prémonition ou souhait de le voir disparaître. Ces rêves correspondent au processus de mort symbolique nécessaire à notre évolution. C’est un des grands thèmes de la psychanalyse : chacun de nous doit un jour tuer son parent symbolique pour devenir un individu à part entière, c’est à dire adulte, indépendant et capable de devenir parent à son tour. Tant que la mère et le père n’ont pas été tués symboliquement, l’individu reproduit les schémas que lui ont transmis ses parents. Si nous avons reçu une éducation qui nous semble assez mauvaise, tant que nous serons attachés à nos parents, nous aurons tendance inconsciemment à nous comporter comme eux.

Qu’il s’agisse de notre mort ou de celle d’un proche, les rêves qui la représentent ne sont jamais négatifs ni prémonitoires d’un décès prochain réel. La mort est ici symbolique. Elle correspond toujours à une transformation, au passage d’un état à un autre.

(Dans les cas de rêves relatifs à la disparition imminente d’un proche, celui-ci apparaît en songe de façon bien vivante. Le plus souvent, il est habillé normalement, il regarde le rêveur en souriant, dit peut-être quelques mots avant de disparaître. Ces rêves sont très paisibles, jamais dramatiques. La mort physique n’est jamais représentée.)

Négatif : Peur du changement, poids du passé, angoisse.

Positif : Fin de cycle, transformation, passage à un nouvel état, maturité, recul philosophique.

 

Les génies de l’île aux esprits adorent la lotion Pompéïa

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Les génies, les esprits, les entités, les djinns, les orixas, les guédés, les lwas, les invisibles, les mystères, les saints, les anges, appelez-les comme vous préférez, encensez-les, faites leur vos offrandes, abandonnez vos salouvas, dansez vêtus de vos plus beaux lamb (paréos), faites sonner les cordes des gabousi, faites intervenir votre fundi préféré, un fundi wa nyongo (maître de l’encre) ou un fundi mpa mizi (maître des racines), chantez vos incantations, badigeonnez-vous de tarmalin, remplissez à ras bord vos douze seaux d’eau de bains de plantes comme le vaimara et autres feuillages et pétales, nourrissez-les des plats les plus fins, purifiez-vous tant que vous voudrez,  allez sous l’eau des cascades ou dans la mangrove, les esprits resteront muets car ces divinités adorent la lotion Pompéïa. Ici à Mayotte, l’île aux esprits par excellence, comme aux Antilles, les esprits ont leur territoire et ce n’est pas parce qu’on ne les voit pas comme le vent et les abysses qu’ils n’existent pas !

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Ils peuvent être d’origine bantoue, soufie ou malgache, ils peuvent avoir été autrefois sultans comme le grand sultan Tsilévalouha plus connu sous le nom Adriantsoly, originaire de Madagascar, mort assassiné en 1847 alors qu’il habitait M’Tsapéré, village fondé par les Malgaches de l’ethnie ANTALAHOTSI,  qui a vendu Mayotte à la France le 25 avril 1841 pour une rente annuelle de 1000 piastres (il est vénéré par ses adeptes au son du m’gondro vers la fin août chaque année lors d’un énorme rombou ou maruamba sur la pointe Mahabou où se trouve son sanctuaire désormais sous le nom de l’esprit Dramagnoukarivo), ou simples marins portant vareuse bleue et blanche et pompons sur leur bonnet. Ils peuvent prendre forme animale (araignées par exemple) ou rester invisibles. Certains demeurent dans des daira, des lieux sacrés, en pleine nature au fin fond des forêts et des brousses en haut des montagnes, sous les cascades sacrées, d’autres sont les esprits de la mangrove, les moinaïssas, esprits protecteurs de la mangrove, petites femmes aux longs cheveux possédant un bras atrophié et l’autre tout petit.

Pompéïa est le nom d’une lotion (destinée donc à être appliquée sur le front et à l’arrière du cou, une lotion censée être rafraîchissante, apaisante en cas de fatigue, de stress ou d’agitation)

 La lotion a été créée en 1907 pour L.T. Piver (L.T. pour Louis Toussaint, entreprise créée  en 1774, la première parfumerie française) par  Georges Darzens  (qui a découvert en 1896 le salicylate d’amyle, un produit synthétique qu’il utilisa dès 1898 pour créer avant Pompéïa, la lotion Le Trèfle Incarnat), Jacques Rouche et Pierre Armingeat (1874-1955).

Cette lotion  aldéhydée est à base de rose, jasmin, ylang, iris, lavande, géranium. La composition exacte est la suivante :

 Alcohol denat., eau, fragrance, benzyl alcohol, benzyl salicylate, cinnamal, cinnamyl alcohol, citral, citronellol, coumarin, eugenol, geraniol, hydroxycitronellal, isoeugenol, limonene, linalool, alpha-isomethyl ionone, diehylamino hydroxybenzoyl, hexyl benzoate, ethylexyl methoxycinnamate.

Eh bien imaginez vous que les esprits patros dans le rite de possession ngoma d’influence bantoue  adorent  ! La lotion Pompéïa non seulement on en  masse les poings ou le corps des possédés avec mais encore le fundi , le maitre des esprits, leur en procure à boire comme du petit lait  ! On peut aussi utiliser pour cajoler les esprits de la forêt – les mugala – outre le sang des zébus, chèvres et poules  de l’eau de rose (mawarde) . Alors que dans le rite trumba les djinis  préfèrent boire et s’enduire de kaolin ! Et ce n’est pas tout, du riz, du popcorn, de l’eau de coco ! et surtout beaucoup d’alcool et de décibels, des battements de mains ou de tambours ! Les génies aiment la fête donnée en leur honneur ! Sautez matez jusqu’à ce que la transe vous possède. L’anthropologie de la possession a été réalisée il y a de cela des lustres par des gens comme Roger Bastide, Michel Leiris et Alfred Métraux. A Mayotte j’ai déjà été témoin au moins deux fois de crises de possession. Un esprit incorpore en état de transe un(e) possédé(e) qui devient alors le siège de l’esprit.  On hérite de ses esprits comme de ses ancêtres. On peut par exemple hériter de l’esprit patros Djalud de sa grand-mère et d’un esprit  tromba provenant de sa mère.

On trouve à Maytotte deux types d’esprits issus de deux types de cultes de possession. En gros ce sont des djinns, des esprits des morts.

Le culte  tromba d’inspiration malgache qui peut se manifester dans le cadre des rumbu.

Pour délivrer le possédé, le hanté de l’esprit qui l’obsède on va avoir recours au bilo. Le tromba est quant à lui un dialogue entre les esprits et l’assistance. Le culte patros d’inspiration bantoue tourne autour du devin guérisseur  ou ombrasa.

J’ai regardé dans un restaurant de Mamoudzou le film d’animation Azur et Asmar de Michel Lancelot (2006) un lundi férié de Pâques en plein après-midi. Ce film d’animation raconte l’histoire de deux frères de lait et de leur quête de la fée des djinns. Si j’avais vu le film ailleurs il aurait eu une dimension autre mais ici en plein océan indien musulman le djinn n’est pas seulement un personnage de dessin animé comme l’ elfe ou le farfadet c’est surtout une réalité.

majorité affective

J’entends la ministre de l’égalité femme-homme, Marlène Schiappa,  proclamer sûre de son droit que la majorité affective se trouve entre 13 et 15 ans. Les députés En Marche disent 15, nous disons 13 , allez,  on coupe la poire en  deux , ce sera entre 13 et 15. Mais le président Macron a dit 15, on verra bien ce qu’il adviendra de ces circonvolutions. La responsabilité pénale reste fixée elle dans le marbre à 13 ans mais ne confondons pas cocos et d’abricots. 

Tout cela afin de délimiter un âge limite à partir duquel on pourra décider qu’il n’y a pas eu consentement dans un acte sexuel. Il est vrai que l’homme de 21 ans d’origine cap-verdienne qui a agressé la petite Justine, d’origine congolaise à l’âge de 11 ans a été relâché libre de tout soupçon disant que la jeune fille lui avait menti sur son âge et qu’on se crêpe les cheveux dans les arcanes du système pour justifier ou invalider telle sentence. Tout cela se passait en 2010 à Champs sur Marne.

A partir de quel âge le consentement peut s’avérer éclairé quand il n’y a pas agression constatée, contrainte, menace? Un projet de loi va même être déposé afin d’« instaurer un non-consentement présumé » des enfants en matière de relation sexuelle.

Très intéressant. Ce sera assorti par un allongement des délais de prescription dans les affaires de relation sexuelle avec des enfants. Mais la véritable question n’est-elle pas à combien se fixe la majorité sexuelle dans le monde ?

https://fr.wikipedia.org/wiki/Majorit%C3%A9_sexuelle#/media/File:Age_of_Consent_-_Global.svg

Tout d’abord il faut avoir en tête la définition de la convention internationale des droits de l’enfant qui dit ceci :

« […] tout être humain âgé de moins de dix-huit ans, sauf si la majorité est atteinte plus tôt en vertu de la législation qui lui est applicable »

C’est le sauf si qui est important. chaque pays a ses us et coutumes. Dans certains pays avoir un enfant à 14 ans ne pose pas problème. Dans d’autres pratiquer une IVG à 14 ans aucun problème.

En fait cette majorité affective, qu’on nomme age of consent, age du consentement, varie à l’intérieur de chaque continent en fonction de discours religieux ou idéologiques. Il s’élève entre 11 ans et 21 ans.

Leader toutes catégories, le Nigéria fixe cette minorité de consentement à 11 ans, suivi de pays comme l’Angola et les Philippines à 12 ans ; les Comores, le Japon, le Burkina Faso, le Niger, la République Démocratique sahraouie  à 13 ans ; l’Albanie, l’Allemagne, l’Autriche, le Bangladesh, la Bolivie, la Bosnie herzégovine, le Brésil, la Bulgarie, le Cap Vert, la Chine, la Colombie, l’Equateur, les Etats Fédérés de Micronésie, la Hongrie, l’Italie, l’Estonie, le Liechtenstein, la Macédoine, Madagascar, le Malawi, Maurice, Montenegro, Myanmar, le Paraguay, le Portugal, la République Démocratique du Congo, San Marino, São Tomé e Principe, la Serbie, le Tchad, le Timor de l’Est, à 14 ans. La France en est actuellement à 15 ans. La Corée du Sud à 20 ans, le Bahrein à 21 ans.

A noter le cas de l’Espagne qui avait la minorité de consentement la plus basse d’Europe jusqu’en 2015 (13 ans) et qui l’a fait passer à 15 ans depuis.

Pour certains pays il faut se marier pour pouvoir avoir des relations sexuelles . C’est le cas  de l’Afghanistan, l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, l’Iran, le Koweit, la Lybie, les Maldives, Oman, le Pakistan, Qatar, le Soudan, le Yemen.

On voit bien par ce qui vient d’être dit que nous sommes dans un trou noir « et que ans ces temps de mondialisation galopante il vaut mieux vérifier le contenu des codes civils des partenaires avant d’esquisser le moindre menu bisou. Et encore il faut se mettre à jour en permanence.

Ce qui interroge c’est ce qui empêche un(e) coréen(ne) du sud par exemple d’avoir des relations sexuelles à 14 ans alors qu’une chinoise le peut, ce qui différencie une comorien(ne) d’une nigérien(ne), etc, un(e) français(e) d’une japonais(e)…

Moi ma position est la suivante : à partir du moment ou un enfant, garçon ou fille est en mesure de procréer, il a sa majorité sexuelle et que la seule personne qui peut vraiment juger de sa maturité affective c’est la personne elle-même. On pourrait imaginer que l’entretien psychosocial qui doit être réalisé avant qu’une personne ne réalise une ivg puisse se tenir quand un(e) mineur(e) envisage de se livrer à un acte sexuel. Juste une piste en passant.

Je remarque que les tenants de l’esclavage ne faisaient pas autant de bruit quand il s’agissait d’engrosser comme du bétail les jeunes esclaves pendant les 2 siècles et demi qu’a duré l’esclavage aux Antilles par exemple. Autres temps autres moeurs, me dira-t-on ! Je remarque qu’on ne demande pas leur consentement éclairé aux génisses pour les engrosser et je remarque en outre que dans plus d’un  pays il y a des mariages arrangés qui sont organisés avant même la naissance  d’un individu. Tout cela avec le but de conserver l’homogénéité du clan.

Il est de bon ton de donner du label républicain à tout et n’importe quoi.

Je ne nie pas la complexité de la chose. La question que je me pose c’est pourquoi alors qu’on n’a jamais vraiment légiféré sur le sujet au cours des siècles, alors

 

  • que depuis le 29 janvier 2017, les mineurs, quel que soit leur âge, ont le droit d’adhérer librement à une association.
  • que depuis le 29 janvier 2017, (loi n°2017-86 du 27.01.2017), il est possible pour un mineur de moins de 16 ans (par conséquent non émancipé) de constituer une association et de se charger de son administration, sous réserve d’un accord écrit préalable de son représentant légal. De même, il peut accomplir touts les actes utiles à l’administration de l’association, à l’exception des actes de disposition, avec un accord écrit préalable de son représentant légal.
  • que depuis la loi du 4 avril 2006, l’article 144 du Code civil prévoit que « Le mariage ne peut être contracté avant dix-huit ans révolus ». Avant cette loi, l’âge minimum était fixé à 15 ans révolus pour les filles. La réforme introduite en 2006 est justifiée à la fois par un souci d’égalité et la volonté du législateur de freiner les mariages forcés de jeunes filles. Bref on pouvait se marier à 15 ans il y a 10 ans et même avant en cas de grossesse sur dispense du procureur de la république.
  • qu’on peut embaucher un mineur de plus de 14 ans avec l’autorisation du représentant légal
  • que depuis le 15 janvier 2017, un enfant mineur qui vit en France et voyage à l’étranger seul ou sans être accompagné par l’un de ses parents doit être muni d’une autorisation de sortie du territoire (AST). Il s’agit d’un formulaire établi et signé par un parent (ou responsable légal). Un enfant voyageant avec son père ou sa mère n’a donc pas besoin d’une AST. Le formulaire doit être accompagné de la photocopie d’une pièce d’identité du parent signataire. Cette obligation avait disparu pendant 3 ans.
  • que l’ouverture d’un compte d’épargne est réglementée par la loi, c’est autorisé à la seule condition que le(la) mineur(e) soit considéré’e) comme étant doué’e) de discernement, sans condition d’âge.
  • que les centres de planification et d’éducation familiale ont été habilités par la loi du 4 décembre 1974 à délivrer aux mineures à titre gratuit et anonyme des contraceptifs sur prescription médicale,
  •  que les infirmières et les pharmaciens ont été autorisés par la loi Royal du 13 décembre 2000 à délivrer gratuitement aux mineures la pilule du lendemain,
  •  que la loi Aubry du 4 juillet 2001 a supprimé le consentement des titulaires de l’autorité parentale pour la prescription médicale de la pilule aux mineures ,
  •  que la loi Douste-Blazy du 9 août 2004 a autorisé les sages-femmes à délivrer une ordonnance contraceptive.
  • que la loi  autorise depuis 2001  les mineures à interrompre leur grossesse avec le consentement d’un adulte à défaut d’un parent
  •  que la loi sur les droits du malade du 4 avril 2001 autorise un mineur à refuser l’accès de son dossier médical à ses parents : sauf un diagnostic vital le médecin est retenu au respect du secret professionnel dû à son jeune patient. La loi privilégie l’approche des droits du patient et se refuse de s’arrêter à la minorité. 
  • qu’il est possible d’être assez éclairé pour ouvrir un compte en banque même mineur avec le consentement de ses parents ou de son tuteur,
  •  qu’on peut ouvrir une entreprise.