Sexe, paradis et interjections

Au summum du plaisir croyants comme incroyants, athées comme agnostiques, pratiquants comme non pratiquants ont à leur disposition dans toutes les cultures pour leurs soupirs, gémissements, râles et autres chuchotements toute une gamme d’interjections lubriques pour se signifier à soi entre spasmes et couinements subtils comme à leur partenaire qu’ils atteignent le paroxysme du plaisir. Il n’y a pas que les hummmmmmm, les ouille ouille ouille, les aïe aïe aïe, les oh oui, les ah, les woye, les waye créoles. Il n’y a pas que les lekker hollandais, les que rico espagnols, les ik kom klaar hollandais encore, les kwa kwa kwa des Indiens Matis d’Amazoni ou les ino ino ino (jaguar jaguar jaguar) de leurs voisins les Indiens Marubo. La panoplie est bien plus large pour évoquer cet instant flottant entre souffrance et plaisir. On invoque souvent alors à l’heure de l’orgasme des divinités, des prophètes, des saints et des saintes. On peut même jouir en latin comme dans une prière par un Gloria, un Hosanna ou un Alléluia.

Que celui qui n’a jamais murmuré bondyéségné ou oh mon dieu au moment de l’extase me jette la première pierre. Oh Doux Jésus peut gémir celle en qui on vient de faire rugir le petit Jésus dans la crèche. Sainte Vierge ! Ces figures tutélaires assaillent l’âme de celui qui jouit et qui sait que jouir est une petite mort et qu’avant de mourir il faut invariablement payer son tribut aux esprits. Nul ne peut avoir accès à ces mini paradis sur terre sans ces mots émis en plein vertige des sens. Jésus Marie Joseph crie l’un succombant presque sous les coups de boutoir des stimuli. C’est la même extase que celle de sainte Thérèse de Jésus sur la statue de marbre de Bernin (Gian Lorenzo Bernini) (1654) et celle de Marie Madeleine en extase au pied de la Croix de Guido Reni! C’est la même communion charnelle qui est proposée à travers l’ostie -chair et sang.

Que dit sainte Thérèse quand elle raconte son moment d’extase, appelé transverbération, moment où elle se fait transpercer par la lance bouillonnant de feu d’un ange chérubin et où la douleur et la mort confinent au plaisir:

« J’ai vu dans sa main une longue lance d’or, à la pointe de laquelle on aurait cru qu’il y avait un petit feu. Il m’a semblé qu’on la faisait entrer de temps en temps dans mon cœur et qu’elle me perçait jusqu’au fond des entrailles; quand il l’a retirée, il m’a semblé qu’elle les retirait aussi et me laissait toute en feu avec un grand amour de Dieu. La douleur était si grande qu’elle me faisait gémir; et pourtant la douceur de cette douleur excessive était telle, qu’il m’était impossible de vouloir en être débarrassée. L’âme n’est satisfaite en un tel moment que par Dieu et lui seul. La douleur n’est pas physique, mais spirituelle, même si le corps y a sa part. C’est une si douce caresse d’amour qui se fait alors entre l’âme et Dieu, que je prie Dieu dans Sa bonté de la faire éprouver à celui qui peut croire que je mens. ».

Mais d’où nous viennent ces spasmes de Sainte mystique. Comment cette extase, cette illumination, cette rencontré spirituelle, cette expérience numineuse se fait-elle chair et vocabulaire à travers les interjections ?

Ah interjections sans vous le coït serait océan de tristesse. Comment pourrions-nous autrement par le verbe partager l’émotion de la chair ? Parfois on manipule bien évidemment . On dit chéri ou chérie ou mon amour mais ce ne sont que des succédanés de chérubin comme ohmygosh est un succédané de oh my God.

Les interjections dites égophoriques ou endopathiques – telles que les décrit l’anthropologue Philippe Erikson dans le récent numéro 67 de la revue anthropologique Terrain consacré à la jouissance et intitulé Jouir? – sont selon moi des manifestations orales ancrées dans notre inconscient collectif aux frontières duquel la mort et la souffrance se livrent un duel arbitré par le désir inné de recherche du plaisir et de survie.

un rimèd razyé qui aime se faire manger amer : le pawoka

Parfois au détour d’une rue ou d’une route je crois reconnaître une plante, un fruit oublié dans les limbes de ma mémoire.  Et petit à petit j’en dresse la cartographie et que vois-je ? tous des rimèd razyé ! Alors je consulte quelques sites pour décortiquer tout ça, voir ce qui relève de ma fantaisie, du rêve car j’ai tant voyagé, les mémoires se bousculent et entrent en concurrence. Je consulte alors les sites pawoka ou La sorcière et le médecin ou encore Agarta. Mais aujourd’hui je viens de retrouver quelque chose que je croyais perdu dans le triangle des Bermudes. Nous parlions avec une collègue réunionnaise de ce qu’elle appelle légumes lontan. Elle a mentionné  le patole, une sorte de long haricot, qu’on appelle dodoki ici à Mayotte, que je n’ai pas reconnu, puis a embrayé sur le margose. Je ne voyais pas de quoi elle voulait parler mais quand finalement après m’en avoir parlé pendant plus de 15 minutes les yeux révulsés de plaisir évoquant ces agapes d’enfant moi même j’ai commencé à voir une auréole pousser au-dessus de ma tête . Cette margose-la me rappelait quelque chose de mon enfance. Mis pas un aliment !

Il s’agit du paroka, pawoka si vous préférez, qu’on appelle margose à la Réunion et qui paraît-il est délicieux avec le rougail morue. La-bas on mange le fruit.  Il y a même une chanson à la Réunion qui dit comme ça « margose amer, les grains c’est doux » (Margozamer, chanson de Dominique Barret) oui car le margose est extrêmement amer à l’extérieur, quoi que les descendants d’indiens aux Antilles aiment bien le cuisiner frit en tranches  assaisonné au curcuma et au curry. (voir le site saveursmadras.unblog.fr d’une demoiselle Kichenin) Il paraît que ça accompagne divinement le riz coco ! A essayer donc ! Avis aux amateurs !

On peut aussi à la Réunion préparer un rougail avec le margose vert ! Il suffit de piler du piment vert avec du sel ajouter de l’oignon et mélanger tout cela avec le margose débité en tranches. Ou un cari avec le canard, le poulet ! Ou bien cru en salade avec vinaigre, oignon, ail, sel, poivre. Plus on laisse tremper dans le vinaigre plus l’amertume s’évanouit ! On peut aussi pour faire diminuer l’amertume tremper quelques heures le margose dans de l’eau salée en renouvelant l’eau autant de fois qu’on le désire en fonction de l’amertume désirée. Tiens j’essaierais bien dans mon colombo chatrou ou fricassée chatrou !

Le goût oscille entre celui du poivron, du concombre et de la chayotte, en super amer ! Le pawoka s’appelle aussi  et ce n’est pas par hasard  pomme coolie  ou pomme zindyen, en français gourde amère, en anglais bitter melon, bitter squash, balsam-pear et en latin Momordica charatia. Il fait partie des plantes médicinales indiennes importées aux Antilles dès la moitié du 19ème siècle.  En anglais on l’appelle encore bitter gourd ou bitter lemon. Bon contre la grippe, bon pour hypertension, bon pour le diabète. Ce légume lontan, ce riméd razyé est riche en potassium, en vitamine A, B1, B2, B3 ! Enjoy !

En Inde le bitter gourd masala est une recette intéressante à base du pawoka appelé la-bas en sanskrit  karela. D’ailleurs le légume est originaire de l’Inde et est consommé en Inde, au Pakistan, au Bangladesh au Népal et une bonne partie de l’Asie!

Préparation & ingrédients: 1.retirer la peau 2. évider et retirer les graines  3.nettoyer avec du lait fermenté ou caillé à défaut de babeurre (buttermilk) additionné de sel 4. mettre à bouillir un peu avec du curcuma dilué dans de l’eau 5.preparer une pâte avec des oignons, du piment vert, sel, de la poudre de piment rouge, du masala en poure (Coriandre+Cumin+cannelle) et de la pâte de gingembre: 6. Faire revenir cette pâte dans de l’huile puis en garnir chaque margose (pawoka) 7. Mettre tous les pawoka farcis à frire dans de l’huile

 

La même recette traditionnelle vue par une mamie de 104 ans Mastanamma ! Ici on ajoute des cacahuètes entières , les feuilles de cari ainsi que les graines d’assaisonnement (tempering seeds ( ail, piment séché rouge, graines de cumin)

Tout cela semble excellent et bon pour la santé comme pour l’âme ! Mais moi quand je vois la photo de cette plante je replonge en enfance ! Allez on plonge ensemble ! quand je vois cette épicarpe jaune et les grains rouges qui en jaillissent je me souviens que je jouais avec cette plante. Je revois même les fleurs. Je crois que je collectionnais les graines de cette plante. D’ailleurs j’ai toujours aimé collectionner les graines. Pas plus tard que la semaine dernière j’ai mis à sécher des graines de jaquier. C’est une constante. Je prolonge le plaisir de la dégustation par celui de la dessification de la graine pour une éventuelle plantation qui, on l’espère, fleurira un jour et me permettra de revenir à la case départ.

Mais une fois de plus pour comprendre la cuisine antillaise d’autrefois, surtout celle qui revendique ses racines hindoues,  il faut se plonger dans la cuisine trinidadienne. Moi je fais ça systématiquement. Et voilà que je découvre qu’à Trinidad et Tobago le pawoka se fait appeler caraili et qu’on le mange comme à la Réunion avec de la morue par exemple. Voyez moi ça ! De l’authentique trinbagonian cuisine !

Mais le plat par excellence avec le pawoka, enfin le caraili/caraaili/carailli, est le kalounji (kaloungi).

Ce sont des pawoka frits dans l’huile après avoir été bouillis 5 minutes dans l’eau salée et être vidées de leurs graines. On les fait frire alors avec une farce qui peut être soit du  mango kuchela, (mangue verte râpée, oignons, ail, piment, amchar masala – mélange  d’épices comme les graines de coriandre, les graines de cumin (geera), les graines de fenouil, les graines de moutarde noire, les graines de fénugrec (methi), roussies dans une poëlle – revenus dans l’huile de coprah), de la viande, du poisson, des crevettes, ou des légumes, etc.

Si par exemple on veut avoir une alternative au poivre on peut utiliser soit de la poudre de clou de girofle, soit de l’amchar masala, soit du mango chutney ou du mango kuchela

Brèdes mourongue et épinards au poulpe et au vivaneau

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Ici partout on voit rarement des revendeuses de brèdes mouroungue, appelé aussi brèdes médailles à la Réunion, ou brèdes Mourom ou mouroum à Maurice, acacia branca au Brésil. C’est ainsi qu’on appelle les feuilles du moringa. Nous avons affaire à Sa Majesté Moringa oleifera, une plante généreuse, extraordinaire, lit-on partout, porteuse de multiples bienfaits nutritionnels et médicaux, 300, pas moins que ça et surtout qui a la particularité de résister à la sécheresse.

Les feuilles, les graines, les gousses, les racines, les fleurs : dans le moringa tout est bon comme dans le cochon, c’est une vraie malle au trésor débordante d’antioxydants, d’acides aminés, de vitamines A, B, C, de calcium, de phosphore, de protéines, de potassium, de zinc, de fer, de cuivre, de chrome, de manganèse. Sa Majesté peut à elle seule remplacer jus d’orange, lait, épinard, yaourt, banane, carotte, huile, oeufs ! Il réduit le mauvais cholestérol, combat l’anémie, l’asthme, contrôle le glucose dans le sang, la pression artérielle et fortifie le système immunologique. Et ce n’est pas tout. Au niveau esthétique il accélère la croissance des cheveux et régénère la peau. Il combat le vieillissement précoce, il prévient les tumeurs et améliore la mémoire. Imaginez-vous ça ! La perle rare ! Pas si rare que ça, le super médicament naturel, puisque disponible à tous les coins de rue à Mayotte. Il suffit de lever le bras et se servir même en pleine ville de quelques branches qui dépassent au dessus des tôles et parpaings épars qui démarquent les arrière-cours, sans oublier d’en demander l’autorisation au propriétaire s’il y en a un.

 

Bon on pourrait épiloguer pendant des heures sur cet arbre de vie , cet arbre miracle, ce supermarché à lui tout seul ! Moi à mon humble niveau je ne m’intéresse qu’à l’aspect gastronomique de la chose mais si cela m’induit à manger mieux why not !

Les feuilles sont toutes petites, et il faut trier, trier dans les branches, avant d’avoir de quoi se mettre sous la dent. J’admire la patience des femmes qui assises à même le sol les dépiautent patiemment feuille après feuille avec une infinie lenteur qui confine presque à la tendresse. Les feuilles sont caressées, dorlotées. Je pense que la plupart des gens n’en achètent pas car c’est une plante que l’on trouve à chaque coin de rue. C’est une plante qui pousse partout dans les arrière-cours. elle ne se cache pas et est toujours disponible, offerte à l’appétit des uns et des autres comme les manguiers et les arbres à pain. C’est une plante de survie par excellence. Une plante nourricière ! On ne va pas mourir de faim avec un ou eux pieds de moringa dans son jardin et le fruit à pain planté un peu partout dans les rues. Même les chèvres qui traînent dans les rues en raffolent. Quant aux humains il faut se souvenir que ce plat était autrefois le plat du pauvre, ou le plat des fins de mois difficiles. On en faisait un bouillon avec de l’oignon, de l’ail, et du piment servi avec un petit rougail tomate. Si on avait des sardines, on récupérait l’huile et on faisait prendre aux feuilles le goût des sardines en rajoutant aux feuilles une ou deux boîtes de sardine.

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Maintenant le plat s’est un peu sophistiqué mais tout le monde apparemment aime le brède mourongue qui est appelé mouvoungué à Anjouan. En anglais on dit aussi drumstick tree ou horseradish tree. On peut servir le mourongue avec du poisson.

 

Avant hier j’en ai acheté pour 3€ déjà triés par une marchande malgache au coin de ma rue. La botte non effeuillée m’aurait coûté 2 € donc j’ai préféré payer un € en plus pour ne pas avoir à faire le dépiautage. C’était en fait la première fois que je voyais une revendeuse de brèdes mourongue. On voit généralement des revendeuses de brèdes mafanes

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mais je n’avais pas jusqu’ici trouvé de revendeuses de brèdes mourongue pour la simple et bonne raison que n’importe quel mahorais ou comorien doit savoir où se trouve un arbre et prélever quelques branches pour son usage personnel.

Il me restait le choix cornélien : la recette classique traditionnelle brèdes mourongue sardines ou brèdes mourongue morue ou ma recette à moi brèdes mourongue poulpe, la recette que j’avais envie d’essayer. il y avait aussi les recettes à base de poisson séché, à base de poulpe fumé

J’ai opté finalement pour le brèdes mourongue et épinards au poulpe et au vivanneau. Je n’avais pas de poulpe fumé sous la main. J’aime bien le poulpe fumé car il évite qu’on ait à nettoyer le poulpe.

Les ingrédients pour le poulpe (le chatrou antillais) à la mode mahoraise (appelé ici piedza et ourite à la Réunion): mangue verte, ail, oignon, huile, tomate, massala, piment, herbes de provence, sel, poivre

Les ingrédients pour les brèdes mourongue et l’épinard: ail, oignon, gingembre, curcuma, sauce soja sucrée, vinaigre balsamique

si on le désire du lait de coco peut donner une autre texture au plat mais moi je prèféréela pâte d’arachide.

Je vais m’inspirer de cette recette mauricienne et substituer le poisson perroquet par du poulpe et à l’occasion je ferai la recette avec du vivaneau aussi

Mauritius Bouillon Poisson (Fish Stew) with bredes mouroum (moringa leaves)

Ma recette devient la suivante :

Je mélange au mixer d’abord toutes mes épices: cannelle en poudre, ail, pâte de gingembre, pâte d’arachide, oignons, tomates, purée de tomate, feuilles de curry ou feuilles de bois d’inde et feuilles de coriandre que je fais revenir dans une cocotte avec un peu d’huile pendant 7 à 8 minutes (couvercle sur la cocotte). Puis j’ajoute de l’eau, mélange le tout et remet à mijoter pendant 5 minutes. J’ajoute alors :

-soit le poulpe que j’ai réservé et qui a été cuit au préalable comme ici à l’antillaise ou encore comme ici à la mauricienne

-soit le vivaneau qui a été frit au préalable. Le poisson a trempé dans une saumure à base de vinaigre, jus de citron et cannelle en poudre. J’ai ensuite rajouté du sel et du poivre. J’ai fariné le poisson et l’ai fait frire pendant 8 à 10 minutes.

-soit les deux c’est à dire le vivaneau et le poulpe

Je laisse mijoter à couvert le poisson ou le poulpe, ou le poisson et le poulpe pendant encore 5 minutes.

Puis j’ajoute l’épinard et le brède mourongue pour 1 à 2 minutes.

Je retire du feu. Je garnis avec des feuilles de persil. Je sers avec du riz pilao et un coconut chutney (chatini coco à Maurice) ou un rougail tomate. Yummy !

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Pure petroleum jelly

La pure petroleum jelly ce n’est rien de moins que de pure gelée de pétrole, en d’autres termes de la vaseline, produit inventé en 1872 aux Etats-Unis par Robert Augustus Chesebrough (1837-1933). Il y en a des plus pures que d’autres, des purifiées trois fois comme du riz cassé, des hypoallergéniques. Bref de purs  distillats de pétrole  sans impuretés.

Ici à Mayotte il y a un produit importé de Tanzanie de la compagnie TTPL ( Tanga Pharmaceutical and Plastics Ltd) qui travaille entre autres dans le secteur des cosmétiques, soins de la peau, soins du cheveu et soins du nouveau-né et dans celui des répulsifs anti-moustiques, tiques et autres insectes à mordant.

Ici comme ailleurs en Afrique les femmes aiment à prendre soin de leurs cheveux qui la plupart du temps sont tressés. Qui ne veut pas l’instant d’un tissage être une reine pour mettre les beaux gosses  à genoux ! Il faut donc une pommade qu’on appelle matra.  Il y a deux lignes  :

Family care hair oil parfumées à l’aloé vera, à la carotte, à la noix de coco ou au beurre de cacao

Vestline hair food (crème nourrissante à cheveux) parfumées à l’aloé vera, avocat carotte ou noix de coco.

Ces produits sont enrichis aux vitamines A, e ou F. Ils nourrissent et hydratent  le cuir chevelu (le scalp) et le cheveu qu’ils  rendent instantanément souple et doux et grâce à la texture légère et non-grasse du produit on peut se rincer la tête facilement sans avoir cette sensation désagréable de produit qui colle. Jour après jour le cheveu devient plus doux, sain et  apprivoisé (soft, healthy and manageable)

My bucket list ou les 65 items que je souhaite réaliser dans les quelques années (mois, semaines, jours, heures, minutes, secondes) qu’il me reste à vivre

Never too late ! Ce soir c’est MARDI-GRAS et je me déguise  à six mois de la retraite en Carter Chambers. Et je publie moi aussi ma bucket list. Comme dans le film éponyme starring Jack Nicholson et Morgan Freeman, The Bucket List (Sans plus attendre, en vf). C’est la mode des to-do lists before you die, before you kick the bucket. Bucket veut dire seau. Et seau me fait penser à Champagne et à eau et à sable. Kick the bucket veut dire casser sa pipe. Bon je m’égare… Disons que je suis Carter Chambers dans le film et que je suis a terminally ill man. MÊME SI JE N’AI NI JET PRIVE NI EDWARD COLE POUR FINANCER mes rêves et expectatives, MEME SI JE NE SUIS PAS MÉCANICIEN AUTO ET QUE JE NE RÊVE PAS DEVENIR PROF D’HISTOIRE voici mes 65 ITEMS, mes énormes grains de sable que je souhaite réaliser sans plus attendre dans les quelques cyclones qu’il me reste à vivre. Ce n’est pas comme une liste de courses, ce sont des projets, des envies, des lubies, des tentatives de vaincre des peurs bien enracinées souvent qui peut être ne se matérialiseront jamais mais qui sont ces petits riens, ces petits rêves à priori impossibles qui soutiennent telles des pierres de corail le lagon de mon quotidien. I WISH I COULD CROSS A FEW OF THOSE ITEMS.

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1. Passer Mardi-Gras à Port of Spain

2. Passer un dimanche et lundi de carnaval sur le sambodrome de Rio et assister au défilé des écoles de samba

3. Danser la salsa à La Havane en octobre

4. Faire le tour de la Guadeloupe en bateau

5. Visiter les Baltimore d’ Antigua

6. Visiter les Baltimore des Îles Vierges

7. Participer à une chorale jazz

8. Manger dans un restaurant d’un chef étoilé caribéen

9. Visiter le Mato Grosso brésilien

10. Passer une année à Basse-Terre en Guadeloupe

11. Traduire en créole ou en français Omeros de Derek Walcott

12. Visiter Sainte-Lucie

13. Visiter les Terres Sainville en Martinique

14. Retrouver quelques chaînons manquants dans mon arbre généalogique

15. Prendre des cours d’aquagym

16. Faire de la plongée sous – marine

17. Préparer une feijoada de fruits de mer avec lambi, langouste, poulpe (chatrou), crabe, encornets, palourdes, riz noir et pois d’angole

18. Préparer un callaloo avec feuilles de dachine, gombo, lambi, langouste, poulpe (chatrou). crabe, encornets, palourdes et dombrés.

19. Participer à une école de samba brésilienne

20. Parler créole comme je parle portugais

21. Vivre dans une cabane perchée dans un manguier

22. Construire une maison en bois en conservant et épousant les structures d’un flamboyant

23. Publier mon recueil de poèmes Micareta, 27 fragments infimes d’un carnaval intime

24. Publier mon roman Archipel des Reliques

25. Voir les neiges du Kilimanjaro

26. Passer un anniversaire quelque part au Mexique le jour de la fête des Morts

27. Avoir le permis bateau

28. Voir parfaitement sans lunettes

29. Visiter le Mozambique

30. Visiter le Burkina- Faso

31. Avoir 1000 articles dans mon blog

32. Rencontrer un chaman  en Papouasie-Nouvelle-Guinée

33. Vivre jusqu’à pas d’âge en bonne santé

34. Déguster un café de quimbombo en Équateur

35. Faire de l’aquarelle

36. Faire de la planche à voile

37. Ouvrir un restaurant pescétarien

38. Devenir 100 pour cent pescétarien

39. Avoir un potager du type jardin créole

40. Manger de la tortue

41. M’investir dans une association

42. Adopter un enfant

43. Faire une expérience de woofing

44. Avoir une Vespa

45. Faire du planeur

46. LAUGH UNTIL I CRY

47. SKYDIVING

48. SEE THE PYRAMIDS

49. Apprendre à réparer une voiture

50. Go on a safari and HUNT THE BIG FIVE

51. Get a tattoo

52. Visit the Taj Mahal

53. FIND THE JOY IN MY LIFE

54. Assister à un match de foot au Maracana

55. Faire du théâtre

56. Participer à un groupe de danse folklorique (quadrille)

57. Chanter dans un groupe de jazz

58. Jouer de la bossa nova à la guitare

59. Passer mes vacances  sur une plage dans un camp  naturiste

60. Apporter de la joie et de l’amour à : my significant other, siblings, kids and friends

61. Faire du jet-ski

62. Faire du ski

63. Jouer au bridge

64. Faire un vlog

65. Lire un livre par semaine

 

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Comme le dit la chanson je dis avec Charlie Winston : Kick the Bucket

If you say this is pop, to be singing to a tune with a rhythm like this, would it be so unpopular for a singer like me to be bringing up the fact that we’re all gonna go ? Some people swear, they say they know where.
For me it’s a mystery. But which ever way you see it
you have to admit it and live it and live it !

We all kick the bucket in the end ! The end !
All the girls kick the bucket in the end ! The end !
And the boys kick the bucket in the end ! The end !
Yep ! We all kick the bucket in the end ! The end ! The end ! The end ! The end !

Blew up my TV. It’ was numbing my brain to be thinking the same as million other people all feeling afraid of the same thing.
But there’s is nothing to lose, cause we’re all on a bike and we’re cycling through, getting off on our injuries – but you gotta get back on it and live it and live it to love it and live and love life.

Cause we all kick the bucket in the end ! The end !
All the girls kick the bucket in the end ! The end !
And the boys kick the bucket in the end ! My friend !
Yep ! We all kick the bucket in the end ! The end ! The end ! The end ! The end !

This is not a sad song !
I don’t bring it up to get you down,
It’s a celebration of all the red cells
going round and round in your body !

I don’t mean to preach or to sound lilke a teacher. No ! I only wanna cut the crap and , looking back, everybody’s had to face the facts.

That we all kick the bucket in the end ! The end !
All the girls kick the bucket in the end ! The end !
And the boys kick the bucket in the end ! My friend !
Yep ! We all kick the bucket in the end ! The end ! The end ! The end ! The end !

Singing in the East African rain on Bacchanal Sunday

Gene Kelly imagina en 1952 sa chorégraphie de Singing in the Rain. Quand j’ai vu pour la première fois le film je me suis étonné que le personnage non content de chanter et danser sous la pluie avec parapluie et chapeau en main se mettait sous la gouttière pour se mouiller encore plus. Chanter soit mais prendre sa douche sous la gouttière m’apparaissait un peu contre nature pour un gentleman si élégamment vêtu de complet cravate. Un coup de foudre pour Debbie Reynolds seul pouvait expliquer cela. J’ai plus tard compris qu’il y avait des gens qui aimaient vraiment marcher sous la pluie. J’ai aussi vécu au Brésil et pris pour la première fois là-bas un banho de bico (douche de gouttière) pendant la pluie. Puis quelques années plus tard à Deshaies, en Guadeloupe en octobre 1998 j’ai renouvelé l’expérience en pleine avalasse.

Récemment j’ai vu  sur Cavani et M’Tsapéré des enfants mahorais ou comoriens qui se pâmaient sous la pluie, sous l’eau des gouttières de tôles de fer-blanc, aspergeant leur tête de longues secondes, mouillant leurs vêtements au milieu du jour, nageant, plongeant dans les flaques d’eau. Que du bonheur ! La béatitude à l’état brut se lisait dans leurs yeux ! C’est le propre de l’enfant de s’émerveiller de ces caprices de la nature . L’eau qui tombe du ciel est un théâtre infini de jeux célestes et de mannes divines où avec un rien on devient pirate, marin de haute mer, capitaine au long cours, boucanier, corsaire ou flibustier. Moi ex quartier-maître de seconde classe maître d’hôtel je me classe dans la catégorie marin d’eau douce ! Je sais que dans la plus simple des flaques d’eau peut roder la leptospirose.

Mais au diable la prévention parfois, ne boudons pas notre plaisir et ce matin, dimanche de carnaval,  en voyant cette ribambelle de marmaille de tous âges jouer dans les flaques à la fin d’une grosse averse matinale je me suis surpris à penser que je vivais moi aussi contaminé dans des conventions sanitaires à des années-lumière de ces enfants qui pourtant habitent à deux pas de chez moi. Il y a pourtant à 100 mètres une rivière qui coule, le Majimbini, il y a la mer à 300 mètres mais c’est cette flaque qui s’accumule qui est devenue le centre de leur sous-monde imaginaire, leur océan indien de pacotille ! En y réfléchissant bacchanale pour bacchanale, en ce dimanche-gras, même si nous sommes ici en terre musulmane, en pleine saison des pluies, en plein Kashkazi, même si le vrai Carême c’est le mois de Ramadan qui aura lieu en juillet, tout est permis. Cette nuit à Port-of-Spain on se maquillera d’un masque de beauté de boue, de peinture ou de chocolat, ailleurs ce sera de goudron, ailleurs encore de farine et de miel. Ici en terre de m’sindzano, en terre de poudre de bois de santal mélangée à du kaolin (argile blanche),  pataugeons donc entre mascarade et serpentins d’eau, éclaboussons-nous de notes de pluie déguisées comme si c’étaient des notes de calypso ou de soca ! Et que le steelpan résonne par monts par vaux et par ruisseaux sous le clapotis de nos pieds dans les marigots temporaires où résident moultes pierres de corail ! Vivre sans risque n’est pas vivre. Vivre sans innocence non plus !

Succédané bio de café

Okra-SeedsLe café est une plante de la famille des rutacées. Il faut en éliminer la caféine néfaste. Des ersatz existent en nombre. Parmi les plantes succédanées on trouve céréales, fruits secs, graines, noix, noyaux, légumineuses, etc.

Ces plantes succédanées pour remplacer le café

On compte de nombreuses plantes avec lesquelles on peut élaborer du succédané de café :

  • Les racines de dahlia, pissenlit, chicorée à café, grande bardane, petite bardane, carotte, panais, betterave rouge, salsifis;
  • Les tubercules de topinambour;
  • Les rhizomes de chiendent, de roseau;
  • Les graines de gaillet-gratteron (dit aussi caille-lait), lupin blanc, lupin jaune, orge, coton, chanvre, lin, astragale, épeautre, asperge, chrysanthème;
  • Les fruits du châtaignier, tilleul, figuier, hêtre;
  • Les gousses de caroube;
  • Les cônes de genévrier;
  • Les glands de chêne;
  • Les noyaux de cerise, pruneau, abricot, dattes;
  • les graines de gombo (qui donnent un café que les Amérindiens nomment nescafé);
  • les graines de pois chiches;
  • les graines de soja;
  • le froment;
  • Cassia occidentalis (senna occidentalis)(Herbe puante, bois puant, pied poule, casse fétide, casse puante, café nègre, faux kinkéliba, casse occidentale, dartrier ;
  • le seigle;
  • les pépins de concombre;
  • l’iris des marais;
  • les herbes Ayurvédiques Ashwagandha, Shatavari, et Brahmi.
  • les graines de néré (arbre à farine, arbre à fauve, caroubier africain, mimosa pourpre) (Parkia biglobosa)(café nègre ou sudan coffee)

Vous voulez une recette avec le gombo ? Voila ! Régalez-vous !

et voila la partie 1 suivie de la partie 2 d’un autre internaute ! C’est simple comme bonjour ! Surtout si vous parlez espagnol !

 

Viva benthopélagique pour le filet de vivaneau job

Très chers et chères, ne me servez ni balaous, ni coulirous, ni zofis, ni pisquettes, ni titiris, ni chadron (oursin) si vous m’invitez à votre table ! Que ce soit en blaff, en court-bouillon, en fricassée, pochée, sous la cendre, ou aromatisé au rhum je déclinerai poliment votre invitation. J’ai dû trop en manger quand j’étais tout petit du côté de Basse-Terre. Mais mis à part ces quelques énergumènes je ne suis pas si difficile que ça à contenter. Regardez plutôt : il vous reste le mérou, le thon blanc, le thon rouge, la daurade coryphène (Coryphanea hippurus en latin, pangué en shimaoré), le thazard, le saumon, l’espadon voilier (Istiophorus  ptatypterus en latin , M’bassi  marenga ou touaro en shimaoré), le napoléon (Cheilinus unulatus en latin, gombesa en shimaoré), le cabillaud, le barracuda, le bourgeois (Lutjanus sebae en latin, tratraou dzoucoundrou en shimaoré), le poisson chirurgien (Naso vlamingi en latin, poujou en shimaoré), le vivaneau à raies bleues dit aussi lutjan jaune (Lutjanus kasmira en latin, hasi en shimaoré), le vivaneau rose (Etelis coruscans en latin, mdoungui en shimaoré), la daurade gueule pavée dite aussi empereur bossu ou daurade tropicale (Monotaxis grandoculis en latin, foundrou en shimaoré), le poisson soldat dit aussi soldat armé, poisson écureuil ou marignan-sabre (Sargocendron spiniferum en latin, mourandra en shimaoré), le capitaine  à gueule rouge (Lethrinus concyclictus en latin, gnoromoué en shimaoré), le capitaine  à gueule longue (Lethrinus elongatus, en shimoré yawa)  le capitaine à opercule rouge (Lethrinus rubioperculatus en latyin, ambitri en shimaoré) etc. J’adore. Tout en darne ou en filet. Hors de ma vue, hors de mon assiette, je vous prie, tête, queue, écaille, foie, arête, zyé, nageoires, boudin. Je ne veux que la chair, chers ! La chair, chers et chères ! La chèw, si ou pa ka komprann fransé ! La chèw, chèwzéchèw !

Ici à Mayotte à la poissonnerie  COPEMAY le kilo de filet de vivaneau job congelé sous-vide je l’ai eu pour 19,90€. J’en ai acheté deux filets  pesant au total 2 kilos  et 45 grammes. Je le fais débiter immédiatement en tranches. Au total 14 tranches. J’aurais pu aller à l’une des autres quatre poissonneries de l’île notamment Captain Alandor qui se trouve tout près à Doujani, à la COVIPEM de M’Tsapéré à 300 mètres de chez moi, voire à la Poissonnerie du Centre ou à la COVIPEM de M’Tsahara pour me dénicher du filet frais. J’aurais pu aussi acheter mon poisson à un revendeur itinérant à brouette au détour d’une rue (90 pour cent du poisson de l’île est commercialisé de cette manière sous un soleil de plomb dans des conditions d’hygiène disons pour le moins rudimentaires). Je n’ai rien contre l’économie informelle au contraire, tant que je peux avoir confiance sur la qualité, le poids, l’hygiène et la provenance des produits. Or je me suis aperçu que je ne pouvais pas avoir confiance absolue.

Cette envie de filet de vivaneau m’est venue après avoir dégusté un vivaneau grillé aux épices puis un autre poché façon kakamoukou au restaurant Kashkazi.  Alors pourquoi n’en manger qu’au restau, me suis-je dit. Autant se faire plaisir aussi à la maison! Alors je dis bonjour monsieur Vivano ça c’est du poisson comme on disait autrefois bonjour monsieur Trigano ça c’est du meuble.

Avant d’arriver à ce vivaneau job  je suis passé depuis un an et demi que je suis pescétarien  de la morue au cabillaud, avec de rapides incursions vers le saumon fumé sauvage et le hareng fumé, puis j’ai expérimenté l’espadon, le thon rouge frais, le thon blanc frais, le mérou, le merlu. Le mois de février sera placé sous le signe du carnaval et donc du vivaneau job, poisson emblématique pour nous les antillais et autres   wolfokiens de par la planète.

L’appellation Vivaneau regroupe beaucoup de taxons de poissons. Les Antillais adorent le vivaneau mais ce n’est pas forcément ce vivaneau job ou vivaneau gris ou vivaneau vert ou loup tropical , appelé en créole zob au lieu de job, et en shimaoré m’rongo  qui est connu en latin sous le nom Aprion virescens et qui fait partie du phylum Chordata, de la classe Actinopterygii, de l’ordre des Perciformes et de la famille des Lutjanidae ! Cette famille des Lutjanidae regroupe 4 sous-familles, 17 genres et 103 espèces. Le vivaneau consommé aux Antilles vient en fait du Vénézuela ou de la Guyane la plupart du temps. Il s’agit alors dans ce cas de cousins comme le vivaneau rouge (Etelis carbunculus), le vivaneau à oreilles noires (Lutjanus buccanella), le vivaneau gibbus ou vivaneau pagaie (Lutjanus gibbus en latin, ndzilaché en shimaoré), le casse-marmite (Lutjanus bohar en latin, djoumbouha en shimaoré), le vivaneau maori (Lutjanus rivolatus), le pagre jaune ou le pagre à dents de chien

En effet la répartition de vivaneau job est la suivante :

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On dit que c’est une espèce benthopélagique (il vit indifféremment dans le milieu benthiquedémersal ou pélagique )  qui peut se balader jusqu’à 120 mètres e profondeur et mesurer jusqu’à 1,12 mètres.

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Le vivaneau est connu pour contenir une haute dose de ciguatoxine qui peut être nocive pour la santé. La Ciguatera, une intoxication alimentaire liée à une toxine, la cigatoxine  provenant d’une microalgue Gambierdiscus toxicus présente dans les récifs coralliens et qui se retrouve dans la chair du poisson, est à prendre très au sérieux. Les symptômes peuvent aller des douleurs de ventre aux douleurs musculaires en passant par des vomissements ou diarrhées.

Selon l’INPN , Inventaire National du Patrimoine Naturel du Muséum  National d’Histoire Naturelle, Aprion virescens s’appelle

-vivaneau job en français,

-thazard à la Réunion,

-poisson job en Polynésie Française,

-aprion verdâtre en Nouvelle Calédonie

-krakap en Indonésie

-uku en Polynésie Française

-green jobfish ou grey jobfish, blue green snapper ou blue gray snapper, gray snapper, en anglais

-pargo verde en espagnol et au Mozambique (portugais)

C’est un poisson endémique sauvage du canal de Mozambique et de Madagascar, un poisson blanc à chair ferme comme le snapper, le cod, le mahi-mahi, le barracuda, le king fish (Caranx sp) qui se marie bien avec les épices comme le curcuma sec écrasé (dry turmeric), moutarde, graines de moutarde, gingembre, piment, ail, oignon, vinaigre en marinade épicée au citron vert, en grillade ou au lait de coco. On peut agrémenter aussi avec les tomates, du bélembé, des feuilles de hanga ou e persil,

Voir les recettes du vivaneau grillé aux épices à la mode antillaise ou du vivaneau poché façon kakamoukou

 

Filet de Vivaneau Sauce Coco, Curry et Gingembre (recette du restaurant Graines de Sésame, 5 place du Marché à Mamoudzou)

Couper le filet de vivaneau en gros cubes. Peler l’échalote et l’émincer finement. Peler et piler le gingembre. Faire chauffer l’huile dans un cocotte et y faire colorer échalote et gingembre à feu vif pendant 5mn en remuant pour ne pas que cela colore trop. Ajouter le lait de coco et la crème. Couper le feu et laisser infuser 10mn. Ajouter les cubes de poisson et le curry. Faire cuire à feu vif pendant 10mn, jusqu’à ce que la sauce ait épaissi, et en remuant pour ne pas que cela accroche. Parsemer de sel classique ou de sel de Hawaï et servir très chaud avec un riz jaune (parfumé au curcuma)

Les ingrédients (pour 2 personnes)

300g de filet de vivaneau en cubes (à remplacer éventuellement par un poisson blanc à chair ferme)

20cl de lait de coco

10cl de crème liquide

2cm de gingembre frais

1 échalote

1 cuillère à café de curry en poudre

sel de Hawaï

L’image contient peut-être : nourriture

 

#Balance ton Porgy, Bess !

Importune-moi, Madame Bess.  Joue-moi  aux dés pipés ! Sept, onze. Je sens monter en moi la sève de la chance. Ne me laisse pas tout seul ramer dans la bauge de l’île Kittiwah avec mon groin, ma queue en tire-bouchon et mes gros sabots fendus et boueux.  Balance-moi, avec cariole et chèvre vers le Jugement Dernier. Vire-moi de ma cariole. Delivre-Moi.  Porgy adore les escarpolettes. Touche-moi. Caresse ma soie. Je suis Haram, tu sais même  si je suis baryton basse. Tout comme les gloussements lubriques de gorets et de truies que je tarde encore à enfanter dans cet océan de rhum. Haram. Mais je suis un porc sauvage, un sanglier. Je n’ai rien d’ordinaire, rien de domestique. Je suis un estropié et un mendiant. Egorge-Moi.  Pends-moi haut et court en haut du gibet, découenne-moi, écorche-moi comme il sied aux matadores, flambe-moi et rôtis-moi à la broche après m’avoir assaisonné de fiel et jeté en pâture aux bancs de poissons noirs et aux crabes du diable qu’ils fassent en meute curée de ma chair.  A déguster sans modération avec du manioc, du fruit à pain et des bananes vertes rôties. It ain’t necessarily so !

Je ne suis ni gibier d’eau ni gibier à plumes. Seulement ton Porgy ! Balance donc ton Porgy ! A toi affectueusement. Ton Porgy

PS: Lis ça et dis mois ce que tu en penses:

  http://www.liberation.fr/france/2018/01/12/un-porc-tu-nais_1621913

le guru, celui qui dissipe l’obscurité

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L’Inde a depuis le 9 novembre 2014 un ministère appelé AYUSH : Minister of Ayurveda, Yoga and Naturopathy, Unani, Siddha and Homeopathy. Pour être donc précis ce que l’on a coutume de raccourcir  depuis en Occident sous le vocable de  ministère du yoga est aussi en charge de l’ayurved, de l’unani et du siddha, en d’autres mots, les médecines traditionnelles indiennes. L’homéopathie et la naturopathie font aussi partie de ses prérogatives.

Hier matin j’ai participé à une matinée d’initiation au yoga organisée à Kani Keli, Mayotte. Il y avait douze participants. Le yoga m’a toujours rebuté à cause des postures, et plus particulièrement parce qu’il faut souvent s’asseoir en tailleur, performance que je n’ai jamais réussi à faire. M’asseoir en mode tailleur a toujours été pénible pour moi depuis les cours de gymnastique au lycée Lakanal à la fin des années 60. J’ai toujours admiré secrètement ceux qui arrivaient ainsi à caser leurs genoux alors que moi cela n’a jamais été une position de repos mais plutôt un calvaire. Je sais qu’il y a des stratagèmes pour résoudre mon incapacité et m’asseoir en toute quiétude. En vain  ai-je essayé ! J’en ai déduit que j’avais de gros genoux, de grosses cuisses et que donc physiquement j’étais limité pour le yoga et bien mieux charpenté pour la danse.

En plus le yoga, je l’assimile à la religion, le bouddhisme, l’hindouisme, le brahmanisme, j’ai entendu parler de certains dieux, je sais que ce sont des religions polythéistes avec tout un panthéon de dieux et de déesses, j’ai entendu parler de Shiva, de Brahma, de Krishna, de Rama mais j’ai du mal à appréhender tout le contenu car je ne vis pas en Inde.   Mais après avoir vécu quinze ans au Brésil où j’ai pu peu ou prou comprendre l’architecture syncrétique brésilienne et l’articulation entre orixas (esprits) et autres croyances monothéistes  je ne crois pas que j’aurai du mal à cerner les particularités des religions en place. Ce que j’en sais c’est ce que j’ai pu saisir par ce que j’ai pu en voir à travers la pratique d’amis à travers le temps: la pratique de la méditation, les parfums d’encens, un petit autel pour les ancêtres, une sorte d’ascèse, la solitude, les mantras qu’on répète sans cesse, les soutras qui sont des aphorismes. J’ai fréquenté aussi il y a fort longtemps à Amsterdam Hare Krishna et leurs robes orange, leurs cranes rasés, leurs chants psalmodiés, le son des cymbales, leurs nourritures végétariennes. il y a aussi pèle-mêle l’ayurveda, la médecine indienne traditionnelle qui divise notre corps en chakras. Il y a le Gange ! Il y a l’amour tantrique, l’amour lent qui confine l’acte sexuel total, qui unit le tout aux parties, au divin. il y a le rajah, le maharajah, les castes supérieures, les castes inférieures, les Intouchables, les devadasi, les prostituées des dieux, Calcutta, New Delhi et Ravi Shankar et son sitar ! Il ya le Mahatma Gandhi et sa non violence. Il y a l’oeil de Shiva et le kamasutra. Il y a le nirvana, il y a le parinirvana ! Il ya le Maharathoustra ! Et enfin last but not least il y a le colombo !

Dans le flot des images que secrète en moi le mot yoga il y a aussi à tort ou à raison le fakir qui marche sur les clous ou sur les braises chaudes, le bonze chinois et son gong, mais il y a surtout l’idée qu’il n’y a pas de yoga sans guru, il n’y a pas de guru sans disciple. Il n »y a pas de disciple si celui-ci ne se rend pas à son guru, s’il ne lâche pas prise, s’il ne s’abandonne pas à l’obéissance condition sine qua non de l’initiation. Et ainsi va le monde du yoga depuis 7000 ans.

J’ai déjà participé à une séance de yoga sur un week-end entier avec une amie il y a de cela plus de trente ans.

J’arrivais donc avec un passé, un passif à mon actif en ce treize janvier de l’an de grâce deux mille dix-huit!

Sauf que voila. Cette séance yoga était nommée yoga sur chaise. Je ne pouvais pas me débiner, comme d’habitude. En plus le prix 10 € pour environ 3 heures d’activité était séduisant. D’autant plus que je m’ennuie fermement à Mamoudzou le samedi alors j’y suis allé puisqu’en plus j’avais un chauffeur, S., collègue de travail, et elle férue de yoga et de sports de combats.

Je me présente à l’heure dite avec ma bedaine conscient que je serai le ventre le plus proéminent de l’assemblée. Au départ il n’y a qu’un homme, C. prof de yoga lui aussi,  probablement doté de tablettes de chocolat à faire mourir d’envie un comateux. Mais heureusement qu’arrive au dernier moment celui qu’on appelle Monsieur Anicet. C’est un mahorais. Il invite la conférencière à venir donner des cours dans sa madrassa. Sa bedaine même si elle est un peu moins proéminente que la mienne me permet de mieux respirer ! Ouf ! L’union fait la force. Je le lui dis. Il me dit relativiser son état actuel car il n’a pas nagé récemment mais qu’il suffit qu’il nage une heure pour retrouver son corps d’athlète. Ah encore un autre qui me tue à petit feu, car moi je ne sais pas nager. Ce monde est injuste. Ah si le yoga pouvait se faire dans une piscine et qu’on pouvait en ressortir en nageant au bout d’une heure ou deux, je ferais tous les sacrifices du monde. Même au bout de six mois, je tenterais l’expérience. Qui ne tente rien n’a rien ! ! J’accepterais même, ohmygosh, de devenir le disciple d’un guru !

Pour commencer je vous présente la prof de yoga, notre guru, notre yogini du jour, A., d’origine bordelaise, prof d’espagnol de son état mais aussi prof de fle, comme moi-même et désormais chargée de mission au CASNAV ( en charge de la scolarisation de ceux qu’on appelle sobrement les élèves nouveaux arrivants non francophones mais qu’ici on appelle les enfants de migrants quand on est gentil et les enfants voisins quand on est méchant). A. est arrivée le 10 août à Mayotte me dira-t- elle plus tard ! Moi le 11. Elle a vécu et enseigné entre autres pays en Inde, à Maurice, à Moroni (aux Comores). Elle est jeune, mince, séduisante. Je pense que sa photo sur Facebook ne lui fait pas honneur. Peut-être n’est-elle pas photogénique ?! La lumière ne se commande pas ! Ou peut-être veut-elle cacher la beauté qui l’habite ! Qui sait ! Celle qui dissipe l’obscurité de l’autre perd peut être un peu de sa lumière dans le processus !

A. nous demande de faire un brainstorming sur le mot yoga, elle utilise d’ailleurs un joli mot que je vois pour la première fois pour décrire cette activité qu’on a coutume d’appeler remue-méninges, elle nous propose de participer à une pluie d’idées, joli mot ! Qu’ évoque en nous le mot yoga ? non sans nous avoir donné tout d’abord sa définition du yoga selon Patanjali: un arrêt des modifications de l’esprit. Certains évoquent la méditation, d’autres une philosophie de vie, un autre, un mahorais, le seul du groupe la prière, une autre la concentration, une autre les postures; une autre une paix intérieure Moi je ne dis rien car j’aime être exhaustif et je voudrais dire tout ce que je viens de dire sans me censurer. Mais une idée me vient suscitée par sa définition sommaire : je fais du yoga quand je m’endors, je fais du yoga quand j’écris, quand je me concentre et que je laisse aller ma plume sur le clavier de mon ordinateur. Je suis relâché, mes doigts sont souples, mon dos est droit, mes fesses bien calées sur ma chaise et je suis nu ! Je fais du yoga quand je me réveille en pleine nuit mû par une étrange érection dont je ne connais la cause : le besoin d’aimer ou le besoin de me vider. Je me tais, gardons par devers nous nos étranges pensées.

Puis nous abordons via le rétroprojecteur les 8 piliers du yoga selon le maharishi Patanjali. The eight limbs of yoga. Pendant qu’elle explique les subtilités de ces piliers moi je m’attarde sur la traduction de ce limbs. Limb, pilier ? Moi je l’aurais traduit comme branche ou comme membre. Mais peu importe ! Qui est donc ce Patanjali ? Il y aurait donc d’autres nomenclatures selon d’autres ? Pourquoi celle-là et pas une autre ?

Bref passons ! Il y aurait deux représentations du yoga, l’une en forme d’arbre avec un tronc et des branches et une autre en forme d’échelle. Elle propose la lecture en forme d’échelle.

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Un système d’échelle où l’on démarre par le yama et le niyama, l’asana et le pranayama pour arriver au bout d’une certaine pratique au dhyana  (état de méditation) et au samadhi (état d’unicité, d’équilibre) qu’elle nomme état d’extase et que moi j’assimile au parinirvana. Moi j’entends par limbs plus quelque chose comme ce qui suit : une confluence.

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Après une heure de ce mini crash course en yoga c’est l’heure de la pause. Les chaises étaient hyper confortables, les ventilateurs de plafond étaient fort reposants. C’est pour moi l’heure du sacro saint pipi. Je traverse la maison chargée d’encens et de lumière savamment tamisée ! Le thé est servi avec des petits gateaux, de l’eau, des jus et deux plaquettes de chocolat noir Kohler. Certains sont partis fumer. Moi je plonge et ouvre la première tablette et hop 3 petits carrés de chocolat sont engloutis. Délicieux. Je ne me souviens pas avoir acheté une tablette de chocolat ces deux dernières années. Mais Kohler a ravivé en moi quelque chose. Un appel yogique, peut-être. Et hop 5 minutes après trois autres petits carrés pour confirmer mes premières impressions. Ce chocolat noir a un goût de chocolat au lait. Non, c’est un appel venu du fin fond de l’arc antillais comme le confirmera plus tard le site de Nestlé Antilles Guyane. Le chocolat Kohler est fabriqué spécialement pour correspondre au goût des Antillo-Guyanais tout comme les tablettes Red Label de Nestlé. Entre temps les autres, probablement éblouis par mes yeux exorbités au bord de l’extase, ont commencé à goûter eux aussi. Eh oui manger du chocolat c’est yogique aussi ! J’ai même un instant fermé les yeux et dérivé en canot dans une pluie de saveurs oubliées.

Après un petit quart d’heure vient l’heure de la pratique du yoga sur chaise. Nous apprenons d’abord à marcher, lentement en appuyant bien fort sur les talons. Puis nous devons nous ancrer par notre regard ou notre sourire dans le regard de l’autre. Puis nous apprenons les trois etages de la respiration yogique : abdominale ou diaphragmatique, costale ou thoracique et claviculaire ou haute. Une douce voix nous berce rythmiquement:

Inspirez, expirez ! Doucement ! 5 fois !

Nous faisons des postures debout puis sur la chaise, les bras joints au-dessus de la tête, étirons les cous, les jambes, les pieds, les orteils, les doigts, les poignets, les bras, les épaules, en haut en bas, à droite à gauche. Les hanches, le bassin ! eh mais je fais tout ça moi en dansant. Je fais du yoga, aussi, chaque fois que je danse ! Je vous l’ai déjà dit, docteur, j’ai la maladie du bouger bouger

Mais voilà qu’il faut maintenant plier un genou et poser son pied doigt sur la cuisse gauche ! Je fais l’effort surhumain pour moi ! il n’y a que monsieur Be-Bop, de son vrai nom Stéphane Germaneau qui ne plie pas ses genoux ! il reste un peu à l’écart. Je lui donne bien ses 75 ans ! Une célébrité sur l’île, propriétaire de la maison qui nous accueille, ex artisan, spécialiste de la sculpture sur bois flotté de noix de coco  et désormais animateur thérapeutique sur Kani-Kéli, Mayotte, une sorte de vieux guru à longue barbe blanche ou poivrée. Il s’abstient. Il est malade m’a-t-on dit. Il doit voir vers midi un médecin.

Mais plier ce genou et inspirer expirer en même temps tout en levant les bras en arc de cercle. Euh ! Je passe mon tour. On change de jambe et ça passe mieux.

Puis on ferme les yeux et c’est la fin.

Vite j’ouvre la deuxième tablette de chocolat et saute sur trois nouveaux carrés salvateurs . Eh oui il faut dans le yoga s’aimer se donner de la valeur et en prenant ces carrés de chocolat je ne fais que ça. Laisser moi m’aimer ! Merci Kohler, merci Nestlé ! c’est trop bon ce yoga-là !

J’entends une femme enceinte. Je l’avais oubliée avec son ventre énorme. Je n’étais donc pas le plus gros en fait. Elle dit : j’ai senti le bébé bouger en plein yoga.

Plus tôt j’ai entendu Be-bop lui  dire que les hommes et les femmes réagissaient différemment au yoga. Je me pose la question. Je n’avais pas, tout entier dans ma jouissance tribale du chocolat, fait la relation entre son ventre, elle et la future progéniture qu’elle portait. Elle a un regard vraiment angélique. Elle est presque transfigurée. Mais il faut dire qu’elle est arrivée en retard et transfigurée. Parfois quand elle souffle en inspirations expirations je me rends compte qu’elle pourrait accoucher ici-même. Qu’à cela ne tienne il y a une infirmière sur la place. Mais la dite infirmière en pédiatrie  a l’air en fichu état. Je saurai plus tard qu’elle a une indigestion alimentaire due aux brochettes de viande qu’elle a ingurgitées la veille et qu’elle vomira plus tard à grosses gorgées sur la route aux abords d’un énorme baobab entre Kani-Kéli et Mamoudzou. Comme quoi brochettes, covoiturage et yoga ne font pas bon ménage. A sa décharge elle n’est sur le territoire que depuis 3 semaines.

S., ma collègue de travail, s’approche de moi et me dit quelque chose comme:

Jean-Marie tu sais le yama et le niyama tu pratiques déjà au quotidien dans tes relations avec les autres profs et avec les jeunes. Tu as cette bienveillance naturelle.

Moi, je lui répondrais volontiers que c’est au contact des autres que j’ai acquis au cours du temps cette bienveillance par rapport aux autres et que je travaille encore cette bienveillance par rapport à moi-même, que j’ai encore du mal à m’autoriser à être moi sans peur sans haine sans reproche même si une grande partie du chemin me semble accompli. Mais quand elle me dit cela je me sens tout à coup l’étoffe d’un guru ! Je voudrais lui dire qu’elle a en elle une colère qui doit s’apaiser pour qu’elle puisse se poser. Elle pratique la boxe et le yoga ! Pour exorciser un trop plein d’énergie, de violence ! Elle se met en colère pour un rien ! Elle aime la discipline, le respect, elle est aussi mariée à un militaire de haut rang dont elle vit séparée géographiquement, comme elle vit séparée géographiquement de ses deux filles et de ses parents. Parfois je me dis qu’elle peut exploser en plein vol et je l’encourage à prendre de la distance ! Sois zen, lui ai-je déjà dit plus d’une centaine de fois en 5 mois que nous nous connaissons mais chassez le naturel il revient au galop. Je lui souhaite de trouver un bon guru qui l’aide à dissiper l’obscurité qui l’a envahie.

Eh oui je suis zen sans avoir jamais pratiqué zen zen ! Cette zénitude attitude me conduit souvent à dire pour couper court à la conversation : faites comme vous voulez, moi je m’en fous ! Cela en énerve plus d’un ! Mes prises de position iconoclastes sur l’amour, le destin, la mort, la famille, la fidélité, l’argent, la voiture, la politique, la nourriture, la religion, ma façon même de vivre, de manger, de boire, de m’habiller interrogent, pour ne pas dire dérangent.

Moi mon guru c’est le cyclone, c’est lui qui m’a fait swami,  éveillé, m’éveille et m’éveillera. Mon karma c’est être pyrobate, de marcher sur les charbons ardents de la vie et je n’ai qu’un mantra : un oeil ouvert au coin duquel iraient et viendraient des fourmis volantes chargées de soutras aussi volatiles que l’alizé.

Il n’en est pas moins vrai, même si j’ai l’air de plaisanter, je sais je suis taquin, que j’ai pu observer que dans une classe d’enfants non francophones non scolarisés nouvellement arrivés sur le territoire à Mayotte  les bienfaits du yoga sont incomparables et je m’intéresse à tout ce que la Recherche sur le yoga dans l’éducation proposera et a déjà proposé depuis 40 ans, quitte à me l’appliquer à moi-même en m’inspirant de ce qui suit :

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et si d’aventure vous avez vent de quelque chose autour du yoga sur Mayotte qui me fasse nager en six mois, faites-le moi savoir illico presto ! Namasté !