Consultation moite sans rendez-vous dans un bain de miasmes

Aujourd’hui c’est un grand jour: je vais consulter le docteur Bui Tanh. Je ne sais pas trop si c’est un homme ou une femme mais je m’imagine qu’il ou elle est vietnamienne(ne). J’ai repéré ce cabinet médical le premier jour où je suis arrivé à Mayotte au rond-point Cavani pharmacie près de la boulangerie et depuis je sais qu’ il n’y a pas un seul médecin généraliste à la ronde sur un ou deux kilomètres.

L’usage ici c’est d’aller directement aux urgences à l’hôpital ou au dispensaire. Moi je  n’ aime pas trop la queue interminable donc j’ai  préféré venir ici plutôt qu’aller au dispensaire de  M’Tsapéré pourtant à moins de 300 mètres de chez moi. Et me voilà donc arrivant en taxi sur le coup de 7h15  du matin. Dans la rue deux jeunes filles patientent assises sur  le rebord du trottoir. J’exulte, je suis troisième. Mais je vais vite déchanter. Elles m’annoncent une quarantaine de personnes avant moi. Tonnerre de Brest c’est la foule. Dans la salle d’attente bondée il n’y a plus aucune place pour s’asseoir. C’est debout que les patients attendent après s’être inscrits sur la liste. Je suis le numéro 33. Si j’ai bien compris il y aura un appel de mon nom vers 9h30 pour la deuxième étape, l’enregistrement.

Si j’ai toujours bien compris ici il faut payer cash ou par carte bancaire. Ensuite on se fait rembourser par sa mutuelle. Pas de tiers payant même avec sa carte vitale. Je passe vite prendre un café et un pain aux raisins dans le café voisin et me voilà faisant le pied de grue assis nonchalamment sur les marches d’escalier qui donnent accès au temple du salut.

Heureusement que c’est une consultation de routine. Tout va bien. Je veux simplement faire le point et renouveler mes ordonnances. Il faut que je contrôle mon insuffisance rénale. Il faut que je me fasse suivre. Il me faut surtout mes deux médocs en chef : Lasilix et Coveram.

Il y a une sorte de fatalité et de résignation chez les gens qui attendent probablement depuis 6h30 alors que le cabinet ouvre officiellement à 7h30.

On rigole, on se salue, c’est une ambiance festive mais la maladie rode. J’entends toussements, je vois visages d’enfants cernés, j’entends les pleurs des enfants. Oh là mais j’espère que je sortirai indemne de ce bain de miasmes.

Il est 8 heures. L’alerte orange synonyme de pluies diluviennes et décrétée hier bat son plein. Cela rafraîchit l’atmosphère qui était lourde avec la chaleur, les miasmes, l’enfermement et la foule. Moi stratégiquement j’ ai changé de place pour me placer devant les persiennes. Enfin je respire un peu d’air frais.

8h19 . 4 personnes ont consulté. Plus que 29 avant que mon tour ne vienne.

A l’entrée de l’officine il y a toute une liste de prioritaires dont je ne fais partie.

Patients avec une carte d’invalidité

Enfant âgé de moins ou égale à un an si on veut effectuer des vaccins

Enfant fiévreux plus de 38°5

Adultes fiévreux plus de 39°5

Gastro-entérite avec diarrhées et vomissement au cabinet

Personnes très âgées (âge supérieur à 80 ans) à l’appréciation du médecin

Femmes enceintes à partir de 8 mois

Les autres patients sont priés de faire leur métier, patienter. Merci.

Après s’être mis sur la liste il faut attendre pour se faire enregistrer.

A 8h25 17 personnes sont enregistrées. Il faut pour cela attendre que leur nom soit appelé.

Dans la salle d’attente une pancarte encadrée de rouge prévient en français et en anglais : vous revenez d’Afrique de l’ouest  : Guinée Conakry, Sierra Leone, Liberia il  y a moins de 21 jours ET vous ressentez les symptômes de fièvre, supérieure ou égale à 38°C ou 100°4 F. Signalez-vous immédiatement et évitez tout contact avec les autres et ne touchez rien. Signé Maladie à virus Ebola

Les tarifs des consultation sont les suivants: 29 € pour adulte, 34 € pour enfants jusqu’à 6 ans. Pour les tiers-payants  (si vos droits sont ouverts) enfants 11 €, adultes 10 €. Je note  que pour des raisons techniques les patients affiliés à la MGEN/MFP et certaines autres mutuelles sont priés de régler la totalité de la consultation et se faire rembourser. Bon moi je suis normalement pris en charge à 100 pour cent pour tout ce qui concerne mon insuffisance rénale. Mais je sens que je vais faire chauffer ma carte bleue. 29 €

Il est 9 heures. Une jeune fille me propose sa place. Je la remercie. Cela ne fait que une heure et demie que je suis debout. J’attendrai de me faire enregistrer, ensuite on verra bien.

Il est 9h15 et il y a 53 inscrits sur  la liste dont 25 ont payé et sont donc enregistrés. Plus que 8 avant que je puisse moi aussi m’enregistrer. 14 patients ont été examinés.

Ce cabinet ouvre lundi, mardi, mercredi et vendredi de 7h30  à 16 h sans rendez-vous. Il est fermé le jeudi et ouvre le samedi de 7h30 à midi.

La climatisation est en panne, les ventilateurs tentent de leur mieux de me délivrer de la moiteur ambiante. Finalement je trouve un siège en face du comptoir où se trouve la secrétaire médicale. Il est 9h30. Thanks God, it’s Saturday November 18th 2017.

Toutes les 10 minutes environ le Docteur Bui réapparaît en chemise bleue clair. Je le trouve un peu trapu et joufflu, et pas du tout souriant, le prétendu chinois. J’évalue sa rondeur. À 29€ la consultation par 53 patients sans prendre en compte les enfants ça fait tout de même la bagatelle de plus de 1500 € rien que pour cette matinée moite. Une fois déduits les impôts, les charges sociales, la secrétaire médicale et la location du cabinet il lui reste tout de même une coquette somme, je trouve.

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Il y a bien un distributeur d’eau sur lequel trône négligemment un gobelet coloré mauve clair mais je désespère d’y trouver une goutte d’eau. D’ailleurs personne n’y prête guère attention. Oh mais y a des toilettes.

L’assistance est composée à 80 pour cent de femmes. A 19 pour cent d’enfants. Ah je suis seul, désespéré !

À 9h45 je passe. Carte vitale. Votre adresse à Mayotte. 29,60€. Vous payez en espèces ou par carte. Par carte, dis-je. C’est directement avec le médecin. Je lui fais remarquer que je bénéficie des 100 pour cent, mon affection de longue durée étant exonérante. Rine n’y fait. Vous paierez directement par carte au médecin.

Je me rassure. Il n’y a plus qu’à espérer que mon tour vienne.

À 10h45 22 personnes ont été examinées. Plus que onze.

À 11h 20 une nouvelle patiente se présente avec un enfant. Je ne prends plus personne, dit la secrétaire.

Les deux jeunes filles qui attendaient sur le trottoir à l’entrée sont en consultation. L’une s’appelle Yasmina et passe son temps à se faire des selfies.

Ça commence à être bon, mon tour arrive. Cela ne fait guère que 4 heures que je suis sur place. Il y a une heure je suis sorti m’approvisionner en eau et j’en ai profité pour avaler un Orangina car l’eau était tiède et non bien glacée comme je l’aime..

À 11h37 on me rend ma carte Vitale et me prie de m’installer sur la chaise qui précède l’entrée dans le cabinet. Yepa.

Je sors mes vieilles ordonnances. C’est tout bon. Il va être 11h40 docteur Bui.

Eh bien le bon docteur Bui est souriant et amène. Il est ici depuis 2 ans, me dit-il. Vietnamien, comme je l’avais subodoré. Ma tension 12 / 8. Vous en avez encore pour 15 ans me dit-il. C’est ma femme qui va être contente, lui dis-je. Atmosphère bon enfant. Pourquoi êtes-vous venu ici dans ce cabinet, me demande-t-il. C’est le seul médecin que j’ai vu dans mon voisinage qui prenait sans rendez-vous. Pas trop fatigué, docteur avec toutes ces consultations. Non, on a l’ habitude. Allez, voici une batterie d’analyse à effectuer. La routine comme tous les six mois: protéinurie, créatinurie, calcium, phosphore, plaquettes, urée, créatinémie, et quelques autres joyeusetés, etc ! Puis on fait chauffer la carte : 29,60 €. À la sortie on lit sur une plaque : le médecin ne reçoit plus.

Vite un petit tour à la pharmacie pour s’approvisionner en Coveram 10/5 et Lasilix 40 et direction le petit restau sympa pour récupérer le temps perdu autour d’une Heineken et un bon plat de filet de boeuf avec mes potes profs sénégalais et togolais polyglottrotters comme moi, puisque j’en ai encore pour quinze ans, au bas mot. Elle est pas belle, la vie ?!!!!!

 

Haram : des prescriptions qui ne sont pas qu’alimentaires

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Haram pour le néophyte fait penser à harem ! C’est un mot que j’entends beaucoup depuis trois mois que je suis à Mayotte. Il signifie illicite, interdit, c’est une prescription religieuse que le fidèle doit suivre sans que l’abandon de la chose ne soit dicté par la peur ou la timidité et son contraire est halal. Haram est parfois traduit par péché, ou par tabou. Il y a d’autres choses qui sont déclarées makruh (blâmables, licites mais répugnants). Toutes ces interdictions formelles ou informelles proviennent de la Charica (la loi musulmane déduite  des sourates du Coran et de la tradition du Prophète -la Sounna) qui est analysée de façons différentes (rigoriste, libérale, exégétique) selon les écoles de droit musulman sunnite, chiite, kharedjiite, alaouite ou druze. Beaucoup de ces prescriptions par ailleurs se retrouvent dans les trois traditions religieuses monothéistes qui apparaissent dans l’Ancien Testament (en particulier dans le Lévitique et le Deutéronome) et sur lequel se sont basés le Coran et la Tora. Certaines ne se pratiquent plus certaines sont encore vivaces

M’ont été déclarés haram à Mayotte par des musulman(e)s d’origine mahoraise, comorienne, sénégalaise, malgache, togolaise et congolaise au cours de discussions formelles ou informelles les actes suivants qui touchent à l’alimentation mais aussi à la sphère intime et aux relations sociales:

  • boire de l’alcool (à base de blé, de coco, d’orge, de datte, de canne, etc) donc  pas de rhum, pas de vin, pas de whisky, pas de bière, même sans alcool, pas de cidre) et pourtant je lis ici que l’islam n’interdit pas l’alcool mais l’ivresse
  • manger du porc, du sanglier, (mammifères ayant le sabot fendu)
  • fumer du tabac : une cigarette, un cigare, un joint, la chicha (le narguilé pour fumer du tabamel, mélange de tabac, mélasse et pulpe e fruits), utiliser des drogues
  • mettre du vin, du vinaigre dans une préparation culinaire (pas de boeuf bourguignon, pas de moules marinières au vin blanc, pas de bananes flambées)
  • pratiquer le cunnilingus, la fellation, la sodomie, monter un homme pour une femme quand on fait l’amour alors que le mari peut adopter avec ses épouses toutes les postures qu’il juge bonnes, en vertu du verset 223 de la Sourate II : « Vos femmes sont votre champ. Cultivez-le toutes les fois qu’il vous plaira. »
  • voler
  • faire l’amour en dehors du mariage : la zina ! (lire ici sur les rapports sexuels illicites) d’où la nécessité de faire légitimer toute union par un contrat de mariage nikah entre le futur mari et le tuteur matrimonial de l’épouse (le wali ) avec la présence de deux témoins devant un cadi moyennant versement d’une dot plus ou moins importante
  • manger du sang (pas de boudin, pas de canard au sang)
  • manger du crabe, du homard, des palourdes, des huîtres, des moules, des coquilles saint-jacques, calamars, seiche, poulpe (pieuvre) (animaux aquatiques qui n’ont pas au moins une nageoire et une écaille que l’on peut facilement détacher)
  • manger des oiseaux comme le pigeon, le ramier, la grive, la caille et consommer leurs oeufs (animaux non domestiques comme la poule)
  • consommer toute nourriture ou aliment pendant la journée lors du mois de Ramadam
  • manger du chien, du chat (animaux domestiques)
  • manger un animal qui n’a pas été égorgé rituellement et vidé de son sang tourné vers la qibla, la Mecque en répétant les paroles rituelles (Bismillah Allaou Akbar)

A bien y regarder un musulman pieux qui suit au pied de la lettre les préceptes de l’islam, notamment en matière alimentaire, est plus difficile à contenter qu’un végan ou un végétarien qui doit lui aussi en permanence consulter les étiquettes pour savoir les ingrédients des produits qu’ils souhaitent consommer ! Chacun peut outre ces préconisations alimentaires religieuses se forger ses propres interdits au cours de sa vie en fonction de ses goûts et ses dégoûts individuels et de ses allergies. On peut aussi se créer de nouveaux interdits et annuler les autres. On est aussi le fruit d’interdits communautaires, de traditions familiales dont on n’est même pas conscient..

Je me souviens que jusqu’en 1966 les catholiques ne mangeaient pas de viande le vendredi et que le vendredi dans les cantines des collèges et des lycées on ne trouvait que du poisson. Je sais qu’au brésil les femmes ne font pas l’amour le vendredi saint et que désormais cette interdiction de manger de la viande ne subsiste que pour le vendredi saint et le mercredi des cendres. Entre Carême (jours maigres) et Charnange (jours gras) les habitudes ont varié et varient encore, chacun aménageant les préceptes a sa sauce.J’ai ‘ailleurs évoqué ce sujet en relation au Père Labat en Guadeloupe.

Et jusqu’à nos jours les nombreuses dénominations religieuses qui caractérisent la Guadeloupe font que nous avons nous aussi des actions qui sont haram par extension si on reprend la sémantique musulmane.

Par exemple une personne pieuse fera des accras au giromon ou aux carottes en période de carème, considérant la morue ou les lambis, voire les crevettes, trop gras pour le jeûne ! Le vendredi est toujours aux Antilles le jour du poisson !

Le sang constitutif du boudin commence à se diversifier. On propose des boudins désormais avec du sang de volaille ou de boeuf au lieu du sang de porc traditionnel. ou des boudins sans sang comme du boudin au crabe, aux lambis et même des boudins légumiers. Cela a l’air anecdotique et on pourrait même louer cette diversification qui plaît aux touristes et aux végétariens.

Néanmoins on sait que les Témoins de Jéovah qui sont bien implantés ne mangent pas de boudin et refusent certaines charcuteries où le sang est présent. Il s’agit donc d’une prescription alimentaire.

Les Adventistes du Septième Jour respectent eux aussi scrupuleusement les préconisations de l’Ancien Testament. Les consignes alimentaires vont du porc al’alcool et au tabac  qui sont eux aussi haram.

Si je prends mon propre exemple, moi qui ai été élevé dans un environnement catholique mais qui depuis plus de 50 ans est athée, je ne mange pas de papaye depuis le jour en 1987  au Brésil où j’ai eu une diarrhée phénoménale après avoir bu plus que de coutume et mangé de la papaye. Hier encore au marché je voulais en acheter car quelqu’un m’a fait goûter au travail de la papaye et j’ai bien aimé mais quand je me suis retrouvé face à face avec la papaye les images de ma chambre maculée de fiente me sont revenues et je me suis abstenu. Pourtant l’incident doit dater de presque 30 ans.

Cela me rappelle que mon père ne mangeait jamais d’ananas le soir et que pendant longtemps je l’ai suivi. Il disait que si on mangeait de l’ananas le soir on se réveillerait le lendemain avec une tête d’ananas.

Ma mère elle n’a jamais aimé les gombos alors que moi je les adore.

Je ne mangeais pas non plus de langue de boeuf jusqu’au jour où juré ans un concours e gastronomie où s’affrontaient une vingtaine de bistros à Salvador au Brésil je me suis vu attribuer la dégustation de cette langue de boeuf et je dois dire que j’ai été agréablement surpris. Je sais que c’est bon, bien cuisiné, mais je répugne à préparer ce plat, à cause de l’aspect initial de la chose, une langue.

Etant globe-trotter j’ai plaisir à goûter des choses différentes qui sont mainstream ans la culture étrangère. Aux Antilles dés l’enfance j’ai été initié au colombo, aux dombrés, aux haricots rouges, aux bananes plantain, à la morue, aux avocats et aux gombos, aux poyos et au dachine, au fruit à pain et au corossol, au titiris et aux orphies, aux crabes aux ouassous et au sorbet coco. Mais jamais je n’ai goûté à une tortue, ni à une mangouste, ni a un raccoon  ni à un guimbo (une chauve souris). Je le regrette ! Je me souviens tout petit en train de chasser des grives ou des ramiers mais je ne me souviens pas en avoir goûté. Et jamais je n’ai avalé ni sauterelles ni fourmis volantes, me contentant de lambis. Il me reste encore quelques années j’espère pour me rattraper !

Par exemple aux USA j’avais plaisir à manger du sirop d’érable sur mes pancakes ou mes french toast, j’aimais manger le grits and eggs (fait à base de semoule de maïs) et boire de la tequila sunrise et du southern comfort. En Hollande j’ai acquis le goût de mélanger fromage et confiture, boire du lait froid, boire le jonge geniever et la bière, la sauce saté, et la sauce soja indonésienne Conimex.

Le Brésil m’a initié aux palourdes, au jus d’avocat au lait, au jus d’avocat au citron, à la maniçoba (feuilles de manioc pilées et viandes diverses) m’a réhabilité au poisson dont je détestais auparavant ne serait ce que l’odeur, m’a ouvert à la jaque (j’ai goûté), le serpent (j’ai goûté), le xinxim de bofe (poumons et crevettes séchées)(j’ai goûté), le sarapatel, ma première victoire lors d’un mariage (à base d’abats: foie, coeur, poumon, le tout appelé fissura de porco, sang de cochon) mais je n’ai toujours pas adopté les gésiers de poulet (qui pourtant font les délices des gens mais moi cela m’écoeure malgré plusieurs tentatives  où je les assaisonnais d’une tonne de piment et que je les ingurgitais pour les recouvrir aussitôt de 66 gorgées de bière). Le foie ça va mais le coeur, les reins, les amourettes, oh la la , il faut vraiment que je sois dans l’ambiance, que je voie que tout le monde en mange, que mon désir de m’intégrer soit plus fort que ma révulsion naturelle et que l’action se passe dans un cercle privé qui me garantit l’authenticité du plat. Les acarajés, les abaras, les pamonhas tout cela m’a été inculqué et m’a permis de mieux appréhender la cuisine antillaise car en fait nous avions à certains moments éloignés de nos histoires ces recettes à un état embryonnaire voire plus avancé. Quand je mange une maniçoba je pense au calalou antillais ou au mataba mahorais. quand je mange des bolinhos de bacalhau ou des acaragés je pense à mes accras locaux. Quand je mangeais de la farine de manioc je pensais comment je la dégustais tout petit aux Antilles avec du sucre de canne et j’ai vu ici à Mayotte une congolaise faire la même chose. J’ai failli manger du tatou au Brésil, c’est primitif, je sais, c’est illégal, je sais, c’est anti-écologique, je sais, je le sais cent, mille fois, mais je sais aussi par ceux qui en ont mangé que c’est délicieux. Idem pour la tortue ! J’ai l’impression que cela fait partie e mes gènes ! Et parfois je me plais à rêver que je croque de la bonne chair d’oiseau diablotin comme du temps de la Guadeloupe d’antan du Père Labat. Bien meilleur que que le canard ! Et chaque fois que je buvais une caipirinha ou une caipiroska c’était au rhum et non à la cachaça que j’étais ramené, au planteur, au ti punch. J’ai une ou eux fois mangé une moqueca de noix e cajou verte et c’était phénoménal. et je pourrais continuer inlassablement sur les nombreuses re-découvertes culinaires qu’il m’a fallu intégrer à mon alimentation au cours des 30 dernières années où j’ai vécu sous influence brésilienne. Depuis que je suis à Mayotte en terre musulmane les tabous alimentaires étant ce qu’ils sont beaucoup des produits que j’aime souffrent de haram caractérisé : puisque nous sommes en république française laïque et indivisible les produits dits haram ne peuvent être totalement éliminés mais les conditions de ravitaillement et les prix élevés contribuent à la rareté ou chèreté des fruits de mer, porc, alcool, il faut donc être créatif. J’ai goûté à l’aloé vera, je me suis rabattu vers les feuilles de toutes sortes, les brèdes, vestiges de la cuisine malgache, j’apprécie les salades, les différents achards qui deviennent presque part de ma cuisine, j’utilise désormais le curcuma et le piment bien plus qu’autrefois, la banane verte, le fruit à pain. J’aimerai goûter au tangue (Tenrec ecaudatus) , une sorte de hérisson réunionnais même si je sais que son origine est malgache et comorienne. Ah un bon civet de tangue et je risque même de proférer un doux jésus marie joseph de béatitude bien que la chose soit haram ! ah un bon civet tortue  à la congolaise, oh mygosh!!

Ne pensez pas que je plaisante je suis damn serious !Regardez par exemple l’ouvrage The culinary Herpetologist de Ernest E. Liner. C’est un livre de cuisine un peu spécial, je le concède, qui traite de la gastronomie appliquée à l’herpétologie, ou erpétologie, terme qui qualifie la science spécialisée de la zoologie qui étudie l’herpétofaune, c’est à dire les reptiles (les serpents, les lézards, les tortues, les crocodiles) et les amphibiens (les grenouilles, les crapauds, les salamandres, les tritons). Le spécialiste est alors désigné comme un herpétologue (terme le plus vieux) ou herpétologiste (terme le plus utilisé de nos jours). Eh bien,  dans cet ouvrage que vous pouvez trouver sulfureux et que probablement certains censeurs qualifieraient de haram on propose plus de 900 recettes touchant les reptiles et amphibiens ci-dessus cités et en particulier 281 touchant les tortues. J’ai relevé au hasard cream tortoise steak, green turtle steaks, turtle with cream sauce, turtle cacciatore, turtle scallopini, turtle à la king. Je signale pour les censeurs éventuels toujours prompts à se faire harpies que la viande de tortue peut être élaborée dans des élevages, spécialement le cas des soft-shell turtles. Certes je sais qu’à Mayotte il ya es tortues qui passent vite fait dans la marmite et sont aussi vite avalés et que c’est une tradition millénaire ici malgré les interdictions internationales.

Lire plus: https://www.aquaportail.com/definition-9294-herpetologie.html

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Je n’ai qu’un tabou, il n’est pas religieux  puisque je n’ai pas de religion : je ne mangerai pas mon prochain. En cas de faim intense je peux manger n’importe quoi (je n’irai sans doute pas jusqu’à m’alimenter de mes propres rejets, urine et excréments, mais je ne jure de rien, car selon moi nécessité fait loi et certains événements nous ont enseigné que l’homme peut dans certaines conditions insoutenables s’alimenter de n’importe quoi) je ne me crois pas anthropophage mais je ne peux jurer qu’en cas de nécessité absolue il me soit impossible de dépasser mon aversion à manger de l’humain. Je n’ai en tout cas aucune limitation spirituelle qui m’en empêche !

Mon dieu alimentaire préféré, ne vous en déplaise c’est ichtus, le poisson. et non ICHTUS, initiales en grec de Iesous Christos Theou Uios Sofer (Jesus Christ fils du Dieu Sauveur)

J’ai peur de l’eau comme le succulent mandacaru

Tous ceux qui me connaissent de près croient savoir que j’ai comme Cascão, de la fameuse BD brésilienne Turma da Mônica, une phobie particulière: celle de l’eau.  Tenho pavor a água ! Quelle honte, me direz-vous! Cette prétendue manie  de saleté (mania de sujeira en portugais)  souffre tout de même une notable exception, n’en déplaise à Mauricio de Souza:

https://youtu.be/uX7A5t5MjGQ 

Alors que Cascão, l’ami de Cebolinha, a pour animal de compagnie ( on  dit en brésilien bicho de estimação) un petit cochon appelé Chovinista, moi je n’ai aucun animal de compagnie. Et je ne suis pas un chauvinist pig. Mais allez expliquer aux gens le pourquoi et le comment des choses de ce brave new world. Mes proches en rient volontiers: il suffit que je dise que je viens de prendre une douche pour que des sourires entendus naissent à l’interstice des lèvres des amis et familiers. Moi je force le trait, j’exagère un peu. Je traîne les pieds, je feins l’endormissement ! Moi, cochon ? Moi, porc ? Moi, sanglier ? Moi, marcassin ? Que nenni ! Je dis à tribord que l’eau m’enlève mes odeurs de mâle et qu’à force de se laver on élimine les protections naturelles que nos glandes sébacées nous offrent. Je dis encore à babord pour ma défense que je suis une plante rustique exotique, une sorte de mandacaru, un cactus, que l’on se doit de n’arroser que de rosée matinale et qui risque de subir un choc thermique à moins de l’exposer au temps froid dans une orangerie pour affronter les rigueurs de l’hiver !

Je leur signale que le mandacaru purifie l’eau. Mais ils n’en n’ont cure !

Parfois je mets en cause les savons et leurs phénols, cause d’irritation pour ma peau fragile. Mais mon argument clé c’est celui-la: je ne supporte que le savon pour bébé hypo allergénique. J’exagère c’est vrai et je sais fort bien qu’en pays chaud mon corps qui sue facilement devient rapidement poisseux et qu’il n’y a pas d’autre alternative que la douche pour le soulager. En pays froid c’est une autre histoire. La crasse (le lodo-filth) prend plus de temps à s’incruster. Je suis malade, complètement malade, parfaitement malade, comme le disent en pleurant presque Serge Lama et Lara Fabian ! Mais cela ne fait pas de moi un galeux, même si je revendique le titre de brebis galeuse ! Il en faut un dans toutes les bonnes familles, allez je me sacrifie car je suis l’aîné ! Et je préfère quant à moi chanter avec Luiz Gonzaga depuis 1953 et son Xote das Meninas

Mandacaru quando fulora na seca

é o sinal que a chuva vem no sertão

Ainsi il n’y a aucune équivoque sur la question. Je suis comme un mandacaru, cactus succulent, et c’est quand je commence à fleurir en temps de sécheresse que la pluie s’annonce au-dessus de la brousse. Quand je suis sous la douche je peux y rester une éternité car j’ai plaisir à détacher de mon corps toute pellicule de crasse (il y a un joli mot en portugais, ça s’appelle lodo, différent de lama, la boue) (il y a aussi en anglais un mot filthy, dérivé de filth, la crasse à l’état pur). Eh bien moi je pense que pour se sentir propre il faut s’être senti sale et je ne me lave que quand je me sens sale, je ne me lave pas par habitude, par devoir, par nécessité, par morale, je ne me lave que par plaisir. Etrange, me direz vous ! Si vous étiez mon analyste vous me demanderiez probablement « Mais d’où vous viennent, cher monsieur, de telles turpitudes ?

Aquaphobie. Voilà la maladie orpheline dont je souffre ! Et prendre sa douche n’est qu’un atoll sur l’océan de ce qu’induit ce trouble. Oh mais rassurez-vous, docteur, j’ai mon gant de toilette pour une hygiène sommaire et ma bouteille de parfum CK Calvin Klein pour me débarrasser des fragrances de chlore.

Mais l’eau dont j’ai la peur panique et qui m’attire en même temps par excellence c’est l’eau de mer ! Quand je n’ai pas pied quelque part, je me crispe, je suis mal à l’aise, je coule. J’ai il y a presque  40 ans essayé de faire face à cette affreuse condition et de prendre des cours. Les quelques cours que j’ai suivis m’ont permis de plonger dans un coin de la piscine. J’ai pris plaisir à apprendre les rudiments de la brasse mais la piscine, qu’on soit dans le bassin ludique, ou dans le grand bain, ce n’est pas la réalité, et muni de ces quelques cours je me suis plongé dans la mer des Caraïbes au Moule et j’aurais pu y laisser ma vie car dès que je n’ai plus senti le sable j’ai paniqué et failli entraîner dans les profondeurs ma compagne d’alors qui heureusement savait nager. Etrangement depuis aucune de mes compagnes n’a jamais su nager. Donc je me suis laissé aller à la complaisance. Aux autres la planche à voile, le PMT (palmes, masque, tuba), le wakeboard, le paddle ! A moi la grève, les petits coquillages et les bières estupidamente glacées ! Aventurier comme je crois l’être il y avait un hiatus !

Mais que faire ! Puisque je suis malade ! J’aime la mer et mon souhait le plus intense alors que je franchis le Cap Horn des 65 ans c’est d’apprendre à nager. Car aussi étonnant que cela paraisse j’adore l’eau, c’est de la profondeur intouchable, impalpable que j’ai peur.

Etant enseignant je sais le traité des corps flottants d’Archimède qui dit ceci :

Tout corps plus léger que le liquide où il est abandonné, ne sera pas complètement submergé, mais restera une partie au-dessus de ce liquide.

Pour peu donc que j’apprenne à apprivoiser l’eau, pour peu que je prenne plaisir à nager cette aquaphobie peut se transformer en véritable aquaphilie. Me connaissant je sais qu’elle doit être encadrée, répétitive, routinière. Avec artifice (bouée, pull buoy, frite, perche, échelle, palme, masque, tuba, que sais-je) et sans artifice. Il faut aussi décliner tout cela avec l’apprentissage adapté de la technique des trois nages. Plusieurs fois j’ai eu envie de guérir et reprendre mes cours d’aquaphilie accompagné d’un moniteur nageur-sauveteur, au Brésil à Salvador dans le quartier d’Itapuã, puis encore récemment à Saintes et à chaque fois il m’a semblé que les astres n’étaient pas alignés pour que je me mette sérieusement à l’affaire. Puis la retraite s’approchant je viens de décréter l’apprentissage de la natation comme défi essentiel à relever pour mes futures années de senior. Imaginez moi en train de faire la planche, faire l’étoile de mer, faire le canard, faire la grenouille. J’en jouis d’avance ! Cela vaut bien tous les coïts du monde, non ! J’imagine la chose ainsi : 45 minutes de cours une fois par semaine et 45 minutes de pratique ludique une autre fois. Ce sont mes nouvelles bonnes résolutions. Un petit problème cependant, même si je suis entouré d’eau, résidant actuellement sur l’île de Mayotte, la seule piscine d’envergure se trouve à Koropa Majicavo, dans la ville de Koungou ou alors il faut se rendre à l’hotel Sakouli près de Bandrélé. Mais pourrais-je disposer de mns ? That is the question ! Et moi je réside à M’Tsapéré ! Oh ce n’est pas la mer à boire. Mais je n’ai pas de dilemne, pas d’état d’âme. Ce n’est plus qu’une question de mois et pourra m’appeler le triton !

Quelle progression ? Je vous retranscris, après avoir corrigé quelques fautes d’orthographe ou d’inattention le forum consacré par Babeth à l’aquaphilie. Je note qu’il lui a fallu 26 séances pour atteindre le niveau 1 de la natation

 1er cours) Dans le bassin ludique (1.20 m), en se tenant au mur, on immerge seulement la bouche et souffler (répéter plusieurs fois cet exercice), ensuite immerger également le nez en alternant le souffle par la bouche et par le nez (faire plusieurs fois cet exercice), toujours en immersion la bouche et le nez : mettre 2 doigts à la bouche en les mordant un peu et souffler afin de démontrer que l’eau ne rentre pas. Toujours en se tenant au bord, s’allonger entièrement sur le ventre et immerger totalement la tête (n’oubliez pas de souffler).

2nd cours) Avec l’aide de 2 frites, s’allonger sur le dos et rester quelques secondes sans bouger puis faire le même exercice sur le ventre et souffler. Toujours avec les frites, faire l’étoile de mer sur le dos en écartant bien les bras et les jambes et rester immobiles puis la même chose sur le ventre.

3ème cours) On reprend les 2 frites, on se met sur le dos et on commence à faire des battements de jambes (faire attention à la tête à cause des obstacles derrière qu’on y voit pas, faire des repères à l’aide du plafond), même chose sur le ventre en ayant la tête immergée, soufflez et la sortir en inspirant (répétez cela plusieurs fois). Passage du petit au grand bassin (3 m de profondeur), en se tenant par l’échelle : descendre le plus loin possible et remonter calmement à la surface (faire l’exercice 2-3 fois) puis avec les frites s’allonger sur le ventre avec battements de jambes faire quelques mètres tout en restant près du bord puis faire le retour sur le dos avec les battements de jambes et près du bord du bassin.

4ème cours) Refaire les mêmes exercices du cours précédent dans le bassin ludique mais cette fois-ci avec une seule frite. S’allonger sur le dos et y mettre la frite devant soi à bout de bras et en ajoutant les battements de jambes et faire quelques mètres puis s’allonger sur le ventre et mettre la frite à bout de bras, la tête immergée et faire des battements de jambes. Dans le grand bain, faire l’étoile de mer (position ventrale) en se tenant avec les 2 mains au bord puis retirer une main : même avec une main tenant le bord on flotte (la flottaison est plus importante dans le grand bain donc plus d’appui d’être porter par l’eau), descendre par l’échelle le plus loin possible tout en soufflant lentement et remonter tranquillement à la surface (répéter 3 fois l’exercice) et même exercice avec la perche ces derniers exercices permettent de mieux accepter la profondeur.

5ème cours) Dans le grand bain, refaire les exercices d’immersion avec l’échelle et la perche, se mettre en boule tout en étant près du bord (se tenant aux genoux) en cas de difficulté, avec l’aide de 2 frites faire quelques mètres sur le ventre puis refaire le même pour le retour sur le dos, sauter en étant assis sur le bord en tenant la perche (faire 3 fois l’exercice.

6ème cours) Grand bassin, faire les exercices d’immersion (échelle et perche), prendre 1 frite tout en restant près du bord en s’allongeant sur le ventre et bras tendus, la tête dans l’eau et battements de jambes faisant une longueur puis faire la même chose pour le retour sur le dos, se mettre debout au bord du bassin tenant la perche en sautant sans l’eau à pied joint (saut de bouteille).

7ème cours) Grand bassin, même exercices d’immersion que la fois d’avant, nager sur le ventre en se tenant d’une seule main au rebord sur toute la longueur du bassin, même exercice mais cette fois-ci sur le dos pour le retour puis les refaire avec 2 frites et pour en finir avec 1 frite.

8ème cours) Petit bassin : exercices d’échauffement : s’allonger sur le ventre, tête dans l’eau en soufflant lentement, mains agrippées au rebord avec battements de jambes puis le même exercice sur le dos avec l’aide de 2 frites. Début du cours s’immerger complètement en soufflant à la fois par la bouche et le nez afin de pouvoir s’asseoir au fond, nager d’une échelle à une autre sur le ventre avec les bras simplement devant soi et avec mains croisées l’une sur l’autre et faire uniquement des battements de jambes tout en restant près du bord, même exercice en passant au début au dessous de 2 frites puis sous 4 frites en faisant à chaque fois l’aller et retour, toujours en immersion faire un signe et voir le signe d’une autre personne du groupe et le refaire devant le MNS, se mettre en groupe de 2-3 personnes en se tenant par la main en s’immergeant au compte à rebours du MNS puis même exercice et cette fois-ci faire l’étoile de mer ventrale à l’écoute du son de la perche tout en tenant les mains des partenaires.

9ème cours) Petit bassin : Mêmes exercices d’échauffement que la semaine dernière ; agripper au rebord du bassin en mettant la tête dans l’eau et la relever pour la respi; en faisant les mouvements de ciseaux (mouvements de grenouille en brasse) avec les jambes ; avec 1 frite à bout de bras se laisser basculer de la position ventrale à la position dorsale et vice versa sans toucher le fond du bassin avec les pieds (à faire plusieurs fois) ; se mettre 3 par exemple en se tenant par les mains et refaire l’étoile ventrale puis toujours même exercice mais seulement 2 personnes font l’étoile de mer et la 3ème personne tire les 2 autres (le faire chacun son tour) ; se mettre en boule en s’immergeant et se laisser porter par l’eau tout en étant près du bord mais sans le toucher ; s’asseoir au fond du bassin : voici l’astuce pour y arriver sauter dans l’eau et s’immerger aussitôt jusqu’au fond grâce au poids qui fait pression pour faire redescendre le corps en bas et pour terminer nager 15 mètres avec 1 frite à bout de bras en position ventrale avec battements de jambes en relevant la tête pour la respi.

10ème et 11ème cours) Petit bassin : mêmes exercices d’immersion que la fois d’avant et cette fois-ci s’asseoir au fond du bassin et y rester un petit moment sans bouger et de se laisser remonter tranquillement par la poussée d’Archimède ; essayer de passer entre les jambes de votre partenaire (si vous n’arrivez pas, essayer de passer sous le bras sans le toucher) en ayant la forme d’hydrodynamique et de se laisser glisser ; se laisser aller au fond du bassin et d’un coup de pied au sol pour remonter à la surface (à faire plusieurs fois l’exercice) puis refaire cet exercice et faire l’étoile de mer mer sur le dos puis sur le ventre ; faire l’étoile de mer sur le dos et basculer sur le ventre sans toucher le fond du bassin avec les pieds ; se mettre en position dorsale avec une frite ou une planche en plaçant soit sur les cuisses ou derrière la tête et faire l’aller et retour avec seulement les battements.

12ème cours) Petit bassin : Par groupe de 2 personnes avec 2 frites sous les bras, se mettre dos à dos et faire des battements de jambes puis faire les mouvements de ciseaux ; toujours à 2 avec les frites, 1 personne se met à courir et la 2ème personne se trouvant derrière s’allonge sur le ventre et fait des battements de jambes puis les mouvements de ciseau.

Apprentissage de la respi en brasse et en crawl avec l’aide d’une planche à bout de bras : BRASSE : relever tranquillement la tête en faisant les battements de jambes rapides, prendre une bonne inspiration et remettre la tête dans l’eau et souffler lentement. CRAWL : la tête dans l’eau, lâcher d’une main la planche en l’amenant à la cuisse (il ne faut pas pour le moment que le bras qui fait le mouvement ne sorte de l’eau), tourner la tête du côté où le bras est contre la cuisse comme si vous devez mordre votre épaule, remettre la tête dans l’eau puis le bras qui se trouve à la cuisse là il faut le sortir en pliant le coude comme si avec le pouce vous aller toucher l’aisselle puis le ramener vers l’avant en frôlant l’oreille et se rattraper à la planche (faire la même chose avec l’autre bras). La position du plongeon du canard : se mettre en boule en s’immergeant et laisser remonter les fesses à la surface.

Grand bassin : faire des sauts avec l’aide d’une perche à partir du bord puis d’un petit mur (s’il y en a) et à partir du plot de départ.

13ème cours) Petit bassin : exercice de réchauffement (si l’eau est froide) faire un aller-retour sur le ventre avec battements de jambes puis avec les mouvements de ciseaux en brasse et une frite en bout de bras, la tête dans l’eau et y souffler lentement et la relever pour prendre une bonne inspiration ; maintenant qu’on est échauffé, nous allons apprendre la technique de la respi en crawl avec toujours 1 frite à bout de bras en faisant l’aller sur le côté droit puis au retour sur le côté gauche : en battements de jambes on amène le bras droit à la cuisse puis tourner la tête comme si on voulait mordre l’épaule (il faut pivoter tranquillement la tête et non pas la sortir : l’oreille gauche doit être coller au bras gauche) et remettre la tête dans l’axe pour la forme hydrodynamique puis refaire la même chose sur le côté gauche faire ces allers-retours 2-3 fois) ; maintenant faire la même chose en alternant les bras en aller et retour toujours avec frite à bout de bras (refaire cet exercice 2-3 fois) et pour ceux qui sont un peu plus à l’aise dans l’eau peuvent faire cet exercice sans la frite ; autres exercices se mettre sur le dos et basculer sur le ventre sans toucher le fond du bassin sans matériel et sans toucher le bord ; faire l’étoile de mer sur le dos et se laisser porter par l’eau le plus longtemps possible puis sur le ventre en respirant par la bouche, puis par le nez, par la bouche et par le cnez et pour finir sans la respi ; passer sous les frites sans les toucher (la technique qu’il faut pour cet exercice c’est de bien s’immerger au fond du bassin et s’allonger sur le ventre avec battements de jambes et les mouvements de bras en brasses, cet exercice se fait près du bord du bassin) ; faire un aller-retour sur le dos avec les bras en flèches et faire uniquement des battements de jambes puis même exercice mais en ramenant les bras jusqu’aux cuisses et faire les 2 derniers exercices et cette fois-ci sur le ventre.

14ème cours) Grand bassin : Avec l’aide d’une planche, se mettre sur le ventre et faire 25 mètres avec seulement les battements de jambes puis faire 25 mètres sur le dos avec la planche au niveau des cuisses ; en suite on se tient au rebord du bassin (avec les 2 mains) et se déplacer le long du mur en mettant la tête dans l’eau -le visage en face au carrelage du bord du bassin) sur une longueur de 15 mètres environs ; on reprend la planche et on essaie de dépasser la personne de devant et de se remettre vers le bord ; puis sans la planche, essayer de passer sous la perche sans toucher le bord puis même exercice mais cette fois-ci on y ajoute une planche près de la perche et pour finir sauter dans l’eau soit par le bord, ou d’un petit mur et ou du plot de départ (tout dépend comment la personne se sent capable).

15ème cours) Petit bassin : petits exercices d’échauffements pour commencer soit avec une planche ou une frite puis se mettre sur le ventre ou le dos et faire des battements seulement en allant et pour le retour la même chose mais en changeant de position ; se mettre sur le ventre en position de « flèche » sans matériel (mains croisées et la tête entre les 2 bras) avec battements de jambes et essayer de ramener les bras aux cuisses et les remettre devant soi toujours en croisant les mains puis le même exercice et cette fois-ci sur le dos (conseils pour remettre en flèche -mains croisées derrière la tête- après avoir ramener les mains jusqu’aux cuisses et faire le mouvement de roulis avec les 2 bras en même temps) ; refaire avec la planche l’exercice de la respi en crawl sur un seul côté pour l’aller et l’autre bras pour le retour puis essayer de nager le crawl sans matériel en ajoutant la respi (compter par exemple jusqu’à 3 mouvements de bras puis tourner la tête là où le bras est collé à cuisse -la position de Superman- comme si vous voulez aller mordre l’épaule ; pour la respi en brasse, partez en position de flèche puis chasser l’eau avec les mains en ouvrant les bras vers les 2 côtés extérieurs et ramener vos mains au niveau de la poitrine et à ce moment-là vous relevez la tête hors de l’eau durant un instant pour inspirer puis l’immerger (conseil pour les mouvements de brasse, il faut imaginer qu’on dessine un joli coeur dans l’eau avec les mains) en allongeant les bras devant soi et pour les mouvements de jambes soit vous faites des battements de jambes ou les mouvements de ciseaux ; pour se détendre faire l’étoile de mer sur le dos et basculer sur le ventre sans toucher le fond du bassin ; s’immerger au fond du bassin et s’asseoir ; même exercice en essayant de toucher le fond avec la main gauche par exemple; s’immerger et se mettre sur le dos tranquillement en faisant l’étoile de mer puis la même chose sur le ventre avec l’étoile de mer.

16ème cours) Grand bassin : exercices d’échauffement: avec une frite et sur le ventre faire des battements de jambes sur une distance de 25 mètres puis sur le dos toujours avec battements de jambes sur 25 mètres de plus ; se tenir d’une seule main au rebord du bassin et nager sur le ventre puis en alternant de se déplacer le long du rebord en immergeant le visage (en regardant le mur du rebord) sur une distance de 25 mètres par exemple ; avec l’aide de la perche (tenue par le mns) s’immerger complètement le long de la perche et l’a lâcher et se mettre en garde-à-vous pour se laisser remonter tranquillement ; même exercice mais cette fois-ci on se met par groupe de 2 personnes l’une se tient au rebord et l’autre doit descendre au fur et à mesure en se tenant au corps de son co-équipier (attention de ne pas enlever le bas du maillot de votre co-équipier :lol: :lol: :lol: ) ; nager sur 25 mètres sur le dos avec l’aide d’une frite ; faire la toupie calmement dans l’eau sans tenir le rebord et en regardant la perche devant soi en s’immergeant et faisant des mouvements de jambes et de bras puis, pour finir, faire des sauts avec ou sans la perche à partir soit du rebord du bassin ou du petit mur et ou du plot de départ (faites-le si vous vous sentez capable de le faire car de toute façon le mns ne va pas vous forcer).

17-me cours) Grand bassin : Reprendre les mêmes exercices que la semaine dernière que ce soit en réchauffement puis en immersion, se déplacer le long du mur (faire toute la longueur du bassin calmement) en se tenant au rebord du mur et immerger la tête durant 5 secondes environs ; à la place de faire la toupie vous vous mettez en boule en se tenant aux genoux (la tête immergée dont le regard vers le fond bassin et les fesses à la surface) mais attention de ne pas se cogner la tête contre le rebord (comme cela m’arrive régulièrement :lol: :lol: ) puis pour compliquer la situation : sauter avec ou sans perche dans l’eau et se mettre en boule mais rassurez-vous le moniteur place la perche près de vous en cas de problème.

18ème cours) Grand bassin : exercices de réchauffements 25 mètres sur le dos avec une frite devant et faire uniquement des battements de jambes ; 25 mètres supplémentaires sur le ventre en position de flèche (en position d’hydrodynamique avec le regard vers le fond du bassin et le menton collé à la poitrine) et se rattraper d’une main au rebord pour la respi avec également des battements de jambes ; faire 25 mètres en crawl mais avec seulement d’un seul bras (celui qui est opposé au rebord) qui travaille en poussant très fort l’eau vers l’arrière et tourner la tête du côté où le bras travaille avec le roulis en y comptant jusqu’à 3 puis tourner la tête pour la respi ; effectuez par la suite des exercices d’immersions par l’échelle et la perche, puis en faisant des sauts en se tenant par la perche ; sauter avec la perche en y ajoutant dans l’exercice s’immerger également par l’échelle et se déplacer tout le long du mur avec la tête immergée en apnée et pour finir se mettre au bord bassin avec une planche sous les genoux et se tenir d’une main à la perche et se laisser basculer la tête en premier.

19ème cours) Grand bassin : exercices d’échauffements sur 50 mètres et sans frites avec battements de jambes seulement et en position de flèche (s’agripper au rebord pour la respi) sur le ventre puis le retour toujours sur 50 mètres en position ventrale avec une frite (sans s’agripper au rebord) ; avec la perche s’immerger complètement en essayant de toucher le fond du bassin puis lâcher la perche et remonter tranquillement (à réaliser 3-4 fois l’exercice) ; même exercice mais en essayant de mettre en boule et de se laisser remonter grâce à la poussée d’Archimède ; le moniteur place la perche jusqu’à la ligne d’eau dont un groupe doit nager jusqu’à la ligne d’eau et y revenir et le second groupe doit passer sous la perche (le long du mur) ; la perche reste dans la même position mais cette foi-ci on doit zig-zaguer en passant d’un côté puis de l’autre côté de la perche jusqu’à la ligne d’eau puis revenir et pour finir sauter à pieds joints sans la perche (elle se trouve juste à coté de vous en cas de problème) et y revenir au bord ; essayer de contourner la personne, en face de soi qui est agrippée au rebord, sans l’aide de matériel mais avec seulement la vue de la perche devant soi et s’y agripper en cas de problème.

20ème cours) Bassin ludique : avant de commencer le cours, installer 2 lignes d’eau pour faire un couloir ; avec planche faire 2 allers et 2 retours tranquillement jusqu’à l’autre bout de bassin ; même exercice mais cette fois-ci sans la planche en faisant le crawl en comptant 3 mouvements de bras puis tourner la tête sur le côté pour la respi (idem pour la brasse) ; en position ventrale et en flèche faire uniquement des battements de jambes sur l’aller puis sur le retour même chose mais cette fois-ci toujours en flèche et là ramener les bras vers les cuisses en forçant sur les bras par rapport à la résistance de l’eau ; faire le même exercice en position dorsale en sortant les bras (les pouces en premiers) juste avant de les replacer en flèche derrière la tête et les ramener aux cuisses ; se mettre dos mur avec bras en flèche au dessus de la tête et s’immerger jusqu’à la tête et se laisser aller en avant et faire des battements de jambes tout simplement ; même exercice et cette fois-ci en mettant un pied contre et se laisser propulser en poussant fortement avec le pied et se laisser glisser le plus longtemps possible sur l’eau ; placer la perche sur les 2 lignes d’eau à une petite distance par rapport au mur et essayer de passer plusieurs fois sous la perche et sans la touche tout en étant en apnée pour ceux qui arrivent sinon vous pouvez souffler (à faire cet exercice une bonne dizaine de fois de suite) ce n’est pas important que vous n’y arrivez pas du premier coup c’est tout à fait normal.

21ème cours) Petit bassin : Aujourd’hui nous allons apprendre les techniques en utilisant comme d’habitude avec frites ou planche mais en y ajoutant les palmes (elles nous permettent une meilleure flottaison et moins se fatiguer en battements de jambes). Avec une ou deux frites ou une planche faire 2 allers et 2 retours sur le ventre pour commencer à s’échauffer ; puis sans matériel mais en gardant les palmes aux pieds et à partir en flèche sur le ventre et faire seulement des battements de jambes et pour le retour faire le même exercice en flèche sur le dos ; nager le crawl avec 3 temps de mouvements pour la respi (à faire 2 allers et retours) ; même exercice sur le dos en flèche au départ puis ramener les bras vers les cuisses sans les sortir de l’eau et les sortir pour se remettre en position de flèche (faire cet exercice en 2 allers et retour) ; prendre une planche en la tenant à bout de bras d’une seule main et l’autre collée à la cuisse puis faire pivoter la tête du côté libre et prendre une inspiration (vous faites 2 inspirations sur le même côté puis changez de bras -vous constaterez qu’il y a toujours un côté où l’on est + à l’aise que l’autre) et y faire un aller-retour ; essayer de passer tout près de votre copain du groupe qui se tient par exemple au rebord et vous y devez passer en étant totalement immerger et y passer sans toucher votre copain et le mur ; essayer de faire une roulade avec les palmes (si vous n’y arrivez pas ce n’est pas grave car moi même je n’y suis pas arrivée du tout :pleure: :unhappy: :ops: ; après avoir retirer les palmes, descendre le long de l’échelle puis s’allonger sur le ventre au fond du bassin ; refaire le même exercice et toucher le fond du bassin avec une main.

22ème cours) Grand bassin : avec l’aide d’un frite et seulement qu’avec des battements de jambes parcourir 50 mètres sur le ventre avec visage immergé et le regard vers le fond du bassin (relever la tête tout de même pour la respi) ; même exercice et cette fois-ci sur le dos avec frite à bout de bras devant soi pour la même distance au retour ; puis sans la frite parcourir 25 mètres en flèche sur le ventre (s’agripper au rebord pour la respi) ; même exercice mais sur le dos en flèche : pour vous aider à vous propulser garder une main sur le rebord (cette main vous aidera à vous propulser au départ) l’autre bras vous placer derrière la tête et vous vous poussez grâce au rebord avec l’autre main et aussitôt vous placez cette main à l’autre main qui est derrière la tête et à parcourir les 25 mètres supplémentaires ; exercices d’immersion à l’échelle et à la perche en prenant une bonne inspiration et souffler lentement le long de la descente soit par la bouche et/ou le nez puis se laisser remonter tranquillement jusqu’à la surface sans rien tenir en étant au garde à vous c’est ce qu’on appelle LA REMONTEE PASSIVE ; le mns place la perche en largeur et vous devez passez en dessous la perche sans la toucher et ni le mur et après cela se déplacer le long du mur jusqu’au bout du bassin en immergeant la tête et souffler et pour finir les exercices de plongeon d’abord avec la perche au niveau du bord ou du petit mur ou du plot de départ (à faire 2-3 fois) puis le mns se place entre la ligne d’eau et le plot de départ, il place la perche dans l’eau et vous devez sauter de à côté de l’échelle (non pas du côté où il y a le mur mais à l’opposé) et nager vers la perche mais si vous ne vous sentez pas le courage de le faire (comme moi par exemple :ops:) vous pouvez le faire d’une autre manière le plongeon : vous vous s’asseyiez au bord du bassin avec les mains croisées au-dessus de la tête et vous vous laissez tomber en avant et le plus loin possible (d’ailleurs sur ce site il y a une vidéo sur le plongeon assis) moi je l’ai appelé LE PLONGEON DU CROCODILE et vous verrez bien que l’eau vous remonte et vous dirigez vers la perche.

23ème cours) Grand bassin (pour ce cours nous n’allons pas utiliser de matériel mais on va le faire tranquille aujourd’hui) : en flèche ventrale et parcourir en battement de jambes uniquement sur toute la longueur du bassin soit 50 mètres ; exercices d’immersion par l’échelle et par la perche (répéter cet exercice 2-3 fois) ; exercices d’immersions toujours les mêmes mais là vous vous lâchez et vous vous mettez en boule et se laisser calmement (le moniteur place toujours la perche près de vous en cas de problème) ; toujours exercice en immersion mais cette fois-ci + difficile en vous aidant de la perche et de l’échelle (pour varier) immerger la tête en bas et les pieds joints en haut comme si vous faites la bougie en gymnastique et vous essayer de descendre le plus loin possible en vous tenant à la perche ou l’échelle ; comment rester la tête hors de l’eau sans être immergée et sans tenir le rebord en faisant du surplace : il faut faire tout simplement des mouvements de cercle avec les pieds puis vous y ajouter les mains en faisant les mêmes mouvements et vous constaterez vous flotter en restant sur place ; même exercice et cette fois-ci faites un tour complet d’un sens puis dans dans l’autre ; longer le long du rebord puis à un point donné par le moniteur vous faites un tour sur vous-même sans toucher au rebord puis vous vous mettez sur le dos avec battements de jambes et vous parcourez le restant de la longueur du bassin calmement ; d’une main se tenir au rebord et l’autre doit effectuer le mouvement qu’on effectue en crawl en poussant très fort l’eau vers l’arrière avec cette main en parcourant les 50 mètres ; exercices de détente en prenant une bonne inspiration et s’immerger complètement en se tenant au rebord et en gardant les yeux fermés, souffler lentement (à répéter 3-4 fois au moins) ; parcourir les 50 mètres au retour en nageant la brasse et pour finir le cours faire les exercices de plongeon avec ou sans perche à partir du bord ou du mur ou du plot de départ.

24ème cours) Petit bassin : Prendre une planche et se mettre sur le ventre et faire une longueur avec seulement battements de jambes et la respi en brasse, pour le retour se mettre sur le dos avec la planche placé devant soi avec battements de jambes ; toujours avec la planche et en position ventrale sur aller-retour faire les mouvements de bras en crawl et au bout de 3 mouvements de bras tourner la tête pour la respi (là où le bras est collé à la cuisse) ; même exercice mais cette fois-ci on laisse une main accrochée à la planche et l’autre main à la cuisse (on appelle cela la position de Superman) en faisant des battements de jambes on essaie de tourner la tête pour la respi et cela en faisant un bras chacun sur 2 longueur ; puis sans planche essayer de nager le crawl ; s’immerger complètements jusqu’au fond du bassin et se mettre en boule tout en se laissant remonter à la surface en apnée ; même exercice de boule et se mettre en étoile de mer ventrale puis dorsale en remontant à la surface toujours en apnée ; ensuite le moniteur place une frite dont le but est de passer sous cette frite en s’immergeant complètement et en soufflant par le nez lentement puis passer en dessous la frite sans la toucher en essayant de nager sous l’eau le plus loin possible ; se mettre à 2 il y a une personne qui tient les mains de l’autre qui se laisse s’allonger sur le ventre et celle qui la tient la tier en se déplaçant (il faut changer de rôle).

25ème cours) Petit bassin : avec l’aide d’une planche, faire les mouvements de ciseaux en brasse avec la tête immergée ou pas (c’est comme vous le sentez) uniquement en écartant les cuisses vers l’extérieur et plier genoux en les ramenant à la poitrine puis avec les pieds tendus poussez l’eau derrière vous et ramener les jambes (comme font les grenouilles dans leurs mouvements) – refaire plusieurs fois cet exercice sur une petite longueur précisée par le mns – refaire le même exercice et cette fois-ci en se tenant au rebord du mur et faire 2 mouvements de ciseaux avec la tête immergée et souffler lentement puis 2 autres mouvements de ciseaux en ayant la tête hors de l’eau (répéter cet exercice plusieurs fois) ; avec la planche on va faire les mouvements de bras en crawl « les roulis » en ajoutant la respi : d’une main lâcher la planche en l’amenant à la cuisse et tourner la tête vers ce côté comme si vous voulez mordre votre épaule puis ramener ce bras de la cuisse vers la planche et vous changez de bras (faire plusieurs fois cet exercice sur une petite distance à chaque fois) ; s’immerger complètement en soufflant par nez en essayant d’aller s’asseoir au fond du bassin puis se laisser remonter tranquillement en se mettant en boule ; s’immerger complètement en se mettant en boule et se laisser remonter à la surface en faisant l’étoile de mer ventrale et dorsale et pour finir faire la planche et attraper une jambe (vous allez constater que le corps va tanguer un peu ) en la ramenant vers la poitrine et pendant quelques secondes le corps va bouger légèrement de différents côtés mais il va très vite se stabiliser : on constate que LE CORPS FLOTTE.

26ème cours) Grand bassin : avec une planche (ou une frite) parcourir 25 mètres sur le ventre en relevant la tête pour la respi ; puis se mettre sur le dos avec planche/frite devant soi (le regard vers le plafond pour aller droit) ; réaliser plusieurs fois les exercices d’immersion d’abord avec la remontée passive puis remonter à la surface en se mettant en boule (essayer de toucher le fond du bassin mais surtout bien souffler par le nez et par la bouche -si vous avez mal aux oreilles à cause de la pression soit vous vous bouchez le nez ou mieux encore avaler la salive) ; parcourir 50 mètres avec la planche/frite en faisant le mouvement de roulis en crawl d’un seul bras avec la respi sur le coté où le bras travaille (bras collé à la cuisse -exemple 2 mouvements de roulis et au 3ème mouvement tourner la tête sur le côté ; exercices de plongeon avec ou sans perche soit du bord, ou du petit mur ou du plot de départ.

Bassin ludique : sans matériel se mettre en flèche sur le ventre avec battement de jambes puis écarter légèrement les bras pour relever la tête pour la respi (même technique qu’en brasse) faire cet exercice sur une distance que le mns a désigné ; toujours en flèche sur le ventre mais là d’une main faire un poing de main avec pouce :+ comme celui-ci mais ce pouce va être tenue par l’autre main qui va travailler le mouvement de roulis en accélérant la main en poussant l’eau fortement derrière soi ; sur le dos en faisant la planche avec battement de jambes en sortant les 2 mains en même temps par les pouces devant soi puis les ramener aux cuisses en les passant derrière la tête (mouvements de dos crawlé mais avec les 2 bras en même temps ; toujours sur le dos en flèche faire 2 mouvements de roulis d’un seul bras en laissant l’autre derrière la tête puis changer de bras.

Et il bande encore le bougre!

Si vous êtes pudibond, passez votre chemin, detournez votre regard de cette page car le sujet du jour c’est la bandaison. J’en vois déjà certains ou certaines qui se levent les yeux exorbités et les bouches en forme de cul de poule. Shoking! La bandaison est pourtant un noble art qui existe depuis que l’homme est homme. La bandaison c’est l’instinct primitif, l’inconscient collectif de l’homme. L’homme qui ne bande pas est un homme diminué car l’homme qui se respecte a besoin de ces trois jambes. La jambe droite, la jambe gauche et la jambe du milieu qui s’est rétrécie avec les siècles mais qui était il y a de cela des millénaires parfaitement équivalente en taille et en grosseur avec ses deux soeurs. L’homme préhistorique marchait non pas sur deux jambes mais trois jambes. Vous ne le saviez pas? On nous cache tant de choses! Tenez, essayez d’imaginer  le parfait équilibre que permettait le fabuleux tryptique. Autrefois dans la nuit des temps nos jambes étaient molles à l’état naturel, toutes flagada, celles des hommes tout comme celles des femmes. Nous rampions sur nos trois jambes qui toutes possédaient pieds et orteils. La fécondation se faisait au niveau du gros orteil de l’homme sur n’importe laquelle de ses trois jambes tandis que les demoiselles étaient ensemencées entre les doigts de pied au niveau du petit orteil de la seule jambe du milieu. D’où l’expression qui résiste au temps: prendre son pied. Ni homme ni femme ne bandait. D’ailleurs ni homme ni femme ne savait qu’il ou elle était homme ou femme. Ils ne pensaient pas, n’analysaient pas, ne calculaient pas, ils se frottaient répondant à l’appel de l’espèce, au rut, à des cycles, à des odeurs qu’ils ne comprenaient pas. Ce n’étaient pas des légumes mais presque. Ils se croisaient, peuplaient et multipliaient par simple et lent frottis-frotta.

Vint la première glaciation qui changea tout. Les jambes de poulpe des penispithèques (c’est ainsi que s’appelaient les hommes entre eux en ce temps-la) et des clitorispithèques (les demoiselles) subirent une mutation radicale . Les deux jambes extérieures devinrent rigides et articulées tandis que celle du milieu se rabougrit. Il fallut apprendre à marcher sur deux pieds. Mais même rabougrie en de grandes proportions cette jambe du milieu qu’on finit par nommer penis pour les hommes et clitoris chez les demoiselles, possédait toujours pieds et orteils, désormais rendus inutiles pour la marche.

Chaque fois que vous bandez, souvenez-vous, c’est votre humanité primitive qui se rappelle à votre bon souvenir. Plus vous bandez fort plus vous êtes en contact avec votre self.

Le problème de la bandaison c’est son corollaire l’éjaculation. L’ homme en état de bandaison passe simultanément par les phases de fierté due à l’érection, de nirvana jouissif due à l’éjaculation et de paix intérieure retrouvée due à la débandaison. Un homme en état de bandaison perd tout libre arbitre, il est en proie aux mille soubresauts de ses sens primitifs, il recherche frénétiquement cet entre-orteil de jadis pour épancher sa soif, c’est un oiseau sans ailes qui pue le frai. Il faut qu’il se soulage de ce mal nécessaire sans laquelle son existence même lui serait niée.

A Mayotte on se nettoie écologiquement les parties

Vous qui ne pouvez vivre sans du papier toilette ultra doux et caressant réveillez-vous. Soyez écologique et faites votre toilette intime avec un ou deux brocs d’eau. C’est dans les toilettes extérieures d’un des multiples lieux de prière de MTsapere que j’ai découvert cet usage que je croyais révolu. Je pensais que le papier toilettes avait colonisé notre planète. Eh bien non certains territoires résistent. Et ici en Afrique de l’Est ou les conditions sanitaires sont disons à la limite, ou je n’ai  vu de toilettes publiques nulle part si ce n’est dans les mosquées, le papier toilettes est remplacé par bassine d ‘eau, ou seau d’eau ou robinet d’eau l’un ou l’autre accompagné d’un broc en plastique bleu.

C’est en fait un peu comme un bidet que nos Anciens de par le monde utilisaient pour se nettoyer les fesses. Hommes comme femmes. Aujourd’hui encore au Brésil les appartements chics proposent des bidets aux postérieurs les plus exigeants. Et je connais de nombreuses femmes qui continuent même sans bidet à faire leur toilette hygiénique avec de l’eau.

Écologiquement j’approuve. J’ai testé. Avec un gant de toilette puis sans gant de toilette (bleu lui aussi). Eh bien je suis agréablement surpris. Il est fort agréable par ces chaleurs moites ce contact de l’eau. On rafraîchit les parties mais c’est le tout qui en sort ragaillardi. L’anthropologue Franz Boas avait vu juste. Pour appréhender le tout il faut bien saisir les parties.

Mayotte in tafia veritas

Avant de venir à Mayotte j’ai lu sans trop y croire que contrairement aux îles Mascareignes, aux Antilles et en Guyane il n’y avait pas de culture de la canne à sucre et donc logiquement pas de rhum local. Je ne suis pas un rhumier mais quand ma gorge me gratte et que j’ai un soupçon de grippe qui me fait tressaillir je sors mon vademecum. Citron, miel, rhum c’est mon remède flamboyant. C’est bien connu le rhum tue le rhume!! Et en matière de rhum je ne suis pas chauvin. Je ne suis ni raciste ni sexiste. Tafia, ratafia, guildive, eau de vie, rhum, cachaça, rano mahery, eau forte. Peu importe le nom du Fary pourvu qu’on ait l’effluve, n’est-ce pas.

Je m’étais donc résigné à une vie mahoraise sans rhum local, sans bout de canne à sucer. J’allais me résigner à un rhum global. De l’Océan Indien, bien sûr . Je me voyais déjà en train de siroter mon médicament avec de la glace pilée ou de l’eau de coco bien glacée. J’hésitais entre rhum de Maurice, Ambilambe de Madagascar ou Charrette de la Réunion pour le parfum. Mais à vrai dire je pensais plus à ces rhums artisanaux que l’on fait traditionnellement à Maurice les tilambic ou encore à ceux qu’on fait à Madagascar les toaka gasy.

Or il y a quelques jours dans un programme sur Mayotte je vois des jeunes en train de machouiller de la canne. Tranquillement l’air de rien. Ça se passe dans le nord de l’île où il y aussi la tradition de manger de la tortue. Cela m ‘a mis la puce à l’oreille. Il y aurait alors des plantations confidentielles de canne à Mayotte. Chaud chaud chaud cacao !

Et voilà que hier je vois deux gosses en train de rentrer chez eux avec un morceau de canne deux fois plus grand qu’eux. Je les arrête et leur demande où ils ont trouvé ce morceau de canne. Ils ont dû me prendre pour un fou car ils sont partis en détalant.

La chasse à la canne à sucre est entamée. Je sais désormais qu’il y en a. Et là où il y a manman Kann il y a son fils Ronm !

Alors comme d’hab un petit coup de Google s’imposait. Je me retrouve ainsi sur le site http://patrimoine-industriel-de-mayotte.fr ou je m’aperçois que jusqu’en 1955 il y avait de la canne à Mayotte et plus exactement à Dzoumogné. C ‘est entre 1848 et 1898 que la canne de Mayotte connait sa grande épopée. Des concessions sont octroyées un peu partout à Miréréni, Soulou, Cavani, Longoni, Kungo,Kawani, Dembéni, Chiconi, Combani, Hajanga. Il y a eu un mauvais cyclone en 1898 qui a couché les cannes et l’ industrie sucrière qui était jusqu’alors florissante a succombé de ses blessures peu à peu et on peut dire qu’à part le cas de Dzoumogné , l’ industrie sucrière est moribonde en 1913. Voilà ce qui s’est passé par exemple à Soulou.

Ok l’ industrie peut avoir disparu mais du côté de Soulou et tant d’autres communes de Mayotte il y avait autrefois de la canne et même si commercialement ce n’est plus rentable, j’imagine que tout le monde ici comme ailleurs aime son jus de canne naturel.

Il y a donc de la canne. Montrez-vous les coupeurs de canne, sortez les sabres, faites chanter le vesou, faites chanter la saccharine. Je veux, j’exige mon miel de canne intégral. Il y en a aux Comores, il y en a partout dans l’Océan Indien, il y en a à Mayotte. Ne serait-ce que pour fabriquer le fameux rhum Scolo. Scolo étant le diminutif d’une sympathique bestiole à cent pattes, la scolopendre. Et sans canne comment pratiquer le culte des Ancêtres?

Si le sucre a connu, connaît et connaîtra toujours des hauts et des bas, la canne, elle, est un roseau qui plie et ne rompt pas.

Voilà en tout cas  une de ces commodities tropicales qui me manquent tout comme le gombo, le crabe de mangrove, l’eau de coco, les palourdes et les haricots rouges.

Qui n’a jamais gouté ce nectar divin appelé jus de canne auquel on ajoute un peu de jus de citron vert pressé, ne sait pas ce qu’il perd. À consommer tout de même avec modération surtout si vous êtes diabétique.

L’arbre de la paix de Mayotte et le parcours de sante

Aujourd’hui je me suis levé en pleine forme. Tiens et si on allait faire un petit peu de tourisme. Du vrai de vrai, du tourisme hardcore. Je me suis donc mis en branle sur le coup de huit heures du mat.

En chemin j’ai change d’idée. Je ferai du tourisme soft core. J’ai décidé d’aller au parc public de la pointe Mahabou. Histoire d’être au plus près de la nature. Un parc qui jouxte la mer et la mangrove, facile d’accès. Quoi de plus adapté à un dimanche matin. Le parc à cette heure matinale était bien vide. D’un côté la forêt de mangrove où je notais les trous de crabe, de l’autre une végétation dense et touffue. À l’entrée je vis bien « parcours santé » mais je n’y pris pas garde. La nature c’est la santé. Il y avait une flèche qui indiquait arbre de la paix de Mayotte. Je la suivis.

En chemin je rencontrai un senior qui faisait des étirements mais là encore je me dis quoi de plus normal, à force de grimper tous ces mornes. Puis j’arrivai au dit arbre de la paix qui je dois l’avouer ne me fit aucun effet particulier d’autant plus qu’il venait d’être inauguré en avril 2017 à la veille des élections.
Juste avant j’avais vu un pied de jaquier chargé de jaques énormes et je m’émerveillai que personne  ne les ait cueillies pour les déguster  à maturité. Partout une nature exubérante, des bambous, des fleurs inconnues gigantesques, des oiseaux piaillaient  et se payaient des sprints d’enfer entre cocotiers, et tout à coup je vis une pancarte qui déclinait ce parcours de santé. En fait un parcours sportif à base de sauts, de haies a sauter, d’espaliers obliques doubles, barres parallèles, poutres d’équilibre, pas de géant, espalier simple, échelle horizontale, poutre d’étirement. Tout cela avec des niveaux de difficultés qui allaient de faible à élevé en passant par moyen. M’sieu, j’avais pas prévu, j’suis venu en sandales. Ce sera pour une prochaine fois. Mon but intime c’était de me retrouver à la limite de la mer à marée basse. Je voulais voir si on voyait des crabes dans la mangrove. Je trouvai en dehors du parcours de santé un petit sentier de terre qui plongeait vers la mer. Et là ce fut l’éblouissement. 

J’aime la mer mais surtout la mer dans la mangrove. J’aime cet enchevêtrement de racines, d’eau, de vase, ces verts, ces bleus, ces masses liquides et boueuses, saumâtres, ces palétuviers. Ils valent pour moi bien plus que tous les agrès sportifs. D’ailleurs essayez vous-même ce parcours sportif dans la mangrove, sautez de roche en roche, évitez de tomber dans une mare d’eau ou dans la vase, évitez d’écraser les animaux qui se situent au soleil, évitez de prélever les feuilles de palétuviers, voilà mon parcours santé. 

C’est le corps rasséréné que je retrouve le parcours santé du parc. Des joggers commençaient à sillonner l’espace avec des écouteurs visses aux oreilles. Moi je courais mentalement après le bruit du vent, le ressac des vagues et le chant des oiseaux. 

En sortant du parc je vis deux femmes et un enfant prélever du bois sec des abords de la mangrove. Probablement pour faire un brasier annonciateur de brochettes de mabawa.

Certains souffrent de la maladie du bouger-bouger


Certains, disent la chanson, souffrent de la maladie du bouger-bouger. C’est génétique ! L’envie irrépressible vous prend de bouger votre corps, le remuer à droite à gauche devant derrière, de secouer tout ce qui peut être secoue jusqu’à épuisement. J’ai déjà souffert de cette maladie et parfois j’ai encore mes attaques epileptiques. Je maîtrise. Par contre j’ai encore un peu de mal à maîtriser une autre maladie. Celle du manger-manger. Et aujourd’hui le virus a frappé. C’est un virus en eternelle latence. Je crois être guéri mais tout à coup il me tiraille des arrière fonds du diable vauvert. Aujourd’hui j’ai succombé devant un riz à l’eau de coco, un Mataba, un thon rouge frit et un rougail. Tout ca à la mode comorienne. Tout d’abord on me présente un bol qui ressemble à une Soufrière de riz. Je mange deux bonnes cuillerées pour bien sentir les saveurs de l’eau de coco. Impeccable. Mes narines frémissent. Je prends le Marabá et j’en entoure la Soufrière. Ce sont les bois de Morin et de Saint Phy autrefois. Dans le creux laisse par les deux cuillerées prélevées je verse le rougail qui s’écoule dans la blanche Soufrière comme de la lave incandescente. Il me reste les deux morceaux de thon bien assaisonné qui vont représenter l’église et le cimetière de Saint-Claude. Et voila comment fonctionne la maladie. On voulait faire initialement le portrait de la Soufrière on finit par ingurgiter au moins 2000 calories en 15 minutes. Heureusement qu’on ne mange pas le soir.

Fumar es un placer genial, sensual

http://www.dailymotion.com/video/x2rjdr

Je ne fume pas même si j’aime le tango argentin des années 50. Fumando espero est un bel hymne aux fumeurs qui a fait un tabac à travers le monde et la voix de Sarita Montiel y est forecement elle aussi géniale et sensuelle quoi que je doute qu’elle ait jamais fume. J’ai autrefois fume : pour la dernière fois c’était vers 1982, il y a 35 ans. Celle qui partageait alors ma vie fumait et m’enfumait du soir au matin, alors un jour pour lui rendre la monnaie de sa pièce, j’ai acheté un paquet de Boyard mais dont l’odeur la repulsait. Ce fut ma dernière cigarette. Avant cela de temps en temps j’achetais quand j’allais danser un paquet de Benson and Hedges, que je laissais trainer négligemment sur ma table dans les soirées cool. Parfois je feignais d’en fumer une mais je n’ai jamais avale de fumée de ma vie. Fumer est un plaisir génial, sensuel dit le tango. À chacun ses plaisirs. Moi j’aurais tendance à dire danser est un plaisir genial  , sensuel. Par contre associer le mot cigarette ou tabac au mot Coelacanthe me chagrine un peu. 

Il y a ici à Mayotte une marque de cigarettes comorienne appelée Coelacanthe (prononcer selakant). Le coelacanthe est un poisson préhistorique qui vit dans les grands fonds entre 100 et 400 metres. Il y en aurait encore 300 aux Comores. Lier cet animal au tabac n’est pas très heureux d’autant plus qu’il a pratiquement disparu de la face du globe. On ne l’a guère vu que quand il est tombé dans les filets d’un pêcheur, indonésien sud africain ou comorien. On pourrait croire que ce coelacanthe pourrait devenir un symbole national de survie, lui procurant une empreinte écologique forte synonyme de plus value économique. Il n’en est rien. Cet animal qui a à peu près ma taille et mon poids n’est considère peu ou prou que comme un vieux fossile, qui enthousiasme certes la communauté scientifique mais qui ne suscite guere les passions chez les Comoriens.

 Je sais que l’équipe nationale de football des Comores s’appelle les Coelacanthes.

Mais j’ai bien peur qu’un jour outre les cigarettes de contrebande, Coelacanthe mais aussi Diamant et Hamdane produites aux Comores par des industriels chinois comme la SGO Société Groupe de l’Ocean qui en principe ne sont vendues qu’aux Comores au tarif de 2 € mais qui inondent le marché mahorais, on nous propose chez le poissonnier un de ces jours du filet de coelacanthe fume . Un fumet rare, un filet de fossile ça doit avoir une valeur marchande.

je vous sers un petit café au gombo ?

Parfois, je dirais même souvent, je m’étonne qu’on oublie les recettes tropicales d’antan. Le monde s’homogénéise, se pasteurise  ! On traverse les océans, on franchit les espaces et toujours la sacro-sainte frites, le sacré saint hamburger, la sacrée sainte bière de malt et d’orge, la sacrée sainte farine de blé. De temps en temps une petite cuillerée de maïs ou de seigle, ou d’avoine pour se donner bonne conscience, un sucre d’orge et hop on retombe dans la guimauve, la bouillie, la purée de patate. Il est bon de jeter un petit coup d’oeil dans le rétroviseur  car souvent dans le passé se trouvent les solutions pour l’avenir.

Prenons l’exemple du gombo (comme ça au hasard) :

 

J’ai déjà suffisamment évoqué ça et là dans ce blog la passion qui me lie à ce légume visqueux ! Abelmoschus a un frère jumeau qui s’appelle Hibiscus cannabinus, le gonkura, appelé aussi chanvre de dakan, jute, kenaf, dont les feuilles sont utilisées en Inde pour faire du chutney. ah la généalogie du gombo est gourmande et passionnante. Et j’apprends ainsi que l’empereur Bhulokamala Someshwara III de la dynastie  des Chalukyan de l’Ouest qui régna entre 1126 et 1138 , surnommé « le lotus de la terre », appréciait lui aussi plus que de raison le gombo selon Charaka. Bienvenue dans le clan !

Je viens de retrouver un article dans le très sérieux  Journal de Chimie Médicale, Pharmacie et Toxicologie daté de  janvier 1835. Il y a de cela donc 182 ans on savait que le café à base gombo était meilleur marché, aussi bon et meilleur pour la santé que le café. C’était un médicament comme la guimauve ! On prend encore de nos jours ce café au Panama, en Turquie. Certains l’imprègnent de café pour lui donner le goût de café mais en lui même il a son gout spécial qui vaudrait la peine d’être savouré !

Car à bien y réflêchir avant le café le monde tournait déjà ! Idem avec la pomme de terre ! Avant nos nouvelles dépendances au café et au tabac que buvaient et que fumaient  les gens ? Avant le coca-cola ? Quoi qu’il en soit, et quoi que soit le nom sous lequel il existe et est encore consommé de nos jours, café de gombo, okra coffee, café de quiabo au Brésil, café de quimbombo au Panama, café de bhindi en Inde, café de lalo c’est un excellent succédané, un excellent substitut pour le café qui on le sait a comme inconvénient majeur la caféine ! Comment expliquer qu’alors qu’on trouve partout outre le café la chicorée en France on ne trouve pas dans les pays qui produisent le gombo le café de gombo. Cherchez dans les boutiques bio spécialisées, fouillez leurs catalogues, elles  pourtant si promptes à remettre au gout du jour les dernières panacées, on n’y trouve le gombo ni en poudre, comme épaississant naturel ni en grains  séchés, ni en gélules, ni en comprimés, ni nature ! Il y a certainement des intérêts économiques en jeu. Osons le dire : des lobbys ! Mais nous pouvons tous à notre échelon produire notre propre café, planter, récolter, voire acheter des graines de gombo séchées, comme autrefois on achetait le café en grains  et qu’on le torréfiait, puis moulait. Je crois beaucoup à une qualité de vie. Ce n’est pas nouveau : il n’y a rien de nouveau depuis Henry David Thoreau (1817-1862) et son retour à la nature et à l’autosuffisance. Il est aussi connu pour ses idées autour de la  désobéissance civile qui souvent m’inspirent par leur bon sens. Ce visionnaire écrivait en 1854 ceci à propos de la glycine tubéreuse, un légume racine que mangeaient les Amérindiens , dans son chef d’oeuvre Walden or Life in the Woods:’

« Digging one day for fish-worms I discovered the ground-nut (Apios tuberosa) on its string, the potato of the aborigines….Cultivation has well nigh exterminated it….This tuber seemed like a faint promise of Nature to rear her own children and feed them simply here at some future period. In these days of fatted cattle and waving grain-fields, this humble root, which was once the totem of an Indian tribe, is quite forgotten…; but let wild Nature reign here once more, and the tender and luxurious English grains will probably disappear before a myriad of foes…but the now almost exterminated ground-nut will perhaps revive and flourish in spite of frosts and wildness, prove itself indigenous, and resume its ancient importance and dignity as the diet of the hunter tribe. » House-Warming, pp. 200-201

 A l’heure où j’apprends que les oeufs contaminés aux insecticides commercialisés  en France viennent de Hollande, je me félicite quand à moi d’essayer au maximum de mes possibilités de manger local où que je sois. Nous laissons tous notre empreinte en gaz carbonique, moi j’essaie que mon empreinte soit la plus invisible possible. Cela peut tenir à un grain de gombo  qui dans deux jours deviendront pour moi mon légume local. Alors, chiche, un petit kawa au gombo, ça vous tente ?