Vive la banana


Chaque fois que je mange une banane qu’elle soit verte, plantain, pomme, figue ou dessert ou Cavendish il me revient en mémoire le spectacle que proposait un amuseur public africain en face du centre Pompidou à Paris. Il jouait de la batterie sur des poubelles et toutes sortes d’objets étranges mais le clou du spectacle c’est quand il donnait un coup de baguette sur une banane attachée à une corde au climax d’un solo de batterie. Parfois il faisait mine de frapper puis se ravisait avant de désintégrer 5 minutes après la pauvre banane.

Ici à Mayotte on mange beaucoup de banane verte, cuite, comme dans le mutsuhola ou rôtie la plupart du temps en duo avec le manioc ou le fruit à pain. C’est actuellement la haute saison de la banane verte et du manioc, ainsi que du taro. Le fruit à pain se fait discret. J’imagine que bientôt ce sera lui qui fera l’objet de toutes les convoitises. Et toujours pas de gombos en vue à l’horizon.
J’aimais autrefois les poyos avec le fruit à pain et la queue de cochon.

Maintenant j’essaie les poyos rôtis avec le thon. Une tuerie. Ne pas exagérer sur le piment. Délicieux avec des achards de mangue.

Bon il n’y a pas que le macaque singe qui aime les bananes. Les guenons aussi, les ouistitis et les orang-outangs.

Par contre après Irma et Maria les bananes deviendront une denrée rare aux Antilles. Les bananeraies ont été rasées, les pieds arrachés ou sectionnés par les ventouses suceuses de la cannibale. On oublie souvent que la bananier n’est qu’une herbe, une herbe volumineuse mais une herbe quand même. Mais je me demande parfois si au lieu d’avoir à planter, à replanter des bananes après chaque déflagration cyclonique il ne faudrait pas revoir une politique agraire trop intéressée à l’exportation de biens agricoles et trop peu amène à produire localement biologiquement respectueusement des rythmes de la nature. Planteurs e banane reconvertissez vous à l’agriculture biologique. Regardez ce qui a résisté aux balafres du cyclone et prenez-en de la graine. Le chemin de l’autosuffisance alimentaire antillaise passe par une remise en question de l’intérêt bien compris des uns et des autres

A Mayotte on se nettoie écologiquement les parties

Vous qui ne pouvez vivre sans du papier toilette ultra doux et caressant réveillez-vous. Soyez écologique et faites votre toilette intime avec un ou deux brocs d’eau. C’est dans les toilettes extérieures d’un des multiples lieux de prière de MTsapere que j’ai découvert cet usage que je croyais révolu. Je pensais que le papier toilettes avait colonisé notre planète. Eh bien non certains territoires résistent. Et ici en Afrique de l’Est ou les conditions sanitaires sont disons à la limite, ou je n’ai  vu de toilettes publiques nulle part si ce n’est dans les mosquées, le papier toilettes est remplacé par bassine d ‘eau, ou seau d’eau ou robinet d’eau l’un ou l’autre accompagné d’un broc en plastique bleu.

C’est en fait un peu comme un bidet que nos Anciens de par le monde utilisaient pour se nettoyer les fesses. Hommes comme femmes. Aujourd’hui encore au Brésil les appartements chics proposent des bidets aux postérieurs les plus exigeants. Et je connais de nombreuses femmes qui continuent même sans bidet à faire leur toilette hygiénique avec de l’eau.

Écologiquement j’approuve. J’ai testé. Avec un gant de toilette puis sans gant de toilette (bleu lui aussi). Eh bien je suis agréablement surpris. Il est fort agréable par ces chaleurs moites ce contact de l’eau. On rafraîchit les parties mais c’est le tout qui en sort ragaillardi. L’anthropologue Franz Boas avait vu juste. Pour appréhender le tout il faut bien saisir les parties.

Mayotte in tafia veritas

Avant de venir à Mayotte j’ai lu sans trop y croire que contrairement aux îles Mascareignes, aux Antilles et en Guyane il n’y avait pas de culture de la canne à sucre et donc logiquement pas de rhum local. Je ne suis pas un rhumier mais quand ma gorge me gratte et que j’ai un soupçon de grippe qui me fait tressaillir je sors mon vademecum. Citron, miel, rhum c’est mon remède flamboyant. C’est bien connu le rhum tue le rhume!! Et en matière de rhum je ne suis pas chauvin. Je ne suis ni raciste ni sexiste. Tafia, ratafia, guildive, eau de vie, rhum, cachaça, rano mahery, eau forte. Peu importe le nom du Fary pourvu qu’on ait l’effluve, n’est-ce pas.

Je m’étais donc résigné à une vie mahoraise sans rhum local, sans bout de canne à sucer. J’allais me résigner à un rhum global. De l’Océan Indien, bien sûr . Je me voyais déjà en train de siroter mon médicament avec de la glace pilée ou de l’eau de coco bien glacée. J’hésitais entre rhum de Maurice, Ambilambe de Madagascar ou Charrette de la Réunion pour le parfum. Mais à vrai dire je pensais plus à ces rhums artisanaux que l’on fait traditionnellement à Maurice les tilambic ou encore à ceux qu’on fait à Madagascar les toaka gasy.

Or il y a quelques jours dans un programme sur Mayotte je vois des jeunes en train de machouiller de la canne. Tranquillement l’air de rien. Ça se passe dans le nord de l’île où il y aussi la tradition de manger de la tortue. Cela m ‘a mis la puce à l’oreille. Il y aurait alors des plantations confidentielles de canne à Mayotte. Chaud chaud chaud cacao !

Et voilà que hier je vois deux gosses en train de rentrer chez eux avec un morceau de canne deux fois plus grand qu’eux. Je les arrête et leur demande où ils ont trouvé ce morceau de canne. Ils ont dû me prendre pour un fou car ils sont partis en détalant.

La chasse à la canne à sucre est entamée. Je sais désormais qu’il y en a. Et là où il y a manman Kann il y a son fils Ronm !

Alors comme d’hab un petit coup de Google s’imposait. Je me retrouve ainsi sur le site http://patrimoine-industriel-de-mayotte.fr ou je m’aperçois que jusqu’en 1955 il y avait de la canne à Mayotte et plus exactement à Dzoumogné. C ‘est entre 1848 et 1898 que la canne de Mayotte connait sa grande épopée. Des concessions sont octroyées un peu partout à Miréréni, Soulou, Cavani, Longoni, Kungo,Kawani, Dembéni, Chiconi, Combani, Hajanga. Il y a eu un mauvais cyclone en 1898 qui a couché les cannes et l’ industrie sucrière qui était jusqu’alors florissante a succombé de ses blessures peu à peu et on peut dire qu’à part le cas de Dzoumogné , l’ industrie sucrière est moribonde en 1913. Voilà ce qui s’est passé par exemple à Soulou.

Ok l’ industrie peut avoir disparu mais du côté de Soulou et tant d’autres communes de Mayotte il y avait autrefois de la canne et même si commercialement ce n’est plus rentable, j’imagine que tout le monde ici comme ailleurs aime son jus de canne naturel.

Il y a donc de la canne. Montrez-vous les coupeurs de canne, sortez les sabres, faites chanter le vesou, faites chanter la saccharine. Je veux, j’exige mon miel de canne intégral. Il y en a aux Comores, il y en a partout dans l’Océan Indien, il y en a à Mayotte. Ne serait-ce que pour fabriquer le fameux rhum Scolo. Scolo étant le diminutif d’une sympathique bestiole à cent pattes, la scolopendre. Et sans canne comment pratiquer le culte des Ancêtres?

Si le sucre a connu, connaît et connaîtra toujours des hauts et des bas, la canne, elle, est un roseau qui plie et ne rompt pas.

Voilà en tout cas  une de ces commodities tropicales qui me manquent tout comme le gombo, le crabe de mangrove, l’eau de coco, les palourdes et les haricots rouges.

Qui n’a jamais gouté ce nectar divin appelé jus de canne auquel on ajoute un peu de jus de citron vert pressé, ne sait pas ce qu’il perd. À consommer tout de même avec modération surtout si vous êtes diabétique.

L’arbre de la paix de Mayotte et le parcours de sante

Aujourd’hui je me suis levé en pleine forme. Tiens et si on allait faire un petit peu de tourisme. Du vrai de vrai, du tourisme hardcore. Je me suis donc mis en branle sur le coup de huit heures du mat.

En chemin j’ai change d’idée. Je ferai du tourisme soft core. J’ai décidé d’aller au parc public de la pointe Mahabou. Histoire d’être au plus près de la nature. Un parc qui jouxte la mer et la mangrove, facile d’accès. Quoi de plus adapté à un dimanche matin. Le parc à cette heure matinale était bien vide. D’un côté la forêt de mangrove où je notais les trous de crabe, de l’autre une végétation dense et touffue. À l’entrée je vis bien « parcours santé » mais je n’y pris pas garde. La nature c’est la santé. Il y avait une flèche qui indiquait arbre de la paix de Mayotte. Je la suivis.

En chemin je rencontrai un senior qui faisait des étirements mais là encore je me dis quoi de plus normal, à force de grimper tous ces mornes. Puis j’arrivai au dit arbre de la paix qui je dois l’avouer ne me fit aucun effet particulier d’autant plus qu’il venait d’être inauguré en avril 2017 à la veille des élections.
Juste avant j’avais vu un pied de jaquier chargé de jaques énormes et je m’émerveillai que personne  ne les ait cueillies pour les déguster  à maturité. Partout une nature exubérante, des bambous, des fleurs inconnues gigantesques, des oiseaux piaillaient  et se payaient des sprints d’enfer entre cocotiers, et tout à coup je vis une pancarte qui déclinait ce parcours de santé. En fait un parcours sportif à base de sauts, de haies a sauter, d’espaliers obliques doubles, barres parallèles, poutres d’équilibre, pas de géant, espalier simple, échelle horizontale, poutre d’étirement. Tout cela avec des niveaux de difficultés qui allaient de faible à élevé en passant par moyen. M’sieu, j’avais pas prévu, j’suis venu en sandales. Ce sera pour une prochaine fois. Mon but intime c’était de me retrouver à la limite de la mer à marée basse. Je voulais voir si on voyait des crabes dans la mangrove. Je trouvai en dehors du parcours de santé un petit sentier de terre qui plongeait vers la mer. Et là ce fut l’éblouissement. 

J’aime la mer mais surtout la mer dans la mangrove. J’aime cet enchevêtrement de racines, d’eau, de vase, ces verts, ces bleus, ces masses liquides et boueuses, saumâtres, ces palétuviers. Ils valent pour moi bien plus que tous les agrès sportifs. D’ailleurs essayez vous-même ce parcours sportif dans la mangrove, sautez de roche en roche, évitez de tomber dans une mare d’eau ou dans la vase, évitez d’écraser les animaux qui se situent au soleil, évitez de prélever les feuilles de palétuviers, voilà mon parcours santé. 

C’est le corps rasséréné que je retrouve le parcours santé du parc. Des joggers commençaient à sillonner l’espace avec des écouteurs visses aux oreilles. Moi je courais mentalement après le bruit du vent, le ressac des vagues et le chant des oiseaux. 

En sortant du parc je vis deux femmes et un enfant prélever du bois sec des abords de la mangrove. Probablement pour faire un brasier annonciateur de brochettes de mabawa.

Certains souffrent de la maladie du bouger-bouger


Certains, disent la chanson, souffrent de la maladie du bouger-bouger. C’est génétique ! L’envie irrépressible vous prend de bouger votre corps, le remuer à droite à gauche devant derrière, de secouer tout ce qui peut être secoue jusqu’à épuisement. J’ai déjà souffert de cette maladie et parfois j’ai encore mes attaques epileptiques. Je maîtrise. Par contre j’ai encore un peu de mal à maîtriser une autre maladie. Celle du manger-manger. Et aujourd’hui le virus a frappé. C’est un virus en eternelle latence. Je crois être guéri mais tout à coup il me tiraille des arrière fonds du diable vauvert. Aujourd’hui j’ai succombé devant un riz à l’eau de coco, un Mataba, un thon rouge frit et un rougail. Tout ca à la mode comorienne. Tout d’abord on me présente un bol qui ressemble à une Soufrière de riz. Je mange deux bonnes cuillerées pour bien sentir les saveurs de l’eau de coco. Impeccable. Mes narines frémissent. Je prends le Marabá et j’en entoure la Soufrière. Ce sont les bois de Morin et de Saint Phy autrefois. Dans le creux laisse par les deux cuillerées prélevées je verse le rougail qui s’écoule dans la blanche Soufrière comme de la lave incandescente. Il me reste les deux morceaux de thon bien assaisonné qui vont représenter l’église et le cimetière de Saint-Claude. Et voila comment fonctionne la maladie. On voulait faire initialement le portrait de la Soufrière on finit par ingurgiter au moins 2000 calories en 15 minutes. Heureusement qu’on ne mange pas le soir.

Fumar es un placer genial, sensual

http://www.dailymotion.com/video/x2rjdr

Je ne fume pas même si j’aime le tango argentin des années 50. Fumando espero est un bel hymne aux fumeurs qui a fait un tabac à travers le monde et la voix de Sarita Montiel y est forecement elle aussi géniale et sensuelle quoi que je doute qu’elle ait jamais fume. J’ai autrefois fume : pour la dernière fois c’était vers 1982, il y a 35 ans. Celle qui partageait alors ma vie fumait et m’enfumait du soir au matin, alors un jour pour lui rendre la monnaie de sa pièce, j’ai acheté un paquet de Boyard mais dont l’odeur la repulsait. Ce fut ma dernière cigarette. Avant cela de temps en temps j’achetais quand j’allais danser un paquet de Benson and Hedges, que je laissais trainer négligemment sur ma table dans les soirées cool. Parfois je feignais d’en fumer une mais je n’ai jamais avale de fumée de ma vie. Fumer est un plaisir génial, sensuel dit le tango. À chacun ses plaisirs. Moi j’aurais tendance à dire danser est un plaisir genial  , sensuel. Par contre associer le mot cigarette ou tabac au mot Coelacanthe me chagrine un peu. 

Il y a ici à Mayotte une marque de cigarettes comorienne appelée Coelacanthe (prononcer selakant). Le coelacanthe est un poisson préhistorique qui vit dans les grands fonds entre 100 et 400 metres. Il y en aurait encore 300 aux Comores. Lier cet animal au tabac n’est pas très heureux d’autant plus qu’il a pratiquement disparu de la face du globe. On ne l’a guère vu que quand il est tombé dans les filets d’un pêcheur, indonésien sud africain ou comorien. On pourrait croire que ce coelacanthe pourrait devenir un symbole national de survie, lui procurant une empreinte écologique forte synonyme de plus value économique. Il n’en est rien. Cet animal qui a à peu près ma taille et mon poids n’est considère peu ou prou que comme un vieux fossile, qui enthousiasme certes la communauté scientifique mais qui ne suscite guere les passions chez les Comoriens.

 Je sais que l’équipe nationale de football des Comores s’appelle les Coelacanthes.

Mais j’ai bien peur qu’un jour outre les cigarettes de contrebande, Coelacanthe mais aussi Diamant et Hamdane produites aux Comores par des industriels chinois comme la SGO Société Groupe de l’Ocean qui en principe ne sont vendues qu’aux Comores au tarif de 2 € mais qui inondent le marché mahorais, on nous propose chez le poissonnier un de ces jours du filet de coelacanthe fume . Un fumet rare, un filet de fossile ça doit avoir une valeur marchande.

je vous sers un petit café au gombo ?

Parfois, je dirais même souvent, je m’étonne qu’on oublie les recettes tropicales d’antan. Le monde s’homogénéise, se pasteurise  ! On traverse les océans, on franchit les espaces et toujours la sacro-sainte frites, le sacré saint hamburger, la sacrée sainte bière de malt et d’orge, la sacrée sainte farine de blé. De temps en temps une petite cuillerée de maïs ou de seigle, ou d’avoine pour se donner bonne conscience, un sucre d’orge et hop on retombe dans la guimauve, la bouillie, la purée de patate. Il est bon de jeter un petit coup d’oeil dans le rétroviseur  car souvent dans le passé se trouvent les solutions pour l’avenir.

Prenons l’exemple du gombo (comme ça au hasard) :

 

J’ai déjà suffisamment évoqué ça et là dans ce blog la passion qui me lie à ce légume visqueux ! Abelmoschus a un frère jumeau qui s’appelle Hibiscus cannabinus, le gonkura, appelé aussi chanvre de dakan, jute, kenaf, dont les feuilles sont utilisées en Inde pour faire du chutney. ah la généalogie du gombo est gourmande et passionnante. Et j’apprends ainsi que l’empereur Bhulokamala Someshwara III de la dynastie  des Chalukyan de l’Ouest qui régna entre 1126 et 1138 , surnommé « le lotus de la terre », appréciait lui aussi plus que de raison le gombo selon Charaka. Bienvenue dans le clan !

Je viens de retrouver un article dans le très sérieux  Journal de Chimie Médicale, Pharmacie et Toxicologie daté de  janvier 1835. Il y a de cela donc 182 ans on savait que le café à base gombo était meilleur marché, aussi bon et meilleur pour la santé que le café. C’était un médicament comme la guimauve ! On prend encore de nos jours ce café au Panama, en Turquie. Certains l’imprègnent de café pour lui donner le goût de café mais en lui même il a son gout spécial qui vaudrait la peine d’être savouré !

Car à bien y réflêchir avant le café le monde tournait déjà ! Idem avec la pomme de terre ! Avant nos nouvelles dépendances au café et au tabac que buvaient et que fumaient  les gens ? Avant le coca-cola ? Quoi qu’il en soit, et quoi que soit le nom sous lequel il existe et est encore consommé de nos jours, café de gombo, okra coffee, café de quiabo au Brésil, café de quimbombo au Panama, café de bhindi en Inde, café de lalo c’est un excellent succédané, un excellent substitut pour le café qui on le sait a comme inconvénient majeur la caféine ! Comment expliquer qu’alors qu’on trouve partout outre le café la chicorée en France on ne trouve pas dans les pays qui produisent le gombo le café de gombo. Cherchez dans les boutiques bio spécialisées, fouillez leurs catalogues, elles  pourtant si promptes à remettre au gout du jour les dernières panacées, on n’y trouve le gombo ni en poudre, comme épaississant naturel ni en grains  séchés, ni en gélules, ni en comprimés, ni nature ! Il y a certainement des intérêts économiques en jeu. Osons le dire : des lobbys ! Mais nous pouvons tous à notre échelon produire notre propre café, planter, récolter, voire acheter des graines de gombo séchées, comme autrefois on achetait le café en grains  et qu’on le torréfiait, puis moulait. Je crois beaucoup à une qualité de vie. Ce n’est pas nouveau : il n’y a rien de nouveau depuis Henry David Thoreau (1817-1862) et son retour à la nature et à l’autosuffisance. Il est aussi connu pour ses idées autour de la  désobéissance civile qui souvent m’inspirent par leur bon sens. Ce visionnaire écrivait en 1854 ceci à propos de la glycine tubéreuse, un légume racine que mangeaient les Amérindiens , dans son chef d’oeuvre Walden or Life in the Woods:’

« Digging one day for fish-worms I discovered the ground-nut (Apios tuberosa) on its string, the potato of the aborigines….Cultivation has well nigh exterminated it….This tuber seemed like a faint promise of Nature to rear her own children and feed them simply here at some future period. In these days of fatted cattle and waving grain-fields, this humble root, which was once the totem of an Indian tribe, is quite forgotten…; but let wild Nature reign here once more, and the tender and luxurious English grains will probably disappear before a myriad of foes…but the now almost exterminated ground-nut will perhaps revive and flourish in spite of frosts and wildness, prove itself indigenous, and resume its ancient importance and dignity as the diet of the hunter tribe. » House-Warming, pp. 200-201

 A l’heure où j’apprends que les oeufs contaminés aux insecticides commercialisés  en France viennent de Hollande, je me félicite quand à moi d’essayer au maximum de mes possibilités de manger local où que je sois. Nous laissons tous notre empreinte en gaz carbonique, moi j’essaie que mon empreinte soit la plus invisible possible. Cela peut tenir à un grain de gombo  qui dans deux jours deviendront pour moi mon légume local. Alors, chiche, un petit kawa au gombo, ça vous tente ?

Janique Aimée, les Saintes Chéries, le boeuf miroton et les draps de pissat

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Il suffit que j’écoute l’indicatif ou le générique (comme on disait avant, maintenant on irait la B.O.) de Janique Aimée et des Saintes Chéries pour me replonger dans un monde que les moins de 60 ans ne peuvent pas connaître. Les feuilletons télévisés de l’ORTF. Moi j’arrivais de ma brousse et de ma savane et j’étais plongé dans des histoires complètement absurdes mais palpitantes. Je ne sais plus qui était qui. Je me souviens seulement qu’ il y avait Daniel Ceccaldi Daniel Gélin et Micheline Presle dans les Saintes Chéries. (Mais non Jean-Marie, les Saintes chéries c’est plus tard entre 1965 et 1970, tu avais déjà plus de 12 ans) Quant à Janique Aimée j’ai complètement zappé le nom de l’actrice (Janine Vila, merci Google) qui jouait le rôle de Janique. Je lis après avoir fait des recherches que la série a été diffusée pour la première fois du 4 février 1963 au 12 avril 1963. J’y étais ! I was there, tous les soirs à 19H40., 52 soirs pendant 13 minutes, on y avait droit en noir et blanc! J’avais 10 ans ! Mais je ne me souviens que du générique !

On parle souvent de mémoire à long terme qui ne bouge pas et c’est vrai que je me souviens du nom de Ceccaldi  raté, lui c’est Gélin) et de Presle et pourquoi donc ai-je zappé Janique. Peut-être parce que Janique était devenue l’actrice et que son prénom et celui de Janique ne faisaient qu’un. Alors que Daniel Ceccaldi  (mais non, Gélin) et Micheline Presle formaient un couple bourgeois  (euh, français moyen, me dit-on) si je me souviens bien avec des enfants qui devaient avoir mon âge à qui il arrivait toutes sortes d’aventures. Le nom de la famille n’était sans doute pas important. Par contre pourquoi avoir appelé le feuilleton les Saintes chéries (je ne sais pourquoi mais tout à coup j’ai un flash : Nicole de Buron). Si je me souviens de cette Nicole de Buron (yes, quelle mémoire, mon cher ! Alzheimer ne m’aura pas !). Peut-être la réalisatrice ou l’auteure du livre (mais oui; j’ai tout juste !) sur lequel était basée ces Saintes Chéries. Je pense aussi tout à coup à Henri Tissot mais là je ne garantis plus rien ! je dois me tromper de feuilleton.

Pourtant Saintes chéries ou pas ces aventures se passaient à Saintes en Charente Maritime ? Car je suis sûr que ça ne se passait pas aux Saintes, en Guadeloupe. Ni à Terre-de-Haut ni à Terre-de-Bas! L’aventure se passait loin à plus de 10000 km de la baie des Saintes ! Alors d’où vient ce nom : les Saintes Chéries ? J’essaie de faire une régression vers mes 10 ans.

« bon sang mais c’est bien sûr » comme aurait dit l’inspecteur ou le commissaire Bourrel joué par Raymond Souplex  dans les 5 dernières minutes : je faisais pipi au lit. Quelle honte ! Mon frère cadet et moi nous dormions dans le même lit et tous les matins on se réveillait trempés jusqu’aux os. Je n’ai jamais su qui était le premier à mouiller le lit mais le matin en tout cas nos pyjamas étaient trempés ! ca puait la pisse ! en hiver on ne pouvait pas grand-chose. Au départ ma mère essayait d’être compréhensible, relativisait, lavait à la machine puis elle a abandonné ! « a lajaw ou ka pisé an kabannn anko ! man pa sav ola zot pran sa mé apa an koté mwen », disait mon père, d’un air dégoûté ! Eh oui à 10 ans je faisais pipi au lit. J’avais pourtant une énorme alèse en plastique blanc qui séparait le drap du matelas, maman nous réveillait avant qu’elle aille se coucher puis chaque fois qu’elle se réveillait pour nous obliger à pisser mais ça n’y faisait rien car on trouvait toujours un créneau pour mouiller la cabane. Et quand par miracle l’un ne pissait pas l’autre se chargeait de répéter le rituel de sorte qu’immanquablement on était tous les deux sauf exceptions trempés jusqu’aux os ! et nous on passait vite tout ça sous un robinet d’eau chaude pour faire partir l’odeur du pissat et on mettait ça à sécher sur le radiateur pour pouvoir récupérer tout cela tout propret le soir. Et le soir on se replongeait dans les draps de pissat. c’était notre punition. J’ai arrêté de pisser au lit en colonie de vacances. Ne me demandez pas à quel âge ! Secret d’Etat !

Mais tout à coup je me souviens que je ne faisais pas pipi au lit aux Antilles. Ou bien si je pissais au lit ça ne prêtait pas à conséquences comme en banlieue parisienne ! Là-bas si je faisais pipi il aurait suffi d’étendre mon linge sur une ligne et cela aurait suffi. La chambre il aurait suffi de l’aérer mais en banlieue parisienne avec le froid, comment faire ! Je pissais au lit à cause du froid. C’était mon excuse ! Quand on allait chez le docteur et que ce dernier évoquait des problèmes psychologiques ma mère niait en bloc ! d’ailleurs à quoi cela aurait il servi de dire que je voulais retourner au pays quand tous autour de moi me disaient ma chance de vivre à deux pas de la ville lumière !

Heureusement il y avait la télévision. Nous avions notre télé noir et blanc : une télé Radiola et c’est là que je découvrais le monde : Nounours, Le Marchand de Sable, Nicolas et Pimprenelle,   Bonne nuit les Petits qui marquaient l’heure ultime pour aller se coucher, Rin-tin-tin et le Caporal Rusty, Zorro et tous les dessins animés Mickey, Popeye et consorts le mercredi ou le week-end. J’étais persuadé que si je pissais c’était à cause du marchand de sable et de son foutu pipeau !  Sa mélodie était si belle qu’elle faisait s’envoler à tire d’aile mon zizi qui perdait chaque soir irrémédiablement son chemin  et qui de rage se vengeait sur moi. J’était innocent, le coupable c’était le pipeau du marchand de sable. Alors comme à cette époque-la encore je disais ma prière avant d’aller me coucher je priais aussi Gros-Nounours pour qu’il m’aide à franchir la nuit sans encombres !

Les feuilletons étaient à une heure de grande écoute, vers 19 h 40, juste avant le journal télévisé du soir, je suppose. Dès que retentissait le générique du feuilleton c’était branle-bas de combat. J’avais déjà eu le temps de lire les bd du journal l’Aurore que mon père ramenait tous les jours du boulot ! C’étaient des bd américaines traduites en français. J’aimais tout particulièrement Dennis la Menace, Blondie, La famille Illico, Rip Kirby, Modesty Blaise. Blondie et la famille Illico étaient mes favoris.

illico

J’allais au lit bien fatigué par toutes ces aventures livresques et télévisuelles et j’imaginais le jour où je deviendrais, comme Nicolas et Pimprenelle, un gentil petit enfant sage, mignon tout plein qui ne ferait pas pipi au lit et qui adorerait manger du boeuf miroton, un petit enfant qui ne rêverait pas de boudin, accras, dombrés pois rouges et lambi et jus de canne, un petit garçon dont le papa serait Monsieur Illico et la maman Madame Maggie  Illico et où au lieu de mon frère Toto, ce grand incontinent devant l’Eternel, j’aurais un frère tout à fait continent qui ne ferait pas pipi au lit et qui s’appellerait Dennis la Menace ! (ou Max la Menace !) . Mais j’y pense jusqu’à aujourd’hui je n’ai toujours pas goûté une seule fois de ma vie au boeuf miroton , ce Graal de la gastronomie française d’autrefois!

 

il est où mon nombril, il est où ?

Il y a des rites de fondation aux Antilles, vous saviez ? Il y en a partout, donc pourquoi pas aux Antilles. Par rites de fondation je veux dire qu’advient-il du placenta et de l’ombilic (enfin je veux dire du reste de l’ombilic, dit aussi nombril ou cordon ombilical mais que moi j’ai toujours appelé à la suite de mon père mon « lombric », le petit morceau de nombril qui tombe quelques jours après la naissance). Ah vous l’aviez oublié ! Eh bien sachez que lui ne vous oublie pas, il est là quelque part planté sous un arbre nourricier, attention j’ai bien dit nourricier car terre, hommes et arbres sont liés par un pacte de sève et de sang !  Quelque part près de l’habitation où vous êtes né, il attend patiemment ou peut-être a-t-il été coupé, ce sont les dangers de la déforestation. ou peut être moisit-il au fond d’un bocal hermétique, conservé dans l’huile sous un mètre de terre glaise, ou peut-être encore a-t-il été confié à un escargot et qu’on l’a jeté à la mer ou encore plongé dans un bocal rempli d’eau et placé dans le sable. tiens j’aurais bien aimé qu’on me confie à ma naissance à un lambi mais alors attention à un lambi qui vivrait dans des profondeurs insondables car imaginez que je sois pêché et voué à la voracité  des coups de fourchettes autochtones en plein restaurant. Ah non finir dans l’intestin grêle d’un quidam ou d’une qui dame citronné, grillé au colombo, no thanks. Je préfère encore ignorer ce passé incertain !

Si vous êtes né comme moi autrefois à la maison il y a fort à parier que dans le voisinage un arbre veille sous votre lombric. Peut-être même a-t-il été planté à votre naissance ou peut-être était-il déjà là. Certains arbres sont tabous : pas de résineux, pas d’herbacée, mais s’ils sont nourriciers le choix est vaste. Planter son nombril sous un pied e piment c’est non ! Par contre on peut imaginer planter son nombril sous un pyé e bwa bandé. On pourrait mais on ne peut pas, c’est tabou car le bwa bandé n’est pas  arbre nourricier. Et pas la peine d’ergoter : quand je dis non c’est non !

On murmure aux Antilles qu’on les enterre généralement sous les cocotiers mais les fruits à pain sont aussi de bonnes options ainsi que les arbres fruitiers. Moi par exemple j’ai eu beau demander à mes parents, ils me disent avoir oublié. Et moi même je me souviens qu’on m’a remis deux fois au Brésil le nombril de mes enfants dans un bocal, je les ai conservés un moment mais ensuite je ne sais plus ce qui s’est fait. Ce qui est sûr c’est que moi je n’ai jamais rien planté ni enterré. Mais il est vrai que j’entends à droite et à gauche que dans de nombreuses traditions à travers le monde on enterre le placenta du nouveau-né et on conserve l’ombilic comme une relique. Par exemple dans les traditions polynésiennes  le nombril s’appelle pito et l’arbre où on va planter son nombril s’appelle tapu et quand on est perdu dans sa tête on s’assied contre son tapu, on le dorlote et il vous aide à penser et à prendre une décision ! Alors qui va me dire où se trouve mon tapu ? bon j’imagine qu’il se trouve à Caféière où je suis né, à Saint-Claude, Guadeloupe ! Mais j’ai bien peur qu’avec l’urbanisation galopante qu’on ne trouve plus ni koko ni zabriko à Caféière. Ca pourrait être un pyé koko mais moi j’ai dans l’idée vu l’attirance que j’ai pour le corossol depuis tout petit que c’est un pyé kowosol ! A moins que ce soit un pyé de ponm malaka. Ces deux là m’ont toujours inspiré même à 8000 km de distance. Il y a aussi la possibilité du cocotier, du manguier ! J’ai même une fois au Brésil loué une maison simplement parce que dans le jardin il y avait un ou deux pyé koko et un pyé ponm malaka. il y avait aussi un pyé  qui donnait des clous de girofle ! Mais atout à coup voilà qu’il me vient un doute : et si par hasard on m’avait jeté tout simplement dans les razyé ! Awa ! Han han ! sous un pied zyanm, un pyé gonbo d’accord, tout s’expliquerai t pour mes envies éternelles de femme enceinte pour ces deux produits nourriciers s’il en est ! Mais dans les razyé ? Awa ! Il n’y a rien de nourricier là-dedans sauf pour les boeufs, les zébus, les lapins, les lézards, les vers, les lombrics justement ! Woye ! Mi déba asi la tè ! Peut-être alors mon cordon ombilical a-t-il été charrié par deux ou trois cents fourmis rouges et qu’elles s’en sont régalé  pendant trois semaines sur mon compte ! Ah ces femelles ! Littéralement elles ont sucé mon sang de jeune scorpion, sacrée vermine ! Cela expliquerait alors l’attirance que j’ai depuis tout petit pour ces fourmis rouges là ! Oh je ne leur en veux pas , j’aurais fait même pire à leur place ! Un bon cocktail e sang chaud comme le mien, comment le leur en vouloir à ces gentilles bestioles ! Qui sait un jour si  je n’irai pas faire un tour du côté de Caféière et si ce n’est pas Caféière à Saint-Claude, ce sera Caféière à Deshaies, endroit où je me sens parfaitement en harmonie avec le ciel, la terre et la brise de mer qui monte de Ziotte; j’irai alors faire des gros bo aux fourmis rouges, mes confidentes, mes xará ! Et leur rendre enfin avec intérêts et correction monétaire la monnaie de leur pièce et les sucer à mon tour, les vider de leur sang avant d’entrer dans le quatrième âge de la même façon qu’elles m’ont sucé sans vergogne à mon entrée dans le premier âge ! La boucle sera bouclée ! Sang de cordon, sang de fourmi même combat ! Un sang lave l’autre !

jurema

Vous croyez que je plaisante ! Non je suis sérieux, tout ce qu’il y a de plus sérieux ! D’ailleurs regardez ! Réfléchissez ! Pourquoi ferait-on des piercings  pour nombril  avec un pendentif en forme de cocotier en acier chirurgical ? Ce n’est pas moi qui l’ai inventé ! Une autre façon de sublimer le rite ! Je ne sais pas où se trouve mon nombril donc je me mets un piercing pour le matérialiser ! Vous me suivez ?

On pourrait aussi se le tatouer ! Une autre façon de combler le manque de la relique ! alors dites-moi dans vos commentaires, please, car je veux savoir : il est où votre nombril, il est où ?

A la Jamaïque quand le navel string (le cordon ombilical) tombe on le plante sous un arbre qu’on appelle birth tree ou navel string tree (arbre de naissance ou arbre de cordon ombilical). Au Japon on le met dans une boîte en bois qu’on va décorer et garder comme une relique. Chez les Igbo au Nigéria la mère place le coron ombilical sous un palmier, un bananier, un pied de fruit à pain. Au Mexique idem ! En Turquie si vous voulez que votre enfant devienne dévot plantez son cordon dans la cour de la mosquée, vous voulez qu’il devienne lettré plantez son nombril dans la cour d’une école ou sur un campus universitaire, vous voulez qu’il soit médecin, qu’à cela ne tienne : plantez son nombril dans une école de médecine. Dans certaines tribus amérindiennes on attache le cordon ombilical autour du cou de l’enfant pour le reste de sa vie.

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De nos jours il y a même des banques de sang ombilical (blood cord banking) mais là on n’est plus au niveau de la tradition et des rites de fondation on  est dans le domaine de l’assurance santé. Blood cord banking ? Kesako ? Le blood cord banking, c’est-à-dire la banque du sang placentaire est un organisme qui va prélever et stocker pour vous les cellules souches hématopoïétiques (la troisième source après la moelle osseuse et le sang périphérique) présentes dans le sang placentaire, le sang contenu dans le cordon ombilical de votre nouveau-né  pour une utilisation potentielle dans le futur. On peut aussi vouloir stocker les cellules souches présentes dans le tissu ombilical et cela s’appelle alors cord tissue banking. Le sang ou le tissu est ensuite gardé bien au froid à -170 °C (ça caille, je vous dis pas) et sur emane on va décryogéniser tout ça. Et on peut m^me vous congeler le tissu du placenta pour vous maman, car ce tissu est riche en  cellules souches mésenchiques, extrêmement puissantes selon les chercheurs qui prévoient de futurs usages ans le traitement d’Alzheimer, du iabète type 1 et ‘invaliités e la moelle épînière ! Le marché est énorme : Viacord – Americord – CBR – Stemcyte – Cryo-Cell – FamilyCord. Et en France Salveo, Eh oui votre cordon ombilical vaut désormais cher. Il vous en coûtera entre 3000 $ et 4300 $ pour faire prélever et garder au frais le sang ombilical de votre tout dernier-né, entre 2000 $  et 3800 $ pour faire de même avec le tissu ombilical et  2000 $ pour conserver votre placenta au frais.  On peut payer en 24 mois mais ils stockent vos cellules pendant 20 ans.  Chiche ! bon,  d’accord une fois stocké on peu réutiliser ce sang ombilical pour traiter des dizaines de maladies , la leucémie, les lymphomes, la drépanocytose, l’anémie. La thérapie cellulaire dite aussi médecine régénérative est en marche. On peut ensuite si on le désire en faire don à quelqu’un ou à une organisation ou le jeter à la poubelle. Bon, si on veut c’est comme une assurance biologique mais en réalité si le sang est vicié au départ il le sera à l’arrivée, selon moi. Nous sommes d’une certaine façon génétiquement déterminés de la vie à la mort. Il est plus facile de faire un don à une banque publique qu’à une banque privée. Les dons de sang placentaire et de tissu ombilical sont gratuits dans les deux cas.  Alors pourquoi payer des sommes impossibles pour quelque chose dont à priori on ne profitera pas.  Autant faire un don et compter sur la banque publique à travers le réseau français de sang placentaire (RFSP) pour trouver un donateur adéquat pour votre enfant ou pour vous même pour une éventuelle maladie de Parkinson ou Alzheimer..  Un coup de fil à France Greffe de Moëlle et ce sera fini. Mais sachez toutefois que juridiquement  le cordon ombilical appartient à la mère, le père et l’enfant n’ont aucun droit au chapitre dessus. En France la conservation à des fins privées est pour l’instant interdite. Mais on incite de plus en plus à en faire don. Si vous voulez conserver vos droits à votre sang ombilical il faut passer par l’étranger et notamment la Suisse, les Etats-Unis, le Canada, la Grande  Bretagne, le Danemark, etc

Moi c’est déjà trop tard car mon nombril a déjà perdu depuis des lustres toutes ces précieuses cellules hématopoïétiques comme mésenchiques sur la terre féconde de Caféière. Il doit sentir plus le café, le volcan de la soufrière, l’alizé, le corossol, les congolios et les forumis rouges que le sang auguste du nouveau né cueilli à la mamelle ! Mais qui sait si un jour je ne bénéficierais pas  du nombril de quelqu’un ! Ne disons jamais jamais ! Mais vous n’avez pas répondu : il est où votre nombril, il est où ?