28 avril : so deixo meu Jean-Marie no ultimo pau de arara

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Il y a trois biotopes que j’aime plus que tout au monde : l’un c’est la mangrove, c’est le number one, le chouchou des chouchous; le deuxième c’est la montagne (je ne suis pas montagnard de haute-basse-terre pour rien) et le troisième, last but not least, c’est la caatinga ! Et aujourd’hui 28 avril c’est depuis 2003 la fête à la caatinga ! Alors fêtons que diantre !

Por ser de lá
Do sertão, lá do cerrado
Lá do interior do mato
Da caatinga e do roçado
Eu quase não saio
Eu quase não tenho amigo
Eu quase que não consigo
Ficar na cidade sem viver contrariado

Por ser de lá
Na certa, por isso mesmo
Não gosto de cama mole
Não sei comer sem torresmo
Eu quase não falo
Eu quase não sei de nada
Sou como rês desgarrada
Nessa multidão, boiada caminhando à esmo.

Et comme je suis caatingueiro dans l’âme eh bien aujourd’hui je trinque. A ta santé caatinga, écosystème brésilien ! Bien sûr, je bois une petite cachaça Pitu car ninguém é de ferro ! On ne trinque pas en l’honneur de la cachaça avec du Pouilly Fuisssé ni avec de la Veuve Clicquot. Ce qui sied vraiment c’est la cachaça. Alors un petit citron (je n’ai pas de vert donc ce sera du jaune cette année, désolé). A ta santé caatinga, à votre santé umbu, bode, rapadura, cansanção, tatu-bola, ema, onça, sisal, fogão de lenha, mandacaru, siriema, tuiuti, arara azul e lear ! Saudade ! Saude !A votre santé à vous aussi cariri, pau de arara, cerrado, sertão, jurema, palma, xique-xique, juazeiro, angico, aroeira, urubu-rei, jacu, onça pintada, tamanua, caipivara, teju, caititu, forro !

Caatinga

Quand je pense caatinga  je pense à un écosystème brésilien unique en son genre, il n’existe qu’au Brésil qui comprend sur 895000 km² (soit 11 pour cent du territoire brésilien) 10 etats brésiliens : Alagoas, Bahia, Ceara, Maranhão, Minas Gerais, Paraiba, Pernambuco, Piaui, Rio Grande do Norte, Sergipe. Cette date anniversaire est l’occasion de   protéger cet écosystème fragile car fortement anthropisé  ( qui résiste malgré les dépradations en tous genres dus à la chasse, au prélèvements de bois, et aux brûlis) mais aussi de montrer l’importance de sa conservation pour l’équilibre  environnemental

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La caatinga est un ensemble qui avec le cerrado ne fait pas partie du patrimoine national brésilien (malgré les propositions d’amendement de la Constitution PEC 51 datant de 2003 et PEC 5 de 2009 toujours en discussion) au même titre  que  l’ Amazônie, la Mata Atlântica (foret atlantique), la Serra do Mar, le Pantanal et la Zona Costeira (zone littorale). C’est le jour anniversaire de Joao Vasconcelos Sobrinho (1908-1989) un écologiste pionnier qui sert comme date pour le journée de la caatinga.

C’est une région semi-aride riche en biodiversité, où vivent de nombreuses espèces endémiques. On y dénombre 78 espèces de mammifères ; 591 espèces d’oiseaux; 177 de reptiles; 79 espèces d’amphibiens; 241 espèces de poissons et 221 espèces d’abeilles.

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La caatinga a de grandes potentialités:  une utilisation durable de sa biodiversité peut  permettre par un plan de sylviculture approprié l’exploitation du bois, du fourrage, des plantes médicinales, des fibres, des résines, des caoutchouc, de la cire, des colorants, des oléagineux, des plantes aromatiques et alimentaires.

 

La caatinga présente aussi des paysages considérés idéaux pour l’écotourisme. Tous ces facteurs sont fondamentaux pour donner une impulsion au développement de la région et promouvoir une meilleure qualité de vie aux populations locales.

A vida aqui só é ruim
Quando não chove no chão
Mas se chover dá de tudo
Fartura tem de montão
Tomara que chova logo
Tomara, meu Deus, tomara
Só deixo o meu Cariri
No último pau-de-arara
Só deixo o meu Cariri
No último pau-de-arara
Enquanto a minha vaquinha
Tiver o couro e o osso
E puder com o chocoalho
Pendurado no pescoço
Vou ficando por aqui
Que Deus do céu me ajude
Quem sai da terra natal
em outro canto não pára
Só deixo o meu Cariri
No último pau-de-arara
Só deixo o meu Cariri
No último pau-de-arara
Enquanto a minha vaquinha
Tiver o couro e o osso
E puder com o chocoalho
Pendurado no pescoço
Vou ficando por aqui

 

Malheureusement cet environnement malgré la création de zones  de conservation ambientale fédérales ou régionales est soumis à de nombreuses dégradations par les brûlis, la chasse et la déforestation .

TOUT EN PORCELAINE BLANCHE.

Je suis devenu un spécialiste des urinoirs et des vases sanitaires d’aéroport et d’aéronefs. Tout en porcelaine blanche. Des Porcher, des Duravit (Nice pissotieres homme au niveau du check in), des Allia Paris (Nice aeroport sanitaires hommes et femmes au niveau de l’embarquement), des Galla, des Laufen, des Villeroy et Boch, des Aubagne, des Selles, des Idéal Standard, des Jacob Delafon, des Roca. J’y laisse ma trace de pourriture noble régulièrement, presque religieusement. Je crois voir sortir de mon moi surmûri des semences par tonneaux de vin de paille. Je pense alors au geste auguste du semeur.

Je sème à tout vent

voit-on une semeuse déclarer au frontispice de tous les Larousse.

Moi ma devise c’est: « je sème mon ADN à toutes eaux dans les urinoirs, pissotières et autres cuvettes sanitaires. » Je ne sais pas si dans cet ADN on retrouve des traces d’aigrettes de pissenlit ou de botrytis cinerea. CE QUE JE SAIS C’EST QUE J’AI MOI AUSSI DES AKENES VOLATILS.

En 1952 Pierre Kast a produit un court métrage intitulé « Je sème à tout vent ». Jean Vilar participait a l’aventure EN TANT QUE RECITANT. Grosso modo voici le synopsis. Un extraterrestre arrive sur Terre après une explosion nucléaire et ne peut comprendre l’ organisation du monde que grâce au dictionnaire Larousse. Moi je caresse l’idée qu’ un extra terrestre voyant pour la première fois des toilettes d’aéroport puisse se poser la question sur leur utilité.

Véhicule 100 pour cent musculaire.

J’attends patiemment depuis plus d’une demi-heure le bus 112 ou 82 à Nice pour me rendre au village d’Eze, un village médiéval haut perché des environs, quand tout à coup à hauteur de l’arrêt Boyer sur la rue Barda surgit du diable vauvert un bolide jaune au fuselage élégant. Une Porsche 908? Non! Une Maserati MvC12 ? Que nenni ! Une voiture à propulsion humaine si l’on en croit cette inscription :

véhicule cent pour cent musculaire.

Je veux bien qu’il montre ses muscles mais il roulait bien à 50 km/h quand même, le prototype. Et pas sur les côtés tel un escargot timide craignant de se faire écraser par les géants, mais non surtout pas: en pleine piste, fier de lui. Il en faut quand même du courage pour se frayer un chemin à hauteur de pare-chocs, pensai – je dubitatif.

Véhicule 100% musculaire. Ça donne à réfléchir. Sans énergie fossile donc. Ni pétrole ni gaz ni uranium ni alcool. Une voiture propre. C’est un raccourci car pour se mouvoir tout véhicule a besoin que je sache d’énergie. L’énergie musculaire a besoin de conbustible. Son fuel c’est l’eau, l’huile, le yaourt, les pâtes le camembert, le citron, etc. Et qui dit combustible dit résidu de combustion, n’est-ce pas.

On peut penser qu’il n’y a qu’un conducteur pour piloter ce VPH véhicule à propulsion humaine qu’on pourrait appeler vélomobile.

Renseignement pris il y a un résident Monégasque, un certain Igor Paliouk, un russe infirmier de profession qui se déplace dans la région avec un véhicule de ce type. Il en possède 4 de ces vélomobiles. Très écologique. C’est peut être lui.

On pourrait imaginer aussi qu’il y ait plusieurs personnes dans le bolide. Je ne le pense pas. Je pense plutôt à une solution hybride comme un mix muscles – énergie solaire. Car je ne me vois pas grimper en danseuse les routes vallonnées de Haute Basse-Terre dans un cockpit sans assistance électrique.

Ils pourraient aussi avoir réussi à stocker dans une batterie de l’énergie musculaire. Mais alors il faudrait savoir l’autonomie en km d’un tel engin.

Quoi qu’il en soit c’est dans le Nord de l’Europe en Allemagne, en Belgique, en Hollande, en Autriche, en Suisse qu’ on fabrique ces bolides.

Il faut quand même une bonne condition physique pour pratiquer l’exercice. Mais la communauté HPV/VPH existe bel et bien avec ses rencontres, ses championnats, son association française HPV. Ses constructeurs aussi: Strada (6450€)- LeitraAlleweder – Quest (6550€) – QuestXS (6550€)- Quattrovelo (7700€)- Go-One – Waw – Mango – (ça c’est pour les VÉLOMOBILES.

Mais il y aussi les vélos couchés, les VC. On les appelle aussi vélos horizontaux par comparaison aux vélos traditionnels dits eux vélos droits, les VD, ceux par exemple qui participent au tour de France. Il y en a de toutes sortes avec carénage, sans carénage, semi-carénage. Et là les constructeurs sont légions: Nazca – M5 – Optima – Velotechnik – Rainbow – Sinner – Flevobike – Fuenda – Zephyr – KMX – Burley – Ice – Catrike – Azub – Challenge – Hase – Alligt

Cette technologie est assez ancienne. Elle date de 1894 et a été proposée par l’ingenieur suisse Challand.

Revenons à EZE. Il y a un hôtel de la Chèvre d’Or. Les plats sont à 98€. Il y a un hôtel EZA où aurait habité son Altesse Royale de Suède le prince Guillaume. Les sites vont de 300 à 800 € selon la saison. Je vous recommande la suite médiévale. Mais blague à part c’est un joli village médiéval qui vaut bien le détour et pourquoi pas en vélomobile. Il me rappelle un peu Saint-Paul-de-Vence. Nous sommes venus par le bus 83. Simple comme bonjour. Beaucoup de touristes. Les vieilles pierres fascinent. A chaque escalier, chaque devanture, chaque portail les flash crépitent. Il y a un jardin exotique dont l’entrée est facturée 6€. Je n’y suis pas entré. Cela donne accès semble-t-il à une tour. Allez repos. Une petite 1664. Je préfère rêver à ces bolides musculaires si vous permettez.

15 ans et demi en mai 1968

Au Brésil Zuenir Ventura a écrit en 1989 un ouvrage intitulé 1968 : o ano que nao terminou. L’année qui n’a pas terminé !

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En mai 1968 j’avais 15 ans et demi, 32 dents et 9 frères et soeurs (huit survivants) dont la dernière venait de naître le 15 janvier. J’étais l’aîné, j’habitais La Pierre Plate un cinq pièces au huitième étage dans une cité à Bagneux dans les Hauts de Seine, qu’on appelait encore Seine tout court, la cité des musiciens. Chacun de mes amis ou copains était identifié par une barre d’immeubles. Il y avait ceux de Mozart, ceux de Serge-Prokofiev, ceux de Claude-Debussy, ceux de Manuel de Falla, ceux de Frédéric-Chopin, ceux de Rossini, le B8, dont je faisais partie. Entre Mozart A8 et Rossini B8 c’étaient 192 logements. Moi mon univers se jouait entre Rossini, Mozart et Debussy. Nous nous retrouvions pour jouer au foot derrière Mozart ou derrière Debussy entre garçons. Je n’avais qu’un copain de classe dans le quartier, Yann qui habitait dans le même bâtiment . J’étais au numéro 8, lui au numéro deux ou trois. Nous prenions tous les matins avec Maurice qui habitait lui au rond-point des Martyrs le bus 188 pour aller à l’école. Puis on marchait à pied de Sceaux-les-Blagis jusqu’au lycée Lakanal situé entre Sceaux et Bourg-la-Reine. Le lycée Lakanal était un lycée très huppé puisque 85 pour cent des élèves étaient issus des csp +, des chefs d’entreprise, des professions intellectuelles supérieures, des cadres supérieurs. Moi j’étais le prolétaire de service, la racaille studieuse, l’exception qui confirme la règle. Je me sentais vraiment un privilégié !

Etre balnéolais était presque une tare. Etre de Sceaux-les-Blagis était déjà une honte ! Le lycée offrait un cadre exceptionnel ! Parc, cour, couloirs étaient chargés d’histoire même si les latrines laissaient à désirer. Mais nous étions dans un lycée chargé de traditions. Khâgne, hipokhâgne, classes préparatoires étaient célèbres ! Entouré de professeurs célèbres. J’étais en seconde A.

Etudes classiques latin espagnol anglais ! Un lycée de garçons ! Yann Piquer et Maurice Allouche, mes copains de Bagneux, mais aussi Yves Trancard, Robert Gouin, François Merle, Jean-Marc Boyer, Bernard Breuiller, Jean-Pierre Lenfant, Christian Billon, Romain Gospodnetik, Pascal Meslet. Leclerc, Batista, Dubut dont les prénoms se sont évanouis. Aucune fille ! Les filles étaient regroupées elles au lycée Marie Curie ! J’étais demi-pensionnaire. Je mangeais le midi à la cantine. Comme j’étais boursier puisqu’on était une famille nombreuse je ne crois pas que mes études aient coûté cher à mes parents ! Il y avait aussi des pensionnaires qui étaient en internat qui dormaient carrément à l’école du lundi au samedi et parfois plus. J’enviais surtout les externes qui pouvaient sortir le midi et aller manger chez eux. Ceux-là c’étaient des privilégiés. Certains arrivaient en Solex d’autres étaient déposés en voiture.

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En mai 1968 j’avais 15 ans et demi et j’étais sans doute encore catholique puisque en 1969 encore il me semble que j’étais enfant de choeur et que j’ai participé à la quête de l’église Sainte-Monique pour les aveugles. J’avais même fait ma renonce.

J’adorais lire et je passais la plupart de mon temps à la bibliothèque municipale où j’ai lu toute la collection de contes et légendes du monde entier. Je jouais aussi au foot en cadet au COMB comme demi et à l’AS Lakanal au rugby.

J »étais romantique. A 15 ans et demi je n’avais pas encore embrassé une fille, si ma mémoire est bonne. Sur le chemin de l’école entre les blagis et Lakanal il y avait le lycée professionnel Florian rue de la Marne où je croisais des demoiselles et mon regard croisait assez souvent une petite martiniquaise qui habitait justement aux Blagis chez sa tante. Avec elle qui était Marylin mais pas Monroe j’ai connu mon premier film au cinéma, mes premières étreintes, mes premieres caresses, ma première jouissance . Mais nos jeux étaient malgré la jouissance assez innocents sur les bancs publics, dans les fourrés, au cinéma, contre les murs mais jamais au lit. J’avais alors peut être seize ans, seize ans et demi mais peut être aussi quinze ans et demi. Je confonds les dates. Ce que je sais c’est que quand Johnny a sorti Si j’étais un charpentier, ou Mon fils moi je n’avais pas encore croqué la pomme. J’avais trop peur qu’une partenaire éventuelle tombe enceinte. C’était ma hantise. Devenir père à 16 ans. Je voulais étudier. Je ne savais pas encore ce que je voulais faire exactement mais ce que je savais c’est que je ne voulais pas devenir père à 15 ans et demi. La pilule n’était pas à la mode et je n’avais jamais vu un préservatif ! J’avais une seule certitude c’est que je voulais un métier qui me fasse voyager. Je pensais à steward ou pilote pendant longtemps mais je dus déchanter à cause de ma vue. J’étais myope, je ne pouvais pas être pilote et steward je ne trouvais pas assez glamour. J’écrivais bien, je parlais anglais et espagnol ! Journaliste pourquoi pas !

Mon père avait alors 45 ans et ma mère 37. Ma mère ne travaillait pas depuis que nous étions arrivés en métropole en 1961 et mon père travaillait depuis 8 ans à Paris dans le septième arrondissement rue du Bac dans l’Administration, comme il aimait à le dire après avoir vécu une partie de sa vie engagé dans l’Armée. Il était huissier au Ministère de l’Industrie. Huissier c’est un bien beau titre pour une fonction qui consistait globalement à filtrer les entrées et les sorties et à porter le courrier et lire le journal. Mon père qui était résistant était inscrit au Parti communiste mais adorait de Gaulle ! Il était trésorier d’une association antillaise appelée le Rayon de Soleil.

Moi j’avais 15 ans et demi. et j’ai vu passer mai 1968 comme un printemps ensoleillé entre parties de babyfoot à la Croix de Berny, parties de flipper, mes premiers cafés, mes premiers émois sans doute. J’étais assurément loin des pavés, des barricades, des manifs. Je voyais bien que ça bougeait mais cela ne me concernait pas ! Je n’étais pas politisé ! J’entendais bien les slogans comme « il est interdit d’interdire », « les frontières on s’ en fout », « prenez vos désirs pour des réalités », « soyez réalistes: demandez l’impossible ». Mais tout de même appeler les étudiants ou les grévistes « la chienlit », je trouvais ça un peu vieux jeu de la part de celui qui s’appelait le président. Mai 68 ce ne furent pour moi que des vacances scolaires avant la date.

Je suis probablement parti en vacances comme d’habitude pour deux mois en colonie de vacances. En juillet août j’ai dû passer du bon temps à la Feclaz en Haute-Savoie. Mais mon 1968 à moi ce furent :

 1. le 16 octobre les Jeux Olympiques de Mexico et les poings noirs gantés levés (pouvoir noir) pendant l’hymne américain Star Spangled Banner pour protester contre la discrimination raciale dans leur pays Tommy Smith et John Carlos après la finale du 200 m où ils terminèrent respectivement premier et troisième; ils portaient un foulard noir au cou (symbole de fierté noire), des chaussettes noires et pas de chaussures pour symboliser la pauvreté noire.

Quelques jours plus tard ce fut au tour de Lee Evans, Larry James, et Ronald Freeman de porter le béret noir, symbole du pouvoir noir des Black Panthers

Je me souviens aussi des 8 mètres 90 de Bob Beamon ! Des 9 secondes 95 de Jim Hines au 100 m, du Fosbury flop de Dick Fosbury;

2. l’assassinat de Martin Luther King le 4 avril à Memphis Tennessee à l’âge de 39 ans;

3. l’assassinat le 5 juin de Robert Kennedy à Los Angeles à l’âge de 42 ans;

4. la mission Apollo 8 atteint la lune le 24 décembre (Jim Lowell, Bill Anders, Frank Borman)

5. c’était la guerre du Vietnam, Joan Baez chantait « Where have all the flowers gone »;

6. c’était la guerre du Biafra et personne ne chantait;

7. en août les Soviétiques entraient à Prague et faisaient danser le kazatchock aux Tchèques qui n’en demandaient pas tant.

En 1968 je regardais l’an 2000 comme un objectif tellement lointain presque inatteignable. Je me disais en l’an 2000 j’aurai 48 ans comme mon père. Je serai un vieux, Encore plus vieux que mon père en 1968. Je me promettais de ne pas avoir de bedaine, de ne pas être gratte-papier.

Maintenant que dire. Nous sommes en mai 2018. 1968 c’était il y a cinquante ans. Et dire que j’y étais. J’ai presque du mal à l’admettre. Comment admettre qu’on a des souvenirs e plus de 50 ans ? Déjà les souvenirs s’embrument. J’ai perdu mon père il ya de cela 17 ans, l’âge que je n’avais pas encore atteint en 1968. Ma mère va en avoir 87. J’ai 5 enfants ont le petit dernier va avoir 19 ans. Ils ont aussi leurs rêves. Ils me voient probablement comme je voyais mon père. Un petit vieux un peu turbulent, irresponsable et voyageur. Mai 2018 s’annonce chaud puisqu’on veut faire la fête à Macron. J’ai jeté un coup d’oeil aux mots d’ordre figurant sur les banderoles brandies par les  black blocs que la France béate et sidérée a l’air de découvrir : « tout va bien« , « Macron nous met dans une colère noire« , « Cette fois on s’est organisé« , « le  black bloc colore nos vies« , « risques de troubles à l’ordre public« , « la lutte paie plus que ton patron« , « la piraterie féminine n’est jamais finie« , « A bas la HESS« , « Premiers de cordée, premiers guillotinés« , « Sous les k-ways la plage« , « Marx attack ». Bon, je dois avouer que tous ces slogans ne retentissent pas en moi de la même façon car je n’ai pas tous les codes (je n’écoute pas Booba)  mais je dois avouer  que j’ai probablement un vieux fond soixante-huitard malgré tout qui m’incline à avoir une certaine sympathie pour ceux qui s’interrogent, même si cette interrogation se manifeste violemment. Ni dieu ni maître est un concept philosophique que j’appuie totalement. Ce n’est pas parce que je ne fais pas partie des Black blocs que je ne soutiens pas leur réflexion. Comme le dit BFMTV :

« les slogans déployés par les black blocs reflètent l’idéologie libertaire, anarchiste et anticapitaliste du mouvement contestataire »

Moi quand je lis « Ni patrie, ni patron, ni Le Pen ni Macron » je suis plutôt en adéquation. Quand je lis « Pour l’unité il faut des ennemis communs » ça me semble bien envoyé. Quand je lis « sélection piège à cons », ça me renvoie à « élections piège à cons » de 68 et quand je vois « sous les k-ways la plage » je vois bien « sous les pavés la plage ». J’aime l’irrévérence car dans cette irrévérence il y a le lyrisme

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Juste pour faire avancer la discussion. Cela ne veut pas dire ni que je cautionne  ni que je ne cautionne pas. Mais je crois qu’en disant que ce sont des casseurs sans aucun objectif politique je crois qu’on simplifie un peu trop la donne. Faites- vous votre idée comme je me fais la mienne. Mai 68 pour moi c’était les black Panthers, mai 2018 ce sera les Black Blocs. Life goes on, » tout va bien » ! Moi je souhaite retransmettre la parole ici d’un black bloc telle qu’elle a été tenue sur Libération après la manif du 1er mai:

« Le 1er mai

«D’abord, je voudrais dire que je parle du Black Bloc en mon nom propre, pour rappeler ses objectifs et sa visée politique bien réels, contrairement à ce qu’on entend partout. Mardi, j’ai participé au cortège parisien. Je ne donnerai ici aucun élément touchant de près ou de loin à ce que j’y ai accompli ou à la réalité de l’organisation. Pour ceux qui s’interrogent sur la légitimité de la présence d’un Black Bloc le 1er Mai, je voudrais rappeler qu’avant d’être la fête du travail, cette date est la commémoration de l’injuste condamnation à mort de sept anarchistes américains [en 1886 à Chicago, ndlr].

La tactique

«Le Black Bloc n’est ni un parti ni un mouvement, c’est une tactique, un outil, une modalité d’action politique. Le Black Bloc se forme ponctuellement, pour un événement précis, puis se dissout immédiatement. Il n’a aucune stratégie politique de long terme. Il regroupe des gens de bords différents, des jeunes, des vieux, de surcroît de classes sociales hétérogènes. Mardi, il y avait dans le cortège parisien des camarades venus de nombreux pays d’Europe, car notre lutte est internationaliste : le capitalisme mène une lutte mondialisée, notre résistance doit l’être tout autant.

«Le dress code, être vêtu de noir et porter la cagoule, résulte de deux logiques. D’abord, évidemment, il s’agit de se préserver de la répression policière, de la vidéosurveillance. Ensuite, la tenue a valeur de solidarité. Toutes les personnes encagoulées, équipées de masque à gaz ou de lunettes de piscine, ne se livrent pas forcément aux dégradations. Toutefois, en arborant le dress code, elles acceptent d’assumer collectivement les opérations et de rendre le plus compliqué possible l’exercice d’identification par les policiers.

La violence

«Il est assez consternant de voir revenir au lendemain de chaque action du Black Bloc ce langage politico-médiatique insistant simplement sur son aspect violent. L’idée est claire : il convient de délégitimer l’action du Black Bloc, avec cette rengaine de la violence pour la violence, de casser pour casser. Au contraire, le Black Bloc n’a rien d’apolitique. Il ne frappe pas aveuglément. Son essence est de montrer la conflictualité sociale, la logique de répression. Au quotidien, l’Etat exerce une pression sourde sur différents groupes du corps social : les exilés, les sans-papiers, les zadistes, certains mouvements étudiants, les salariés au chômage, les squatteurs. Par sa volonté de confrontation, le Black Bloc met le doigt sur cette frontalité, et pousse l’Etat dans ses retranchements afin qu’il affiche son vrai visage. Immédiatement, nous voyons alors affleurer les violences policières, qui s’expriment pourtant quotidiennement dans les quartiers populaires, contre les personnes racisées et les sans-papiers. Quant au terme « casseur », il est à rejeter. Il participe lui aussi à la volonté du pouvoir de dépolitiser le Black Bloc. Il n’y a pas de mots adéquats pour définir le Black Bloc. Je dirais que nous sommes militants, activistes, révolutionnaires et d’autres choses encore.

Le ciblage

«Le Black Bloc favorise des actions groupées et rapides. Il y a des cibles évidentes, les McDonald’s, les concessionnaires de voitures de luxe, les banques et, bien sûr, les bâtiments administratifs, les commissariats. Loin d’être gratuit, le ciblage se concentre sur les symboles de l’Etat et du capitalisme. Quant au mobilier urbain, parfois dégradé, il peut à la fois être utilisé comme projectiles, mais il incarne surtout l’organisation spatiale décidée unilatéralement par l’Etat pour réguler la société et que nous voulons transformer.

La politique

«Le Black Bloc ne peut être récupéré par aucun parti politique. Précisément parce qu’il rassemble des gens qui s’organisent en dehors des frontières politiques traditionnelles. Le Black Bloc rejette tout autant le Parti socialiste que La France insoumise. Il s’affranchit également de la tutelle des centrales syndicales. Le socle fédérateur est d’inspiration anarchiste, anticapitaliste mais, une fois encore, le Black bloc est surtout une constellation indéfinissable, qui naît et disparaît une fois son expression accomplie.»

 

J’aime beaucoup cette chanson chantée par Joan Baez, God is God (Dieu est Dieu). Pourtant je ne crois pas en Dieu mais tant pis ! j’aime cette phrase « some folks see things not everybody can see ». Peut-être les Black blocs sont une peu comme ça, des gens qui voient des choses que personne ne voit! Des lanceurs d’alerte, peut-être. 3 mai 1968, 3 mai 2018 moi je dis: continuons le combat. Les idées ont vocation à faire leur chemin.

I believe in prophecy.
Some folks see things not everybody can see.
And, once in a while, they pass the secret along to you and me.
And I believe in miracles.
Something sacred burning in every bush and tree.
We can all learn to sing the songs the angels sing.
Yeah, I believe in God, and God ain’t me.
I’ve traveled around the world,
Stood on mighty mountains and gazed across the wilderness.
Never seen a line in the sand or a diamond in the dust.
And as our fate unfurls,
Every day that passes I’m sure about a little bit less.
Even my money keeps telling me it’s God I need to trust.
And I believe in God, but God ain’t us.
God, in my little understanding, don’t care what name I call.
Whether or not I believe doesn’t matter at all.

I receive the blessings.
That every day on Earth’s another chance to get it right.
Let this little light of mine shine and rage against the night.

Maybe someone’s watching and wondering what I got.
Maybe this is why I’m here on Earth, and maybe not.
Chorus:
But I believe in God, and God is God

Foufou ou gligli, entre les deux mon coeur volète

 

C’est sur le blog de Mamzelle Colibri que j’ai découvert cette planche 99 du biologiste allemand Ernst Haeckel (1834-1919) qui en 1904 a publié 100 planches qui au total ont constitué son ouvrage Kunstformen der natur (Formes artistiques de la nature) et ont été imprimées par le lithographe  Adolf Giltsch. La planche est intitulée sobrement Trochilidae. On y voit toutes sortes de colibris, certains se prenant pour des paons, certains pondant ou couvant des oeufs,  d’autres tranquillement installés sur des fougères prenant le serein, mais la plupart voletant gaiement dans l’azur , cinglant l’air de leur bec fin et pointu. Sacrés Trochilidés ! Moi je les ai toujours appelés foufous ! Mais il manque quelque chose à l’illustration c’est le bruit, le frou-frou du foufou, quand il  volète, en haut, en bas, en avant en arrière, à droite à gauche, c’est un vol frénétique à plus de 50 battements d’ailes/seconde, une énergie fabuleuse pour un oiseau qui ne mesure pas pour le plus petit d’entre eux, le foufou proprement dit,  plus de 8 cm de la queue au bec

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Eh oui le foufou et moi c’est une longue histoire ! Ma mère ne me disait-elle pas de rester tranquille , d’arrêter de bouger :

Misyé Ari rété an plas ! arété bougé kon foufou !

Je n’ai jamais su à quel foufou elle faisait référence. S’agissait-il du foufou proprement dit = colibri huppé  = Antillean crested hummingbird (Orthorhyncus cristatus),

du foufou fal vè  = colibri fal vert = green-throated carib (Eulampis holosericus) –

du foufou fal wouj ou  foufou madè = colibri madère = purple-throated carib (Eulampis jugularis),

du foufou fal blan = colibri fal blanc,

du foufou nain

du foufou à tête bleue

du foufou à tête noire

du foufou d’Elena

Pour moi quand j’étais petit c’était un seul enchantement, un kaléidoscope de couleurs qui bruissaient. J’ai su plus tard qu’on appelait mes foufous oiseaux mouche ou colibris. Pour moi les foufous faisaient partie de ma famille, les Baltimore. Les trois que j’avais à disposition le foufou, le foufou fal vè et le foufou madè, je les avais adoptés comme mes frères et soeurs. Et voilà que j’apprends par Mamzelle Colibri, depuis les froides terres canadiennes, qu’ils n’étaient pas orphelins et qu’ils avaient une grande et noble famille, celle des Trochilidae. Pour votre information fal en kreyol veut dire gorge. En anglais throat ! Granfal veut dire quelqu’un qui a un appétit d’ogre. Fenmé chimiz aw tout fal aw dewo ça veut dire ferme ta chemise toute ta gorge est dehors. Disons pour simplifier que la gorge peut aller jusqu’au ventre (gwo bouden). Idem en français hexagonal le soutien-gorge ne soutient pas la gorge mais les seins, les tétés.

A ne pas confondre avec le gligli = crécelle d’amérique = american kestrel (Falco sparverius) . Halte-là, ne confondons pas koko et zabriko ! Famille des Falconidae ! rien à voir !

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UN PROVERBE DIT

Gligli ka chiyè a la kous douvan foufou. L’épervier fuit devant le colibri. Oui il fuit très vite car l’oiseau mouche a un long bec qu’il lui plante sous la queue dans le derrière.

Lè ou pa ka manjé kochonnri ou pa kay an nòs a gligli. Il ne faut pas fréquenter ceux qui ne vous conviennent pas.

kon foufou dèyè gligli

pitit foufou ka pougalé gligli

On appelle au Brésil le colibri beija-flor (littéralement baise-fleur) c’est vrai qu’il a une relation particulièrement avec les fleurs ont il aspire le nectar e son long bec. §Très sexuel tout ça, de haut en bas, à droite à gauche, en avant, en arrière, tu as calé moteur ma fille, remets le contact fais vite,

 

 

 

 

Je hais les voyages et les explorateurs

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Je hais les haies (Raymond Devos)

Je hais les haies

Qui sont des murs.

Je hais les haies

Et les mûriers

Qui font la haie

Le long des murs.

Je hais les haies

Qui sont de houx.

Je hais les haies

Qu’elles soient de mûres

Qu’elles soient de houx !

Je hais les murs

Qu’ils soient en dur

Qu’ils soient en mou !

Je hais les haies

Qui nous emmurent.

Je hais les murs

Qui sont en nous.

Je hais les haies comme Devos mais contrairement à Claude Lévi-Strauss je ne hais ni voyages, ni explorateurs, ni navigateurs, ni géographes, ni colonialistes. Chacun à sa façon pour moi contribue dans le temps et l’espace à l’appréhension la plus fine d’une culture ! 53 ans après Au Coeur des Ténèbres de Joseph Conrad (1902) qui glorifie l’aventure de l’explorateur défricheur de cultures lointaines « Je hais les voyages et les explorateurs » c’est l’incipit de Tristes Tropiques (1955) de Claude Levi-Strauss pour qui le voyage ne saurait être dépaysement ou aventure. Fondamentalement le voyage est selon Levi-Strauss tout sauf un souvenir exotique qu’il qualifie même de scorie de la mémoire. Le voyage n’est pas un but mais un moyen ! Le périple qui intéresse c’est le périple ethnographique, scientifique qui exige rigueur, ténacité, humilité, proximité ! Il y a chez l’ethnologue une appétence à cartographier, compartimenter le genre humain, les civilisations.

Moi je me dis qu’il a d’autres approches possibles.   Je n’aime pas trop cette approche systématique, prétendument structurelle. Je ne l’aime pas chez Levi-Strauss, je ne l’aime pas chez Saussure, je ne l’aime pas chez Lacan. C’est vrai il y a eu des explorateurs et des géographes heureusement pour abolir les frontières, les marges, les confins. Pour nous montrer l’ampleur et la diversité du monde. Nous les faire vivre, visualiser comme on voit les croissants de lune. Certains plus talentueux que d’autres, plus visionnaires. C’étaient les défricheurs d’une conception de tourisme primal: Aller à la rencontre de l’homme, cet inconnu. Je ne nie pas qu’ils aient eu des arrière-pensées civilisatrices voire impérialistes dans l’aventure mais je leur donne le crédit d’avoir osé dépasser leurs limites, leurs frontières claniques. Il fallait du courage pour sortir de son univers connu, sa zone de confort,  pour affronter les mille dérives et traverses tectoniques du continent noir, de l’orient extrême ou moyen, de l’Amazonie ou de la Terre Adélie. Tristes tropiques veut donc d’ un trait éliminer:

  • les écrivains  voyageurs comme Arthur Rimbaud, André Gide (Voyage au Congo), Rudyard Kipling, Joseph Kessel, Henri Michaux (1898-1984), Michel Leiris (1901-1990)(L’Afrique Fantôme, 1934 – Contacts de civilisation en Martinique et en Guadeloupe, 1971), Pierre Loti, Nicolas Bouvier, Victor Segalen (Journal des Iles), Blaise Cendrars, Jack London, Robert Louis Stevenson, Stendhal, Alphonse de Lamartine, Gérard de Nerval, Ernest Hemingway, Jules Verne, Jack Kerouak,
  • les peintres voyageurs comme Paul Gauguin, William Turner, Eugène Delacroix, Evremont de Bérard (1824-1881), Jean-Baptiste Debret (1768-1848)(Voyage pittoresque et historique au Brésil),  Camille Pissarro (1830-1903), Fritz Melbye (1826-1896), Agostino Brunias (1730-1796)
  • les botanistes, ornithologues et autres naturalistes voyageurs Etienne Denisse (1785-1861), Nikolaus Joseph von Jacquin (1727-1817), Mark Catesby (1683-1749), John James Audubon (1785-1851), Frances Worth Horne (1876-1967)
  • les photographes voyageurs
  • et particulièrement les géographes de plein vent, libertaires comme Elisée Reclus (1830-1905), Pierre Kropotkine (1842-1921) ou Léon Metchnikoff (1838-1888),  ou autres comme André Thévet (1515-1591) ou Alexander von Humboldt (1769-1859)Ibn Battûta (1304-1377), Ibn Jubayr (1145-1217), Marco Polo (1254-1324).
  • les navigateurs et autres explorateurs: Zhend He (1371-1433), Amerigo Vespucci (1454-1512), Christophe Colomb (1451-1506), Vasco de Gama (1469-1524), Magellan (1480-1521), Jacques Cartier (1491-1557), La Pérouse (1741-1788), Pedro Alvarez Cabral (1467-1520), Bougainville (1729-1811), Bartolomeu Dias (1450-1500), João da Nova (1460-1509), Ahmad Ibn Majib (1432-1500), Paul Emile Victor (1907-1995), Roald Admunsen, Jean Baptiste Charcot (1867-1936)

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Les défricheurs, les desbravadores comme on dit en portugais, ne sont pas à jeter selon moi aux oubliettes. Des débroussailleurs de tout acabit et de toute origine ont aidé  avant, pendant et après le Moyen-Age à façonner une représentation du monde, une imago mundiqui donne des formes et des couleurs à un univers désespérément blanc et vierge. ILS PERMIRENT d’établir au même titre que corsaires, flibustiers et pirates un nouvel imaginaire. Ils sont à l’origine des réseaux, des traces, des voies, des caps qui vont permettre aux anthropologues, aux missionnaires, aux commerçants et aux marchands d’armes et de colifichets de conquérir pour le meilleur et pour le pire la planète Terre.

Moi je pense que quoi qu’il fasse, quelle que soit sa qualité, celui qui foule une terre étrangère même s’il y vit 100 ans ne saura acquérir les choses insoupçonnables comme l’inconscient collectif de cette terre, les implications que les traditions ont avec la modernité, le rapport aux esprits aux ancêtres puisque justement il n’a pas d’ancêtres de cette terre. Le rapport au clan, les obligations rituelles, les tabous. Ces phénomènes insoupçonnables font le socle des sociétés et sont le PPDC (plus petit dénominateur commun) qui lie les membres d’un clan et les préserve de la globalisation ambiante. Le géographe, l’anthropologue, l’ethnologue, le sociologue tout comme le simple voyageur selon moi ne réussissent à capturer que la partie émergée, l’apparence du spectre. qu’ils se gardent de juger, qu’ils se gardent d’en tirer des inférences faciles. il n’y a aps e conclusion à tirer sur une culture. on a des pistes, des traces, des voies, des isthmes, des îles ! Contentons-nous de naviguer vers l’autre avec l’autre  chez l’autre en l’autre, voilà là un périple sans fin.

Le Furosémide Arrow Coveram show : stade 3B

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Souvenez-vous, bonnes gens ! Je suis membre héréditaire et  émérite d’une secte secrète, la PKR. Religieusement tous les matins, tel un moine consacré à la Règle de Saint-Benoît, à l’heure des matines, comme d’autres se brossent les dents  ou font leur petit jet matinal moi je prends mon petit comprimé sécable de Furosémide Arrow,  générique de Lasilix C’est ma prière, mon interprétation très personnelle du psaume 118 verset 164 :

Sept fois le jour je t’ai loué pour les décisions de ta justice !

Et c’est aussi religieusement que chaque soir entre vigiles et complies je prends mon petit comprimé de Coveram qui résonne en moi comme une antienne de fin à Marie.

Mes jours commencent donc par un verre d’eau et terminent de même ! Un verre d’eau et un comprimé blanc ! Entre les deux c’est ce que j’appelle le Furosémide Arrow Coveram show. ou Lasilix Coveram show ! En d’autres mots j’accomplis chaque jour ma prière perpétuelle, c’est ma liturgie des heures. En ces heures solennelles je prie sans relâche un prière courte mais efficace. Mes deux blisters de furosémide sont comme un psautier contenant  30 psaumes que je psalmodie tous les matins qu’il pleuve qu’il neige qu’il vente ! Mes 30 comprimés de Coveram sont autant d’antiennes qui me bercent au moment de l’endormissement quotidien.

Il y a tout juste un an j’ai interrompu le traitement JINARC  qui était censé ralentir le développement des kystes rénaux car il s’est avéré trop fastidieux, ma diurèse était importante de nuit comme de jour et je n’arrivais donc pas à trouver un sommeil normal. Tout cela pour un résultat très hypothétique et pour moi pas assez significatif ! J’ai opté pour la qualité de vie ! Ce fut une décision ferme et réfléchie. Je suis donc revenu à mon régime favori de base. Régime pauvre en protéines animales avec un repas protéiné par jour au maximum, régime pauvre en sel, activité physique régulière avec si possible perte de poids, contrôle tensionnel au domicile, éviter les médicaments néphrotoxiques / AINS, antibiotiques aminosides, injection de produit de contraste iodé, s’il y a une alternative, poursuite du traitement COVERAM 10/5 et LASILIX 40, surveillance biologique semestrielle tout cela sous le haut patronage de mon gourou néphrologue le docteur Borde Jean-Sébastien qui prenait ainsi la suite du docteur Mercadal Lucie de la Pitié Salpétrière qui me suivait jusqu’alors.

Ce néphrologue digne de Bach que j’ai consulté au Centre Hospitalier de Saintonge à Saintes  pour le suivi de ma polykystose rénale autosomique dominante ou PKRAD, une maladie qui entraîne la formation de kystes dans les reins. Ces kystes peuvent poser problème en raison de leur taille et de la place qu’ils occupent. Le docteur Borde m’a aidé à prendre ma décision de stopper JINARC, en m’indiquant que mon taux de créatinine qui était à l’époque de 179umol/l n’était pas la mer à boire et que de toutes façons il y avait des solutions : d’abord suivre le traitement  médicamenteux pour  maintenir une tension de 13/7, deuxio suivre un  régime et perdre du poids pour ne pas fatiguer inutilement mes reins, terço en cas de complications il y avait les transplantations, et en cas d’impossibilité de trouver un donneur pour la greffe du rein il y avait toujours le recours à la dialyse. Et que personne ne savait si ce processus allait durer un an ou dix ans !

Mon dernier contrôle sanguin indique un taux de créatinine dans le sang égal à 191 umol/l  et un taux de DFG de 31 ml/min/&.73m² contre 179 umol/l et une DFG de 33.9 ml/min/1.73m² il y a un an. Ma fonction rénale est globalement stable. J’en serais donc toujours au stade 3B de la maladie rénale chronique qui indique une maladie rénale chronique modérée. Ouf. J’ai encore deux stades à franchir le stade 4 où la FG est entre 15 et 29 et qui qualifie une insuffisance rénale chronique sévère, et surtout le stade 5 avec des débits de DFG (débit de filtration glomérulaire associé selon CKD EPI) inférieurs à 15 ml/min/1.73m² qui signale une insuffisance rénale chronique terminale.

Gérer une maladie c’est s’inscrire dans un plan de gestion de risques. Il n’y a pas comme en toutes choses de Risque Zéro. Il faut dans mon cas éviter la déshydratation et l’atteinte du foie. Eviter que les mollets ou les chevilles sujettes à la rétention d’eau enflent par l’utilisation de chaussures adaptées et par des postures adaptées. Il y a de nombreux effets indésirables à déjouer comme la dysfonction érectile, signe d’impuissance mais une vie saine s’ouvre aussi à soi. C’est une lutte de tous les instants car tout écart de route peut avoir des effets dramatiques sur la poursuite heureuse du chemin. Mais ce n’est pas un cauchemar. En attendant moi je vis cette épreuve comme un rêve éveillé.

 

 

Singing in the East African rain on Bacchanal Sunday

Gene Kelly imagina en 1952 sa chorégraphie de Singing in the Rain. Quand j’ai vu pour la première fois le film je me suis étonné que le personnage non content de chanter et danser sous la pluie avec parapluie et chapeau en main se mettait sous la gouttière pour se mouiller encore plus. Chanter soit mais prendre sa douche sous la gouttière m’apparaissait un peu contre nature pour un gentleman si élégamment vêtu de complet cravate. Un coup de foudre pour Debbie Reynolds seul pouvait expliquer cela. J’ai plus tard compris qu’il y avait des gens qui aimaient vraiment marcher sous la pluie. J’ai aussi vécu au Brésil et pris pour la première fois là-bas un banho de bico (douche de gouttière) pendant la pluie. Puis quelques années plus tard à Deshaies, en Guadeloupe en octobre 1998 j’ai renouvelé l’expérience en pleine avalasse.

Récemment j’ai vu  sur Cavani et M’Tsapéré des enfants mahorais ou comoriens qui se pâmaient sous la pluie, sous l’eau des gouttières de tôles de fer-blanc, aspergeant leur tête de longues secondes, mouillant leurs vêtements au milieu du jour, nageant, plongeant dans les flaques d’eau. Que du bonheur ! La béatitude à l’état brut se lisait dans leurs yeux ! C’est le propre de l’enfant de s’émerveiller de ces caprices de la nature . L’eau qui tombe du ciel est un théâtre infini de jeux célestes et de mannes divines où avec un rien on devient pirate, marin de haute mer, capitaine au long cours, boucanier, corsaire ou flibustier. Moi ex quartier-maître de seconde classe maître d’hôtel je me classe dans la catégorie marin d’eau douce ! Je sais que dans la plus simple des flaques d’eau peut roder la leptospirose.

Mais au diable la prévention parfois, ne boudons pas notre plaisir et ce matin, dimanche de carnaval,  en voyant cette ribambelle de marmaille de tous âges jouer dans les flaques à la fin d’une grosse averse matinale je me suis surpris à penser que je vivais moi aussi contaminé dans des conventions sanitaires à des années-lumière de ces enfants qui pourtant habitent à deux pas de chez moi. Il y a pourtant à 100 mètres une rivière qui coule, le Majimbini, il y a la mer à 300 mètres mais c’est cette flaque qui s’accumule qui est devenue le centre de leur sous-monde imaginaire, leur océan indien de pacotille ! En y réfléchissant bacchanale pour bacchanale, en ce dimanche-gras, même si nous sommes ici en terre musulmane, en pleine saison des pluies, en plein Kashkazi, même si le vrai Carême c’est le mois de Ramadan qui aura lieu en juillet, tout est permis. Cette nuit à Port-of-Spain on se maquillera d’un masque de beauté de boue, de peinture ou de chocolat, ailleurs ce sera de goudron, ailleurs encore de farine et de miel. Ici en terre de m’sindzano, en terre de poudre de bois de santal mélangée à du kaolin (argile blanche),  pataugeons donc entre mascarade et serpentins d’eau, éclaboussons-nous de notes de pluie déguisées comme si c’étaient des notes de calypso ou de soca ! Et que le steelpan résonne par monts par vaux et par ruisseaux sous le clapotis de nos pieds dans les marigots temporaires où résident moultes pierres de corail ! Vivre sans risque n’est pas vivre. Vivre sans innocence non plus !

Viva benthopélagique pour le filet de vivaneau job

Très chers et chères, ne me servez ni balaous, ni coulirous, ni zofis, ni pisquettes, ni titiris, ni chadron (oursin) si vous m’invitez à votre table ! Que ce soit en blaff, en court-bouillon, en fricassée, pochée, sous la cendre, ou aromatisé au rhum je déclinerai poliment votre invitation. J’ai dû trop en manger quand j’étais tout petit du côté de Basse-Terre. Mais mis à part ces quelques énergumènes je ne suis pas si difficile que ça à contenter. Regardez plutôt : il vous reste le mérou, le thon blanc, le thon rouge, la daurade coryphène (Coryphanea hippurus en latin, pangué en shimaoré), le thazard, le saumon, l’espadon voilier (Istiophorus  ptatypterus en latin , M’bassi  marenga ou touaro en shimaoré), le napoléon (Cheilinus unulatus en latin, gombesa en shimaoré), le cabillaud, le barracuda, le bourgeois (Lutjanus sebae en latin, tratraou dzoucoundrou en shimaoré), le poisson chirurgien (Naso vlamingi en latin, poujou en shimaoré), le vivaneau à raies bleues dit aussi lutjan jaune (Lutjanus kasmira en latin, hasi en shimaoré), le vivaneau rose (Etelis coruscans en latin, mdoungui en shimaoré), la daurade gueule pavée dite aussi empereur bossu ou daurade tropicale (Monotaxis grandoculis en latin, foundrou en shimaoré), le poisson soldat dit aussi soldat armé, poisson écureuil ou marignan-sabre (Sargocendron spiniferum en latin, mourandra en shimaoré), le capitaine  à gueule rouge (Lethrinus concyclictus en latin, gnoromoué en shimaoré), le capitaine  à gueule longue (Lethrinus elongatus, en shimoré yawa)  le capitaine à opercule rouge (Lethrinus rubioperculatus en latyin, ambitri en shimaoré) etc. J’adore. Tout en darne ou en filet. Hors de ma vue, hors de mon assiette, je vous prie, tête, queue, écaille, foie, arête, zyé, nageoires, boudin. Je ne veux que la chair, chers ! La chair, chers et chères ! La chèw, si ou pa ka komprann fransé ! La chèw, chèwzéchèw !

Ici à Mayotte à la poissonnerie  COPEMAY le kilo de filet de vivaneau job congelé sous-vide je l’ai eu pour 19,90€. J’en ai acheté deux filets  pesant au total 2 kilos  et 45 grammes. Je le fais débiter immédiatement en tranches. Au total 14 tranches. J’aurais pu aller à l’une des autres quatre poissonneries de l’île notamment Captain Alandor qui se trouve tout près à Doujani, à la COVIPEM de M’Tsapéré à 300 mètres de chez moi, voire à la Poissonnerie du Centre ou à la COVIPEM de M’Tsahara pour me dénicher du filet frais. J’aurais pu aussi acheter mon poisson à un revendeur itinérant à brouette au détour d’une rue (90 pour cent du poisson de l’île est commercialisé de cette manière sous un soleil de plomb dans des conditions d’hygiène disons pour le moins rudimentaires). Je n’ai rien contre l’économie informelle au contraire, tant que je peux avoir confiance sur la qualité, le poids, l’hygiène et la provenance des produits. Or je me suis aperçu que je ne pouvais pas avoir confiance absolue.

Cette envie de filet de vivaneau m’est venue après avoir dégusté un vivaneau grillé aux épices puis un autre poché façon kakamoukou au restaurant Kashkazi.  Alors pourquoi n’en manger qu’au restau, me suis-je dit. Autant se faire plaisir aussi à la maison! Alors je dis bonjour monsieur Vivano ça c’est du poisson comme on disait autrefois bonjour monsieur Trigano ça c’est du meuble.

Avant d’arriver à ce vivaneau job  je suis passé depuis un an et demi que je suis pescétarien  de la morue au cabillaud, avec de rapides incursions vers le saumon fumé sauvage et le hareng fumé, puis j’ai expérimenté l’espadon, le thon rouge frais, le thon blanc frais, le mérou, le merlu. Le mois de février sera placé sous le signe du carnaval et donc du vivaneau job, poisson emblématique pour nous les antillais et autres   wolfokiens de par la planète.

L’appellation Vivaneau regroupe beaucoup de taxons de poissons. Les Antillais adorent le vivaneau mais ce n’est pas forcément ce vivaneau job ou vivaneau gris ou vivaneau vert ou loup tropical , appelé en créole zob au lieu de job, et en shimaoré m’rongo  qui est connu en latin sous le nom Aprion virescens et qui fait partie du phylum Chordata, de la classe Actinopterygii, de l’ordre des Perciformes et de la famille des Lutjanidae ! Cette famille des Lutjanidae regroupe 4 sous-familles, 17 genres et 103 espèces. Le vivaneau consommé aux Antilles vient en fait du Vénézuela ou de la Guyane la plupart du temps. Il s’agit alors dans ce cas de cousins comme le vivaneau rouge (Etelis carbunculus), le vivaneau à oreilles noires (Lutjanus buccanella), le vivaneau gibbus ou vivaneau pagaie (Lutjanus gibbus en latin, ndzilaché en shimaoré), le casse-marmite (Lutjanus bohar en latin, djoumbouha en shimaoré), le vivaneau maori (Lutjanus rivolatus), le pagre jaune ou le pagre à dents de chien

En effet la répartition de vivaneau job est la suivante :

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On dit que c’est une espèce benthopélagique (il vit indifféremment dans le milieu benthiquedémersal ou pélagique )  qui peut se balader jusqu’à 120 mètres e profondeur et mesurer jusqu’à 1,12 mètres.

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Le vivaneau est connu pour contenir une haute dose de ciguatoxine qui peut être nocive pour la santé. La Ciguatera, une intoxication alimentaire liée à une toxine, la cigatoxine  provenant d’une microalgue Gambierdiscus toxicus présente dans les récifs coralliens et qui se retrouve dans la chair du poisson, est à prendre très au sérieux. Les symptômes peuvent aller des douleurs de ventre aux douleurs musculaires en passant par des vomissements ou diarrhées.

Selon l’INPN , Inventaire National du Patrimoine Naturel du Muséum  National d’Histoire Naturelle, Aprion virescens s’appelle

-vivaneau job en français,

-thazard à la Réunion,

-poisson job en Polynésie Française,

-aprion verdâtre en Nouvelle Calédonie

-krakap en Indonésie

-uku en Polynésie Française

-green jobfish ou grey jobfish, blue green snapper ou blue gray snapper, gray snapper, en anglais

-pargo verde en espagnol et au Mozambique (portugais)

C’est un poisson endémique sauvage du canal de Mozambique et de Madagascar, un poisson blanc à chair ferme comme le snapper, le cod, le mahi-mahi, le barracuda, le king fish (Caranx sp) qui se marie bien avec les épices comme le curcuma sec écrasé (dry turmeric), moutarde, graines de moutarde, gingembre, piment, ail, oignon, vinaigre en marinade épicée au citron vert, en grillade ou au lait de coco. On peut agrémenter aussi avec les tomates, du bélembé, des feuilles de hanga ou e persil,

Voir les recettes du vivaneau grillé aux épices à la mode antillaise ou du vivaneau poché façon kakamoukou

 

Filet de Vivaneau Sauce Coco, Curry et Gingembre (recette du restaurant Graines de Sésame, 5 place du Marché à Mamoudzou)

Couper le filet de vivaneau en gros cubes. Peler l’échalote et l’émincer finement. Peler et piler le gingembre. Faire chauffer l’huile dans un cocotte et y faire colorer échalote et gingembre à feu vif pendant 5mn en remuant pour ne pas que cela colore trop. Ajouter le lait de coco et la crème. Couper le feu et laisser infuser 10mn. Ajouter les cubes de poisson et le curry. Faire cuire à feu vif pendant 10mn, jusqu’à ce que la sauce ait épaissi, et en remuant pour ne pas que cela accroche. Parsemer de sel classique ou de sel de Hawaï et servir très chaud avec un riz jaune (parfumé au curcuma)

Les ingrédients (pour 2 personnes)

300g de filet de vivaneau en cubes (à remplacer éventuellement par un poisson blanc à chair ferme)

20cl de lait de coco

10cl de crème liquide

2cm de gingembre frais

1 échalote

1 cuillère à café de curry en poudre

sel de Hawaï

L’image contient peut-être : nourriture

 

Saint-Sylvestre : la pluie sera sur son 31

On dit mariage pluvieux, mariage heureux. Saint-Sylvestre sous l’eau du ciel qu’en sera -t-il pour le Jour de l’An. La pluie sera sur son 31 ça c’est sûr !

Que disent les augures, que disent les météorologistes, que disent les marcs de café, les coquillages et autres diseurs és bonne aventure. Que dit le site RSMC (Regional Specialized Meteorological Centre) La Réunion, mon guru en la matière, responsable de la couverture du bassin du sud-ouest de l’Océan Indien qui  s’étend de l’Equateur à 40S et des côtes africaines de 30E à 90E ! Ce centre chapeauté par Météo France est la référence pour l’analyse et la prévision en matière météorologique et hydrologique pour 15 pays :  Afrique du Sud, Botswana, Comores, France (Mayotte, Réunion), Kénya, Lesotho, Madagascar, Malawi, Maurice, Mozambique, Namibie, Seychelles, Swaziland, Tanzanie, Zimbabwe). Zone de basse pression ! Fuyez Ava, la haute mer, fuyez la tempête tropicale en formation ! Bon ça risque de chauffer pour le nord de Madagascar si les projections sont bonnes mais le cône d’incertitude qui effleure la Réunion est loin de Mayotte !

trajectoire

Mais que disent les proverbes et autres adages ou dictons ?

* Si dans la nuit de la Saint Sylvestre le vent souffle du sud, l’année sera chaude et prospère.

* S’il vient de l’ouest, on aura abondance de blé et de poisson.

* S’il vient du nord, tempêtes et fortes vagues de froid.

* S’il vient de l’est, les vents seront chargés de fruits.

Bon à priori elle devrait venir de l’est la dépression ! Disons sud-est ! Il pleuvra donc plus que de la manne : des ananas, des letchis bien sûr mais aussi du corossol et du gombo ! Désolé pour les malgaches, l’impact s’il a lieu aura lieu vers le quatre. Donc réjouissez-vous ! je croise les doigts pour vous mais je me prépare pour fêter dans la joie, la pluie et la bonne humeur malgré cette première averse du matin de la Saint-Sylvestre.

Dernières bonnes résolutions pour cette année sur le point de naître ! Je nous souhaite à tous une année fleurie, mais fleurie de ce bleu aux couleurs de ce cerf-volant qui imite un papillon bleu nommé morpho, lequel papillon est en voie d’extinction pour avoir été trop pourchassé ! Le bonheur est ainsi pourchassé et rarement atteint ! à dire vrai je pense que le bonheur c’est un oiseau rare, presque impossible à atteindre ! Mais il est toujours bon de voir passer un papillon, s’élever dans l’air un cerf-volant mais on le sait les papillons, même bleus, ont une vie qui ne dépassera pas deux mois et les cerfs-volants une fois la corde rompue tombent pour ne plus jamais remonter ! je dis : profitez du jour d’aujourd’hui, comme de la plenitude et de la tranquillité d’un vol de papillon ! Bon Nouvel Aujourd’hui à tous ! Demain est une autre année ! Faites rire les oiseaux et partez en transhumance !

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