Plantes magiques, plantes médicinales, plantes apprivoisées

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Je vous ai déjà parlé ici des rimèd razyé. Et ici du potager tropical. Je vous ai aussi dit que j’étais petit fils de gadédzafè , vendeuse de simples, officiante dont les pouvoirs s’articulent pour l’essentiel autour de la connaissance des plantes. Je vous parlais de tout ça avec la distance qui sied à celui qui ne se souvient qu’à travers ses souvenirs d’enfance. Je vous parlais de l’expérience d’un enfant antillais qui même parti très tôt de sa terre natale, avait pu emmagasiner assez de références pour savoir l’importance des plantes magiques ou médicinales pour une vie saine et harmonieuse proche de la nature. Il y a deux articles qui m’ont passionné à ce sujet. J’ai même écrit un livre où l’héroïne principale vit dans l’univers des plantes.

Pour aller un peu plus loin sur ce sujet passionnant je vous propose de lire cet article d’Auguste Chevalier paru en 1937 sur le Journal des Africanistes et qui s’intitule « Les plantes magiques cultivées par les Noirs d’Afrique et leur origine,. Il ne se passe pas une semaine sans que un article évoque nos usines cachées , nos rimèd péyi, Je vous ai moi même évoqué le TRAMIL, les rimèd razyé, le pawoka, la margoze, le chiendent, le semen contra, Mais je voudrais aujourd’hui vous reproduire in extenso cet article que j’aime beaucoup paru sur l’excellent site  guadeloupe-fr.com.

J’aurais pu vous en communiquer le lien, cela aurait sans doute suffi mais je le trouve si bien écrit que je ne résiste pas au plaisir de vous le faire partager ici

Les plantes ont des vertus que les anciens connaissent bien. Les fleurs tropicales attirent l’attention des scientifiques. Désormais la nature est largement mise à contribution pour améliorer notre confort et notre bien-être.

La connaissance des plantes ne s’apprend pas comme une poésie ou une leçon d’histoire, elle s’acquiert au fil du temps. Suze Angély, Guadeloupéen et ancien professeur de français en a fait l’expérience : «je suis né sur les hauteurs de Cousinière, à Vieux-Habitants, juste après la seconde guerre mondiale. À cette époque, à la campagne, nous faisions corps avec la nature. C’était un mode de vie, bien plus qu’une éducation. Chaque maison possédait son jardin créole toujours organisé selon le même schéma. Tout à proximité de la maison se trouvaient les plantes médicinales pour soigner une conjonctivite, une diarrhée ou un rhume… Un peu plus à l’écart s’élevait le jardin potager avec la cive, les poireaux, ou le thym et encore plus bas, les plantations de patates douces, de giraumons, de madères, de malangas et de pieds de manioc. Lorsque la taille du terrain le permettait, les habitants plantaient des caféiers, des cacaoyers et de la vanille. Toutes les essences pratiquement avaient une fonction, que ce soit la racine de cocotier, l’agave, le dattier ou le poirier local.»

Les gens amélioraient leur quotidien avec les plantes. Un enfant ne trouvait pas le sommeil ; la mère choisissait de jeunes feuilles du corossolier et les plongeait dans son bain ou les utilisait pour combattre la fièvre. Les fleurs utilisées en infusion calmaient les crises de tachycardie. La chicorée mettait fin aux coliques. Les fleurs de papaye mâle étaient prisées pour soulager les rhumatismes. Les écorces de châtaigner pays ou encore celles de cacaoyer sont excellentes contre les lumbagos. « Il faut secouer l’écorce pour recueillir ce qui en tombe puis le mettre dans un linge enroulé autour de la ceinture pendant 48 heures et le mal est parti » explique Suze. La coutume impose de demander l’autorisation à la plante et après 48 heures, le miraculé doit aller prendre un bain de mer et en profiter pour jeter l’écorce derrière lui sans se retourner.

Ces plantes qui soulagent

Dans la pratique médicinale populaire, les préparations et les décoctions font souvent l’objet d’un rituel en relation avec la superstition comme le fait de couper une feuille en trois morceaux pour évoquer la Trinité ou de couper un citron en quatre. De nombreuses pratiques sont liées au cycle lunaire ; ainsi le thé « semen contra » doit être donné trois jours après la pleine lune pour être efficace.

La grossesse et l’accouchement ont toujours été entourés de nombreuses croyances et légendes. On provoquait la venue d’un enfant avec du « bois canon » ou encore du mimosa pudica. «Quand nous étions petits, à chaque vacances, nos mères préparaient une tisane mélangeant le chiendent, l’agoman, la raquette sans piquant, le «ti tengn» et un morceau d’aloe véra. Nous prenions cette tisane pendant cinq jours ; s’en suivait une purge à l’huile de ricin. Ce régime avait pour but de nous laver le corps et de nous « booster » pour la rentrée.»

Quand on perd sa voix, rien de plus efficace que l’herbe à poux de bois, la rose Cayenne ou la fleur de sureau blanc. Pour les maux de foie, on peut utiliser le pompon soldat, le thé-pays, le Cassia alata.

Il faut savoir identifier, mais aussi utiliser chaque plante comme le kaoka car au-delà d’une feuille, la potion devient toxique. Pour les bouffées de chaleur et tous les symptômes de la ménopause, les femmes utilisent la sauge. Le noni permet de régénérer l’organisme. L’armoise est excellente pour faciliter la circulation du sang. Quand les enfants ont un bleu, il faut écraser des fleurs de belle de nuit et les mettre sur le bobo. «Quand on se blessait un orteil, nos parents prenaient de l’herbe de charpentier, l’écrasaient et nous plâtraient l’orteil avec.»

Ces plantes qui font maigrir

L’herbe « mal-tête » mélangée à l’huile de carapate mettait fin aux maux de tête. «Nous, nous l’utilisions autrement. On mettait une feuille entre les pages de nos livres de classe et l’on écrivait dessus le nom de notre bien aimée. Si des racines sortaient, cela signifiait que l’élue de notre coeur partageait les mêmes sentiments. » Enfin, si les plantes sont couramment utilisées pour entretenir la forme et soigner les affections courantes, elles sont aussi très utiles dans le cadre de régimes amincissants. Elles constituent une aide précieuse : certaines jouent le rôle de « coupe-faim » en favorisant dans l’estomac un sentiment de satiété, d’autres ont un effet diurétique et dépuratif. Elles favorisent le drainage et détoxiquent l’organisme. Enfin, quelques-unes comme le thé vert, le café ou la noix de kola sont de véritables brûleurs de calories. Ainsi, les feuilles d’orthosiphon, plus connues sous le nom de « moustache à chat», contiennent du potassium et des flavonoïdes qui leur confèrent une très forte action diurétique. C’est un remarquable draineur de l’organisme. La pulpe du fruit de la «casse» a des propriétés laxatives douces ; plus connu, l’ananas contient une enzyme qui facilite la digestion et élimine les graisses, tout comme la papaye.

Le pouvoir des fleurs

Les fleurs fournissent de multiples molécules et dans leurs pigments se cachent souvent des actifs protecteurs et anti-âge. Et surtout, il y a leur parfum enivrant aux répercutions neuroendocriniennes de mieux en mieux maîtrisées. Dans les Antilles, l’arbuste épineux, l’acacia farnesiana, est exploité dans l’industrie du parfum en raison de ses fleurs particulièrement odorantes. On tire aussi profit de son écorce, sa gomme, ses graines et son bois. D’une manière générale, les fleurs exotiques sont particulièrement prisées et reconnues pour purifier la peau tout en préservant son écosystème cutané. Elles concourent à éliminer les toxines et laissent le teint remarquablement clair. L’hibiscus, grâce à son acide de fleur, dissout en douceur les cellules mortes, alors que l’ylang-ylang régule les peaux mixtes. Par ailleurs, ce délicieux baume odorant rééquilibre la flore épidermique. L’huile essentielle d’ylang-ylang est utilisée en aromathérapie car elle permet de réguler la pression artérielle sanguine (en cas d’hypertension notamment).

Autre chef d’oeuvre de la nature : l’orchidée. La Guadeloupe en dénombre de nombreuses espèces. Cette fleur sécrète de nombreuses molécules de défense qui ont pu être isolées. Elle stimule la synthèse des fibres de collagène et d’élastine et contribue au maintien d’une hydratation idéale. La fleur de vanille est utilisée sous des formes différentes : soins, lotions, toniques et eaux florales. Elle permet également de produire de l’huile solaire hydratante, de l’huile de massage et de l’huile de bain. Elle affiche des propriétés tonifiantes, dynamisantes, hydratantes, nourrissantes et aphrodisiaques. La vanille pompona (vanillon de la Guadeloupe) est l’une des trois espèces les plus cultivées dans le monde pour ces raisons. Le frangipanier appartient à la famille des Apocynacées qui compte sept variétés différentes dont l’une des plus connues est le Plumeria alba originaire des Antilles. La fleur de frangipanier est utilisée pour « la paix des sens», dit-on. En Inde, dans la cour des temples, ces fleurs blanches servent de reposoir à l’esprit des dieux conviés à descendre parmi les hommes.

Connue pour son effet relaxant, la fleur d’oranger raffermit et lisse la peau en douceur. Aussi, Jean-Marc Petit, producteur de vin d’orange à Baillif, pense prochainement l’utiliser.

Les vertus du vinaigre de banane

Mam Roro spécialiste de la fabrication du vinaigre de banane en Guadeloupe, est très soucieuse des bonnes proportions avant d’arriver au stade de la fermentation acétique. Les bactéries forment alors à la surface du vinaigre un voile léger qui se transforme en une masse gélatineuse appelée « mère de vinaigre ». Ce processus dure environ six mois, à l’issue desquels il ne reste plus qu’à filtrer le précieux liquide. Ce vinaigre bénéficie naturellement des vertus de la banane. N’est-elle pas, entre autres, réputée pour son effet antiacide et contre les brûlures d’estomac ! C’est pourquoi ce « vin aigre » est extrêmement doux pour les estomacs, même sensibles. Il est conseillé d’en boire une cuillère mélangée à un verre d’eau pour faciliter la digestion à la suite d’un repas un peu lourd. S’en badigeonner la peau apaise non seulement les démangeaisons des moustiques, mais sert aussi de répulsif. Ce vinaigre est idéal pour combattre les pellicules. Il suffit après le shampooing de rincer la chevelure, d’appliquer une à deux cuillères à soupe de vinaigre et de masser sans rincer. Comme l’odeur n’est pas forte, ce traitement n’incommode pas l’entourage. En contrepartie, il fait briller et fortifie les cheveux tout en éliminant les pellicules. Côté peau, il donne d’excellents résultats sur l’acné des adolescents. Le traitement sera répété tous les jours pendant minimum deux semaines. Enfin, pour les mycoses entre les doigts de pieds, une application d’une nuit suffit pour les faire disparaître.

Le peeling à la canne à sucre

Dérivé de la canne à sucre, l’acide glycolique évacue les cellules mortes à la surface de la peau et équilibre l’épiderme. Ce peeling est très prisé pour sa formule adoucie. Il déloge les cellules qui sont abîmées. Ce soin aux acides de canne à sucre peut être utilisé aussi bien sur le visage, les épaules, le dessus des mains que les jambes. Il faut avant la première intervention préparer sa peau avec une crème à l’acide glycolique, faire le traitement au centre de soin au minimum une fois par semaine sur un mois et entretenir sa peau à la maison pour qu’elle reste saine et nette.

Les améliorations visibles sont le resserrement des pores, la stabilisation des peaux grasses, l’élimination de l’acné juvénile, une meilleure hydratation des peaux sèches, la diminution des taches brunes, un plus bel éclat du teint et enfin une plus grande souplesse de la peau.

Il y a certes de nombreux blogs qui abordent les plantes médicinales de Guadeloupe et j’ai aussi tout particulièrement apprécié celui d’une chercheuse en phytopathologie Cécile Mahé qui lie la science, la magie et le verbe. Cela s’appelle La Sorcière et le Médecin qui a pour sous-titre Des Histoires de Plantes entre Science et Magie.

Outre le blog elle a un canal sur youtube . son blog m’a sensibilisé à beaucoup de plantes que je ne connaissais pas. Idem pour le site de Lucien Sabin , cet passionné des plantes. exploitant agricole, spécialiste en Plant a nou. Maintenant que je suis physiquement aux Antilles et je baigne dans les plantes médicinales. La théorie devient pratique, les souvenirs deviennent science. Et je m’aperçois que tous mes souvenirs sont liés à des plantes.

Je suis à Deshaies pour encore quelques jours dans les hauteurs et la dame chez qui j’ai loué une maison m’a fait l’honneur de visiter son jardin créole. Elle s’appelle Antoinette. Elle a bien quinze ans de moins que moi. On sent sa fierté à vous introduire à vous raconter ses histoires de plantes. Je suis bombardé de noms et d’usages. C’est sa grande soeur qui l’a initiée puis elle a appris petit à petit par elle-même. Elle loue deux maisons, l’une en étage au-dessus de chez elle qui peut contenir jusqu’à huit personnes et celle ou je suis de l’autre côté du jardin, plus simple qui peut elle aussi contenir 8 personnes mais peut être fractionnée en deux appartements indépendants. Tout autour il y a dans son jardin des manguiers, des pruniers de cythère, des grenadiers, des goyaviers, etc mais ce qui fait sa fierté c’est son jardin médicinal. en pots ou en terre les plantes étalent sans vergogne leurs effluves. quelques fleurs aussi, surtout les fleurs à la Vierge. Moi je me contente pour l’instant de faire des photos, je sens, je frotte, je hume, j’essaie de me souvenir, je me décrasse l’esprit. j’ai vécu cela au Brésil où là aussi je me suis initié mais avec le temps la mémoire s’efface quand on ne la pratique pas. Je vais m’y remettre, parole de petit fils de gadédzafè. Car je sais des choses que les Antillais ont pour la plupart oublié et en particulier sur le rapport des plantes avec l’occulte, les esprits. J’ai déjà évoqué les langues de belle mère, (sanseveria, langue a chat) je ne peux pas en voir une quelque part sans que je révèle à mon interlocuteur le sens de cette plante dans la cosmogonie afro-brésilienne. Quand il manque quelque chose je m’en étonne ! Tiens tu n’as pas de sandragon ? Pas de chiendent ? La personne peut avoir du patchouli, de la menthe, du gros-thym, des bols, du pawoka, du curcuma, du doliprane, du grenn-anba-féy, du douvan-nèg, du romarin, du soulier zombie, de l’arada, du ginseng, de l’herbe à charpentier, de la rose de cayenne, d du qui vivra verra, de l’anis, de la citronnelle, et les plus belles plantes à la vierge, si je n’ai pas vu sandragon, chiendent et semen-contra et langue à chat, j’ai comme un sentiment de manque, d’incomplétude. J’imagine qu’elle parle à ses plantes pour les remercier chaque jour que son Dieu fait comme elle parle au chevalier servant de son jardin créole, un chihuahua sage mâtiné de je ne sais quoi, de neuf ans d’âge qui ressemble au renard du Petit Prince et qu’elle a baptisé Nougat, aka Nounou pour les intimes. Et je me souviens des mots sages de Saint-Exupéry

Je vous livre ici quelques pages de mon album photographique sans retouche, sans filtre réalisé un dimanche matin de novembre, le 11 novembre pour être précis. Dès la fin de cette semaine je partirai habiter à Basse-Terre dans une autre maison au jardin encore plus immense et je continuerai mon apprentissage; cette fois ci avec Magguy.

Et je crois bien que je vais essayer d’apprivoiser le langage des plantes, cet essentiel invisible pour mes yeux,  en suivant la technique du renard dans le Petit Prince. Garder la distance raisonnable. M’approcher doucement, l’air de rien comme un chenille jaune et noire, du type de celle qui aime à hanter les feuilles et les tiges de la plante à la vierge et du jasmin, ne rien dire, revenir à heures régulières, les arroser de ma présence calme pour ne pas qu’elles sentent mon absence, pour qu’elles ne s’inquiètent pas, pour qu’un rituel s’installe cahin-caha. Et que de visite en visite on s’apprivoise et que j’en devienne responsable, pleinement en possession de mon héritage familial oublié.

Tribe trotter

A force de dire que je suis polyglot trotter j’ai l’impression que je me mens à moi-même. Pourquoi suis-je amené à trotter ainsi d’île en île ? Voici une question que je me pose et à laquelle je ne trouve pas e réponse. Je risque parfois une interprétation génétique. Quand on a dit c’est dans mes gènes, eh bien, il n’y a plus de contre-discours.  Bref je suis comme ça ! Point blank ! Point barre, comme disent les français.

Certains m’incitent à tenter une analyse junguienne pour sonder l’inconscient  qui me meut à me comporter de la sorte.

J’ai peut-être une porte de sortie à cette inquiétude pressante qui m’envahit parfois à intervalles réguliers et me pousse toujours plus loin vers de nouveaux horizons.

C’est toujours dans le domaine de la génétique. Ce n’est pas la généalogie, quoi que cette dernière m’ait permis d’appréhender pas mal de choses sur moi-même. Non, c’est la génétique.

Je me sens mûr aujourd’hui pour faire un test ADN. Suite à ce test je rebaptiserai mon blog qui deviendra selon les résultats que j’obtiendrai à mon test Akan Trotter,  Bamileke Trotter, Fon Trotter, Peul trotter, Congo Trotter, Ibo Trotter

Un petit frottis dans mes joues et 500 à 2000 ans  de racines maternelles vont surgir. Le test maternel le ADN mitochondrial dont on hérite exclusivement de sa mère. Donc je saurai de quelle origine. j’ai le même ADN mitochondrial que ma mère, ma grand-mère, mon arrière-grand-mère et ainsi de suite. Le résultat que j’obtiendrai vaut pour mes frères et soeurs, mes tantes et oncles du côté maternel, mes cousins et cousines du côté maternel, mes enfants et les enfants de mes filles.

Les hommes comme les femmes peuvent prendre ce test. 92 pour cent des résultats vont montrer un ancêtre africain.

Les résultats comprennent la désignation de  HVS1, HVS2 et HVS3, ainsi que le haglogroupe.

Le test paternel : ce test analyse seulement le chromosome Y que les hommes héritent de leur père exclusivement. Le résultat sera le même que celui de son père, grand-père, enfants, frères et soeurs, enfants des frères, oncles et tantes paternels.

Après avoir fouillé à gauche et à droite depuis quelques semaines je me suis déterminé finalement pour African Ancestry.com

Le seul hic : le prix ! Allez, en bon éconochicaholic,  je m’accorde encore quelques mois de réflexion en attendant que les prix baissent.

Education sexuelle des pré-adolescents

Le sexe à l’école. Le thème est tendance et polémique. Certains sont farouchement pour, certains sont farouchement contre. Tout dépend en fait de l’idée que se font les parents de leur propre sexualité. Selon moi c’est dans le cadre de la famille que cette éducation doit être initiée. Moi en tout cas j’ai passé toute ma scolarité sans que ce thème ne soit abordée une seule fois. Mais c’est à chacun de voir midi à la porte de sa famille.

J’ai pu comme enseignant en terre musulmane à Mayotte avec des jeunes ados âgés de 11 à 16 ans intervenir pour dire que ce n’est pas en dansant qu’on tombe amoureux. Les filles et les garçons, à part quelques cas isolés, refusaient de pratiquer ensemble des ateliers de danse. Ou alors quand ils dansaient il ne fallait surtout pas qu’ils se regardent dans les yeux car ils pourraient tomber amoureux. Par contre quand ils étaient laissés libres entre eux et qu’il mettaient de la musique alors c’était des mouvements du bassin des plus débridés qui faisaient les délices de tous, jeunes et moins jeunes, voilés ou pas. Certaines ne dansaient que si elles avaient un foulard sur les épaules pour tenter de cacher leurs formes.

Il faut dire que la foi musulmane sépare les sexes et que l’éducation nationale les mélange. Il a fallu que moi m^me je m’y mette que je danse pour que les élèves comprennent par a plus b que danser avec une fille ou danser avec un garçon ne rendait pas amoureux. Je prends cet exemple pour tenter d’expliquer que la sexualité joue dans le psychisme des gens et est ancrée ans leurs traditions les plus archaïques. L’école selon moi n’a pas à intervenir dans les couches les plus profondes de notre psyché mais elle peut les aborder sous forme ludique par des films, des dessins animés, suivis d’une discussion.

Je me souviens que l’un de mes fils s’est réveillé une nuit en pleurant. J’ai mal au pipi, me dit il. Il avait en effet un zizi tout dur et je lui ai proposé d’aller faire pipi en lui disant que ce n’était pas grave, qu’il devenait un homme. Le lendemain je lui ai expliqué que ça pouvait lui arriver souvent dans sa vie et qu’il suffisait d’aller faire pipi que ça se calmerait.

Je ne crois pas que cela aurait servi de lui dire qu’on a plusieurs érections par nuit en fonction de chaque sommeil paradoxal.

J’ai eu aussi une fille qui vers l’âge de onze douze ans a eu des premières règles. sa mère n’était pas présente. nous étions séparés depuis quelques années. elle était en vacances au bord de la mer et voilà que ses règles arrivent. La je dois dire que j’ai été un peu démuni. et que c’est mon épouse d’alors et sa mère qui se sont occupés d’elle.

Ce n’est pas facile d’évoquer le sexe avec ses enfants. J’ai voulu essayer avec mes deux derniers et je crois qu’ils me regardaient comme un extra terrestre. pourtant avec les garçons nous prenions jusqu’à l’âge de 3 ou ‘4 ans nos bains ensemble dans la baignoire jusqu’à ce que j’observe qu’ils avaient un regard un peu trop appuyé sur mon sexe. C’est alors que j’ai décidé qu’il était temps que chacun ait son intimité sexuelle.

A chacun sa pudeur. Evoquer une petite copine à l’école peut être un sujet de fierté pour certains mais aussi d’angoisse pour d’autres. on a vite fait de se faire targuer de cochon, de vieux libidineux alors qu’on ne veut en fait que montrer qu’on est ouvert pour en parler.

Mes parents n’ont jamais évoqué les questions sexuelles avec moi, ni mon père, ni ma mère. Vers l’age de douze ans à ma puberté ma mère a acheté une collection de Tout l’Univers et m’a dit à peu près cela:

Si tu veux savoir quelque chose, tu es libre. Je ne suis pas capable de t’expliquer et ce ne sera pas ton père qui le fera lui même. Cherche et tu trouveras.

Comme j’aimais beaucoup lire, j’étais un rat de bibliothèque, je me suis documenté, je me suis éduqué de la sorte. J’ai complété par le magazine américain Playboy et par l’observation en cachette de mes soeurs . J’ai dû en fait apprendre sur le tard. Par contre ma mère m’a toujours bassiné les oreilles sur le fait que si je faisais l’amour avec quelqu’un j’aurais un enfant et cela m’a traumatisé pendant longtemps.

Pa ay mété fon ti moun a dan on vant a on timoun, siy tomné ansent ouké regrété tout vi aw !

Je voulais étudier, donc je ne faisais pas l’amour. Les bisous, les câlins mais pas de pénétration. Un jour j’étais dans ma chambre avec une fille de mon âge et nous en étions déjà aux préliminaires, dans ma chambre, j’avais mis le verrou, c’est alors qu’elle a frappé à la porte et nous a ordonné d’ouvrir immédiatement. Elle n’acceptait pas ce genre de choses dans sa maison. J’ai donc résolu à partir de ce fameux jour de faire mes affaires, mes combats comme disent les Antillais, dans les parcs, sur les bancs, contre un arbre, un mur, sur l’herbe et chez les jeunes filles mais jamais chez moi.

Quand ma deuxième fille a eu 13 ans je l’ai appelée et je lui ai dit :

Voila tu as tes règles et tu as l’âge de faire l’amour. Tu n’es peut-être pas prête encore mais, au cas où, sache que tu peux aller voir un médecin, une gynéco et prendre la pilule. Tu as mon accord. De toutes façons tu n’as pas besoin de mon accord, ton corps est le tien.

Bien sûr elle a protesté que non, qu’elle n’était pas prête mais j’ai insisté pour qu’elle fasse la visite pour être prête le jour dit.

De la même façon j’ai toujours offert à mes enfants vers l’âge de douze ans deux ou trois préservatifs au cas où. Be ready, c’est ma démarche. Il ne faut pas être pris au dépourvu.

Je pense qu’il faut arrêter d’être niais ou de faire le niais. Il y avait autrefois un mot très joli pour dire dépuceler, qui était déniaiser. Le rôle des parents selon moi c’est de déniaiser, tirer du royaume obscur de l’ignorance, sans tabous. Répondre à leurs interrogations quand elles se posent. Mais c’est à eux qu’il conviendra de choisir le jour, l’heure, l’endroit et la personne adéquate pour leur dépucelage.

J’ai vu au Brésil des familles dont les jeunes filles même âgées de plus de trente ans se cachent les yeux et détournent la tête quand un acte sexuel est pratiqué dans un film. J’en ai toujours ri. Mais que voulez-vous, les tabous et les faux-semblants ont la vie dure.

En ce moment les pouvoirs publics envisagent de donner à l’école primaire des cours d’éducation sexuelle pour les pré-adolescents. Cela fait polémique. Cet article cité en première ligne du Journal du Dimanche synthétise bien où nous en sommes en France en septembre 2018.

Chacun voit midi à sa porte. Moi je préfère les solutions familiales. Ces solutions ont besoin d’outils adaptés. Parmi ces outils il y a le site Nouveaux Plaisirs qui prône une éducation sexuelle épanouie pour tous et par la même occasion pour les pré-adolescents de 8 à 12 ans.

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J’ai particulièrement apprécié la mise en relation avec la plateforme de service de streaming Blackpills où est publiée la série animée orientée cul Peepooodo and the Super Fuck Friends (Littéralement Faispipicaca et les Super Amis de la Baise). C’est une production française de Bobbypills avec Yves Balak, Brice Chevillard et Nicolas Athané. Attention : interdit aux moins de 18 ans.

Mais c’est à vous parents de voir et laisser voir à vos ados ou pré-ados. A gouttes homéopathiques si vous préférez. Comme le dit en préambule la série ce n’est pas parce que c’est salissant que ça salit. En anglais :

It’s not beacuse you gte down and dirty that’s it’s dirty

J’ai trouvé la série très drôle, extrêmement bien documentée, crue certes jamais vulgaire et surtout divertissante, informative et rythmée. On y évoque sur dix-huit épisodes de 4 minutes à travers quelques héros bien déjantés : un hamster rose, Peepoodo, un ours blanc Kevin, une chatte infirmière Docteur Monique Lachatte, deux lapins Mr (Jean-Luc) et madame (Kimberley) Lapine, un taureau appelé Grocosto, une éléphante appelée Lilifan, presque tous les aspects d’une sexualité féconde, positive et décomplexée (hormis la pédophilie et la nécrophilie) et même la sexualité senior. On y apprend par exemple comment stimuler sa prostate par voie anale. On y apprend que le viagra ne s’accommode pas bien du jus de pamplemousse par exemple et que si l’on prend de ce jus cela annule les effets du viagra. Je ne prends pas encore de viagra pour l’instant mais c’est bon à savoir. Et je remarque que mon médecin m’a interdit de prendre du jus de pamplemousse en raison de mon traitement d’insuffisance rénale. J’ai appris aussi par d’autres personnes et en consultant le net qu’il fallait éviter aussi de prendre de la carambole.

Dans le même ordre d’idées vous pouvez prolonger vos états d’âme en matière de sexualité sur vos états d’âme en matière de psychanalyse en regardant suer la même plateforme Blackpills la série Crisis Jung qui en dix épisodes de 5 minutes sous la haute autorité de Jérémie Perin, Gobi, Laurent Sarfati et Baptiste Gaubert nous entraîne sur la piste des amours de Jung et de Maria avec la participation exceptionnelle de Petit Jésus.

J’ai tout autant apprécié malgré mon ignorance complète du norvégien (grâce notamment aux sous-titres) la mise en relation avec le programme norvégien d’éducation sexuelle Newton. Le NRK, depuis 2015, évoque en norvégien en huit épisodes tous les menus détails de la sexualité à la puberté : l’apparition des poils, la croissance, le pénis, le vagin, la sueur, les seins, la voix, les règles, les éjaculations involontaires, l’acné, etc

newton

Le tout sur le ton du divertissement et de l’humour.

Cowboy aux frontières de l’extrême Far West Indies liquide

Quand je pense à l’extrême je plonge mes yeux dans l’extrême horizon de mes propres extrémités inférieures comme supérieures et j’essaie de matérialiser par des bouées les champs sémantiques des extrêmes. L’orient extrême, l’occident extrême, l’extrême couchant alias extrême ponant et l’extrême levant.

Me voici donc bien installé sur l’estran, cowboy anachronique en selle sur une vague appelée Jolly Jumper, la moitié de mes extrémités enfoncée sous mon poids dans le sable, entouré de trous de crabes et de pélicans plongeurs qui me devisagent au loin sur cette Grande Anse du Far West Indies. Je ne vois guère que leurs traces fugitives pattes et becs qui ricanent dans le sable mouillé . Je suis aux frontières de l’ extrême. Les extrêmes sont à la mode. LES EXTRÊMES SONT TENDANCE. Le mot extrême qui s’utilisait jadis en antéposition dans ses constructions lexicales comme dans les formulations comme l’Extrême-Orient, extrême-droite, extrême-gauche, extrême-onction, s’utilise désormais en postposition comme pour en adoucir les traits, nous la retirer de l’horizon lointain, du Far West pour la rendre plus visible dans le centre extrême ou l’extrême insoumission que d’aucuns appellent de leurs vœux comme dernière extrémité pour sauver les démocraties de l’extrême- onction programmée.

Mais revenons aux sens premiers d’extrême. A travers deux proverbes :

Aux maux extrêmes les extrêmes remèdes.

Les extrêmes se touchent.

Extrême, dixit le cntrl, tiré du latin extremus, superlatif de exter, en dehors. Signifiant le plus à l’extérieur, le dernier, le pire, l’extrême.

Oh je sais tout n’est affaire que de proportion puisque, nous disent par ailleurs les arithmeticiens, le produit des extrêmes est égal aux produits des moyens.

Les frontières de l’extrême reculent sans arrêt. Il y a une surenchère permanente. Plus le sport est extrême plus il attire la jeunesse, plus le discours est extrême plus il attire le chaland.

Je suis né moi-même dans l’extrême, puisque né à EXTRA-MUROS. EN DEHORS DES MURS, EN DEHORS DU BOURG. DEWO. L’extrême extase de l’en-dehors…

Au bal aérien des maringouins nul ne sait qui est mâle, qui est femelle

A l’embouchure de la rivière Nuit commence le bal des maringouins. Ce ne sont ni marins ni gouins, d’ailleurs pour être parfaitement honnête il faudrait rebaptiser ces diablesses-la des maringouines car seules les femelles vous sucent le sang comme si c’était du punch coco. Oui nos cousins maringouins font du bruit, aboient à l’orée de vos oreilles certes mais ne mordent pas. À cause de ces demoiselles derebenales assoiffées de globules des générations entières de maringouins sont mis au ban de la société de la bienséance. Et comment savoir si l’être volant et suceur de sang est mâle ou femelle ? Comment faire le distinguo ? Je n’ai jamais craint ces vampirellas ivrognes et amatrices de boudin pimenté comme le mien. Jamais je ne me suis ondoyé de vinaigre pour faire face aux piqûres de ces volantes à deux ailes aux têtes plus petites que des épingles. Ces moucheronnes sont semble-t-il allergiques à mon sang mâtiné aux sources chaudes de la rivière Bouillante. Mon corps tatoué de tafia ne leur a jamais donné visa ni pour les ampoules ni pour les démangeaisons . Ces incommodes arrivent parfois en vrombissant sur le basané de ma chair comme dans un dessin animé de Woody Woodpecker, se cognent la trompe sur ma peau rêche qui leur inflige trois décharges de secousses électriques et repartent la queue basse sans demander leur compte. Appelez en tupi ces cousines, mauvaises larronnes, par leur nom original, maruim, mais toutes les variantes patronymiques mordent autant : marangwen, marangwon, mayengwen, mayangwen, mayangwan, marwen, marengwen…et pendant que ces dames s’amusent et se vautrent telles des truies illuminées dans leur bauge sanguine ces messieurs végétariens font la sieste et maudissent les dieux et esprits qui les ont affublés de ce sexe faible qui les prive de ces délices humains et animaux et les condamne à n’aspirer de leurs trompes faites pailles que Riqlès , Great ou cocos à l’eau.

Spectre de corps noir et trous noirs

Nous sommes conditionnés par les mots et leurs usages. Prenez le groupe de mots suivant. Spectre de corps noir et trous noirs. Blackbody spectrum and black holes en anglais. Quand je pense à spectre je pense tout d’abord à un fantôme, qui avance masqué sous un drap blanc. Ce drap pourrait être bleu, blanc, violet, jaune, maculé de sang ou de sperme, plein de particules de sable ou de miettes de pain, cela pourrait être imbibé d’urine, ça pourrait être une alèse . Ça pourrait être une lange, une couverture en patchwork, que sais-je de la soie, de la laine ou de la vieille toile cirée, mais non quand je pense à spectre je vois à priori un drap blanc immaculé qui marche ou vole. Ce sont ces représentations induites qui nous bornent et nous empêchent d’être créatifs. La créativité c’est sortir de ces représentations évidentes, sécurisantes mais qui ne reposent sur rien, qui se fondent sur l’implacable impalpable. Pour représenter un dieu on mettra un vieil homme sage et bon doté d’une barbe bien taillée et d’une épée ou d’une hache pour au besoin châtier ceux qui le méritent. Ou alors un animal, une vache, un chat, un lion, un éléphant, un serpent. Un aigle. Voire un objet en or comme la Toison, ou un totem en forme de veau. Ou simplement la mer, le soleil, les étoiles. Nous naissons conditionnés par nos parents et par les systèmes à travers lesquels ils naviguent sans boussoles. Les systèmes de pensée véhiculés de la sorte s’impriment et s’epanouissent en nous. C’est la loi du genre. Comment en vouloir aux parents ? Ils font de leur mieux pour expliquer l’inexplicable. J’ai été parent, je me suis encore. JE COMPRENDS QUE POUR ÉCHAPPER AU DOUTE IL FAILLE ENONCER QUELQUES certitudes à sa progéniture… OR DANS LA VIE IL Y A TRÈS PEU DE CERTITUDES. ON ÉBAUCHE DES HYPOTHÈSES ET ON ESPÈRE QU’ELLES SE VÉRIFIERONT DANS LA PRATIQUE. AINSI VA LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE AINSI VA LA MARCHE DU MONDE. POUR CEUX QUI ONT BESOIN DE CERTITUDES IL EXISTE LES TABLES DE LA LOI, LES ÉDITS RELIGIEUX, LES DIX COMMANDEMENTS GUIDES PAR LE BON SENS MAIS QUI VOUS DISENT QU’IL EST POSSIBLE DE MOURIR ET DE RESSUSCITER, QU’IL EST POSSIBLE DE MARCHER SUR l’eau et de séparer la mer en deux, QU’IL EST POSSIBLE DE CHANGER L’EAU EN VIN ET LE PAIN EN POISSON. QU’UNE VIERGE Miraculeuse PEUT ENFANTER PAR SIMPLE VOLONTÉ DE DIEU SANS Visitation préalable DE SPERMATOZOIDES. POUR SIMPLIFIER NOTRE CONNAISSANCE DU MONDE IL Y A DIEU Et Ses OMBRES. Dieu QUI EST OMNISCIENT ET TOUT PUISSANT. L’HOMME, LA NATURE, LES ANIMAUX TOUT LUI EST REDEVABLE. LE BONHEUR COMME LE MALHEUR, CAR LE MALHEUR (QUI PEUT S’ABATTRE SUR CERTAINS ET QUI FINIT TOUJOURS PAR S’ABATTRE PUISQUE NOUS SOMMES MORTELS) fait partie du bonheur. Dieu nous teste. Nous devons prier et implorer grâce et miséricorde. Pour nous et nos défunts. À cette condition nous irons au paradis et aurons la vie éternelle.

J’envie presque ceux qui ont la foi. Je ne comprends pas qu’il ne veuillent pas mourir tout de suite pour goûter immédiatement aux délices de la vie éternelle et de la résurrection de la chair.

Mais revenons à mon propos de spectre de corps noir et trous noirs. Après spectre il y a corps. Un corps vivant ou mort, céleste ou gras, d’élite ou de métier ?

Et de quel noir s’agit-il ? Celui darker than blue de Curtis Mayfield, celui du vendredi, celui de l’idée, de la suie, du crayon, celui des veuves, celui du cabinet, celui de la négritude ou celui de la tigritude ?

Les trous sont-ils d’eau ou de mémoire ?

On peut faire dire au mot ce que l’on veut, exactement comme on fait un assemblage de raisins pour fabriquer le meilleur vin. Faisons des assemblages de raisons pour fabriquer une meilleure vie. Jouons avec les moûts, les sulfites, les sucres ajoutés, soyons les vignerons de nos propres vies. Taillons nos sarments de nos sécateurs et badigeonnons nous de doute pour que nos corps-ceps sortent de leur corset et résistent aux pucerons et épidémies de phyloxera. Nous sommes nos propres récoltants. Mais nous aurons toujours quoi que nous fassions devant nos yeux, implacable, le spectre de corps noir et trous noirs.

Le spectre en physique est un faisceau de radiations monochromatique. Le corps noir est un objet idéal totalement absorbant à toute radiation électromagnétique. Il absorbe tous les rayonnements quelque soit leur longueur d’onde et leur direction. Tout cela a été théorisé et appliqué par des physiciens, astronomes depuis Stefan (1879)et Plank (1900). Un objet noir à une température uniforme.

Le trou noir est un objet céleste compact qui emprisonne en lui les rayonnements. C’est parce qu’il n’émet pas la lumière qu’on dit qu’il est noir donc invisible pour les astronomes. Souvenons-nous en effet que le noir c’est l’absence de lumière. L’absence de couleur. Regardez bien l’arc en ciel vous n’y verrez ni noir ni blanc. Mais une successions de spectres. Allant du plus chaud au plus froid. Du bleu au rouge.

There’s nothing like Père Labat on the rocks

I like banana, yes sir. I like caramel yes sir! I just have a crush on coconut, oh my God. I’m hooked on vanilla and I’m longing for the flavor of rocks. My rocks aren’t any rocks. I favor coconut rocks and sugar cane rocks. With Père Labat about any rock rocks. I usually have two. I move them around in circles as if my glass was a cocktail tumbler. So fresh. A glimpse of lime. My Père Labat is worth all the Wray and Nephew of The World of Rum. Père Labat is an annointed rum that makes a difference. I use it to rub my back, I use it to rub my gums. Père Labat is the best toothpaste you’ll ever get. Also good anti perspirant. This is my overproof rum. L’essayer c’est l’adopter.

Père Labat was from day one made to kill them, it was made to kill devils. Hence the name guildive.

And do you know why rhum spells with an h in French?

Les Pitons de Llewellyn Xavier

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The Pitons est une aquarelle sur papier Arches (je suppose car la plupart de ses aquarelles portent la mention « watercolor on Arches paper ») du peintre, sculpteur, lythographe originaire de Sainte-Lucie Llewellyn Xavier, alias de Llewellyn Charles Xavier, né en 1945. Ces deux pics jumeaux – le Gros Piton qui culmine à 786 mètres et le Petit Piton qui plafonne quant à lui à 743 mètres – ont été distingués en 2004  avec le classement World Heritage (patrimoine mondial de l’humanité) par l’Unesco. Les jumeaux ou jumelles – car nul ne sait trop le sexe et le genre de ces west-indian twin peaks – se dressent près des bourgades de Soufrière et Choiseul sur le littoral sud-est de Sainte-Lucie.

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Llewellyn Xavier n’est pas n’importe qui ! OBE (Officier dans l’Ordre de l’Empire Britannique) depuis 2004 s’il vous plait! Ca vous classe tout de suite le bonhomme ! Il a étudié outre à Sainte-Lucie à la School of the Museum of Fine Arts de Boston et au Nova  Scotia College of Art and Design d’Halifax, Canada.  Il est connu pour sa technique bien personnelle de mise en valeur de la couleur, de lumière, la texture et la beauté des Caraïbes. Même s’il a produit des oeuvres sur tous types de support dès les années 60 il est connu pour son activisme artistique politique et écologique à travers la Caraïbe.

Son oeuvre maîtresse est de 1993, année où il a produit une série intitulée Global Council for Restoration of the Earth’s environment, une oeuvre qui fait intervenir outre sa peinture, du matériel recyclé, des reproductions de dessins du 18ème et 19ème siècle reproduisant des oiseaux, poissons et autres animaux, des plantes pour la plupart disparues ou en voie d’extinction.

Il a aussi produit une autre série Environment fragile où il introduit dans sa peinture des éléments comme des timbres, des pots de peinture presque vides, du carton recyclé et des éclats d’or de 24 carats. Cette série met l’accent sur la dévastation subie par l’environnement et le coût élevé que représente cette destruction pour le genre humain

Il fait partie des collections permanentes de musées et galeries aussi prestigieuses que

The Smithsonian Institution, Washington, D.C.
The Metropolitan Museum of Art, New York
The Museum of Modern Art, New York
The Studio Museum, New York
The American Museum of Natural History, New York
Art Gallery of Ontario, Toronto, Canada
Howard University, Washington, D.C.
The Fitzwilliam Museum, Cambridge, England
The Victoria and Albert Museum, London
The Ulster Museum, Northern Ireland
The Walker Art Gallery, Liverpool, England
The Wolverhampton Art Gallery, England
Sussex University, Sussex, England
Oxford University, Oxford, England
The National Gallery, Jamaica
The Barbados Museum, Barbados
The State Department, USA
UNESCO
Fondation Clément, Martinique, France

L’homme, l’artiste majuscule aux 4 l, qui habite Silver Point, Mount du Cap, Cap Estate, Sainte-Lucie a exposé un peu partout :
2017 *Unix Gallery, New York, USA
*Fondation Clement, Martinique, France
*University of Texas at Austin
2016 Unix Gallery, Art Miami, Miami
Unix Gallery, New York (Future Anesthetics)
*Phillips, New York (Blue Ocean Sanctuary)
2009 *Caribbean Art Gallery, Saint Lucia, West Indies
2007 *Albemarle Gallery, London, England, (the launching of Llewellyn Xavier: His Life and Work)
2005 Whitechapel Gallery, London, England
1996 Harmony Hall, Jamaica, West Indies
1994 *Mutual Life Art Gallery, Jamaica, West Indies
The Contemporary Print Show, London, England
1993 *Barbados Museum, Barbados, West indies
*Patrick Cramer Gallery, Geneva, Switzerland
*New York Design Center, New York, USA
1982 Nova Scotia College of Art and Design, Halifax, Canada
1979 *Camera on Mass. Ave., Boston, USA, Conceptual, photographing Military Parade on
Massachusetts Ave.
*Piedmont College, North Carolina, USA, parallel to a lecture by Alex Haley, (author of Roots)
1977 *Afro/American Historical Museum, Philadelphia, USA
*Anamon Art Gallery, Toronto, Canada
*Howard University, Washington D.C., USA
1976 *Mazelow Gallery, Toronto, Canada
*The National Archives, Ottawa, Canada
*Afro/American Historical Museum, Detroit, USA
*Howard University, Washington D.C., USA
1975 Art Gallery of Ontario, Toronto, Canada
1974* Mazelow Gallery, Toronto, Canada
1973 The Oxford Gallery, Oxford, England, Curator: Edward Lucie-Smith, Art Critic, Art Historian, Author
I.P.G. United Nations, New York, USA
*Gallery III, Montreal, Canada
Saratoga Gallery, New York, USA
1972 The Museum of Modern Art, New York, USA
The Studio Museum, New York, USA
*The Whitechapel Art Gallery, London, England
Third British International Print Bienniale, Bradford, England
1971 The Commonwealth Institute, London, England
*D.M. Gallery, London, England, Curator: Sir Roddy Llewellyn,
organised by Penguin Books and Jonathan Cape
*Oxford University, Oxford, England
*The Round House, London, England
*Sussex University, Sussex, England
*solo exhibition

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Bien sûr d’autres artistes peuvent légitimement arborer  les couleurs de Sainte-Lucie comme le regretté auteur d’Omeros, prix Nobel de littérature der 1992, Derek Walcott que j’ai déjà évoqué ici. Walcott se réfère souvent à Gros Piton dans son oeuvre comme ici dans Omeros LVII:

« In the midst of the sea there is a horned island

With deep green harbours

Where the Greek ships anchor.

It was a place of light with lunminous valleys

Under thunderous clouds. a Genoan wanderer

saying the beads of the Antilles named the place

for a blinded saint. Later others would name her

for a wild wife. Her mountains tinkle with springs

among moss-bearded forests, and the screeching of birds

stitches its tapestry. The white egret makes rings

stalking its pools. African fishermen make boards

from trees as tall as their gods with their echoing

axes, and a volcano , stinking with sulphur,

has made it a healing place.

Mais le plus remarquable c’est le drapeau saint-lucien qui arbore avec fierté les couleurs de ses twin peaks, ses deux Pitons : Petit Piton est couleur or, Gros Piton est couleur noire et blanc. Ces deux triangles dressent leurs cimes vers le ciel cobalt à parir de leur base la mer cobalt. L’auteur de ce drapeau est l’artiste saint-lucien Dunstan Saint-Omer (1927-2015)

Je suis tout d’autant plus naturellement  porté à pénétrer l’univers d’aquarelle de LX à travers la représentation des Pitons que je suis moi même né au pied de la Soufrière qui soit dit en passant culmine elle à 1467 mètres (contre je le rappelle respectivement 743 mètres et 786 mètres pour les Pitons)(quoi qu’en feet leur altitude se porte à 2,438 et 2,619 pieds). La vieille dame, comme on l’appelle n’a rien à envier aux deux pitons jumeaux et pourtant l’icone américaine Ophrah Winfrey a déclaré que les Pitons de Sainte-Lucie était l’une des 5 merveilles au monde à visiter pour ne pas mourir idiot.

Je n’ai pas d’avis sur la question n’ayant jamais visité ces deux pitons jumeaux, ces deux aiguilles géantes qui intègrent la chaîne de Qualibou aka Soufrière. The babies séparées par un autre piton qui leur sert de cordon ombilical le piton Mitan! Et je ne crois pas que le charme et la grandeur dépende de la taille.

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Tout est affaire de silhouette. Et peut-être aussi de bière puisqu’il y a une bière appelée Piton à St Lucia et aucune appelée Soufrière en Guadeloupe. Les pitons sont le symbole de Ste Lucie et figurent sur le drapeau national. Les Pitons n’ont rien à voir avec l’Everest et le Népal, (ils sont 15 fois plus petits que l’Everest, c’est dire), ils sont des pics de verdure, deux cones forestiers qui plongent dans la mer. C’est peut-être cet ancrage dans la mer, qui fait sa classe.  il y a tant d’histoires dans ces flancs, des histoires d’esclaves marrons, des histoires de boucaniers, des histoires d’amérindiens Caraïbes et Arawaks, des histoires de navigateurs qui y ont accroché leurs amarres ! Ce sont comme des aimants pour les montagnards (mountaineers) et autres randonneurs, marcheurs et aventuriers, trekkers  avides d’Himalaya antillais. Je ne suis pas si téméraire, quoi que haut-montagnard, haut-basse-terrien de naissance, iodé et boucané  entre mer , terre et Pindorama antique, je ne me suis guère aventuré plus haut que le premier plateau de la Soufrière. Que Lucie de Syracuse, cette vierge italienne oubliée, me vienne en aide et me donne la force un jour d’escalader les flancs de ces « géants » géologiques. Et si elle ne peut rien pour moi, qu’à cela ne tienne, j’escaladerai de mes lèvres, telle la montagne mystique, les parois abruptes d’une bonne bouteille bien fraîche de Piton lager beer

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La plus longue éclipse lunaire totale du siècle entre au revoir et adieu

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Ce soir 28 juillet 2018 la lune va subir sa plus longue éclipse, la plus longue éclipse totale de ce vingt-et-unième siècle. A 21H30 heure française l’astre passera du cuivré aux 99 nuances de rouge et orange pour parvenir à 22H20 à la lune de sang, la lune rousse.. Cela durera au total 103 minutes, nous dit-on. Exactement 1 heure 42 minutes et 57 secondes. Le soleil, la terre, Mars et la lune resteront alignés sur le même horizon puis chacun reprendra sa dérive. Puis la lune sortira de l’ombre de la terre à partir de 23H13 et à 1H28 elle redeviendra comme à son habitude blanche. Et moi je continuerai en rêvant ma drive d’astronomie. Je ne sais trop si je dois dire au revoir à l’éclipse ou adieu.

Je n’aime pas trop le mot adieu car il implique une vision divine. On pourrait dire aussi en Dieu. C’est un peu une vision latine puisqu’on a aussi adeus em portugais, adios en espagnol, addio en italien où Deus e Dios e Dio sont les synonymes parfaits de Dieu. Mais au moment d’une éclipse totale de lune tous les êtres ont un rapport intime avec leurs instincts archaïques, leur moi primal.

Ce n’est pas par hasard si dans le Nouveau Testament et le livre des Révélations l’apôtre Jean dans Apocalypse 6:12 évoque un soleil noir comme un sac de crin (black as sackcloth of hair) (negro como saco de cilicio) (negro como un saco e cilicio) (nero come il carbone) et une lune rouge comme sang. Tout cela apparaît après un tremblement de terre terrible quand le messager, un agneau ouvre le sixième sceau.

Et la suite n’est pas très réjouissante dans Apocalypse 6:13

Les étoiles du ciel tombent sur la terre comme lorsqu’un figuier secoué par un vent violent jette ses figues vertes

On parle dans les versions française et anglaise de noir comme un sac en toile de crin (de chèvre ou de chameau) alors que dans la version portugaise et espagnole on parle de cilice, (negro como um saco e cilicio)(negro como saco de cilicio) une sorte de vêtement de bure que l’on utilisait pour se mortifier.

Que dit la version latine de ce jour de colère?

12 et vidi cum aperuisset sigillum sextum et terraemotus factus est magnus et sol factus est niger tamquam saccus cilicinus et luna tota facta est sicut sanguis

13 et stellae caeli ceciderunt super terram sicut ficus mittit grossos suos cum vento magno movetur

Ne finassons pas: le soleil n’est pas d’actualité, ce soir il ne sera pas disent les astronomes noir comme un sac de cilice mais ne devrions pas nous méfier un tout petit peu de cette lune de sang ?

Moi j’irai avec un parapluie car je ne veux pas me prendre des figues vertes sur la tête et des rafales de sang. J’ai bien regardé la météo. Les orages ne sont pas impossibles ainsi que le tonnerre et la foudre. J’ai déjà pris un petit café au lait et au chocolat pour dernier viatique !

Adieu ou au revoir. Goodbye or farewell, até logo ou adeus !

En fait de lune en menstrues je n’ai même pas vu de lune. Il est 22H54. Mais j’ai vu des centurions romains sous l’Arc de Triomphe de Saintes et des feux de bengale sous les colonnes à chapiteau dorique.

Sus au sans !

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La préposition « sans » est à la mode bio. On voudrait au nom  de principes forts sains apparemment : un vin sans sulfites, un œuf sans albumine, un savon sans phosphates. Un steak sans viande, une tomate sans pesticides, une christophine sans chlordécone, un bouillon cube déshydraté aux légumes bio sans sel, sans lactose, sans gluten, sans huile de palme, sans exhausteur de goût, sans arômes artificiels, un miel sans glyphosate, du chocolat en poudre sans gluten, une eau de source sans nitrates, un spray désinfectant sans javel, une crème de douche hydratante sans sulfates, un savon végétal sans parabène, une pâte à tartiner cacaotée sans huile de palme, du muesli sans sucres ajoutés, des frites sans matières grasses, des sardines sans arêtes, du colza sans néonicotinoïdes tueurs d’abeilles, du maïs sans ogm, de la bière sans alcool, des chips sans glutamate de sodium, bref j’en passe des vertes et des pas mûres. Je ne vous cache pas que je m’interroge sur ce que je mange. Puis-je encore faire confiance aux étiquettes et aux labels ? Car sans ne veut pas toujours dire zéro.

J’essaie tant que faire se peut de limiter les dégâts en consommant le plus possible bio ou sans engrais mais sans toutefois me faire trop d’illusions. C’est le marché qui commande.