Déverrouiller d’un regard

C’est le spot de Face ID, un logiciel de reconnaissance faciale, qui est inclus dans Iphone X. Il suffit de confier sa rétine, son nez et sa bouche à la caméra TrueDepth de votre Iphone X  et hop votre visage sera modélisé  en 3D ! Toutes les portes du monde Apple vous sont ouvertes mais il faudra montrer non seulement yeux, mais nez et bouche, sinon pas de déverrouillage. Unlock with a look, vous dit Apple ! Déverrouillez d’un regard! Est-ce mieux que Touch ID qui permettait de capter les empreintes digitales ? Voyez plutôt !

On peut aussi, suite logique, payer d’un regard (Pay with a glance) toujours avec ce fabuleux Iphone X, avec les logiciels Apple Pay et Face ID. Voyez plutôt !

La musique originale de Fly Market est Back Pocket de Vulfpeck ! Groovy !

A priori l’animal est fiable ! Je n’ai pas de Iphone X !Je ne vois pas l’intérêt d’investir autant pour si peu de choses mais je dois admettre que toutes ces avancées technologiques devraient à long terme nous servir fans la vie de tous les jours. Ainsi je me vois bien voyager sans passeport puisque je serai reconnu aux frontières par ce système incolore inodore. Je ne risquerai pas de me faire voler ma carte bleue puisque j’en aurai plus besoin. Je pourrai faire démarrer ma voiture d’un regard. Ma seule inquiétude c’est que ma vie privée sera en permanence online. Un autre inquiétude quelqu’un d’autre pourra faire une photo de mon visage, le digitaliser et s’en servir à mon désavantage. De plus j’imagine que si on a plus ou moins mis sur la touche Touch ID c’est que la technologie, j’imagine, devait avoir quelques flaws. Bref, je reste un peu dans l’expectative

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UN CYCLONE NOMMÉ DENTELLE

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Il y a dans la famille cyclone deux lignées diaboliques: les Cacocyclones et les Agathocyclones. Qu’ils soient lions rugissants tropicaux ou serpents dévorants sub-tropicaux, qu’ils soient caïmans pleurnichards baillant leurs dépressions, panthères vomissant tempêtes ou baleines rotant cyclones, les vents sont des génies prodigieux et prestigieux. Leur sexe est indéfini au royaume de passementerie : Luis, Betsy, Hugo, Cynthia, Harvey, Irma, Maria ! Katrina, Andrew, Sandy, Ike, Wilma, Hugo, Rita, Frances, Charley, Ivan ! Leurs noms sont gravés au fer rouge dans les lacets de guipure du vent.

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Dès le 1er juin la saison des cyclones est ouverte. Hurricane season is open ! La WMO (World Meteorological Organization) puise dans sa liste de prénoms qui ne contient jamais les initiales Q, U, X, Y, Z. Donc pas de cyclone Ursula, ni Zoé, ni Xavier, ni Yann, ni Yolande ni Quénette. De plus la même liste revient tous les 6 ans. Quand un cyclone a été particulièrement mortel il disparaît de la liste c’est ainsi qu’il n’y a plus de cyclone Hugo (1989), ni Betsy (1965), ni Katrina (2005), ni Mitch (1998), ni Erika (2015)  ni Sandy (2012) par exemple.

2005 : Arlene  Bret Cindy Dennis Emily Franklin Gert Harvey Irene Jose Katrina Lee Maria Nate Ophelia Philippe Rita Stan Tammy Vince Wilma

2006 : Alberto Beryl Chris Debby Ernesto Florence Gordon Helene Isaac Joyce Kirk Leslie Michael Nadine Oscar Patty Rafael Sandy Tony Valerie William

2007 : Andrea Barry Chantal Dean Erin Felix Gabrielle Humberto Ingrid Jerry Karen Lorenzo Melissa Noel Olga Pablo Rebekah Sebastien Tanya Van Wendy

2008 : Arthur Bertha Cristobal Dolly Edouard Fay Gustav Hanna Ike Josephine Kyle Laura Marco Nana Omar Paloma Rene Sally Teddy Vicky Wilfred

2009 : Ana Bill Claudette Danny Erika Fred Grace Henri Ida Joaquin Kate Larry Mindy Nicholas Odette Peter Rose Sam Teresa Victor Wanda

2010: Alex Bonnie Colin Danielle Earl Fiona Gaston Hermine Igor Julia Karl Lisa Matthew Nicole Otto Paula Richard Shary Thomas Virginie Walter

2011 : Arlene, Bret, Cindy, Don, Emily, Franklin, Gert, Harvey, Irene, Jose, Katia, Lee, Maria, Nate, Ophelia, Philippe, Rina, Sean, Tammy, Vince, Whitney

2012 : Alberto Beryl Chris Debby Ernesto Florence Gordon Helene Isaac Joyce Kirk Leslie Michael Nadine Oscar Patty Rafael Sandy Tony Valerie William

2013 : Andrea Barry Chantal Dorian Erin Fernand Gabrielle Humberto Ingrid Jerry Karen Lorenzo Melissa Nestor Olga Pablo Rebekah Sebastien Tanya Van Wendy

2014 : Arthur Bertha Cristobal Dolly Edouard Fay Gonzalo Hanna Isaias Josephine Kyle Laura Marco Nana Omar Paulette Rene Sally Teddy Vicky Wilfred

2015 : Ana Bill Claudette Danny Erika Fred Grace Henri Ida Joaquin Kate Larry Mindy Nicholas Odette Peter Rose Sam Teresa Victor Wanda

2016 : Alex Bonnie Colin Danielle Earl Fiona Gaston Hermine Ian Julia Karl Lisa Matthew Nicole Otto Paula Richard Shary Tobias Virginie Walter

2017 : Arlene, Bret, Cindy, Don, Emily, Franklin, Gert, Harvey, Irma, Jose, Katia, Lee, Maria, Nate, Ophelia, Philippe, Rina, Sean, Tammy, Vince, Whitney

2018 : Alberto Beryl Chris Debby Ernesto Florence Gordon Helene Isaac Joyce Kirk Leslie Michael Nadine Oscar Patty Rafael Sara Tony Valerie William

2019 : Andrea Barry Chantal Dorian Erin Fernand Gabrielle Humberto Imelda Jerry Karen Lorenzo Melissa Nestor Olga Pablo Rebekah Sebastien Tanya Van Wendy

2020 : Arthur Bertha Cristobal Dolly Edouard Fay Gonzalo Hanna Isaias Josephine Kyle Laura Marco Nana Omar Paulette Rene Sally Teddy Vicky Wilfred

2021 : Ana Bill Claudette Danny Elsa Fred Grace Henri Ida Julian Kate Larry Mindy Nicholas Odette Peter Rose Sam Teresa Victor Wanda

2022 : Alex Bonnie Colin Danielle Earl Fiona Gaston Hermine Ian Julia Karl Lisa Martin Nicole Owen Paula Richard Shary Tobias Virginie Walter

2023 : Arlene Bret Cindy Don Emily Franklin Gert Harold Idalia Jose Katia Lee Margo Nigel Ophelia Philippe Rina Sean Tammy Vince Whitney

2024 : Alberto Beryl Chris Debby Ernesto Florence Gordon Helene Isaac Joyce Kirk Leslie Michael Nadine Oscar Patty Rafael Sara Tony Valerie William

2025 : Andrea Barry Chantal Dean Erin Felix Gabrielle Humberto Imelda Jerry Karen Lorenzo Melissa Nestor Olga Pablo Rebekah Sébastien Tanya Van Wendy


Pas un seul cyclone nommé Dentelle ! Et pourtant !

L’exposition Puerto Rico : Defying Darkness 2018 ouvre au 516 arts à Albuquerque dans l’état de New Mexico. Parmi les exposants, tous d’origine portoricaine, je note la présence de Frances Gallardo, artiste plastique dont les « hurricane series » ont retenu mon attention.

Son portrait du cyclone Cynthia m’a tout particulièrement touché. Elle s’est basée sur les archives du NOAA pour proposer un cyclone de papier, aux points, aux nouages, aux brides et aux motifs remarquables. Un papier aux creux et reliefs, aux volutes et aux arabesques si interminables qu’on pourrait à s’y méprendre qualifier de dentelle, de dentelle aux fuseaux du Quercy. Cette dentelle dont on fait les cyclones en capture la transparence et la fragilité. La dentelle, renda en portugais, lace en anglais, merletto en italien, encaje en espagnol, kant en allemand.

Il y aurait donc quelque part dans un grand vent de chanvre, de lin blanc, de coton perlé, de soie écrue des maîtres-dentelliers et maîtres-dentellières qui centimètre carré par centimètre carré broderaient à tombeau ouvert sur les îles éparses devenues coussins-tambours leurs éventails, traines et voiles de dentelle noire faits de nuages de volants aux tulipes et aux roses

Réflexions autour de trois bouteilles d’huiles essentielles

Cela aurait pu être tout simplement une nature morte aux trois huiles essentielles. Huile d’olive, huile e colza et huile de palme. Huile de colza pour le tout venant, huile ‘olive pour les salades et huile de palme pour lees spécialités bahianaises. C’est devenu un sujet de polémique nationale. Hystérie collective ? Enfin pas vraiment. Je dirais plutôt intérêts catégoriels bien protégés, l’intérêt colllectif cachant toujours l’arbre de l’intérêt individuel ! Bas les masques ! Les producteurs français de colza et de tournesol, fabricants de biocarburants et d’huile domestique montent au créneau et bloquent les raffineries de France et de Navarre. Total a commis le péché de trop. Importer du bio carburant d’Argentine ne prêtait pas trop à conséquences (tout de même 75 pour cent de cette huile était d’origine huile de palme) mais  vouloir raffiner en France, ans les Bouches-du-Rhône de l’huile de palme. C’en fut trop. Ce fut la goutte d’huile qui mit le feu dans la boutique ! Malgré la promesse par Total (mais on sait bien que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent) de faire un mix où les producteurs de colza auraient droit à 50000 tonnes de leur colza dans la production du biocarburant qui serait produit . 50000 tonnes, une goutte d’eau par rapport à la part réservée à l’huile de palme évaluée à 300000 tonnes, soit 6 fois plus. C’est alors que les arguments ont fusé. Huile mauvaise pour la santé (on en avait déjà parlé avec le Nutella), huile qui favorise la déforestation notamment en Indonésie et en Malaisie qui produisent 80 pour cent de l’huile de palme du monde. Déforestation responsable en l’occurrence de la disparition à plus ou moins longue échéance de la biodiversité mettant en danger l’existence et la survie d’animaux comme  l’orang-outang,  le tigre de Sumatra, le gibbon. En 25 ans la consommation a été multipliée par 4, en 50 ans par 50. Etrange. Huile de palme, symbole de tous les maux, effet collatéral de la mondialisation ?

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Pour la santé elle contient notamment 50 pour cent d’acides gras saturés , soit cinq fois plus par exemple que le colza. Mais quand on mange du beurre on en absorbe même plus. J’ai lu aussi que l’huile de palme servait aussi au travail esclave des enfants. Il est vrai que l’exploitation même industrielle du palmier à huile n’est pas mécanisée et utilise de la main d’oeuvre infantile car il faut grimper 15 mètres en haut des palmiers pour récolter les grappes à coups de sabre. Mais qu’on se le dise c’est la même chose pour le coco. Et je n’ai pas vu de manifestation de protestation contre le producteurs de lait de coco ni d’huile de coprah.

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Le palmier à huile  Elaeis guineensis , originaire de l’Afrique de l’Ouest et que l’on retrouve de la Guinée à l’Angola, est la base de cette huile que l’on maudit à corps et à cris en Europe.  L’huile est pourtant consommée tous les jours au Brésil depuis le 17ème siècle où elle a été importée d’Afrique et encore aujourd’hui elle est produite et consommée dans beaucoup de pays africains. Ayant habité au Brésil 15 ans et plus spécifiquement dans l’Etat de Bahia, j’ai toujours chez moi une bouteille d’huile de palme qu’on appelle au Brésil azeite de dendê. On trouve cette huile dans les magasins exotiques .La bouteille que j’ai n’a même pas d’étiquette.  J’ai reconnu l’huile à sa couleur rouge-orange chez le Pakistanais où je me la suis procurée. Je l’ai payée 3 €.   Pour savoir sa provenance il faut regarder au cul de la bouteille en plastique. Il y est écrit : Tel (021) 221380 PETO5LT KANE EM GHANA. Ce sont les producteurs de la bouteille vide.

La production au Brésil se trouve concentrée dans l’Etat du Para, en Amazonie. 80 pour cent de l’huile de palme qu’on appelle là-bas azeite de dendê est produite dans cet état.     On n’imaginerait pas la cuisine bahianaise sans cet ingrédient reminiscent de la culture gastronomique africaine et des religions afro-brésiliennes comme le candomblé. Car l’huile à ses qualités tout de même. Je ne parle même pas des vitamines E ou A. Peu me chaut. C’est une oléagineuse prolifique qui rend dix fois plus d’huile par hectare que le soja, 4 fois plus que  l’arachide et deux fois plus que le coco. Je parle de sa faculté à ne pas rancir, à supporter les hautes températures par exemple quand on souhaite frire des acarajés, plat élémentaire de la cuisine bahianaise, ou pour faire une moqueca de poissons ou  une mariscada, un caruru, un vatapa, un bobo, un xinxim. Eita tempero gostoso ! C’est elle qui donne cette teinte jaune orangée aux plats. C’est un élément de partage avec les orixas, les divinités du panthéon du candomblé.

Enfin l’un des avantages de cette huile, la première en fait pour les industriels, c’est la moins chère. Elle concurrence par son prix c’est évident l’huile produite par les producteurs européens de colza et de tournesol. Certes le cahier des charges est différent, tant au niveau réglementaire, social et environnemental, certes, certes, certes, mais alors pourquoi ne boycottent-ils pas aussi le café, le sucre de canne, le lait de coco, le riz thaïlandais, le thé, le piment, la banane, le cacaoyer, le pétrole, le gas, etc. tous autant qu’ils le sont aussi ravageurs pour l’environnement que le pauvre dendezeiro qui n’en demandait pas tant. Ils ne les boycottent pas tout simplement car ils n’ont pas la possibilité d’avoir une production locale suffisante pour couvrir le besoin du marché, cela ne menace pas leur marché.

Le traitement est pire que la maladie soulignent certaines ONG environnementales démontrant que le diesel fossile est moins émetteur de gaz à effet de serre que les biodiesels plus respectueux l’environnement qui sont censés le remplacer à plus ou moins long terme comme le soja, l’huile de palme, le colza (rapeseed)

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Cette étude est nettement défavorable à l’huile de palme qui polluerait trois fois plus que l’énergie fossile. Pour les partisans de l’huile de palme comme par exemple ici, Christine et les Huiles Essentielles

Cette huile de palme authentique a été produite au Ghana par une coopérative de femmes où la conversion / destruction de la forêt n’est pas une pratique utilisée. Ces femmes font ainsi vivre leur famille. L’huile de palme du Ghana est utilisée dans les plats traditionnels depuis des siècles et fait partie du régime alimentaire africain.

l’huile a une teneur en acides insaturés plus élevée que les huiles de palmiste ou de noix de coco.

Elle est uniquement riche en pro-vitamine A, en vitamine E et en lycopène, qui sont de puissants anti-oxydants.

  • C’est une bonne source naturelle de nutriments vitaux Oméga 3 et 6.
  • Elle n’a pas d’acides gras trans, n’est pas hydrogénée et ne contient pas de colorants artificiels ni de conservateurs. C’est un anti-oxydant
  • Elle contient 10 à 15 fois plus de carotène que la carotte

Utilisation cosmétique :

savons

crèmes peau sèches, fragiles, en détresse

soins soleil ou après soleil

cheveux secs, frisés crépus : en masque ou dans les cakes shampoings

L’huile de palme colore la mousse mais pas la peau dans les produits rincés

Elle donne une jolie couleur ensoleillée dans les crèmes et les baumes

inci: Elaeis guineensis oil.

pot verre  de 100ml

Lot : huilpalmghana n°

 

Le palmier à huile qu’on appelle dendezeiro au Brésil est la cible des producteurs d’oléoprotéagineux français. La plus grosse entreprise de biocarburants en France est leader européen dans ce domaine et s’appelle Avril. Le biodiesel qu’elle produit est disponible à la pompe sous le nom de bioester.

 

Bon je veux bien qu’on parle de biocarburants quoique le mot est un peu ambigu on devrait parler plutôt de agrocarburants car qu’ils soient à base de colza, de tournesol ou de soja ou de canne à sucre ils monopolisent des surfaces cultivées qui si le biocarburant n’existait pas serait utilisé pour l’alimentation humaine. Et même Avril qui est le premier en ligne de mire par la volonté de Total d’implanter sa bioraffinerie à Mède dans les Bouches du Rhône est dans le capital d’une société qui  travaille sur  l’huile e palme et il lui arrive e mettre jusquà 10 pour cent d’huile de palme  dans son bioester. Donc on voit bien que c’est une affaire de gros sous. Chacun voit midi à sa fenêtre. Et moi de la mienne !

Moi en tout cas je dis avec  Nilze Carvalho ou Zeca Pagodinho: bota dendê no meu caruru ! Et honni soit qui mal y pense !

28 avril : so deixo meu Jean-Marie no ultimo pau de arara

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Il y a trois biotopes que j’aime plus que tout au monde : l’un c’est la mangrove, c’est le number one, le chouchou des chouchous; le deuxième c’est la montagne (je ne suis pas montagnard de haute-basse-terre pour rien) et le troisième, last but not least, c’est la caatinga ! Et aujourd’hui 28 avril c’est depuis 2003 la fête à la caatinga ! Alors fêtons que diantre !

Por ser de lá
Do sertão, lá do cerrado
Lá do interior do mato
Da caatinga e do roçado
Eu quase não saio
Eu quase não tenho amigo
Eu quase que não consigo
Ficar na cidade sem viver contrariado

Por ser de lá
Na certa, por isso mesmo
Não gosto de cama mole
Não sei comer sem torresmo
Eu quase não falo
Eu quase não sei de nada
Sou como rês desgarrada
Nessa multidão, boiada caminhando à esmo.

Et comme je suis caatingueiro dans l’âme eh bien, aujourd’hui je trinque. A ta santé caatinga, écosystème brésilien ! Bien sûr, je bois une petite cachaça Pitu car ninguém é de ferro ! On ne trinque pas en l’honneur de la caatinga avec du Pouilly-Fuissé ni avec de la Veuve Clicquot. Ce qui sied vraiment, c’est la cachaça. Alors un petit citron (je n’ai pas de vert donc ce sera du jaune cette année, désolé). A ta santé caatinga, à votre santé umbu, bode, rapadura, cansanção, tatu-bola, ema, onça, sisal, fogão de lenha, mandacaru, siriema, tuiuti, arara azul de lear ! Saudade ! Saude ! A votre santé à vous aussi cariri, pau de arara, cerrado, sertão, jurema, palma, xique-xique, juazeiro, angico, aroeira, urubu-rei, jacu, onça pintada, tamanuda, caipivara, teju, caititu, forro !

Caatinga

Quand je pense caatinga  je pense à un écosystème brésilien unique en son genre: il n’existe qu’au Brésil et comprend sur 895000 km² (soit 11 pour cent du territoire brésilien) 10 états brésiliens : Alagoas, Bahia, Ceara, Maranhão, Minas Gerais, Paraiba, Pernambuco, Piaui, Rio Grande do Norte, Sergipe. Cette date anniversaire est l’occasion de   protéger cet écosystème fragile car fortement anthropisé  (qui résiste malgré les déprédations en tous genres dus à la chasse, aux prélèvements de bois et aux brûlis) mais aussi de montrer l’importance de sa conservation pour l’équilibre  environnemental.

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La caatinga est un ensemble qui avec le cerrado ne fait pas partie du patrimoine national brésilien (malgré les propositions d’amendement de la Constitution PEC 51 datant de 2003 et PEC 5 de 2009 toujours en discussion) au même titre  que  l’ Amazônie, la Mata Atlântica (forêt atlantique), la Serra do Mar, le Pantanal et la Zona Costeira (zone littorale). C’est le jour anniversaire de João Vasconcelos Sobrinho (1908-1989) un écologiste pionnier qui sert comme date pour le journée de la caatinga.

C’est une région semi-aride riche en biodiversité, où vivent de nombreuses espèces endémiques. On y dénombre 78 espèces de mammifères ; 591 espèces d’oiseaux; 177 de reptiles; 79 espèces d’amphibiens; 241 espèces de poissons et 221 espèces d’abeilles.

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La caatinga a de grandes potentialités:  une utilisation durable de sa biodiversité peut  permettre par un plan de sylviculture approprié l’exploitation du bois, du fourrage, des plantes médicinales, des fibres, des résines, du caoutchouc, de la cire, des colorants, des oléagineux, des plantes aromatiques et alimentaires.

La caatinga présente aussi des paysages considérés idéaux pour l’écotourisme. Tous ces facteurs sont fondamentaux pour donner une impulsion au développement de la région et promouvoir une meilleure qualité de vie pour les populations locales.

A vida aqui só é ruim
Quando não chove no chão
Mas se chover dá de tudo
Fartura tem de montão
Tomara que chova logo
Tomara, meu Deus, tomara
Só deixo o meu Cariri
No último pau-de-arara
Só deixo o meu Cariri
No último pau-de-arara
Enquanto a minha vaquinha
Tiver o couro e o osso
E puder com o chocoalho
Pendurado no pescoço
Vou ficando por aqui
Que Deus do céu me ajude
Quem sai da terra natal
em outro canto não pára
Só deixo o meu Cariri
No último pau-de-arara
Só deixo o meu Cariri
No último pau-de-arara
Enquanto a minha vaquinha
Tiver o couro e o osso
E puder com o chocoalho
Pendurado no pescoço
Vou ficando por aqui

 

Malheureusement cet environnement malgré la création de zones  de conservation ambientale fédérales ou régionales est soumis à de nombreuses dégradations par les brûlis, la chasse et la déforestation .

TOUT EN PORCELAINE BLANCHE.

Je suis devenu un spécialiste des urinoirs et des vases sanitaires d’aéroport et d’aéronefs. Tout en porcelaine blanche. Des Porcher, des Duravit (Nice pissotieres homme au niveau du check in), des Allia Paris (Nice aeroport sanitaires hommes et femmes au niveau de l’embarquement), des Galla, des Laufen, des Villeroy et Boch, des Aubagne, des Selles, des Idéal Standard, des Jacob Delafon, des Roca. J’y laisse ma trace de pourriture noble régulièrement, presque religieusement. Je crois voir sortir de mon moi surmûri des semences par tonneaux de vin de paille. Je pense alors au geste auguste du semeur.

Je sème à tout vent

voit-on une semeuse déclarer au frontispice de tous les Larousse.

Moi ma devise c’est: « je sème mon ADN à toutes eaux dans les urinoirs, pissotières et autres cuvettes sanitaires. » Je ne sais pas si dans cet ADN on retrouve des traces d’aigrettes de pissenlit ou de botrytis cinerea. CE QUE JE SAIS C’EST QUE J’AI MOI AUSSI DES AKENES VOLATILS.

En 1952 Pierre Kast a produit un court métrage intitulé « Je sème à tout vent ». Jean Vilar participait a l’aventure EN TANT QUE RECITANT. Grosso modo voici le synopsis. Un extraterrestre arrive sur Terre après une explosion nucléaire et ne peut comprendre l’ organisation du monde que grâce au dictionnaire Larousse. Moi je caresse l’idée qu’ un extra terrestre voyant pour la première fois des toilettes d’aéroport puisse se poser la question sur leur utilité.

Véhicule 100 pour cent musculaire.

J’attends patiemment depuis plus d’une demi-heure le bus 112 ou 82 à Nice pour me rendre au village d’Eze, un village médiéval haut perché des environs, quand tout à coup à hauteur de l’arrêt Boyer sur la rue Barda surgit du diable vauvert un bolide jaune au fuselage élégant. Une Porsche 908? Non! Une Maserati MvC12 ? Que nenni ! Une voiture à propulsion humaine si l’on en croit cette inscription :

véhicule cent pour cent musculaire.

Je veux bien qu’il montre ses muscles mais il roulait bien à 50 km/h quand même, le prototype. Et pas sur les côtés tel un escargot timide craignant de se faire écraser par les géants, mais non surtout pas: en pleine piste, fier de lui. Il en faut quand même du courage pour se frayer un chemin à hauteur de pare-chocs, pensai – je dubitatif.

Véhicule 100% musculaire. Ça donne à réfléchir. Sans énergie fossile donc. Ni pétrole ni gaz ni uranium ni alcool. Une voiture propre. C’est un raccourci car pour se mouvoir tout véhicule a besoin que je sache d’énergie. L’énergie musculaire a besoin de conbustible. Son fuel c’est l’eau, l’huile, le yaourt, les pâtes le camembert, le citron, etc. Et qui dit combustible dit résidu de combustion, n’est-ce pas.

On peut penser qu’il n’y a qu’un conducteur pour piloter ce VPH véhicule à propulsion humaine qu’on pourrait appeler vélomobile.

Renseignement pris il y a un résident Monégasque, un certain Igor Paliouk, un russe infirmier de profession qui se déplace dans la région avec un véhicule de ce type. Il en possède 4 de ces vélomobiles. Très écologique. C’est peut être lui.

On pourrait imaginer aussi qu’il y ait plusieurs personnes dans le bolide. Je ne le pense pas. Je pense plutôt à une solution hybride comme un mix muscles – énergie solaire. Car je ne me vois pas grimper en danseuse les routes vallonnées de Haute Basse-Terre dans un cockpit sans assistance électrique.

Ils pourraient aussi avoir réussi à stocker dans une batterie de l’énergie musculaire. Mais alors il faudrait savoir l’autonomie en km d’un tel engin.

Quoi qu’il en soit c’est dans le Nord de l’Europe en Allemagne, en Belgique, en Hollande, en Autriche, en Suisse qu’ on fabrique ces bolides.

Il faut quand même une bonne condition physique pour pratiquer l’exercice. Mais la communauté HPV/VPH existe bel et bien avec ses rencontres, ses championnats, son association française HPV. Ses constructeurs aussi: Strada (6450€)- LeitraAlleweder – Quest (6550€) – QuestXS (6550€)- Quattrovelo (7700€)- Go-One – Waw – Mango – (ça c’est pour les VÉLOMOBILES.

Mais il y aussi les vélos couchés, les VC. On les appelle aussi vélos horizontaux par comparaison aux vélos traditionnels dits eux vélos droits, les VD, ceux par exemple qui participent au tour de France. Il y en a de toutes sortes avec carénage, sans carénage, semi-carénage. Et là les constructeurs sont légions: Nazca – M5 – Optima – Velotechnik – Rainbow – Sinner – Flevobike – Fuenda – Zephyr – KMX – Burley – Ice – Catrike – Azub – Challenge – Hase – Alligt

Cette technologie est assez ancienne. Elle date de 1894 et a été proposée par l’ingenieur suisse Challand.

Revenons à EZE. Il y a un hôtel de la Chèvre d’Or. Les plats sont à 98€. Il y a un hôtel EZA où aurait habité son Altesse Royale de Suède le prince Guillaume. Les sites vont de 300 à 800 € selon la saison. Je vous recommande la suite médiévale. Mais blague à part c’est un joli village médiéval qui vaut bien le détour et pourquoi pas en vélomobile. Il me rappelle un peu Saint-Paul-de-Vence. Nous sommes venus par le bus 83. Simple comme bonjour. Beaucoup de touristes. Les vieilles pierres fascinent. A chaque escalier, chaque devanture, chaque portail les flash crépitent. Il y a un jardin exotique dont l’entrée est facturée 6€. Je n’y suis pas entré. Cela donne accès semble-t-il à une tour. Allez repos. Une petite 1664. Je préfère rêver à ces bolides musculaires si vous permettez.

15 ans et demi en mai 1968

Au Brésil Zuenir Ventura a écrit en 1989 un ouvrage intitulé 1968 : o ano que nao terminou. L’année qui n’a pas terminé !

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En mai 1968 j’avais 15 ans et demi, 32 dents et 9 frères et soeurs (huit survivants) dont la dernière venait de naître le 15 janvier. J’étais l’aîné, j’habitais La Pierre Plate un cinq pièces au huitième étage dans une cité à Bagneux dans les Hauts de Seine, qu’on appelait encore Seine tout court, la cité des musiciens. Chacun de mes amis ou copains était identifié par une barre d’immeubles. Il y avait ceux de Mozart, ceux de Serge-Prokofiev, ceux de Claude-Debussy, ceux de Manuel de Falla, ceux de Frédéric-Chopin, ceux de Rossini, le B8, dont je faisais partie. Entre Mozart A8 et Rossini B8 c’étaient 192 logements. Moi mon univers se jouait entre Rossini, Mozart et Debussy. Nous nous retrouvions pour jouer au foot derrière Mozart ou derrière Debussy entre garçons. Je n’avais qu’un copain de classe dans le quartier, Yann qui habitait dans le même bâtiment . J’étais au numéro 8, lui au numéro deux ou trois. Nous prenions tous les matins avec Maurice qui habitait lui au rond-point des Martyrs le bus 188 pour aller à l’école. Puis on marchait à pied de Sceaux-les-Blagis jusqu’au lycée Lakanal situé entre Sceaux et Bourg-la-Reine. Le lycée Lakanal était un lycée très huppé puisque 85 pour cent des élèves étaient issus des csp +, des chefs d’entreprise, des professions intellectuelles supérieures, des cadres supérieurs. Moi j’étais le prolétaire de service, la racaille studieuse, l’exception qui confirme la règle. Je me sentais vraiment un privilégié !

Etre balnéolais était presque une tare. Etre de Sceaux-les-Blagis était déjà une honte ! Le lycée offrait un cadre exceptionnel ! Parc, cour, couloirs étaient chargés d’histoire même si les latrines laissaient à désirer. Mais nous étions dans un lycée chargé de traditions. Khâgne, hipokhâgne, classes préparatoires étaient célèbres ! Entouré de professeurs célèbres. J’étais en seconde A.

Etudes classiques latin espagnol anglais ! Un lycée de garçons ! Yann Piquer et Maurice Allouche, mes copains de Bagneux, mais aussi Yves Trancard, Robert Gouin, François Merle, Jean-Marc Boyer, Bernard Breuiller, Jean-Pierre Lenfant, Christian Billon, Romain Gospodnetik, Pascal Meslet. Leclerc, Batista, Dubut dont les prénoms se sont évanouis. Aucune fille ! Les filles étaient regroupées elles au lycée Marie Curie ! J’étais demi-pensionnaire. Je mangeais le midi à la cantine. Comme j’étais boursier puisqu’on était une famille nombreuse je ne crois pas que mes études aient coûté cher à mes parents ! Il y avait aussi des pensionnaires qui étaient en internat qui dormaient carrément à l’école du lundi au samedi et parfois plus. J’enviais surtout les externes qui pouvaient sortir le midi et aller manger chez eux. Ceux-là c’étaient des privilégiés. Certains arrivaient en Solex d’autres étaient déposés en voiture.

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En mai 1968 j’avais 15 ans et demi et j’étais sans doute encore catholique puisque en 1969 encore il me semble que j’étais enfant de choeur et que j’ai participé à la quête de l’église Sainte-Monique pour les aveugles. J’avais même fait ma renonce.

J’adorais lire et je passais la plupart de mon temps à la bibliothèque municipale où j’ai lu toute la collection de contes et légendes du monde entier. Je jouais aussi au foot en cadet au COMB comme demi et à l’AS Lakanal au rugby.

J »étais romantique. A 15 ans et demi je n’avais pas encore embrassé une fille, si ma mémoire est bonne. Sur le chemin de l’école entre les blagis et Lakanal il y avait le lycée professionnel Florian rue de la Marne où je croisais des demoiselles et mon regard croisait assez souvent une petite martiniquaise qui habitait justement aux Blagis chez sa tante. Avec elle qui était Marylin mais pas Monroe j’ai connu mon premier film au cinéma, mes premières étreintes, mes premieres caresses, ma première jouissance . Mais nos jeux étaient malgré la jouissance assez innocents sur les bancs publics, dans les fourrés, au cinéma, contre les murs mais jamais au lit. J’avais alors peut être seize ans, seize ans et demi mais peut être aussi quinze ans et demi. Je confonds les dates. Ce que je sais c’est que quand Johnny a sorti Si j’étais un charpentier, ou Mon fils moi je n’avais pas encore croqué la pomme. J’avais trop peur qu’une partenaire éventuelle tombe enceinte. C’était ma hantise. Devenir père à 16 ans. Je voulais étudier. Je ne savais pas encore ce que je voulais faire exactement mais ce que je savais c’est que je ne voulais pas devenir père à 15 ans et demi. La pilule n’était pas à la mode et je n’avais jamais vu un préservatif ! J’avais une seule certitude c’est que je voulais un métier qui me fasse voyager. Je pensais à steward ou pilote pendant longtemps mais je dus déchanter à cause de ma vue. J’étais myope, je ne pouvais pas être pilote et steward je ne trouvais pas assez glamour. J’écrivais bien, je parlais anglais et espagnol ! Journaliste pourquoi pas !

Mon père avait alors 45 ans et ma mère 37. Ma mère ne travaillait pas depuis que nous étions arrivés en métropole en 1961 et mon père travaillait depuis 8 ans à Paris dans le septième arrondissement rue du Bac dans l’Administration, comme il aimait à le dire après avoir vécu une partie de sa vie engagé dans l’Armée. Il était huissier au Ministère de l’Industrie. Huissier c’est un bien beau titre pour une fonction qui consistait globalement à filtrer les entrées et les sorties et à porter le courrier et lire le journal. Mon père qui était résistant était inscrit au Parti communiste mais adorait de Gaulle ! Il était trésorier d’une association antillaise appelée le Rayon de Soleil.

Moi j’avais 15 ans et demi. et j’ai vu passer mai 1968 comme un printemps ensoleillé entre parties de babyfoot à la Croix de Berny, parties de flipper, mes premiers cafés, mes premiers émois sans doute. J’étais assurément loin des pavés, des barricades, des manifs. Je voyais bien que ça bougeait mais cela ne me concernait pas ! Je n’étais pas politisé ! J’entendais bien les slogans comme « il est interdit d’interdire », « les frontières on s’ en fout », « prenez vos désirs pour des réalités », « soyez réalistes: demandez l’impossible ». Mais tout de même appeler les étudiants ou les grévistes « la chienlit », je trouvais ça un peu vieux jeu de la part de celui qui s’appelait le président. Mai 68 ce ne furent pour moi que des vacances scolaires avant la date.

Je suis probablement parti en vacances comme d’habitude pour deux mois en colonie de vacances. En juillet août j’ai dû passer du bon temps à la Feclaz en Haute-Savoie. Mais mon 1968 à moi ce furent :

 1. le 16 octobre les Jeux Olympiques de Mexico et les poings noirs gantés levés (pouvoir noir) pendant l’hymne américain Star Spangled Banner pour protester contre la discrimination raciale dans leur pays Tommy Smith et John Carlos après la finale du 200 m où ils terminèrent respectivement premier et troisième; ils portaient un foulard noir au cou (symbole de fierté noire), des chaussettes noires et pas de chaussures pour symboliser la pauvreté noire.

Quelques jours plus tard ce fut au tour de Lee Evans, Larry James, et Ronald Freeman de porter le béret noir, symbole du pouvoir noir des Black Panthers

Je me souviens aussi des 8 mètres 90 de Bob Beamon ! Des 9 secondes 95 de Jim Hines au 100 m, du Fosbury flop de Dick Fosbury;

2. l’assassinat de Martin Luther King le 4 avril à Memphis Tennessee à l’âge de 39 ans;

3. l’assassinat le 5 juin de Robert Kennedy à Los Angeles à l’âge de 42 ans;

4. la mission Apollo 8 atteint la lune le 24 décembre (Jim Lowell, Bill Anders, Frank Borman)

5. c’était la guerre du Vietnam, Joan Baez chantait « Where have all the flowers gone »;

6. c’était la guerre du Biafra et personne ne chantait;

7. en août les Soviétiques entraient à Prague et faisaient danser le kazatchock aux Tchèques qui n’en demandaient pas tant.

En 1968 je regardais l’an 2000 comme un objectif tellement lointain presque inatteignable. Je me disais en l’an 2000 j’aurai 48 ans comme mon père. Je serai un vieux, Encore plus vieux que mon père en 1968. Je me promettais de ne pas avoir de bedaine, de ne pas être gratte-papier.

Maintenant que dire. Nous sommes en mai 2018. 1968 c’était il y a cinquante ans. Et dire que j’y étais. J’ai presque du mal à l’admettre. Comment admettre qu’on a des souvenirs e plus de 50 ans ? Déjà les souvenirs s’embrument. J’ai perdu mon père il ya de cela 17 ans, l’âge que je n’avais pas encore atteint en 1968. Ma mère va en avoir 87. J’ai 5 enfants ont le petit dernier va avoir 19 ans. Ils ont aussi leurs rêves. Ils me voient probablement comme je voyais mon père. Un petit vieux un peu turbulent, irresponsable et voyageur. Mai 2018 s’annonce chaud puisqu’on veut faire la fête à Macron. J’ai jeté un coup d’oeil aux mots d’ordre figurant sur les banderoles brandies par les  black blocs que la France béate et sidérée a l’air de découvrir : « tout va bien« , « Macron nous met dans une colère noire« , « Cette fois on s’est organisé« , « le  black bloc colore nos vies« , « risques de troubles à l’ordre public« , « la lutte paie plus que ton patron« , « la piraterie féminine n’est jamais finie« , « A bas la HESS« , « Premiers de cordée, premiers guillotinés« , « Sous les k-ways la plage« , « Marx attack ». Bon, je dois avouer que tous ces slogans ne retentissent pas en moi de la même façon car je n’ai pas tous les codes (je n’écoute pas Booba)  mais je dois avouer  que j’ai probablement un vieux fond soixante-huitard malgré tout qui m’incline à avoir une certaine sympathie pour ceux qui s’interrogent, même si cette interrogation se manifeste violemment. Ni dieu ni maître est un concept philosophique que j’appuie totalement. Ce n’est pas parce que je ne fais pas partie des Black blocs que je ne soutiens pas leur réflexion. Comme le dit BFMTV :

« les slogans déployés par les black blocs reflètent l’idéologie libertaire, anarchiste et anticapitaliste du mouvement contestataire »

Moi quand je lis « Ni patrie, ni patron, ni Le Pen ni Macron » je suis plutôt en adéquation. Quand je lis « Pour l’unité il faut des ennemis communs » ça me semble bien envoyé. Quand je lis « sélection piège à cons », ça me renvoie à « élections piège à cons » de 68 et quand je vois « sous les k-ways la plage » je vois bien « sous les pavés la plage ». J’aime l’irrévérence car dans cette irrévérence il y a le lyrisme

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Juste pour faire avancer la discussion. Cela ne veut pas dire ni que je cautionne  ni que je ne cautionne pas. Mais je crois qu’en disant que ce sont des casseurs sans aucun objectif politique je crois qu’on simplifie un peu trop la donne. Faites- vous votre idée comme je me fais la mienne. Mai 68 pour moi c’était les black Panthers, mai 2018 ce sera les Black Blocs. Life goes on, » tout va bien » ! Moi je souhaite retransmettre la parole ici d’un black bloc telle qu’elle a été tenue sur Libération après la manif du 1er mai:

« Le 1er mai

«D’abord, je voudrais dire que je parle du Black Bloc en mon nom propre, pour rappeler ses objectifs et sa visée politique bien réels, contrairement à ce qu’on entend partout. Mardi, j’ai participé au cortège parisien. Je ne donnerai ici aucun élément touchant de près ou de loin à ce que j’y ai accompli ou à la réalité de l’organisation. Pour ceux qui s’interrogent sur la légitimité de la présence d’un Black Bloc le 1er Mai, je voudrais rappeler qu’avant d’être la fête du travail, cette date est la commémoration de l’injuste condamnation à mort de sept anarchistes américains [en 1886 à Chicago, ndlr].

La tactique

«Le Black Bloc n’est ni un parti ni un mouvement, c’est une tactique, un outil, une modalité d’action politique. Le Black Bloc se forme ponctuellement, pour un événement précis, puis se dissout immédiatement. Il n’a aucune stratégie politique de long terme. Il regroupe des gens de bords différents, des jeunes, des vieux, de surcroît de classes sociales hétérogènes. Mardi, il y avait dans le cortège parisien des camarades venus de nombreux pays d’Europe, car notre lutte est internationaliste : le capitalisme mène une lutte mondialisée, notre résistance doit l’être tout autant.

«Le dress code, être vêtu de noir et porter la cagoule, résulte de deux logiques. D’abord, évidemment, il s’agit de se préserver de la répression policière, de la vidéosurveillance. Ensuite, la tenue a valeur de solidarité. Toutes les personnes encagoulées, équipées de masque à gaz ou de lunettes de piscine, ne se livrent pas forcément aux dégradations. Toutefois, en arborant le dress code, elles acceptent d’assumer collectivement les opérations et de rendre le plus compliqué possible l’exercice d’identification par les policiers.

La violence

«Il est assez consternant de voir revenir au lendemain de chaque action du Black Bloc ce langage politico-médiatique insistant simplement sur son aspect violent. L’idée est claire : il convient de délégitimer l’action du Black Bloc, avec cette rengaine de la violence pour la violence, de casser pour casser. Au contraire, le Black Bloc n’a rien d’apolitique. Il ne frappe pas aveuglément. Son essence est de montrer la conflictualité sociale, la logique de répression. Au quotidien, l’Etat exerce une pression sourde sur différents groupes du corps social : les exilés, les sans-papiers, les zadistes, certains mouvements étudiants, les salariés au chômage, les squatteurs. Par sa volonté de confrontation, le Black Bloc met le doigt sur cette frontalité, et pousse l’Etat dans ses retranchements afin qu’il affiche son vrai visage. Immédiatement, nous voyons alors affleurer les violences policières, qui s’expriment pourtant quotidiennement dans les quartiers populaires, contre les personnes racisées et les sans-papiers. Quant au terme « casseur », il est à rejeter. Il participe lui aussi à la volonté du pouvoir de dépolitiser le Black Bloc. Il n’y a pas de mots adéquats pour définir le Black Bloc. Je dirais que nous sommes militants, activistes, révolutionnaires et d’autres choses encore.

Le ciblage

«Le Black Bloc favorise des actions groupées et rapides. Il y a des cibles évidentes, les McDonald’s, les concessionnaires de voitures de luxe, les banques et, bien sûr, les bâtiments administratifs, les commissariats. Loin d’être gratuit, le ciblage se concentre sur les symboles de l’Etat et du capitalisme. Quant au mobilier urbain, parfois dégradé, il peut à la fois être utilisé comme projectiles, mais il incarne surtout l’organisation spatiale décidée unilatéralement par l’Etat pour réguler la société et que nous voulons transformer.

La politique

«Le Black Bloc ne peut être récupéré par aucun parti politique. Précisément parce qu’il rassemble des gens qui s’organisent en dehors des frontières politiques traditionnelles. Le Black Bloc rejette tout autant le Parti socialiste que La France insoumise. Il s’affranchit également de la tutelle des centrales syndicales. Le socle fédérateur est d’inspiration anarchiste, anticapitaliste mais, une fois encore, le Black bloc est surtout une constellation indéfinissable, qui naît et disparaît une fois son expression accomplie.»

 

J’aime beaucoup cette chanson chantée par Joan Baez, God is God (Dieu est Dieu). Pourtant je ne crois pas en Dieu mais tant pis ! j’aime cette phrase « some folks see things not everybody can see ». Peut-être les Black blocs sont une peu comme ça, des gens qui voient des choses que personne ne voit! Des lanceurs d’alerte, peut-être. 3 mai 1968, 3 mai 2018 moi je dis: continuons le combat. Les idées ont vocation à faire leur chemin.

I believe in prophecy.
Some folks see things not everybody can see.
And, once in a while, they pass the secret along to you and me.
And I believe in miracles.
Something sacred burning in every bush and tree.
We can all learn to sing the songs the angels sing.
Yeah, I believe in God, and God ain’t me.
I’ve traveled around the world,
Stood on mighty mountains and gazed across the wilderness.
Never seen a line in the sand or a diamond in the dust.
And as our fate unfurls,
Every day that passes I’m sure about a little bit less.
Even my money keeps telling me it’s God I need to trust.
And I believe in God, but God ain’t us.
God, in my little understanding, don’t care what name I call.
Whether or not I believe doesn’t matter at all.

I receive the blessings.
That every day on Earth’s another chance to get it right.
Let this little light of mine shine and rage against the night.

Maybe someone’s watching and wondering what I got.
Maybe this is why I’m here on Earth, and maybe not.
Chorus:
But I believe in God, and God is God

Foufou ou gligli, entre les deux mon coeur volète

 

C’est sur le blog de Mamzelle Colibri que j’ai découvert cette planche 99 du biologiste allemand Ernst Haeckel (1834-1919) qui en 1904 a publié 100 planches qui au total ont constitué son ouvrage Kunstformen der natur (Formes artistiques de la nature) et ont été imprimées par le lithographe  Adolf Giltsch. La planche est intitulée sobrement Trochilidae. On y voit toutes sortes de colibris, certains se prenant pour des paons, certains pondant ou couvant des oeufs,  d’autres tranquillement installés sur des fougères prenant le serein, mais la plupart voletant gaiement dans l’azur , cinglant l’air de leur bec fin et pointu. Sacrés Trochilidés ! Moi je les ai toujours appelés foufous ! Mais il manque quelque chose à l’illustration c’est le bruit, le frou-frou du foufou, quand il  volète, en haut, en bas, en avant en arrière, à droite à gauche, c’est un vol frénétique à plus de 50 battements d’ailes/seconde, une énergie fabuleuse pour un oiseau qui ne mesure pas pour le plus petit d’entre eux, le foufou proprement dit,  plus de 8 cm de la queue au bec

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Eh oui le foufou et moi c’est une longue histoire ! Ma mère ne me disait-elle pas de rester tranquille , d’arrêter de bouger :

Misyé Ari rété an plas ! arété bougé kon foufou !

Je n’ai jamais su à quel foufou elle faisait référence. S’agissait-il du foufou proprement dit = colibri huppé  = Antillean crested hummingbird (Orthorhyncus cristatus),

du foufou fal vè  = colibri fal vert = green-throated carib (Eulampis holosericus) –

du foufou fal wouj ou  foufou madè = colibri madère = purple-throated carib (Eulampis jugularis),

du foufou fal blan = colibri fal blanc,

du foufou nain

du foufou à tête bleue

du foufou à tête noire

du foufou d’Elena

Pour moi quand j’étais petit c’était un seul enchantement, un kaléidoscope de couleurs qui bruissaient. J’ai su plus tard qu’on appelait mes foufous oiseaux mouche ou colibris. Pour moi les foufous faisaient partie de ma famille, les Baltimore. Les trois que j’avais à disposition le foufou, le foufou fal vè et le foufou madè, je les avais adoptés comme mes frères et soeurs. Et voilà que j’apprends par Mamzelle Colibri, depuis les froides terres canadiennes, qu’ils n’étaient pas orphelins et qu’ils avaient une grande et noble famille, celle des Trochilidae. Pour votre information fal en kreyol veut dire gorge. En anglais throat ! Granfal veut dire quelqu’un qui a un appétit d’ogre. Fenmé chimiz aw tout fal aw dewo ça veut dire ferme ta chemise toute ta gorge est dehors. Disons pour simplifier que la gorge peut aller jusqu’au ventre (gwo bouden). Idem en français hexagonal le soutien-gorge ne soutient pas la gorge mais les seins, les tétés.

A ne pas confondre avec le gligli = crécelle d’amérique = american kestrel (Falco sparverius) . Halte-là, ne confondons pas koko et zabriko ! Famille des Falconidae ! rien à voir !

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UN PROVERBE DIT

Gligli ka chiyè a la kous douvan foufou. L’épervier fuit devant le colibri. Oui il fuit très vite car l’oiseau mouche a un long bec qu’il lui plante sous la queue dans le derrière.

Lè ou pa ka manjé kochonnri ou pa kay an nòs a gligli. Il ne faut pas fréquenter ceux qui ne vous conviennent pas.

kon foufou dèyè gligli

pitit foufou ka pougalé gligli

On appelle au Brésil le colibri beija-flor (littéralement baise-fleur) c’est vrai qu’il a une relation particulièrement avec les fleurs ont il aspire le nectar e son long bec. §Très sexuel tout ça, de haut en bas, à droite à gauche, en avant, en arrière, tu as calé moteur ma fille, remets le contact fais vite,

 

 

 

 

Je hais les voyages et les explorateurs

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Je hais les haies (Raymond Devos)

Je hais les haies

Qui sont des murs.

Je hais les haies

Et les mûriers

Qui font la haie

Le long des murs.

Je hais les haies

Qui sont de houx.

Je hais les haies

Qu’elles soient de mûres

Qu’elles soient de houx !

Je hais les murs

Qu’ils soient en dur

Qu’ils soient en mou !

Je hais les haies

Qui nous emmurent.

Je hais les murs

Qui sont en nous.

Je hais les haies comme Devos mais contrairement à Claude Lévi-Strauss je ne hais ni voyages, ni explorateurs, ni navigateurs, ni géographes, ni colonialistes. Chacun à sa façon pour moi contribue dans le temps et l’espace à l’appréhension la plus fine d’une culture ! 53 ans après Au Coeur des Ténèbres de Joseph Conrad (1902) qui glorifie l’aventure de l’explorateur défricheur de cultures lointaines « Je hais les voyages et les explorateurs » c’est l’incipit de Tristes Tropiques (1955) de Claude Levi-Strauss pour qui le voyage ne saurait être dépaysement ou aventure. Fondamentalement le voyage est selon Levi-Strauss tout sauf un souvenir exotique qu’il qualifie même de scorie de la mémoire. Le voyage n’est pas un but mais un moyen ! Le périple qui intéresse c’est le périple ethnographique, scientifique qui exige rigueur, ténacité, humilité, proximité ! Il y a chez l’ethnologue une appétence à cartographier, compartimenter le genre humain, les civilisations.

Moi je me dis qu’il a d’autres approches possibles.   Je n’aime pas trop cette approche systématique, prétendument structurelle. Je ne l’aime pas chez Levi-Strauss, je ne l’aime pas chez Saussure, je ne l’aime pas chez Lacan. C’est vrai il y a eu des explorateurs et des géographes heureusement pour abolir les frontières, les marges, les confins. Pour nous montrer l’ampleur et la diversité du monde. Nous les faire vivre, visualiser comme on voit les croissants de lune. Certains plus talentueux que d’autres, plus visionnaires. C’étaient les défricheurs d’une conception de tourisme primal: Aller à la rencontre de l’homme, cet inconnu. Je ne nie pas qu’ils aient eu des arrière-pensées civilisatrices voire impérialistes dans l’aventure mais je leur donne le crédit d’avoir osé dépasser leurs limites, leurs frontières claniques. Il fallait du courage pour sortir de son univers connu, sa zone de confort,  pour affronter les mille dérives et traverses tectoniques du continent noir, de l’orient extrême ou moyen, de l’Amazonie ou de la Terre Adélie. Tristes tropiques veut donc d’ un trait éliminer:

  • les écrivains  voyageurs comme Arthur Rimbaud, André Gide (Voyage au Congo), Rudyard Kipling, Joseph Kessel, Henri Michaux (1898-1984), Michel Leiris (1901-1990)(L’Afrique Fantôme, 1934 – Contacts de civilisation en Martinique et en Guadeloupe, 1971), Pierre Loti, Nicolas Bouvier, Victor Segalen (Journal des Iles), Blaise Cendrars, Jack London, Robert Louis Stevenson, Stendhal, Alphonse de Lamartine, Gérard de Nerval, Ernest Hemingway, Jules Verne, Jack Kerouak,
  • les peintres voyageurs comme Paul Gauguin, William Turner, Eugène Delacroix, Evremont de Bérard (1824-1881), Jean-Baptiste Debret (1768-1848)(Voyage pittoresque et historique au Brésil),  Camille Pissarro (1830-1903), Fritz Melbye (1826-1896), Agostino Brunias (1730-1796)
  • les botanistes, ornithologues et autres naturalistes voyageurs Etienne Denisse (1785-1861), Nikolaus Joseph von Jacquin (1727-1817), Mark Catesby (1683-1749), John James Audubon (1785-1851), Frances Worth Horne (1876-1967)
  • les photographes voyageurs
  • et particulièrement les géographes de plein vent, libertaires comme Elisée Reclus (1830-1905), Pierre Kropotkine (1842-1921) ou Léon Metchnikoff (1838-1888),  ou autres comme André Thévet (1515-1591) ou Alexander von Humboldt (1769-1859)Ibn Battûta (1304-1377), Ibn Jubayr (1145-1217), Marco Polo (1254-1324).
  • les navigateurs et autres explorateurs: Zhend He (1371-1433), Amerigo Vespucci (1454-1512), Christophe Colomb (1451-1506), Vasco de Gama (1469-1524), Magellan (1480-1521), Jacques Cartier (1491-1557), La Pérouse (1741-1788), Pedro Alvarez Cabral (1467-1520), Bougainville (1729-1811), Bartolomeu Dias (1450-1500), João da Nova (1460-1509), Ahmad Ibn Majib (1432-1500), Paul Emile Victor (1907-1995), Roald Admunsen, Jean Baptiste Charcot (1867-1936)

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Les défricheurs, les desbravadores comme on dit en portugais, ne sont pas à jeter selon moi aux oubliettes. Des débroussailleurs de tout acabit et de toute origine ont aidé  avant, pendant et après le Moyen-Age à façonner une représentation du monde, une imago mundiqui donne des formes et des couleurs à un univers désespérément blanc et vierge. ILS PERMIRENT d’établir au même titre que corsaires, flibustiers et pirates un nouvel imaginaire. Ils sont à l’origine des réseaux, des traces, des voies, des caps qui vont permettre aux anthropologues, aux missionnaires, aux commerçants et aux marchands d’armes et de colifichets de conquérir pour le meilleur et pour le pire la planète Terre.

Moi je pense que quoi qu’il fasse, quelle que soit sa qualité, celui qui foule une terre étrangère même s’il y vit 100 ans ne saura acquérir les choses insoupçonnables comme l’inconscient collectif de cette terre, les implications que les traditions ont avec la modernité, le rapport aux esprits aux ancêtres puisque justement il n’a pas d’ancêtres de cette terre. Le rapport au clan, les obligations rituelles, les tabous. Ces phénomènes insoupçonnables font le socle des sociétés et sont le PPDC (plus petit dénominateur commun) qui lie les membres d’un clan et les préserve de la globalisation ambiante. Le géographe, l’anthropologue, l’ethnologue, le sociologue tout comme le simple voyageur selon moi ne réussissent à capturer que la partie émergée, l’apparence du spectre. qu’ils se gardent de juger, qu’ils se gardent d’en tirer des inférences faciles. il n’y a aps e conclusion à tirer sur une culture. on a des pistes, des traces, des voies, des isthmes, des îles ! Contentons-nous de naviguer vers l’autre avec l’autre  chez l’autre en l’autre, voilà là un périple sans fin.

Le Furosémide Arrow Coveram show : stade 3B

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Souvenez-vous, bonnes gens ! Je suis membre héréditaire et  émérite d’une secte secrète, la PKR. Religieusement tous les matins, tel un moine consacré à la Règle de Saint-Benoît, à l’heure des matines, comme d’autres se brossent les dents  ou font leur petit jet matinal moi je prends mon petit comprimé sécable de Furosémide Arrow,  générique de Lasilix C’est ma prière, mon interprétation très personnelle du psaume 118 verset 164 :

Sept fois le jour je t’ai loué pour les décisions de ta justice !

Et c’est aussi religieusement que chaque soir entre vigiles et complies je prends mon petit comprimé de Coveram qui résonne en moi comme une antienne de fin à Marie.

Mes jours commencent donc par un verre d’eau et terminent de même ! Un verre d’eau et un comprimé blanc ! Entre les deux c’est ce que j’appelle le Furosémide Arrow Coveram show. ou Lasilix Coveram show ! En d’autres mots j’accomplis chaque jour ma prière perpétuelle, c’est ma liturgie des heures. En ces heures solennelles je prie sans relâche un prière courte mais efficace. Mes deux blisters de furosémide sont comme un psautier contenant  30 psaumes que je psalmodie tous les matins qu’il pleuve qu’il neige qu’il vente ! Mes 30 comprimés de Coveram sont autant d’antiennes qui me bercent au moment de l’endormissement quotidien.

Il y a tout juste un an j’ai interrompu le traitement JINARC  qui était censé ralentir le développement des kystes rénaux car il s’est avéré trop fastidieux, ma diurèse était importante de nuit comme de jour et je n’arrivais donc pas à trouver un sommeil normal. Tout cela pour un résultat très hypothétique et pour moi pas assez significatif ! J’ai opté pour la qualité de vie ! Ce fut une décision ferme et réfléchie. Je suis donc revenu à mon régime favori de base. Régime pauvre en protéines animales avec un repas protéiné par jour au maximum, régime pauvre en sel, activité physique régulière avec si possible perte de poids, contrôle tensionnel au domicile, éviter les médicaments néphrotoxiques / AINS, antibiotiques aminosides, injection de produit de contraste iodé, s’il y a une alternative, poursuite du traitement COVERAM 10/5 et LASILIX 40, surveillance biologique semestrielle tout cela sous le haut patronage de mon gourou néphrologue le docteur Borde Jean-Sébastien qui prenait ainsi la suite du docteur Mercadal Lucie de la Pitié Salpétrière qui me suivait jusqu’alors.

Ce néphrologue digne de Bach que j’ai consulté au Centre Hospitalier de Saintonge à Saintes  pour le suivi de ma polykystose rénale autosomique dominante ou PKRAD, une maladie qui entraîne la formation de kystes dans les reins. Ces kystes peuvent poser problème en raison de leur taille et de la place qu’ils occupent. Le docteur Borde m’a aidé à prendre ma décision de stopper JINARC, en m’indiquant que mon taux de créatinine qui était à l’époque de 179umol/l n’était pas la mer à boire et que de toutes façons il y avait des solutions : d’abord suivre le traitement  médicamenteux pour  maintenir une tension de 13/7, deuxio suivre un  régime et perdre du poids pour ne pas fatiguer inutilement mes reins, terço en cas de complications il y avait les transplantations, et en cas d’impossibilité de trouver un donneur pour la greffe du rein il y avait toujours le recours à la dialyse. Et que personne ne savait si ce processus allait durer un an ou dix ans !

Mon dernier contrôle sanguin indique un taux de créatinine dans le sang égal à 191 umol/l  et un taux de DFG de 31 ml/min/&.73m² contre 179 umol/l et une DFG de 33.9 ml/min/1.73m² il y a un an. Ma fonction rénale est globalement stable. J’en serais donc toujours au stade 3B de la maladie rénale chronique qui indique une maladie rénale chronique modérée. Ouf. J’ai encore deux stades à franchir le stade 4 où la FG est entre 15 et 29 et qui qualifie une insuffisance rénale chronique sévère, et surtout le stade 5 avec des débits de DFG (débit de filtration glomérulaire associé selon CKD EPI) inférieurs à 15 ml/min/1.73m² qui signale une insuffisance rénale chronique terminale.

Gérer une maladie c’est s’inscrire dans un plan de gestion de risques. Il n’y a pas comme en toutes choses de Risque Zéro. Il faut dans mon cas éviter la déshydratation et l’atteinte du foie. Eviter que les mollets ou les chevilles sujettes à la rétention d’eau enflent par l’utilisation de chaussures adaptées et par des postures adaptées. Il y a de nombreux effets indésirables à déjouer comme la dysfonction érectile, signe d’impuissance mais une vie saine s’ouvre aussi à soi. C’est une lutte de tous les instants car tout écart de route peut avoir des effets dramatiques sur la poursuite heureuse du chemin. Mais ce n’est pas un cauchemar. En attendant moi je vis cette épreuve comme un rêve éveillé.