M’rengue à ne pas confondre avec merengue

Journée du patrimoine à M’Tsapere, faubourg de Mamoudzou, Mayotte. Au programme selon une affiche de 15 heures 30 à 18 heures ngoma y a gnombe avec le torero Koungue. Ce sera la corrida.

De 18 heures à 21 heures combat de rue à mains nues. Venez encourager vos champions. Ce sera l’occasion heure du mrengue. Renseignements pris le m’rengue c’est la boxe mahoraise. Rien à voir avec le merengue, la danse latino de Santo Domingo au rythme entraînant et hyper rapide. Renseignements pris il y a des tambours qui battent tout au cours des combats. Le sang va couler, c’est sûr. Mais coupe-t-on les oreilles des mrenguerriers vaincus, ou leur rabote-t-on la queue ? Qui donne le coup de grâce? Au bout de combien de banderilles plantées dans l’échine du mrenguerrier peut-on le percer entre les deux yeux de son glaive ? Sert-on dans les restaurants du ragoût de m’renguerrier? Voici les questions que je me pose avant de visionner cette vidéo.

En voilà du patrimoine immatériel à vendre et revendre.

Ma plus grande richesse c’est moi

Dit comme cela, tout de go, cela peut sembler présomptueux de ma part. « Me poupe » me diriez-vous si vous étiez  brésilien ! « Epargne-moi » en bon français sonnant et trébuchant. Toi, un magnat ! Un maniaque oui ! Mais un magnat, un Charlemagne, un Charles-Quint ?!!!!

Oui, j’affirme, sain je l »espère de corps et d’esprit, je suis riche de ce corps faste et bedonnant que m’ont légué mes parents, je suis riche de cet estomac et de cet appétit qui font de moi l’égal en genre et en nombre de Louis XIV, je suis le Roi Soleil, je suis riche de mes lèvres de  métèque, oui qui pourraient parler six langues à tort et à travers,  de mes yeux myopes qui ont vu plusieurs éternités d’amour comme on voit des aubes virer au crépuscule, je suis riche de tous les tableaux de maîtresses où j’ai enseveli mes détresses, ma tendresse, oui, riche, je suis richissime. Un nabab cent fois béni, un potentat adulé, un khalife craint, un sultan illuminé,  un émir rêveur, un grand vizir, bref vous m’avez compris… Appelez-moi Altesse, je vous prie, et je vous ferai prince, duc, grand chambellan, connétable de l’un de mes 64 royaumes que vous saurez administrer, je n’en doute pas, en bon père de famille.

 Je suis riche des cocotiers nains que je n’ai pas plantés, et des semailles de gombo que je n’ai pas récoltées, riche de toutes les vagues et de tous les tonnerres qui ont sillonné mon être, mon tout-monde… Je suis riche des Toyota 4 wheel drive Land Cruiser que je n’ai pas pilotées et des Talbot et Alfa Romeo qui m’ont abandonné.

Si j’étais un zébu maigre paissant paisiblement sous un pont près d’une rivière en bord de mangrove  je serais aussi riche des feuilles d’avocat ou de fruit à pain que je trouverais à portée de machoîres.

Un beau jour, c’était un jeudi après midi d’octobre tropical, une scolopendre endiablée surgie du diable Vauvert des pentes de la Soufrière m’a injecté le vaccin antidote de toutes les richesses. Un succédané d’alizés, d’eau de mer abyssale et d’arc-en-ciel.

De ce patrimoine invisible et immatériel qui est le mien je ne possède guère plus que ce 30 octobre d’auguste mémoire. Presque 65 ans après je suis toujours là, riche de moi même et de ce vaccin primordial, tout juste alourdi de 33 kilos, le poids de mes deux valises. Mais pharaon en horizons, en sensations. Mon palais n’est ni pyramidal, ni isocèle, il est de chair,  et je n’ai d’or que l’Alliance que je porte au majeur de la main gauche.

Toute fortune n’est utile que si on la dilapide. Je ne thésaurise pas mes biens. Il faut que la richesse circule comme l’eau, comme l’air, comme l’oeil du cyclone. Les coffres-forts des banques sont les tombeaux des richesses. Je les abhorre. Le seul coffre-fort qui trouverait grâce à mes yeux serait mon corps transformé en poisson-coffre pris dans les remous tectoniques de deux plaques continentales.


Mes intercesseurs locaux

Demain fera un mois que j’ai quitté les bords tranquilles de la Charente. Je ne traverse plus le pont Pallissy mais le pont sur la rivière Majimbini. Tout un monde sépare ces deux ponts.

En revanche l’0céan Indien en  permanence à portée de vue pour me baigner les yeux. Parfois je me demande si j’en sors gagnant ou perdant. Vivre en terre musulmane est tout un sacerdoce pour un athée fervent et pieux comme moi. J’entends tous les sons de cloche qui tintillent à mes oreilles.

Le discours de mon ami Wally, commerçant sénégalais, propriétaire de l’épicerie Zam Zam, âgé de 59 ans, qui a vécu 16 ans en Arabie Saoudite et qui est marié avec une mahoraise.

Le discours de Mohammed, le patron de snack bar comorien âgé dans les 60 ans lui aussi, qui a vécu et travaillé en métropole.

Le discours d’Olivier, un prof franco-togolais, prof de math à Mayotte et semble-t-il futur séminariste, né à Grenoble, qui a vécu en Guyane, prof de math ici.

Le discours de David qui se dit sud-africain mais que je crois congolais, qui vend ses légumes toute la sainte journée à Mamoudzou.

Le discours de mes collègues prof et éducateurs Mahorais, hommes et femmes âgés entre 25 et 45 ans avec qui je travaille et qui me donnent leur vision de Mayotte.

Le discours de Sofia, propriétaire de restaurant de cuisine mahoraise, 58 ans selon ses dires, qui a vécu comme moi à Nîmes et Kourou en Guyane Française et qui vient de rentrer de Castres pour s’installer semble-t-il définitivement au pays.

D’autres encore anonymes qui m’expliquent chacun à sa façon la société mahoraise.

Tous me disent à un moment  ou un autre comme une figure imposée en direction du bleu bite que je suis: Attention ne sors pas la nuit. Ne traverse pas les bangas ( les favelas locales). Range ton portable! Ne porte pas de pochette ! Avant de partir j’avais lu risque de palu. Faites un traitement de nivaquine. Attention aux moustiques. Attention aux mille pattes, les fameuses et terribles scolopendres dont la piqûre est extrêmement douloureuse. Attention aux islamistes. Attention à l’eau. Attention aux légumes. Attention aux fruits. Attention au sida. Attention aux comoriennes, surtout celles originaires d’Anjouan et aux malgaches qui n’en veulent qu’à ton argent. Attention au poisson que tu achètes et qu’on vend sur des brouettes. Tu penses acheter un kilo mais en réalité leurs balances sont truquées. Attention, watch out, fais gaffe, wouvè zyé.

 J’écoute, je comprends, je comprends les peurs que fait surgir le mot Islam, voire le mot Afrique dans mon entourage, voire le mot misère ou sous-développement. Mais voilà. Rien de ce qui est humain ne m’est étranger. Pour moi Islam, Catholicisme, Hindouisme, Vaudou , Spiritisme contribuent à la même aliénation. Ce qui m’intéresse ce sont les soupapes qui permettent à ces systèmes répressifs de fonctionner. J’ai bien compris qu’en terre musulmane le porc est tabou et que la consommation d’alcool est un péché. Je n’aime pas les hypocrisies religieuses qui consistent à afficher publiquement une image pieuse et d’être en privé le pire des mécréants. L’autre jour une femme a refusé de me serrer la main en me disant que l’islam ne le permettait pas et pourtant tous les matins je fais la bise à mes collègues femmes qui sont toutes deux musulmanes. On voit bien qu’il y a de nombreuses versions de l’islam. Tout comme il y a de nombreux sous produits ou produits connexes du catholicisme. Il y a des intégristes partout. Moi en tout cas je n’oublie pas que catholiques comme protestants et musulmans ont accepté si ce n’est justifié l’esclavage.

Je sais que de nombreuses personnes âgées boivent leur bière en cachette pendant le Ramadan à l’heure où ils jurent par monts et par vaux qu’ils pratiquent le jeûne. Il en a probablement été de même autrefois pendant le Carême quand la foi chrétienne était encore solidement ancrée dans les moeurs. Ce que je sais c’est qu’officiellement à Mayotte il est interdit aux épiceries de vendre des boissons alcoolisées entre 20 heures et 8 heures du matin en semaine et le dimanche à partir de 14 heures jusqu’au lendemain 8 heures du matin. Il suffit de prévoir son stock. Mais de toute façon on trouvera toujours un commerçant malgache pour vous servir votre breuvage préféré. Ce qui est sûr c’est que le matin de bonne heure les cadavres de canettes jonchent les trottoirs aux abords des lieux de perdition.

La cible préférée des petits bandits locaux ce sont les wazungu, les zorey, quoi. Les Français de souche qui viennent s’installer ici. Ce sont des minorités visibles. Moi je fais partie des minorités invisibles. Personne ne peut à priori supposer que je ne suis pas Mahorais ou Comorien. Sauf quand j’ouvre la bouche. Souvent on me fait des sourires entendus à l’occasion d’une blague mais je n’y comprends rien. Les autres étrangers se rient bien des aventures et des violences que subissent les wazungu. Ils sont vus pour la plupart comme des colonisateurs qui perçoivent de hauts salaires, louent de grosses villas, vivent en circuit fermé entre le Camion Rouge et le Camion Blanc, entre les courses à Jumbo et les activités chez les Naturalistes . De nombreux fonctionnaires, enseignants, policiers, responsables associatifs. Wazungu n’est pas l’équivalent du gringo sud américain. Le wazungu est blanc et son féminin est la wazunguette . Moi je ne vois pas foncièrement de différence entre un fonctionnaire wazungu et un autre qui ne l’est pas. J’ai l’impression que le rêve de tout jeune Mahorais est de partir en France. Souvent je vois la Tour Eiffel qui brille sur les portables. Puis quand vient l’âge on rentre au pays où on navigue entre deux terres et trois îles. On peut être né en Grande Comore, avoir vécu longtemps en Europe puis s’installer à Mayotte tout en rêvant de s’installer un jour sur son île natale où selon tous les Comoriens il fait bon vivre malgré la pauvreté. Mayotte est pleine de femmes et d’hommes venus des Comores, de Madagascar prêts à tout pour vivre une vie meilleure. Ce sont les petites mains de Mayotte, les pêcheurs, les maçons, les peintres, les agriculteurs, les lavandières, les revendeurs de fruits et légumes ce sont ces derniers qui font vivre l’île au jour le jour. Car les Mahorais occupent les fonctions nobles. Ce sont les aristocrates. Les classes possédantes, les Français plus français que les Français. Alors que pour beaucoup d’autres la France c’est la souffrance. Au bataillon de wazungu viennent s’ajouter le bataillon des Francos : les franco marocains, Franco algériens, Franco tunisiens, Franco togolais, Franco sénégalais, franco comoriens, Franco congolais, Franco réunionnais, Franco malgaches, franco guyanais, franco martiniquais et franco guadeloupéens. C’est la France en marche, ce 101ème département, mais la France en marche arrière . Et l’ennui c’est que je collabore à cette entreprise condamnée à maintes reprises par les Nations-Unies.

La place de la mosquée

Sur les places des églises, devant le parvis autrefois les fidèles catholiques se rassemblaient. L’église était le centre du village, l’endroit autour duquel toute vie sociale s’organisait. On n’y allait guère que le dimanche ou à l’occasion d’un mariage, d’un baptême d’une première communion, d’une confirmation ou d’une renonce ou à l’heure du trépas. À la fin de la messe dominicale on restait entre soi à prendre les nouvelles des autres catéchumènes et puis on s’éparpillait dans l’espace tout endimanché vers le repas de midi.

Chaque religion a ses rituels. Et l’un des rituels de l’islam c’est les 5 prières. A l’aube, vers midi, au crépuscule, vers quatre heures du matin et je ne sais plus quand encore les fidèles se pressent dans les mosquées. Otent leurs chaussures, se lavent pieds et mains, se rincent la bouche, se lavent le visage pour pénétrer purifiés dans l’enceinte sacrée. C’est presque la cohue à midi et à 18 heures. Dès l’appel à la prière du muezzin démultiplié dans l’air par la puissance des hauts-parleurs toute la gent masculine se précipite. Aucune femme. Les femmes sont priées de prier à la maison et de ne pas troubler les hommes qui prient. Oh cela ne dure guère que 15 minutes. Chacun repart aussi vite qu’il était venu vaquer à ses activités. Les commerces ouvrent et ferment en fonction des horaires des prières. En fin d’après midi les jeunes jouent au foot pieds nus pour la plupart des parties endiablées. D’autres comme moi sont assis tout autour de la place et discutent ou consultent leur mail ou se  donnent rendez-vous. Les enfants sont habitués des tout petits à ces horaires sinon impossibles mais disons pour le moins exigeants. L’école coranique à lieu en effet tous les jours des l’aube avant l’école publique et a lieu aussi le soir et le samedi matin. Le vendredi c’est le dimanche des catholiques. Et même les femmes les plus européanisées aiment à porter le salouva traditionnel. Salouva qui soit-dit en passant est fabriqué non pas à Mayotte mais en Tanzanie. Sur chacun de ces salouvas il y a des phrases écrites en swahili. Le shimaoré étant apparenté au swahili la traduction devrait en être aisée. Le vendredi c’est comme  un jour de mariage.

L’islam encadre donc la vie publique vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Certains portent bonnet et boubou, d’autres sont vêtus normalement. Mais le short est interdit à la mosquée ainsi que les chaussures.

On pourrait faire un parallèle avec les églises protestantes qui encadrent elles aussi les fidèles dans un rituel exigeant d’étude biblique voire au catholicisme d’autrefois avec ses matines, ses vêpres, ses sons de cloche à heure précise, son cathéchisme.

J’entends que chaque religion veuille préserver ses prérogatives traditionnelles en musclant son discours de piété mais je m’étonne tout de même que les enfants de Mayotte soient formés à la religion en arabe, apprennent à écrire arabe souvent au détriment du français. Je ne fais pas de hiérarchie entre arabe et français, je dis simplement que j’imagine mal des enfants français allant à l’église catholique et étudiant le latin. L’église d’autrefois priait en latin mais plusieurs conciles ont réactualisé le discours. Je sais que langue et foi sont ancrées dans une tradition millénaire. Le judaïsme se conjugue aisément avec l’hébreu et le vaudou et le candomblé avec des langues africaines bantoues. Je m’étonne que dans les écoles coraniques où on se soucie si bien de l’âme des jeunes enfants on ne se soucie pas plus de leur situation d’allophones dans leur propre pays. Une langue est aussi un continuum. S’il n’y a pas de continuum linguistique entre famille, mosquée, école coranique, vie publique, vie scolaire, l’éducation prise au sens noble a des soucis à se faire.

Fêtes nationales. Et si on revisitait le 14 juillet !?

Coq_Gaulois_2016

Allons enfants ! Que dire?  allons enfants ! Que penser ? Je suis un peu perplexe, chers enfants de la patrie. Je conçois aisément qu’on ne puisse pas cautionner toutes les fêtes qui s’égrènent tout au cours des 365 jours que représente une année et qu’effectivement quand on a évoqué les termes liberté, égalité, fraternité on en est souvent resté au vœu mieux. Il y a une lutte des classes quoi qu’on le dise et, toute liberté étant, je ne crois pas que de mon vivant un analphabète sera élu president de la république une et indivisible ! Pourtant en théorie il est l’égal de Macron et de Hollande et avant ces deux-la Sarkozy , Chirac, Mitterrand, Giscard d’Estaing, Pompidou et de Gaulle. En théorie l’immigré qui arrive en France est l’égal de Napoléon et de Louis XIV mais aussi de Marat, Robespierre, Danton, Fouquier. En théorie il est même l’égal de Dieu puisque les rois tiraient leur mandat des dieux ! De la même façon je pourrais dire je ne suis pas catholique, pas noir, je ne suis pas.juif, je ne suis pas musulman, je ne ne suis pas😍 femme, je ne suis pas gay, je ne suis pas breton donc je boycotte tout événement toute fête liée à ces catégories. À la limite je peux trouver ridicules Noël, Pâques, la Pentecôte, le 14 juillet, le 8 mai, le 2 novembre et le 11 novembre pour ne citer qu’eux. Mais je me dois me semble-t-il de respecter ceux pour qui ces dates font sens. Le 14 juillet fait partie de l’imaginaire hexagonal. Moi qui ai beaucoup vécu à l’étranger c’est le seul jour de l’année où la communauté française avec toutes ses différences se retrouve pour fêter autour d’un verre de vin ou de champagne et de quelques victuailles. L’esprit de 1789 est loi, je ne le conteste pas et il y aurait beaucoup à redire sur la déclaration des droits de 1789 mais même si à l’époque il y avait des Noirs en esclavage il ne faut pas oublier qu’il  y eut des hommes pour écrire ans le marbre pour la première fois que les hommes étaient égaux. Ce n’est pas rien que de le rappeler. Il fallut encore du temps pour réaliser le rêve et encore dans les années 60 Martin Luther King avait un rêve. I had a dream, disait il ! s’il devait rêver c’est qu encore en 1960 l’apartheid sévissait aux Etats-unis, sévissait en Afrique du Sud, encore ans les années 60 la France avait des colonies et encore aujourd’hui on voit bien que les idéaux de 1789 sont bafoués non seulement à travers le monde mais encore sur le territoire national. Certes on se console en disant que la France n’est pas la plus mal lotie. On évoque la liberté de la femme, la liberté de la presse, mais les libertés élémentaires comme le droit au logement, le droit à la sécurité pourtant écrits en lettres capitales d’or dans la constitution sont bafoués. Le droit à l’éducation égale pour tous est bafoué. certes on peut encore étudier gratuitement en France mais jusqu’à quand. Je ne dis pas que la France est un enfer, je ne dis pas non plus que c’est un paradis, je dis que le vivre ensemble est menacé par de tels discours qui restent ans le déni. Qu’on ne veuille participer à l’unanimité républicaine et chanter la Marseillaise, chant de guerre sanglant, je le conçois mais faire concurrencer les mémoires, je suis un peu mal à l’aise, je l’avoue.

J’ai des propositions pour contrecarrer la pente funeste qui semble s’ouvrir devant nous comme un champ béant de ruines identitaires! Il faudrait d’abord selon moi pour que l’égalité soit plus égale ou moins inégale, choisissez la formulation qui vous parle le mieux, il faudrait que beaucoup plus de religions aient droit à des jours fériés. Je trouve anormal moi que la religion chrétienne truste les jours fériés. J’ai une alternative. Au nom de la charité chrétienne on devrait avoir droit tout un chacun à un certain nombres de jours de congés et de ponts à prendre par an en fonction de sa religion ou de sa non religion. Voilà quelque chose qui pourrait jouer en faveur de l’égalité. On se replie toujours devant le sacro-saint argument de la tradition républicaine comme si on s’arque-boutait sur les dernières légions de l’identité française. Au nom de cette tradition ancestrale l’égalité ne serait pas bonne pour tous ! on aurait un mariage pour tous, qui serait laïque et dynamique. Mais pas d’Etre Suprême pour tous ! Je donne un exemple le concordat de 1905. Comment expliquer que ce concordat continue aujourd’hui en Alsace, en Guyane et en Polynésie française. En plus c’est de l’argent versé à fonds perdus puisque le catholicisme européen est en déshérance et qu’il ne survit en fait que par les communautés issues de l’immigration qui croient encore en une entité divine supérieure alors que depuis 1789 la France a basculé dans le culte de l’Etre Suprême ! Comment expliquer qu’en ces temps de crise l’Etat continue de financer l’Eglise, de payer des pasteurs. Les lobbyes, attention ! voila où je place moi l’Egalité majuscule. Il y a eu le mariage pour tous il devra y avoir l’Etre Suprême pour tous ! Et moi qui vous parle je suis athée !

Et on pourrait aussi changer l’hymne républicain la Marseillaise. On pourrait changer le buste de Marianne dans les mairies et mettre un coq par exemple. Pourquoi une femme ? vous êtes vous seulement posés la question ? Pourquoi pas ? je suis d’accord que le Vivre Ensemble est à la mode:  il veut être une tentative d’harmonie laïque. Il ne suffit pas de parler il faut agir, mouiller sa chemise.

L’histoire on le sait bien à toujours été racontée par les vainqueurs mais cela ne veut pas dire que les perdants ont toujours raison, notre jeune homme qui boycotte haut et fort le 14 juillet ne va pas jusqu’à boycotter la langue française qui fut aussi langue de domination. Deux poids deux mesures. On peut avoir des références autour de Nat Turner, Mohammed Ali et Malcom X et Marcus Garvey, Grover Washington, James Brown, Abebe Bikila, Senghor, Bokassa, Obama, Desmond Tutu, Christophe, MaToussaint Louverture,  Césaire, Pelé, Mickael Jackson, Marvin Gaye, Henri Salvador, Yannick Noah et qui sais-je encore mais avoir aussi de l’admiration pour des gens comme Kennedy, De Gaulle, Paul VI, Mao-Tsé-Tung. Ho-chi-minh, Roosevelt, Lenine, Gorbatchev et Gandhi, Lula, Dilma, Fidel Castro, Che Guevara par exemple. Je ne crois pas que la couleur fasse l’homme. La valeur d’un homme ne se mesure pas à l’aune de sa couleur ! Lutter pour une meilleure égalité, lutter pour une meilleure représentativité, pour une société moins archaïque moins arqueboutée sur des principes moyennageux et obscurantistes, oui, lutter pour une meilleure prise en compte des traumatismes de l’esclavage et de la colonisation, oui, mais surtout avant tout rentrer dans un dynamique d’échange fraternel, de proximité avec l’autre. Certes on pourra toujours dire et ressasser en boucle « liberté que de maux on commet en ton nom »et conjuguer le verbe commettre à tous les temps de l’indicatif et du subjonctif et du conditionnel passé, présent et même futur mais Rome ne s’est pas faite en un.jour. Le combat continue à tous les temps de la conjugaison. Mais le discours de haine ou de séparatisme selon moi ne permet pas d’avancer. Au contraire. Pour terminer je voudrais que l’interlocuteur dégoûté par le 14 juillet, jour chômé et payé, me dise s’il a travaillé le 14 juillet ou s’il a fait la fête. Car il faut être cohérent, le 14 juillet ne veut rien dire pour toi, va travailler mon ami, et laisse les autres en paix.  Le 14 Juillet est traditionnellement un jour de cohésion nationale comme le 4 juillet aux USA. Tous les pays à travers le monde ont une fête qui tente de sceller un pacte national. On sait bien qu’il y a des factions, des tribus, des rebelles, des insatisfaits, des chapelles, des castes, des misfits, des irrécupérables, des forts en gueule, des extrémistes, des huluberlus, des malfaisants, des malades, des tèbès, des flègèdès, des mowfwazé, des soukouyan, des intégristes, des désintégristes, des racistes, des fascistes et des partisans de tous les -istes  à droite comme à gauche en marche dans toutes les communautés mais le coeur de cible en termes de marketing du 14 juillet c’est l’homme et la femme de bon coeur et de bon sens. Celui qui quand il chante « aux armes citoyens » sait que les armes ont changé. Les armes font appel à la pensée, à la réflexion et à la compréhension. Ce sont ces types de bataillons que nous devons former pour que le sang ne soit plus versé et que le sens prenne le pouvoir. Allez je vous propose le nouvel hymne de la république du sens. il s’appelle  La ballade des gens heureux ! Vive la République, Vive le bonheur, Vive la France !

Janique Aimée, les Saintes Chéries, le boeuf miroton et les draps de pissat

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Il suffit que j’écoute l’indicatif ou le générique (comme on disait avant, maintenant on irait la B.O.) de Janique Aimée et des Saintes Chéries pour me replonger dans un monde que les moins de 60 ans ne peuvent pas connaître. Les feuilletons télévisés de l’ORTF. Moi j’arrivais de ma brousse et de ma savane et j’étais plongé dans des histoires complètement absurdes mais palpitantes. Je ne sais plus qui était qui. Je me souviens seulement qu’ il y avait Daniel Ceccaldi Daniel Gélin et Micheline Presle dans les Saintes Chéries. (Mais non Jean-Marie, les Saintes chéries c’est plus tard entre 1965 et 1970, tu avais déjà plus de 12 ans) Quant à Janique Aimée j’ai complètement zappé le nom de l’actrice (Janine Vila, merci Google) qui jouait le rôle de Janique. Je lis après avoir fait des recherches que la série a été diffusée pour la première fois du 4 février 1963 au 12 avril 1963. J’y étais ! I was there, tous les soirs à 19H40., 52 soirs pendant 13 minutes, on y avait droit en noir et blanc! J’avais 10 ans ! Mais je ne me souviens que du générique !

On parle souvent de mémoire à long terme qui ne bouge pas et c’est vrai que je me souviens du nom de Ceccaldi  raté, lui c’est Gélin) et de Presle et pourquoi donc ai-je zappé Janique. Peut-être parce que Janique était devenue l’actrice et que son prénom et celui de Janique ne faisaient qu’un. Alors que Daniel Ceccaldi  (mais non, Gélin) et Micheline Presle formaient un couple bourgeois  (euh, français moyen, me dit-on) si je me souviens bien avec des enfants qui devaient avoir mon âge à qui il arrivait toutes sortes d’aventures. Le nom de la famille n’était sans doute pas important. Par contre pourquoi avoir appelé le feuilleton les Saintes chéries (je ne sais pourquoi mais tout à coup j’ai un flash : Nicole de Buron). Si je me souviens de cette Nicole de Buron (yes, quelle mémoire, mon cher ! Alzheimer ne m’aura pas !). Peut-être la réalisatrice ou l’auteure du livre (mais oui; j’ai tout juste !) sur lequel était basée ces Saintes Chéries. Je pense aussi tout à coup à Henri Tissot mais là je ne garantis plus rien ! je dois me tromper de feuilleton.

Pourtant Saintes chéries ou pas ces aventures se passaient à Saintes en Charente Maritime ? Car je suis sûr que ça ne se passait pas aux Saintes, en Guadeloupe. Ni à Terre-de-Haut ni à Terre-de-Bas! L’aventure se passait loin à plus de 10000 km de la baie des Saintes ! Alors d’où vient ce nom : les Saintes Chéries ? J’essaie de faire une régression vers mes 10 ans.

« bon sang mais c’est bien sûr » comme aurait dit l’inspecteur ou le commissaire Bourrel joué par Raymond Souplex  dans les 5 dernières minutes : je faisais pipi au lit. Quelle honte ! Mon frère cadet et moi nous dormions dans le même lit et tous les matins on se réveillait trempés jusqu’aux os. Je n’ai jamais su qui était le premier à mouiller le lit mais le matin en tout cas nos pyjamas étaient trempés ! ca puait la pisse ! en hiver on ne pouvait pas grand-chose. Au départ ma mère essayait d’être compréhensible, relativisait, lavait à la machine puis elle a abandonné ! « a lajaw ou ka pisé an kabannn anko ! man pa sav ola zot pran sa mé apa an koté mwen », disait mon père, d’un air dégoûté ! Eh oui à 10 ans je faisais pipi au lit. J’avais pourtant une énorme alèse en plastique blanc qui séparait le drap du matelas, maman nous réveillait avant qu’elle aille se coucher puis chaque fois qu’elle se réveillait pour nous obliger à pisser mais ça n’y faisait rien car on trouvait toujours un créneau pour mouiller la cabane. Et quand par miracle l’un ne pissait pas l’autre se chargeait de répéter le rituel de sorte qu’immanquablement on était tous les deux sauf exceptions trempés jusqu’aux os ! et nous on passait vite tout ça sous un robinet d’eau chaude pour faire partir l’odeur du pissat et on mettait ça à sécher sur le radiateur pour pouvoir récupérer tout cela tout propret le soir. Et le soir on se replongeait dans les draps de pissat. c’était notre punition. J’ai arrêté de pisser au lit en colonie de vacances. Ne me demandez pas à quel âge ! Secret d’Etat !

Mais tout à coup je me souviens que je ne faisais pas pipi au lit aux Antilles. Ou bien si je pissais au lit ça ne prêtait pas à conséquences comme en banlieue parisienne ! Là-bas si je faisais pipi il aurait suffi d’étendre mon linge sur une ligne et cela aurait suffi. La chambre il aurait suffi de l’aérer mais en banlieue parisienne avec le froid, comment faire ! Je pissais au lit à cause du froid. C’était mon excuse ! Quand on allait chez le docteur et que ce dernier évoquait des problèmes psychologiques ma mère niait en bloc ! d’ailleurs à quoi cela aurait il servi de dire que je voulais retourner au pays quand tous autour de moi me disaient ma chance de vivre à deux pas de la ville lumière !

Heureusement il y avait la télévision. Nous avions notre télé noir et blanc : une télé Radiola et c’est là que je découvrais le monde : Nounours, Le Marchand de Sable, Nicolas et Pimprenelle,   Bonne nuit les Petits qui marquaient l’heure ultime pour aller se coucher, Rin-tin-tin et le Caporal Rusty, Zorro et tous les dessins animés Mickey, Popeye et consorts le mercredi ou le week-end. J’étais persuadé que si je pissais c’était à cause du marchand de sable et de son foutu pipeau !  Sa mélodie était si belle qu’elle faisait s’envoler à tire d’aile mon zizi qui perdait chaque soir irrémédiablement son chemin  et qui de rage se vengeait sur moi. J’était innocent, le coupable c’était le pipeau du marchand de sable. Alors comme à cette époque-la encore je disais ma prière avant d’aller me coucher je priais aussi Gros-Nounours pour qu’il m’aide à franchir la nuit sans encombres !

Les feuilletons étaient à une heure de grande écoute, vers 19 h 40, juste avant le journal télévisé du soir, je suppose. Dès que retentissait le générique du feuilleton c’était branle-bas de combat. J’avais déjà eu le temps de lire les bd du journal l’Aurore que mon père ramenait tous les jours du boulot ! C’étaient des bd américaines traduites en français. J’aimais tout particulièrement Dennis la Menace, Blondie, La famille Illico, Rip Kirby, Modesty Blaise. Blondie et la famille Illico étaient mes favoris.

illico

J’allais au lit bien fatigué par toutes ces aventures livresques et télévisuelles et j’imaginais le jour où je deviendrais, comme Nicolas et Pimprenelle, un gentil petit enfant sage, mignon tout plein qui ne ferait pas pipi au lit et qui adorerait manger du boeuf miroton, un petit enfant qui ne rêverait pas de boudin, accras, dombrés pois rouges et lambi et jus de canne, un petit garçon dont le papa serait Monsieur Illico et la maman Madame Maggie  Illico et où au lieu de mon frère Toto, ce grand incontinent devant l’Eternel, j’aurais un frère tout à fait continent qui ne ferait pas pipi au lit et qui s’appellerait Dennis la Menace ! (ou Max la Menace !) . Mais j’y pense jusqu’à aujourd’hui je n’ai toujours pas goûté une seule fois de ma vie au boeuf miroton , ce Graal de la gastronomie française d’autrefois!

 

Carmen et les matadors antillaises

carmen-la-cubana-MV

 https://youtu.be/bjYJZNI6pP0

Dans Carmen de Bizet on voit les amours d’une bohémienne cigarière et d’un brigadier Don José, qui devient contrebandier par amour pour elle et qui finit par la poignarder dans une crise de jalousie quand elle apparaît aux arènes en compagnie de son nouvel amant le torero Escamillo.

 

J’aime surtout quand elle chante ceci ; « j’irai danser la séguedille et boire du manzanilla. » Je n’ai jamais dansé la séguedille ni bu la manzanilla.  Manzanilla évoque manzana, la pomme, donc j’imagine que manzanilla c’est un type de Calvados. Quant à séguedille il évoque pour moi Séga, les rythmes réunionnais. Je suis certain d’être à côté de la plaque. Eh oui justement ce n’est pas un alcool de pomme mais un vin. Je ne suis pas spécialiste en touradas ni en corridas. Je n’en ai vu que deux dans ma vie, une à Nîmes et l’autre à Cascais au Portugal. Et encore à Nîmes c’était ce qu’on appelle un toro-piscine pour rigoler. Au Portugal ça rigolait moins mais il n’y eut pas de sang versé. Par contre aux

Antilles on ne compte pas les femmes matador. Les matadors tombent en pâmoison comme  Carmen pour les toréadors. Et les hommes de pouvoir comme les militaires sauf qu’aux Antilles il n’y a pas de praza de los toros , pas d’arènes mais des pitts où se défient à coups d’ergots des coqs de combat nourris au bon grain de maïs, au rhum blanc et au miel, massés, choyés, vitaminés , huilés, shampooinés. Plus le coq est vaillant et plus il est adoré, plus il est dorlotté. Coq game, matador même combat. Pas besoin d’être bohémienne pour être matador. Les premières matadors étaient des femmes libres, des affranchies. Des femmes qui tenaient tête aux hommes. Différentes des favorites et des potomitan. Les matadors représentent les femmes fatales, les fanm grenn, comme on dit, des femmes couillues, si vous voulez, des maîtresses femmes. Il suffit encore de nos jours de voir leur tenue d’apparat. Jupon blanc sous jupe, fichu, coiffe madras, bijoux, rouge à lèvres prononcé.

Pas besoin d’être andalou pour comprendre la fascination que ce genre de femme exerce aussi bien sûr la gentillesse masculine que la gente féminine. Prosper Mérimée et Georges Bizet n’y ont pas été insensibles en tout cas. Ni les diva en nombre qui ont depuis 1875 représenté Carmen, l’héroïne de cet opéra comique, l’un des opéras-comiques les plus joués au monde. Maria Ewing, Maria Callas, Léontine Price, Jessye Norman, Marylin Horne, Grâce Bumbry pour ne citer qu’elles ont fait trembler leur corps de mezzo soprano devant les ardeurs du ténor don José et du baryton Escamillo. Et moi comme spectateur combien de fois ai-je rêvé être parmi les banderillos, les picadors et les chulos de cette corrida sensuelle. Pour être aux pieds de cette Carmencita on imagine que tout homme peut se damner et se perdre en éventails, lorgnettes, oranges et cigarettes. Depuis Carmen on sait que « l’amour est un enfant de Bohême qui n’a jamais connu de loi » mais bien avant aux Antilles on savait. Le problème dans Carmen c’est que Carmen meurt poignardée.

J’ai vu en son temps le film Carmen de Carlos Saura et celui de Francesco Rosi et l’atmosphère y est également torride. J’ai aussi vu la Carmen Cubana. Imaginons une Guadeloupe andalouse. Imaginons seulement. Une Carmen Gwadada rôdant autour du Pitt, regardant les coqs se becqueter à qui mieux mieux. J’ai du mal. Par contre une Carmen défiant des hommes en plein gwoka, choisissant son partenaire, le jetant si nécessaire sans aucun doigté, aucune élégance, je le sens bien. Nos matadors américaines, nos matadors créoles sont un peu comme les cartes maîtresses d’un jeu de cartes nommé l’hombre. Les deux premiers matadors sont spadille et baste, l’épée et le bâton. On les appelle aussi les atouts permanents, les triomphes. Ce sont les deux as noirs l’as de pique (spadille) et l’as de trèfle (baste). Les deux as noirs. Il y a aussi d’autres atouts : la manille ( un 2 d’atout noir ou le 7 d’atout rouge) et le ponte (l’as d’atout).

Mais les vraies matadors ont l’atout primordial : elles sont nées sous le signe du désir et du pouvoir ! C’est ainsi que fonctionne l’Hombre, ce jeu espagnol qui a donné des jeux comme le boston, la manille, le tarot, la belote. De la même façon la matador à travers les pointes de sa coiffe madras annonce la couleur. De deux à quatre pointes. Comme les quatre couleurs espagnoles les noires, espadas et bastos, les rouges copos et oros. Cœur pris, cœur à prendre, faites vos jeux !Misez ! Les paris sont ouverts. Coiffes suprêmes calendées, chaudières, avec éventail, viva españa, olé, que les taureaux mugissent, que virevoltent les banderilles, que coule la manzana, fini le zouk love, fini le ti punch pour séduire les matadors prenez vite quelques cours de séguedille et trinquez au manzanilla, sinon vous risquez l’estocade.


Egéries de l’Afropéenne-Descendance et Publicité

La publicité est le miroir de notre société ! Un miroir déformant, certes, parfois idéalisé, parfois stéréotypé mais toujours à la recherche d’un public cible, un segment de marché, dans lequel se trouve le consommateur final. Or ce consommateur final évolue en fonction de la longitude et de la latitude et la pub logiquement tente de s’adapter au plus près à ce profil ! Ou parfois va jusqu’à devancer sinon déclencher  les évolutions ! C’est un peu comme la politique qui doit composer avec sa base électorale pour perpétuer le système auquel il doit sa survie ! tout public s’érode avec le temps il faut donc toujours et encore conquérir e nouveaux électeurs. Les nouveaux électeurs de la pub ce sont les nouveaux consommateurs, qui sont analysés, disséqués, répertoriés via google, facebook et autres instituts de sondages ! Mais quid des afro-descendants !?

Il est bien connu que les afro-descendants qui ont  eu une image liée à l’origine à l’esclavage et à la domination colonialiste ont dû se contenter par le passé d’un traitement paternaliste doudouïsant comme celui du bon sauvage de Rousseau comme dans les fameuses publicités de Banania vantant le chocolat noir illustrées par un tirailleur sénégalais et son fameux Ya bon, ou celles du chocolat Félix Potin avec justement le clown noir Chocolat. Cette parenté continue tout naturellement avec des produits dérivés du chocolat comme Danette (Sylvain Wiltord, Nicolas Anelka), Hershey’s, Hagen Dasz. et bien sûr le café (Oréo) et tous les produits alimentaires conviviaux comme tout d’abord le rhum Négrita, puis les boissons non alcoolisées comme Pepsi, Coca Cola, Caresse Antillaise et ses jus de fruits tropicaux ; les fast food Mc Do, Burger King, KFC, les cigarettes Marlboro, le cognac Martell, la boisson Finley (Omar Sy, c’est coquinou) , Orangina Red made with bloody oranges, où la panthère noire est dominatrice, sans oublier les bonbons fruités Skittles où un rasta aux dreadlocks abondants trait une girafe qui lui fournit des bonbons arc-en ciel, les donuts comme Dunkin Donuts et les sandwich Daunat (« on est tous là ») ou Kinder Bueno par  le tennisman   Jo Wilfrid Tsonga . Le riz Uncle Ben’s répond en français à l’américaine Aunt Gemina et sa pâte à crêpes qui cantonnent le Noir dans ses domaines de prédilection, la cuisine, la banane, le coco et le nettoyage de la maison, voire des essuie-glasse de voiture avec Carglass. Mais on a aussi Vahiné , la levure pour gâteau (« c’est gonflé ») avec Raymond Aquilon, le beurre Président à la Réunion, Lemon, Lemon1, Lemon 2, Lemon 3 , Lemon 4 où l’humour africain nous propose une boisson désaltérante en pays de sécheresse, Ras Mabouya en Martinique, Royal soda

Le plaisir continue encore dans la maison avec des pubs mettant en scène des afro-descendants comme dans la pub Château d’Ax  (« des salons qui changent tout ») ou dans l’évier  General Electric. Tony Parker est le complice des rollers pour articulations de Puressentiel, la voiture chantée par Grace Jones dans Citroen CX2, la beauté sauvage, les jeans Lee Cooper en 1983 , BASF  (« we create chemistry »),

Comble de pureté on verra toujours poindre une bouille de Noir quand on fait de la publicité pour le lait (voir la pub Grand Lait de Candia en 2001 avec Patrick Vieira)(à comparer avec celle-ci réalisée par une autre marque de lait Cowbell dans un autre contexte pour le marché congolais. Ou pour Danette (« On r’met ça » avec Sylvain Wiltord et Nicolas Anelka) ! Et tout récemment le tourisme s’y met puisque Marie-Jo Pérec , Lilian Thuram et Stéphane Diagana entre autres égéries noires prêtent avec une quinzaine de sportifs tous sports confondus leur image (gracieusement, faut-il le préciser) pour la pub « Et si je te dis Cantal « ! Yannick Noah dans Ecoute ta Nature, « gels douche et soins du corps pour mieux respecter la planète, une ligne pour toute la famille inspirée par Yannick Noah »  ! Haribo Tagada, « on grandira plus tard, Haribo c’est beau la vie pour les grands et les petits », Marvin Goffin et Chakal avec l’anti-transpirant Menen, Etienne Curron sur M6- Mobile, Harry Rozelmack, Teddy Riner pour Habitat ou pour Renault,  Tony Parker pour Renault et sa French Touch, pub pour Perrier citron vert

On le voit les sportifs ont la part belle dans la publicité. Cela est dû à leur image jugée vendeuse ! Voyez Thierry Henry avec Gillette (co-starring Tiger Woods et Roger Federer dans un cadre de globalisation des échanges qui combine golf, tennis et football à l’échelle mondiale), Lilian Thuram avec Danette (c’est bon d’être ensemble)

Ainsi Yannick Noah peut vendre chez Sloggi des vêtements et que ce soit Gap,  van Heusen,  American Apparel, Benetton  et d’autres il y a, on le sent, une réelle volonté de montrer la diversité !Ou  les contre-exemples comme Mophie où dieu est noir et possède un portable dont la batterie s’est déchargée.

A ce mythe du bon sauvage un peu niais parfois montrant toujours ses dents (voir çà ce sujet la pub  du dentifrice Durel au début du siécle et celle de Quiaobi en Chine) on peut opposer celui du sauvage vraiment sauvage, empreint de superstitions et d’exotisme, le marabout vaudouïsant de Free Time, Virgin Mobile

Le noir évoque par antithèse le blanc et donc le propre. ce qui implique toute une série de pubs autour de cette idée (pubs Javel de SDL de 1910, lessive de la Ménagère , savon Dirtoff, savon la Hêve, savon La Perdrix, cirage, Nivéa..)

Aux Antilles où la cible est majoritairement afro-descendante on peut observer que les codes utilisés sont un peu différents : Pub pour le camembert et le brie Président, où les accras sacro-saints font concurrence au sacro-saint fromage franco-français.

Mais selon moi quelque chose a changé chez les communicants en publicité ! Preuve les pubs décalées et drôles pour MAAF (« Efficace et pas cher, c’est la Maaf que j’préfère, c’est la MAAf ») qui met en scène dans des rôles qui ne sont pas seulement de faire-valoir des figurants qui ne sont pas seulement des figurants mais des acteurs afro-descendants inconnus du public (« Je l’aurai je l’aurai », la phrase fétiche étant même prononcée par l’acteur ainsi que 3 petits dialogues). A d’autres moments c’est une jeune fille qui assure la diversité !

Ou encore la pub de MONABANQ , la banque sans condition de ressources, qui met en scène un couple mixte (Un Noir et une Blanche) et leur enfant nouveau-né : »chez Monabanq  nous n’oublions pas d’où vient l’argent . Il vient de nos clients. Placer les gens avant l’argent  c’est nous rappeler cette évidence ».

La pub de la GMF qui s’adresse aux fonctionnaires sur un hymne catholique traditionnel mélanésien issu des îles Salomon « God U Tekem Laef Blong Mi » ayant fait partie de la bande sonore du film La ligne Rouge de Terrence Malick  et qui lie assurance et solidarité. Les paroles sont les suivantes : God, yu tekem laef blong mi, Mi mi givim nao long yu. Bak mi giv evride Blong leftemap nem blong yu. God, yu tekem han blong mi Blong givhan long nara man, Mo yu tekem leg blong mi Blong mi karem tok blong yu. God, ol mane tu blong mi, Plis, yu tekem mi blong yu Mo yu tekem hed blong mi Blong mi waes long wok blong yu. Yu mekem tingting blong mi I stap strong long yu oltaem. Yu nomo yu king blong mi Plis yu rul long laef blong yu. God, mi laekem yu tumas, Mbae yu king blong mi oltaem. Evri samting ya blong mi Mi mi givim nao long yu.

Ce qui revient à dire ne français : 1. Seigneur, ma vie vous appartient et tout ce que j’ai est à vous. Chacune de mes journées, je vous les dédie ainsi que tout le temps que je vis – votre temps. 2. O Seigneur, et mes mains sont à vous, comme des milliers de mains donnés aux gens pour vous. De plus, mes pieds sont à vous, mes affaires, mes inquiétudes et mon métier. 3. O Seigneur, ma voix vous appartient, je veux que toutes mes pensées soient de vous et pour vous. Que mes lèvres soient à vous, Il est écrit, tout ce que je veux – je désire votre volonté, ô Dieu. 4. Vous m’avez créé moi et le monde, et c’est par votre volonté que je suis vivant dans le monde. Votre nom – Dieu – est sur ma bouche, s’il vous plaît prenez soin des miens. 5. Dieu, dans mon cœur, je t’aime, car tu es mon roi, aussi longtemps que je vivrai. Tout ce qui m’appartient, Seigneur, est à vous et moi je me donne maintenant pour vous. Oh, mon Dieu.

Je ne reprendrai pas à mon compte les mots de GMF et MONABANQ car même si on place les gens avant l’argent en publicité on veut avant tout en dernier et ultime ressort que le message publicitaire remplisse sa fonction première : atteindre des clients nouveaux potentiels soit par l’information, soit l’humour, soit le lyrisme, soit la musique, soit une égérie représentative ! Ce que l’on peut dire sans se tromper c’est que dans ces temps e crise la « minorité visible » qu’est l’afro-descendance en France fait partie désormais des publics cibles et sa représentativité en politique comme en télévision augmente elle aussi. Elle élit et elle consomme comme tout le monde et dans la mesure où les vecteurs de distribution de cette publicité se sont démultiplié via google, youtube, facebook, twitter, les chaînes infos à la tire à larigot !  On pourrait en dire de même pour les journalistes de l’afropéenne-descendance qui se sont démultiplié ces dernières années depuis Harry Roselmack sur TF1 et qui ont désormais pignon sur rue sur LCI, France 24, BFMTV, France 0, CNews, Franceinfo, Arte et consorts. Citons par exemple Bernard Dicale de France Info ex Le Figaro, Kareen Guiock (Guadeloupe-Martinique) (woulo) de M6, Karine Le Marchand (de son vrai nom Karine Mfayokurera (métisse Burundi-France) sur M6, Christine Kelly (de son vrai nom Tigiffon), la guadeloupéenne (woulo), ex LCI, desormais CSA, Kady Adoum-Douass sur Arte, Audrey Pulvar, la Martiniquaise (woulo), et Hugues Dago (woulo?) sur CNews, Marie Aline Mélyi sur LCI, Vanessa Abba sur France 24, Philippe Diallo sur CNews et autres Gladys Say de RFO, Johanna Ghiglia sur BFMTV, Virginie Sainsily, la Guadeloupéenne (woulo) sur BFMTV, Babette de Rozières, la Guadeloupéenne (woulo), sur la Cinq et Rokhaya Diallo . Je suis raisonnablement optimiste : je vois tous les jours de nouvelles têtes « issues des minorités visibles » apparaître dans le paysage hautement concurrentiel de la pub, de  la télé, de la radio, du cinéma, bref de l’audiovisuel et je me considère raisonnablement représenté, car selon moi les doses ne sont pas si homéopathiques qu’on le dit à droite et à gauche, oui, je le dis, j’ose le dire, les choses s’améliorent, les tensions s’apaisent. La preuve  Sibeth Ndiaye, la toute dernière égérie de l’afropéenne fusion attitude,  chargée des relations presse d’Emmanuel Macron, 37 ans, d’origine-togo-sénégalaise, naturalisée française en juin 2016, tout en étant mère de trois enfants ! On est bien loin de l’époque révolue (1969) où la speakerine Sylvette Cabrisseau, la Martiniquaise (woulo) déchaînait les passions ! Ou plus tard de Stéphane Pocrain, le guadeloupéen,(woulo) sur France 2 et Europe 1 et son irrévérence écologiste avec Laurent Ruquier ! Oui qu’on se le dise, nous sommes bien loin du temps des Catherine Langeais et du monopole de l’ORTF ! Chroniqueurs, journalistes reporters, journalistes de plateau, acteurs, figurants, candidats à des postes électifs, de plus en plus l’afropéenne-descendance se propulse en l’absence de toute politique de quota de type « affirmative action » vers des courbes de représentativité qui un jour, on leur souhaite en tout cas, pourraient égaler, l’hyper sur-représentativité des sportifs et des musiciens de la médiasphère ! Plus cyniquement j’en dirai la raison : toute part de marché a droit à ses héros, ses égéries, ses « role models », ses locomotives, et quelle que soit la part de ce marché que représente l’afropéenne-descendance en France (environ 16 pour cent, selon certains) au-delà de toute connotation religieuse, politique et morale, au-delà de la liberté, égalité et fraternité qui régissent la constitution de cette Vème  République, elle s’affirme comme une force irrésistible et imprévisible en foisonnement comme celle préconisée par l‘Introduction à une Poétique du Divers d’ Edouard Glissant dès 1996.

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Dernier jour charnel à Karukera moderne

Giga Parade en ce 28 février 2017, giga parade de mardi-gras de Basse-Terre en direct et en hd, s’il vous plaît, pour la première fois dans le carnaval de Guadeloupe sur Facebook, Periscope, Youtube, Dailymotion, Smart TV, TV Roku ! Moi prudent je vais à la source ! En voilà une affiche alléchante ! Merci ETV/TV97.NET ! ou bien sur Guadeloupe Première où je trouve les commentateurs bien plus compétents

comme tout bon carnavalier qui se respecte je vérifie les conditions météo . . il fait actuellement 29 degrés, le temps est à l’orage (nuages noirs et éclairs) l’humidité de l’air est à 94 pour cent et le vent souffle à 14 km/h sur un axe Est/Nord-Est. le décollage est prévu pour 13 heures, 18 h , heure de Paris ! je vérifie mon portefeuille ! C’est 40 € par personne pour s’installer sur les gradins !

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Cette année on fêtera le 30éme anniversaire de la Fédé (Fédération du Carnaval et des Fêtes de la Guadeloupe), maître d’orchestre depuis 1987 de ce Mardi-Gras de Basse-Terre organisé   sous le thème « réjouissances ». 56 groupes sont prévus pour ce dernier grand rendez-vous de la chair ! Et on les épartagera puisqu’il ya aura deux concours : un concours e groupes et un concours de porteurs de drapeaux !    On jaugera selon des paramètres bien précis  les décors, les costumes, la chorégraphie, la musique ! Mardi-Gras c’est mardi charnel, le dernier jour charnel  avant de faire pénitence, repentance, jeûne, carême ! Demain ce sera trop tard, aujourd’hui c’est le jour du diable rouge, demain ce sera le deuil, le noir et blanc ! Je vérifie le parcours mentalement !

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bon je crois que je vais laisser tomber les gradins à 40 € et m’installer sur le balcon comme quand j’étais tout petit sur le Cours Nolivos pour voir passer les masques !

en attendant, en bon carnavalier expatrié qui n’a ps fopulé le parcours du carnaval de Basse-Terre depuis 1961 que diriez-vous de deux trois petit beignets et deux trois petites crêpes  avec les boissons qui vont bien pour faire émarrer le moteur en douceur !?

 

 

Colonisation, crime contre l’humanité ?

 

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Si je mets un point d’interrogation c’est que je m’interroge ? Après la formule choc du prétendant à la magistrature suprème de l’Etat Français, Emmanuel Macron, qui qualifie la colonisation comme « acte de vraie barbarie », « un acte de domination et de non reconnaissance  de l’autonomie d’un peuple », et qui énonce la torture comme aspect négatif et l’émergence d’un Etat,  de richesses,  de classes moyennes  et de droits de l’homme comme apects positifs,  on peut se demander s’il est possible de vouloir comme lui naviguer sur une « ligne de crête » qui tente de réconcilier les mémoires à priori inconciliables entre colonisés et colonisateurs. Dans un mouvement de repentance qui ne se veut pas de culpabilisation, qui dénonce la glorification mais qui en même temps effectue une dramatisation de la colonisation je ne sais pas très bien où me situer (surtout en période de surenchère électorale où tous les coups sont permis).

Mon premier réflexe en entendant cette formule choc a été enfin ! Enfin quelqu’un qui dit haut ce que je pense bas ! Puis j’ai vu sur Bfmtv les premières réactions disant qu’il ne faut pas galvauder l’appellation crime contre l’humanité . Le crime contre l’humanité est selon ces journalistes circonscrit à des définitions précises et on ne peut pas qualifier tout et n’importe quoi de crime contre l’humanité. Alors j’ai fait un rapide retour sur les crimes contre l’humanité globalement admis : la Shoah, l’esclavage, le Rwanda, l’ex yougoslavie. on y parle aussi de génocide, comme pour l’Arménie. Et on pourrait bien qualifier de génocide l’élimination des Amérindiens des iles caribéennes.

Que disent les dictionnaires ?  Colonisation pour le cnrtl : « doctrine politique  qui prône l’exploitation  par la métropole des territoires sous-développés qu’elle a pris en charge à son seul profit ou au profit unique des élements métropolitains installlés sur ces territoires »

Pour l’Académie Française : « Notion politique et stratégique impliquant la conquête, l’administration et la mise en valeur de territoires extérieurs  dont le degré de développement  est moindre que celui du pays colonisateur ».

Nul besoin après ces deux définitions lapidaires de chercher dans le Littré, le Larousse ou le Robert de plus amples subtilités !

Voyons wikipédia cependant et la définition détaillée de l’acte 7 du Statut de Rome :

« L’article 7 définit onze actes constitutifs de crimes contre l’humanité, lorsqu’ils sont commis « dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique dirigée contre toute population civile et en connaissance de l’attaque » :

  • le meurtre ;
  • l’extermination ;
  • la réduction en esclavage ;
  • la déportation ou le transfert forcé de population ;
  • l’emprisonnement ou autre forme de privation grave de liberté physique en violation des dispositions fondamentales du droit international ;
  • la torture ;
  • le viol, l’esclavage sexuel, la prostitution forcée, la grossesse forcée, la stérilisation forcée ou toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable ;
  • la persécution de tout groupe ou de toute collectivité identifiable pour des motifs d’ordre politique, racial, national, ethnique, culturel, religieux ou sexiste, ou en fonction d’autres critères universellement reconnus comme inadmissibles en droit international, en corrélation avec tout acte visé dans le présent paragraphe ou tout crime relevant de la compétence de la Cour ;
  • la disparition forcée de personnes ;
  • le crime d’apartheid ;
  • d’autres actes inhumains de caractère analogue causant intentionnellement de grandes souffrances ou des atteintes graves à l’intégrité physique ou à la santé physique ou mentale. »

 

Quant à moi j’avoue ma préférence pour l’Initiative de Crimes contre l’Humanité qui a une lecture me semble-t-il plus extensive que le statut de Rome comme le montre ceci.

Mes parents ont vécu sous la colonie jusqu’en 1946 et ont vécu sous la départementalisation. Je ne nie pas qu’ils aient souffert de cet état de fait mais je ne me souviens pas qu’ils en aient fait état de façon désespérée. C’était leur quotidien, celui qui n’a connu que la guerre ne peut imaginer ce qu’est la paix. De la même façon celui qui n’a connu que la colonisation ne peut imaginer ce qu’est l’indépendance  voire tout simplement l’autonomie.  Les Antilles Françaises sont de plus en plus autonomes mais n’en sont pas plus indépendantes pour cela. Une colonisation de plus de 300 ans laisse ses traces. La première c’est la langue française, la deuxième c’est la loi française, le code civil, la troisième c’est le catholicisme, la quatrième c’est la stricte dépendance économique, sociale, culturelle. Voilà en peu de mots les restes de la colonisation française sur ces ultimes et presque anacrhoniques confettis de l’Empire français que sont encore les Antilles Françaises.

Il ne s’agit pas pour moi de dire si ces restes sont un bienfait et remercier la France d’avoir déporté mes ancêtres de leur Afrique natale, de les avoir asservis, violés, d’avoir mélangé leurs histoires aux sangs d’autres individus pour en arriver jusqu’à moi, de nous avoir rendus citoyens colonisés en 1848, puis citoyens à presque part entière en 1946, non il ne s’agit pas de remercier pour cet héritage. Il ne s’agit pas d’accabler non plus car j’ai en mémoire par exemple ce que mes parents me racontaient d’Amédée Cabre, un colon, propriétaire de terres, sur Saint-Claude et qui aurait revendu ses terres à des prix tout à fait raisonnables à ses « ouailles », dont  ma grand-mère maternelle à Morin, certes de façon très paternaliste, mais je n’ai jamais entendu âme qui vaille parlant mal de cette famille…? Il y aurait eu alors de bons colons et de mauvais colons  !? Loin de vouloir raviver des cicatrices encore fraiches, il s’agit je crois d’essayer de parvenir à une concorde sociale, un nouveau contrat social qui tienne compte du double enracinement de beaucoup de Français originaires des ex-colonies

Donc accabler l’Etat oui, certainement mais je suis relativement partagé en ce qui a trait aux individus. Exiger de l’Etat repentance et compensation, oui mais pas les individus, qui, colonisés comme colonisateurs sont des jouets inconscients, des fétus de paille au gré du vent porteur d’action civilisatrice et globalisatrice prétendue.

Voici d’ailleurs une video tout à fait explicite sur ces contradictions entre colonisé et colonisateur dans le domaine de la religion et de l’éducation. Cela se passe en République Democratique du Congo en aout-septembre 2012 où est enterré le père blanc d’origine belge Georges  Defour (1913-2012), missionnaire et enseignant, fondateur du mouvement d’action catholique Xavéri (s’inspirant du scoutisme, de Coeurs Vaillants et Ames Vaillantes et de la Croisade eucharistique) sous le patronage de Saint François Xavier, mouvement  présent non seulement en RDC mais aussi au Burundi, au Rwanda, etc. , auteur entre tant d’autres choses de « Pour une pédagogie en milieu intégral : A la recherche d’un anthropo-mésocentrisme », université de Kisangani, 1986. Le père Georges Defour, après avoir vécu plus de 60 ans en Afrique a lutté toute sa vie avant, pendant et après le Maréchal Président Mobutu Sese Seko pour le développement autoporté des sociétés africaines rurales. Comment lui jeter décemment la pierre  ? « Mon ami Noé » 1 et 2 a été son instrument de pénétration par la langue française, certes  mais il a aussi favorisé l’apprentissage du kiswahili et son Institut de Développement Rural est encore référence en Afrique . Symptomatiquement retentit lors des funérailles dans le Bukavu : Victoire tu règneras oh croix tu nous sauveras ! Que dire de plus ! C’est déja assez éloquent comme cela.