Victoria, l’esclave blanche

La Esclava Blanca est le titre espagnol original de la série colombienne à gros budget Victoria qui passe sur le réseau Mayotte Première et donc sur Guadeloupe Première, Martinique Première, Réunion Première, etc. En anglais la série se nomne The White Slave. Logiquement elle aurait dû s’appeler L’esclave Blanche en français.

VICTORIA

C’est une saga historique colombienne qui se déroule entre 1820 et 1845 au temps de l’esclavage à Santa Marta le long de la côte Caraïbe. Victoria Quintero (l’actrice espagnole Nerea Camacho, âgée de 19 ans et qui a reçu le prix Goya de la meilleure révélation féminine en 2008 à l’âge de 12 ans pour son interprétation dans le film Camino de Javier Fesser) joue le rôle d’une marquise espagnole Lucia de Peñalver, marquise de Bracamonte dont tous ignorent la véritable identité. Elle est la fille des propriétaires de la plantation Eden, Domingo et Elena Quintero, qui ont été tués sur ordre de Nicolas Parreño (l’acteur espagnol Miguel de Miguel) dont elle devient l’épouse et de qui elle veut se venger. Dans son enfance à la mort de ses parents elle a été recueillie tout bébé par une famille d’esclaves : Tomas (l’acteur portoricain Modesto Lacen) et Lorenza (l’actrice panaméenne Miroslava del Carmen Morales) et leurs enfants Milagros et Rosita. Elle a vécu dans un village negmawon en pleine forêt, un palenque en espagnol, un quilombo en portugais, comme negmawonne (cimaronna) jusqu’à ce qu’on la ramène en Espagne pour vivre dans un couvent et y apprendre les bonnes manières. Elle est amoureuse d’un esclave Miguel Nava Soler (l’acteur cubain Orian Suarez) qu’elle a connue toute petite et qui est aussi le fils  illégitime de Nicolas Parreño avec une esclave fugitive Sara.

A cette distribution internationale s’ajoute le vénézuélien Luciano d’Alessandro (Alonzo Marquez) et tout un casting colombien constitué ‘acteurs comme Carlos Duplat (Abad Rangel)  Natasha Klauss (Ana de Granados), Viña Machado (Eugenia Upton), Roberto Cano (Felipe Restrepo), Ricardo Vesga (dans le rôle d’Enrique Morales, contremaitre de Nicolas), Leonardo Acosta (Arturo Lopez), Mauro Donetti (General Fidel Marquez), Gianina Arana (Manuela Pimentel), Barbara Perea (Hilaria), Anrés Suarez (Capitan  Francisco Granados, bras droit du general  Marquez)  etc

La série a été tournée en 2015 à Santa Marta, à Amaime dans la Valle del Cauca et l’hacienda la Concepcion et à Cartagena mais aussi à Bogota, Medellin, La Guajira et même à Quinta de San Pedro Alejandrino où Simon Bolivar a vécu ses derniers jours et a reçu un prix de la réalisation au Seoul International Drama Awards  de 2015. Elle a été retransmise en Colombie en 2016 et depuis septembre elle est diffusée sur le réseau Première

Le film de la réalisatrice Liliana Bocanegra se compose de 31 épisodes de 90 minutes lors desquels on voit la lutte de Victoria pour retrouver ses biens, se venger de son mari qui a éliminé ses parents, libéré les esclaves avec qui elle a vécu une grande partie de son enfance et retrouver l’amour qu’elle ressent pour Miguel malgré la barrière de couleur et la barrière de classe sociale qui les sépare.

La qualité des costumes et des décors fait le charme de cette production de Caracol television et Telemundo Internacional.

J’ai été je l’avoue un peu choqué par l’affichage esthetisant des supplices auxquels les esclaves étaient soumis au début du 19eme siècle. Et par l’apparente résignation de ceux ci dans leur grande majorité à leur sort. Certains personnages n’acceptent pas il est vrai leur servitude, d’autres usent de stratagèmes variés pour s’en sortir mais on sent que l’intrigue de cette marche vers la liberté dépend avant tout des stratagèmes de Victoria, l’esclave blanche ou de Miguel, l’esclave métis. L’une pour être libre devra se débarrasser de son mari, l’autre pour s’affranchir devra se livrer des chaînes de son père. On attend en vain l’intervention de l’église et de l’état dans cette affaire qui comme toutes les sagas historiques touchant à l’esclavage remue les passions. Il n’est pas étonnant dans ces conditions que les rôles les plus importants soient tenus par des acteurs non colombiens issus néanmoins du monde hispanique. Ce n’est pas le premier série qui aborde l’esclavage et ce ne sera sans doute pas la dernière. Et beaucoup disent tout haut que la condition des Noirs n’ a guère évolue et que les quilombos et palenques d’autrefois n’ont fait que changer d’adresse passant des forêts aux banlieues. Les inégalités persistent. Ce qui change c’est qu’on peut aborder avec un peu moins de traumatisme cette période. Film après film les lambeaux de douleur s’effilochent, les vexations, les lynchages, les supplices s’estompent mais il faut prendre garde à ne pas oublier. On peut pardonner, il est vrai, mais on me saurait sans perte d’identité, oublier. Never !

 

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