My bucket list ou les 65 items que je souhaite réaliser dans les quelques années (mois, semaines, jours, heures, minutes, secondes) qu’il me reste à vivre

Never too late ! Ce soir c’est MARDI-GRAS et je me déguise  à six mois de la retraite en Carter Chambers. Et je publie moi aussi ma bucket list. Comme dans le film éponyme starring Jack Nicholson et Morgan Freeman, The Bucket List (Sans plus attendre, en vf). C’est la mode des to-do lists before you die, before you kick the bucket. Bucket veut dire seau. Et seau me fait penser à Champagne et à eau et à sable. Kick the bucket veut dire casser sa pipe. Bon je m’égare… Disons que je suis Carter Chambers dans le film et que je suis a terminally ill man. MÊME SI JE N’AI NI JET PRIVE NI EDWARD COLE POUR FINANCER mes rêves et expectatives, MEME SI JE NE SUIS PAS MÉCANICIEN AUTO ET QUE JE NE RÊVE PAS DEVENIR PROF D’HISTOIRE voici mes 65 ITEMS, mes énormes grains de sable que je souhaite réaliser sans plus attendre dans les quelques cyclones qu’il me reste à vivre. Ce n’est pas comme une liste de courses, ce sont des projets, des envies, des lubies, des tentatives de vaincre des peurs bien enracinées souvent qui peut être ne se matérialiseront jamais mais qui sont ces petits riens, ces petits rêves à priori impossibles qui soutiennent telles des pierres de corail le lagon de mon quotidien. I WISH I COULD CROSS A FEW OF THOSE ITEMS.

bucket

1. Passer Mardi-Gras à Port of Spain

2. Passer un dimanche et lundi de carnaval sur le sambodrome de Rio et assister au défilé des écoles de samba

3. Danser la salsa à La Havane en octobre

4. Faire le tour de la Guadeloupe en bateau

5. Visiter les Baltimore d’ Antigua

6. Visiter les Baltimore des Îles Vierges

7. Participer à une chorale jazz

8. Manger dans un restaurant d’un chef étoilé caribéen

9. Visiter le Mato Grosso brésilien

10. Passer une année à Basse-Terre en Guadeloupe

11. Traduire en créole ou en français Omeros de Derek Walcott

12. Visiter Sainte-Lucie

13. Visiter les Terres Sainville en Martinique

14. Retrouver quelques chaînons manquants dans mon arbre généalogique

15. Prendre des cours d’aquagym

16. Faire de la plongée sous – marine

17. Préparer une feijoada de fruits de mer avec lambi, langouste, poulpe (chatrou), crabe, encornets, palourdes, riz noir et pois d’angole

18. Préparer un callaloo avec feuilles de dachine, gombo, lambi, langouste, poulpe (chatrou). crabe, encornets, palourdes et dombrés.

19. Participer à une école de samba brésilienne

20. Parler créole comme je parle portugais

21. Vivre dans une cabane perchée dans un manguier

22. Construire une maison en bois en conservant et épousant les structures d’un flamboyant

23. Publier mon recueil de poèmes Micareta, 27 fragments infimes d’un carnaval intime

24. Publier mon roman Archipel des Reliques

25. Voir les neiges du Kilimanjaro

26. Passer un anniversaire quelque part au Mexique le jour de la fête des Morts

27. Avoir le permis bateau

28. Voir parfaitement sans lunettes

29. Visiter le Mozambique

30. Visiter le Burkina- Faso

31. Avoir 1000 articles dans mon blog

32. Rencontrer un chaman  en Papouasie-Nouvelle-Guinée

33. Vivre jusqu’à pas d’âge en bonne santé

34. Déguster un café de quimbombo en Équateur

35. Faire de l’aquarelle

36. Faire de la planche à voile

37. Ouvrir un restaurant pescétarien

38. Devenir 100 pour cent pescétarien

39. Avoir un potager du type jardin créole

40. Manger de la tortue

41. M’investir dans une association

42. Adopter un enfant

43. Faire une expérience de woofing

44. Avoir une Vespa

45. Faire du planeur

46. LAUGH UNTIL I CRY

47. SKYDIVING

48. SEE THE PYRAMIDS

49. Apprendre à réparer une voiture

50. Go on a safari and HUNT THE BIG FIVE

51. Get a tattoo

52. Visit the Taj Mahal

53. FIND THE JOY IN MY LIFE

54. Assister à un match de foot au Maracana

55. Faire du théâtre

56. Participer à un groupe de danse folklorique (quadrille)

57. Chanter dans un groupe de jazz

58. Jouer de la bossa nova à la guitare

59. Passer mes vacances  sur une plage dans un camp  naturiste

60. Apporter de la joie et de l’amour à : my significant other, siblings, kids and friends

61. Faire du jet-ski

62. Faire du ski

63. Jouer au bridge

64. Faire un vlog

65. Lire un livre par semaine

 

bbbb-the-bucket-list

Comme le dit la chanson je dis avec Charlie Winston : Kick the Bucket

If you say this is pop, to be singing to a tune with a rhythm like this, would it be so unpopular for a singer like me to be bringing up the fact that we’re all gonna go ? Some people swear, they say they know where.
For me it’s a mystery. But which ever way you see it
you have to admit it and live it and live it !

We all kick the bucket in the end ! The end !
All the girls kick the bucket in the end ! The end !
And the boys kick the bucket in the end ! The end !
Yep ! We all kick the bucket in the end ! The end ! The end ! The end ! The end !

Blew up my TV. It’ was numbing my brain to be thinking the same as million other people all feeling afraid of the same thing.
But there’s is nothing to lose, cause we’re all on a bike and we’re cycling through, getting off on our injuries – but you gotta get back on it and live it and live it to love it and live and love life.

Cause we all kick the bucket in the end ! The end !
All the girls kick the bucket in the end ! The end !
And the boys kick the bucket in the end ! My friend !
Yep ! We all kick the bucket in the end ! The end ! The end ! The end ! The end !

This is not a sad song !
I don’t bring it up to get you down,
It’s a celebration of all the red cells
going round and round in your body !

I don’t mean to preach or to sound lilke a teacher. No ! I only wanna cut the crap and , looking back, everybody’s had to face the facts.

That we all kick the bucket in the end ! The end !
All the girls kick the bucket in the end ! The end !
And the boys kick the bucket in the end ! My friend !
Yep ! We all kick the bucket in the end ! The end ! The end ! The end ! The end !

une chanson bachique que ne me chantait pas ma maman

« Charmant Bacchus

Pour toi je renonce à l’Amour

Vois tout ce que j’ai fait  pour te faire ma cour :

J’ai quitté la tendre Nanette;

J’ai brûlé ce matin  les lettres  de Manon;

J’ai rendu le portrait de la jeune Lisette :

Il ne me reste plus qu’une bague à Fanchon,

Que je m’en vais troquer  pour un tire-bouchon »

Il était de bon ton à une certaine époque de chanter au Pater à la messe sur l’air de ce Charmant Bacchus. Ma mère,  fervente catholique gardienne de la foi et des bons usages, n’aurait sans doute pas plus préféré à ce tire-bouchon bachique cette version qui bouscula à son époque les conventions, ce Charmant Bacchus qui intègre le Prologue de Platée de Jean-Philippe Rameau(1683-1764) sur un livret d’ Adrien Joseph Le Valois d’Orville d’après la pièce de Jacques Autreau, Platée ou Junon jalouse.

Platée est une comédie-ballet, ballet bouffon, comédie lyrique, comédie folie en 3 actes et un prologue dont la première représentation a été donnée à Versailles au  Théâtre de la Grande Ecurie le 31 mars 1745  à l’occasion du mariage du Dauphin Louis, fils de Louis XV et de Marie Leszcynska, avec l’infante Marie-Thérèse d’Espagne. Cette comédie ballet fit en son temps voler sens dessus dessous les conventions en matière de danse , de chant lyrique et de déclamation. Ma mère s’appelant Marie-Thérèse aurait sans doute aimé que je prenne le rôle de Thespis et que de ma voix de haute-contre ténor je chante entre choeurs de Satyres, Ménades, Dryades et paysans vendangeurs l’ariette suivante appelée elle aussi Charmant Bacchus:

Je sens qu’un doux transport me saisit et m’inspire

Charmant Bacchus, dieu de la liberté,
Père de la sincérité,
Aux dépens des mortels tu nous permets de rire.

Mon cœur plein de la vérité,
Va se soulager à la dire :
Dussé-je être mal écouté.

Charmant Bacchus, dieu de la liberté,
Père de la sincérité,
Aux dépens des mortels tu nous permets de rire.

William Saetre (Platée)

 

Platée (jouée par un homme) est une nymphe vieille et laide mais nymphomane et mythomane entourée de grenouilles coassantes qui vit dans les marais au pied du mont Cithéron dans une Grèce mythologique peuplée de dieux qui font des allers retours entre l’Olympe et les mortels. Il y a Mercure, Junon, Jupiter, Momus, Amour (Cupidon), Bacchus (Dyonisos grec), Apollon qui rivalisent en ridicule avec Satyres, Dryades et Ménades dans un éloge carnavalesque et momesque à la Folie qui contamine dieux, bêtes, nymphes et mortels que n’aurait pas désavoué Erasme.

 

Moi j’aurais bien installé cette satire de Platée au pied de la Soufrière dans une mangrove grouillante non de batraciens mais  de crabes rouges et de crabes-violonistes avec les dieux vaudous comme entités ricanantes, nasillardes, dissonantes, irrévérencieuses et jubilatoires. Et les paysans vendangeurs seraient des planteurs et coupeurs de canne armés de coutelas et chapeaux de paille. Et le vin serait le doux rhum agricole, et les doux zéphyrs et les violents aquilons, les cyclones et les alizés ! Oui, il est bon d’universaliser mais que ce ne soit pas toujours la Grèce et Rome antiques qui servent de toile de fond et de mètre-étalon. Pluriversalisons, mes frères, pluriversalisons ! Parodions comme Rameau nos brisures! Il ne s’agit pas de faire rivaliser comme dans la guerre des bouffons la tragédie italienne et la tragédie française: il s’agit de faire vibrer la tragi-comédie antillaise qui n’est ni troyenne ni spartiate, purement et simplement, lumineusement et follement antillaise.

Mon mois de novembre gastronomique

Novembre s’achève. Un mois très riche gastronomiquement. Les mangues, vertes ou mûres, le fruit à pain rôti à la braise, le rougail tomates bien pimenté, le brède mourongue aux sardines, le brède Mafane au bœuf ou au poisson, une nouvelle façon de faire cuire la viande au préalable sans aucun assaisonnement à l’eau, le jus de jaque au citron, l’ananas, le malanga alias dachine alias chou de chine alias madère alias songe alias dasheen alias yautia alias majimbi frit ou cuit à l’eau, le chou vert comme ingrédient des cary, le gombo au poisson à la mode congolaise, les achards de mangue verte, de papaye verte , le massalé en remplacement du colombo, le taboulé à la feta au concombre et à la menthe, la caipirinha au citron vert et à la mangue. Vous me connaissez je n’ai opposé aucune résistance. Je suis tombé dans le piment de l’Océan Indien, je suis putu putu ! J’ai toujours aimé les fruits et ce mois-ci je me suis régalé de corossol, mandarines,  mangues,  ananas, une vraie orgie. J’ai un petit souci avec les bananes jaunes auxquelles je trouve un goût étrange mais je mange les bananes vertes rôties au feu de bois. J’attends pour décembre les letchis.

Place au tapage nocturne

Un peu décalée cette pub, non ? Ikea, la marque suédoise bien connue, spécialisée dans l’ameublement et la décoration, tente ici de détruire les clichés, les stéréotypes. On a ainsi tendance à considérer que les minorités visibles sont volontiers fêtardes, bruyantes et ne respectent pas la quiétude de leurs voisins. Il suffit pour cela de se souvenir du fameux « bruit et les odeurs » dont se plaignait le président Chirac.

Dans cette pub de l’agence Buzzman filmée par James Rouse et diffusée à partir du 19 octobre 2017 on inverse les polarités. C’est le basané de service qui veut dormir pour aller travailler ou tout simplement étudier, voire méditer, prier, s’interroger sur la physique quantique, que sais-je. C’est un célibataire. Il est gentil, éduqué, civiquement correct. Et il n’aime probablement pas la musique de Schmooze. Mais nobody’s perfect, on le sait depuis fort longtemps, et moi particulièrement depuis le film Some like it hot de Billy Wilder tourné en 1959 avec des pointures comme Marylin Monroe, Jack Lemon et Tony Curtis…

Et pour le remercier de ce civisme et de cette compréhension modulable, fonctionnelle et esthétique qui  pousse notre homme à ne jamais hausser la voix et à ne pas donner des coups de balais (Ikéa) dans le plafond  et qui l’empêche d’appeler les services de police après 22 heures pour faire respecter son droit au sommeil et à la tranquillité, sa voisine du dessus, une blonde amène et fêtarde, l’invite à dîner en tête-à-tête. Comme pour se faire pardonner avant qu’il ne pète les plombs, avant qu’il ne devienne violent. On imagine que cet homme si parfait aurait décliné l’invitation, prétendant un malaise ou un devoir urgent pour éviter de tomber dans le traquenard pouvant mener inexorablement à un nouveau tapage nocturne romantico-publicitaire. .

Mais non, monsieur s’avance un peu hésitant tout de même mais s’avance à pas feutrés dans l’appartement. On imagine que cela se terminera au fond d’un lit. Un lit IKEA, modulable, fonctionnel et esthétique, il va sans dire. Et qu’il pourra enfin se retirer les boules Quies de ses oreilles.

Tatiana, la fétarde, c’est Alice Raucoules et le voisin black du dessous c’est Christopher Bayémi. Mais j’adore IKEA qui dit pour conclure :

Place à  la vie.

Moi j’aurais imaginé plus d’audace de la marque suédoise jaune et bleue dans ce conte de fées post-moderne . Si je m’appelais Osgood Fielding III j’aurais plutôt dit :

Place au vit !

Irma la Hurricane m’a tuer ou plutôt Ouragan Irma m’a tuer Irma la Douce

Avant de connaître Irma, la hurricane, la cyclonique, l’ouragan, je n’avais connu qu’Irma la Douce.

Que ce soit en comédie musicale française sur une musique de Marguerite Monnot et sur un livret de Alexandre Breffort en 1956, que ce soit en comédie musicale version anglaise en 1958 dans l’East End ou en 1960 à Broadway j’étais éperdument amoureux de cette prostituée au grand coeur. Je me souviens encore de la chanson d’Irma.

« Y a rien à dire

Y a qu’a s’aimer

Y a plus qu’à se taire

Qu’à la fermer

Parce qu’,au fond les phrases

Ça fait tort à l’extase »

Ainsi chantait Colette Renard.

En 1963 Billy Wilder fit son remake cinématographique. Irma la Douce prit ainsi les traits de Shirley MacLaine qui remporta alors un Golden Globe de la meilleure actrice pour son rôle tandis qu’Andre Prévin remportait quant à lui l’Oscar 1964 de la meilleure adaptation musicale.

Dans le film de Wilder Jack Lemmon joue le rôle de Nestor Patou, un ancien policier, et de Oscar alias Lord X, son double qui, déguisé, tombe amoureux d’Irma qu’il doit disputer à son souteneur Hippolyte. Irma, bourreau des coeurs mythique, que tous achètent mais qui ne se vend à personne, bourreau doux, mais bourreau quand même qui souffle comme Irma la Hurricane 60 ans plus tard le chaud et le froid sauf que le décor n’est plus celui de la rue Casanova d’un Paris de carton pâte mais les environs du triangle des Bermudes. Les clients d’Irma 2017 ont pour nom Saint-Martin, Barbuda, Cuba, Florida. On est loin de la môme Irma ! Irma a pris du grade, est devenue mère maquerelle, mais les dégâts occasionnés sont identiques en 144 minutes. On est loin de Moustache et de Nestor le Fripé, ce dernier qualifié de « wreck of a mec ». Mais c’est le même langage, the language of love, the language of nature, ces forces irrésistibles qui nous tenaillent.

Aucune morale à en tirer si ce n’est celle-ci en franglais de 1963 :

Le grisbi is le root of  le evil in man.

Alors de là à analyser les responsabilités de l’Etat dans ce désastre force 5 exceptionnel vous comprendrez bien que je ne pourrai répondre comme Moustache (Lou Jacobi) que par la fameuse réplique: « But that’s another story. » Oui c’est une toute autre histoire. La suite au prochain épisode….cyclonique.

Bienvenue dans notre Tout-Monde !

acsmapPolyglot Trotter se veut comme un espace du Tout-Monde dont le centre est partout et la circonférence nulle part, un espace d’investigations mémorielles semi fermé et ambivalent entre Narcisse et Echo, c’est-à-dire une revue diasporique de notes prises dans l’oeil d’un cyclone appelé Wolfok (dans des domaines de prédilection qui peuvent toucher à la psychologie junguienne, la musique, la gastronomie, le cinéma, la généalogie et l’histoire, la linguistique, le sport, dans des langues qui peuvent être le français, l’anglais, le créole, l’espagnol, le portugais, le néerlandais).

Ces investigations répondent à l’appel de deux postures : celles de Narcisse et  d’Echo prenant un bain de mémoire dans l’oeil du cyclone Wolfok ! Il ne s’agit pas ici de se faire renvoyer par son autre, son lecteur que l’on souhaite un alius – un autre parmi les autres – plus qu’un alter – l’autre de deux – un reflet chatoyant et tiède de sa voix mais bien de tenter de concilier, de syncrétiser les isthmes, les passages et  les détroits de notre Tout-Monde, de nous retrouver à la jonction de nos plaques tectoniques toujours actives pour parvenir sans tabous, sans totem, sans à priori, sans chapelles, sans esprit de clocher à une ré-interprétation de l’oeil du cyclone qui nous structure !

Quand on évoque Wolfok, cyclone du Tout-Monde, on parle d’un espace de ré-interprétation du monde à partir du point de vue de la diaspora Wolfok. Vous êtes invité(e), quel que soit le lien, la matrice, la géographie qui fait de vous un(e) tout-mondiste, à venir ici proposer votre grille d’analyse de sujets qui vous tiennent à coeur. Quelques-uns ont été cités mais libre à vous d’étoffer la carte ! La porte est ouverte, à vous d’y faire entrer votre alizé pour que notre papillon  vole encore et encore autour du monde.