Ma version du grits and shrimps

J’ai déjà évoqué ici ma passion pour le grits and eggs et le grits and shrimps voire pour le grits tout cours. Je sais ce n’est que du maïs, du gruau de maïs, de la semoule de maïs, du cornmeal comme ils disent down over there in the Deep South, qui peut avoir des textures diverses et variées. Mais quand on aime on ne compte pas, n’est-ce pas. Moi en tout cas j’ai fait avec de la semoule de maïs complète importée d’Italie. Elle est bien jaune, de ce jaune qui fait les bonnes polenta.

« La semoule est fabriquée à partir de maïs jaune issu de l’Agriculture Biologique.
Elle est obtenue par mouture spéciale qui fragmente l’amande et les enveloppes sans les réduire en farine ce qui permet à la semoule de bien se tenir à la cuisson. »

Merci La Vie Claire !

Il y a deux préparations celle des grits et celle des crevettes.

Pour les grits j’utilise quatre mesures d’eau pour une mesure de grits. Certains préconisent trois mesures, d’autres quatre mesures, d’autres encore 5 mesures de liquide. Tout dépend de la texture finale qu’on souhaite obtenir. Moi c’est quatre. Dans l’eau (mais certains préfèrent mettre uniquement du lait) que je porte à ébullition je mets une cuillère à soupe d’huile d’olive et un cube de bouillon de légumes bio. A ébullition je verse le maïs en pluie et je baisse le feu car immédiatement c’est les gros bouillons et les bulles qui éclatent à toute vitesse. On peut se faire brûler vite fait par les projections. alors watch out ! C’est sportif. Je touille, je touille, je touille comme un malade le temps que le maïs cuise. Ça prend dans les dix minutes. Si vous avez lune vocation de kamikaze vous pouvez aller jusqu’à un quart d’heure de cet exercice de musculation du bras et du poignet. Une fois ce temps écoulé et après avoir vérifié que mes articulations fonctionnent comme il se doit j’ajoute un morceau de fromage. Aujourd’hui j’avais un fromage roumain, le Burduf. Le Burduf est un fromage salé à base e lait e brebis  salé, pressé  et non cuit. Mon burduf est à 67 pour cent à base de lait de vache et 30 pour cent à base de lait de brebis. Là en Roumanie ils font aussi de la polenta et y ajoutent en fin de cuisson du burduf et des  lardons. Il est un peu salé et comme je n’ai pas ajouté de sel c’est pratique.

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J’incorpore le fromage, puis j’ ajoute un petit morceau de beurre, je poivre abondamment et pour finir je nappe le tout avec un peu de crème fraîche. Et voilà les grits sont prêts. Je garde au chaud ou je sers illico. Il vaut mieux avoir fait au préalable les crevettes. Je ne conserve intact que les queues, le reste est décortiqué . Dans une poêle je fais revenir ail, oignon, poivron vert et rouge, ciboulette et piment coupé en lanières très fines. J’ajoute le gombo coupé en tranches fines que je mouille au vinaigre balsamique, puis les crevettes, je poivre. C’est prêt. Je réserve et j’attends que les grits soient prêtes. Sur la photo j’avais des acarajés maison de la veille. Ils ont servi à décorer. Yummy. Attention les grits se dégustent bien chaudes.

Vous pouvez si vous le désirez ajouter des tomates pour donner de la couleur voire ajouter une mesure de lait aux 4 mesures d’eau si vous souhaitez un maïs plus liquide.

Pour le fromage bien évidemment mettez celui que vous avez sous la main. De l’emmental râpé, de la mozzarella, du parmesan, du cheddar, du comté, du chèvre, de la brebis, du camembert, que sais-je, bref c’est vous qui voyez.

Chapeau melon et bottes de cuir : a suit is a man’s armour selon double zero seven et ses ersatz

Dans les années 60 (de 1961 à 1969) cette série british qui mêlait allègrement espionnage, contre-espionnage, MI 5, MI 6  et science-fiction, me passionnait. En langue originale c’était The Avengers avec Patrick Macnee (John Steed) et Honor Blackman (Cathy Gale) Diana Rigg ( Emma Peel, l’épitomé de l’élégance, saison 4 et 5) ou Linda Thorson (Tara King)(saison 6) dans les rôles principaux. Deux agents secrets de sa Majesté aux prises avec toutes sortes de « villains ». Une débauche de mode british, parapluie (umbrella), chapeau melon (bowler hat) (qui peuvent en cas de besoin s’avérer des armes redoutables), costume 3 pièces cravate  toujours impeccable, jamais froissé, fait sur mesure pour monsieur by Audrey Liddle et Ambren Garland, ses costumiers qui se faisaient tailler les vêtements sur Regent street par Bailey and Weatherhill et à un certain moment  Pierre Cardin  et garde-robe de cuir et autres matières moulantes trendy pour Emma Peel by John Bates (saison 4) et Alun Hughes (saison 5).

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Ce dernier continuera avec Tara King (saison 6) sauf pour 6 épisodes où va intervenir  Harvey Gould. Le charme, l’humour, le flegme  et la sophistication à l’état pur. Et les voitures british, que du vintage : des Bentley, des Jaguar, des Rolls Royce , des Vauxhall, des Lotus  en veux-tu en voilà. 161 épisodes de 50 minutes qui à la fin étaient diffusés dans 90 pays. J’en retiens une phrase :

A suit is a man’s armour.        Le costume c’est l’armure de l’homme.

Mrs Peel est une veuve puisqu’elle a perdu son mari pilote d’essai. Elle est riche, belle et indépendante. Elle occupe un appartement chic (une penthouse) et est une femme libre, qui domine le judo et le karaté, une rose d’Angleterre, qui occupa, je peux le confesser, nombre de mes fantasmes de jeune ado. Au volant de sa Lotus Elan elle était irrésistible. Entre 1976 et 1977 ce furent les New Avengers toujours avec Patrick Macnee mais avec d’autres agents secrets pour lui donner la réplique comme Joana Lumley (as Purdey) et Gareth Hunt (as Mike Gambit)

J’adorais le thème musical d’ Avengers de Laurie Johnson. En 1998 un film est sorti Avengers avec  Ralph Fiennes dans le rôle de Steed et Uma Thurman dans le rôle de Dr Peel. Dans ce film on entend la voix off (cameo) de Patrick Macnee qui joue le rôle d’Invisible James. Sean Connery, James Bond originel, y joue le rôle  de Sir August de Winter , un méchant. Comme souvent la copie n’égale pas l’original. Certes on a toujours les mêmes personnages, les mêmes vêtements mais l’esprit n’y est plus. Les costumes sont d’Anthony Powell mais chez le Steed de la série de télévision la mode qui nous est donnée à voir est du type équestre (le nom Steed d’ailleurs évoque cet aspect équestre) presque edwardienne tandis que la mode sur Avengers 1998 est la mode de la City. Je retiendrai pourtant sur la bande  musicale du film sous la direction de Bruce Wooley dans laquelle figure Storm chanté par Grace Jones  and the Radio Science Orchestra.

Steed (1922-2015) n’est plus  Peel (1938-) continue. Ainsi va la vie. Roger Moore, le protagoniste du Saint est encore là, alive and kicking, tout comme un autre 007 Sean Connery.

007 fruit de l’imagination de Ian Flemming (1908-1964) a connu le noir et blanc puis la couleur. Sujet indéfectible de Sa Majesté il apparaît dans Casino royale (1953), Live and let live (1954), Moonraker (1955), Diamonds are forever (1956), From Russia with Love (1957), Dr. No (1958), Goldfinger (1959), For your eyes only (1960), Thunderball (1961), The spy who loved me (1962), On her Majesty’s Secret Service (1963), You only live twice (1964), The man with the golden gun (1965) et Octopussy and the living daylights (1966). Même  Patrick Macnee  lui aussi joua le rôle de Sir Godfrey Tilbett dans A view to a kill dans un James Bond tout comme deux de ses partenaires : Honor Blackman qui prit le nom de Pussy Galore dans Goldfinger (1964) et Diana Rigg qui devient Contessa Teresa di Vicenzo et fut la seule à passer la bague au doigt à Bond, James Bond dans On her Majesty’s Secret Service (1969)

Là encore ce ne sont pas les histoires, les synopsis qui restent mais la musique de John Barry et des titres  comme Goldfinger (1964), Moonraker et Diamonds are forever et la voix de Shirley Bassey  ainsi que Live and let die de Paul MacCartney and Wings sans oublier Thunderball de Tom Jones

 

 

 

Entre le coq bleu Emmanuel Jean-Michel Frédéric et le diable rouge Emmanuel Léopold Guillaume François Marie lequel finira ange pleureur à Saint-Petersbourg ?

be09695a-83b6-11e8-8ccc-30d75279842c_1Ce sera aujourd’hui 10 juillet 2018 la 74eme fois que la Belgique et la France , les cousins, se retrouvent dans une compétition. La Belgique l’a remporté 30 fois, la France 24 et il y a eu 19 nuls. Si l’on en croit les statistiques avantage à la Belgique. 1 à zéro

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L’Emmanuel belge âgé de 12 ans né à Anderlecht  le 4 octobre 2005 est déjà venu (après au préalable en avoir demandé l’autorisation au gouvernement belge) le 23 juin pour soutenir son équipe avec son père le roi Philippe, son frère  Gabriel et le ministre des Affaires Etrangères Didier Reynders à l’occasion du match Belgique-Tunisie qui a vu la Belgique l’emporter par 5 buts à 2 devant les Aigles de Carthage. Il reviendra cette fois-ci accompagné de toute la famille, son père Philippe, sa mère la reine  Mathilde, née d’Udekem d’Acoz, et ses trois frères et soeurs,  le prince Gabriel (14 ans) et  les deux princesses la princesse héritière Elisabeth, duchesse de Brabant, âgée de 16 ans, et la princesse Eléonore, âgée de 10 ans. Le ministre des Affaires Etrangères, Didier Reynders, l’accompagnera à nouveau.

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L’Emmanuel français, âgé de 40 ans, né 21 décembre 1977, à Amiens en Somme (dans la cathédrale de laquelle se trouve l’ange pleureur) n’est pas venu une seule fois accompagner le parcours des Bleus. Avantage pour la Belgique 2 à zéro. Viendra-t-il en monarque présidentiel  accompagné de Brigitte et des beaux-enfants Sébastien (44 ans),Laurence (40 ans) et Tiphaine (33 ans)?

Emmanuel se rattrapera puisqu’il viendra en Falcon présidentiel avec 5 invités spéciaux qui l’accompagneront dans les tribunes du stade Krestovsky: Jean-Pierre Papin (ex joueur de l’OM), Guy Roux (ex entraîneur de l’AJ Auxerre, Olivier Guez, journaliste sportif et Prix Renaudot, Sylvain Porthaut, président du club de football de Suresnes où a débuté N’golo Kanté et un petit garçon d’origine guadeloupéenne âgé de 12 ans habitant Moissons dans les  Yvelines Yanel Chroné. Là un petit bon point pour Macron. D’ailleurs parmi les Chroné il y a des artistes puisque Marie-Céline Chroné, cette maîtresse voix de la chanson antillaise qui accompagné les plus grands (Kassav, Malavoi, etc) chantait il y a bien longtemps ce zouk Bondié Siouplé. Deux à un.

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Mais ce petit bon point est contrebalancé par le fait qu’il n’y a aucune fille dans son groupe. Que des garçons, mauvais point là encore. S’il avait invité un garçon et une fille ah ça oui je n’aurais rien dit. Mais moi je réfléchis un peu. Macron ne fait rien pour rien. Sachant qu’il y avait un Emmanuel de 12 ans prince pour le défier sur ces plate-bandes de jeune premier de 40 ans il a mis dans la balance un jeune de 11 ans issu de la diversité pour montrer à quel point il était loin de toute idée hégémonique de pouvoir royal absolu que d’aucuns lui prêtent. Et puis à défaut d’un autre Emmanuel il y a Yanel. Tout bénef ! Un ange remplace l’autre. D’autant plus que la Belgique se présente avec en plus  Gabriel, archange. Allez 3 à 1

Alors qui va l’emporter de ces deux Sauveurs, d’Emmanuel  de Belgique et Emmanuel de France ! Faites vos jeux ! La Belgique a une petite avance puisque là Philippe est roi et ici en France il n’est que premier ministre (et de surcroît d’origine flamande par sa mère) et ne sera pas présent ! Cela fait beaucoup de handicaps. Et la ministre des sports Laura Flessel-Colovic n’y sera pas , elle non plus. encore un point pour la Belgique

Sans oublier qu’il y a même chez les Belges un français sur le banc de touche champion du monde 1998 comme son homologue français Didier Deschamps: Thierry Henry qui entraîne les Diables Rouges. Il est le seul français à savoir les deux hymnes la Marseillaise et la Brabançonne. Un point pour la Belgique.

La Belgique est classée numéro 3 au classement e la FIFA tandis que la France occupe la 7ème place. La dernière victoire entre les deux pays a été celle de la Belgique en 2015. Un autre point pour la Belgique.

Donc mon pronostic final est sans hésitation aucune:

Belgique qualifiée pour la finale de dimanche 15 juillet à Moscou. La France pourra fêter tranquillement son 14 juillet à 16 heures à Saint-Petersbourg pour la petite finale. Dura lex sed lex. C’est la loi du sport. Les meilleurs gagnent toujours. J’essaie de remuer le schmilblick de tous les côtés mais en analysant sans passion je donne la victoire probable aux Diables Rouges contre les Coqs bleus.Mais on se réunira le 15 juillet au soir après la grande finale de 17h pour une grande cousinade avec frites et moules au menu, c’est promis ! Et de la bonne bière !

#wearebelgium

#allezlesbleus

#quinesautepasnestpasfrancais

#onestenfinale

#lafranceenfinale

 

 

Invitation au voyage à Cythère et Cerigo

Ce poème de Charles Baudelaire (1821-1867) m’a toujours intrigué. Il fut un temps où je le connaissais par coeur. « L’invitation au voyage » a été tirée de Les Fleurs du Mal (1857). Je ne crois pas que le voyage ne soit qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté. Le là-bas de Baudelaire est un ailleurs poétique, fait ici de pentasyllabes et d’heptasyllabes alternés méthodiquement, un ailleurs qui hésite entre spleen et idéal mythique, exotique, un panaché d’orient et d’ambre, c’est un ailleurs qui se vit à deux, je dirais même tout seul car « mon enfant , ma soeur » c’est le poète lui même, son reflet à travers les soleils mouillés et les ciels brouillés, le poète qui se regarde dans sa persona, le miroir de la poésie, ce pays qui lui ressemble, et dont il possède « la langue natale », c’est donc un voyage intérieur, un pélerinage entre l’ombre et l’anima, qui exclut les habitants de chair et d’os du pays réduits à la simple expression de pourvoyeurs de vaisseaux, de statues de ville qui ne sont là que pour assouvir le moindre désir d’or et d’hyacinthe,  de fête galante sur l’île de Cythère  ou Cerigo où résident les fulgurances du poète et son alter ego narcissique. Le soleil et la mer sont aux ordres introvertis d’Aphrodite. Tout semble géométriquement calibré pour le poète-voyageur en lui-même qui n’a plus qu’à chasser dans son couchant la rosée couchante du soleil et les oeufs brouillés du ciel névrosé qui ne sont que des échos de ses mondes intérieurs .

L’invitation au voyageMon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D’aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l’ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l’âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l’humeur est vagabonde ;
C’est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu’ils viennent du bout du monde.
Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D’hyacinthe et d’or ;
Le monde s’endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Le refrain est obsédant comme le refrain d’une chanson. En deux vers ils nous martelle son idéal poétique  en heptasyllabes :
Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté

Il y a une autre   Invitation au voyage de Baudelaire  dans le 28ème de ses Petits Poèmes en prose  de 1869. Là l’enfant, la soeur est devenu une vieille amie, un ange, une tulipe noire, un dahlia bleu. Mais c’est toujours le poète et son double narcissique qui fait son voyage intérieur dans son Self singulier, ce pays de Cocagne qui est presque un au-delà mystique, un labyrinthe d’îles au centre d’un Elysée qu’on sent traversé de parfums animaux et aphrodisiaques d’ambre. de musc, de benjoin et d’encens. Un voyage spirituel dans les méandres insoupçonnés de son ombre qui erre dans un espace mythologique entre Crète et Péloponnèse, comme un Embarquement pour Cythère (Titre original Pélerinage à l’île de Cythère, rebaptisé Fête Galante -1817, de Jean-Antoine Watteau 1684-1821) dont la barque charrierait comme des Amours volatiles flottant au gré des vents de la Mer Egée et de la Méditerranée des tableaux de Vermeer, Ruysdael et Le Lorrain. Le poète a dans son carquois tout un attirail de flèches archétypiques dont il se sert pour se chasser lui-même.

XVIII

L’INVITATION AU VOYAGE

Il est un pays superbe, un pays de Cocagne, dit-on, que je rêve de visiter avec une vieille amie. Pays singulier, noyé dans les brumes de notre Nord, et qu’on pourrait appeler l’Orient de l’Occident, la Chine de l’Europe, tant la chaude et capricieuse fantaisie s’y est donné carrière, tant elle l’a patiemment et opiniâtrement illustré de ses savantes et délicates végétations.

Un vrai pays de Cocagne, où tout est beau, riche, tranquille, honnête ; où le luxe a plaisir à se mirer dans l’ordre ; où la vie est grasse et douce à respirer ; d’où le désordre, la turbulence et l’imprévu sont exclus ; où le bonheur est marié au silence ; où la cuisine elle-même est poétique, grasse et excitante à la fois ; où tout vous ressemble, mon cher ange.

Tu connais cette maladie fiévreuse qui s’empare de nous dans les froides misères, cette nostalgie du pays qu’on ignore, cette angoisse de la curiosité ? Il est une contrée qui te ressemble, où tout est beau, riche, tranquille et honnête, où la fantaisie a bâti et décoré une Chine occidentale, où la vie est douce à respirer, où le bonheur est marié au silence. C’est là qu’il faut aller vivre, c’est là qu’il faut aller mourir !

Oui, c’est là qu’il faut aller respirer, rêver et allonger les heures par l’infini des sensations. Un musicien a écrit l’Invitation à la valse ; quel est celui qui composera l’Invitation au voyage, qu’on puisse offrir à la femme aimée, à la sœur d’élection ?

Oui, c’est dans cette atmosphère qu’il ferait bon vivre, — là-bas, où les heures plus lentes contiennent plus de pensées, où les horloges sonnent le bonheur avec une plus profonde et plus significative solennité.

Sur des panneaux luisants, ou sur des cuirs dorés et d’une richesse sombre, vivent discrètement des peintures béates, calmes et profondes, comme les âmes des artistes qui les créèrent. Les soleils couchants, qui colorent si richement la salle à manger ou le salon, sont tamisés par de belles étoffes ou par ces hautes fenêtres ouvragées que le plomb divise en nombreux compartiments. Les meubles sont vastes, curieux, bizarres, armés de serrures et de secrets comme des âmes raffinées. Les miroirs, les métaux, les étoffes, l’orfévrerie et la faïence y jouent pour les yeux une symphonie muette et mystérieuse ; et de toutes choses, de tous les coins, des fissures des tiroirs et des plis des étoffes s’échappe un parfum singulier, un revenez-y de Sumatra, qui est comme l’âme de l’appartement.

Un vrai pays de Cocagne, te dis-je, où tout est riche, propre et luisant, comme une belle conscience, comme une magnifique batterie de cuisine, comme une splendide orfévrerie, comme une bijouterie bariolée ! Les trésors du monde y affluent, comme dans la maison d’un homme laborieux et qui a bien mérité du monde entier. Pays singulier, supérieur aux autres, comme l’Art l’est à la Nature, où celle-ci est réformée par le rêve, où elle est corrigée, embellie, refondue.

Qu’ils cherchent, qu’ils cherchent encore, qu’ils reculent sans cesse les limites de leur bonheur, ces alchimistes de l’horticulture ! Qu’ils proposent des prix de soixante et de cent mille florins pour qui résoudra leurs ambitieux problèmes ! Moi, j’ai trouvé ma tulipe noire et mon dahlia bleu !

Fleur incomparable, tulipe retrouvée, allégorique dahlia, c’est là, n’est-ce pas, dans ce beau pays si calme et si rêveur, qu’il faudrait aller vivre et fleurir ? Ne serais-tu pas encadrée dans ton analogie, et ne pourrais-tu pas te mirer, pour parler comme les mystiques, dans ta propre correspondance ?

Des rêves ! toujours des rêves ! et plus l’âme est ambitieuse et délicate, plus les rêves l’éloignent du possible. Chaque homme porte en lui sa dose d’opium naturel, incessamment sécrétée et renouvelée, et, de la naissance à la mort, combien comptons-nous d’heures remplies par la jouissance positive, par l’action réussie et décidée ? Vivrons-nous jamais, passerons-nous jamais dans ce tableau qu’a peint mon esprit, ce tableau qui te ressemble ?

Ces trésors, ces meubles, ce luxe, cet ordre, ces parfums, ces fleurs miraculeuses, c’est toi. C’est encore toi, ces grands fleuves et ces canaux tranquilles. Ces énormes navires qu’ils charrient, tout chargés de richesses, et d’où montent les chants monotones de la manœuvre, ce sont mes pensées qui dorment ou qui roulent sur ton sein. Tu les conduis doucement vers la mer qui est l’Infini, tout en réfléchissant les profondeurs du ciel dans la limpidité de ta belle âme ; — et quand, fatigués par la houle et gorgés des produits de l’Orient, ils rentrent au port natal, ce sont encore mes pensées enrichies qui reviennent de l’infini vers toi.

 

Victor Hugo dans son recueil Contemplations propose un voyage en 1855 à « Cérigo, qui fut jadis Cythère ». Cérigo c’est l’ombre de Cythère, le poète se fait « roc solitaire », « deuil », « nuit », « écueil » et apostrophe la lave rose, la roche verte et nouvelle qu’il fut jadis : »Cerigo, qu’as-tu fait de Cythère ?

CÉRIGO

I

Tout homme qui vieillit est ce roc solitaire
Et triste, Cérigo, qui fut jadis Cythère,
Cythère aux nids charmants, Cythère aux myrtes verts,
La conque de Cypris sacrée au sein des mers.
La vie auguste, goutte à goutte, heure par heure,
S’épand sur ce qui passe et sur ce qui demeure ;
Là-bas, la Grèce brille agonisante, et l’oeil
S’emplit en la voyant de lumière et de deuil :
La terre luit ; la nue est de l’encens qui fume ;
Des vols d’oiseaux de mer se mêlent à l’écume ;
L’azur frissonne ; l’eau palpite ; et les rumeurs
Sortent des vents, des flots, des barques, des rameurs ;
Au loin court quelque voile hellène ou candiote.
Cythère est là, lugubre, épuisée, idiote,
Tête de mort du rêve amour, et crâne nu
Du plaisir, ce chanteur masqué, spectre inconnu.
C’est toi ? qu’as-tu donc fait de ta blanche tunique ?
Cache ta gorge impure et ta laideur cynique,
Ô sirène ridée et dont l’hymne s’est tu !
Où donc êtes-vous, âme ? étoile, où donc es-tu
L’île qu’on adorait de Lemnos à Lépante,
Où se tordait d’amour la chimère rampante,
Où la brise baisait les arbres frémissants,
Où l’ombre disait : J’aime ! où l’herbe avait des sens,
Qu’en a-t-on fait ? où donc sont-ils, où donc sont-elles,
Eux, les olympiens, elles, les immortelles ?
Où donc est Mars ? où donc Éros ? où donc Psyché ?
Où donc le doux oiseau bonheur, effarouché ?
Qu’en as-tu fait, rocher, et qu’as-tu fait des roses ?
Qu’as-tu fait des chansons dans les soupirs écloses,
Des danses, des gazons, des bois mélodieux,
De l’ombre que faisait le passage des dieux ?
Plus d’autels ; ô passé ! splendeurs évanouies !
Plus de vierges au seuil des antres éblouies ;
Plus d’abeilles buvant la rosée et le thym.
Mais toujours le ciel bleu. C’est-à-dire, ô destin !
Sur l’homme, jeune ou vieux, harmonie ou souffrance,
Toujours la même mort et la même espérance.
Cérigo, qu’as-tu fait de Cythère ? Nuit ! deuil !
L’éden s’est éclipsé, laissant à nu l’écueil.
Ô naufragée, hélas ! c’est donc là que tu tombes !
Les hiboux même ont peur de l’île des colombes,
Ile, ô toi qu’on cherchait ! ô toi que nous fuyons,
Ô spectre des baisers, masure des rayons,
Tu t’appelles oubli ! tu meurs, sombre captive !
Et, tandis qu’abritant quelque yole furtive,
Ton cap, où rayonnaient les temples fabuleux,
Voit passer à son ombre et sur les grands flots bleus
Le pirate qui guette ou le pêcheur d’éponges
Qui rôde, à l’horizon Vénus fuit dans les songes.

II

Vénus ! que parles-tu de Vénus ? elle est là.
Lève les yeux. Le jour où Dieu la dévoila
Pour la première fois dans l’aube universelle,
Elle ne brillait pas plus qu’elle n’étincelle.
Si tu veux voir l’étoile, homme, lève les yeux.
L’île des mers s’éteint, mais non l’île des cieux ;
Les astres sont vivants et ne sont pas des choses
Qui s’effeuillent, un soir d’été, comme les roses.
Oui, meurs, plaisir, mais vis, amour ! ô vision,
Flambeau, nid de l’azur dont l’ange est l’alcyon,
Beauté de l’âme humaine et de l’âme divine,
Amour, l’adolescent dans l’ombre te devine,
Ô splendeur ! et tu fais le vieillard lumineux.
Chacun de tes rayons tient un homme en ses nœuds.
Oh ! vivez et brillez dans la brume qui tremble,
Hymens mystérieux, cœurs vieillissants ensemble,
Malheurs de l’un par l’autre avec joie adoptés,
Dévouement, sacrifice, austères voluptés,
Car vous êtes l’amour, la lueur éternelle !
L’astre sacré que voit l’âme, sainte prunelle,
Le phare de toute heure, et, sur l’horizon noir,
L’étoile du matin et l’étoile du soir !
Ce monde inférieur, où tout rampe et s’altère,
A ce qui disparaît et s’efface, Cythère,
Le jardin qui se change en rocher aux flancs nus ;
La terre a Cérigo ; mais le ciel a Vénus.

Juin 1855.

 

On comprend mieux maintenant Un Voyage à Cythère de Baudelaire publié lui aussi en 1855 dans les Fleurs du Mal. L’invitation au luxe au calme à la volupté, l’invitation au voyage intérieur fantasmé et onirique fait d’amour et de langueur se mue en un paysage désolé, ou le poète voit son double, son ombre, habitant de Cythère, noir et sanglant, pendu haut et court en haut d’un gibet, déchiqueté, châtré. Le poète doit accepter cette partie inconsciente lancinante de lui-même, comme un gouffre sans fond où l’atroce et le beau, la folie, la crise existentielle, ou mystique coexistent comme des charognards aboyant et coassant autour du sexe des anges. Le poète est comme le dit en d’autres mots Hugoun « pirate », « un chasseur d’éponges, » un autre Gérard de Nerval (1808-1855), un jumeau, mort lui-même pendu en janvier 1855 à un réverbère rue de la Vieille Lanterne et qui dans son ouvrage Voyage en Orient (1851) voit ou a la vision prémonitoire d’un homme pendu au gibet sur l’île de Cythère..

VII.

UN VOYAGE À CYTHÈRE.

Mon cœur se balançait comme un ange joyeux,
Et planait librement à l’entour des cordages ;
Le navire roulait sous un ciel sans nuages,
Comme un ange enivré d’un soleil radieux.

Quelle est cette île triste et noire ? — C’est Cythère,
Nous dit-on, — un pays fameux dans les chansons,
Eldorado banal de tous les vieux garçons.
— Regardez, après tout, c’est une pauvre terre.

— Île des doux secrets et des fêtes du cœur !
De l’antique Vénus le superbe fantôme
Au-dessus de tes mers plane comme un arôme,
Et charge les esprits d’amour et de langueur !

Belle île aux myrtes verts, pleine de fleurs écloses,
Vénérée à jamais par toute nation,
Où tous les cœurs mortels en adoration
Font l’effet de l’encens sur un jardin de roses

Ou du roucoulement éternel d’un ramier !
— Cythère n’était plus qu’un terrain des plus maigres,
Un désert rocailleux troublé par des cris aigres.
— J’entrevoyais pourtant un objet singulier ;

Ce n’était pas un temple aux ombres bocagères,
Où la jeune prêtresse errant parmi les fleurs
Allait, le corps brûlé de secrètes chaleurs,
Entre-bâillant sa robe à des brises légères.

Mais voilà qu’en rasant la côte d’assez près
Pour troubler les oiseaux avec nos voiles blanches,

 

Nous vîmes que c’était un gibet à trois branches,
Du ciel se détachant en noir, comme un cyprès.

De féroces oiseaux perchés sur leur pâture
Détruisaient avec rage un pendu déjà mûr,
Chacun plantant, comme un outil, son bec impur
Dans tous les coins saignans de cette pourriture.
Sous les pieds, un troupeau de jaloux quadrupèdes,
Le museau relevé, tournoyait et rôdait ;
Une plus grande bête au milieu s’agitait,
Comme un exécuteur entouré de ses aides.

Habitant de Cythère, enfant d’un ciel si beau,
Silencieusement tu souffrais ces insultes
En expiation de tes infâmes cultes
Et des péchés qui t’ont interdit le tombeau.

Pauvre pendu muet, tes douleurs sont les miennes !
Je sentis à l’aspect de tes membres flottans,
Comme un vomissement, remonter vers mes dents
Le long fleuve de fiel de mes douleurs anciennes.

Devant toi, pauvre diable au souvenir si cher,
J’ai senti tous les becs et toutes les mâchoires
Des corbeaux lancinans et des panthères noires
Qui jadis aimaient tant à triturer ma chair.

Le ciel était charmant, la mer était unie ;
— Pour moi tout était noir et sanglant désormais,
Hélas ! — et j’avais, comme en un suaire épais,
Le cœur enseveli dans cette allégorie.

Dans ton île, ô Vénus, je n’ai trouvé debout
Qu’un gibet symbolique où pendait mon image.
— Ah ! Seigneur ! donnez-moi la force et le courage
De contempler mon cœur et mon corps sans dégoût !

 

Que serait la France sans l’Afrique?

Le site brésilien CONVERSA AFIADA, un blog politique indépendant dirigé par Paulo Henrique Amorim ex journaliste vedette de Rede Globo et désormais de la Rede Record où il a un programme dominical appelé Domingo Especial, a publié un article début juillet intitulé O que seria da França sem a África ?

Avec comme sous-titre: Dà nisso permitir a entrada de imigrantes. (Voilà à quoi ça mène de permettre l’entrée d’immigrants).

Je traduis:

le Camerounais Samuel Umtiti fait une passe à l’Angolais Blaise Matuidi, de l’Angolais le ballon va au Togolais Corentin Tolisso, le Togolais fait une passe aérienne au Malien N’golo Kante, le Malien fait une passe en profondeur au Camerounais M’Bappe, qui prolonge sur Dembélé du Mali, lequel transmet au Guinéen Paul Pogba, qui est bien placé et…. Buuuut.! LA FRANCE marque..!

Dans cet article le journaliste Paulo Henrique Amorim met en avant avec humour la forte présence africaine dans l’équipe de France.

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L’équipe constituée par les 23 est en effet une équipe fortement multiethnique et cette diversité n’échappe à personne. Sur les 23 joueurs sélectionnés en Équipe de France 21 sont nés sur le territoire français dont 20 dans l’hexagone. Les deux seuls nés en dehors de France sont Samuel Umtiti né le 14 novembre 1993 à Yaoundé au Cameroun et Steve Mandanda né le 28 mars 1985 à Kinshasa en République Démocratique du Congo. Le seul né en dehors de l’hexagone est Thomas Lemar né à Baie-Mahault, Guadeloupe le 12 novembre 1995. Pour le reste les 20 autres protagonistes sont tous nés en France métropolitaine :

A Bastia Adil Rami

A Beaumont-sur-Oise Presnel Kimpembe

A Chambéry Olivier Giroud

A Colombes Steven Nzonzi

A Lagny-sur-Marne Paul Pogba

A Lille Raphaël Varane

A Longjumeau Benjamin Mendy

A Lyon Nabil Fekir

A Mâcon Antoine Griezmann

A Marseille Lucas Hernandez

A Maubeuge Benjamin Pavard

A Nice Hugo Lloris

A Orléans Florian Thauvin

A Paris N’Golo Kante

A Paris Kylian M’Bappe

A Paris Alphonse Aerola

A Tarare Corentin Tolisso

A Toulouse Blaise Matuidi

A Troyes Djibril Sidibé

A Vernon Ousmane Dembélé

Ce sur quoi s’attarde avec humour grinçant mais humour quand même c’est l’origine ethnique des participants. Et surtout sur leur appartenance au continent africain. Car dans  les faits sur les sept  qu’il cite seul un est né en Afrique. Il n’en reste pas moins que certains ont  la double nationalité. Ce sont les fameux binationaux. Mais ils ont choisi à un certain moment de leur vie pour des raisons qui leur sont propres de défendre le drapeau tricolore. D’autres ne sont pas africains mais n’en sont pas moins descendants de migrants. On oublie les migrations intra-européennes bien souvent. Sans aller plus loin voici ce que révèle une recherche rapide sur l’origine des 23 sélectionnés :

Algérie (Mbappé , Fekir)

Angola (Matuidi)

Cameroun (Umtiti, Mbappé)

Congo (Mandanda , Kimpembé , Nzonzi)

Espagne (Lloris)

Guinée Conakry (Pogba)

Haïti (Kimpembé )

Mali (Dembélé, Kante, Sidibé)

Maroc (Rami)

Martinique (Varane)

Philippines (Areola)

Portugal (Griezmann)

Mauritanie (Dembélé)

Sénégal (Dembélé, Mendy)

Togo (Tolisso)

Ces dites origines franco-francaises dans le cas de Giroud si on étudie généalogiquement à partir des grands-parents font ressortir aussi des branches italiennes. Voire allemande pour Antoine Griezmann si l’on remonte au 19ème siècle. Seul Benjamin Pavard pouvant évoquer des origines 100 pour 100 françaises sur plus de générations.

Certains de ces joueurs n’ont jamais mis leurs pieds dans leur pays d’origine. Je le rappelle 21 sont nés en France. Certains par leurs parents ont deux origines, d’autres 3. Certains ont vécu dans d’autres pays que celui de leur naissance avant de venir en France. C’est un phénomène normal. Deux de mes 5 enfants n’ont jamais mis les pieds en Guadeloupe où je suis né. L’une n’a jamais mis les pieds ni en Indonésie, pays de naissance de sa mère, ni en Guadeloupe, pays de naissance de son père, ni au Surinam pays de naissance de son grand-père. Elle a la double nationalité française et néerlandaise.

Ce que je veux souligner c’est que le regard que porte Amorim sur les Bleus n’est pas exempt de cynisme malgré l’exactitude du propos. Il aurait dû inclure dans son propos l’Afrique du Nord (Algérie, Maroc) , les Antilles (Guadeloupe, Martinique, Haiti), inclure les Philippines et les migrations intra européennes.

Mais le but avoué en filigrane d’Amorim c’est peut être de montrer une certaine ambivalence française du monde du football. Tous Français en cas de victoire, tous migrants en cas de défaite. Black blanc beur = bleu mais seulement quand le coq gaulois chante cocorico.

On pourrait alors dire que les huit équipes qualifiées pour les quarts de finale de cette coupe du monde de la Fifa 2018 en Russie voient l’affrontement de deux mondes surprenants. France (18), Angleterre (11), Belgique (11), Suède (3) : le bloc des pays en voie de développement multiethnique contre Russie, Croatie, Uruguay et Brésil, le bloc des pays en voie de recroquevillement ethnique. Entre développement et recroquevillement faites vos jeux.

Je corrige Amorim. En regardant les compositions des équipes de Belgique, Angleterre, je les vois aussi diverses que celle de l’équipe de France. On parle en Angleterre de BME (Black and minority-ethnic).

Même si le football est un microcosme il reflète le mélange de races, le melting pot qui s’opère en profondeur en Europe depuis les années 80. Qu’il soit qualifié de multiethnique et multiculturelle ou de pluriethnique et pluriculturelle c’est une réalité qui reflète de plus en plus le visage pluriel de nombreux pays dans le monde. Voyez la diversité par exemple affichée par l’équipe suisse arrivée en huitièmes de finale

Angleterre : 11 représentants de la diversité portent haut les couleurs des 3 lions dont sept nés en territoire anglais et quatre nés dans des ex colonies britanniques comme la Jamaïque, le Ghana, le Nigéria .

Belgique (11 chez les Diables Rouges) : RD Congo (Lukaku, Kompany, Batshuayi, Tielemans, Boyata ), Maroc (Fellaini, Chadli), Mali (Dembélé), Martinique (Witsel), Kosovo (Januzaj), Espagne, Portugal (Carrasco)

La Suède (3) : Kenya (Olson), Congo (Thelin), Liban, Turquie (Durmaz)

La Croatie (0), la Russie (0) semblent nettement plus identitaires.

Le Brésil et l’Uruguay sont des nations fidèles à leur image sud-américaine de melting pot mais n’intègrent pas des joueurs de culture ou d’origine ethnique différente dans leur équipe nationale. Quelle est la tendance qui dominera la coupe du monde ? Je ne saurais le dire. Je remarque simplement pour mettre de l’eau dans le moulin que bon nombre des joueurs des équipes de Tunisie et de Maroc sont nés en Europe. Chemin inverse donc. et on s’aperçoit par ailleurs que le Brésil qui était un pays où on émigrait volontiers est désormais un pays (a univeau sportif toute fois) où l’on émigre ésormais volonteirs. Preuve en est ces Brésiliens qui ont pris la nationalité espagnole, portugaise, italienne, russe, etc

En Italie Kaka, Eder, Thiago Mota, Bruno Henrique, Gabriel Boschilia, Eduardo Henrique, Eduardo Sasha, Guillerme Lazaroni, Amauri

En Allemagne : Paulo Rink

Au Portugal : Deco, Pepe,

En Croatie Eduardo a Silva

En Espagne Diego Costa , Marcos Senna,

Au Chili Marcos Gonzalez, etc etc etc

Je dirais pour parodier Amorim: qu’adviendrait-il du Brésil  sans l’Afrique ?? Car le Brésil, et l’Uruguay bien évidemment, sans le sang des Africains ne seraient pas les nations de football qu’elles sont (pour combien de temps encore).

A Milan le carnaval ambrosien se termine le Samedi-Gras, 4 jours après Mardi-gras

18 août 2013

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A propos de la liturgie ambrosienne pratiquée à Milan (Lombardie, Italie). J’ai fait des recherches et voilà plus ou moins ce qu’il en ressort. On sait que la liturgie catholique grosso modo est séparée en deux blocs, la liturgie de l’Ouest et celle de l’Est, l’orient. On compte à l’est:
– la tradition antochienne (rites de la liturgie Clémentine des Constitutions apostoliques, qui n’est plus utilisée, la liturgie syriaque de Saint-Jacques, utilisée par les églises suivant le rite de l’Église jacobite et syrienne de l’Est, la liturgie grecque de Saint-Jacques, utilisée une fois par an à Jérusalem, la liturgie syriaque des Maronites; la liturgie syriaque utilisée par l’église nestorienne, la liturgie de Malabar, utilisé par les chrétiens de Saint Thomas en Inde)
– la tradition byzantine (rites utilisés dans différentes langues par les Eglises orthodoxes, et la liturgie arménienne, utilisée par les églises de rite Géorgien et Arménien de l’Est)
– la tradition d’Alexandrie (rites de la liturgie grecque de Saint-Marc, qui n’est plus utilisée, la liturgie copte, qui est utilisée par les coptes – Église copte – en Egypte, et la liturgie éthiopienne, utilisée par l’église éthiopienne).

Le monde catholique à l’ouest suit de nos jours presque universellement la liturgie romaine. Mais il n’en a pas toujours été ainsi. On pratiquait du 6ème au 12ème siècles une liturgie Moharabe ou wisigothe en Espagne (et le rite persiste encore de nos jours à Tolède et Salamanque). Jusqu’au 9ème siècle la France suivait la liturgie gallicane qui prévaut encore à Milan dans le rite ambrosien antique, rite utilisé dans l’archidiocèse de Milan et certaines localités des diocèses limitrophes de Bergame, Novare, Lodi et Lugano, des trois vallées tessinoises (Leventina, Blenio, Riveira) , ce dernier se trouvant en Suisse italienne. Autrefois l’ancien archidiocèse de Milan touchait outre la Lombardie, le piémont italien et du sud de la France . L’ensemble représente près de 5 millions de baptisés pour un total de 51 paroisses.. Tous les dimanches et jours de fête une messe chantée est dite à 17 heures 30 selon ce rite à l’église de Sant’Ambrogio,
Via Sant’Ambrogio, 20, à Legnano, 20025, MI
http://ambrosianeum.com
A noter qu’en France le rite gallican a persisté et réapparaît sporadiquement à Lyon et à Bayeux.
Le rite ambrosien est vivace en Lombardie. Il y est attesté depuis le 9ème siècle et il semblerait que pendant près de 200 ans Rome et Milan avaient coupé les ponts. On pourrait même considérer en y regardant de plus près que le culte ambrosien est un culte de l’Eglise réformée telle qu’on la connaît par ailleurs.
Le rite ambrosien est observé par l’archidiocèse de Milan en Italie. La réponse milanaise au Concile de Vatican II a été d’examiner et de réformer son propre rite liturgique. Cela a conduit à la publication d’un nouveau missel et d’un nouveau lectionnaire, qui tout en se réformant a réussi à conserver les caractéristiques de la messe ambrosienne. En plus de ces changements, l’Eglise de Milan a aussi révisé son office divin : Diurna Laus apparaît en 1982 et contient une nouvelle distribution des Psaumes qui se répartissent sur 4 semaines. En 1998, Liturgica Ambrosiana delle Ore est publié en 5 volumes et distribue l’année liturgique. L’Eglise de Milan a créé une distinction très claire entre les deux célébrations des prières du soir et celles du matin. Dans les laudes et vêpres romaines, la distinction est verbale alors que pour le rite ambrosien, elle est structurelle.
Dans le rite ambrosien le carnaval se termine non le Mercredi des Cendres mais Samedi Gras (Sabato Grasso) car le Carême (Quaresima) commence non pas le Mercredi des Cendres (Mercoledi delle Ceneri) mais 4 jours après c’est-à-dire le dimanche après le Mercredi des Cendres.

Ne pas confondre le samedi-gras milanais avec le Samedi-Gras antillais qui lui précède Dimanche-Gras, Lundi-Gras Mardi-Gras et Mercredi des Cendres.

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Lembranças de São João 2008-2009

Rio de Contas, Livramento de Nossa Senhora, Jacobina, Umburanas ! En juin 2008 et 2009 j’ai vraiment fêté la Saint-Jean dans la Chapada Diamantina et le Piemonte da Chapada Diamantina. Depuis le premier São João à Feira de Santana (Bahia) en 1988 jusqu’au dernier à Aracaju (Sergipe) en 2013 on peut dire que j’ai beaucoup plus pratiqué la Saint-Jean que le carnaval. J’aime les deux mais le carnaval c’est la débauche, la frénésie, le dérèglement des sens tandis que la Saint-Jean c’est le retour à la terre, à la famille, au pois d’angole, au couscous, au bode assado na brasa (viande de bouc grillée au feu de bois), au feijão tropeiro, bref c’est le moment « da fartura », de l’abondance, des fruits, des cacahuètes bouillies, des oranges, c’est la fête de la terre, de la province qu’on appelle là-bas o interior, l’arrière pays. Au carnaval on saute-mate, à la São João on guinche. Le carnaval aime la foule immense où l’on se noie alors que la São João invite à la sérénité, au quadrille et à la bonne humeur. On appelle les carnavalesques foliões, ceux qui tombent dans la folie. Les fêtards de juin, mois des fêtes junines, aiment guincher au son de l’accordéon, du triangle et d’un tambour. La São João les ballons multicolores porteurs de bougies allumées flottent au-dessus des nuages. carnaval ne vit que de serpentins et confettis. Deux fêtes, deux univers, un seul Brésil.

Les feux de la Saint-Jean no sertão do Gâtinais : ode to José Maria

Que sont devenus les feux de la Saint-Jean? MOI JEAN-MARIE DONC JEAN COMPOSÉ JE M’INTERROGE CAR C’EST MA FÊTE, LA SAINT-JEAN. SAINT JEAN BAPTISTE, COUSIN DE JESUS, NE SIX MOIS AVANT LUI. C’est la fête de tous les Jean, les John, les Juan, les Giovanni, les Yann, les Jehan, les João….

Autrefois à la Saint-Jean les jeunes filles remplissaient une bassine d’eau et se concentraient pour y voir apparaître le contour de leur futur mari, celui que Saint Jean leur avait réservé. AUTREFOIS C’ÉTAIT À QUI SAUTERAIT LE PLUS HAUT AU DESSUS DES BÛCHERS DRESSES POUR CONQUERIR LE COEUR DE CES JOUVENCELLES

D’AUTRES GRIMPAIENT AU MAT DE COCAGNE POUR MONTRER LEUR HARDIESSE DEVANT CES GENTES DEMOISELLES EN HAUTE PAMOISON.

Disparus des campagnes à tel point qu’on se demanderait presque s’ils ont jamais existé. C’était autrefois les feux qu’on allumait au solstice d’été pour fêter les moissons. On dansait autour d’énormes brasiers, on buvait, dansait et mangeait. Il y a bien la fête de la musique mais elle n’a pas cette dimension bucolique. Autrefois on savait que Saint Pierre le 29 juin était le saint patron des veuves et des femmes célibataires que Saint Antoine avait délaissées. Antoine le 13 juin présidait aux amours et au mariage et Saint Jean dans la nuit du 23 au 24 juin répandait sa braise. Leurs rôles étaient bien répartis. On les invoquait, les priait. Que de litanies furent prononcées au mois de juin. Là c’était le maïs là, c’était le blé qu’on remettait au bon vouloir des divinités agrestes. Ceres veillait sur les semailles et les récoltes de céréales. C’était au temps où fiançailles, épousailles semailles et funérailles rimaient ensemble et chantaient toutes en choeur avec buvaille et mangeaille.

Au Brésil la Saint-Jean reste synonyme de prières exaucées, de voeux réalisés, de canjica, de forro, de feux de joie de l’hiver, de liqueur de génépi, de quadrille, de cacahuète, de maïs et d’ orange. Mais ici en France à défaut de canjica nous avons chanté la Paella. Quem não tem canjica se vira com Paella.

En cette année de grâce 2018 de notre ère j’ai passé une excellente Saint-Jean placée sous le signe des retrouvailles, de la mangeaille et de la buvaille mais aussi et surtout autour des funérailles. C’est donc autour d’une paella de 90 cm de circonférence dans le sertão du Gâtinais à La Merville, lieu dit dépendant de Pers-en-Gatinais dans le Loiret que nous nous sommes retrouvés pour célébrer la mémoire de l’artiste José Maria Piquer (1926-1979). La veuve de ce dernier, Andrée, et leurs deux fils ainsi qu’ une foule d’amis qui avaient à un moment de sa vie croisé l’artiste, étaient venus nombreux. C’était aussi pour moi un moment de retrouvailles avec un copain d’école que j’avais plus revu depuis 50 ans, Ariel Antona. Moment aussi de découverte avec la mère d’Ariel, Angelina qui nous apprit que sa fille Violetta Cousin et le mari de cette dernière Charles Cousin demeuraient comme nous dans l’Etat de Bahia entre Salvador et Cachoeira. Et que Violetta était adepte du candomblé. Mieux encore. Angelina habitait au-dessus de mon frère Patrick à Sceaux-les- Blagis. Autre rencontre extraordinaire: un autre polyglot trotter Alain Faure me racontait sa vie qui paraissait un roman d’aventure aux parfums de punch rare de pomme liane. GUADELOUPE, GUYANE, ETATS-UNIS ALLEMAGNE. Une hôtesse de l’air Dominique racontait sa vie entre États-Unis, Argentine, Inde, France et Espagne. Tout cela autour de flûtes de Champagne Philippe Fays et de bon vin qui coulaient à flots. A l’ombre des noyers plana alors le chant invisible de Bobbie Gentry (1944) et son Ode to Billie Joe (1967) qui me revint soudain en tête en parlant avec Alain qui l’avait intimement connue. Je la transformai en Ode to José Maria. Le fleuve Mississippi était devenu Loing. Du 3 juin on était passé au 21 juin. Ce n’était pas un adolescent qui s’était suicidé du pont Tallahatchie mais un fumeur invétéré de cigarettes qui avait connu une mort précoce.

It was the third of June,
another sleepy, dusty Delta day.
I was out choppin’ cotton
and my brother was balin’ hay.
And at dinner time we stopped,
and we walked back to the house to eat.
And mama hollered at the back door
« y’all remember to wipe your feet. »
And then she said she got some news this mornin’ from Choctaw Ridge
Today Billy Joe MacAllister jumped off the Tallahatchie Bridge.

Papa said to mama as he passed around the blackeyed peas,
« Well, Billy Joe never had a lick of sense,
pass the biscuits, please. »
« There’s five more acres in the lower forty I’ve got to plow. »
Mama said it was shame about Billy Joe, anyhow.
Seems like nothin’ ever comes to no good up on Choctaw Ridge,
And now Billy Joe MacAllister’s jumped off the Tallahatchie Bridge

And brother said he recollected when he and Tom and Billy Joe
Put a frog down my back at the Carroll County picture show.
And wasn’t I talkin’ to him after church last Sunday night?
« I’ll have another piece of apple pie, you know it don’t seem right.
I saw him at the sawmill yesterday on Choctaw Ridge,
And now you tell me Billy Joe’s jumped off the Tallahatchie Bridge. »

Mama said to me « Child, what’s happened to your appetite?
I’ve been cookin’ all morning and you haven’t touched a single bite.
That nice young preacher, Brother Taylor, dropped by today,
Said he’d be pleased to have dinner on Sunday. Oh, by the way,
He said he saw a girl that looked a lot like you up on Choctaw Ridge
And she and Billy Joe was throwing somethin’ off the Tallahatchie Bridge. »

A year has come ‘n’ gone since we heard the news ’bout Billy Joe.
Brother married Becky Thompson, they bought a store in Tupelo.
There was a virus going ’round, papa caught it and he died last spring,
And now mama doesn’t seem to wanna do much of anything.
And me, I spend a lot of time pickin’ flowers up on Choctaw Ridge,
And drop them into the muddy water off the Tallahatchie Bridge.

Je ne sais l’heure à laquelle Jose Maria Piquer était passé de vie à trépas mais le poème de Federico Garcia Lorca A las cinco de la tarde qui raconte la mort d’un torero prit place en moi. Ignacio Sanchez Mejias et José Maria Piquer ne faisaient qu’un.

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A las cinco de la tarde.
Eran las cinco en punto de la tarde.
Un niño trajo la blanca sábana
a las cinco de la tarde.
Una espuerta de cal ya prevenida
a las cinco de la tarde.
Lo demás era muerte y sólo muerte
a las cinco de la tarde.

El viento se llevó los algodones
a las cinco de la tarde.
Y el óxido sembró cristal y níquel
a las cinco de la tarde.
Ya luchan la paloma y el leopardo
a las cinco de la tarde.
Y un muslo con un asta desolada
a las cinco de la tarde.
Comenzaron los sones de bordón
a las cinco de la tarde.
Las campanas de arsénico y el humo
a las cinco de la tarde.
En las esquinas grupos de silencio
a las cinco de la tarde.
¡Y el toro solo corazón arriba!
a las cinco de la tarde.
Cuando el sudor de nieve fue llegando
a las cinco de la tarde
cuando la plaza se cubrió de yodo
a las cinco de la tarde,
la muerte puso huevos en la herida
a las cinco de la tarde.
A las cinco de la tarde.
A las cinco en Punto de la tarde.

Un ataúd con ruedas es la cama
a las cinco de la tarde.
Huesos y flautas suenan en su oído
a las cinco de la tarde.
El toro ya mugía por su frente
a las cinco de la tarde.
El cuarto se irisaba de agonía
a las cinco de la tarde.
A lo lejos ya viene la gangrena
a las cinco de la tarde.
Trompa de lirio por las verdes ingles
a las cinco de la tarde.
Las heridas quemaban como soles
a las cinco de la tarde,
y el gentío rompía las ventanas
a las cinco de la tarde.
A las cinco de la tarde.
¡Ay, qué terribles cinco de la tarde!
¡Eran las cinco en todos los relojes!
¡Eran las cinco en sombra de la tarde!

 

Vers 3 heures ce fut l’heure e passer à table et de déguster la Paella de Gaston, frère du défunt. Ce n’était pas une paella c’était une paellissima bellissima !

Avant la Paella des mises en bouche avaient proposées pour accompagner vins ou champagne. Il s’agissait de légumes frais coupés en petites portions que l’on trempait dans de la mayonnaise maison. J’ai apprécié les radis, les fanes de radis, les courgettes, le fenouil, le chou-fleur. Delícia. La Paella proposée était à base de poulet, crevettes, moules, petits pois, riz et chorizo épicé. Délicieuse. Puis vint le dessert . Un mélange de glace à la mangue, de granité au Cinzano, de mûres et de framboises, de papaye et de pastèque. Moi le gourmand j’ étais aux anges, rassasié, repu, heureux. DANS LES NUAGES SUBTILS DE LA SEPTIEME DIMENSION GASTRONOMIQUE ET SOCIALE JE CONNUS L’OUVERTURE DU PERICARDE ET LA COHÉRENCE CARDIAQUE. Nous étions dans la roça de Gatinais. Ai não me aguentei mais e comecei a dançar quadrilha na minha mente ao redor do puf de Mijanou Bardot com o som de  Mastruz com Leite. Melhor do que esse São João de hoje so aquele que vivi na roça da Chapada Diamantina alguns anos atras entre Rio de Contas e Livramento de Nossa Senhora (Bahia) com meu amigo falecido Jaldo e a esposa Jaciara.

Ah je peux vous dire que ma langue a chanté et sauté-maté sur le xote et le baião de ce São João octombule.

Je sirotais en sourdine avec Luiz Gonzaga et je vis dans ma flûte le champagne devenir licor de genipapo dont les bulles effervescentes se transformaient en ballons multicolores.

Olha pro céu, meu amor
Vê como ele está lindo
Olha praquele balão multicor
Como no céu vai sumindo

 

Foi numa noite igual a esta
Que tu me deste o coração
O céu estava assim em festa
Pois era noite de São João

Havia balões no ar
Xote, baião no salão
E no terreiro o teu olhar
Que incendiou meu coração

Olha pro céu, meu amor
Vê como ele está lindo
Olha praquele balão multicor
Como no céu vai sumindo

Olha pro céu, meu amor
Vê como ele está lindo
Olha praquele balão multicor
Como no céu vai sumindo

 

Nous n’avons dansé ni forro,  ni quadrille, ni zarzuela, nous n’avons pas chanté mais ce fut une fête mémorable que ce 23 juin 2018. Nous eûmes même droit à une exposition des oeuvres de José Maria Piquer autour de la grande salle et son imposante cheminée où nous sommes retrouvés à 31. TOUTE L’OCTOMBULIE SE TROUVAIT RÉUNIE. LE JOURNAL DE MINUIT ET DES POUSSIÈRES L’ OCTOMBULE AVAIT DÉLÉGUÉ SES PLUS FINS OCTOMBULISTES DE FRANCE, DE SUISSE, D’ESPAGNE, DE NAVARRE, DU BRÉSIL, D’ARGENTINE ET DE GUADELOUPE POUR COUVRIR L’ÉVÉNEMENT MAJEUR DE LA SAINT-JEAN 2018 ORGANISÉ PAR LES DEUX FREROTS BROTHERS ET LEUR UNCLE IN CHEF GASTON D’ARCACHON.

The Triplets Ghetto Kids

Vous avez dû les voir danser. Vous ne pouvez pas aimer la danse africaine et ne pas les aimer. Moi j’aime la vitalité et l’énergie de ces jeunes. C’est une véritable success story. Ils sont originaires d’Ouganda, issus des bidonvilles de la capitale Kampala et leurs vidéos déménagent aussi bien en dehors qu’en dedans des ghettos. Ils suivent tous parallèlement à leur activité de danseurs mais aussi désormais de chanteurs (sous la direction de Dj Knox, star ougandaise des arrangements) des études dans des collèges privés de Kampala. Le tout sous la houlette de leur mentor Daouda qui les héberge, les chouchoute, les coache, les professionnalise, les dépose tous les jours à l’école en voiture et les parfume avant chacun des 30 concerts qu’ils donnent par an. Ils ont tout naturellement été élus aux African Muzik Magazine Awards (AFRIMMA) 2017 de Dallas (Texas) comme meilleur groupe de danse. Ils n’ont pas encore la grosse tête.

Du 5 au 7 octobre 2018 aura lieu la cinquième édition de l’AFRIMMA organisée par African Muzik Magazine.

Ce festival de musique et de danse permet de mettre en lumière la richesse de la musique africaine. En Afrique de l’Ouest c’est le Nigeria qui en 2017 a été particulièrement gâté: meilleur chanteur (Falz), meilleure chanteuse (Tiwa Savage), artiste de l’année (Davido), chanson de l’année (Davido, If), meilleur performance en dance-hall (Timaya). Mais le Congo Kinshasa se distingue aussi avec la meilleure vidéo (Fally Ipupa: Elko oyo Congo) tandis que le Ghana avec le meilleur show rap (Sarkodie) et le Togo avec le meilleur groupe (Toofan) complètent la photo finish.

En Afrique du Nord le meilleur chanteur est égyptien (Amr Diab) et la meilleure chanteuse tunisienne (Amani Swissi).

En Afrique de l’est la Tanzanie avec le meilleur chanteur (Diamond Platnumz) et le Kenya avec la meilleure chanteuse (Victoria Kimani) se distinguent. En Afrique centrale c’est l’Angola qui se distingue avec le meilleur chanteur (C4 Pedro) et la meilleure chanteuse (Nsoki) de la région. En Afrique méridionale c’est l’Afrique du Sud qui remporte la palme avec Casper Nyovest comme meilleur chanteur et Babes Vodumo comme meilleure chanteuse.

Tout cela pour vous dire que seuls ces petits jeunes représentent l’Ouganda.

Un bel exploit surtout si on considère que des pays comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire, la Somalie, le Tchad, le Lesotho, le Zimbabwe, le Cap-Vert, l’Algérie, le Maroc, le Bénin, l’Éthiopie, Madagascar, Mayotte, le Mali, le Niger, la Guinée Equatoriale, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Gambie, la Lybie, le Soudan, le Soudan du Sud, Djibouti, le Sierra Leone, la Mauritanie, le Burkina Faso, le Libéria, l’Érythrée, la Centrafrique, le Gabon, le Rwanda, le Malawi, le Burundi, le Botswana, la Namibie, le Swaziland, le Mozambique, la Zambie, le Congo Brazzaville ont fait chou blanc.

Vous avez vu Bim?

Vous avez vu Bim? J’en doute. Vous avez dû voir The Harder they come (1972) de Perry Henzell tourné en Jamaïque, voire Dream on Monkey Mountain d’après le livre de Derek Walcott, tourné par Hugh Robertson. Peut être même avez-vous vu The right and the Wrong de Harbance Kumar mais pas plus qu’Obeah vous n’avez vu cette oeuvre classique du cinéma caribéen de langue anglaise que représente Bim. Bim et Obeah ont été tous deux tournés à Trinidad. Bim raconte l’histoire d’un Trinidadian d’origine hindoue et son ascension mouvementee dans la société trinidadienne en proie à des tensions raciales. Bim est joué par Beem Singh et par Ralph R. Maharaj. Parmi les autres acteurs on relève les noms de Wilbert Holder, Hamilton Parris, Joseph Gilbert, Laurence Goldstraw et Neville Labastide. Bim a été tourné par le metteur en scène américain Hugh Robertson qui a aussi participé à l’aventure Shaft. Il faut se rappeler qu’en 1974 Trinidad est un État qui ne s’est livré de la colonisation britannique que depuis 12 ans. Les affrontements ethniques pour la prise du pouvoir sont énormes entre Trinidadiens descendants hindous et trinidadiens descendants d’esclaves. La bande originale est de André Tanker sur un script de Raoul Pantin.

On est en plein dans le trinidad colonial d’avant 1962. Moi j’ai apprécié dans ce film le portrait de la culture hindoue à Trinidad qui ne devait pas être bien différente des descendants dravidiens de la Guadeloupe.

Bim Bim sink or swim

Jumbie call

MR Goldteeth