La vérité selon Nelson et Benilde

La vérité selon Nelson Rufino et Jorge Aragão est une découverte. C’est une decouverte qui s’est faite en moi au parc da cidade de Salvador. Nelson Rufino est um sambista bahianais. On a coutume au Brésil à relier la samba à Rio de Janeiro mais Bahia qui fut la première capitale du brésil fut aussi l’un des temples de la samba. il suffit pour s’en rendre compte d’écouter des noms comme Ederaldo Gentil, Edil Pacheco, Tião Motorista et Batatinha.

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Le compositeur Nelson Rufino né à salvador en 1942 a vu ses sambas chantées  par Roberto Ribeiro (Todo Menino É um Rei, Tempo Ê), Nara Leão (Nonô), Zeca Pagodinho (Verdade), Alcione (Aruandê), sans oublier Elza Soares, Maria Bethânia, Martinho da Vila et Neguinho da Beija Flor, entre autres. 

En tout cas à la veille de mes 65 printemps je dois mes respects à cette chanson Verdade, entendue pour la premiere fois en 2012 (je n’avais pas encore 60 ans) lors d’un festival de samba où j’ai retrouvé comme par miracle dans la multitude endiablée de la samba bahianaise ma muse de Morro do Chapéu, l’excellentissime sambiste Benilde Dias Coelho, après un bref voyage au paradis de Pernambouc ou plutôt à ce que je croyais l’être. C’est elle qui a ouvert notre bal de mariage le 14 avril 2013 à Salvador ! Bientôt dix ans que notre pagode continue. Cuica, maestro, please, vambora !

Descobri que te amo demais

 descobri em você minha paz

descobri sem querer a vida

verdade

 

Pra ganhar teu amor fiz mandinga

Fui a ginga de um bom capoeira

Dei rasteira na sua emoção

com o seu coração fiz zoeira

Fui a beira de um rio e você

Uma ceia com pão , vinho e flor

Uma luz para guiar sua estrada

a entrega perfeita do amor

Verdade

Descobri que te amo demais

 descobri em você minha paz

descobri sem querer a vida

verdade

Como negar essa linda emoção

que tanto bem fez pro meu coração 

E a minha paixão adormecida

 

Teu amor meu amor incendeia

Nossa cama parece uma teia

Teu olhar uma luz que clareia

Meu caminho tal qual  lua cheia

Eu nem posso pensar em te perder

Ai de mim se esse amor terminar

Sem você minha felicidade

Morreria de tanto penar

Descobri que te amo demais

 descobri em você minha paz

descobri sem querer a vida

verdade

Como negar essa linda emoção

que tanto bem fez pro meu coração 

E a minha paixão adormecida

 

Totalement trop ou #Joliza vs #Arliza et l’amour à la brésilienne au temps de Temer

Totalement trop est une chanson de Caetano Veloso.

Totalmente Demais
Linda como um neném
Que sexo tem, que sexo tem?
Namora sempre com gay
Que nexo faz tão sexy gay
Rock´n´roll?
Pra ela é jazz
Já transou
Hi-life, society
Bancando o jogo alto
Totalmente demais, demais
Esperta como ninguém
Só vai na boa
Só se dá bem
Na lua cheia tá doida
Apaixonada, não sei por quem
Agitou um broto a mais
Nem pensou
Curtiu, já foi,
Foi só pra relaxar
Totalmente demais, demais
Sabe sempre quem tem
Faz avião, só se dá bem
Se pensa que tem problema
Não tem problema
Faz sexo bem
Seu carro é do ano
Seu broto é lindo
Seu corpo, tapete, do tipo que voa
É toda fina
Modelito design
Se pisca, hello
Se não dá, bye-bye
Seu cheque é novinho, ela adora gastar
Transou um Rolling Stone no Canadá
Fazendo manha
Bancando o jogo
Que mulher
Totalmente demais, demais
Totalmente demais, demais
Traduction française : Totalement trop
Jolie comme un bébé
Quel est son sexe, quel est son sexe ?
Elle drague tout le temps les gays
Quelle union cela fait un gay si sexy
Rock’n’roll ?
Pour elle c’est du jazz
Elle couche
Avec la haute société
Elle joue un match au sommet
Totalement trop, trop
Experte comme personne
Elle ne va que dans les bons coups
Elle ne se donne que du bien
Les nuits de pleine lune elle est folle
Passionnée, je ne sais pas pour qui
Elle a excité un ado de plus
Sans y penser
Elle l’a aimé, elle est déjà partie
C’était juste pour se relaxer
Totalement trop, trop
Elle sait toujours qui en a
Elle fait l’avion, elle ne se donne que bien
Si elle pense qu’il y a un problème
Il n’y a pas de problème
Elle fait bien l’amour
Sa voiture est du dernier cri
Sa jeunesse est belle
Son corps, un tapis, du genre volant
Elle est tout en finesse
Petit modèle design
Si tu lui fais un clin d’œil, hello
Si ça ne va pas, bye bye
Elle tient jusqu’au matin
Elle joue le jeu
Quelle femme
Totalement trop, trop
Totalement trop, trop

Totalement diva est la transcription en français de la telenovela brésilienne Totalmente Demais (littéralement totalement trop), retransmise sur la Rede Globo au Brésil de novembre 2015 à mai 2016. Le feuilleton écrit par Rosane Svartman et Paulo Haim et mis en scène par Luiz Henrique Rios est retransmis actuellement sur le réseau  1ère de France Televisions qui couvre tous les outre-mers.

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Les acteurs principaux sont Marina Ruy Barbosa (Eliza), Felipe Simas (Jonatas Castro), Fabio Assunção (Arthur Carneiro de Alcantara), Juliana Paes (Carolina Castilho), Juliana Paiva (Sandra Regina Matoso), Vivianne Pasmanter (Liliane de Bocaiuva Monteiro), Julianne Trevisol (Maria Luisa), Humberto Martins (Germano Monteiro).

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Le thème du feuilleton est #joliza : l’histoire d’amour, le conte de fées avec ses hauts et ses bas entre Jonatas et Eliza, une Cendrillon rouquine post-moderne (ruivinha) et un crapaud carapate (sapo) (carrapato). Éliza est la fille de Gilda et habite en province avec sa mère, le beau-père Dino et deux frères plus petits. Après avoir été harcelée sexuellement par le beau-père elle s’enfuit à Rio et finit par se retrouver à  la rue. C’est là qu’elle rencontre Jonatas avec qui elle vit son premier amour. Sa vie balance complètement quand elle rencontre Arthur. Celui-ci propriétaire d’une agence de mannequins promet de la transformer en  Miss Totalement Diva. Eliza pense qu’elle n’a pas ce qu’il faut pour être mannequin, mais relève le défi car elle a besoin d’argent  et veut faire venir sa famille à Rio. Pendant le concours  elle habite chez Arthur. Les deux commencent à se rapprocher et après avoir gagné le concours, ils commencent à sortir ensemble. Malheureusement Arthur et son sentiment d’insécurité mettent fin à cette romance. Eliza trace son propre chemin et fait venir la famille pour habiter avec elle dans le quartier de Fatima. Arthur essaie de reconquérir Eliza mais il est trop tard. Après de nombreux rebondissements Eliza et Jonatas parviennent à rester ensemble. Les deux voyagent à Paris où elle va travailler un an. #joliza plus fort que #arliza

L’histoire me fait penser à celle du mannequin étoile brésilien Gisèle Buntchen qui a été remarquée dans son village à l’intérieur du Brésil par un chasseur de mannequins.

Le président Michel Temer, le Congrès National, les gouverneurs des etats ont dû apprécier ce feuilleton de 7 heures du soir. Pendant qu’on parle d’amour on ne parle pas d’impeachment, le temps glisse comme une vague.  Lula, Dilma, Michel font partie du conte de fées. essayer de les retrouver dans l’intrigue au détour d’une rue, d’une conversation, d’une allusion sera difficile en français. Les langues entre elles ont parfois un dialogue de sourds quand elles sont adaptées. Totalement trop devient ainsi totalement diva. Moi j’attends encore l’épisode final de la telenovela Totalement Flop avec Dilma (bientôt 70 ans en décembre), Lula (72 ans) et Michel (77 ans), le triangle amoureux. Qui de ce ballet de septuagénaires corrompus  sortira vainqueur en 2018 #Midil ou #Ludil  dans les urnes ? Faites vos jeux.

Brassens créole

Chaque fois que je pense à Georges Brassens je me retrouve sur la rue des Lombards à Paris; aux Halles où autrefois dans les années quatre-vingts avant d’aller au Diable ou au Cloître des Lombards écouter du jazz ou danser de la salsa je consacrais quelques minutes à écouter un guitariste qui jouait religieusement tous les week ends et peut-être même en semaine tous les classiques de Georges Brassens. Autour de lui se dessinait une ronde hétéroclite d’inconditionnels du folk, de fidèles, de touristes, de passants, de curieux qui applaudissaient et garnissaient l’étui de sa guitare de pièces et de billets, des francs voire des dollars ou des yens. Oui l’Euro n’était pas encore né !

Brassens pour moi c’était la gouaille, l’irrévérence anarchisante, la liberté du verbe, la polissonnerie, l’anti-conformisme mais aussi la métrique exigeante. Je le savais sétois, né dans « l’encre bleue du golfe de Lion » près du cimetière marin dit Saint-Charles où reposait aussi Paul Valéry et quand je visitai Sète pour la première fois vers l’an 2000 c’est son chant coupé-décalé que je cherchais à déceler à travers les ruelles menant au cimetière le Py.

C’était un homme de la mer, admiratif et jaloux en même temps de Paul Valéry (1871-1945).  Il fit même une supplique pour être enterré sur la plage de la Corniche à Sète en-dessous d’un pin-parasol. Un troubadour méditerranéen. Et quoi que nous fussions nés sur des parallèles et des méridiens fort éloignés je me sentais une sorte de communauté spirituelle avec lui.

Je pourrais citer comme ça au pied levé quelques passages, quelques rimes riches de sa poésie flamboyante

je me suis fait tout petit devant une poupée qui fait pipi quand on la touche

« le temps ne fait rien à l’affaire, quand on est con on est con, qu’on ait vingt ans, qu’on soit grand-père, quand on est con on est con, entre vous plus de controverses, cons caducs ou cons débutants, petits cons de la dernière averse ou vieux cons des neiges d’antan »

« quand je pense à Fernande, je bande, je bande, quand je pense à Félicie, je bande aussi, quand je pense à Léonore, mon Dieu, je bande encore mais quand je pense à Lulu alors je ne bande plus, la bandaison parfaite, papa, ça ne se commande pas »

« Non, les braves gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux »

« Mourons pour les idées, d’accord, mais de mort lente »

les copains d’abord, coquin de sort, les amoureux qui se bécotent sur les bancs publics mais il ya une chanson qui plus que toutes me surprit en ce sens qu’elle reprenait un poème de François Villon Mais où sont les neiges d’antan

 

« Dictes moy ou, n’en quel pays,

Est Flora, la belle Rommaine;

Archipiades, né Thaïs,

Qui fut sa cousine germaine;

Echo, parlant quand bruyt on maine,

Dessus rivière ou sus estan,

Qui beaulté ot trop plus qu’humaine ?

 

Ou est la très sage Hellois,

Pour qui chastré fut et puis moyne

Pierre Esbaillart à Saint-Denis ?

Pour son amour ot ceste essoyne.

Semblablement ou est la royne,

Qui commenda que Buridan

Fust geté en ung sac en Saine ?

Mais où sont les neiges d’antan ?

Fust gecté en ung sac en Seine ?

Mais où sont les neiges d’antan ?

La royne blanche comme lis,

Qui chantoit à voix de seraine.

Berthe au grant pié, Bietris, Alis,

Haremburgis qui tint le Maine.

Et Jehanne, la bonne Lorraine,

Qu’Anglois brulèrent à Rouan;

Où sont-ilx, Vierge souveraine ?

Mais où sont les neiges d’antan ?

Où sont-ilz, Vierge souveraine ?

Mais où sont les neiges d’antan ?

Prince, n’enquerez de sepmaine,

Où elles sont, né de cest an,

Qu’à ce reffrain ne vous remaine :

Mais où sont les neiges d’antan ? »

 

Sam Alpha, le Martiniquais de Fort de France né en 1941, a eu cette idée de génie en 1991 de reprendre ces chansons immortelles et polissonnes de Brassens et de les adapter à la sauce créole. ce sera Brassens créole volume 1.

Les Amoureux des Bancs Publics (Doudou Ban Foyal) , Chanson pour l’Auvergnat (Kouplé ta la),  Les Copains d’abord (Lanmityé solid), Brave Margot (Yo té la), La prière (Mwen ka salvé ou Mawi), A l’eau de la claire fontaine (An dlo kle la fonten Didiè a), Tonton Nestor (Konpè Toto), La ronde des jurons (Jiretek), La ballade des dames du temps jadis (Mazouk jan lontan), Le pornographe (Sé mwen ki porno), La femme d’Hector (Man Hekto), Le parapluie (parapli), La princesse et le croque-note (Ti prinsès é manjé not)

 

Puis il reprend le theme en 1996 et ce sera Brassens créole volume  2.

La fille à cent sous (Méglèt), Les funérailles d’Antan (Lantérman jan lontan), Je me suis fait tout petit (Mwen viré piti), L’ancêtre (Bizayel), Oncle Archibal (Ton Awchibal), L’orage (Tonnè), Une jolie fleur (An bel ti flè), Rien à jeter (Sa mwen ké féy jété), 95 pour cent (katrèvenkenz an lé san), Le fantôme (Diabless), Le grand chêne (Mahogani), L’amandier (Prin Mouben), La rose, la bouteille, la poignée de mains (Alamanda ven é bonjou),

Puis a nouveau en 2000 et ce sera Brassens créole volume 3 qui propose Les trompettes de la renommée (Lambi mon gran non le twompét), J’ai rendez-vous avec vous (Mwen ni ranka évé vou), La mauvaise réputation (Movet not), Histoire de Faussaire (Fo istwa), LOe temps ne fait rien à l’affaire (Tan ka fé tan), Il suffit e passer le pont (Sé savann on fwaw janbé pon), Hécatombe sur le Marché de Brive la Gaillarde (Bab marché), Le mauvais sujet repenti (Mové sijé drésé), A l’ombre u coeur e ma mie (An lombraj kiyé masibol mwen), Le nombril es femmes ‘agents (Zonbi fanm gadpolis), Le gorille (Varé goril)

Sam

 

Hécatombe au marché de Brive la gaillarde adapté en créole devient sous la plume et les arrangements de Sam Alpha Bab marché. Je sais, je sais,  le folk c’est pas antillais mais on peut customiser quand même à la Douanier Rousseau. De la musique naive en quelque sorte. Comme est naïf l’art haïtien par exemple, naïf car non filtré et censuré par les codes esthétiques ambiants.

L’amour en gage

sans_titre-2-617299L’amour en gage est un feuilleton indien qui passe tous les soirs sur Mayotte Première et rencontre un grand succès de public.

http://embedftv-a.akamaihd.net/1544c5aef2a1ac2ddca60d0e4c917d79

Le feuilleton raconte les péripéties amoureuses de Anshuman et Paakhi, mariés jeunes par leurs familles respectives (les fameux mariages arrangés), puis séparés pendant dix-huit ans. entre temps Anshuman a eu une seconde epouse avec qui il a eu un fils Ayann. La mère d’Ayann étant morte suite à un accident Anshuman souhaite divorcer de sa première épouse pour vivre avec Tanya, une autre indienne éduquée à Oxford et part à la recherche de sa première épouse.

http://la1ere.francetvinfo.fr/emissions/amour-gage

L’amour en gage est la version française en 142 épisodes du feuilleton en 269 episodes de Tumhari Paakhi, un feuilleton en hindi sorti entre novembre 2013 et novembre 2014 en Inde. C’est l’histoire d’un triangle amoureux où se font face Anshuman Rathore (Iqbal Khan), Paakhi Anshuman Rathore (Shraddha Arya)  et Tanya Rana (Madhura Naik).

Le feuilleton a été tourné par Shashi Sumeet Productions pour le réseau Life Ok récemment devenu Star Bharat et est basé sur le roman  Naba Bidhan de Saratchandra Chatoopadhyay.

Le thème principal est chanté par Sunidhi Chauhan sur un theme original de Sachin Gupta. Le personnage principal qui donne le titre au feuilleton en hindi est Paakhi. D’ailleurs même en anglais le titre est Your Paakhi. Les Français ont comme d’habitude choisi d’innover en nommant le feuilleton L’amour en Gage

https://tune.pk/video/4088510/bol-na-dil-se-sunidhi-chauhan-tumhari-pakhi

Les feuilletons indiens ont à Mayotte un accueil étonnant . On y voit sur fond musical des intrigues qui font s’affronter la civilisation moderne, et la tradition, l’amour et l’argent, les obligations entre époux, le tout sur un mode binaire où le bien et le mal , la pauvreté et la richesse s’affrontent en permanence. La société mahoraise est semble-t-il elle aussi traversée de clans, et l’exaltation forcenée de la famille, du rôle de l’homme et de la femme. En regardant ce feuilleton c’est une approche en douceur que je fais de la famille mahoraise.

 

 

Bilan linguistique provisoire

1ER-JOUR-timbre-SALON-PHILATELIQUE-DE-L-OCEAN-INDIENPresque deux mois et demi de présence continue à Mayotte ! Où en sont mes apprentissages linguistiques ?

Quelles sont les langues en présence ? Le comorien, le kibushi, le malgache, le français, le créole réunionnais, le lingala…

Le comorien est une langue svo agglutinante dotée de l’iso 639.3. Les comoriens eux mêmes appellent leur langue shimasiwa ou shikomori. Le comorien possède 4 variétés ou dialectes proches du swahili, qui est une langue bantoue faisant partie des langues nigéro-congolaises

  • le mahorais (swb) ou shimaoré qui se parle à Mayotte
  • le mohélien (wlc) ou shimwali qui se parle à Mohéli
  • l’anjouanais (wni) ou shindzani qui se parle à Anjouan
  • le grand-comorien (zdj) ou shingazidja qui se parle en Grande Comore

Même si ces 4 variétés sont proches entre elles deux par deux (anjouanais et mahorais peuvent facilement communiquer entre eux, ainsi que mohélien et grand comorien) il est plus facile parfois pour un grand comorien de communiquer avec un tanzanien qui parle swahili qu’avec un mahorais.

Le kibushi est une langue malgache de la famille austronésienne, proche du sakalava de Madagascar

Le français est la langue officielle de communication mais comme aux Antilles il ya aussi des médias, surtout les radios qui communiquent en shimaoré. je n’ai  pas entendu sur les 3 ondes parler les autres langues comoriennes qui sont pourtant parlées par de nombreux milliers de migrants venant d’Anjouan ou de Grande-Comore.

On enseigne le shimaoré à l’université.

Le trajet individuel de chaque comorien fait qu’il peut parler facilement deux ou trois langues français, shimaoré, kibushi, voire français, shimaoré, malgache, grand comorien, shimaoré, français

On trouve aussi des réfugiés politiques congolais en nombre, des commerçants indiens, des expatriés venant de métropole , des Antilles, de l’Afrique Francophone (surtout Senegal et Togo), de la Réunion,etc.

Voila le tableau; Et moi qu’ai-je appris ? eh bien le bilan est triste. je l’avoue. Je ne sais toujours pas dire une phrase en shimaoré. Oui je peux dire Caribou ou anba gégé ou kwezi pour dire bonjour mais je ne sais pas dire au revoir. je sais dire merci , maharaba.


Je connais des mots épars tous liés à la bouffe : magi  (l’eau), mutsohole (le riz), mataba (feuilles de manioc pilées au lait de coco) , mabawa (ailes de poulet), putu putu (le piment), feliki (feuilles, brèdes), muohogo (manioc) n’ont pas de secret pour moi. Je ne mourrai pas de faim, ça c’est sûr ! Mais je ne sais même pas compter de zéro à dix,  ni même dire excusez-moi, ce qui fait que quand je suis dans un environnement qui ne parle que shimaoré, ce qui est trés fréquent sur les marchés et dans l’univers des personnes âgées, je suis particulièrement vulnérable.

Mais culturellement par contre j’ai progressé à une allure folle : je sais ce qu’est un mazaraka, un ngondro, un mindzano, un cadi, un muezzin, un banga, un frizou, je sais plus ou moins comment fonctionne une mosquée, comment fonctionne une école coranique, que l’arabe littéraire est enseigné aux enfants pour lire les textes sacrés mais que personne ne le parle à moins d’avoir vécu quelques années ou avoir fait ses études dans un pays arabe comme l’Arabie Saoudite où beaucoup vont faire le hadj sacré. Je sais l’importance des fleurs et particulièrement du jasmin, je sais qu’on croit outre à l’islam aux génies, aux esprits, les jinns, je sais qu’il y a des marabouts qui ont pignon sur rue, je sais que l’islam règne sans partage sur l’île et qu’il n’y a qu’une église catholique, je sais que les hommes ne peuvent pas se mettre du mindzano sur le visage et que la cuisine c’est l’affaire des femmes, je sais que les mariages durent une éternité pour se réaliser et coûtent les yeux e la tête et après avoir vu trois mariages je n’ai toujours pas vu une seule mariée. Il faut sortir les billets ! Je sais que le prophète Mohamed est né à La Mecque et mort à Médine et qu’il a eu 14 femmes légitimes. Je sais que boire de l’alcool est un péché ! Mais que avoir quatre femmes est une bénédiction ! Je sais que les femmes d’ici, les bouénis, ont bien au chaud de leurs salouvas de larges boutiques et arrière-boutiques rebondies qui font les délices de ces messieurs. Je sais que le vendredi, jour de la grande prière les femmes se mettent sur leur 31 et font exploser leurs bodys. Je sais qu’après 18 heures quand tombe la nuit il faut être vigilant car certaines mauvaises ombres rodent. Je sais que dans les toilettes il n’y a pas de papier et qu’on se nettoie les parties à l’eau fraîche. Je sais que les séries indiennes font un tabac ! Je sais, on me l’a assez dit, que ce n’est pas l’Afrique, ce n’est pas la France, que c’est la souffrance ou la sous-France, allez savoir, je sais que la tension migratoire est forte, je sais que Canal Plus, SFR et Orange se partagent le gâteau télévisuel, je sais que je voudrais visiter les Comores, Madagascar et le Mozambique, voire la Tanzanie mais surtout je sais que je ne connais rien encore de Mayotte, je suis pire qu’un maki qui vient de venir au monde. Bouéni, Kani-Kéli, Sada, Coconi, Bandrélé, Chiconi pourtant si proches me semblent à l’autre bout du monde. Savoir qu’on ne sait rien c’est déjà un bout de chemin accompli, non ?!

 

Vis comme tu danses

Les publicitaires et autres spécialistes du marketing ont de ces formules choc qui me ravissent parfois, m’interrogent toujours. La dernière en date qui s’est imprimée dans mon cerveau est la pub des jeans Levi’s pour la collection de jeans Circles intitulée  » vis comme tu danses » sur background musical de la chanson Makeba de la jeune et dynamique Jain, titre qui figure sur l’album Zanaka de 2015.

 

Le speech de l’agence responsable de la campagne, l’agence FCB: « Circles célèbre notre individualité et notre connectivité par la musique, la danse et Levi‘s. Lorsque nous nous réunissons nous dansons en rond. Nous bougeons comme un seul, et célébrons l’individu qui est au centre. L’unité et l’individualité deviennent vivantes. »

En anglais : « Circles » celebrates our individuality and connectedness through music, dance, and Levi’s®. When we come together, we dance in circles. We move as one, and celebrate the individual who takes the center. Unity and individuality come alive. Let’s live how we dance.

Let’s #LiveInLevis

Song: « Makeba » by Jain

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About Levi’s: Created in 1873, Levi’s jeans are the original, authentic jeans. They are the most widely recognized and often imitated clothing products in the history of apparel. Over successive generations, Levi’s jeans have captured the attention, imagination and loyalty of diverse individuals.

Il est à noter la différence linguistique entre la version anglaise et la française. L’anglaise dit let’s live how we dance. C’est le nous qui est valorisé, sanctifié. Dans la version française c’est le tu qui es iconisé et mis en exergue avec vis comme tu danses.

Auparavant il y avait eu le même habillage pour la pub de Sosh d’Orange.

On en viendrait à oublier qui est Makeba qui s’ets installé dans mon imaginaire epuis la chanson Pata Pata

Zenzile Miriam Makeba (4 March 1932 – 9 November 2008), also known as Mama Africa, was a South African singer, actor, United Nations goodwill ambassador, and civil rights activist. Associated with musical genres including Afropop, jazz, and world music, she was an advocate against apartheid and white-minority government in South Africa.
Que dit Campaign sur cette campagne de FCB West pour Levi’s :

« Inclusivity has become a hot topic among brands.

Levi’s is the latest to champion this message, in a new ad aiming to show how different people are connected through music, dance and optimism. The joyful spot shows diverse people across cultures and countries dancing in circles to the soundtrack of Jain’s Makeba – many of whom are wearing Levi’s jeans of course. It is the latest instalment in the « Live in Levi’s » brand campaign.  »
Eh oui ne nous méprenons pas tout ça c’est du business à l’état pur. Au nom de l’inclusion et de l’écologie que de couleuvres on nous fait avaler. Le spot nous transporte à travers tous les univers de danse circulaire du monde, mais en insistant sur l’Inde et l’Afrique, tout le monde danse, tout le monde il est beau, tout le monde il est heureux, tout le monde pète la joie,  et tout le monde porte des jeans Levi’s. Mais j’y pense, j’en ai pas moi de jeans Levi’s. Qui va m’en offrir un pour mon anniversaire ? Un Circles, of course, taille 48 !

Jasmin, bougainvillees et épingles à nourrice

Colliers de fleurs, broches de fleurs. Feuilles, fleurs et bractées, parent et embaument tout. Jasmin (Jasminum officinale), ylang-ylang (Cananga odorata), frangipanier (appelé ici n’gayabe), patchouli, basilic, bougainvillée tout concourt aux fragrances subtiles, odorantes et capiteuses que flaire immanquablement le visiteur. Pour confectionner une broche de fleurs c’est tout un art de patience et d’adresse. Il faut bien 5 minutes et un nombre incalculable de petites fleurs de jasmin. Pour un collier on peut faire alterner les couleurs et les senteurs en fonction de l’evenement. Lors d’un mariage par exemple des colliers fort différents sont confectionnés selon qu’ils vont être portes par le marié, la mariée, la belle-mère, les témoins, le beau-père. Si vous revenez de pèlerinage de La Mecque vous aurez droit à votre collier, tout comme à votre arrivée à l’aéroport. Si vous êtes un personnage important, un fundi par exemple, vous n’y échapperez pas.

Et cerise sur le gâteau le jasmin est dit aphrodisiaque. À porter a la boutonniere en broche avec modération, donc.

 Il  y a pourtant aussi à Mayotte une fleur que je trouve fort belle et qui tapisse les clôtures et les cimetières, c’est la liane corail, (Antigonon leptopus): personne n’en tresse des guirlandes, nul ne la porte ni en collier ni en broche. 

C’est bien dommage même si on la dit grimpante et envahissante. Chaque fois que je vois cette liane corail en plein jour il me semble que la lune qui sommeille dans son jardin chuchote des mots doux aux étoiles tout en dansant le merengue.

Superman est-il animé par son cortex reptilien?

Ma chère et tendre analyste privée me propose en introspection, comme rituel d’accompagnement sur les derniers hectomètres menant à la borne km 65, la chanson de Gilberto Gil, Super-homem, qui date de 1979 et qui s’inspire du film Superman de Alexander Salkind sorti en 1978. Et me dit en souriant que derrière chaque grand homme il y a une grande anima. Derrière chaque Clarke Kent il  y a un Superman et une Lois Lane.

  https://youtu.be/4KTwdr5aTT4

Derrière chaque Superman, chaque homme d’acier ou de fer forgé il y a la fragilité masculine de Christopher Reeve qui vécut les neuf dernières années de sa vie tétraplégique. Il était né a New York un mois et 5 jours avant moi. Il est mort le 10 octobre 2004.
 https://youtu.be/oG-drSJ52x0

Un Superman selon Gil c’est celui qui assume sa portion féminine. En conséquence une Superwoman est celle qui assume sa portion masculine.

 http://gnt.globo.com/programas/papo-de-segunda/videos/4238440.htm

En termes junguiens la portion féminine inconsciente chez l’homme c’est l’anima  qui compense le conscient masculin tandis que la portion inconsciente  masculine chez la femme c’est l’animus qui compense le conscient féminin. Anima et animus couvrent des préjugés inconscients, des a priori qui vont contre balancer le conscient. Ces préjugés sont de l’ordre des humeurs et des caprices pour l’anima et au niveau des opinions pour l’animus.

 Moi je dirais plus sobrement que la portion indispensable à chacun n’est ni animus ni anima mais animale. 

L’anima c’est un reflet de l’âme féminine. L’animus est un reflet de l’âme masculine. 

J’ai des problèmes avec le mot âme, voyez vous. Je lui préfère le mot esprit, spirit. Comme dans l’adresse catholique en latin « Dominus vobiscum. Et cum spiritu tuo ».

L’âme me renvoie à des considérations religieuses, à cette question que pose le poete Lamartine quand il écrit dans ses Harmonies poétiques et religieuses en 1901: « objets inanimés, avez-vous donc une âme qui s’attache à notre âme et la force d’aimer? ».

Le même Lamartine écrit dans le même ouvrage : “Plus nous ouvrons les yeux, plus la nuit est profonde ; Dieu n’est qu’un mot rêvé pour expliquer le monde, Un plus obscur abîme où l’esprit s’est lancé.”

Tant que les fourmis et les criquets n’auront pas d’âme moi je n’en aurai pas. Je suis donc un superanimal, à défaut d’être un superhomme. L’homme est doté de raison nous dit-on, l’animal est mu lui par l’instinct et l’intuition.

Je pense au contraire qu’un superanimal est celui qui trouve dans l’instinct, qui n’est somme toute qu’un savoir toujours revisite, et l’intuition qui est un saut dans un vide préconçu, sa raison d’être.

Les rationalistes évoquent à loisir les bas instincts de l’homme: instinct de survie, de conservation, de procréation, ces instincts qui nous rapprochent de la bestialite, ces instincts primaires des bas-fonds, installés bien au chaud et préservés dans notre cerveau reptilien, le paléo cortex.. Ces sages exaltent les instincts supérieurs volatiles circulant eux entre les deuxième et troisième cerveaux dits cerveaux limbique (méso cortex) ou supérieur (néo cortex)

Entre tous ces cortex je suis un Superman, un dieu capable de modifier le sens de rotation  de la terre, de revenir en arrière  dans le temps s’il le faut pour sauver ma portion féminine  qui est ensevelie quelque part . Il faut que je cède les bagues et les anneaux de Saturne si je ne veux  pas perdre les doigts. Doigts et bagues ne font qu’un indossociable qui s’auto-anime, reanime et desanime tout en voguant sur le vaisseau animal mu par l’instinct et l’intuition. Sont-ce la mes portions féminines ? En avant  cortex ! On verra bien. Je continue ma route, sans boussole, sans nord, en pleine ame du cyclone. Superman n’est qu’un mot rêve pour expliquer l’homme animal. por causa da mulher…..

Le dombo dombo d’Emmanuelle m’ a fait monter au ciel

  https://youtu.be/uARLIlrqFr0

Je ne mange jamais le soir. Sauf exception notable. Et ce soir je n’ai pas pu résister à la tentation et me délivrer du mal. 

J’ai chante : » au ciel au ciel au ciel j’ irai vers toi mon dieu » car on venait de me mettre en bouche mon hostie sainte.

L’ hostie du jour est congolaise et se nomme dombo dombo.

2 mois dans l’Océan Indien et il ne se passait pas un jour que je réclame par monts et par vaux mon gombo quotidien. J’avais fini par me résigner.

Or j’arrive ce soir à 17 heures et quelques secondes et demande ma bière trois chevaux. À défaut de gombo trois chevaux font l’affaire. Je règle mon euro cinquante et me hâte d’engloutir la cannette. Le bar est vide. Surgit alors la patronne du Baraka qui me lance: « Jean Marie j’ai pensé à toi hier. On a fait du gombo.  » J’ai saute en l’air, mes levres ont fait kia, mon boudin a fait kui, ma cervelle a fait Kian. Envoyez-moi mon nannan. Mais d’ abord j’ai dit presque en pleurant. « Comment Angèle tu as des gombos, tu sais depuis deux mois que je fréquente ce snack bar que je te réclame les gombos et le jour où tu en cuisines même pas un coup de fil. » Je suis dégouté. C’est alors qu’elle me donne la bonne nouvelle. « Je t’ai gardé une part. Je ne t’ai pas appelé parce que je n’avais pas ton numéro. »C’est vrai. C’est à Mohammed que j’avais donne le numéro. 

Je ne mange pas le soir. Mais quand la coupe est si près des lèvres il faut la boire. Donc je commande. C’est Emmanuelle, la cuisinière congolaise, qui a confectionné cette hostie. 8 € pour toucher des lèvres le parinirvana. Yepa ! Les constellations étaient alignées sur ma langue et mon nombril. Jamais gombo ne fut si rapidement avale. Dombo Dombo viande. Ça m’a fait penser au soukoupandya sénégalais. En dégustant fourchettes après fourchettes j’ai vu défiler dans ma tête le port altier des femmes du Burundi et du Rwanda et les poignées d’amour des femmes congolaises. J’ai vu défiler la quiabada brésilienne du vendredi midi d’une autre époque, Mayotte et les Comores étaient de l’autre côté du monde. J’étais un réfugié non pas politique mais gastronomique. Je demandai a bénéficier illico de l’asile gastronomique en vertu du code de procédure gastronomique qui exige que tout homme persécuté dans son pays pour ses choix gastronomiques puisse être accueilli par un pays tiers selon la charte des nations unies. Merci Congo pour m’avoir accepté comme réfugié gastronomique. Je vais me mettre au swahili. En attendant désormais Angèle peut me contacter à toute heure du jour ou de la nuit en relation aux gombos.