Au bal aérien des maringouins nul ne sait qui est mâle, qui est femelle

A l’embouchure de la rivière Nuit commence le bal des maringouins. Ce ne sont ni marins ni gouins, d’ailleurs pour être parfaitement honnête il faudrait rebaptiser ces diablesses-la des maringouines car seules les femelles vous sucent le sang comme si c’était du punch coco. Oui nos cousins maringouins font du bruit, aboient à l’orée de vos oreilles certes mais ne mordent pas. À cause de ces demoiselles derebenales assoiffées de globules des générations entières de maringouins sont mis au ban de la société de la bienséance. Et comment savoir si l’être volant et suceur de sang est mâle ou femelle ? Comment faire le distinguo ? Je n’ai jamais craint ces vampirellas ivrognes et amatrices de boudin pimenté comme le mien. Jamais je ne me suis ondoyé de vinaigre pour faire face aux piqûres de ces volantes à deux ailes aux têtes plus petites que des épingles. Ces moucheronnes sont semble-t-il allergiques à mon sang mâtiné aux sources chaudes de la rivière Bouillante. Mon corps tatoué de tafia ne leur a jamais donné visa ni pour les ampoules ni pour les démangeaisons . Ces incommodes arrivent parfois en vrombissant sur le basané de ma chair comme dans un dessin animé de Woody Woodpecker, se cognent la trompe sur ma peau rêche qui leur inflige trois décharges de secousses électriques et repartent la queue basse sans demander leur compte. Appelez en tupi ces cousines, mauvaises larronnes, par leur nom original, maruim, mais toutes les variantes patronymiques mordent autant : marangwen, marangwon, mayengwen, mayangwen, mayangwan, marwen, marengwen…et pendant que ces dames s’amusent et se vautrent telles des truies illuminées dans leur bauge sanguine ces messieurs végétariens font la sieste et maudissent les dieux et esprits qui les ont affublés de ce sexe faible qui les prive de ces délices humains et animaux et les condamne à n’aspirer de leurs trompes faites pailles que Riqlès , Great ou cocos à l’eau.

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