Dans la famille Baltimore je demande l’arrière-arrière-arrière-grand-mère, SOSA 41, ma quadrisaïeule

 

J’ai comme tout être humain de sa génération sur cette planète (jusqu’à preuve du contraire) je possède 100% de mon patrimoine génétique mais aussi :

  • deux parents qui possèdent chacun 50 % ou 1/2 de mon patrimoine génétique. La deuxième génération.
  • quatre grands-parents (ou aïeuls) qui possèdent chacun 25 % ou 1/4 de mon patrimoine génétique. La troisième génération.
  • huit arrière-grands-parents (ou bisaïeuls) qui représentent chacun 12,5 % ou 1/8 de mon patrimoine génétique. La quatrième génération.
  • seize arrière-arrière-grands-parents (ou trisaïeuls) qui représentent chacun 6,25 % ou 1/16 de mon patrimoine génétique. La cinquième génération.
  • 32 arrière-arrière-arrière-grands-parents (ou quadrisaïeuls) qui représentent chacun 3, 13 %  ou 1/32 de mon patrimoine génétique. La sixième génération.
  • 64 arrière-arrière-arrière-arrière-grands parents (ou quinquisaïeuls)  qui représentent chacun 1,56 % ou 1/64 de mon patrimoine génétique. La septième génération.
  • 128 arrière-arrière-arrière-arrière-arrière grands-parents qui représentent chacun 0,78% ou 1/128 de mon patrimoine génétique (ou hexaïeuls). La huitième génération.

et on pourrait ainsi continuer jusqu’à vitam eternam.

 

A ma naissance en 1952 j’appartenais à une famille où 4 générations coexistaient. J’avais encore mes deux parents, deux grands-parents sur quatre,  et deux arrière-grands-parents sur huit. Jusqu’à la mort de ma grand-mère en 2006 appartenais à une famille avec quatre générations vivantes en ligne directe. Maintenant à 65 ans j’appartiens toujours à une famille de 4 générations coexistantes. Ma mère a 87 ans bientôt et 9 enfants survivants sur 10 , 29 petits-enfants survivants sur 30 et 16 arrière-petits-enfants sur 16 survivants. Si on ajoute à cela les enfants des conjoints lors d’une union précédente ou subséquente, les enfants adoptés, les épouses et enfants des enfants adoptés… Si on ajoute à cela les 10 gendres et les 11 brus, les 10 conjoints ou compagnons des petits-enfants et les petits-copains ou petites-copines on en arrive à une famille de plus de 100 personnes.

Si on y ajoute les cousins, les tantes, les oncles, les enfants des cousins, alors là on atteint des niveaux extraordinaires. J’aime imaginer une cousinade géante en Guadeloupe où se rejoindraient l’espace d’un week-end tous les membres de cette famille qui le souhaiteraient. C’est illusoire car je ne vois pas toute ma famille se rendre aux Antilles rien que pour célébrer la famille. Mais on peut raisonnablement penser réunir une centaine de Baltimore par exemple sur la Guadeloupe pour une réunion de famille en Guadeloupe. C’est l’un des projets auxquels je vais m’atteler lors de mon séjour en Guadeloupe  d »octobre 2018 à avril 2019 !

Mon but : réunir un maximum des 4 ou 5 générations de  descendants de Magdeleine Baltimore survivants. Elle aurait eu bien plus que les 985 descendants déjà répertoriés auxquels je pense ajouter une bonne centaine lors de mes recherches en Guadeloupe dans les archives municipales, les archives départementales à Gourbeyre

C’est simple: Magdeleine Baltimore, mon SOSA 41, a en tout et pour tout à sa mort le 10 novembre 1855 à l’âge de soixante-douze ans: 1 fils, 5 petits-enfants, point barre. C’est dire si ces petits-enfants-là et les deux ou trois qui suivront vont peupler !

Le jeu des sept familles est un jeu auquel j’aimais bien jouer autrefois. Le jeu des sept familles traditionnel comporte 7 familles avec six personnes par famille soit au total 42 cartes.

«Dans la famille Bokay, je demande… le Père». Si le joueur que vous interpelez possède cette carte, il doit vous la céder. Sinon, il vous dit «pioche!» Le vainqueur est le joueur qui a réussi à constituer le plus de familles complètes.

Le Jeu des Sept Familles Antillaises des editions Exbrayat est distribué entre autres par Vaniluna.  En fait il y a deux jeux proposés à la vente :

  • Le Jeu des Sept Familles Bokay avec la famille Zorey, la famille Béké, la famille Rasta, la famille Zendien, la Famille Milat, la famille Lapèch et la famille Bokay 

     

     

  • Le Jeu des Sept Familles Mapiti avec la famille Baskèt, la famille Lansé, la famille Chouval, la famille Soté, la famille Woulo, la famille Siklis et la famille Lapétank 

     

    Les illustrations sont des caricatures de Pancho.

La famille dans tous les jeux de sept familles c’est la cellule traditionnelle où coexistent 3 générations : le  père, la mère, le fils, la fille, le grand-père, la grand-mère. 6 personnes. Pas de place ici pour les familles recomposées, les deuxièmes lits, les troisièmes lits, les quatrièmes lits, les enfants adoptés, les enfants de coeur, les anba fèy. C’est autrement plus facile à réunir les six d’une famille. Mais vous l’avez compris, ce n’est qu’un jeu, ce n’est qu’une caricature. Et en généalogie la réalité dépasse toujours la fiction ! It’s a Family Affair comme disaient Sly and the Family Stone

One child grows up to be

Somebody that just loves to learn

And another child grows up to be

Somebody you’d just love to burn.

Mom loves the both of them

You see it’s in the blood

Both kids are good to mom

Blood is thicker than the mud

It’s a Family Affair.

Newlywed a year ago

But you’re still checking each other out

Nobody wants to blow

Nobody wants to be left out

You can’t leave, cause your heart is their

But you can’t stay ’cause you been somewhere else

You can’t cry ’cause you’re all broke down

But you’re crying anyway ’cause you’re all broke down  »

It’s A Family Affair

 

Baltimore, pas seulement et en même temps

Quand j’étais petit et que je disais mon nom: Baltimore ! Premièrement on me disait qu’il était joli et deuxièmement on me demandait s’il était originaire des Etats-Unis. Il y avait en effet une ville au Maryland qui s’appelait Baltimore et le nom provenait d’un Lord Baltimore venu d’Angleterre. J’ai par la suite découvert qu’il y avait d’autres villes nommées Baltimore, l’une en Angleterre, l’autre en Irlande, une troisième au Canada. C’est vrai que ça faisait rêver ces origines américaines d’autant plus qu’à l’école j’étais invariablement premier ou deuxième en anglais. Donc je disais souvent quand on me demandait d’épeler mon nom : comme la ville B-A-L-T-I-M-O-R-E, ce que je fais jusqu’à aujourd’hui. J’ai dû faire de premières recherches vers l’âge de quinze ou seize ans et je me suis dit que ma foi c’était tout à fait possible que mes ancêtres aient été esclaves de Lord Baltimore car comme cela se faisait souvent les esclaves prenaient ensuite le patronyme du maître. Mais cette notion d’esclavage étant un peu dure à avaler à l’époque j’ai remis à plus tard l’examen de ma généalogie.

Le jour est venu sur mes 40 ans où j’ai donc commencé à poser des questions à mes parents. Cela a été assez compliqué au départ. Ils se demandaient pourquoi je voulais fouiller dans leur passé. Il a fallu que j’insiste, que je revienne à la charge, que j’aie du tact, il a fallu beaucoup de persévérance. Je me souvenais que mon parrain c’était Pierre Hubbel, ma marraine Justine Augustin mais j’appris que ma Da, celle qui m’avait porté le jour de mon baptême, s’appelait Tante Acia. Et que cette Acia, de son vrai nom Anastasie Félistine Didier, était une grand-tante, une descendante de mon arrière-grand-mère Man Bise, Veuve Jean Baltimore et de Paulin Didier. J’ai aussi appris que mon père portait Baltimore car il était le fils naturel non reconnu de sa mère, Fillotte, une vendeuse de feuillages, on dit vendeuse de simples, sur le marché de Bouillante qui serait morte d’un coup de sang. Plus tard j’ai appris entre chuchotements car ces choses-la ne se disent qu’à voix basse, qu’elle était aussi gadédzafé, spécialiste en sorcellerie, kkk. Elle avait eu deux enfants avec un monsieur Théodore Louiserre (Colette et Alexandre) puis deux autres des oeuvres d’un sieur Bardus de Grand-Bourg, Marie Galante qui avaient eu pour conséquence deux enfants Germaine puis Ludovic Baltimore, enfants naturels non reconnus. Par la suite Joseph Bardus s’était marié avec une autre demoiselle avec qui il avait eu ses enfants légitimes. C’est vrai que tout petits on donnait du tante par ci et tonton par là à la tire à la volée mais je ne comprenais pas vraiment les relations entre tous les membres du clan. Il fallait être sacrément savant pour comprendre ce méli-mélo ! Tante Sissi, tante Georgette, tante George, tonton  Zéphyrin, c’était tous des grands-oncles et des grands-tantes ! Dans la famille il y avait des Noirs, des Mulâtres, des Zindiens et c’était comme ça. Plutôt noirs du coté des Baltimore , plutôt mulâtres du coté des Bardus, plutot Zindien du côté des Augustin, plutôt noirs du coté des Vin, plutôt noirs du coté des Hubbel. Mon père disait toujours pourtant que sa mère c’était une négresse caraïbe. Il me l’a assuré à de nombreuses reprises : sa mère Jeanne Baltimore avait des cheveux si longs qu’ils lui tombaient jusqu’aux reins, il disait qu’elle avait du sang amérindien, et comme preuve il montrait ses cheveux ! C’est vrai qu’il avait des cheveux coolie (qu’il traitait comme des oeufs d’or), et avant de dormir il enfilait un bas noir sur la tête pour qu’au matin il puisse se réveiller  beau comme un dieu. Je sais qu’il était bel homme ! Moi je n’avais pas sa race de cheveux coolie, donc j’ai longtemps pensé que ce n’était pas vraiment mon père puisque moi j’avais les cheveux grainés que j’ai toujours eus, héritage donc, selon mon père du côté de ma mère du coté Vin et Hubbel.

Il avait une soeur Germaine, ça je le savais et je crois qu’on se voyait souvent. Mais je n’avais pas encore intégré le système de soeurs ou demi-soeurs ou demi-frères et frères. Comme mon grand-père, le père de ma mère, Hubbel Maurice, avait eu plusieurs relations, en Martinique avec deux soeurs, puis en Guadeloupe avec la demi-soeur de mon père (vous suivez toujours ?) évidemment les fruits de ses relations étaient mes tantes ou mes oncles. Evidemment on ne me disait pas: « Tiens celui-la c’est le fils que ton grand-père a eu avec une demoiselle Untel ». On disait « dis bonjour à ton oncle Marceau » par exemple. Et c’était à moi de m’en accommoder. On disait « Ay bo tant Sissi aw ! », en fait c’était ma grand-tante ou tonton Zéphyrin, le frère de ma grand-mère, Charlise Julienne VIN épouse AUGUSTIN que moi j’ai toujours appelé Mémé. Quant à son époux Jules Augustin, qui en fait aurait dû s’appeler Minatchy, je l’appelais Gigi, tandis que d’autres petits-enfants du côté des demi-soeurs de ma mère, Laurette et Justine AUGUSTIN, l’appelaient Madidi. On ne me disait pas « ton arrière-grand mère Man Bise a eu des enfants avec 5 hommes différents dont les premiers avec ton ancêtre Jean Baltimore ». Non, on ne parlait pas des ancêtres du côté de mon père. Jamais. Il a dû souffrir une grosse blessure narcissique, probablement, dans son enfance. D’ailleurs quand il parlait de son père Joseph BARDUS, il disait toujours Monsieur BARDUS. Je crois qu’il considérait le mari de sa demi-soeur, Théophile Colette dite Fifine, LOUISERRE, épouse HUBBEL, comme son père. Il l’estimait plus car il l’évoquait comme le Père Hubbel. Mais je sais qu’il était très proche de ses soeurs du coté BARDUS et en particulier d’Eliane et de Monique. Je sais qu’il en a voulu toute sa vie à Antoinette qui l’avait un jour appelé de sale bâtard. Il ne le lui a jamais pardonné ! Sa sœur aînée Fifine était devenue sa mère adoptive d’une certaine façon et il la respectait. Je me souviens que la veille de sa mort sa dernière pensée fut pour elle. Il me dit à l’hôpital de Troyes où il se trouvait. « Ne dis rien à Fifine. Elle est déjà bien vieille. Ca risque de lui faire du mal. » Fifine lui a survécu encore deux ans avant de s’éteindre elle aussi à Saint-Claude, ruelle de l’Externat. Mon père me racontait tout de même que sa mère était morte quand lui avait dix ans et qu’il était resté à pleurer toute la journée dans son lit à Bouillante où il était en vacances alors que sa mère mourait à Saint-Claude et  qu’il est donc venu en vitesse à Saint-Claude pour l’enterrement et a été élevé à Saint Claude chez sa soeur aînée, Colette LOUISERRE, dite Fifine, elle aussi issue d’un père différent, mariée avec le père de ma mère, Aquilin Claironisse dit Maurice HUBBEL un Martiniquais de Schoelcher, un militaire, venu s’installer en Guadeloupe. J’ai su aussi qu’il avait un autre frère du coté LOUISERRE, Alexandre, qui était mort pendant la guerre en 1939. Mon père a fait partie de la résistance,  la dissidence antillaise. Il a fait l’Indochine par la suite ! Il me disait que son père aurait voulu le reconnaître mais que lui à l’âge de 16 ans par orgueil aurait préféré continuer comme ça avec le nom Baltimore. Et moi qui toute ma vie avait cru que mon père était orphelin de père ! C’est vrai que son père était décédé quand moi je suis né. De plus mon père, que je me souvienne en tout cas,  avait peu de relation aux Antilles avec les Baltimore. Comme nous habitions Saint Claude ou Basse-Terre jusqu’à l’âge de 9 ans je ne me souviens pas une seule fois avoir rencontré un autre Baltimore. Il y avait, je l’ai appris récemment, des cousins de mon père les LABRY, qui habitaient pas trop loin de nous à St Phy quand nous y habitions. Je sais maintenant qu’il y en avait un certain nombre à Morne à Vaches et à Matouba et ma mère me raconte qu’autrefois il y avait un Baltimore qui travaillait à l’hôpital Biérose et qui était, semble-t-il, handicapé mental, mais je ne m’en souviens pas. Je ne me souviens pas avoir passé un seul jour à Bouillante pour voir la famille. Ma famille c’était les VIN, les HUBBEL, les CELESTINE, les AUGUSTIN tous du côté de ma mère. Comme mon père n’avait que des soeurs, puisque ses deux frères l’un du côté des BALTIMORE et l’autre du côté des LOUISERRE étaient décédés depuis belle lurette quand je suis né et que le seul frère que j’ai connu portait BARDUS, je n’ai jamais connu un oncle, un cousin, un beau-frère, un grand-père qui porte BALTIMORE. Quand nous sommes partis sur Paris en 1961 c’est là que pour la première fois j’ai entendu parler d’un autre Baltimore, Adonaï BALTIMORE qui nous rendait visite de temps en temps. Mais le gros des visites était des VIN, HUBBEL, PRADEL, AUGUSTIN, CELESTINE.

Cerise sur le gâteau. En 2015 j’ai découvert que la mère de mon père avait eu un fils né en 1906 – dont mon père ne m’a jamais parlé de son vivant – appelé Maurice Marin Baltimore. On y perd son créole. Est-il décédé jeune ? Je le suppose, car il est tout de même étonnant que ni sa sœur plus âgée ni lui ne m’ aient jamais parlé de ce frère ou demi-frère aîné. L’enquête continue donc !

 MA THESE

Parallèlement à mes recherches sur les Antilles et la métropole j’ai commencé à faire des recherches sur les Baltimore aux USA. J’ai vu qu’il y avait en gros deux lignées: Une noire et une blanche. Avec des ramifications sur le Canada. Je me suis au début intéressé aux deux pôles, j’ai parcouru généalogiquement les Etats-Unis en long et en large et j’ai pu vérifier que le patronyme Baltimore est en pleine vitalité partout aux USA et au Canada. Puis en poussant plus loin mes recherches j’ai vu qu’il y avait un grand nombre de Baltimore aux Etats-Unis originaires des Caraïbes, et plus spécifiquement originaires de l’île d’Antigua et Barbuda tout comme des Iles Vierges Américaines comme Britanniques. Comme tous les Baltimore qui s’intéressent un peu à la généalogie je croyais que j’avais une ascendance américaine. Mais à la découverte de ces infos j’ai privilégié rapidement une approche intercaribéenne.

Ma thèse c’est que les Baltimore de Guadeloupe et ceux d’Antigua sont de la même origine. Il y a aussi des Baltimore aux Etats Unis mais en principe s’ils ne sont pas de souche caribéenne (et il y en a beaucoup qui le sont, qui ont quitté leurs îles pour les USA ou le Canada) ils n’ont rien à voir avec nous et encore moins avec Lord Baltimore qui aurait fondé la ville de Baltimore aux Etats Unis dans le Maryland. Par contre il n’est pas exclu qu’ils aient un rapport avec la ville de Baltimore en Irlande que j’ai visitée en 2013. J’avance à petits pas désormais mais j’avance piano piano. Et je suis bien sûr entré en contact via internet et via téléphone avec quelques-uns de ces Baltimore qui pour la plupart habitent Willeskies à Antigua.

LES BALTIMORE DE LA GUADELOUPE

Mais revenons aux Baltimore de la Guadeloupe puisque tel est le sujet ici. Tout d’abord notons que Baltimor est une variante de Baltimore mais qu’il s’agit bien de la seule et même famille. J’ai même vu apparaître sur des actes de naissance ou de décès un BALTIMORD et un BALTIMORT. mais je précise à toutes fins utiles que les Baltimore à leur grande majorité ne mordent pas et meurent à un âge élevé ! Donc quand je dirai Baltimore pour moi il s’agit toujours des quatre graphies: celle avec e final, celle sans e final, celle avec t final et celle avec d final. Tout d’abord la plus ancienne Baltimore répertoriée est Baltimore Magdeleine, esclave née en 1783 à Bouillante, Guadeloupe, mère de Monrose dit Petit Frère Baltimore. Monrose meurt en 1860 et aura au total une descendance de 8 enfants avec Jeannille Bandini. 6 garçons et deux filles. Ce sont du plus vieux au plus jeune: Saint Prix, Etienne, Anne-Rose dite Maurestine, Marie Herminie, Louis dit Petit Pierre, Jean, Bastien et Henri. On peut donc dire que dans l’arbre des Baltimor(e) il y a grosso modo 8 branches potentielles qui chacune correspond à l’un des enfants de Monrose. Tous les descendants de Magdeleine Baltimore sont donc des descendants d’esclave. Donc je peux proclamer haut et fort que JE SUIS DONC DESCENDANT D’ESCLAVE, et fier de l’être. Il est vrai que ce processus d’acceptation ne s’est pas fait du jour au lendemain d’un cliquement de doigt. Je suis passé par de nombreuses étapes…

Tout d’abord j’ai lu de nombreux livres sur le sujet et visionné de nombreux films aussi. Mais ce qui m’a vraiment fait changer radicalement ma perception et fait passer de l’acceptation passive à l’acceptation active a été la thèse de doctorat en philosophie pratique soutenue à l’université Paris Est le 5 décembre 2012 et intitulée : « La religion de l’escravitude, ou l’utopie des abolitionnistes ». L’auteur est un membre d’une famille alliée nommée Ericque COEZY. La thèse est depuis mai 2016 disponible dans une version un peu moins dense chez l’Harmattan, dans leur filiale les Impliqués. Je vous en recommande la lecture ! Je suis en paix avec moi-même, philosophiquement et pratiquement. L’esclavage fait partie de mon héritage et même si mon nom a été donné à mes ancêtres sans qu’ils aient eu leur mot à dire probablement en 1848, je l’assume et je le transmets fièrement par monts et par vaux ! BALTIMORE trompe la mort ! BALTIMORE Belphégor (du nom de la série Belphégor ou le Fantôme du Louvre de Claude Barma avec entre autres acteurs, Juliette Gréco, Yves Rénier et François Chaumette qui a passionné la France au printemps 1965)! Même si autrefois j’ai admiré Malcom X et sa démarche je ne me ferai jamais appeler désormais Jean-Marie X ! Peut-être un jour saurai-je, au fil de mes recherches, qui était le père de Monrose Baltimore ou les parents de Magdeleine. Il suffit de chercher les archives des habitations qui les ont vus naître, de consulter les archives des notaires de l’époque et on trouvera sans doute d’autres ancêtres. Mais à l’heure où nous sommes j’en suis encore à faire le lien entre Magdeleine Baltimore et toutes les branches qui en sont originaires. Peut être même que le père de Magdeleine n’était pas esclave et que le père de Monrose ne l’était pas lui non plus. Peu importe. Je suis en paix avec mes ancêtres esclaves ! Ils sont le fruit d’une époque, d’une logique. Je sais que j’ai un pied en Afrique -j’aimerais quand même bien savoir où en Afrique précisément – un pied en Amérique. Mais j’ai aussi désormais par ma propre histoire un doigt aux Etats-Unis, quatre doigts au Brésil, un doigt en Hollande. Je me considère du Tout-Monde comme dirait Glissant, riche et singulier de mes expériences, de mes voyages et de mes rencontres. Français oui mais pas seulement et en même temps, Antillais oui mais pas seulement et en même temps, Guadeloupéen oui mais pas seulement et en même temps, Martiniquais oui mais pas seulement et en même temps, Africain oui mais pas seulement et en même temps, Saint-Claudien oui mais pas seulement et en même temps, Brésilien oui mais pas seulement et en même temps, Caribéen oui mais pas seulement et en même temps, et même pour terminer Baltimore oui mais pas seulement et en même temps et toute généalogie est là pour prouver à la face du monde qu’au delà d’un patronyme on est ce patronyme mais pas seulement et en même temps. Donc je suis un Baltimore, un Bardus, un Vin, un Hubbel, un Célestine, un Fronton, un Valérius, un Siphax-Coldy, un Bandini, un Eliza, un Anin, un Hamarel, un Rybour, un Ibol, un Bandini, un Paley, un Ebreuil, un Roguieuse, un Monza, un Vadimon, un Leroux, un Bermude, etc . Je suis en même temps le cousin et l’oncle, le grand-père et l’arrière-grand-mère et je me reconnais aussi pour racines ultimes celles du cyclone qui traverse l’océan pour venir fertiliser de sa houle les îles lointaines ainsi que le pyé koko ou kowosol sous lequel mon ombilic a été enterré !

L’une de mes premières surprises a été de voir comment les Antillais aiment cacher leur prénoms, ils en ont souvent 2 ou 3 et cela permet de différencier l’un de l’autre. Mais il semblerait que ce soit un art caribéen. Se cacher son nom de baptême, le nom du saint car autrefois on donnait à l’enfant le nom du saint fêté le jour de sa naissance. Par exemple si vous naissiez le jour de la saint Gabin, eh bien vous en étiez quitte pour avoir du Gabin dans votre prénom. Donner son nom de baptême équivaudrait à retirer son protègement, se montrer nu. Donc j’ai remarqué que beaucoup hésitent à donner ce prénom et même à me livrer en pâture leur autre prénom, préférant les surnoms. Et cela ne date pas d’hier. Tenez ! Monrose surnommé Petit Frère Baltimore, Louis surnommé Petit Pierre Baltimore, Anne-Rose dite Maurestine Baltimore, Aquilin Claironisse dit Maurice Hubbel, Jeanne dite Fillote Baltimore, Alphonsine dite Idora Célestine, Eléonore dite Itane Caius, Angèle dit Dicélisse Célestine, Gabriel Eusèbe dit Ardisson Caius, Marie dite Sainte-priette Baltimore, Calixte dit Robert Baltimore, Marc dit Hermann Baltimore, Edwige Rayann dite Man Néné, Félicité dit Sosthène Baltimore, Eulalie dite Annadore Baltimore, épouse Gabali, Aubierge Dominique dit Paul Baltimore, Urbain Angers dit Jirlin Baltimore, Bernard Germain dit Marceau Célestine, Joseph Etienne dit Doëns Celestine, Vincine Marie dite Mayotte Beauvue, Louise Siphax Coldy dite Man Bise, Paul François dit Maxime Baltimore, Anastasie Félistine dite Acia Didier, Théophile Colette dite Fifine Louiserre épouse Hubbel, Romule Fronton dit Finn Kon Swa, etc.

Vous voyez le travail. Une dernière chose : ce travail même s’il résulte d’efforts de plus de 20 ans de recherches est loin d’être terminé. Le terrain est toujours en friches. J’ai beau débroussailler il y a beaucoup de labourage à faire encore. J’aurais aimé que d’autres de la famille se saisissent de leur houe, de leur pelle, de leur pioche ou de leur coutelas et se joignent à moi pour faire fructifier les semis et entrer dans le cœur du sujet c’est à dire la période avant 1838 et qu’ils se plongent dans les archives qui sont à Gourbeyre pour en savoir plus sur nos ancêtres à Bouillante car je n’habite plus la Guadeloupe depuis 1961 et n’y suis retourné pour de brèves vacances que 5 fois en 55 ans. La dernière fois c’était en 2006. En octobre 2018 je ferai un petit séjour là-bas. Je prévois d’y rester au moins 6 mois. On verra bien mais je peux vous assurer que dans mon île je passerai mes journées plus aux archives que « sous les cocotiers qui se balancent en silence » ! J’ai parfois rêvé de fonder une association « Descendants de Magdeleine Baltimore ». Verra-t-elle le jour par un beau matin d’hivernage ou le lendemain d’un énième cyclone ? Je n’en sais rien. Advienne que pourra ! Je fais ma part en tout cas comme l’oiseau qui essaie d’éteindre l »incendie qui ravage la forêt avec quelques gouttes d’eau qu’il charrie dans son bec et qu’il largue au-dessus du brasier! Votre serviteur, Jean-Marie Arsène BALTIMORE