Hugues Tiburce et son pèlerinage de reconnexion Afrique-Diaspora

La vie est étrange parfois. Ce matin j’ai visionné sur YouTube ce reportage de Blaise Mendjiwa intitulé La Diaspora antillaise au Cameroun. J’ai suivi la démarche de nombreux antillais expatriés regroupés au sein semble-t-il du club caribéen de Yaoundé. Monique Malo (MQ)(enseignante en mathématiques), Annick Namco (GP)(architecte), Gilbert Joséphine (GP) (chef d’entreprise), Dominique Foussé (MQ)(avocate), Véronique Pokossy Doumbé, Annette Hell (AG)(enseignante en anglais, originaire d’Antigua), Charlotte Plantadit née vers 1938 en Centre Afrique et fille d’un monsieur Plantadit (GP)de Sainte-Anne, arrivé en Centrafrique vers 1918 (commerçante retraitée). Élmire Maga, Marlène Ossendo (médecin, enseignante), Reine Békoué (GP), évoquent leur parcours dans ce pays d’Afrique de 475 millions de km carrés allant du golfe de Guinée au lac Tchad. Ils évoquent l’entraide, l’esprit de famille, le partage à l’africaine. La plupart sont depuis 40 ans installés au Cameroun et apparemment bien intégrès dans la bourgeoisie camerounaise. Le reportage m’a beaucoup intéressé. J’aurais néanmoins voulu voir leur famille, leurs enfants et voir comment ces derniers se situent par rapport à leurs origines. Je note ce besoin malgré le temps passé en Afrique de se plonger dans son antillaise puisque finalement on se retrouve entre soi au sein du Club Caribéen de Yaoundé. La loi camerounaise ne reconnaissant pas la double nationalité personne n’a pris si je comprends la nationalité camerounaise, préférant pour certaines raisons non explicitées conserver la française sans doute. Certes j’entends « je suis 100 pour cent Camerounaise » , « mi-antillais, mi-camerounais » mais ma question est d’emblée après 30ans de vie dans le pays parles-tu la langue ou plutôt l’une des langues du PAYS ? Quelle est ta relation avec l’une des 300 TRIBUS ? Quels bamilékés, Peuls, Ibo ?

Ce qui en revanche m’a intéressé plus encore c’est l’information sur le site historique, vestige de la traite transatlantique Bimbia, port d’esclaves stratégiquement situé entre Sénégal et Angola, d’où selon l’ethnologue américaine Lisa Aubrey 166 cargaisons d’êtres humains seraient parties à bord de bateau ancrés au large de Nicholls Island vers la Guadeloupe et Antigua par exemple. D’ailleurs on ne devrait pas dire traité transatlantique ou traité négrier ni slave trade, transatlantique ou transaharienne. On devrait appeler cette souffrance, ce traumatisme, cet holocauste on devrait l’appeler par son nom africain en Kiswahili: MAAFA. Plus que le trafic mis en évidence à Gorée (appelée en réalité Ber) au Sénégal. Tout cela au sud-ouest du Cameroun, à 60 km de Douala et à 20 km au nord de la ville balnéaire de Limbé. Sur 45 hectares on se replonge dans la Traversée du Milieu. Bimbia est d’ailleurs devenu depuis peu un lieu de pèlerinage de reconnexion Afrique-Diaspora et d’écotourisme où de nombreux Afro-Américains se rendent depuis les années 2010 quand les tests ADN leur ont permis de localiser leurs ancêtres dans la région du Cameroun. Lisa-Marie Aubrey tout comme les autorités camerounaises luttent pour obtenir le classement du site de ce port négrier comme site du patrimoine mondial.

Concurrence des mémoires oblige. Comment choisir entre Ouidah au Bénin, Gorée au Sénégal, Elmina au Ghana et Bimbia au Cameroun ? Quel dilemne .

Et je ne sais pas trop pourquoi, après avoir vu ce reportage j’ai pensé à Hugues Tiburce. HT EST UN COUSIN QUE JE N’AI JAMAIS RENCONTRE PERSONNELLEMENT. NOUS CORRESPONDONS PAR ÉMAIL DEPUIS ENVIRON 3 ANS ET C’EST LUI QUI M’A DONNÉ L’IDÉE DE COMMUNIQUER SUR LA TRANSMISSION, CE QUI A DONNÉ NAISSANCE À CE SITE POLYGLOT TROTTER QUE J’AI CRÉÉ EN DÉCEMBRE 2016. J’AURAIS VOULU QU’IL Y COLLABORE AVEC D’AUTRES MAIS JE ME SUIS RETROUVÉ SEUL À LA MANŒUVRE.

Il m’a contacté au mois de mars 2018. Il voulait qu’on se voie à Paris en avril lors de l’escale qu’il y ferait en avril avant de se rendre au Benin où il pense avoir retrouvé des Ancêtres de notre origine commune Fronton. Je le sentais au comble de l’ excitation. Mais moi j’étais à l’époque à Mayotte, donc notre rencontre n’a pas été possible.

Je vous publie néanmoins la teneur de son email concernant les motivations de son voyage.

« Bonjour cher cousin,

Je reprends contact avec toi après avoir passé des mois pleins d’occupations bonnes et de mauvaises.

Durant mes moments de bonne santé relative, j’ai pu avancer sur mes recherches et réflexions. J’ai aussi avancé sur mon projet d’écriture et je souhaite échanger sur le sujet avec toi .

Je serai en France du 2 au 5 Avril en direction du Bénin et je te propose de te rencontrer dans cette période.

Je vais au Bénin à l’invitation d’un dignitaire du Royaume d’Abomey qui participe à l’organisation d’un colloque sur Toussaint Louverture dont les parents étaient issus du Royaume d’Allada.

J’y vais aussi afin de rencontrer des dignitaires des Adjigo à Agoué et à Aneho au Togo. Ils acceptent de faire l’éloge panégyrique des familles Adjigo et Alliés, en particulier les KPONTON et les QUAM DESSOU.

Des initiés vont aussi peut être réciter la litanie de ces familles et du peuple Guin.

Je poursuis l’idée de m’éclairer sur les conditions de vie et de capture des Fronton que tu as aussi repérés dans les registres d’esclaves de 1848, à Sainte Rose, Grand-Bourg et Bouillante. J’en recherche aussi à Gourbeyre.

Ces personnes sont parents et ont été déportés ensemble en Guadeloupe: ils ont tous (presque) déclaré leur nom aux différents officiers de l’état civil à l’abolition. Ils ont prononcé leur nom (qui était certainement connu et usité) avec l’accent propre à leur langue (Guin/Ewé/Fon ?). Ce nom a été écrit naturellement (et correctement ?!?) à la française, comme de nombreux autres noms enregistrés à Bouillante. Ils s’appelaient KPONTON (ou KPONTON QUAM DESSOU). La prononciation du son [KP] (labio vélaire) peut rappeler aux français le son [F] . D’ailleurs certaines personnes de ce nom au Bénin ont vu l’état-civil de l’administration coloniale française transformer leur non en FONTON (le cas de l’ancien ministre de l’urbanisation , Noel FONTON). Le clan de cette famille a été en position très défavorable durant la période mouvementée de 1818 à 1828, dans la région de Grand Popo, Petit Popo au Bénin/Togo.

Certains d’entre eux furent capturés et exilés. Leur nom signe leur engagement et porte un caractère nobiliaire au niveau de leur petite société.

Concernant les MAKOUBI/MAKOUBY j’ai aussi avancé un peu et je dois aller prendre des informations historiques au Congo.

Je recherche des informations sur l’évolution des effectifs des habitations de Bouillante, Sainte-Rose, Gourbeyre, Saint-Claude et Marie-Galante. Je recherche aussi des données sur les navires au départ de la Côte Ouest et à l’arrivée en Guadeloupe. Je vais consolider quelques contacts à Paris prochainement.

J’espère pouvoir t’entretenir plus longuement sur ces sujets et susciter ton intérêt pour travailler ensemble sur un projet.

J’attends de recevoir ta proposition de rendez-vous.

A bientôt et amicalement.

Hugues LAMI

0690352045

Voici ma réponse du 19 mars 2018

« Salut, cousin Hugues, content de te savoir en pleine forme et plein de projets. Je m’inquiétais un peu de ton silence. Je suis actuellement moi-même en Afrique de l’Est à Mayotte depuis le mois d’août dernier où je travaille comme enseignant. J’ai donné ma démission et je rentre en France le 8 avril. Du 11 au 18 je serai à Nice pour fêter l’anniversaire de ma femme et nos 5 ans de mariage brésilien. On ne pourra donc pas se voir aux dates que tu me proposes mais peut-être à ton retour du Bénin. Dis-moi quand tu rentres de là-bas, là ce sera jouable à partir du 19 avril je n’ai aucun projet. La retraite ce sera à partir du 1er août 2018. Mon grand projet c’est une tentative de retour aux Antilles. Je serai en Guadeloupe avec ma femme pour minimum 6 mois à partir du 16 octobre 2018. J’ai déjà réservé via airbnb pour le premier mois à Deshaies. Je cherche à louer à prix raisonnable un T2 minimum meublé avec internet pour la période qui va du 16 novembre au 16 mai. J’ai déjà quelques pistes mais si tu as un bon plan fais-m’en part. L’idéal pour moi ce serait Basse-Terre ou Saint-Claude mais en réalité ça peut être n’importe quelle commune de Guadeloupe.

Ton projet Bénin 2018 est faramineux, je suis scotché ! On nage en plein Roots ! Le Alex Haley de la Guadeloupe ! Intéressantes, tes recherches socio-histo-philosophico-généalogiques qui font entrer même la phonétique du phonème [kp] qui se prononce [f] . Du coup je vais me replonger sur l’examen de ces FRONTON ! Quant au projet que tu souhaites évoquer avec moi pour qu’on travaille ensemble mon intérêt est suscité, ne t’inquiète pas ! D’écriture, d’ADN mitochondrial ou autosomal, de généalogie ou autre, peu importe, tu peux compter sur moi. Je ne te remercierai jamais assez de m’avoir donné la force d’ouvrir mon blog polyglottrotter.com comme témoignage d’une vision, d’une mémoire guadeloupéenne du monde, même si symboliquement j’appelle mes Guadeloupes Wolfok !

J’ai beaucoup lu sur le Dahomey/Bénin quand j’habitais au Brésil et en particulier j’ai connu à Salvador de Bahia où j’habitais l’ethnologue et photographe Pierre Verger (1902-1996), auteur du livre Fluxo e refluxo do trafico de escravos entre o golfo do Benin e a Bahia de Todos os Santos dos séculos XVII a XIX

Je ne suis pas adepte du candomble mais je suis assez bien familiarisé avec les cultes voduns, les orishas, etc

Je te souhaite une bonne plongée dans tes racines. Je t’appellerai un de ces jours, avant ton départ !

Kimbé réd ! Jean-Marie Baltimore »

Nous nous sommes parlé au téléphone la veille de son départ et depuis plus de nouvelles.

Après avoir vu le reportage je vais l’appeler aujourd’hui même. Nous ne nous sommes jamais rencontrés et peut-être ne nous rencontrerons nous jamais mais c’est ma famille, un descendant Fronton comme moi. Il a six mois de plus que moi. Nos racines plongent pour certaines quelque part dans le golfe de Guinée. Ce sont des liens invisibles, des rhizomes marins et ultramarins qui nous structurent et nous ramènent sans cesse à la porte du non-retour. C’est dramatiser un peu selon moi que considérer comme le fait le reportage l’Océan Atlantique comme « le Styx, le fleuve de l »enfer et de l’oubli », car la mer n’a pas de mémoire: elle lave sans cesse, par flux et reflux successifs les roches et les plaies, les récifs comme les morts béantes, en concertation avec la lune qui rituellement s’y abreuve parfois du côté de Bimbia !

Qui sait si moi aussi je n’effectuerai pas mon test ADN un de ces prochains jours et que je ne m’inscrirai pas à un de ces pelerinages Roots and Reconnection Cameroon trip and Bimbia Pilgrimage. Le prochain est prévu entre le 26 décembre 2018 et le 7 janvier 2019. Moi j’hésite car je n’ai jamais aimé les voyages organisés. Contact si cela vous intéresse: rootsreconnection@gmail.com

Mes trisaïeux, quadrisaïeux, quinquisaïeux en 1848

On est tous autant que nous sommes le sosa numéro 1 d’une infinité d »ancêtres. Chaque trisaïeul nouveau, chaque quadrisaïeul nouveau, chaque quinquisaïeul nouveau que je retrouve est pour moi un moment de bonheur intense. Comme une nouvelle naissance. et parfois il m’arrive comme aujourd’hui de faire le point. cette fois-ci j’essaie de voir la situation de mes ancêtres en 1848, moment charnière s’il en est pour une majorité de nos ancêtres caribéens, puisqu’il marque pour bon nombre d’eux la fin de l’esclavage.

Bouillante (Guadeloupe)

Sosa 4O le père de Monrose (inconnu) décédé.

Sosa 41 Magdeleine : Elle a 65 ans, est née à Bouillante, et habite Habitation E. Lafages. Le père de son fils Monrose dit Petit Frère est décédé. Monrose (mon sosa 20) a 35 ans et habite habitation D. Bertrand.

Il a eu deux enfants avec Jeannille (30 ans) (mon sosa 21) qui après voir vécu en 1839 sur l’habitation veuve Lafages, habite désormais sur l’habitation Mineurs Bertrand avec ses deux enfants St Prix agé de 8 ans et demi et Etienne agé de 7 ans.

Jeannille est la fille de mes sosa 42 ( Jean) qui a 54 ans et habite habitation veuve Noel Sabine et sosa 43 Désirée (67 ans) qui elle vit habitation mineurs Bertrand avec sa fille Delphine (43 ans) et le fils de cette dernière Ambroise agé de 15 ans

Saint-Claude (Guadeloupe)

Mes sosa 44 et 45 sont inconnus. Ce sont les parents de mon sosa 22 (Benjamin Louisy) qui lui a 15 ans et vit sur l’habitation Ducharmoy.

Mon sosa 23 c’est Emerance, la future épouse du sosa 22. Elle a 6 ans à l’époque et après avoir vécu habitation veuve André Arnoux habite en 1848 habitation Petit Parc

Les parents d’ Emerance sont Léandre 42 ans (mon sosa 46) vivant sur habitation Pelletier et Victorine (sosa 47) agée de 25 ans qui a vécu sur l’habitation veuve André Arnoux mais qui en 1848 se trouve sur l’habitation Petit Parc

Les parents de Léandre, François (mon sosa 92) agé de 83 ans et Magdelonette (mon sosa 93) agée de 71 ans vivent tous deux habitation le Pelletier et sont deux de mes rares quinquisaieux repérés.

Grand-Bourg (Marie Galante) Guadeloupe

Demoiselle Elisa, mon Sosa 37, couturière, née en 1799, ne connaîtra pas la lumière de 1848. Elle meurt le 27 novembre 1847. En 1848 son clan est représenté par ses enfants Saint Père, 29 ans et neuf mois, Champfleury, vingt-six ans et neuf mois, (mon sosa 18) Firmin, vingt-deux ans et neuf mois, tous trois charpentiers. Ces derniers ont tous été affranchis en 1834 avec leur mère sur demande d’un certain Joseph Leduc, apparemment colon et potentiel Sosa 36 qui meurt en 1841, veuf depuis 1815, laissant deux filles de son mariage legitime: Irène qui aura 40 ans en 1848 et Marie Louise Celina âgée de 36 ans et mariée depuis 1841. Virginie Cécile est fille d ‘Elisa, née jumelle en 1839 et a donc 9 ans. Cette même année de 1839 la famille a perdu trois de ses membres: Irma le 18 septembre, Ernest le 29 septembre et Josephine Cecília 27 novembre.

La future épouse de mon sosa 18 est Anaïs Marguerite , mon sosa 19, qui est âgée de 16 ans. Elle a été affranchie en 1834 à l’âge de deux ans. Sa mère, mon sosa 39, est une demoiselle Marguerite âgée de 56 ans. Mon sosa 38 pourrait potentiellement être un sieur Leroux, puisque à un certain moment elle se fait appeler à la naissance de l’un de ses enfants Anaïs Leroux.

Case Pilote (Martinique)

Alfred, mon Sosa 48, est né en Afrique. Il a 27 ans. Mon sosa 49 c’est Judith qui elle est née à Case-Pilote et qui a 24 ans. Ils ont une fille Berthilde Hubble née en 1845. Ils ne le savent pas encore mais peut-être pensent-ils à mettre en route leur premier fils. Ce sera dans un an avec la venue de Bertrand Hubbel (mon SOSA 24) en novembre 1849.

Le père de Judith est inconnu. C’est mon sosa 98. EUGÉNIE, la mère de JUDITH, est mon sosa 99. Elle est née à Case-Pilote et est décédée

A Case Pilote, mon sosa 50 s’appelle Charles Anin. Il a 16 ans. Celle qui deviendra son épouse, Anne Azoune Theotiste (Sosa 51), est née à Ducos en Martinique de Demoiselle Theotiste (Sosa 103) et est âgée en 1848 de 12 ans.

Le père de Charles, Sylvain Nelson Anin, est mon sosa 100. Il est affranchi depuis 5 ans et a 33 ans. Son épouse , mon sosa 101, se nomme Antoinette et le mariage à eu lieu en 1843. Antoinette est la fille de Sophie Élisabeth, mon Sosa 203, née en 1783. Le couple a deux enfants Marie Berthilde (4 ans) et Marie Justine (2 ans)

Mes sosa suivants Jacques dit Isaac (sosa 200) et Françoise Anastasie Anin agée de 57 ans (sosa 201) sont les parents de Silvain Nelson. Leur deuxième fils Léon reste esclave jusqu’en 1848. Françoise Anastasie Anin est affranchie depuis cinq ans environ en même temps que son fils Sylvain Nelson Anin.

Mon Sosa 111 c’est Marie Noelle Zulma, mulâtresse, elle est âgée de 37 ans, affranchie depuis octobre 1833 sur la demande de Joseph Marcel. C’est la fille de Coralie, mon Sosa 223, née en 1799 donc âgée en 1848 de 49 ans. Zulma a 8 enfants survivants sur 10 dont Josephine Thuriaf, capresse, âgée de 6 ans, mon SOSA 55, dont le père est Joseph Thuriaf, 43 ans, (mon Sosa 110)(nègre créole affranchi sur demande du même Joseph Marcel le 28 janvier 1840) avec qui elle est mariée depuis janvier 1843. Joseph Thuriaf est le fils de Sophie (Sosa 221) née en 1792 et donc âgée de 56 ans. Sophie a eu de nombreux enfants avec Jean-Louis Darsoulant, âgé d’environ 20 ans de plus qu’elle. elle a comme enfants survivants Jean (30 ans), Louise dite Jolotte (23 ans), Sully (20 ans), Gustave (16 ans), Lucia (15 ans) . Ces enfants seront légitimés en 1851. Joseph est-il le fils de Jean-Louis ? Mystère et boule de gomme !

Josephine Thuriaf épousera bien plus tard Louis Alphonse Celestine (mon Sosa 54) âgé alors de 7 ans. Ce dernier est le fils de mon Sosa 109, Marie Celestine Rogemont, âgée de 35 ans.

Tout cela pour vous donner un petite idée (incomplète, je vous le concède volontiers) de la situation de mes ancêtres entre Guadeloupe et Martinique, aux îles sous le vent en 1848.

On a souvent l’habitude de considérer les ancêtres de cette époque en Guadeloupe comme en Martinique comme des êtres égarés, hébétés, éparpillés aux quatre coins cardinaux des îles sous le vent, sans lien entre habitations. Je m’attache pour ma part à essayer de retracer les attaches familiales invisibles que font apparaître les donnéees généalogiques.

Ce que je veux montrer c’est  que l’on ne prend en compte que les survivants.            Voyez par exemple le cas de Sophie Thuriaf. Elle accouche en théorie de  Joseph Thuriaf, le premier fils en 1808 et le deuxième en 1818. Dix ans de différence entre les deux. Pour moi ce n’est pas crédible. Elle a pu avoir des enfants avant et après. D’un même père Jean-Louis Darsoulant ou de plusieurs. Ce n’est pas parce que Jean-Louis reconnaît ses enfants et les légitiment lors de son mariage ultérieur en 1851 que ces enfants sont forcément les siens. et ce n’est pas non plus parce qu’il ne reconnaît pas son fils Joseph Thuriaf en 1851 qu’il n’en est pas le père.

Je dirais même plus. Ce n’est pas parce que quelqu’un en 1848 lors de l’abolition reconnait un enfant comme le sien que c’est obligatoirement son enfant. C’est peut être celui de son frère ou de sa soeur décédée, C’est peut-être tout simplement une adoption. tout cela n’est que du bon sens sur lequel l’analyse des pratiques d’aujourd’hui en matière de naissances, reconnaissances et adoptions devrait nous inciter à réfléchir.

Ne soyons pas manichéens. Les structures de la parenté sont complexes (Mauss et Levi-strausss l’ont démontré), partout à travers le monde et l’esclavage a certes considérablement effacé les réseaux entre l’Afrique et le Nouveau Monde mais n’a pas réussi à gommer les liens qui unissaient dans ce nouveau Mone les descendants de ces exilés malgré eux qui ont réussi malgré tout à maintenir un système parental qui se perpétue jusqu’à aujourd’hui dans nos sociétés caribéennes post-esclavagistes

Les ordonnances royales ne sont pas toutes médicales à Marie-Galante

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J’ai parmi mes ancêtres des affranchis. Savoir qu’un de ces ancêtres a été affranchi est source d’étrange fierté pour de nombreux descendants d’esclaves. Certes ils étaient esclaves mais ils ont été affranchis, non. Vive Louis-Philippe, roi des Français ! Moi je suis un peu circonspect pour être honnête. C’est vrai, je suis heureux pour eux, pour leur famille, à l’époque cela fut sans doute considéré par les membres du clan comme une victoire sur l’adversité, le début d’une vie prometteuse, jalonnée de succès. Pouvoir se dire libre, être citoyen, marcher libre au vent ce n’est pas quelque chose qu’on peut négliger comme cela d’un revers de main. Donc je ne jette la pierre sur personne.

J’ai tout de même tendance à croire que ces libertés accordées chichement le furent surtout au prix , selon moi, de nombreuses compromissions. Que de hontes ont  été bues, que de souffrances ravalées pour arriver à cette concession d’affranchissement (j’aime le mot anglais manumission, le mot portugais alforria). Il y aurait donc eu les bons esclaves dociles et méritants dont le prototype serait Uncle Tom et les autres récalcitrants et mauvais sujets. Je ne pense pas que les récalcitrants et mauvais sujets, les mauvais larrons, dont le prototype serait le nèg mawon ou le fenyan, avaient droit à la mansuétude du colon. Je ne crois pas à la charité chrétienne. Je ne crois en la matière qu’aux intérêts bien sentis de chacun. Et dans chacun je mets l’esclave et le colon. Je crois aussi aux liens du sang qui ont permis à de nombreux mulâtres de s’émanciper. Quand ce ne sont pas les liens du sang il y a les liens de la chair qui ont permis à de nombreuses négresses de s’émanciper, elles-même. Le talent, ne parle-t-on pas de nègres à talent (les musiciens, les charpentiers, les marins peut être, les cochers) était aussi une porte de sortie, tout comme l’était la guerre ( huit ans de combat acharné à défendre les intérêts de la classe dominante et hop on vous donne en guise de médaille d’ancien combattant et victime de guerre, un sauf-conduit de toute beauté, si entre temps vous n’avez perdu ni jambe ni tête ni tué la moitié de vos compatriotes).

Les actes d’affranchissement qui sont enregistrés dans les registres d’état civil des communes concernées font suite à des arrêtés des gouverneurs pris en conseil privé à Fort Royal pour la Martinique, à Basse-Terre pour la Guadeloupe et dépendances, à Cayenne pour la Guyane Française et à Saint-Denis sur l’ile Bourbon.

Exemple parmi tant d’autres d’un tel arrêté portant déclaration de liberté, celui dont a pu bénéficier mon Sosa 37, Eliza, couturière, née en 1800 à Marie-Galante et qui lors de la séance du conseil privé de la Guadeloupe du  6 août 1834      (acte 7, vue 297) est affranchie avec  ses 5 enfants (Saint-Père 15 ans et 9 mois, ouvrier charpentier, Champ-Fleury 12 ans et 9 mois, ouvrier charpentier, Firmin 8 ans et 9 mois, Irma 4 ans et 9 mois, Ernest 1 an et 8 mois) sur la demande de Joseph Leduc

Nous Gouverneur de la Guadeloupe et dépendances
Vu l’article 30 alinéa 2 de l’ordonnance royale du 9 février 1827 et celles du 31 août 1830 et 22 août 1833;
Vu l’ordonnance royale du 12 juillet 1832 et la dépêche ministérielle du 24 du même mois;

Vu notre arrêté du 11 octobre 1832;
Vu les déclarations faites en vertu de cette ordonnance et les pièces à l’appui de ces déclarations;
Considérant que les individus ci-après  nommés ont satisfait aux prescriptions de l’ordonnances et de l’arrêté précités;
Sur le rapport du Procureur Général
De l’avis du Conseil Privé
Avons arrêté et arrêtons ce qui suit:

Art 1er sont déclarés libres et seront inscrits en cette qualité sur les registres de l’Officier de l’état civil de leur quartier respectif, les nommés :

A la Basse-Terre et banlieue (14), quartier des Habitants (5) quartier de Bouillante (6), quartier de la Pointe-Noire (11), quartier de Deshaies (6), quartier de Vieux-Fort (2), quartier des Trois-Rivières (7), quartier de la Capesterre (10), île Saint-Martin (7), île Marie-Galante (27 parmi lesquels : Eliza et ses enfants: St Père, Champ-Fleury, Firmin, Irma et Ernest – Le sieur Joseph Leduc,  la Pointe à Pitre (9), quartier des Abymes (2), quartier de Morne-à-l’Eau (22),quartier du Moule (7), quartier du Petit Canal (2), quartier de Sainte-Rose (1), quartier du Petit-bourg (1), quartier de Sainte-Anne (2)

Article 2. Le Procureur général est chargé de l’exécution du présent arrêté , qui sera enregistré

Cet arrêté du 6 août 1834 est transcrit sur le registre d’état civil de  Grand-Bourg, Marie Galante (autrefois appelé Joinville) par acte 148 du 27 août 1834 (vues Anom 52 et 53).

L’an mil huit cent trente quatre le vingt-septième jour du mois d’août pardevant nous Marie-Joseph Ventre, officier de l’Etat civil de l’île Marie Galante résidant au Grand- Bourg  est comparue la nommée Elisa, âgée de trente quatre ans et neuf mois,, couturière domiciliée au Grand-Bourg laquelle nous a présenté un arrêté de Monsieur le gouverneur de la Guadeloupe en date du  six de ce mois qui déclare la dite comparante et ses enfans Saint-Père,  de quinze ans et neuf mois,  Champfleury de douze ans et neuf mois,  ouvriers charpentier, Firmin de huit ans et neuf mois, Irma de quatre ans et neuf mois,  et Ernest d’un an et neuf mois, libres et elle nous a requis ed faire sur nos registres l’inscription  prescrite par l’article cinq de l’ordonnance du roi du douze juillet mil huit cent trente-deux, à cet effet nous avons dressé le présent acte. En avons fait mention au bas du dit arrêté et avons signé après lecture de cet acte pour la requérante qui interpellée de signer  a déclaré ne le savoir.

Mais qu’étaient donc ces ordonnances pas médicales pour un sou et qui pourtant furent la base juridique pour entamer la procédure tendant à soulager le corps et l’âme de bon nombre d’esclaves au cours des 18ème et 19ème siècles ? Le médicament nommé « liberté » était si radical que sur la période 1832 – 1848 (date de l’abolition définitive) le taux d’affranchissement a été doublé. J’imagine (car il est difficile de se mettre à la place d’un affranchi, que ce fut comme passer son bac et recevoir les résultats, ou comme avoir son permis de conduire) ! J’imagine que ce fut comme une seconde naissance et que la mère pleura de joie et bénit le Seigneur ou les dieux ou esprits  en qui elle croyait. j’imagine que tout cela fut sabré dignement avec force guildive de Marie-Galante. et qu’on convia toute la parentèle à cet événement extraordinaire. certains crièrent bien avant Martin Luther King.

free at last, free at last, Lord Almighty, we are free at last.

On se para de bijoux et e beaux atours, yépa, on dansa, on sauta-mata, on chanta la vie est belle ! La Guadeloupe c’est le Paradis ! Grand-Bourg Campagne c’est  l’enfer transformé en Eden. On fit du bon boudin, on rôtit du bon cabri et cochon, force malanga et fruit à pain, on fit agapes sur agapes . J’imagine que le père de ces enfants là se joignit à tout ce beau monde. J’imagine que ce fut Joseph Leduc propriétaire âgé de 53 ans en 1834, qui pourtant jamais ne reconnut ces enfants là. La vie continua son petit train train colonial. Eliza eut encore deux enfants, deux jumelles,  en 1839, un quatorze janvier, Joséphine Cécilia et Virginie Cécile. Acte 2 du 21 janvier 1839. C’est Joseph Leduc qui fait la déclaration de naissance, il est dit que Eliza a accouché chez lui. Il est clair que tout ce beau monde a quelques accointances charnelles. Mais je suis sans doute mauvaise langue.

Mais l’enfer a les bras longs et en cette même année  1839 pourtant si bien commencée avec la naissance de ses jumelles Eliza l’affranchie va perdre en quelques mois trois enfants: Irma, le 18 septembre 1839, Ernest, le 27 septembre 1839 et finalement l’une des deux jumelles, née libre pourtant, Joséphine Cécilia, le 14 novembre 1839. Eliza mourra elle même en 1847 , un 27 novembre, 13 ans après son émancipation. entre temps elle aura reconnu en 1844  (acte 13, 7 août 1844) ses quatre enfants survivants : Saint Père, Champfleury, Firmin, Virginie Cécile puisqu’apparemment leur père fait l’oreille sourde.

Eliza mourra finalement le 27 novembre 1847 à Grand-Bourg Campagne (acte de décès 16).

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J’ai l’esprit au ras des pâquerettes et en l’occurrence au ras du semen-contra. Cela m’a  conduit à fouiller dans la vie de ce bon monsieur Leduc, Joseph de son prénom. Monsieur est veuf depuis 1815 quand son épouse bien aimée Louise Marguerite Lacavé Déruisseau, à qui il a juré fidélité exclusive devant Dieu et devant les hommes, meurt en 1815 dans la fleur de l’âge. Devenu veuf le pauvre homme se lamente . Il est encore gaillard ! 34 ans pardi c’est la toute jeunesse ! il a deux filles à éduquer: Irmène née en 1808 et donc âgée de 7 ans à la mort de sa mère et Marie Louise Célina née en 1812 et âgée de 3 ans. Elisa qui est déjà à son service et qui aidait madame son épouse est avenante. il résiste, certes, mais le démon de midi est ce qu’il est et madame s’occupe de monsieur corps et biens. La journée ce sont les filles, . Monsieur maintient les apparences parce que sa fille aînée veille. Elle veille tant qu’elle  se mariera huit mois après la mort de son père en novembre 1841. Monsieur rêve d’avoir des garçons ! qu’à cela ne tienne !   Dès 1818  Saint-Père apparaît, beau comme un pape ! Mais l’homme est gourmand, il en réclame un second, il a deux filles, normal, d’avoir aussi deux garçons pour l’épauler dans ses vieux jours. Eliza qui a appris la couture lui tricote de telles caresses que suivent Champfleury et Firmin. Irma et Ernest viendront compléter cette belle famille antillaise anbaféy ! Ce que voudrait Eliza c’est que Joseph reconnaisse ses enfants, même naturels. Mais ce dernier ne le peut à cause de ses filles qui font le blocage. Mais il l’aie à sa façon : ses « fils » apprennent la charpenterie. il faut leur donner un métier. Peut-être même ne le veut-il pas ! peut-être que la petite société de Grand-bourg ne lui pardonnerait pas ! En 1833 profitant de l’aubaine il consent à l’affranchissement de sa bonne pour enfants pour bons et loyaux services rendus dans l’éducation de ses filles et dans le maintien de son habitation car la toute dernière,, Marie-Louise Célina Leduc a maintenant 21 ans. Deux ans avant de mourir leur père baptise deux de ses enfants jumelles. Le coup de grâce pour Marie Louise Célina  qui ne le pardonnera jamais à son père et à fortiori à sa belle-mère. C’est le poison qui aura raison de la vie de trois des enfants illégitimes. La chair de sa chair a tué la chair de sa chair ! Le père Joseph entre dans une profonde dépression. Il meurt. Et là c’est la débandade. Eliza et tous ses enfants d’ Eliza doivent débarrasser le plancher illico. Ils ne sont plus les bienvenus. Maintenant on se déchire pour l’héritage. Heureusement le sieur Joseph avait prévu l’avenir de ses enfants et laissé ses dernières volontés chez son notaire. C’est le coeur triste qu’en 1844 Eliza reconnait ses enfants. Elle aurait pu le faire bien avant mais elle attendait, fleur bleue, que son homme le fasse. Maintenant qu’il est mort, adieu robe blanche, diadème vache, cochon, duc,  mariage ! On ne peut plus tergiverser d’autant plus que sa santé s’est délabrée. C’est que ce monsieur là aimait la bagatelle plus que tout et ne rechignait pas à la tâche quand il s’agissait de donner ses coups de boutoir. Eliza n’a plus ses 20 ans. Le 12 novembre 1845 sa rivale oedipienne meurt à l’âge de 33 ans. Célibataire à l’âge du Christ. Eliza a elle 45 ans. Il ne lui reste guère que deux ans à vivre !

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Vous avez aimé la telenovela ! Oui nos familles peuvent servir de cadre à de merveilleuses histoires pleines de rebondissements mais la vie dépasse bien souvent la fiction. Mais revenons à nos moutons après cette intermède que vous me pardonnerez, je l’espère. Que mon sosa 37 me pardonne si je l’ai choqué ou si ma vérité n’est pas conforme à la réalité. ce n’est qu’un histoire parmi tant d’autres dont j’essaie de dégager une trame. Il fallait es bons, il fallait des méchants. J’ai choisi mon bord, celui de mon sosa 37, bien évidemment. Mais rien ne prouve que selon mon scénario, tiré peut-être par les cheveux, mais tout à fait vraisemblable, que ce monsieur Joseph Leduc, dit aussi Duc n’est pas lui aussi mon sosa 36. On le saura bien un jour avec la généalogie génétique.

Mais passons aux choses sérieuses, voulez-vous bien ? Examinons l’ordonnance royale de Louis-Philippe du douze juillet 1832  qui est promulguée localement en Martinique le 1″ septembre 1832, en Guadeloupe  le 11 octobre 1832 et à l’Ile Bourbon  le 18 janvier 1833:

Ordonnance du roi sur les formalités à suivre pour les concessions d’affranchissement dans les colonies

  • Attendu que le projet de loi sur le régime législatif des colonies n’ayant pas été discuté dans la dernière session des chambres, l’adoption d’une loi sur cette matière peut entraîner de longs délais;
  • Considérant que ce qui concerne les affranchissements dans les colonies ne pourra être définitivement réglé que selon les formes qui auront été déterminées  par la loi à intervenir;
  • Voulant cependant donner, en ce qui est du ressort de l’administration publique, de nouvelles facilités  aux concessions d’affranchissements;
  • Désirant notamment appeler au plus tôt à la liberté légale les individus, qui dans quelques colonies, jouissent à divers titres de la liberté de fait ;
  • Sur le rapport de notre ministre de la marine et des colonies, etc
  • ARTICLE 1er
  • Toute personne qui voudra affranchir son esclave en fera la déclaration au fonctionnaire chargé de l’état civil dans le lieu de sa résidence.
  • Cette déclaration sera inscrite sur un registre spécial, et transmise, dans les huit jours de sa date, au procureur du roi près le tribunal de première instance, pour être affichée par ses soins, dans semblable délai, à la porte de la mairie de la commune où le déclarant  fait sa demeure habituelle, ainsi qu’à celle de l’auditoire du tribunal; ladite déclaration  devra en outre être insérée  trois fois consécutivement  dans un des journaux de la colonie.
  • 2. Les oppositions auxquelles il  pourrait y avoir lieu seront formées  dans les six mois qui suivront  l’accomplissement e ces formalités. Les oppositions devront être motivées, et contenir assignation en validité devant le tribunal de première instance ; elles seront notifiées au procureur du roi et au déclarant
  • 3. Le ministère public pourra lui-m^me former opposition à l’affranchissement dans le cas  où l’affranchi serait reconnu hors d’état de pourvoir à sa subsistance en raison  de son âge ou de ses infirmités. Cette opposition motivée, et contenant également assignation en validité, sera notifiée au déclarant avant l’expiration du délai fixé par l’article précédent.
  • 4. Le tribunal de première instance prononcera sommairement. S’il y a appel , il sera interjeté dans la quinzaine de la signification du jugement et jugé comme affaire urgente.
  • 5. S’il n’y a pas de réclamation, ou si les réclamations sont reconnues non fondées, le procureur général proposera au gouverneur un arrêté pour faire inscrire  définitivement comme libre, sur les registres de l’état-civil, l’esclave qui a été l’objet de la déclaration d’affranchissement
  • Le gouverneur statuera immédiatement.
  • 6. Les dits actes relatifs à l’affranchissement ne seront soumis qu’au droit fixe d’un franc.
  • DISPOSITION TRANSITOIRE
  • 7. Tout individu qui jouit actuellement de la liberté de fait, le cas de marronnage excepté, sera admis à former, par l’intermédiaire, soit de son patron, soit du procureur du Roi, une demande pour être définitivement reconnu libre.
  • Pareille demande pourra être formée par l’intermédiaire du procureur du Roi, par toute personne non encore légalement affranchie qui, à l’époque de la promulgation de la présente ordonnance, aura accompli huit années de service dans la milice.
  • Il sera procédé, à l’égard des demandes comprises dans les deux paragraphes  ci-dessus, conformément aux dispositions des articles  précédents
  • Le recours en cassation sera ouvert aux libres de fait contre les arrêts ‘appel mentionnés à l’article 4
  • 8. Toutes les dispositions  contraires à celles de la présente ordonnance sont et demeurent abrogées.
  • 9. Notre ministre de la Marine et des colonies, (comte de Rigny) est chargé, etc.

Ensuite les actes d’affranchissement font référence à l’ordonnance royale du 9 février 1827 modifiée  par celle du 22 août 1833, et plus particulièrement à son article 30 et son alinéa 2. Que stipulent ces dernières ? Je vous en parlerai une autre fois en prenant comme base d’appui un autre de mes sosa, martiniquais celui-là, de la belle ville de Case-Pilote, dans les hauteurs de Case-Navire, un homme cette fois-ci pour m’éviter d’être traité de phallocrate libidineux.

Retraite Ayurvéda en Inde du Sud vs Zimbali Culinary Retreat en Jamaïque

Voici un argumentaire pour une retraite Ayurvéda (3 semaines en Inde du Sud à Kundapura, Udupi, Karnakata, en face de la plage de Kodi) comprenant huit jours de panchakarma supervisé par un médecin ayurvédique, la diète Ayurvédique, la pratique du yoga sivananda (hatha yoga), la méditation (dhyana), la respiration (pranayama), la relaxation (nidra yoga), les chants dévotionnels (bhakti yoga),les enseignements (jnana yoga) les excursions :

aux temples Shree Mookambika (temple hindou dédié à Lakshmi à Kollur, district de Udupi, situé à 38 km) et Shree Sharadamba localisé à Shringeri, à un peu moins e 80 km

aux huit temples de Udupi, (berceau du dieu singe Hanuman),

à Gokarna (district de Uttara Kannada) et Om Beach ainsi qu’au temple Mahaba Lehwar dédié à Shiva.

 

J’ai relevé aujourd’hui toutes ces infos sur le site Dhyana Ananda:

« Yatra est un mot sanscrit pour décrire un pélerinage vers un lieu sacré. Les hindous croient qu’entreprendre un yatra nous aide à nous purifier sur la voie de la libération. C’est dans cet esprit que se déroulera la retraite. La première partie du séjour est consacrée à la purification du corps et de l’esprit et au retour sur soi. Vous commencerez par un panchakarma supervisé par un médecin ayurvédique. Parallèlement vous pratiquerez chaque jour le yoga, la méditation, la relaxation, les bhajans. Vous recevrez également des enseignements pour favoriser votre bien-être et votre croissance spirituelle. Dans la deuxième partie nous vous proposons des excursions vers des sites sacrés tout en continuant votre pratique. »

 

Euh oui d’accord mais que peut bien être ce panchakarma qui va durer 8 jours selon le site. C’est une cure Ayurvédique. C’est un nettoyage. Un détox à la mode ayurvédique. La médecine ayurvédique considère que toute maladie découle d’un déséquilibre entre les forces fondamentales, les doshas (vata, l’air; pitta, le feu; kappa, la terre). Chaque individu a l’une de ces forces qui lui est primordiale, un peu comme dans le candomblé avec les orixas de tête. Mais au fait quel est mon dosha principal ? Il y a des tests heureusement. Voyons voir. Moi à priori comme ça, je dirais que je suis Feu. C’est ça mon dosha dominant. On m’a souvent dit au Brésil : você é fogo ! Baixe esse fogo, me dit-on souvent. Faites votre test ! Tableau-constitutions-Salil !     je le savais je suis Pitta ! Il va falloir baisser le feu donc. Il me ronge à tout petit feu. Pitta-Vata pour être précis. Voilà mon profil ayurvédique

Quand il y a accumulation de toxines on parle de ama. On se débarrasse des toxines de 5 FACONS

-soit par vomissement causé par un purgatif oral (mandanaphala (randia spinosa) . on parle alors de  vamana qui a pour objectif d’éliminer chez l’individu ses excès de Terre (kappa)

-par purge intestinale . On parle de virechana dont l’objectif est d’éliminer les excès de Feu (pitta)

-par lavement anal (avec huiles) (anuvasana basti)

-par lavement anal (avec herbes) (niruha basti)

-par lavement nasal (nazya).

Bref ça me rappelle les lavements que je subissais étant enfant à chaque rentrée scolaire. Les dites toxines c’étaient des vers. De sacrés lombrics INTESTINAUX qui vous bondissaient sans cri primal de la raie des fesses et que vous regardiez béats de stupeur gigoter au fond de votre pot comme des spaghettis animés . Nous n’avions pas alors la télé à cette époque là. Nous nous faisions nos Walt Disney, nos Tom and Jerry, nos Coyote, nos ROADRUNNERS , nos Popeyes. tout cela sans Nidra yoga, sans hypnose

Il sera autorisé de se baigner, de se promener. C’était la purge semestrielle à l’huile de ricin dont j’ai déjà évoqué le déroulement ici. Cette retraite me propose donc une purge de 8 jours. Huit jours de panchakarma. Mais je lis par ailleurs sur un autre site qu’une purge sérieuse, une ayurvédique vraie de vraie, doit au moins durer trois semaines et doit être suivie d’un régime ayurvédique radical, végétarien pur, pas du tout ovo-lacto, avec ingestion massive de beurre clarifié pour faire partir les toxines. Saison après saison. Sudation post estivale, post automnale, post hivernale et post printanière. Cure est le maître mot. Vous avez curage pour moi ?!

Je lis aussi en toutes lettres médicaments ayurvédiques à prendre le soir et le matin. Je me vois difficilement chanter le regard tourné vers l’Est cet hymne au médicament :

Que Brahma, Daksa, Ashvinis, Rudra, Indra, la terre, la lune, le soleil, l’air, le feu, les Sages, le comité des Herbes, et les êtres vivants te protègent ! Que ce médicament soit pour toi comm le Rasayana pour les Sages, le Nectar pour les Dieux, et Sudha pour les Bons Serpents. Om ! Salutations au médicament !

Et puis il y a encore le yoga Sivananda et ses douze postures de base (asanas). Oh mais il faut aussi chanter et prier (et ne pas sortir de sa retraite le temps qu’elle dure. C’est le fameux Bhakti yoga (initiation au yoga du son, chant et mantras). Je suppose que ces prières et chants sont des mantras purificateurs.

Cette retraite se veut ressourcement, remise en forme et quête de soi. Pourquoi pas !

Quant au programme des excursions, je vois un jour 8 temples au programme.

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Bien je crois voir dans ce programme apparemment alléchant une sorte d’embrigadement. Mais je suis rempli de toxines. Quand je serai désintoxiqué peut être pourrais-je entendre les tenants et les aboutissants de la chose. Peut-être.

Chaque jour votre corps est massé par quatre personnes qui vous répandent deux litres d’huiles essentielles sur le corps. Certains se spécialisent sur le corps d’autres sur la tête. Question: de quelle huile serai-je ainsi badigeonné par les mains expertes. Euh moi monsieur le tradipraticien, pour moi ce sera de l’huile carapate. Mon père m’en a toujours dit du bien. Et vous utilisez le bayrum, docteur ? Le semen contra ?

À l’arrivée après un voyage de deux jours qui même de Mangalore (capitale du district Dashina Kannada) on est mis au repos pendant deux jours. Puis a lieu un puja, une cérémonie d’accueil. En fin de parcours un autre puja, d’ adieu celui-ci, clôturera la retraite. En attendant la saison suivante.

Et les prix sont-ils doux, les prix, sont-ils ayurvédiques ?

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Le vol international n’est bien évidemment pas compris, tout comme ne l’est pas le visa pour l’Inde. Tout comme les assurances voyage-rapatriement. Le visa coûterait dans les 60 € et le voyage international de l’ordre  de 1300 dollars à partir du Canada et d’environ 700€ maximum selon la saison à partir de Paris.

Sont compris l’hébergement en chambre double ou en dortoir de huit maximum, les repas végétariens, la cure, les déplacements en excursions, les visites quotidiennes pendant la cure, en rickchaw pour consulter le docteur Satappa, les cours de cuisine végétarienne, les déplacements entre Mangalore et Kundapura (aller-retour).

Cela vous reviendra entre 1555 USD et 4455 USD (à noter que pour les chambres et chalets la deuxième personne paie 50% de la valeur de la chambre)

Il y a six types d’hébergement donc 6 types de prix (voir tarifs ci-dessus) mais on n’est jamais plus loin qu’à 3 minutes de la plage de Kodi.

Bien plus intéressants pour moi les cours de cuisine végétarienne et ayurvédique . Mais de là à payer les yeux de la tête pour quelques maigres leçons que je pourrais retrouver aisément sur Google en mettant recettes gastronomiques ayurvédiques ou ayurvedic recipes, je me tâte . Ne serait-ce pas plus intéressant pour moi de m’inscrire directement alors à un cours de cuisine végétarienne de 3 semaines, ou à une retraite ital, ou simplement une retraite dans les montagnes non loin de la mer, quelque part somewhere ?

Par contre un cours de ital cooking me paraît beaucoup plus correspondre à mon dosha. Il pourrait avoir lieu en Guadeloupe, en Dominique, en Jamaïque, ce ne sont pas les rasta chefs qui manquent et je ne serais pas étonné que l’on propose à Trinidad même des cours de cuisine ayurvédique. Eh oui faut penser à son empreinte carbone, quand même ! Chef ital are you ready for a new student ? How about a 3-week session ?

1. Jamaïque : Zimbali’s Retreats : Mark and Alicia vous reçoivent dans le cadre majestueux de la Canaan mountain, Westmoreland, Little London, negril, Jamaica. 6 cottages. Il y a là aussi un restaurant nommé Zimbali’s mountain Cooking studio. Moi je souhaiterais me reposer, experimenter the real livity of the rastafarian culture avec rasta Fiayah. All inclusive

2 Jamaïque : Camp Cabarita Eco Lodge : Arrivée à Montego bay. Transfer jusqu’à Westmoreland

Camp Cabarita, séjour de 7 à 14 jours dans les montagnes Dolphin Head à Westmoreland, Jamaïque

Course hands- on avec le chef Freda et le chef local

Le logement peut être un hamac, un bird’s nest (nid d’oiseau),un jungalo (bungalow perché dans les arbres ou dans la forêt), irie cottage loft, Irie cottage flat,

3. Sainte-Lucie : Balenbouche : Yoga retreats caribbean style

4.Dominique : Jungle Bay: yoga retreats, holistic retreats, wellness retreats

5. Jamaïque : Ras Mokko (Ras Soloman Jackson) à Sunny Hill, Jamaïque (Riverside cool cottages) mokko@worldstogethertravel.com

 

 

 

Les Pitons de Llewellyn Xavier

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The Pitons est une aquarelle sur papier Arches (je suppose car la plupart de ses aquarelles portent la mention « watercolor on Arches paper ») du peintre, sculpteur, lythographe originaire de Sainte-Lucie Llewellyn Xavier, alias de Llewellyn Charles Xavier, né en 1945. Ces deux pics jumeaux – le Gros Piton qui culmine à 786 mètres et le Petit Piton qui plafonne quant à lui à 743 mètres – ont été distingués en 2004  avec le classement World Heritage (patrimoine mondial de l’humanité) par l’Unesco. Les jumeaux ou jumelles – car nul ne sait trop le sexe et le genre de ces west-indian twin peaks – se dressent près des bourgades de Soufrière et Choiseul sur le littoral sud-est de Sainte-Lucie.

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Llewellyn Xavier n’est pas n’importe qui ! OBE (Officier dans l’Ordre de l’Empire Britannique) depuis 2004 s’il vous plait! Ca vous classe tout de suite le bonhomme ! Il a étudié outre à Sainte-Lucie à la School of the Museum of Fine Arts de Boston et au Nova  Scotia College of Art and Design d’Halifax, Canada.  Il est connu pour sa technique bien personnelle de mise en valeur de la couleur, de lumière, la texture et la beauté des Caraïbes. Même s’il a produit des oeuvres sur tous types de support dès les années 60 il est connu pour son activisme artistique politique et écologique à travers la Caraïbe.

Son oeuvre maîtresse est de 1993, année où il a produit une série intitulée Global Council for Restoration of the Earth’s environment, une oeuvre qui fait intervenir outre sa peinture, du matériel recyclé, des reproductions de dessins du 18ème et 19ème siècle reproduisant des oiseaux, poissons et autres animaux, des plantes pour la plupart disparues ou en voie d’extinction.

Il a aussi produit une autre série Environment fragile où il introduit dans sa peinture des éléments comme des timbres, des pots de peinture presque vides, du carton recyclé et des éclats d’or de 24 carats. Cette série met l’accent sur la dévastation subie par l’environnement et le coût élevé que représente cette destruction pour le genre humain

Il fait partie des collections permanentes de musées et galeries aussi prestigieuses que

The Smithsonian Institution, Washington, D.C.
The Metropolitan Museum of Art, New York
The Museum of Modern Art, New York
The Studio Museum, New York
The American Museum of Natural History, New York
Art Gallery of Ontario, Toronto, Canada
Howard University, Washington, D.C.
The Fitzwilliam Museum, Cambridge, England
The Victoria and Albert Museum, London
The Ulster Museum, Northern Ireland
The Walker Art Gallery, Liverpool, England
The Wolverhampton Art Gallery, England
Sussex University, Sussex, England
Oxford University, Oxford, England
The National Gallery, Jamaica
The Barbados Museum, Barbados
The State Department, USA
UNESCO
Fondation Clément, Martinique, France

L’homme, l’artiste majuscule aux 4 l, qui habite Silver Point, Mount du Cap, Cap Estate, Sainte-Lucie a exposé un peu partout :
2017 *Unix Gallery, New York, USA
*Fondation Clement, Martinique, France
*University of Texas at Austin
2016 Unix Gallery, Art Miami, Miami
Unix Gallery, New York (Future Anesthetics)
*Phillips, New York (Blue Ocean Sanctuary)
2009 *Caribbean Art Gallery, Saint Lucia, West Indies
2007 *Albemarle Gallery, London, England, (the launching of Llewellyn Xavier: His Life and Work)
2005 Whitechapel Gallery, London, England
1996 Harmony Hall, Jamaica, West Indies
1994 *Mutual Life Art Gallery, Jamaica, West Indies
The Contemporary Print Show, London, England
1993 *Barbados Museum, Barbados, West indies
*Patrick Cramer Gallery, Geneva, Switzerland
*New York Design Center, New York, USA
1982 Nova Scotia College of Art and Design, Halifax, Canada
1979 *Camera on Mass. Ave., Boston, USA, Conceptual, photographing Military Parade on
Massachusetts Ave.
*Piedmont College, North Carolina, USA, parallel to a lecture by Alex Haley, (author of Roots)
1977 *Afro/American Historical Museum, Philadelphia, USA
*Anamon Art Gallery, Toronto, Canada
*Howard University, Washington D.C., USA
1976 *Mazelow Gallery, Toronto, Canada
*The National Archives, Ottawa, Canada
*Afro/American Historical Museum, Detroit, USA
*Howard University, Washington D.C., USA
1975 Art Gallery of Ontario, Toronto, Canada
1974* Mazelow Gallery, Toronto, Canada
1973 The Oxford Gallery, Oxford, England, Curator: Edward Lucie-Smith, Art Critic, Art Historian, Author
I.P.G. United Nations, New York, USA
*Gallery III, Montreal, Canada
Saratoga Gallery, New York, USA
1972 The Museum of Modern Art, New York, USA
The Studio Museum, New York, USA
*The Whitechapel Art Gallery, London, England
Third British International Print Bienniale, Bradford, England
1971 The Commonwealth Institute, London, England
*D.M. Gallery, London, England, Curator: Sir Roddy Llewellyn,
organised by Penguin Books and Jonathan Cape
*Oxford University, Oxford, England
*The Round House, London, England
*Sussex University, Sussex, England
*solo exhibition

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Bien sûr d’autres artistes peuvent légitimement arborer  les couleurs de Sainte-Lucie comme le regretté auteur d’Omeros, prix Nobel de littérature der 1992, Derek Walcott que j’ai déjà évoqué ici. Walcott se réfère souvent à Gros Piton dans son oeuvre comme ici dans Omeros LVII:

« In the midst of the sea there is a horned island

With deep green harbours

Where the Greek ships anchor.

It was a place of light with lunminous valleys

Under thunderous clouds. a Genoan wanderer

saying the beads of the Antilles named the place

for a blinded saint. Later others would name her

for a wild wife. Her mountains tinkle with springs

among moss-bearded forests, and the screeching of birds

stitches its tapestry. The white egret makes rings

stalking its pools. African fishermen make boards

from trees as tall as their gods with their echoing

axes, and a volcano , stinking with sulphur,

has made it a healing place.

Mais le plus remarquable c’est le drapeau saint-lucien qui arbore avec fierté les couleurs de ses twin peaks, ses deux Pitons : Petit Piton est couleur or, Gros Piton est couleur noire et blanc. Ces deux triangles dressent leurs cimes vers le ciel cobalt à parir de leur base la mer cobalt. L’auteur de ce drapeau est l’artiste saint-lucien Dunstan Saint-Omer (1927-2015)

Je suis tout d’autant plus naturellement  porté à pénétrer l’univers d’aquarelle de LX à travers la représentation des Pitons que je suis moi même né au pied de la Soufrière qui soit dit en passant culmine elle à 1467 mètres (contre je le rappelle respectivement 743 mètres et 786 mètres pour les Pitons)(quoi qu’en feet leur altitude se porte à 2,438 et 2,619 pieds). La vieille dame, comme on l’appelle n’a rien à envier aux deux pitons jumeaux et pourtant l’icone américaine Ophrah Winfrey a déclaré que les Pitons de Sainte-Lucie était l’une des 5 merveilles au monde à visiter pour ne pas mourir idiot.

Je n’ai pas d’avis sur la question n’ayant jamais visité ces deux pitons jumeaux, ces deux aiguilles géantes qui intègrent la chaîne de Qualibou aka Soufrière. The babies séparées par un autre piton qui leur sert de cordon ombilical le piton Mitan! Et je ne crois pas que le charme et la grandeur dépende de la taille.

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Tout est affaire de silhouette. Et peut-être aussi de bière puisqu’il y a une bière appelée Piton à St Lucia et aucune appelée Soufrière en Guadeloupe. Les pitons sont le symbole de Ste Lucie et figurent sur le drapeau national. Les Pitons n’ont rien à voir avec l’Everest et le Népal, (ils sont 15 fois plus petits que l’Everest, c’est dire), ils sont des pics de verdure, deux cones forestiers qui plongent dans la mer. C’est peut-être cet ancrage dans la mer, qui fait sa classe.  il y a tant d’histoires dans ces flancs, des histoires d’esclaves marrons, des histoires de boucaniers, des histoires d’amérindiens Caraïbes et Arawaks, des histoires de navigateurs qui y ont accroché leurs amarres ! Ce sont comme des aimants pour les montagnards (mountaineers) et autres randonneurs, marcheurs et aventuriers, trekkers  avides d’Himalaya antillais. Je ne suis pas si téméraire, quoi que haut-montagnard, haut-basse-terrien de naissance, iodé et boucané  entre mer , terre et Pindorama antique, je ne me suis guère aventuré plus haut que le premier plateau de la Soufrière. Que Lucie de Syracuse, cette vierge italienne oubliée, me vienne en aide et me donne la force un jour d’escalader les flancs de ces « géants » géologiques. Et si elle ne peut rien pour moi, qu’à cela ne tienne, j’escaladerai de mes lèvres, telle la montagne mystique, les parois abruptes d’une bonne bouteille bien fraîche de Piton lager beer

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Que serait la France sans l’Afrique?

Le site brésilien CONVERSA AFIADA, un blog politique indépendant dirigé par Paulo Henrique Amorim ex journaliste vedette de Rede Globo et désormais de la Rede Record où il a un programme dominical appelé Domingo Especial, a publié un article début juillet intitulé O que seria da França sem a África ?

Avec comme sous-titre: Dà nisso permitir a entrada de imigrantes. (Voilà à quoi ça mène de permettre l’entrée d’immigrants).

Je traduis:

le Camerounais Samuel Umtiti fait une passe à l’Angolais Blaise Matuidi, de l’Angolais le ballon va au Togolais Corentin Tolisso, le Togolais fait une passe aérienne au Malien N’golo Kante, le Malien fait une passe en profondeur au Camerounais M’Bappe, qui prolonge sur Dembélé du Mali, lequel transmet au Guinéen Paul Pogba, qui est bien placé et…. Buuuut.! LA FRANCE marque..!

Dans cet article le journaliste Paulo Henrique Amorim met en avant avec humour la forte présence africaine dans l’équipe de France.

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L’équipe constituée par les 23 est en effet une équipe fortement multiethnique et cette diversité n’échappe à personne. Sur les 23 joueurs sélectionnés en Équipe de France 21 sont nés sur le territoire français dont 20 dans l’hexagone. Les deux seuls nés en dehors de France sont Samuel Umtiti né le 14 novembre 1993 à Yaoundé au Cameroun et Steve Mandanda né le 28 mars 1985 à Kinshasa en République Démocratique du Congo. Le seul né en dehors de l’hexagone est Thomas Lemar né à Baie-Mahault, Guadeloupe le 12 novembre 1995. Pour le reste les 20 autres protagonistes sont tous nés en France métropolitaine :

A Bastia Adil Rami

A Beaumont-sur-Oise Presnel Kimpembe

A Chambéry Olivier Giroud

A Colombes Steven Nzonzi

A Lagny-sur-Marne Paul Pogba

A Lille Raphaël Varane

A Longjumeau Benjamin Mendy

A Lyon Nabil Fekir

A Mâcon Antoine Griezmann

A Marseille Lucas Hernandez

A Maubeuge Benjamin Pavard

A Nice Hugo Lloris

A Orléans Florian Thauvin

A Paris N’Golo Kante

A Paris Kylian M’Bappe

A Paris Alphonse Aerola

A Tarare Corentin Tolisso

A Toulouse Blaise Matuidi

A Troyes Djibril Sidibé

A Vernon Ousmane Dembélé

Ce sur quoi s’attarde avec humour grinçant mais humour quand même c’est l’origine ethnique des participants. Et surtout sur leur appartenance au continent africain. Car dans  les faits sur les sept  qu’il cite seul un est né en Afrique. Il n’en reste pas moins que certains ont  la double nationalité. Ce sont les fameux binationaux. Mais ils ont choisi à un certain moment de leur vie pour des raisons qui leur sont propres de défendre le drapeau tricolore. D’autres ne sont pas africains mais n’en sont pas moins descendants de migrants. On oublie les migrations intra-européennes bien souvent. Sans aller plus loin voici ce que révèle une recherche rapide sur l’origine des 23 sélectionnés :

Algérie (Mbappé , Fekir)

Angola (Matuidi)

Cameroun (Umtiti, Mbappé)

Congo (Mandanda , Kimpembé , Nzonzi)

Espagne (Lloris)

Guinée Conakry (Pogba)

Haïti (Kimpembé )

Mali (Dembélé, Kante, Sidibé)

Maroc (Rami)

Martinique (Varane)

Philippines (Areola)

Portugal (Griezmann)

Mauritanie (Dembélé)

Sénégal (Dembélé, Mendy)

Togo (Tolisso)

Ces dites origines franco-francaises dans le cas de Giroud si on étudie généalogiquement à partir des grands-parents font ressortir aussi des branches italiennes. Voire allemande pour Antoine Griezmann si l’on remonte au 19ème siècle. Seul Benjamin Pavard pouvant évoquer des origines 100 pour 100 françaises sur plus de générations.

Certains de ces joueurs n’ont jamais mis leurs pieds dans leur pays d’origine. Je le rappelle 21 sont nés en France. Certains par leurs parents ont deux origines, d’autres 3. Certains ont vécu dans d’autres pays que celui de leur naissance avant de venir en France. C’est un phénomène normal. Deux de mes 5 enfants n’ont jamais mis les pieds en Guadeloupe où je suis né. L’une n’a jamais mis les pieds ni en Indonésie, pays de naissance de sa mère, ni en Guadeloupe, pays de naissance de son père, ni au Surinam pays de naissance de son grand-père. Elle a la double nationalité française et néerlandaise.

Ce que je veux souligner c’est que le regard que porte Amorim sur les Bleus n’est pas exempt de cynisme malgré l’exactitude du propos. Il aurait dû inclure dans son propos l’Afrique du Nord (Algérie, Maroc) , les Antilles (Guadeloupe, Martinique, Haiti), inclure les Philippines et les migrations intra européennes.

Mais le but avoué en filigrane d’Amorim c’est peut être de montrer une certaine ambivalence française du monde du football. Tous Français en cas de victoire, tous migrants en cas de défaite. Black blanc beur = bleu mais seulement quand le coq gaulois chante cocorico.

On pourrait alors dire que les huit équipes qualifiées pour les quarts de finale de cette coupe du monde de la Fifa 2018 en Russie voient l’affrontement de deux mondes surprenants. France (18), Angleterre (11), Belgique (11), Suède (3) : le bloc des pays en voie de développement multiethnique contre Russie, Croatie, Uruguay et Brésil, le bloc des pays en voie de recroquevillement ethnique. Entre développement et recroquevillement faites vos jeux.

Je corrige Amorim. En regardant les compositions des équipes de Belgique, Angleterre, je les vois aussi diverses que celle de l’équipe de France. On parle en Angleterre de BME (Black and minority-ethnic).

Même si le football est un microcosme il reflète le mélange de races, le melting pot qui s’opère en profondeur en Europe depuis les années 80. Qu’il soit qualifié de multiethnique et multiculturelle ou de pluriethnique et pluriculturelle c’est une réalité qui reflète de plus en plus le visage pluriel de nombreux pays dans le monde. Voyez la diversité par exemple affichée par l’équipe suisse arrivée en huitièmes de finale

Angleterre : 11 représentants de la diversité portent haut les couleurs des 3 lions dont sept nés en territoire anglais et quatre nés dans des ex colonies britanniques comme la Jamaïque, le Ghana, le Nigéria .

Belgique (11 chez les Diables Rouges) : RD Congo (Lukaku, Kompany, Batshuayi, Tielemans, Boyata ), Maroc (Fellaini, Chadli), Mali (Dembélé), Martinique (Witsel), Kosovo (Januzaj), Espagne, Portugal (Carrasco)

La Suède (3) : Kenya (Olson), Congo (Thelin), Liban, Turquie (Durmaz)

La Croatie (0), la Russie (0) semblent nettement plus identitaires.

Le Brésil et l’Uruguay sont des nations fidèles à leur image sud-américaine de melting pot mais n’intègrent pas des joueurs de culture ou d’origine ethnique différente dans leur équipe nationale. Quelle est la tendance qui dominera la coupe du monde ? Je ne saurais le dire. Je remarque simplement pour mettre de l’eau dans le moulin que bon nombre des joueurs des équipes de Tunisie et de Maroc sont nés en Europe. Chemin inverse donc. et on s’aperçoit par ailleurs que le Brésil qui était un pays où on émigrait volontiers est désormais un pays (a univeau sportif toute fois) où l’on émigre ésormais volonteirs. Preuve en est ces Brésiliens qui ont pris la nationalité espagnole, portugaise, italienne, russe, etc

En Italie Kaka, Eder, Thiago Mota, Bruno Henrique, Gabriel Boschilia, Eduardo Henrique, Eduardo Sasha, Guillerme Lazaroni, Amauri

En Allemagne : Paulo Rink

Au Portugal : Deco, Pepe,

En Croatie Eduardo a Silva

En Espagne Diego Costa , Marcos Senna,

Au Chili Marcos Gonzalez, etc etc etc

Je dirais pour parodier Amorim: qu’adviendrait-il du Brésil  sans l’Afrique ?? Car le Brésil, et l’Uruguay bien évidemment, sans le sang des Africains ne seraient pas les nations de football qu’elles sont (pour combien de temps encore).

Não se fazem mais antigamentes como antes

O tempo passa, o tempo voa e a poupança Bamerindus continua numa boa, é a poupança Bamerindus, dus, dus, dus

Je me souviens encore comme d’hier de ce jingle brésilien vantant la traditionnelle épargne proposée par la feue banque Bamerindus (Banco Mercantil e Industrial do Parana) créée en 1929 et dont le slogan était « gente que faz ». Je n’ai jamais eu de compte à cette banque . J’ai eu des comptes à Banco do Nordeste, Banco Santander, Banco Itau, Banco Real, Banco Franco Brasileiro et je n’ai jamais de ma vie épargné un kopeck. Mais cette chanson m’a marqué par son humour un peu noir rétrospectivement puisque la banque a fait lamentablement faillite.

NÃO SE FAZ MAIS ANTIGAMENTES COMO ANTES est une phrase que je trouve admirable. Littéralement « on ne fait plus d’autrefois comme avant » ou « on ne fait plus de jadis comme autrefois ». Ou « antigamente » et « jadis » qui sont des adverbes deviennent des substantifs et en conséquence prennent le s du pluriel.

En français cela passe un peu inaperçu dans la graphie puisque « jadis » et « autrefois » prennent déjà un s dans leur forme invariable. Par contre on pourrait rendre le même effet avec la phrase « on ne fait plus d’hiers comme avant ». Ou « on ne fait plus d’avants comme au temps jadis ». Sauf qu’ici « avant » a une existence en temps que substantif ce qui dévoierait la phrase et lui ferait dire ce qu’originellement elle ne voulait pas dire.

Tout cela pour vous parler de tôle émaillée. VOUS ME DIREZ MAIS QUEL EST LE RAPPORT AVEC LA BANQUE? AUCUN. JE VAIS OÙ MES PENSÉES ME MÈNENT AU FIL DU VENT. ET DE « ANTIGAMENTES » À « BAMERINDUS » JE SUIS ARRIVÉ À « POT DE CHAMBRE EN TÔLE ÉMAILLÉE ». CE SONT LES GRANDES MANOEUVRES DE L’ESPRIT QUI S’ÉGARE PROGRESSIVEMENT DANS LES DÉDALES DU PASSÉ INFINI.

Ce matin un plat en tôle émaillée m’est revenu à l’esprit et tout de suite après un pot de chambre, un seau d’aisance, un broc à eau, une timbale et une bassine, un bassin de chambre, une cafetière. Le tout en tôle émaillée. La tôle émaillée ce n’est pas de la porcelaine, ce n’est pas de la faïence, ce n’est pas du fer-blanc, ce n’est pas de l’aluminium. C’est de la tôle émaillée. Léger, incassable résistant aux intempéries ce matériau eut son heure de gloire jusque vers la fin des années 50 quand il fut remplacé par le plastique. Je ne sais trop quelle était l’émaillerie qui fournissait les Antilles. Était ce Japy, était-ce Godin, était-ce l’émaillerie alsacienne ou parisienne? Ce n’était pas de la porcelaine mais de l’émail, ce n’était pas des bibelots, ni des biscuits ni des articles ménagers de luxe. Non c’était tout simplement du fer-blanc émaillé. Les Brésiliens ont un mot pour dire fer-blanc qui est Flandres. MAIS LAISSONS LE PLAT PAYS OÙ IL EST. JE ME SOUVIENS QU’AU PETIT MATIN QUAND J’ÉTAIS PETIT ON DÉVERSAIT LES SEAUX D’AISANCE DIRECTEMENT DANS LA MER QUI PRENAIT ALORS UN ASPECT DE TÔLE ÉMAILLÉE MALODORANTE DONT RAFFOLENT LES POISSONS. CELA EXPLIQUE PEUT-ÊTRE POURQUOI PENDANT LONGTEMPS J’AI ASSOCIÉ L’ODEUR DU POISSON À L’ODEUR D’UNE MER PUTREFIEE.

Une mer et trente-cinq blasons

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Sauriez-vous reconnaître (sans tricher) les 35 blasons qui symbolisent les différentes îles des Caraïbes ? C’est facile pour certaines îles car le nom est inscrit sur le blason. Beaucoup plus difficile pour d’autres.

Sauriez-vous ensuite reconnaître parmi les dix blasons suivants lequel n’est pas africain ?

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Antigua Carnaval : each endeavouring all achieving

coatofarms

Je viens d’apprendre que du 27 juillet au 7 août se déroulera le carnaval d’Antigua. 13 jours de délire qui culminent le 13eme jour par la Grande Parade où les rues de Saint John’s  se remplissent de carnavaliers revêtus de leurs plus beaux, atours, costumes et déguisements.

De la Guadeloupe ce sera facile d’y aller. Jeans For Freedom organisera des navettes entre Basse-Terre et Saint-john’s les 27 juillet, 1er août et vous pourrez rentrer le 8 août. J’aurais adoré participer à ce carnaval estival (summer carnival). Je ne savais pas jusqu’à avant-hier qu’il y avait un carnaval en août à Antigua. Je flânais un peu pour découvrir quoi faire à Antigua puisque je programme de m’y rendre prochainement pour rencontrer les membres des Baltimore et descendants de Baltimore d’Antigua qui se réunissent à Willikies du 5 août au 12 août 2018. Certains viendront des USA, d’autres des Iles vierges US (USVI), d’autres des Iles vierges UK (UKVI), de Puerto Rico, de Dominique, de saint Kitts and Nevis, bref de la caraïbsphère toute entière élargie. Mais il y a une grande quantité de Baltimore sur Antigua spécialement dans les paroisses de Willikies et Alberta. La famille c’est un carnaval d’un autre type.

J’ai été invité à participer à la Réunion de famille. Mais je crains que je ne puisse être au rendez-vous. Mon départ était prévu pour le 16 octobre car je n’avais pas envisagé cette réunion. Les réservations sont faites depuis février, tout est bouclé, billets, maison via Airbnb pour un mois à Deshaies.  Tant pis pour le carnaval mais c’est tellement dommage pour la réunion de famille. Depuis le temps que je rêve d’en organiser une en Guadeloupe et voilà que ce sont les Baltimore ‘Antigua qui en organisent une. Je sais que les Baltimores des USA en organisent tout le temps à travers les USA mais les Baltimore et descendants me semblent un peu fébriles. Je suis un peu déçu parfois du peu d’entrain qu’ils montrent à se retrouver.

Faire une réunion de famille c’est toute une organisation. il faut prévoir la logistique, les victuailles, les activités. Il faut un comité organisateur. il faut économiser aussi ! C’est du boulot, beaucoup de boulot pour beaucoup de souvenirs. Je peux comprendre que ceux qui sont encore de plein pied dans la vie active traînent encore des pieds mais ceux qui sont à la retraite, les aînés comme on les appelle gentiment, les granmoun, ceux dont je m’apprête à faire partie dans moins de deux mois doivent trouver en eux les ressources nécessaires pour chapeauter cette organisation. Ils en ont selon moi l’obligation morale, celle de resserrer les liens du clan, intégrer les timoun. Car nous sommes un clan, qu’on le veuille ou non ! Je sais que pour beaucoup leur famille c’est la famille nucléaire. Moi, mon mari ou ma femme et mes enfants, le noyau dur. La cellule. La famille cellulaire. La famille nucléaire. La famille atomique. Appelez-la comme vous voulez. Mais un atome aussi indivisible qu’on le dit être n’est rien sans d’autres atomes avec lesquels il va constituer une sorte de maillage électronique d’électrons de neutrons de protons qu’on appelle le clan, la tribu. Certes beaucoup de tribus se sont atomisées et de plus en plus d’atomes ont oublié qu’ils faisaient part d’un ensemble encore plus grand qu’eux et les cellules et noyau qui les constituent. En Guadeloupe comme à Antigua comme partout dans le monde nous avons des gens qui nous ont précédé, appelez les ancêtres, appelez -les prédécesseurs, appelez-les même en anglais forebears : qui que nous soyons quoi que nous fassions ils font partie de nos atomes indivisibles.

Bon, je ne vais pas vous faire de la morale bon marché de petits vieux qui ne savent pas quoi faire de leur temps et qui rabâchent sans cesse la même rengaine. Chacun fait fait c’qu’il lui plaît plaît plaît comme chantait l’autre Chagrin d’Amour en 1982 :

Seul sur mon lit dans mes draps bleus froissés, c’est l’insomnie je suis tout seul tout seul tout seul

Bref Each Endeavouring All Achieving comme le dit si bien le blason (on dit coat of arms en anglais)  d’ Antigua et Barbuda. Allez revenons à nos moutons et aux vagues de l’océan qui moutonnent au large d’Antigua.

89€ l’aller-retour en bateau low cost. Plus une taxe d’entrée sur le territoire de 28 Dollars. Si on veut on peut rester deux semaines. Quand j’ai vu les prix je suis devenu fou.

Le Samedi 8 Décembre 2018 pour le Shopping de Noel à Heritage Quay, le quartier détaxé de Saint-John’s, la promotion se répète. J’y serai inch Allah. Sauf que je ne voudrais pas rester juste une journée . Je veux passer au moins une semaine, voire plus pour rencontrer les Baltimore d’Antigua et faire du tourisme, sans toutefois oublier de fouler ne serait-ce qu’une seule des 365 plages. 

 

Départ de Basse-Terre à 6H00 pour une arrivée prévue à Saint-John’s à 9H00.

Retour de Saint-John’s à 17H00 pour une arrivée prévue à Basse-Terre à 20H00.

Voici la programmation de ce qui est intéressant à faire selon Jeans for Freedom :

« Découverte de Saint-John’s et Shopping dans les petites échoppes ou le quartier détaxé de « Heritage Quay ».

Découverte d’English Harbour, le témoignage du passé colonial d’Antigua. Riche en histoire, cette magnifique région restaurée a été inscrite au Patrimoine Mondial de l’Humanité et fait partie des sites incontournables de l’Ile. Nelson’s Dockyard, le Fort Berkeley, les Shirley Heights ou encore Fort George, des lieux d’histoire et de culture à découvrir.

Baignade, snorkeling, plongée avec les raies manta ou encore kayak, un large éventail d’activités s’offre à vous. Pour les sportifs, les VTT sont acceptés dans la limite des places disponibles.

 

 

Et si mon sosa 40 était né à Antigua, en Jamaïque ou en Grenade ?

Eh oui depuis des années je suis bloqué sur l’origine de mon sosa 40 , le père de Monrose Baltimore né vers 1813 à Bouillante. J’ai longtemps soupçonné les liens de ce monsieur Baltimore hypothétique mais qui n’en demeure pas moins vivant dans ma mémoire avec l’île d’Antigua où on retrouve beaucoup de Baltimore à la même époque dans les paroisses de Saint-Philippe et de Saint-Paul où se trouvent les quartiers de Willikies et de Liberta, à l’est d’Antigua. Je pensais qu’il avait pu s’échapper, se faire marron , prendre un canot et se retrouver à Antigua vers 1834 quand l’esclavage y a été aboli. Je me faisais plein d’autres scénarios. Il aurait pu aussi lors de l’abolition anglaise de 1834 partir en Dominique. Il aurait pu lors de l’abolition anglaise en 1834 partir sur l’île voisine de Montserrat. Mon père a bien fait Guadeloupe-Dominique en canot vers 1942 pour entrer en dissidence alors pourquoi pas ce quadrisaïeul inconnu ?

Il aurait pu lors des guerres révolutionnaires avec les émigrés rebelles à la révolution française quitter avec ses propriétaires la Guadeloupe et les accompagner sur un territoire anglais où il se serait ensuite fait la malle. Il aurait pu aussi tout simplement mourir de sa belle mort ou se transformer en mouche des fruits des Caraïbes  (Anastrepha susspensa) sempiternellement réincarnée,  qui sait.

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Mais je n’avais jamais conçu le scénario d’un autre AFRICAN CARIBBEAN venant en Guadeloupe lors des guerres napoléoniennes. Un soldat par exemple.  Quand je l’envisageais la seule île qui me semblait possible c’était Antigua qui fut française et anglaise. J’aurais pu penser à Sainte-Lucie mais j’étais obnubilé par le fait qu’il y avait beaucoup de Baltimore à Antigua dès le 19eme siècle et aucun à Sainte-Lucie ni à la Dominique. J’avais vu aussi des Baltimore aux îles Vierges tant US que GB mais ils provenaient tous de Antigua. Puis un jour j’en ai découvert un né à la Barbade.                    La circulation inter-iles a toujours existé je n’y ai pas pris trop garde. Le scénario Antigua était trop tentant.

il ne me manquait selon moi que le chaînon manquant entre Guadeloupe et Antigua. C’était mon hypothèse la plus séduisante. Ensuite on verrait bien pour le chaînon manquant entre Afrique et Guadeloupe ou Afrique et Antigua.

A Antigua malgré les difficultés pour obtenir les données j’ai pu  déterminer suite à de nombreux appels téléphoniques vers 1998 qu’il y avait une abondante descendance de Baltimore issu du mariage de Charles Baltimore (1882 -1964) et Maria Williams. Ils auraient eu quatre enfants (je dis aurais car je n’ai vu aucun acte de naissance, il ne s’agit que de témoignages oraux obtenus à distance) : trois fils

  • Hilbert, né en 1906 et décédé en 1998,
  • David
  • Vincent ,

et trois  filles:

  • Mabel, née en 1910 et décédée en 1984,
  • Elmida née en ? (épouse Green),
  • Christophine.

La descendance de Hilbert et Fernella est constituée par Melvin (1931), Calvert, Saint-Clair, Alice, Estella, Lawson (1941), Lucy (1943).

Mais j’ai aussi des Alvin Baltimore (1929) David Baltimore (1929). J’ai aussi un autre Charles Baltimore qui serait né vers 1890 et qui aurait épousé une Alice originaire de Saint-Kitts née en 1905. Il y a une Alice née aussi en 1892 et décédée en 1965.

Et voilà que ce matin pris par une intuition subite je décide de fouiller dans les archives anglaises du National Archives anglaises.  Je suis redirigé sur Ancestry.com dont j’étais membre il y a bien une vingtaine d’années quand je recherchais les Baltimore US et que je pensais que nous avions des ancêtre communs. et voilà je mets Baltimore comme prénom sur les All slaves registers of  former British Colonial Dependencies 1813-1834 et ne voilà -t-il pas que du fond de l’obscurité m’apparaissent 3 Baltimore plus la mère de l’un d’entre eux.

  • sur l’habitation  dont les trustees sont Jonathan Harrison et Charles Nicholas Pallmer,  indenture, en Jamaïque dans la paroisse de Vere un Baltimore mâle né en 1762 en Afrique  (55 ans en 1817)
  • CSUK1817_133583-00192
  • sur l’habitation Chesterfield de Henry Parker Esquire en Jamaïque dans le paroisse de Vere un Baltimore mâle né vers 1765 en Afrique meurt en 1826 à l’âge e 61 ans.

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  • sur l’habitation Belvedere de Thomas Duncan dans le paroisse de Saint-john  il y a en 1834 un  garçon de 6 mois dont la mère se prénomme Hannah. Cette Hannah est âgée de 26 ans probablement mais il ya une autre Hannah qui est âgée de 41 ans.CSUK1817_133711-00641
  • sur l’habitation Gouyave et Maran dans la paroisse Saint-Jean et Saint Marc appartenant à Thomas Duncan il y a un enfant de six ans nommé Baltimore  et né en 1828CSUK1817_133711-00636
  • CSUK1817_133711-00637

A vrai dire les Baltimore de Jamaïque ne m’étaient pas inconnus car j’avais eu l’occasion de me rendre compte qu’il y en avait une bonne quantité mais je ne sais plus pour quelle raison je ne croyais pas à un possible lien de famille. J’en ai tout de même noté quelques uns par acquit de conscience sans toutefois étudier leur descendance. De la même façon il y avait des Baltimore à Porto Rico mais de toute évidence selon moi ils provenaient des Iles vierges US ou UK via Antigua. Il y en avait aux Bahamas  sur les îles Andros mais je pensais plus à des Baltimore US venu s’installer aux  tropiques. Idem pour ceux que j’avais repéré à un certain moment à Cuba.

Il faut parfois faire des choix. Mon choix c’était d’abord d’être bien au clair sur ceux de Guadeloupe et de trouver une explication plausible pour:

les descendants de Marie BALTIMORE née en 1854 (on ne sait où) et retrouvée à Cercier en Haute-Savoie  en 1894 à la naissance de sa fille des oeuvres  d’un monsieur Joseph BERTHOUD (1859).

les descendants de Parfait Désiré BALTIMOR (maçon, tailleur de pierre) né vers 1851 (on ne sait où) et que l’on retrouve au moins à partir de 1872 dans l’Orne à Préaux-sur-Perche avec Mélanie Félicie ELUARD avec qui il aura deux filles

les descendants de Henriette Clémentine BALTIMORE née le 27 janvier 1833 à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) de  père et mère inconnus. (témoin Théodore Casse)

les descendants de François BALTIMORE qui épouse Marie PROTTEAU à Rochefort (Saint-Louis) (Charente-Maritime) en 1702

Désormais j’ai du temps. Je vais disséquer, éplucher les registres, les tables décennales, les recensements, les dénombrements  consciencieusement, tranquillement, systématiquement. Je prendrai le temps qu’il faudra  et qui sait s’il n’y aura pas un jour une éclaircie, un mabouya qui me remette sur le droit chemin de  la trace perdue

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